- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur Objectif Mental, le podcast où l'on explore le coaching et la préparation mentale. Je suis Kevin et chaque semaine je partage des conseils pratiques, des interviews d'experts, ainsi que des témoignages inspirants d'entrepreneurs, de sportifs et d'artistes. Mon objectif est de vous aider à débloquer votre potentiel pour performer en toute sérénité, que ce soit dans votre vie professionnelle ou... et extra-professionnelle. Je vous souhaite une excellente écoute. Bonjour Ilham, tu vas bien ?
- Speaker #1
Bonjour Kevin, oui, ça va et toi ? Très bien.
- Speaker #0
Cool, et bien ravi de t'accueillir sur Objectif Mental. Tu es la deuxième Strasbourgeoise sur le podcast, je suis trop content. Alors tu es athlète de haut niveau en boxe française. Je vais tout de suite te donner le palmarès, comme ça on pose les bases. Donc 4 fois championne du monde de boxe française, 3 fois championne d'Europe. et 13 fois championne de France. C'est ça,
- Speaker #1
oui.
- Speaker #0
Pas mal. Ça va. Ça va. Cool, donc aujourd'hui, on va voir déjà comment tu t'es mis à la boxe, nous raconter toute ta carrière de boxeuse. Il y a eu un passage aussi un peu compliqué. Tu as eu un cancer du sein et tu es revenu. D'ailleurs, tu as gagné un titre derrière. C'est ça, j'aime bien qu'on en parle. Et puis, tu as pas mal d'engagement aussi à côté. Et dans ta vie pro, tu es gestionnaire des patrimoines.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Il y a un sujet qui me passionne, c'est aussi comment on concilie plein d'activités et toi, sport de très haut niveau. Je pense que ça a dû être un peu sport, je pense. C'est le cas de le dire. Est-ce que tu peux commencer par te présenter ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Donc, Ilem Ragging, j'ai 39 ans, Strasbourgeoise. Je suis née à Strasbourg et je vis à Strasbourg, donc fidèle à mes racines. Et donc, je suis gestionnaire de clientèle patrimoniale à la Caisse d'épargne. J'ai été athlète de haut niveau en boxe française. Et à côté de ça, je suis également présidente d'un fonds de dotation avec le club de basket pro de la SIG, qui s'appelle Solidarité, Impact, Générosité.
- Speaker #0
OK, SIG.
- Speaker #1
C'est ça. On a essayé de trouver... Des mots qui coïncidaient avec ces trois lettres.
- Speaker #0
On peut commencer par ça. Quel est ton rôle dans ce fonds de dotation et quel est son objectif ?
- Speaker #1
Je suis présidente de ce fonds. L'objectif est d'être des acteurs, dans un premier temps au niveau local, auprès de jeunes, auprès de malades. auprès de personnes dans le besoin. Enfin, vraiment essayer de nous associer avec des associations et d'œuvrer par rapport à toutes ces thématiques. Il y en a tellement. Après, on a fait pas mal de choses à l'occasion d'Octobre Rose. Donc, l'association, le fonds a été lancé en septembre 2024. Et on a de suite enchaîné avec des actions Octobre Rose. Donc, pour reverser des fonds, À la Ligue contre le cancer, à l'association SEV qui justement finance des recherches entreprises par professeur Matelin, qui m'a justement opéré et qui fait mon suivi, puisque pour elle, le cancer du sein a un lien avec notre environnement. Donc c'est des recherches qu'elle fait au niveau des pesticides, des métaux lourds. Donc c'est... Gros travail qu'elle fait. Et donc, elle commence un peu à publier et à donner tous ces résultats qu'elle a pu obtenir. Et donc, on a aussi fait une action avec la banque alimentaire. Donc, le but, c'est vraiment de donner un visage avec ce fonds de dotation. C'est vraiment de participer à... Plusieurs actions avec les joueurs aussi. Donc, la dernière fois, on a rendu visite à des malades à l'hôpital d'Haute-Pierre, à des enfants malades. Et donc, des joueurs de la SIG étaient présents. Donc voilà, on essaie de concilier un peu tout ça. Donc, des joueurs, nous, en tant qu'acteurs ou moteurs, on peut dire tout ça. Des entreprises aussi, qui souhaitent se joindre au fond, afin qu'on puisse mener ensemble une belle action. Sous le signe de la solidarité et de la générosité.
- Speaker #0
Sylvie a du mécénat alors.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et toi ton rôle c'est de présider ce fonds-là, vous êtes combien de personnes ?
- Speaker #1
Alors, il y a Serge Matisse. de la société Berhart, Christelle Lecomte de Batiger, Jacques Gênes de Stradim, Vanessa Hazan du Crédit Agricole, et Constance Epstein, qui est salariée de la SIG, et également du fonds, elle qui gère surtout, on va dire qu'elle est vraiment notre porte-parole, elle est aussi, elle fait vraiment le lien avec, entre le fonds, les entreprises, le fonds et la SIG, voilà.
