Speaker #1Bonjour, je m'appelle Audrey Wacogne et je suis responsable du pôle économie sociale et solidaire à la BGE. Sur le pôle économie sociale et solidaire, on a deux dispositifs pour le moment. On espère pouvoir en développer d'autres, mais pour le moment, le DLA, qui est le dispositif local d'accompagnement sur lequel je suis opérationnelle. et un dispositif qui est le dispositif de microcrédit personnel accompagné avec une équipe de trois personnes réparties sur trois départements. L'EDLA, c'est un dispositif qui est financé par l'État, le Fonds social européen et la Banque des territoires pour accompagner les associations. Alors, on dit les associations parce que majoritairement, c'est des associations, mais c'est toutes les structures de l'économie sociale et solidaire qui sont employeuses. pour se développer, se professionnaliser ou consolider leurs activités. Le DLA, ça fait 20 ans que la BGU le porte, le dispositif. Il est plutôt bien connu sur le département de l'Indre. D'ailleurs, on est intervenu sur tout le territoire de l'Indre. Les associations connaissent bien. Encore quelques-unes ne nous connaissent pas, mais ça ne va plus tarder à ce qu'elles nous connaissent toutes bientôt. Elles me sollicitent directement. pour une demande d'accompagnement. Et là, ma mission, à moi, c'est d'aller les rencontrer. Donc le premier entretien, on dit un entretien d'accueil, où là, j'écoute en tout cas la problématique ou le besoin de la structure. Et puis, si le besoin répond au cadre d'Action Nationale, puisque c'est très cadré, le DLA, à ce moment-là, on programme des entretiens pour effectuer un diagnostic. Les besoins, c'est assez divers et variés. Ça peut être sur des... problématiques de gouvernance, ça peut être pour de la restructuration interne aussi, de la réorganisation, sur du développement d'activités. Alors la structure peut avoir un besoin de développer ses activités, elle ne sait pas trop vers quoi se diriger et donc là elle fait appel au DLA pour réfléchir à sa stratégie de développement. Quelquefois aussi ça peut être pour consolider les emplois s'il y a des difficultés ou créer son premier emploi. Ça peut être une structure effectivement non employeuse. qui s'est créée, qui s'est bien développée et qui souhaite recruter pour la première fois mais qui ne sait pas comment faire. Elle me permet de découvrir plein de milieux différents, des associations culturelles, des associations sportives, des associations en lien avec l'emploi et donc elle me présente leurs activités donc ce qu'elles font, avec qui elles le font, pour qui elles le font et puis l'objectif c'est de comprendre un petit peu tout ce fonctionnement. de le mettre sur papier et ensuite de formuler quel est le besoin. Je peux être amenée à rencontrer les dirigeants, les présidents, présidentes, des salariés, des membres du conseil d'administration, ça va dépendre vraiment du besoin qui sera demandé au départ. Et quelquefois, en échangeant avec ces personnes-là, on se rend compte que finalement le besoin qu'elles ont exprimé au départ, ce n'était pas le besoin prioritaire. Et là, elles se disent, ah oui, effectivement, on n'avait pas pensé à tout ça et on oriente le DLA. sur autre chose que ce qui était au départ. Par exemple, elles me sollicitent en me disant « Nous, on voudrait recruter notre premier salarié, mais elles ne sont pas prêtes du tout parce qu'il y a une réorganisation qui doit se faire en amont et la priorité du DLA, ça sera la réorganisation, la restructuration interne avant le recrutement du salarié. » En moyen, on en accompagne entre 12 à 15 structures par an, et donc les besoins étaient assez divers et variés. On a eu des demandes sur du développement d'activités, des problématiques de gouvernance, sur le recrutement d'un nouveau salarié, sur la pérennisation d'un poste salarié. Voilà, c'était des besoins qui étaient assez divers et variés. Pour faire mon travail, il faut être très à l'écoute. être patient, pour avoir cette patience de pouvoir prendre le temps de les écouter, de comprendre Le fonctionnement