- Speaker #0
Je m'appelle Mathieu Gouraud et vous écoutez Nomadik.
- Speaker #1
Quelle est la meilleure façon de commencer à investir en bourse quand on habite à l'étranger ?
- Speaker #0
Qu'on soit à l'étranger ou bien qu'on soit en France, j'aurais la même réponse pour les deux. C'est de commencer par s'éduquer, en fait. Vraiment s'éduquer, se renseigner sur les différents types de comptes qui sont mis à notre disposition. Parce que forcément, dans mon cas, qu'on soit au Canada ou bien qu'on soit en France, il n'y a pas les mêmes types de comptes. Donc, de mon point de vue, tout commence par l'éducation, soit auto-éducation, soit aller trouver des personnes qui peuvent accélérer ce processus de connaissance.
- Speaker #1
Super point que tu mentionnes, parce qu'en fait, quand on commence à regarder les finances perso dans son ensemble, il y a tellement de choses à comprendre. à apprendre peut-être, et que si on se lance sans le faire, on va passer à côté de toutes les utilités que tu peux avoir sur les différents types de produits. Tu dis que ce n'est pas le même compte entre la France et le Canada ? Est-ce que tu veux un peu nous expliquer ?
- Speaker #0
Oui, je pense que c'est tout aussi important de savoir où investir, et quand je dis où, c'est dans quel type de compte que dans quoi investir. Parce qu'en fait, ça va affecter directement le rendement sur ces investissements. Les gens ne se rendent pas compte que la fiscalité est le nerf de la guerre, surtout en France. On voit que la fiscalité a encore augmenté sur les PEA, sur les comptes-titres. On était à 30% de flat tax, on est à 31,4% maintenant. C'est du rendement garanti, en fait. Et donc, forcément, on n'a pas les mêmes types de comptes en France ou au Canada. Il y en a qui se ressemblent. On a des comptes de retraite qu'on appelle les PER en France. Au Canada, on va appeler ça des REER, Régime d'épargne enregistré retraite. Il y a des choses qui permettent de défiscaliser sur le revenu aussi. On a des comptes où on ne va pas du tout être imposé sur les plus-values au Canada. On appelle des CELI, comptes épargne libre impôt. Et en France, la France étant la France, on va toujours quand même payer une certaine fiscalité. On n'appelle pas ça des impôts, on appelle ça des prélèvements sociaux en France. Le résultat est le même. Mais voilà, ce qui ressemble le plus au CELI au Canada, ce serait le PEA en France, le plan épargne-action, qui permet de diminuer sa fiscalité sur les gains 18% et quelques maintenant au lieu du 31%. Donc, c'est ça que je veux dire par type de compte. Il peut y avoir des petites différences dépendamment des pays où on est résident fiscal.
- Speaker #1
La semaine dernière, je parlais avec quelqu'un qui me disait « moi j'investis dans… » 30% ETF, CNP 500, j'ai investi 30% SCPI, etc. En fait, la question qui va déjà se poser au départ, c'est dans quelle enveloppe finalement ? Est-ce que c'est dans l'enveloppe dans le pays dans lequel tu vis ? Est-ce que c'est dans l'enveloppe en France ? Est-ce que tu vas être imposé d'un côté ou de l'autre ? Et en fait, quand tu vis à l'étranger, tu oublies complètement cette partie de la fiscalité à la sortie et de l'impact du coup sur toutes les performances que tu vas pouvoir avoir.
- Speaker #0
Exactement. Il faut tout réapprendre en fait, quand on bouge de pays.
- Speaker #1
Il faut tout réapprendre et... Pour commencer dans l'épisode d'aujourd'hui, j'aimerais bien que tu nous expliques un petit peu, quand on parle d'investissement, on entend toujours parler de gestion passive et gestion active. Est-ce que tu peux nous dire un petit peu qu'est-ce que ça veut dire en une phrase ?
- Speaker #0
Alors, la gestion passive, c'est l'un de ça le plus simple possible. Quand on investit passivement, on va suivre ce qu'on appelle un indice, un indice de référence. Donc le plus connu, tu l'as mentionné. Dans ton exemple, c'est le fameux S&P 500 aux États-Unis, où en fait, on ne se pose pas de question, on investit directement dans les 500 plus grosses compagnies des États-Unis, dans ce cas-là. Contrairement à la gestion active, soit on le fait par soi-même, soit on va payer quelqu'un, un gestionnaire professionnel, pour qu'il essaye de battre la performance de cet indice de référence-là. Donc on va le payer en plus pour qu'il aille faire ses analyses. prendre le temps pour aller dénicher des compagnies qui pensent qu'ils vont surperformer l'indice de référence.
- Speaker #1
Du coup, tu as vraiment deux choses. J'investis dans un panier d'actions, je choisis celui ou ce que je veux en termes d'ETF, ou bien je délègue la gestion de mon portefeuille d'actions à quelqu'un qui va choisir pour moi quelles sont les meilleures allocations à faire.
- Speaker #0
Alors oui, on peut payer quelqu'un qui va choisir activement. quelle allocation faire, on peut le faire par soi-même aussi. On peut investir tout seul et on peut être un investisseur passif. ou un investisseur actif aussi. On peut nous-mêmes essayer d'aller choisir les compagnies qui vont essayer de battre ces indices-là.
- Speaker #1
Comment est-ce qu'on choisit entre les deux quand on veut se lancer ?
- Speaker #0
Ça, c'est la question à un million de dollars. En fait, moi, je dirais, si on n'a pas l'expérience, voire les ressources pour aller essayer de choisir les compagnies qu'on va surperformer, il faut se rebaser sur les statistiques. En fait, les statistiques le montrent clairement, pas pour toutes les classes d'actifs, je parle plutôt des grosses compagnies dans le monde. Il faut savoir que sur des périodes de 10 ans, 15 ans, on a plus de 90% de chances de sous-performer l'indice. Donc, tu as le choix de passer énormément de temps et avoir 10% de chances de battre l'indice ou ne pas nécessairement réfléchir et puis juste être en autopilote. et se dire, tiens, peu importe, j'investis dans cet indice de référence-là. Et statistiquement, historiquement, j'ai plus de 90% de chances de battre le reste des investisseurs. Et ça comprend les investisseurs professionnels aussi. Quand tu es contre des compagnies comme BlackRock, qui ont littéralement des centaines de millions de dollars à dépenser dans la recherche pour essayer de payer les meilleurs gestionnaires actifs, et que même ces gars-là, ils n'arrivent pas à battre l'indice de référence. Je pense qu'il faut rester humble quand même et puis se dire pourquoi est-ce que moi, qu'est-ce qui me rend tellement spécial que moi, je serais capable de battre cet indice de référence-là.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux un peu nous rappeler le principe de la gestion passive ?