- Speaker #0
c'est un new drive super un super engagement donc tu es arrivée là via la boxe et via ce que tu as accompli j'imagine alors déjà il y a une question comment on se met à la boxe en tant que fille tu sais mytho j'imagine c'est pas forcément le premier sport auquel on pense et c'est dommage peut-être aussi est-ce que tu peux nous expliquer comment tu es arrivée à te mettre à la boxe alors j'ai commencé à l'âge de 5 ans voilà
- Speaker #1
Parce qu'il y avait ma sœur et mon frère qui pratiquaient cette discipline. Et puis, souvent, j'allais avec eux aux entraînements. Et puis, lorsqu'il y avait des grands événements, j'étais présente. Et puis, je me suis dit, tiens, je vais tester. Et ça me plaisait bien. Et puis, quand je voyais les rings lors de soirées de gala de boxe, je me disais, la prochaine, ce sera moi, en fait.
- Speaker #0
À 5 ans déjà ? Enfin, vous, 6 ans, tu disais ça ? Oui,
- Speaker #1
oui. Je veux aussi gagner des championnats. Je veux aussi participer à des galas de boxe. Enfin, voilà, c'était... C'est un peu... J'ai baigné dedans. Enfin, ça faisait partie de mon quotidien, puisque tous les deux faisaient de la compétition. Donc, j'ai un peu grandi dans ce milieu-là.
- Speaker #0
Ils étaient à haut niveau ?
- Speaker #1
Oui, tous les deux aussi. champion de France avec des titres internationaux également donc voilà j'ai baigné dedans donc bon après je me suis dit allez on y va et puis ça a bien marché donc j'imagine que tu ne te dis pas à 5 ans je vais devenir athlète de haut niveau déjà tu te prends au sport et tu veux le faire à mesure c'est à partir de quel âge que tu vois tu t'es dit là j'ai quand même quelque chose à faire dans ce sport dès que j'ai pu m'inscrire en compétition ouais donc j'ai gagné mon premier titre de championne de France en 99 donc j'avais 13 ans et après je me suis dit bon ça va ça se passe bien à côté de ça j'ai aussi pratiqué du tennis je faisais aussi des petites compétitions mais à un moment donné il fallait faire un choix et pour moi c'était la boxe et puis bon ça va je me dis qu'au final j'ai bien choisi merci J'ai bien senti le truc. J'ai assez bien réussi dans cette discipline. Et puis, oui, c'est une fierté aussi. C'est une fierté. C'est sûr que je ne pensais pas, du haut de mes cinq ans, avoir tout ce palmarès.
- Speaker #0
Tu as commencé dans quel club ?
- Speaker #1
J'avais commencé à Oswald parce que j'ai vécu aussi à Oswald à un moment donné, quand j'étais plus jeune. Et ensuite, j'étais à Strasbourg. Et puis, j'ai aussi créé... Mon propre club, c'était en 2016.
- Speaker #0
Ok, ça on va en parler après. Et donc en boxe, tu es rentrée en sport-études pour pouvoir concilier études et boxe ? Comment ça a fonctionné pour toi ?
- Speaker #1
Alors, j'avais fait ma seconde en sport-études. Mais après, je ne souhaitais pas avoir... Parce qu'on fait quand même une année supplémentaire.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et je ne voulais pas. Donc après, j'ai repris la filière classique. J'étais au lycée Louis-Pastard à Strasbourg et ça s'est bien passé. J'ai fait au final trois années de lycée classique.
- Speaker #0
Tu es arrivée à cumuler avec la boxe ? Tu t'es entraînée combien de fois par semaine ?
- Speaker #1
C'était compliqué. Au lycée, on ne va pas dire que c'était déjà tous les jours, mais on était déjà à quatre entraînements par semaine. Après, c'est monté crescendo parce que mon premier titre de championne du monde, Je l'ai obtenu quand j'étais en terminale, donc à mes 18 ans. Donc, à mes 18 ans, c'était un peu l'année de tous les challenges. Donc, il y avait passé son permis, chose très importante, indépendance avant tout.
- Speaker #0
C'est utile, c'est clair.
- Speaker #1
Il y avait donc le bac, donc j'avais suivi une filière scientifique. Donc, j'avais fait S, oui. Je pense que maintenant, ça ne s'appelle plus comme ça.
- Speaker #0
Je t'avoue que j'ai...
- Speaker #1
Moi non plus. Donc, j'ai passé mon bac et dans la foulée, j'avais mon championnat du monde qui était tout début juillet. C'était où ? C'était à Plovdiv en Bulgarie. OK. Et donc, voilà. Donc, tout s'est enchaîné et c'était compliqué d'être à fond dans les révisions, de s'entraîner à fond, enfin, être à fond sur tous les fronts.