et de la curiosité aussi. Il faut beaucoup de curiosité parce que plus on est curieux et plus on aura des diagnostics qui colleront à la structure puisque derrière l'accompagnement, ce n'est pas moi qui vais le réaliser. C'est-à-dire qu'on réalise le diagnostic avec la structure, on formule le besoin et de là, on va faire une proposition d'accompagnement. Ça va être une des difficultés de mon métier de faire cette proposition d'accompagnement puisque moi je ne suis pas un expert dédié sur la problématique identifiée. Donc ça peut être compliqué de rédiger ces propositions. Après on les relie ensemble, il faut savoir reformuler en tout cas pour permettre de voir si on a bien compris le besoin de la structure. Ça arrive qu'on n'a pas bien compris. Donc, on recommence depuis le début. Donc, c'est là où il faut être patient aussi. Ça m'est arrivé de passer énormément de temps, de voir tous les salariés, les membres du conseil d'administration, le directeur, le président et de faire un diagnostic. Et puis, à la fin, ça ne leur va pas du tout. Donc, je me dis bon, là, soit c'est moi, soit c'est eux. Donc, on rééchange. Et donc là, ça demande beaucoup de patience et d'échange, d'écoute. dans la reformulation qui correspond bien aux besoins de l'association. Ensuite, une fois que la proposition d'accompagnement est rédigée, on diffuse un appel d'offres. Cet appel d'offres est envoyé à l'ensemble des prestataires, prestataires ou consultants, dans le jargon des Léa, on les appelle comme ça, qui sont habilités à intervenir sur des domaines en lien avec les besoins de l'association. Si le besoin c'est créer son premier emploi salarié, on va demander aux consultants des compétences spécifiques sur la gestion, organisation, RH. Et donc là, des consultants vont répondre, vont nous envoyer leurs propositions. Et ces propositions-là, on les étudie ensemble avec l'association. Donc moi je les étudie en amont, on en échange avec l'association. Et puis ensuite, on choisit le prestataire qui correspond le mieux aux besoins de l'association. On essaye aussi de choisir un prestataire qui a œuvré dans le secteur d'activité de l'assaut. Quelqu'un qui aura exercé dans le milieu culturel, c'est assez particulier le milieu culturel. On va sélectionner un prestataire qui aura déjà de l'expérience sur ce milieu-là, sur le milieu sportif également, sur le milieu de l'insertion. Et ça nous permet aussi de gagner du temps dans le secteur de l'accompagnement, quand ils comprennent mieux le secteur dans lequel ils vont intervenir. Si je prends l'exemple des structures d'insertion par l'activité économique par exemple, c'est quand même un secteur qui est assez complexe. Quand on ne connaît pas, quand on n'est pas dedans, c'est compliqué de maîtriser les tenants et les aboutissants de ce secteur-là. Donc on va choisir un consultant qui aura travaillé sur de l'ingénierie en lien avec le besoin de l'association et avec l'expérience qui va avec. Une fois que le prestataire sera sélectionné, on définira la date de réunion de lancement. On appelle ça la réunion de lancement. Ce jour-là, je suis présente pour reformuler en tout cas la thématique de l'accompagnement. On fixe le calendrier des journées d'accompagnement quand c'est possible, parce que ça c'est pareil, il faut être très patient aussi, parce que c'est pas toujours évident. Le milieu associatif, c'est un milieu, surtout le milieu associatif employeur. On est amené à faire énormément de choses, on doit être assez polyvalent, et les gens sont souvent débordés, on a beaucoup de choses à faire, et c'est ça qui est bien, parce qu'on ne s'ennuie pas pour le coup. Et c'est souvent difficile de se caler des dates ensemble, des créneaux. Les prestataires, ils n'interviennent pas que dans ces structures-là, ils ont aussi d'autres interventions ailleurs. Il y en a qui viennent de très loin, là on a un accompagnement d'une personne, un prestataire qui vient du sud de la France pour accompagner une structure qui se trouve au Blanc. Quelquefois, c'est aussi compliqué de caler avec les agendas