- Speaker #0
Pour moi, il y a différents degrés de gestion passive ou bien de gestion active. Tu n'es pas purement actif ou bien tu n'es pas purement passif. Tu peux être actif et utiliser des stratégies passives. aussi. Quelqu'un qui veut vraiment pas se poser de questions, pour moi, vraiment, la base de la personne qui veut même pas décider j'investis tant aux Etats-Unis, j'investis tant en Europe, j'investis tant dans les pays émergents, ces gens-là vont suivre ce qu'on appelle un ETF MSCI World. Donc MSCI World, c'est un ETF qui investit automatiquement dans les plus grosses compagnies du monde. Après, encore une fois, les pays émergents sont sous-représentés dans cet indice-là. Les gens pensent qu'ils sont bien diversifiés mondialement. Il leur manque quand même certains secteurs et certaines régions du monde. Mais pour moi, ça, c'est vraiment le plus passif possible. C'est quelqu'un qui décide d'investir dans un MSCI World. Si on va un degré au-dessus, on peut après choisir les zones géographiques où on va investir. Et là, il y a un choix actif à prendre. Est-ce qu'on va investir 40%, 50%, 70% aux États-Unis ? Est-ce qu'on va investir 30% en Europe, 10% dans le marché émergent ? Donc, on va quand même suivre ces indices de référence, ces ETF passifs par zone géographique. Mais il y a un choix actif à prendre quand même, à savoir dans quelle proportion est-ce que je vais investir, dans quelle région du monde ? Et après, on peut toujours complexifier les choses. Il y en a qui veulent dans quelle région du monde, mais dans quel secteur ? Et jusqu'à après, intégrer quelques... quelques stratégies actives dans son portefeuille. Donc, on est passif ou on est actif. Il y a plein de choses au milieu aussi. Et rien n'empêche d'avoir des bons rendements et d'utiliser un mix des deux. Encore une fois, tout dépend de l'expérience, de son expérience en tant qu'investisseur.
- Speaker #1
De ton expérience, de tes objectifs, de ce que t'aimes aussi faire. Là, je me mets un peu à la place de la personne qui n'a jamais investi en bourse et qui se dit, bon OK, on me dit qu'il faut investir en bourse. Est-ce qu'on peut dire que finalement, la gestion passive, c'est un peu la meilleure façon de commencer ?
- Speaker #0
Alors oui, je pense que c'est sans doute… En aucun cas, il est mieux de choisir une stratégie passive plutôt que d'aller essayer de choisir tel ou tel stock. En France, aucun cas va choisir, tiens, je vais investir dans Stellantis ou je vais investir dans Hermès parce qu'il voit sa nouvelle et puis il se dit que c'est safe. Ou bien il va décider juste d'investir dans le CAC 40, par exemple. Mais oui, pour moi, c'est la façon la moins risquée de commencer. Plutôt que d'aller choisir telle ou telle compagnie, c'est d'investir dans un produit qui est déjà automatiquement diversifié.
- Speaker #1
Exactement. Est-ce qu'on peut aussi parler des connaissances qu'il te faut vraiment pour finalement faire du stock picking ? Est-ce que c'est au feeling ? Comme tu as dit, j'ai vu quelque chose à la télé qui parlait de total. Là, ça serait bien de faire total. Et du coup, tu deviens un true believer dans l'action totale. Tu te dis que c'est bon. Ou est-ce qu'en fait, il faut aussi des connaissances en finance, des connaissances sur le marché ? sur lesquels se situe l'entreprise. Comment est-ce que tu arrives à faire la différence finalement entre quelqu'un qui devrait faire seulement des ETF et quelqu'un qui peut déjà faire un petit peu plus parce qu'il veut ce qu'il veut, parce qu'il a les compétences ?
- Speaker #0
Oui. Encore une fois, tout commence par l'éducation. Il y a plein de livres qui ont été écrits sur comment aller analyser des compagnies. Après... Il y en a qui pensent qu'ils savent analyser, qui en fin de compte vont avoir juste des convictions, et puis une analyse qui est entièrement fausse, en fait. Et encore une fois, ce qui compte, c'est l'accessibilité aux données, également. On analyse une compagnie, on se bat sur les données, mais est-ce qu'on a vraiment accès à toutes les données de toutes les compagnies ? Encore une fois, est-ce qu'on a accès aux mêmes données que les énormes compagnies de gestion ont ? Donc, un investisseur individuel... Pour moi, on n'a pas les ressources, ça prend énormément de temps aussi. Donc même si tu as le temps, en tant qu'individuel, on n'a pas forcément les ressources pour faire une vraie analyse d'une compagnie. Je pense que la plupart des gens pensent qu'ils analysent, mais en fin de compte, ils investissent purement par conviction. C'est plus de l'art que de la science, en fin de compte.
- Speaker #1
Aussi toutes les connaissances que tu as. besoin d'acquérir pour vraiment faire ce genre d'opération de trading, de savoir quand est-ce que je garde ou je vends finalement. La partie technique où déjà comment est-ce que tu fais pour faire du trading, sur quelle plateforme et quelles sont les règles pour te protéger un peu. Du coup si on reprend d'un point de vue un peu plus débutant et je me dis ok je suis prêt à passer à l'action, j'entends ces exemples d'ETF et je comprends un peu mieux comment ça se passe. Si je décide d'investir avant de partir. à l'étranger ? Est-ce que tu as quand même des contraintes sur ce que je peux faire qui sont bonnes à connaître ?
- Speaker #0
On revient au type de compte à prioriser, parce que quelqu'un qui est en France, qui est jeune, qui n'a pas d'enfant, qui n'a pas besoin de son argent tout de suite, pour moi, l'enveloppe la plus intéressante à ouvrir, c'est le plan épargne-action. Donc, en tant que résident fiscal français, le plan épargne-action... et protéger de l'impôt et quand on retire, on a une fiscalité qui est moins importante. Par contre, il faut se poser la question de qu'est-ce qui se passe avec mon PEA si jamais je pars de la France. Et dans ce cas-là, ça ne va plus être les règles fiscales françaises qui s'appliquent à toi au niveau de la fiscalité, mais les règles de ton nouveau pays. Donc, dans ce cas-là, le Canada ne reconnaît pas le plan épargne-action comme étant un compte. qui est à l'abri de l'impôt. Donc au final, tu as investi dans un compte qui était fiscalement protégé en France, tu pars au Canada, tu perds complètement cet attrait-là.