- Speaker #0
Et après le bac, est-ce que tu t'es arrêté les études ou tu as fait une pause pour continuer la boxe à fond ?
- Speaker #1
Ouais, j'avais fait une pause. Je m'étais dit bon, je vais un peu me mettre à fond parce que là, j'ai eu mon bac. Alors, je me suis accordé cette pause et puis j'ai continué. Donc, pareil, l'année d'après, c'était à nouveau un titre de championne de France que j'ai remporté. Et donc, il y a des championnats d'Europe, mais là, j'ai fini deuxième. Et il y avait eu des soucis de santé avant. Enfin, voilà. Après, j'ai repris une année de fac. Au final, j'ai vu que ce n'était pas fait pour moi. Et donc après, j'ai suivi une filière un peu classique en faisant un BTS en alternance dans l'immobilier. Et après, j'ai basculé en banque. Je me suis formée en interne où j'ai passé différents diplômes pour maintenant être gestionnaire de patrimoine.
- Speaker #0
Mais tu es arrivée à concilier deux parce que tu voyages quand même pas mal avec la boxe, j'imagine, quand tu fais les compétitions ou les matchs. Je ne sais pas comment ça fonctionne dans la saison d'ailleurs. Est-ce que tu te déplaces beaucoup ?
- Speaker #1
On est assez tranquille, je vais dire, par rapport aux déplacements. C'est sûr que ce n'est pas comme un basketteur ou un footballeur qui va avoir des déplacements toutes les deux semaines, voire plus. Là, c'était vraiment dans un premier temps, il fallait remporter un championnat régional, ensuite interrégional, ensuite un championnat de France qui se déroulait sur un week-end sous forme de tournoi. Donc, voilà, sur un week-end, je pouvais boxer 4, 5 fois. Et donc, les déplacements sont assez limités. C'est une fois qu'on est championne de France, c'est donc titulaire en équipe de France qu'on est amené à participer à des stages. Stages équipe de France, donc stages de cohésion, stages d'entraînement, de préparation, justement pour l'échéance internationale. Et c'est là, oui, où on est un peu amené à se déplacer. Ça reste au niveau national pour la préparation. C'est qu'après, pour le championnat international qu'on se déplace. Et pareil, c'est sur un week-end. Donc, tout se joue sur un week-end. Et pareil, on a des rencontres 4-5 fois sur le week-end.
- Speaker #0
5 matchs de boxe dans le week-end, ça me paraît énorme. Vu l'effort que tu as donné. Oui, oui. Je suis bien. Alors, tu vois, on est sur un podcast, mais on parle beaucoup de mental. qu'est-ce qui se passe dans la tête c'est une question que je me suis toujours posée avant d'entrer sur un ring qu'est-ce que tu te dis parce qu'il y a un côté quand même c'est impressionnant de se dire en fait en gros c'est la personne en face la combattante en face ou moi et c'est pas moi j'ai fait du foot, au pire tu prends un but ça fait pas mal physiquement toi tu prends des coups, tu peux prendre des chaos qu'est-ce que tu te dis avant d'entrer sur un ring je pense qu'il faut faire du foot
- Speaker #1
Le stress, je l'ai toujours eu. Malgré toutes ces années, avant de monter sur la ligne, j'ai toujours eu ce stress. Je me dis, heureusement aussi, parce que je ne sais pas si c'est tellement bon d'être serein à 100%, en mode invincible. Je suis la meilleure, personne ne peut m'atteindre. Mais il faut aussi avoir cette confiance en soi et ce... ... gonfler un peu son égo aussi, qui joue un rôle assez important. Ce que je me disais, c'était simple, c'est que dans tous les cas, il n'y aura qu'un seul vainqueur. C'est aussi ce que je m'étais dit lorsque j'ai été malade, mais on en parlera plus tard. Mais à la fin, il n'y a qu'un seul vainqueur. Je me dis, tu as fait tous ces entraînements et ce régime, parce que c'est aussi une catégorie de poids à respecter. Tu as fait tous ces sacrifices, tu en as bavé, pour ne pas dire autre chose, pendant les entraînements. Parce qu'à un moment donné, c'était quand même, quand on est senior, là c'est un peu plus d'entraînement, donc c'était quand même 5 à 6 fois par semaine. En plus du boulot, donc c'est quand même des journées de boulot de 8h à 18h. Ensuite on enchaîne, on va à la salle pendant 1h30, 2h. Et ainsi de suite, ça fait beaucoup. donc voilà donc je me dis bon tu t'es préparé t'es pas venu pour rien et maintenant fais ton job et fais ce que t'as à faire et vas-y à fond quoi ok tu te dis des choses un peu violentes du style faut que je la tue ou des choses comme ça non pas que je la tue non mais me dire ben faut que je gagne faut que je donne tout et faut y aller à fond quoi c'est elle ou moi ouais ouais c'est clair
- Speaker #0
D'ailleurs, tu as dit un truc intéressant sur le fait qu'il ne faut pas avoir trop confiance. Mais à un moment, tu commençais quand même à gagner des titres tôt. Tu as gagné 2, 3, 4 fois le titre de championne de France. Comment tu reviens sur le ring en te disant, de toute façon, je suis quand même au-dessus des autres ? À un moment, tu dois avoir une sorte de confiance quand même, où tu te dis, bon...
