Speaker #0bonjour c'est laurence. aujourd'hui on reprend le fil de notre conversation de l'épisode précédent vous vous souvenez certainement je vous avais parlé de monsieur paul et de son impossibilité de passer à l'action parce qu'il n'arrivait pas à sortir de ses réflexions et combien il en était profondément triste. comme mr paul plein de gens veulent avant d'agir avoir envisagé toutes les conséquences de ce qu'ils envisagent de faire mais comme bien sûr ils sont conscients que on ne peut pas envisager toutes les conséquences ils ne passent jamais à l'action et le temps passe ils finissent par regretter de n'avoir rien fait et il y a aussi ceux qui, puisqu'ils savent qu'ils ne pourront pas tout seuls faire le tour de toutes les conséquences, demandent à leur entourage ce qu'ils en pensent. Est-ce que vous connaissez l'histoire de la course des grenouilles ? Non ? Ok, je vous la raconte. Un jour, au pays des grenouilles, il y a une course qui est organisée. Il s'agit de grimper au sommet du gros chêne qui trône sur la place du village. Et donc plusieurs dizaines de grenouilles ont décidé de participer. Le jour J, elles sont toutes sur la ligne de départ, hyper entraînées, hyper impatientes et tout, et paf ! Le top départ est donné, et elles se lancent toutes sur le tronc de l'arbre. Et il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de spectateurs, d'autres grenouilles qui regardent et qui, évidemment, discutent et discutent, et chacune y va de son avis. Et parmi elles, il y en a certaines qui disent que, bah, vraiment, c'est difficile comme épreuve pour des grenouilles, hein. Il y a... comme une rumeur qui dit que les grenouilles ne sont pas faites pour grimper aux arbres. Et puis, au bout d'un certain temps, en effet, il y a des grenouilles qui tombent de l'arbre. Elles sont trop fatiguées ou certaines ou le vertigent. Bref, il y a pas mal d'abandons. Et à chaque abandon, les spectateurs renchirissent. Et on entend « Ouais, tu vois, je te l'avais bien dit, c'est impossible pour une grenouille de grimper là-haut, c'est trop haut, il fait trop chaud, aucune grenouille n'a jamais fait ça, etc., etc. » Et en effet, toutes les grenouilles ont renoncé, sauf une. Il en reste une qui finit par arriver en haut du chêne. Donc là, tout le monde applaudit, tout le monde est absolument émerveillé. Et quand elle redescend et qu'on s'apprête à lui remettre sa coupe, alors on s'aperçoit qu'elle est sourde. Ce qui a permis à cette grenouille d'aller jusqu'au bout de son projet, de ce défi. en lequel personne ne croyait, c'est de ne pas entendre les commentaires des spectateurs. Et pour elle, mieux vaut avoir été sourde que d'entendre ça. Dans cette histoire, toutes les grenouilles qui ont participé l'ont fait parce qu'elles croyaient en leur capacité de réussir. Mais quand on n'est pas sûr de soi, le réflexe c'est très souvent de demander à son entourage ce qu'il en pense. D'abord parce que c'est très rassurant. Sur le moment, on se dit « Waouh, super, j'ai trouvé un moyen pour ne pas être seul face à toutes ces questions sans réponse, je vais demander autour de moi, je vais trouver la solution. » Et puis, souvent, dans un deuxième temps, on se rend compte que ça devient assez vite angoissant parce que les réponses sont toutes différentes et du coup, ça renvoie à l'idée que « Ouah, dis donc, mais je n'avais pas envisagé ça comme ça, je n'avais pas compris les choses de cette façon. » Et on se dit que « Ben dis donc, ouf, j'ai vraiment évité le pire. » Et puis très souvent, beaucoup de réponses nous déconseillent de faire ce qu'on voudrait faire. Cela dit, même si les réponses sont négatives, la plupart du temps, ce sont des avis bienveillants. Et la plupart du temps, c'est pour notre bien que les autres nous disent « Non, non, mais laisse tomber, ne te lance pas dans cette aventure. » Ok, mais alors pourquoi les réponses sont-elles toutes différentes ? Parce que la personne répond avec sa façon de voir le monde, ce que nous appelons en systémie la vision du monde. La vision du monde, c'est quoi ? C'est la somme de toutes les expériences, de toutes les croyances, de toutes les opinions, de toutes les pensées d'une personne. Donc, quand je demande son avis à quelqu'un, il me le donne à partir de sa vision du monde. Et chaque personne a sa vision du monde, différente de la mienne. Il est donc normal que chaque réponse soit différente de celle des autres. Chaque personne a sa vision du monde personnel et les ressources propres qui en découlent. Donc, plus je demande d'avis, plus je vais avoir d'avis différents, et plus ça va être difficile pour moi de faire le tri entre ce qui me correspond et ce qui ne me correspond pas du