Speaker #0Bonjour, c'est Laurence. Je suis très contente de vous retrouver et aujourd'hui je voulais vous parler de quelque chose que j'ai observé. Je ne sais pas vous, mais moi, à chaque fois que je vais sur Internet, je trouve des tas de postes Nous incitant, nous invitant à être bienveillant avec nous-mêmes, à prendre soin de soi, à prendre du temps pour soi, à se reconnecter à ses émotions, des conseils pour réussir sa vie professionnelle et sa vie personnelle, etc. Bref, ce sont souvent des injonctions à la bienveillance. Bon, c'est vrai, vous me direz, il vaut mieux ça que l'inverse. Mais il faut aussi reconnaître que... c'est pas toujours facile à faire. Et surtout, je trouve que souvent, les conseils qui sont donnés ne sont pas les bons. Et je vous explique pourquoi aujourd'hui. Si, effectivement, on prend une minute, une heure ou une journée par semaine pour se faire plaisir, pour aller au sauna, par exemple, ou pour se déconnecter des obligations, c'est super. Et, généralement, ça ressource beaucoup, ça fait beaucoup de bien. Mais après, qu'est-ce qui se passe après ? Eh bien, ça revient. Et c'est quoi qui revient ? Eh bien, ce sont les difficultés du quotidien, les difficultés auxquelles je suis régulièrement confrontée, plus ou moins grandes, et auxquelles j'ai du mal à faire face. C'est le stress qui en découle. Et c'est aussi et surtout le regard négatif qu'à ce moment-là, je commence à porter sur moi-même. Et donc, on se reproche souvent de ne pas réussir cela, d'avoir réagi comme ça dans cette situation et donc on le regrette. Bref, on se dit, si j'étais différent, ce serait mieux. Donc, se payer une séance au sauna ou un massage relaxant, c'est bien, c'est même une très bonne idée. Mais en général, ça ne nous empêche pas de reprendre notre vie comme avant et de finir par nous trouver des défauts. et de vouloir nous changer. Et en fait, le problème est là. On se trouve des défauts et on voudrait ne plus les avoir. Moi, je pense que, dans le fond, les défauts, ça n'existe pas. Je préfère plutôt parler de traits de caractère. Et ce sont surtout les conséquences de ces traits de caractère qui peuvent ou pas poser de problème. Bien que, en fait, il faut aussi se poser la question C'est un problème pour qui ? Est-ce que c'est un problème pour moi ou pour les autres ? Ou est-ce que c'est un problème pour moi parce que c'est un problème pour les autres ? Et puis, dans certaines circonstances, ce trait de caractère, il peut aussi être utile. J'ai eu un jour en consultation une femme qui est venue me dire que les autres lui disent souvent qu'elle est trop directe. qu'elle est trop souvent sans filtre et que, notamment, elle dit beaucoup trop facilement, dans toutes circonstances, ce qu'elle pense des autres. Elle reconnaît d'ailleurs, cette dame, que, oui, elle dit quasiment tout le temps ce qu'elle pense. Et oui, parfois, ce n'est pas très approprié. Donc, elle vient et elle voudrait ne plus être comme ça. Et elle me dit, je voudrais savoir être plus diplomate, plus conciliante. Ne pas toujours dire ce que je pense vraiment. Je lui ai alors demandé si ça lui était déjà arrivé que ce défaut, comme elle dit, lui ait servi à quelque chose. Et elle réfléchit un peu et elle m'explique que, ben oui, notamment, ça lui est déjà arrivé de se faire draguer et que ça ne lui plaisait pas du tout, elle n'en avait pas du tout envie. Et elle se souvient bien que dans ces circonstances-là, elle a toujours dit très directement, très franchement et un peu brutalement, pourquoi pas, à ce garçon que ça ne lui plaisait pas du tout, qu'il ne lui plaisait pas du tout et qu'elle avait envie que ça s'arrête. Elle m'explique qu'elle a fait ça comme ça pour avoir la paix et qu'elle l'a eu. Donc, ce qu'elle considère comme un défaut, parfois, dans certaines circonstances, lui a servi à quelque chose. Donc, ce n'est plus un défaut. C'est pour ça que je dis que les défauts n'existent pas. Ce sont des traits