- Speaker #1
Ça devient un produit financier pur et dur et tu es taxé à un taux financier au Canada ?
- Speaker #0
Exactement. C'est considéré comme ce qu'on appelle, ils appellent ça un compte non enregistré au Canada, qui est en fait l'équivalent du compte-titres en France. Donc il n'a pas d'avantage fiscal spécifique. Et après, ça va être les règles de fiscalité canadienne qui s'appliquent sur les dividendes, sur les intérêts et sur les plus-values qui sont encore une fois différentes de la fiscalité française. Et vu que c'est ce qu'on appelle des valeurs mobilières comparées à des valeurs immobilières, quand on regarde la Convention internationale entre la France et le Canada, la Convention fiscale, les valeurs mobilières sont taxées seulement par le pays de résidence fiscale. donc le pays où on habite. Contrairement aux valeurs immobilières, où c'est taxé à la fois par le pays où le bien immobilier est situé, et également par son pays de résidence fiscale. C'est là, après, où il y a la convention fiscale, qui fait qu'on n'est pas doublement imposé. Donc, dépendamment de la nature des actifs, on va être imposé différemment. Il faut se poser ces questions-là, avant tout aussi quand on a un projet d'expatriation.
- Speaker #1
Ça, c'est un point hyper important à mentionner. Qu'est-ce que je fais du coup de ce PEA quand je sais que je pars au Canada et que je vais être taxé sur mes plus-values ?
- Speaker #0
Alors, l'expatriation, c'est source de contraintes, conflits, mais source d'opportunités aussi. Et là encore, il faut regarder quelles sont les règles fiscales quand on arrive au Canada. Et en fait, dans ce cas-là, le Canada va prendre... comme coût de base, donc le coût moyen de nos investissements à l'étranger, il va prendre la valeur... du jour auquel on est arrivé au Canada, auquel on est devenu résident fiscal au Canada. Donc, il peut y avoir des opportunités si quelqu'un a beaucoup de plus-value dans son PEA en France avant d'arriver au Canada. Il est arrivé au Canada, il s'assure qu'il est bien non résident fiscal de France et qu'il est résident fiscal du Canada. Dans ce cas-là, on n'est plus assujetti à la fiscalité française, mais à la fiscalité canadienne. Ce qui veut dire que... toutes les plus-values qu'on a eues avant d'arriver au Canada, en France, dans son PEA. Si on les vend une fois qu'on est au Canada, toutes les plus-values qu'on a eues avant d'arriver au Canada, il y a zéro impôt. On n'a pas à payer des prélèvements sociaux en France. Et donc là, il y a une vraie opportunité fiscale à se dire, bon, OK, mon PEA ne me sert plus à rien. Les plus-values de mon PEA vont être fiscalisées au Canada. J'ai eu de bonnes plus-values en France. J'arrive au Canada, je vends tout, pas d'impôt en France. pas d'impôt au Canada, je réinvestis sur des comptes qui sont plus fiscalement avantageux au Canada. Et puis après, il peut se passer la même chose. Vice-versa, quand on revient en France, encore une fois, ce qui s'applique d'un côté ne s'applique pas forcément de l'autre, parce que les règles fiscales françaises sont différentes. On va prendre le vrai coût de base et pas forcément le coût, ou elle n'est pas forcément la valeur du compte quand on est arrivé.
- Speaker #1
Attends, est-ce que ça veut dire que du coup, cette histoire de... de timing te permettrait de fermer ton compte PEA, de transférer la totalité de la somme que tu as soit sur un autre compte français, soit sur un compte au Canada, et que du coup tu serais imposé dans aucun des pays. C'est ça que tu dis ?
- Speaker #0
Oui, c'est ça. C'est exactement ça.
- Speaker #1
J'imagine que même si tu ne fais pas cette opération, parce que tu as raté un peu le timing, mais que tu te rends compte l'année d'après ou l'année suivante que tu es en train de payer des impôts sur ton PEA parce que personne. t'avais prévenu ou t'as pas écouté cet épisode. Du coup, tu te rends compte que ça serait mieux de le fermer et de transférer l'argent dans le pays dans lequel tu vis. Qu'est-ce qui se passe quand tu te rends compte, deux ou trois ans après ton départ, que finalement, tous les ans, tu payes des impôts sur ce que t'avais mis sur ton PEA, que tu ne veux plus payer ? Qu'est-ce que tu fais du coup de ce PEA ? Tu vas le fermer, mais ta fenêtre, pour ne plus avoir à payer d'impôts sur les plus-values, elle est passée.
- Speaker #0
Elle est passée. Encore une fois, toutes les plus-values qu'il y a eu avant qu'on arrive au Canada, elles ne seront pas comptabilisées par le Canada ni par la France. En fait, si on s'en rend compte trois ans après, le Canada nous imposera sur les plus-values qu'on a eues sur les deux ou trois dernières années. Elle taxera cette partie-là, mais elle ne taxera pas l'autre partie. Encore une fois, dépendamment de si la plupart des plus-values ont eu lieu dans les deux ou trois dernières années ou bien avant, il pourrait être opportun… soit de le vendre et de le rabattrier, ou bien juste de laisser le PEA en France.
- Speaker #1
Est-ce que tu as besoin de ces dessins pour investir en autre chose au Canada ou pas ?
- Speaker #0
Voilà, exactement. Et puis, quand tu es arrivé au Canada, est-ce que tu as déjà maximisé tous les comptes qui sont fiscalement à l'abri de l'impôt ? Parce que là, encore une fois, si tu as maximisé tous ces comptes-là au Canada, que tu investisses dans l'équivalent du compte-titres au Canada, donc un compte non enregistré ou bien un compte à l'extérieur du Canada, il ne va pas y avoir de différence en termes de fiscalité.
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'ils font les expatriés qui t'accompagnent en général quand ils viennent te voir au départ ?