- Speaker #1
Ouais. Ce n'est pas tout le temps les mêmes personnes.
- Speaker #0
Oui, OK.
- Speaker #1
Donc, d'année en année, tu n'as pas forcément les mêmes adversaires. Et c'est rare. Quand j'étais un peu plus jeune, il y en avait une que j'encontrais tout le temps en finale. Je crois que je l'ai eue 4-5 fois d'affilée. Mais sinon, ce n'est jamais les mêmes adversaires parce qu'il y a des tours de poules. Donc, on n'est pas forcément dans les mêmes poules. Après, il y a du changement. Soit des personnes changent de catégorie, de poids. Donc, ce n'est pas les mêmes. Non, on ne peut pas vraiment se dire d'avance, c'est bon, je vais gagner, c'est bon, je suis la championne en titre. Mais en revanche, c'est vrai qu'avant de monter sur le ring, je me dis, écoute, c'est toi la championne, donc fais ce qu'il y a à faire.
- Speaker #0
Ok, intéressant. Tu faisais de la préparation mentale quand tu faisais de la boxe ?
- Speaker #1
Non, pas du tout.
- Speaker #0
Peut-être de manière informative.
- Speaker #1
Peut-être, c'est vrai que la veille, je visionnais.
- Speaker #0
intéressant, tu visualisais les combats ?
- Speaker #1
c'est ça ouais je visualisais un peu je me disais voilà je me mettais en situation, je fermais les yeux je me mettais en situation, voilà si elle fait ça, faut faire ça si elle me fait ça, faut que je fasse ça faut que je sois prête, faut que je sois comme ça, faut que je me positionne comme ça, faut que je sois bien sur mes appuis faut que je sois réactive voilà, c'est ce que je me faisais vraiment le soir avant ouais.
- Speaker #0
Ok, mais c'est vrai que tu regardais des vidéos de tes adversaires avant pour savoir ce qu'elles faisaient comme stratégie ou c'était... Tu imaginais plus... C'était dans ton imaginaire ?
- Speaker #1
C'était dans l'imaginaire. J'avais fait de préparation vidéo, en fait. Puisque je n'avais pas forcément les vidéos de tout le monde. Et puis, comme je disais, ce n'était pas forcément les mêmes à chaque fois. Donc non, ça, ce n'est vraiment pas une chose que je faisais. Mais c'était plus moi. Je pense que ce qui m'a beaucoup aidée, c'est l'expérience. D'abord, commencer très jeune, d'avoir fait de la compétition. Très jeune, dès que je pouvais en faire. J'ai été surclassée parce que je voulais en faire. Et je pense que c'est l'expérience et les situations que tu peux vivre qui te permettent ensuite de les anticiper.
- Speaker #0
Il y avait des moments que tu as vécu, que tu avais déjà anticipé un peu, que la veille ou l'avant-veille ?
- Speaker #1
Oui, parce que même si je ne faisais pas de séances vidéo, comme c'est un tournoi, tu les vois un peu boxer avant ou la veille. Il y en a une, tu sais qu'elle s'est boxée qu'en avançant. En fait, tu vas faire en sorte d'avancer pour qu'elle soit en mode marche arrière et déstabilisée parce qu'elle ne sera pas boxée en marche arrière. Tu en auras une, par exemple, qui sera déstabilisée dès que tu lui rentres en point. Tu essaies d'observer un petit peu, mais je ne faisais pas tant que ça pour ne pas vraiment trop me... me brouiller avec toutes ces infos. Après, comme dit, il y a plusieurs reprises. Donc, la première reprise, on dit toujours que c'est les premiers rounds. C'est un peu l'observation. Après, tu as aussi le coach qui est dans ton coin qui va t'aider, qui sera tes yeux un peu et qui verra les choses que tu ne vois pas forcément quand tu es focus sur le combat.
- Speaker #0
Ils te parlent en même temps quand tu es au combat ?
- Speaker #1
Oui, ils parlent. Ils n'ont pas le droit, mais bon,
- Speaker #0
il y a des choses. C'est vrai. Parce que le tennis, ils n'ont vraiment pas le droit. Il lâche quand même 2-3 infos.
- Speaker #1
Après, il y a la minute de reprise, de repos, pardon. Donc, c'est là où on échange.
- Speaker #0
Ok. Dans la boxe, tu avais ta carrière aussi dans la banque. Est-ce que la boxe t'a aidé aussi ? Tu te forges un mental de championne. Est-ce que ça t'aide aussi dans le travail ?