des prestataires. Donc moi, je suis là la première journée et puis ensuite, je les laisse travailler quand ils ont calé leur première journée. Alors ça peut se faire en visio, quand le prestataire est très lent, puisque la réunion de lancement, généralement, elle dure deux heures maximum. Et puis ensuite, si le prestataire a décidé de commencer sa première journée d'accompagnement, ce jour-là, il le fait. Et sinon, il y a d'autres journées qui sont programmées. Et là, moi, je n'interviens pas. Je prends juste la température de temps en temps. J'appelle les structures. Ça va, ça se passe bien. Est-ce que pour le moment, ça répond à vos besoins ? Oui, oui. J'appelle le prestataire pour lui demander, bon, voilà, est-ce que ça se passe bien ? Oui, oui, ça se passe bien. Non, ça ne se passe pas bien. Pour l'instant, j'ai de la chance. Tout se passe très bien. Ça amène aussi beaucoup de réflexion parce que c'est un gros chamboulement aussi pour les associations parce qu'effectivement, comme je disais, elles sont prises aussi dans leur rouage, dans leur fonctionnement et un dès là, ça demande de se poser, ça demande de s'asseoir autour d'une table, d'échanger, ça prend du temps. C'est vraiment quelque chose que je répète souvent aux associations, enfin toujours systématiquement aux assos, c'est que si vous vous engagez dans cette démarche de DLA, c'est quelque chose qui va demander l'engagement de toutes les parties prenantes engagées dans ce projet de DLA et ça va prendre du temps. Sachez-le. Si par exemple sur un DLA qu'on va estimer à 6 ou 8 jours, ça peut prendre une année. On a 6 à 8 jours d'accompagnement, mais ça va durer un an par exemple. Sur un délai de 3 à 4 jours, ça peut durer 4 à 6 mois. Je me souviens de ma toute première assos, c'était un club de sport dans l'Indre. Et là c'était compliqué, mais après je m'en suis sortie. C'était compliqué parce que c'était un club de sport. Puis en fait... On avait un président d'association qui voulait tout révolutionner, avec des gens autour de la table qui n'étaient pas d'accord avec tout ça. Et donc ça, c'était plutôt compliqué. Et au final, c'est aussi un DLA qui n'est pas allé au bout, parce qu'il y a eu licenciement du salarié. Ce qui n'était pas de mon fait, pour le coup, puisque le problème, c'est que le DLA est intervenu, ils nous ont appelé beaucoup trop tard. Donc on n'a pas pu, malheureusement... pérenniser l'emploi salarié. Ça arrive, quelques fois les structures attendent trop longtemps pour nous prévenir ou en tout cas solliciter le DLA et du coup elles sont déjà trop en difficulté et ça aboutit au licenciement du salarié. Donc là j'avais pris quand même beaucoup de temps, j'avais échangé, je suis même allée à la rencontre du maire, j'ai rencontré un élu aussi du conseil du conseil régional. tous les membres du bureau. Donc, ça a pris énormément de temps. Et au final, pour rien, quoi. Donc, voilà, c'était le premier, le plus dur, en fait.
Speaker #1Le meilleur souvenir, en fait j'en ai plusieurs, c'est vraiment toujours un plaisir quelques fois quand je découvre des secteurs que je ne connais pas comme le cinéma, le cinéma associatif, j'ai découvert ce milieu-là, le milieu aussi culturel. Mes plus belles expériences c'est quand je découvre aussi des lieux atypiques comme un parc naturel où là je vois des gens qui sont investis et je trouve ça super touchant parce que je me dis... Voilà, c'est des gens, aujourd'hui, trouver des bénévoles, c'est compliqué et ça touche. On se dit, il y a encore des gens comme ça, qui sont investis, qui s'engagent dans des causes et ça me touche beaucoup. Je n'ai pas qu'un seul beau souvenir, j'en ai plusieurs, donc ça me permet de visiter des lieux un petit peu atypiques, des lieux extraordinaires comme les tiers-lieux aussi, où il y a des personnes qui sont très engagées, dans des secteurs d'activité très différents. Où il y a de la vie, dans des tout petits villages, où on se dit bon ben là on est quand même au fin fond presque de la creuse et il n'y a personne mais ça bouge. Et ouais ça met du baume au cœur, on