- Speaker #0
J'ai des cas en ce moment où on se pose la question. On se pose la question avec certains clients. Il y en a qui ont eu des plus-values vraiment conséquentes sur leur PEA et il y a une vraie question de, est-ce que c'est le bon moment pour pouvoir vendre maintenant ? une paie d'impôt sur la plus-value, et puis après réinvestir soit en France, soit au Canada. En fait, ça dépend de la situation de chacun. Est-ce qu'on se voit rester très long terme au Canada ? Est-ce que les gens se voient repartir en France sur un avenir assez court ou moyen terme ? Est-ce qu'on veut tout en dollars canadiens ? Est-ce qu'on veut tout en euros ? Il y a autant de réponses que de situations, en fin de compte. C'est pour ça que c'est important de faire une analyse vraiment personnalisée pour déterminer ce qu'on fait avec ce type de compte-là. Des fois, la bonne réponse, c'est de rien faire, c'est de rien vendre. Parce que de toute façon, tant qu'on n'a pas réalisé nos plus-values, il n'y a pas d'imposition, ni en France, ni au Canada. On est juste imposé sur les intérêts ou bien les dividendes que vont procurer ces investissements-là. Donc, on peut vendre, on peut rien faire. on peut euh on peut On peut rapatrier l'argent. Il y a plein de différents scénarios.
- Speaker #1
Est-ce qu'en fait, il faut vraiment réfléchir à toute sa stratégie de A300, soit pas juste... sur une question en particulier ?
- Speaker #0
Exactement. La question d'investissement se pose toujours dans un cadre plus général. Moi, je ne fais pas du conseil en investissement. Enfin, je ne fais pas que ça. Je fais du conseil en patrimoine. Il faut prendre en compte plein de différents sujets, même personnels aussi, en fonction des objectifs, pour aller déterminer qu'est-ce qu'on va faire, quelle est la stratégie au niveau de l'investissement.
- Speaker #1
Est-ce que si j'arrive demain au Canada, est-ce que c'est aussi simple que d'investir via un PEA en France ?
- Speaker #0
Oui. Je dirais, dans certains cas, c'est même encore plus facile parce que je pense qu'il y a certaines applications au Canada, tout ce qui est robots conseillés, ils sont un pas devant par rapport à ce qu'on a. en France, et en plus avec des solutions qui coûtent moins cher qu'en France également. Moi, je le vois avec beaucoup de Français. Les Français découvrent la bourse quand ils arrivent au Canada. Le nombre de fois où j'ai eu des Français qui me disent, mais en fait, j'étais complètement à la ramasse en France, c'était hyper opaque, et puis là, ils arrivent au Canada, et c'est avec l'entourage, les gens parlent de ça, il y a moins de tabous par rapport à l'argent aussi, et les gens vraiment... rentrent dans un environnement qui fait en sorte qu'ils s'éduquent financièrement.
- Speaker #1
C'est quoi ? C'est tes amis, c'est tes collègues de travail qui parlent des investissements qu'ils ont faits, et du coup tu te dis, peut-être que je regarde un peu ?
- Speaker #0
Je pense que c'est en discutant, oui, avec son entourage, avec des collègues également, parce qu'au Canada comme aux États-Unis, on est quand même beaucoup en partie responsable de financer sa propre retraite. Il y a quand même des régimes de retraite au Canada, mais clairement, ils ne sont pas aussi, j'allais dire, généreux qu'en France. Mais on le voit, notre système de retraite en France ne marche plus non plus. Et puis, on voit le phénomène, il y a de plus en plus de gens qui s'éduquent financièrement en France aussi, sans avoir été expatriés, parce que les gens se rendent compte qu'ils n'auront plus autant de retraite non plus. Donc voilà, je pense que c'est l'environnement qui fait que... Et donc à travers des amis et des collègues, c'est généralement des façons dont les gens commencent à prendre conscience de l'investissement en bourse sur le long terme.
- Speaker #1
Tu parles de financer sa retraite. Si j'ai une gestion complètement passive ou un mix passif-actif, comme tu l'as expliqué tout à l'heure, il y a quand même une notion à comprendre, c'est que si ça monte, ça monte, c'est super, mais qu'à un moment donné, ça peut aussi redescendre complètement. Comment tu fais pour entacher toute ta stratégie de retraite sur une montagne russe ?
- Speaker #0
Encore une fois, je remets toujours ça sur s'éduquer financièrement, parce que les gens, quand ils voient, tiens, investir dans un indice passif, et tu vas voir, si tu n'es qu'en action, tu vas te faire en moyenne du 9 à 10 % par année. Sauf qu'il n'y a quasiment aucune année où les marchés font 9 ou 10 %. Ils vont faire du 20 %, ils vont faire du 25 %. ils vont faire du moins 20%, dans les concrèges boursiers, ils vont faire du moins 30% ou moins 40%. Et je pense qu'il y a beaucoup de gens, surtout des nouveaux investisseurs, qui ne sont pas préparés psychologiquement à ce que leurs investissements baissent en l'espace de quelques mois de 30% ou 40%. Donc, ce n'est pas une solution magique. Et c'est pour ça que c'est... C'est dangereux à la fois aussi parce qu'on l'a vu sur les trois dernières années, en moyenne, les marchés font aux alentours de 20% pour un investisseur en dollars canadiens. Des investisseurs en euros, ce n'était pas aussi intéressant l'année dernière. Mais tout ça pour dire qu'il y a beaucoup de nouveaux investisseurs qui n'ont pas eu affaire encore à un vrai crash boursier type 2008 ou bien 2000. Moi non plus. J'ai à peine 30 ans, je n'ai pas vécu financièrement la bulle immobilière aux États-Unis. On a vécu la crise Covid. Oui, les marchés sont descendus très rapidement, mais ils sont remontés très rapidement aussi. On n'a pas eu plusieurs années où on était avec des portefeuilles qui étaient négatifs. Et voilà, je pense que beaucoup de gens ne sont pas forcément préparés psychologiquement à se dire que pendant quelques années, leur portefeuille va être négatif. et puis avoir la discipline de continuer à investir aussi. Et c'est là où déterminer ce qu'on appelle son profil d'investisseur, son profil de risque. devient important aussi. Est-ce qu'on a un investisseur qui va prendre du risque et à 100% action ? Est-ce qu'on a un investisseur qui est plus équilibré ? Ça a l'air simple, mais encore une fois, tout est simple quand les choses vont bien.