- Speaker #1
Oui, je pense que ça m'a beaucoup aidé et beaucoup apporté. Puisque déjà, lorsque j'avais mes entretiens, il y avait mon CV avec mon palmarès. Donc oui, ça faisait tout le temps un sujet de discussion. Et je pense qu'ils voyaient en moi la compétitrice que j'avais. Et voilà, en banque, on est des commerciaux. Donc après, je pense qu'ils voyaient surtout cet aspect-là de ne pas lâcher le morceau, si on peut dire. Donc oui, moi, je pense que ça aide beaucoup dans le milieu professionnel. Et puis, la boxe, pour moi, fait partie de ma vie entière. C'est ce que je dis souvent. Pour moi, c'est ma colonne vertébrale. Je me suis structurée, je me suis développée, j'ai grandi autour de ça.
- Speaker #0
Ça t'a apporté des valeurs spéciales, la boxe ?
- Speaker #1
Oui, le sport, je pense, de manière générale, c'est de belles valeurs. C'est souvent autour du sport qu'on se réunit, c'est souvent autour du sport qu'on oublie plein de choses. Enfin, on a pu le voir. Dès qu'il y a des competitions internationales, enfin voilà, juste avec les JO, c'était une très belle période où tout le monde était joyeux, tout le monde était heureux. Pour moi, le sport apporte beaucoup. Je pense que malheureusement, on oublie souvent ce que peut apporter le sport. Ce n'est pas que physique pour moi, c'est un tout. C'est un phénomène de société. C'est un tout. Ça rassemble, ça rapproche, ça éduque aussi un peu. C'est beaucoup de choses.
- Speaker #0
Oui, complètement. Ça met des cadres aussi à des enfants.
- Speaker #1
Le cadre, c'est sûr, oui.
- Speaker #0
Surtout en boxe. Qu'est-ce que tu dirais pour motiver des jeunes filles à se mettre à la boxe ? Parce que de l'extérieur, c'est un sport violent quand même. Tu te mets des coups, évidemment. Tu vois, qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce que toi, tu verrais en choses positives pour que les petites se mettent à... Je dis les petites ou les plus grandes, d'ailleurs, peu importe.
- Speaker #1
Je pense qu'il ne faut pas se mettre de barrière. Il faut tester. Il faut franchir le cap. Il faut arrêter de penser que les choses sont déjà définies d'avance, qu'on doit suivre une ligne directrice que d'autres nous imposent. Enfin, voilà, tout ça. C'est vrai qu'en étant une jeune fille de 5 ans, je ne pense pas qu'il y ait beaucoup de filles qui aient commencé aussitôt à faire de la boxe. Et pourtant, je l'ai fait, j'ai réussi. C'est possible. Tout est possible, il faut juste faire ce qu'on a envie de faire. J'ai fait le choix entre le tennis et la boxe, de choisir la boxe, qui était plutôt un sport masculin. Avec la prédominance d'adhérents. Tu sais que tu es en train de changer ça ? Oui, ça change. Franchement, ça change. Et il y a quand même beaucoup plus de filles ou de femmes dans les salles de boxe. Donc, c'est super.
- Speaker #0
Toi, tu as créé un club, justement.
- Speaker #1
Oui, j'avais créé une association, un club. Tout d'abord, c'était surtout pour donner des cours 100% féminins. de cardio box ou de box et c'est là où j'ai vraiment vu l'impact que ça pouvait avoir on était vraiment lors des saisons, on était à chaque fois un groupe de femmes, enfin de filles qui on s'entraînait, elles en bavaient mais c'était aussi une belle ambiance une sororité si on peut dire et et Et elles ne connaissaient pas du tout pour la plupart la boxe. Et puis au final, elles ont vraiment aimé. Et puis voilà, je pense qu'il faut juste essayer. Ça plaît ou ça ne plaît pas, mais il faut essayer, il faut y aller.
- Speaker #0
Oui, parce qu'il y a le cardio box aussi, où tu ne tapes pas forcément sur quelqu'un. Déjà faire les gestes. Parce que ça, j'ai fait un entraînement une fois de ma vie de CDC. En fait, j'ai appris que dans la boxe, déjà, tu as des longues séances où tu ne frappes pas sur quelqu'un. C'est du shadow. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Sinon, il y a le sac aussi.
- Speaker #0
Il y a plein de formes en fait, c'est pas forcément ta question. Ok, et donc quand je vais parler de ce sujet-là, en 2021, tu as appris que tu as eu un cancer du sein. Est-ce que tu peux nous expliquer comment tu l'as vécu, appris, etc. ?
- Speaker #1
J'étais en pleine préparation pour mon championnat de France. Suite au Covid, la saison était décalée et donc le championnat de France devait avoir lieu en octobre 2021. Et donc, j'avais pas mal de quies, donc je faisais vraiment des contrôles réguliers annuels. Et lors d'une échographie, il y avait un petit doute et j'ai fait une biopsie. Puis à ce moment-là, c'est en septembre, donc on m'a annoncé qu'au final, c'était une tumeur. Et donc, c'était un peu un petit coup de massue, comme on dit.