se dit ben on a envie d'accompagner ces gens-là, on a envie qu'ils réussissent et que ça continue. Oui je me sens utile mais pas toujours parce que quelquefois il y a ce petit côté où on se dit ben on aimerait bien aller jusqu'au bout de l'accompagnement, c'est-à-dire nous faire l'accompagnement, malheureusement alors quelquefois ça pourrait être possible mais... On n'a pas cette expertise, cette multi-expertise que peuvent avoir les consultants. D'ailleurs, les consultants eux-mêmes n'ont pas toutes les expertises. Donc, il y a ce petit côté où on se dit, on aimerait bien être avec eux jusqu'au bout et les accompagner, mais on ne peut pas savoir tout faire dans la vie. Après, quand le DLA est terminé, que les structures sont contentes et qu'elles se disent, le DLA, ça a tout changé pour nous, il s'est passé plein de choses. Voilà, grâce au DLA, on a pu faire ceci, on a pu faire cela, donc là on est content. Et puis je me dis quand même, à la base c'est un bon diagnostic avec une bonne compréhension des enjeux, de la problématique de l'assaut, et ça c'est de ma partie, et donc je me dis si c'est un peu réussi, c'est aussi un peu grâce à moi, mais pas qu'à moi. C'est aussi grâce à la structure, parce que si derrière le DLA il n'y a pas des choses qui s'enclenchent, le DLA aura servi à rien. On a la chance, nous les chargés de mission DLA, d'avoir un centre de ressources. Donc c'est des personnes qui sont des experts dédiés dans des secteurs d'activité, donc la culture, le sport, structure d'insertion, le numérique, qu'on peut solliciter assez régulièrement, enfin en tout cas quand on a besoin. Là j'avais sollicité le centre de ressources DLA Opal par exemple sur l'activité cinéma, puisque je me disais mais qu'est-ce que je mets dans mon diagnostic ? C'est quoi les questions pertinentes ? Qu'est-ce que je dois aller chercher en fait par rapport à... Il faut du contenu, il faut qu'on sache comment ça fonctionne, parce que je me dis, le consultant qui va répondre, s'il n'a pas nécessairement exercé, il peut avoir exercé dans le milieu culturel, mais pas forcément dans ce secteur dédié. Ce qui peut être compliqué, et on a toujours des superbes échanges, et du coup, depuis que je suis arrivée, je me suis énormément enrichie, je suis montée vraiment énormément en compétences sur la connaissance du milieu associatif, du fonctionnement, des problématiques récurrentes, et ça c'est pour moi qui suis toujours avide de connaissances, pour le coup j'apprends énormément des autres en fait. Donc voilà, j'aime beaucoup ce que je fais. J'ai pas encore intégré une ASSO, mais j'y ai pensé, j'y ai pensé. Je me suis dit, il faut juste que je trouve la bonne ASSO qui me convient. Mais oui, j'y ai songé. Je me suis dit, il y a cette envie-là d'être peut-être bénévole sur des festivals, des choses comme ça, pour rencontrer des gens, rencontrer des personnes qui œuvrent pour des causes qui me toucheraient aussi particulièrement. Mais oui, j'y ai pensé. J'y ai pensé. On a des objectifs qui sont fixés à l'année par nos financeurs. Des objectifs théoriquement smarts, où on a des chiffres qui sont là pour l'Indre par exemple, c'est de l'être 11 à 12 structures accompagnées dans l'année, sur de l'accompagnement en ingénierie individuelle. Ça j'en ai pas parlé, mais il peut y avoir aussi des DLA collectifs. Là on peut intervenir pour un ensemble de structures de l'économie sociale et solidaire, qui peuvent être issues de tous secteurs d'activités différents, ça peut être très bien. Nous, on aimerait bien répondre à des appels à projets, mais on ne sait pas trop comment faire, on ne sait pas comment rédiger nos propositions. Et si on a 5 ou 6 qui se disent la même chose, on peut éventuellement proposer un DLA collectif pour accompagner ces structures-là sur du montage de dossiers, de financement, de répondre à des appels à projets. On peut faire du DLA collectif. Là, le dernier, il y en a eu un dans l'Indre, par exemple, qui était sur la communication. Le microcrédit personnel, je précise bien personnel puisqu'on s'adresse à des