tout. Donc, demander son avis à votre conjoint ou à qui que ce soit d'autre, c'est une bonne idée, à condition de le prendre pour ce que c'est. c'est-à-dire son avis, son opinion, qui n'engage que lui et que vous n'êtes pas obligé de suivre. Cette personne n'a pas accès à vos ressources, à vos envies, à vos désirs, à vos besoins profonds. Vous pouvez vous servir de son avis, mais comme d'un outil pour affiner votre prise personnelle de décision. Quand on est envahi par des questions infinies, sans réponse, qui nous empêchent de passer à l'action, il y a deux choses à faire. La première chose à faire, c'est de ne plus en parler, d'arrêter d'en parler. Arrêter de poser les questions autour de soi ou de chercher des réponses sur Internet. Et la deuxième chose, qui est liée au fait que ce n'est pas parce que je n'en parle plus que les questions ont disparu, c'est d'écrire les questions qui viennent à l'esprit et pour chacune d'entre elles, se dire « Ok, Existe-t-il une réponse à cette question-là ? Soit oui, la réponse existe quelque part. Donc, à qui faut-il que je pose la question pour avoir une vraie réponse ? Une vraie réponse est une réponse constructive, pas juste une opinion sur la question, mais une réponse qui va me permettre d'avancer dans ma réflexion. Soit non, cette question n'a pas de réponse, ou plus exactement, cette question n'a de réponse que dans l'action. Et là, il faut d'abord accepter de vivre avec des questions sans réponse. Et aussi accepter de passer à l'action sans avoir eu de réponse, donc sans savoir quel va être le résultat de mon passage à l'action. Parfois, certaines questions sont sans réponse pendant longtemps. Par exemple, si je me lance dans l'entrepreneuriat, si je décide de créer une entreprise, je ne saurais pas avant longtemps si mon entreprise est viable ou pas. Ça peut prendre plusieurs mois, voire plusieurs années. Donc parfois la réponse ne vient pas immédiatement avec l'action. Pour résumer, cet exercice consiste à faire moins pour avoir mieux. Moins de questions pour de meilleures réponses. Cet exercice de rétention des questions pour mieux y répondre, il faut le faire pendant trois semaines pour que le réflexe de se poser toutes ces questions infructueuses disparaisse vraiment. Cependant, n'oubliez pas que... Se poser des questions, c'est normal. Par contre, ce qui n'est pas vraiment normal, c'est de vouloir à tout prix trouver des réponses à toutes les questions. Outre le bénéfice de faire taire la machine à questions, cet exercice permet également de se recentrer sur soi-même. Parce qu'en fait, si vous avez eu une envie, ce n'est pas pour rien. C'est certainement parce que cette envie répond à un besoin. Et ne plus être envahi par des questions incessantes et insolubles, et par des solutions qui ne vous correspondent pas, vous permettra d'identifier clairement ces besoins. Au lieu de vous demander si cette envie est réalisable, demandez-vous à quel besoin cette envie répond-elle. Et une fois identifié votre besoin, la question à se poser c'est, cette envie est-elle la bonne réponse à ce besoin ? Imaginons que vous ayez très très envie de changer d'emploi. Ok, pourquoi pas. Deux solutions s'ouvrent à vous. Ou bien, vous voulez changer d'emploi et vous partez bille en tête. Je vais démissionner, je vais me trouver un autre emploi. Et là, arrivent toutes les questions. Oui, mais comment je vais faire pour vivre ? Et alors, du coup, je vais demander à un tel et à une telle qui vont tous probablement me déconseiller de démissionner. Ou alors, je peux me poser la question. Je voudrais bien démissionner, je voudrais changer d'emploi. Mais qu'est-ce qui ne va pas vraiment dans cet emploi ? Est-ce que c'est le domaine d'activité qui ne me plaît plus du tout parce que j'en ai fait le tour ? Est-ce que c'est plutôt mes collègues avec qui je ne m'entends plus du tout ? Donc, vous voyez, l'envie de démissionner peut être motivée par toutes sortes de besoins. Et identifier ce besoin va me permettre après de comprendre si démissionner est la bonne réponse à ce besoin. est-ce que démissionner, c'est vraiment la bonne solution ? Pour moi, si je dois retenir une chose de l'histoire de la course des grenouilles, c'est qu'il faut parfois rester sourd aux conseils, aussi bienveillants soient-ils, de l'entourage, pour se recentrer sur soi-même et, au final, pour se faire confiance à soi avant de faire confiance aux autres.
Cet épisode est maintenant terminé.
J'ai toujours beaucoup, beaucoup de plaisir à lire vos commentaires et à répondre à vos questions. Donc n'hésitez pas à les poser sur mon compte Instagram, Laurence Palo Alto, et je vous dis à très bientôt, on se réécoute dans deux semaines. Salut !