- Speaker #1
J'ai une copine qui est mariée avec un Américain et elle me disait quand Trump avait annoncé les tarifs, elle a perdu 20% de tout ce qu'elle avait mis de côté pour la retraite aux États-Unis avec son mari. Je lui disais, ok, ça va remonter, c'est une phase, et puis de toute façon, est-ce que tu as fait d'autres choses ? Et sa réponse a été, non, je n'ai pas fait d'autres choses. On est 100% action, et là, il faut qu'on diversifie, parce que moi, je n'ai pas supporté cette baisse de 20%, parce que psychologiquement, c'est très dur à encaisser, parce qu'on voit le chiffre d'un coup comme ça. Est-ce qu'on est prêt à ça ? Non, est-ce qu'on intègre dans une stratégie de diversification qui est quand même plus intéressante ? pour sa santé mentale que de faire all-in sur du boursier. Oui,
- Speaker #0
absolument.
- Speaker #1
Est-ce que pour ce genre de personnes, on se pose la question si finalement, la gestion active dans le sens où tu délègues la gestion de ton portefeuille à un CGP ou à un fonds, est-ce que finalement, ce n'est pas une meilleure alternative pour les personnes qui, comme elle, ont vraiment du mal à supporter de perdre la gestion passive et les fluctuations du marché qui vont arriver.
- Speaker #0
Oui, complètement. De toute façon, je pense que mon métier n'existerait pas si tout le monde, personne, n'avait besoin de conseils en plus et de conseils en matière de comment bien diversifier ses investissements en fonction de son profil. Mais même au-delà de ça, au-delà des chiffres, Je pense que... On sous-estime le côté psychologique aussi, et puis le soutien psychologique qu'un professionnel peut apporter également. Je te donne un exemple, moi quand je vends de nouveaux clients, quand on détermine quel est le type de portefeuille dans lequel on va investir, je leur dis, préparez-vous, là on investit pour les 30 prochaines années, préparez-vous parce que votre portefeuille tombe à un moment de 30%, au moins. Elle ne va pas avoir des années à 10%, à 15%. à 20%. Et je leur ai dit, surtout, pendant cette période-là, j'essaie d'être le plus proactif possible et surtout, dès qu'ils ont un doute, de m'appeler directement. Au moins, juste de discuter. J'ai eu cette conversation-là il y a quelques semaines avec une cliente et en fin de compte, à la fin, elle m'a dit, écoute, Mathieu, je suis hyper content qu'on ait eu cette conversation. Je comprends qu'il faut garder le cap sur le long terme aussi. On a bien revérifié qu'elle n'avait pas de... besoin d'argent sur le court terme, qu'elle n'avait pas de projet sur le court moyen terme, en disant « Écoute, même si sur le long terme, on sait qu'il va y avoir des périodes comme ça. » Donc oui, je pense que pour certaines personnes, d'avoir quelqu'un à ses côtés est un vrai atout. Surtout d'être un bouclier contre les biais qu'on peut avoir. C'est naturel qu'on ait envie de vendre quand on est au plus bas. sauf que c'est la dernière chose à faire.
- Speaker #1
Du coup, est-ce que la gestion par quelqu'un d'autre, ça devient vraiment un soutien contre ses propres impulsions, ses propres doutes, ses propres peurs ? Ou est-ce que tu as aussi d'autres avantages à ça ?
- Speaker #0
Il y a ce soutien psychologique, et également d'un point de vue technique. Si on veut qu'un portefeuille soit un petit peu moins volatile, là, je pense qu'il y a des stratégies actives qui font tout leur sens. Surtout quand on va être sur des portefeuilles plutôt équilibrées, où on n'est pas tout en action, où on a une bonne partie qui peut être investie dans des obligations ou du revenu fixe. Ça, c'est une classe d'actifs où les stratégies actives ont tendance à surperformer les indices passifs, la gestion passive sur ce même type d'instrument.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu veux dire ? Un mix entre obligations et actions, mais qui est bien calibré pour...
- Speaker #0
Pour pouvoir mieux absorber les chocs, c'est ça ce que tu veux dire ?
- Speaker #1
C'est vraiment des obligations. Alors, ça peut être des obligations d'État, c'est-à-dire de l'argent à l'État ou bien à des compagnies. Et elles nous remboursent des intérêts chaque année. Et puis après, à la fin, on retrouve notre argent. En fait, cette classe d'actifs-là, effectivement, elle n'est pas faite pour aller chercher le plus de rendement possible. Mais elle est là pour, en cas de période de crise... de crash boursier des actions, elle est là pour limiter la casse. Parce que historiquement, pendant les périodes de crise, ces deux classes d'actifs sont décorrélées l'une envers l'autre. Quand les actions chutent, les obligations ont tendance à monter. Donc ça vient contrebalancer la baisse. Au lieu qu'on se retrouve à moins 25%, par exemple, sur un portefeuille qui est 100% actions, un portefeuille qui est équilibré, on va peut-être se retrouver à moins 10 ou moins 15%. Donc c'est vraiment là pour pour limiter la volatilité, pour moins avoir cette expérience montagne russe, ou en tout cas des plus petites montagnes russes.
- Speaker #0
En fait, tout ce que tu dis, ça souligne vraiment le risque de choisir un portefeuille 100% actions, même si tu le fais via des ETF et que c'est diversité, etc. Et qu'en fait, il y a vraiment une importance de se poser des questions qui vont beaucoup plus loin que la performance en elle-même. Est-ce que je peux réduire ces fluctuations si je sais que psychologiquement, je ne pourrais pas les supporter ? Est-ce que j'ai besoin d'aide pour que quelqu'un fasse des allocations pour moi, pour m'assurer que ça corresponde au plus près à ce que moi, je vais faire ? Et peut-être aussi être un soutien quand il y a des fluctuations et que je commence un peu à paniquer parce que je n'ai pas assez d'éducation sur le sujet. Ou en fait, je me dis pour quelqu'un qui commence pour la première fois à investir en bourse. et qui n'a aucune connaissance. Aujourd'hui, tu vas sur Instagram, on va te dire il faut investir dans un ETF, S&P 500 ou acheter de l'or. Et c'est tout. Alors qu'en fait, c'est beaucoup plus complexe que ça. Et il ne faut pas s'arrêter ni aux injonctions qu'on entend sur Instagram ni à ses propres peurs de passer à l'action. Et que finalement, être accompagnée, ça permet aussi de faire tout ça.