- Speaker #0
C'est très difficile.
- Speaker #1
C'était compliqué parce que j'étais en pleine... En pleine forme. J'étais en pleine prépa. J'étais un mois de mes championnats. Moi, j'étais prête. Je me souviens, quand je me suis rendue chez le médecin, j'étais en tenue de sport. Moi, j'avais mon sac dans la voiture. Pour moi, j'allais enchaîner et aller m'entraîner. Je me souviens encore de ma tenue.
- Speaker #0
Tu n'avais zéro fatigue ? Rien ? Tu ne sentais pas ?
- Speaker #1
Donc, j'étais en train de me préparer. Au final, on m'annonça et puis je me dis, mince, pourquoi moi ? Je pense que tout le monde se dit ça.
- Speaker #0
Vous êtes une boxeuse de tout niveau, en pleine forme.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Surtout, je me sentais en pleine forme. Dans un mois, je devais justement me présenter à mes championnats de France. Je m'étais entraînée. Il y avait tout ça et puis je me dis, mais mince. La première chose que j'ai dit à mon médecin, c'est mais je ne fume pas, je ne bois pas, je ne me drogue pas, j'ai fait du sport toute ma vie. L'hygiène de vie, je l'ai toujours eu parce que je n'ai pas vraiment le choix. Je pratique un sport à haut niveau et en plus de ça, il y a une catégorie de poids, donc il y a pas mal de restrictions. J'ai dit, là, maintenant, je ne vois pas comment je peux faire plus. Qu'est-ce que je pouvais faire de plus ? Je ne vois vraiment pas ce que j'aurais pu faire. Et puis, elle me dit, malheureusement, c'est...
- Speaker #0
C'est un peu d'injustice.
- Speaker #1
C'est vraiment de l'injustice parce que je faisais toujours en sorte de vraiment prendre soin de moi. Pour moi, c'était très important. Quand on est sportif, notre corps, c'est quand même... Un petit travail. Voilà, exactement. Donc, je faisais vraiment attention sur beaucoup de choses. Je ne dis pas que j'étais en restriction complète. Enfin, voilà, je me faisais aussi plaisir. Mais... C'est quand même un peu comme une injustice. Donc, il faut accuser le coup. Il faut accuser le coup. Et puis, au début, c'est assez compliqué parce qu'on se dit, mince, je vais mourir. Donc, c'est un peu la première chose qui vient à l'esprit. Et à un moment donné, il y a plusieurs jours qui passent où tu es au plus bas.
- Speaker #0
Tu es chez toi.
- Speaker #1
Tu es chez toi et tu penses qu'au pire. Et je pense qu'ensuite, rencontrer des professionnels, après, ça va très vite. Les rendez-vous, tu dois vraiment... La prise en charge est très rapide et heureusement. Ce que je disais à chaque fois, à ce moment-là, je disais Dieu merci, on est en France. À ce moment-là, on se dit que la carte vitale, elle a plus que la CB.
- Speaker #0
C'est une banquière qui dit ça.
- Speaker #1
Là, oui, je confirme, c'était vraiment le cas. Et après, tout s'enchaîne et rencontrer des professionnels qui expliquent. Parce que pour moi, c'était l'inconnu. Je ne connaissais pas du tout. Dans mon environnement proche, je n'avais personne qui avait ça, qui avait traversé cette épreuve-là. Donc, tout était nouveau. Donc, parler avec des professionnels, déjà, ça pose quand même un cadre. On nous explique certaines choses parce qu'il y a plusieurs cancers du sein, il y a plusieurs facteurs. Enfin, voilà, il y a tellement de choses. Et... Ils étaient assez rassurants. Je me dis que si des professionnels de santé sont rassurants, ils ne font pas ça quand même.
- Speaker #0
Mais rassurant tout en évoquant une possibilité que ça ne se plus ira. Pour eux, c'était on va le traiter et ça ira.
- Speaker #1
Pour eux, c'était vraiment on va le traiter et puis ça ira. Pour eux, à ce moment-là, c'était vraiment on l'a détecté assez tôt, ça ira. Donc, j'ai suivi tout le process. J'ai d'abord eu une... Première opération où ils ont retiré la tumeur. J'ai eu ensuite quatre mois de chimio. Donc là, c'était assez compliqué. Mais voilà, pendant la chimio, le sport m'a beaucoup aidée. J'essayais quand même de faire un peu de sport.
- Speaker #0
Ah, tu essayais à côté quand même de garder une activité sportive.
- Speaker #1
Je courais à mon rythme.
- Speaker #0
Bien sûr, c'est normal.