particuliers. Sur l'Inde, pour le coup, c'est Indre Initiative qui porte le dispositif, mais notre salarié est détaché dans les locaux de la BGE, donc qui a son bureau juste à côté de moi. Et puis sur le Cher, c'est la BGE qui porte le dispositif, et en Indre-et-Loire, c'est la BGE également. Le travail d'un chargé d'admission au niveau du microcrédit personnel, ça va être surtout de l'accompagnement. Alors c'est un dispositif qui s'adresse... à des publics qui sont en grande précarité bien souvent, mais pas toujours, parce qu'aujourd'hui des gens qui ont un travail peuvent être aussi en fragilité financière, ça peut être dû à une séparation, une rupture, le décès d'un conjoint, ou des personnes qui sont en situation de recherche d'emploi, qui ont besoin de s'acheter un véhicule par exemple. Donc ils sollicitent le microcrédit parce qu'ils n'ont pas accès au crédit bancaire classique. Pour différentes raisons. Le travail des chargés de mission, l'objectif c'est de rencontrer les personnes, on demande quand même une grande capacité d'écoute, de la bienveillance, de l'empathie, et donc pendant cet entretien on évalue le besoin de la personne. Sur les trois départements, et puis ça se retrouve aussi sur d'autres départements, mais en tout cas sur les trois où on a des chargées d'admission microcrédit, le principal objet de sollicitation du microcrédit, c'est la mobilité. Donc on nous sollicite surtout pour de l'achat de véhicules, parce qu'aujourd'hui il y a plein de solutions pour financer un permis, mais pas forcément pour s'acheter une voiture. Donc on va dire que 80% des demandes de microcrédit concernent l'achat de véhicules. Donc là, on rencontre les personnes, on évalue le besoin. Et puis, quelquefois, il y a des bonnes surprises puisqu'on arrive à trouver des solutions alternatives. Ce n'est pas toujours pour le besoin de véhicules, mais on avait une dame, par exemple, qui nous avait sollicité qui avait besoin d'argent pour payer les obsèques de son fils. Elle voulait faire un microcrédit pour ça. Et au final, elle ne savait pas qu'elle avait des droits au niveau de la caisse primaire d'assurance maladie pour financer les obsèques de son fils. Et on lui a évité de s'endetter avec un microcrédit. L'objectif, c'est vraiment un accompagnement global de la personne. On leur propose aussi d'être accompagnés si on voit qu'il y a des difficultés en termes de gestion de budget. Parce que les relevés de comptes, je ne vous cache pas que ça dit beaucoup de choses sur vous. Attention ! Et donc, on peut voir beaucoup de choses sur un relevé de banque. Et là, on échange avec les personnes et on travaille avec des partenaires. qui participent au comité de microcrédit, puisque les personnes qui nous sollicitent pour un besoin microcrédit, systématiquement, les demandes sont évaluées par des membres d'un comité. Donc là, on a des personnes qui viennent de l'UDAF, par exemple, un directeur de structure d'insertion, des bénévoles en ancien notaire à la retraite aussi, des anciens chefs d'entreprise, des personnes qui ont travaillé à la BGE, Famille Corale également. Et donc, ça nous permet d'avoir un œil plus élargi, en tout cas sur sur la situation aussi du bénéficiaire et peut-être aussi pendant ces comités de trouver des solutions alternatives en se disant « Ah mais peut-être que cette personne-là, elle pourrait se rediriger là ou là et la solution elle est peut-être là » . Vraiment l'objectif c'est pas de recourir obligatoirement au microcrédit quand il n'y a pas d'autre solution. Et donc on l'accompagne, on est avec la personne tout au long de la procédure, on les rassure, on leur explique le fonctionnement et puis à la fin ils obtiennent... Ils obtiennent le microcrédit si la banque accepte, puisque ce n'est pas la BGE qui donne l'argent. On travaille avec cinq partenaires bancaires, alors plus que quatre maintenant, puisqu'il y en a deux qui ont fusionné. Et donc les demandes sont envoyées auprès de ces partenaires bancaires pour lesquels on travaille. Nous, on ne reçoit rien du tout, nous ne sommes pas des