- Speaker #1
Tu as complètement raison. Et en fait, ça va dans un sens et dans l'autre aussi. Ce que je veux dire par là, c'est qu'il y en a qui vont avoir tendance à surestimer leur tolérance à la volatilité, en se disant « ça tombe de 30%, c'est pas grave parce que je sais que ça va remonter » . Quand tu le vis, c'est autre chose. Et il va y avoir des gens qui vont sous-estimer leur tolérance et leur capacité à prendre du risque aussi. Et ça, ça peut coûter très très cher sur le long terme. Parce qu'être trop conservateur et puis avoir des rendements annuels de 3 à 4 % sur une période de 20, 25, 30 ans versus avoir des rendements de 5 ou bien de 7 % annuels, dépendamment de combien on investit et pendant combien de temps on investit, on parle de centaines de milliers d'euros de moins à la retraite. Il y a des gens qui sont…
- Speaker #0
À cause des intérêts composés.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Grâce aux intérêts composés, c'est ça. Grâce aux intérêts composés, cette fameuse courbe qui fait que le plus longtemps on investit et puis le plus haut est son rendement annuel, la valeur de son portefeuille devient exponentielle. Et effectivement, il y a des gens qui sous-estiment leur tolérance et leur capacité à prendre du risque et ça peut leur coûter très très cher. Donc mon rôle aussi est de dire à certaines personnes écoutez, vous n'avez pas besoin de votre argent sur le cours moyen terme, vous avez 30 ans devant vous, est-ce que vous êtes prêt à avoir 200, 300, 500 000 euros en moins à la retraite pour avoir une expérience qui est un petit peu moins volatile d'année en année ? Et quand on met les chiffres devant, j'en réalise ça aussi. Donc encore une fois, les conseillers robots, je pense que ça a été une superbe invention pour beaucoup de personnes qui n'ont pas forcément, qui ne peuvent pas forcément avoir accès à des conseillers en gestion de patrimoine. C'est un métier, donc forcément, on a besoin d'être payé aussi pour pouvoir donner les bons conseils, mais du coup, ça restera l'accès à certaines personnes. Ça a été une superbe invention pour, à partir de quelques euros, on peut investir dans des portefeuilles avec des robots conseillers qui sont automatiquement diversifiés. Le seul problème que j'ai avec ça, c'est que quand on doit remplir des questionnaires de profils de risque, quand on investit dans ce type de robots conseillers-là, et je le vois par expérience, il y a beaucoup de gens qui sont juste... Quand les gens ne savent pas, ils vont directement être profil équilibré. Je ne veux pas prendre trop de risques, je ne suis pas trop conservateur. Donc, les gens qui ne savent pas, c'est profil équilibré, c'est ça. Mais alors que ces gens-là, ils ont plein de temps devant eux, ils sont jeunes, ils pourraient aller au moins un cran au-dessus.
- Speaker #0
Ou déjà passer de zéro à un, parce qu'il y en a plein qui ne font absolument rien, qui ont de l'argent sur leur concourant, parce qu'ils ne savent pas quoi faire. Moi, je suis aussi de l'avis là-dessus que c'est OK. Parfois, on a besoin d'un temps de réflexion, de prendre le temps de s'éduquer et que c'est mieux d'investir quand on a ses objectifs, qu'on a compris un peu les différents types d'actifs que de faire un impulsion parce que tout le monde te dit qu'il faut le faire. Mais c'est vrai que du coup, même de passer de zéro, donc tu as peur, tu n'es pas éduqué, tu ne veux surtout pas perdre ton argent à un, je suis OK pour faire un petit risque et peut-être aller chercher 5-6 %, en fait, tu vois, parfois c'est complètement irrationnel. parfois c'est complètement irrationnel de se dire je veux juste rien perdre et du coup je préfère ne rien faire tu vois t'as beaucoup de gens aussi comme ça est-ce que t'en rencontres toi ?
- Speaker #1
écoute mon business est focalisé quand même sur les français et les français on a une vraie aversion au risque par rapport à nos cousins nord-américains donc oui je rencontre très souvent et c'est marrant et je vois la différence entre les gens qui ont passé plusieurs années au Canada et puis les gens qui viennent d'arriver au Canada c'est mon discours mon discours est vraiment différent.
- Speaker #0
À cause de ce que tu disais tout à l'heure, des différences culturelles qui font que tu fais ton cheminement beaucoup plus rapidement, tu passes à l'action beaucoup plus vite et puis finalement, tu as ton premier gain, ta première perte et tu apprends à gérer ça sur des montants qui sont plus petits et après, tu peux vraiment y aller.
- Speaker #1
Oui, exactement. C'est vraiment culturel et encore une fois, les retraites en France, historiquement, sont beaucoup plus petites. plus généreuse que les retraites en Amérique du Nord. Dans le passé, on n'avait pas besoin de se constituer une retraite supplémentaire. On comptait sur l'État. Ce n'est pas le cas au Canada et aux États-Unis. Les gens sont plus responsables de leur propre retraite. Donc forcément, culturellement, il faut s'éduquer. C'est roule de neige, après.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses qu'on peut évoluer d'un mode de gestion vers l'autre ? D'investir dans des ETF seuls ? Je passe. à quelqu'un qui va prendre une portefeuille qui va le gérer pour moi ou dans le sens inverse ?
- Speaker #1
C'est généralement la trajectoire naturelle au fur et à mesure que son patrimoine se développe. Encore une fois, quelqu'un qui a un jeune actif, qui a juste quelques investissements par-ci, par-là, qui n'a pas de famille, qui n'a pas d'enfant et qui n'est pas marié, il n'a pas trop de questions à se poser. C'est quand on commence à avoir un patrimoine qui est... qui est plus important quand on a des enfants, qu'il y a des questions de sécurité, d'assurance à se poser, ou de budget aussi, ou quand on est tout seul, si on a trois mois d'épargne d'urgence, ça peut aller, mais quand on a une famille, on a mieux d'avoir peut-être six mois, douze mois, en cas de pépin. Donc tout ça fait en sorte que les choses se complexifient et forcément que la façon dont on gère son patrimoine, ça peut devenir trop complexe. On n'a plus le temps non plus de faire ça, on a d'autres priorités. Et donc, dans beaucoup de cas, ça fait du sens de pouvoir déléguer tout cela.
- Speaker #0
Ou est-ce que c'est comme ce que tu disais tout à l'heure sur l'évolution de l'allocation ? C'est-à-dire, je me rends compte que là, j'ai fait 100% action dans des ETF, parce que c'est ce qui semble le plus simple pour commencer. Tout la vie avance, et plus je me rends compte qu'il faudrait faire évoluer cette allocation et que je ne sais pas forcément comment le faire.