- Speaker #1
C'était de la marche rapide au début. Voilà, je courais, j'allais un peu à la salle pour faire un peu de renfaux. Voir du monde aussi.
- Speaker #0
C'est long les journées dans cette période-là.
- Speaker #1
Surtout quand tu passes une vie à mille à l'heure.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
À rien.
- Speaker #0
Parce que tu es chez toi et tu suis le procès.
- Speaker #1
C'est surtout ça en fait.
- Speaker #0
Quatre mois. Entre le moment où tu apprends la nouvelle et le moment où tu fais la chimio, c'est quatre mois. Et quatre mois après, on va dire que c'est réglé. Ou tu as encore une période de rémission ?
- Speaker #1
Je ne sais pas, je pensais. Mais au final, j'ai dû me faire opérer une seconde fois.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Pour faire ce qu'ils appellent une reprise, pour prendre un peu plus large. Et ensuite, je me suis dit, bon, ok, c'est bon. Mais au final, non, c'était toujours pas bon. Et on a décidé de tout retirer et faire une reconstruction.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Pour être tranquille. Et ensuite, j'ai dû enchaîner avec de la radiothérapie. Pendant un mois et après ce mois, il y avait un traitement d'hormonothérapie, puisque c'est un cancer qu'on appelle hormonodépendant.
- Speaker #0
Ok, alors là, je n'ai pas les termes, mais... Ok, donc c'est une longue période, ça fait un an au total.
- Speaker #1
Oui, j'ai arrêté en octobre 2022, de septembre 21 à octobre 2022.
- Speaker #0
C'est quand même long pour ton niveau, je veux dire. Et donc, dans toute cette période, est-ce qu'il y a des moments où tu es pessimiste et tu te dis, je n'arriverai plus jamais à faire de la boxe ? Enfin, c'est fini, ma carrière est finie.
- Speaker #1
Oui, on va dire qu'au début, je n'y pensais pas trop. Pour moi, je voulais vraiment garder toute mon énergie et me concentrer là-dessus.
- Speaker #0
Mais j'ai vécu un peu le combat contre cette maladie comme un combat de boxe. Oui,
- Speaker #1
c'est ce que tu disais avant.
- Speaker #0
Pour moi, c'était la guerre. Pour moi, c'était déclarer la guerre à cette maladie. Parce que comme j'ai dit tout à l'heure, à la fin, pour moi, on était toutes les deux sur un ring. Et au final, il n'y avait qu'un seul vainqueur.
- Speaker #1
Mais je crois que le... Alors, je n'ai pas du tout les études, mais le mental, à ce moment-là, ce que tu dis joue pas mal.
- Speaker #0
Je pense que ça joue pas mal parce que l'espoir te pousse aussi à te battre, à continuer à te battre. Parce que sinon, tu peux te laisser aller et puis te dire, ça y est, je m'en fiche en fait. Et basta. On reste là et on arrête tout. Je pense que l'espoir de voir qu'il y a aussi d'autres personnes qui sont passées par là. Et j'avais une collègue, moi, qui, pour moi, était mon exemple et mon espoir, ma lueur d'espoir, avec qui j'échangeais parce que je savais qu'elle était passée par là, qu'elle avait surmonté ça, même à deux reprises. Donc, pour moi, c'était... C'était un ensemble, c'était tout ça. C'était l'espoir de t'en sortir, mais aussi te donner les moyens pour t'en sortir. Parce que t'as pas le choix.
- Speaker #1
Non, c'est clair.
- Speaker #0
Si tu veux t'en sortir, t'as pas le choix. T'es obligé de te battre à fond, de donner tous les moyens. Donc j'étais vraiment focus là-dessus. Je pensais pas trop à la boxe à ce moment-là. J'étais vraiment focus là-dessus. Mais en revanche, je pense que le mental que j'ai pu me forger via la boxe... par les compétitions, relever les différents défis, m'a aidée à surmonter cette maladie, ces épreuves, parce que ce n'est pas évident, et de par les traitements, de par les douleurs, de par plein de choses, la fatigue, ça joue sur le moral, t'en as marre, enfin voilà tout ça. C'était mon exutoire. Dès que ça n'allait pas, je me forçais. Je mettais mes baskets et je partais. Soit j'allais courir, soit j'allais à la salle. Mais il ne fallait pas que je reste dans cet état-là, parce que sinon, je voulais tout casser. Pour moi, c'était important. Ça m'a beaucoup aidée. J'étais en mode prépa. Je me donnais à fond. C'était dur, comme une prépa. Mais pour à la fin gagner.
- Speaker #1
Vous avez été gagnée. Oui,
- Speaker #0
c'est ça.
- Speaker #1
Bravo. Donc à la fin de cette période, tu me disais que tu ne pensais pas à la boxe, mais il y a quand même un moment, vu ce que tu as fait après, que tu es reforcée.