apporteurs d'affaires. On sélectionne, alors on dirige le bénéficiaire principalement vers une banque s'il est déjà dans cette banque-là. et sinon dans une des banques qui acceptera de prendre en charge la demande de la personne. Il faut savoir qu'on a quand même entre 350 et 400 demandes par an sur les départements et que malheureusement on ne peut aider qu'un quart de ces personnes. On est confronté à des personnes de plus en plus en difficulté, pourtant quelques fois même des gens qui travaillent. Mais quand on a un CDI et qu'on n'a plus de voiture et qu'on habite... À la campagne c'est compliqué, il faut absolument une voiture et quelquefois ça leur permet de conserver leur emploi ou d'en trouver. 2000, 3000, 4000 euros c'est rarement 6000 ou 8000 euros parce que l'objectif c'est qu'ils puissent rembourser leur crédit aussi. Le crédit peut aller de 600 jusqu'à 8000 euros. Ils peuvent nous solliciter aussi pour des besoins en santé. Si on parle des dents, par exemple, aujourd'hui c'est très mal remboursé. Même si on a des bonnes mutuelles, c'est toujours très compliqué. Ça peut être aussi pour de la formation, de la formation qui ne serait pas financée via le CPF ou via un OPCO. Les personnes qui veulent se former peuvent faire financer leur formation par le microcrédit. Ça peut être aussi des besoins sur le logement, pour s'équiper. Donc là, on essaie de voir aussi s'il n'y a pas des aides possibles au niveau de la CAF, pour éviter qu'ils fassent un microcrédit. Merci. principalement sur ces besoins-là, mais majoritairement on est sollicité pour de la mobilité. Ce qui peut être une belle réussite aussi, c'est une personne qui trouve un emploi à la suite de l'obtention de son microcrédit parce qu'elle n'avait plus de voiture et que là on a solutionné le problème et qu'elle était jusque-là sans solution. Ça peut être l'un ou l'autre. Si on évite de faire un microcrédit, c'est cool. Et s'ils ont leur microcrédit, c'est cool, ils sont contents. Et c'est ça qui fait du bien. Puis là, on a mis en place avec mes collaborateurs des questionnaires de mesures d'impact. Donc au bout de 12 mois, on les recontacte pour savoir où ils en sont et si le microcrédit, ça a changé quelque chose dans leur vie. Et puis, on se rend compte que sur le sentiment d'autonomie, ça a beaucoup joué. De se dire qu'en fait, ils ont pu y arriver tout seuls, même si c'est un microcrédit. Mais au final, même pour une personne qui n'est pas forcément en emploi, mais si vous êtes une maman Solo qui est d'emmener ses enfants à l'école et que l'école est à 4 km en voiture et qu'il n'y a pas de transport parce qu'il y a encore des endroits où c'est très peu desservi par les transports. Moi je connais bien ça, j'ai vécu ça avec mes enfants et si on n'avait pas eu deux voitures, ce n'était pas possible d'emmener nos enfants à l'école puisque l'arrêt de bus était à 2 km. Si on n'a pas de voiture, qu'elle tombe en panne et souvent les frais de réparation sont exorbitants, la maman qui peut emmener ses enfants à l'école, c'est aussi pour ça le micro. Le microcrédit, ce n'est pas uniquement la maman ou le papa. Il n'y a pas que des mamans toutes seules, il y a aussi des papas tout seuls. Ça a beaucoup joué sur de pouvoir être autonome. Je trouve que c'est important de pouvoir se sentir auteur et actrice de sa vie. Et quelquefois, ça passe simplement par de petites choses, comme une voiture. Avec mes collègues, avec le travail que je fais, avec les personnes que je rencontre, avec le réseau aussi qui s'étend, qui se peaufine, avec ma connaissance aussi du territoire. Donc je trouve que c'est très enrichissant en tout cas les échanges qu'on peut avoir avec nos collègues qui sont sur les autres pôles de la BGE. On apprend beaucoup des uns et des autres et puis les petites interactions commencent à avoir lieu en se disant « Ah mais tiens, on pourrait peut-être associer lui ou elle à ce projet-là, ça pourrait être bien. » Et c'est ça que je trouve chouette en fait, parce que travailler ensemble, c'est ce que j'aime. Donc voilà, enrichissant. Voilà, merci.