- Speaker #1
J'ai quelques Canadiens retraités qui viennent prendre leur retraite en France. Des gens qui, historiquement, ont été 100% exposés au marché. Forte exposition à l'Amérique du Nord, forte exposition aux États-Unis. Surtout le Canada et les États-Unis, ça ne se passe pas hyper bien non plus en ce moment. Et donc, les gens qui arrivent à la retraite et juste ce move-là en Europe, refait réfléchir. Je ne suis peut-être plus investi de la meilleure façon. Ce n'est peut-être plus le moment de prendre autant de risques. J'aurais un besoin de revenus, de flux. aussi. Les retraites, les pensions qui vont toucher ne seront pas forcément suffisantes pour qu'ils aient le mode de vie qu'ils ont envie d'avoir. Il va commencer à falloir trouver des solutions pour utiliser tous ces actifs-là qu'ils ont développés et passer d'un mode où on cherchait de la plus-value à un mode où on va chercher des flux de revenus mensuels ou bien trimestriels. Le cas typique, c'est quand on se rapproche de la retraite. forcément on ne peut plus être investi 100% dans nos ETFs. Et donc c'est là où ça fait du sens d'aller diversifier au-delà des actions, faire un petit peu de revenus fixes. Du coup, la CPI, ce n'est pas quelque chose qui est développé en Amérique du Nord. Honnêtement, c'est un produit assez franco-français, européen, pas parce que le sous-jacent est l'immobilier, mais pour moi qui va répondre extrêmement bien à des attentes où on a besoin d'avoir un certain flux de revenus. Encore une fois, c'est des actifs qui sont décorrélés des actions et décorrélés des obligations aussi. Ça rajoute une forme de diversification en plus. Et donc, juste le fait de changer de pays, on a même accès à des classes d'actifs qui sont différentes. Il n'y a pas des choses qui ressemblent à ça vraiment. en Amérique du Nord. Ils appellent ça des REITs, Real Estate Investment Trust. C'est assez liquide et donc c'est assujetti aux fluctuations de la bourse aussi. La CPI, ce n'est pas assujetti aux fluctuations de la bourse. On l'a vu pendant la crise Covid, il y en a qui se sont très mal comportés. Tout ce qui était la CPI Bureau à Paris, ce n'était pas top. Mais il y a des CPI qui étaient bien diversifiées géographiquement sur plusieurs secteurs. Le prix de la part n'a pas fluctué. et les gens continuent à recevoir leurs dividendes, donc l'équivalent de leur loyer, chaque mois ou bien chaque trimestre. Donc la façon dont on gère un portefeuille va évoluer en fonction de comment son patrimoine et comment sa vie évoluent et en fonction des différents cycles de vie.
- Speaker #0
Voilà cet exemple de Técanadien. En fait, ça peut aussi s'appliquer à une personne qui a fait... toute sa carrière au Canada et arriver à la retraite, les enfants vivent en France, par exemple, ils se disent, on va rentrer en France. Et du coup, la logique va être la même. Moi, je me pose quand même une question là-dessus. Est-ce que tu vas remettre en question tout ce que tu as fait pendant 40 ans en termes d'investissement, en te disant, ah, j'aurais pas dû faire ça ? Ou est-ce que ça devient une évolution naturelle parce que finalement, tes besoins sont plus les mêmes et tu t'adaptes naturellement à ta nouvelle situation ?
- Speaker #1
Non, je pense que ça devient plus une évolution... dans la plupart des cas, ça devient plus une évolution naturelle. Encore une fois, quelqu'un qui a été 100% investi dans la bourse ces dernières années, ça a quand même très bien performé. Il n'y a clairement pas de regrets ou d'osiers à dire « tiens, j'aurais peut-être dû faire les choses différemment » . Mais effectivement, ça prend quand même un switch mental pour s'habituer à des nouvelles façons de faire. Et encore une fois, je reviens sur le thème de base, il faut constamment s'éduquer. peu importe dans quel cycle on est, il y a toujours des nouvelles choses à apprendre. Et si on ne veut pas se tromper, c'est là effectivement où faire affaire avec des professionnels peut sécuriser en partie.
- Speaker #0
Le point le plus important quand même dans tout ce que tu dis, c'est que finalement, les décisions d'investissement que je fais aujourd'hui, ce n'est pas figé dans le temps et que tu peux faire évoluer au fur et à mesure. de tes nouveaux objectifs, de ton nouvel cadre de vie, de tes besoins.
- Speaker #1
Oui, c'est sûr. De toute façon, quand tu fais affaire avec un conseiller, la conformité nous oblige à faire un point annuel avec nos clients. Les fameux, ce qu'on appelle les KYC, Know Your Client, c'est à mettre à jour au moins une fois par année. Alors, des fois, il ne se passe rien pendant deux, trois, quatre ans. Mais ça encore, moi, je dis toujours, c'est une relation... qui va dans les deux sens, je vous conseille, mais d'un autre côté, s'il y a des choses qui se passent dans votre vie, je dois être au courant. Je dois être au courant de ça parce que ça va avoir des impacts après sur les choix financiers à prendre. On n'a pas de projet d'être propriétaire d'un bien immobilier d'ici les cinq ou d'ici les dix prochaines années et puis d'un coup, l'année d'après, les choses ne se font que... Non, en fait, on a une superbe maison et puis on a besoin de remettre une mise de fonds. Directement, il faut sécuriser Merci. Il faut sécuriser le portefeuille, il faut se dire qu'il y a cette mise de fonds-là, on ne prend pas de risques avec. Donc il y a des choix actifs à prendre.
- Speaker #0
Après ton expérience, c'est quoi la mauvaise question qu'on se pose souvent quand on vit à l'étranger et qu'on veut commencer à investir en banque ?
- Speaker #1
Par expérience, les gens surestiment leurs besoins d'argent à court terme. Des fois, je leur demande s'ils ont des projets ou des événements qui vont faire en sorte qu'ils vont absolument avoir besoin de leur argent sur le court terme. beaucoup de cas, les gens ne savent pas ou bien ne pensent pas. Mais ils ne sont quand même pas prêts à investir un gros montant pour le futur. Donc je pense que les gens surestiment les fonds dont ils ont besoin sur le court terme. Que je peux comprendre parce que ça peut les rassurer d'une certaine manière, mais c'est irrationnel. Et pendant ce temps-là, on a beaucoup d'argent qui stagne sur des comptes bancaires. Et pendant des années... Encore une fois, le coût d'opportunité peut être énorme.