de caractère qui, selon les circonstances, posent des problèmes ou rendent des services. Et si ce trait de caractère me sert à quelque chose, alors je tiens à le garder. Et plutôt que de m'en débarrasser, je vais essayer de le nuancer en fonction des situations. Être bienveillant avec soi-même, c'est avant tout... accepter d'être comme on est, et notamment avec nos soi-disant défauts, ou ce que les autres pointent du doigt comme étant des défauts. Être bienveillant avec soi-même, c'est s'observer et faire le constat que, ben oui, je suis comme ça. Je suis entière, avec des traits de caractère faciles et d'autres moins faciles. Je suis celle qui réagit de cette façon dans cette circonstance, ou je suis celui qui ne sait pas trop comment faire dans ce type de situation, ou bien encore celle qui refuse d'être confrontée à ceci ou à cela, bref. Être bienveillant avec soi-même, c'est accepter d'être tel que l'on est, et notamment, y compris, et même j'allais dire surtout, avec ses soi-disant défauts. Être bienveillant avec soi-même, c'est faire le constat que l'on est comme on est, et accepter de l'être. Ce que, par exemple, le perfectionniste ne fait pas du tout, lui. Le perfectionniste, il n'est pas du tout bienveillant avec lui-même, parce que, premièrement, il ne se félicite jamais, puisque rien n'est assez bien, et deuxièmement, quand il se reconnaît un défaut ou qu'il reconnaît qu'il a fait une erreur, il cherche tout de suite à se corriger. Et c'est en ça qu'il est malveillant avec lui-même. Le perfectionniste, il passe sa vie à être mécontent de lui et donc il reste coincé dans la même boucle d'imperfection, d'insatisfaction et de jugement négatif de lui-même. A l'inverse, être bienveillant avec soi-même, ce n'est pas non plus ne pas être exigeant du tout ou uniquement passer du temps à se faire plaisir. C'est avant tout accepter de ne pas être parfait. Et comprendre que ce n'est pas forcément une bonne idée d'ailleurs. Parce que ce qui peut me causer des soucis aujourd'hui me rendra peut-être, voire certainement, service demain. Et si je reconnais que je ne suis pas parfaite, alors je ne suis pas sans cesse en train de me reprocher quelque chose. Je ne suis pas sans cesse en train d'essayer de changer. Je peux au contraire apprendre à nuancer mes réactions, à user de ce soi-disant défaut dans certains cas et pas dans d'autres. Donc j'apprends à me connaître mieux, à me faire confiance et je progresse. Et puis le deuxième point super positif, c'est que si j'ai cette attitude avec moi-même, alors je vais l'avoir aussi avec les autres. Et donc je vais les aider et notamment les enfants. Je vais l'aider à surmonter ce qui lui pose des soucis, des problèmes. Je vais l'aider à avoir confiance en lui, parce qu'avoir confiance en soi, c'est savoir qu'on fait des erreurs, qu'on ne fait pas toujours tout correctement, et que ce n'est pas grave, c'est même normal. En apprenant à être bienveillant avec soi-même, j'apprends aussi à l'être avec les autres, et ça, c'est inestimable dans la vie. Donc, la prochaine fois que vous vous reprocherez d'être trop ceci ou cela, ou qu'une autre personne vous fera ce reproche, posez-vous une première question qui est de savoir pour qui est-ce un problème. Puis une deuxième question qui est, ce trait de caractère est-il toujours un problème ou est-ce qu'il y a des circonstances où je suis bien contente de l'avoir parce qu'il me sert à quelque chose. Et vous verrez alors qu'on bascule tout de suite dans la bienveillance pour soi. Et ça, c'est d'abord très apaisant. Et puis surtout, c'est très constructif. Parce que ça permet d'avancer, ça permet de mieux se connaître et de prendre la décision de changer ou pas. Voilà, j'ai été super contente de parler avec vous aujourd'hui. Et puis, on fait comme d'habitude, on se retrouve pour commenter, discuter. sur mon compte Instagram, Laurence Palo Alto. Et je vous dis à bientôt. En attendant, portez-vous bien. Ciao !