- Speaker #0
Ça représente quoi en termes de mois de salaire ? Deux, trois mois, deux ans de salaire ? En fait, on se dit, si jamais il m'arrive quelque chose, je prévois beaucoup plus que ce que j'aurais besoin.
- Speaker #1
Si on parle vraiment purement d'épargne, d'urgence, ce qu'on devrait avoir de côté, peu importe si on a des projets ou pas, c'est des règles de pouce. Et moi, je laisse toujours la décision aux personnes qui me contactent. Un couple qui n'a pas d'enfant ou une personne tout seul, trois à six mois, généralement, c'est suffisant. Déjà, si on est salarié. Parce que si on est salarié, si on se fait virer, on a quand même le chômage. On va peut-être en faire des cas pour pouvoir subvenir à nos besoins. Quand on est indépendant, j'irais au moins un an. Moi, j'ai passé de salarié indépendant, j'étais très bien avec trois mois. Maintenant, je pense que j'ai plus qu'un an. Je vais avoir un an, un an et demi pour juste que ça n'affecte pas mon niveau de vie. Et quand on a une famille, je dirais minimum six mois, six mois à un an aussi. Juste parce qu'on a des gens qui dépendent de nous également. Donc ça, en tout temps, il faut avoir son épargne d'urgence. La meilleure façon de déterminer ça, c'est de savoir combien est-ce qu'on dépense chaque mois. et puis après deuxièmement, on est bon pendant six mois, huit mois, douze mois, etc.
- Speaker #0
Surtout si on a des frais beaucoup plus élevés que le temps. Est-ce que le Canada, c'est comme le Zimbabwe, tu dois payer une assurance santé qui est beaucoup plus chère, les frais de scolarité sont plus élevés, ou est-ce que ça se reproche plutôt de la France ?
- Speaker #1
Tout dépend où on vit au Canada et tout dépend où on vit en France. Mais si on compare Montréal à Paris, par exemple, c'est vrai que récemment... Le coût de la vie à Montréal a énormément augmenté. Après, voilà, les écoles, il y a quand même des écoles publiques aussi. Je pense que vivre à Montréal reste moins cher que vivre à Paris, toujours.
- Speaker #0
En fait, je suis en train de me dire que finalement, en fait, tout ça de savoir combien j'ai dépensé l'école, mon loyer, etc., c'est de pouvoir te permettre quand même de pouvoir passer un cap qui est difficile quand tu as perdu ton emploi. Mais que finalement, tout ce qui est... au-delà de ce que tu as défini, tu peux l'investir et du coup, ça ramène tout de suite à quelque chose d'hyperrationnel sur qu'est-ce que j'ai besoin et s'arrêter là et ne pas surestimer tes besoins et du coup, ne pas surépargner. Est-ce que c'est le bon terme ? Je ne sais pas.
- Speaker #1
Oui, je pense que c'est effectivement un bon terme. Encore une fois, pour moi, c'est la mauvaise question que les gens se posent. « Et si j'ai besoin de retirer tout mon argent sur le court terme ? » Mais après, au lieu de dire « Et si j'ai besoin de retirer tout mon argent ? » , ce serait plutôt de se dire « Qu'est-ce qui ferait en sorte que j'ai besoin de retirer tout mon argent sur le court terme ? » Si on ne trouve aucune réponse à cette question-là, dans ce cas-là, ce n'est pas rationnel de garder trop d'argent dans les comptes bancaires et plutôt d'investir le reste.
- Speaker #0
Oui, et puis la réponse à cette question, ça peut être parce que je dois financer les études de mes enfants, parce que je veux m'acheter une maison, il faut que je fasse un apport. Il y a plein de bonnes réponses à cette question. Mais en fait, si on ne se pose pas les bonnes questions, on reste dans l'immobilisme.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Oui, je te remercie Mathieu, j'ai adoré cet épisode. En fait, si je t'avais demandé aujourd'hui pourquoi on enregistre cet épisode sur la gestion passive active, c'est parce que ce que moi je vois le plus au quotidien, c'est les personnes qui ne passent pas à l'action. Soit parce qu'elles n'ont pas de connaissances sur le marché boursier, soit parce qu'elles sont terrifiées à cause de toutes les injonctions qu'on mentionnait tout à l'heure. Il y a des personnes qu'on voit sur Instagram ou sur Internet en général qui sursimplifient le passage à l'action et qui donnent des injonctions qui sont contradictoires et qui font que du coup, tu ne passes pas à l'action. Je voulais aussi comprendre finalement qu'est-ce qui fait que pour passer à l'action, c'est plus simple de faire une gestion passive. Ou est-ce qu'en fonction de ma personnalité, de mes objectifs, de ce que je comprends de ces sujets, est-ce que c'est mieux finalement d'avoir l'aide de quelqu'un pour pouvoir investir et essayer vraiment de comprendre la différence entre les deux et les dynamiques ? Et je pense que tu as bien répondu à toutes ces questions. Si, je me dis que j'aimerais passer à l'action avec toi, comment est-ce que je te contacte ?
- Speaker #1
La meilleure façon, c'est d'un site directement qui s'appelle Canada France Patrimoine. d'aller sur mon site. Il y a un petit onglet pour me contacter. Et puis, on peut prendre rendez-vous sans engagement, directement à travers un lien type Canendish.
- Speaker #0
On va mettre tous les détails dans la description pour que vous puissiez contacter Mathieu si vous en avez besoin. Pour terminer cet épisode, il fallait garder une seule idée en tête quand on investit en vivant à l'étranger, ça serait ?
- Speaker #1
Je trichais, je mets deux idées parce que les deux sont toutes aussi importantes. Je l'ai mentionné à travers tout ce podcast. c'est de continuer à s'éduquer, soit par ses propres moyens, soit justement en discutant avec les bonnes personnes. Et sur l'aspect plus expatrié, il ne faut pas sous-estimer de structurer son patrimoine pour rester flexible. Quand on est expatrié, on a tendance à bouger. Et donc, c'est important qu'au moins une partie de son patrimoine puisse bouger avec nous. Encore une fois, parce que chaque pays a ses propres règles locales, a ses propres comptes aussi. C'est important de pouvoir retirer une partie de son argent et puis que cette portion-là puisse nous suivre pour continuer à profiter des règles locales et adapter son patrimoine en fonction.
- Speaker #0
Éduquer et structurer son patrimoine pour la flexibilité. Merci à tous de nous avoir écoutés aujourd'hui. Je vous donne rendez-vous au prochain épisode.