- Speaker #0
Une fois que la page était tournée, que j'avais fini avec mes traitements, je m'étais dit bon, je reprends, je ne reprends pas. Parce que pour moi, il y avait quand même cette étape où je me préparais pour les championnats. qui a été stoppée par la maladie. Et pour moi, en fait, je ne voulais pas que cette maladie décide pour moi. Donc, je m'étais engagée à faire ce championnat et donc je voulais le faire. Donc, j'avais commencé, j'étais inscrite, il y a eu cette maladie. Et je me dis, allez hop, on y va. Et pour moi, ce sera un clap de fin. Ok. Pour moi, c'est un clap de fin par rapport à la maladie, un clap de fin par rapport à ma carrière sportive. Parce que j'ai eu mon cancer à 35 ans, j'ai commencé à l'âge de 5 ans, j'ai eu mon premier titre monde à 18 ans. Donc pour moi, j'en ai fait un peu le tour, on va dire ça comme ça. Mais je voulais m'inscrire à ce championnat parce que pour moi, c'était... C'était ma revanche. C'était ma revanche que je devais prendre par rapport à cette maladie qui m'avait stoppée. Donc, qui m'avait stoppée dans ma carrière, qui m'avait stoppée dans ma vie, tout simplement. Et donc, je voulais prendre ma revanche. Et c'est pour ça que je me suis inscrite.
- Speaker #1
Et quand tu... Parce que le championnat était combien de temps après ?
- Speaker #0
Alors, la fin des traînements, c'était en octobre 2022. Oui. Mi-octobre. Et le championnat de France était en mai 2023. Donc, je devais attendre. J'ai pu reprendre les entraînements qu'à partir de janvier.
- Speaker #1
Et ça va, tu n'avais pas tout perdu alors ?
- Speaker #0
Si, si. C'est vrai ?
- Speaker #1
Physiquement, oui.
- Speaker #0
Physiquement, c'était horrible. Il n'y avait plus de cardio, il n'y avait plus rien.
- Speaker #1
Je repartais de zéro. Oui,
- Speaker #0
je repartais carrément de zéro. C'était dur. Parce qu'il y avait des traitements aussi qui étaient passés par là, que je n'avais pas encore fait. totalement éliminé non plus. Donc, tout ça, c'était très, très dur.
- Speaker #1
Et en six mois, tu as réussi à retrouver ton niveau d'avant ?
- Speaker #0
C'est très, très dur. Et j'avais repris le boulot aussi, à mi-temps, donc ça va. Mais voilà, mon but, c'est de reprendre la vie d'avant. Quand on sort de ça, c'est déjà pendant, on ne veut pas être traité comme une malade. Et après, on ne veut plus, limite, on ne veut plus en entendre parler et juste reprendre sa vie, en fait. Se dire, voilà, c'est bon, ok, c'est passé. On a fait le taf, hop, on passe à autre chose.
- Speaker #1
C'est un peu ce que tu as fait finalement, mais tu n'avais que six mois pour te préparer. Oui. Et tu gagnes en plus le titre.
- Speaker #0
Oui, j'ai gagné mon titre de championne de France.
- Speaker #1
Il y a eu le championnat d'Europe aussi derrière, non ?
- Speaker #0
Et ensuite, en septembre, il y avait le championnat d'Europe.
- Speaker #1
C'est ça. Et que tu as gagné aussi ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Incroyable. C'est incroyable.
- Speaker #0
Mais c'était dur, c'était chaud. Honnêtement, mon championnat de France, c'était le plus dur que j'ai jamais eu.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Championnat d'Europe, ça allait mieux. Je pense que la machine est en route. C'était revenu, mais les stages de prépa étaient compliqués. J'en ai bavé, mais après, je me sentais mieux au championnat d'Europe par rapport au championnat de France.
- Speaker #1
Et ça t'a donné une force en plus ? Tu l'as senti quand même, cette parenthèse que tu as vécue ? Est-ce que tu sens que ça t'a boosté ou poussé, on va dire, mentalement ? Pas physiquement, j'imagine, mais mentalement, tu vois ?
- Speaker #0
Tu te dis que... Et c'est pas que pour le sport. Mais de manière générale, tu te dis... En fait, t'as vécu et t'as vaincu un cancer. Donc après, le reste, tu t'en fous, en fait. Le reste, c'est rien, quoi. Honnêtement, tu prends les choses autrement. Le reste, c'est rien. Et tu te dis, t'as réussi à le faire, donc tu peux faire plein de choses.
- Speaker #1
T'es si proche, en fait. Ouais, c'est ça. Et tu as dit que tu avais une collègue qui t'avait aussi bien accompagné, aidé, qui est passée par là. Toi, à ton tour, il y a des femmes qui te contactent ou tu rentres dans une association pour accompagner aussi des femmes ?
- Speaker #0
Après, c'est vrai qu'il y a eu malheureusement des personnes dans mon entourage qui ont eu ça. Donc, j'essaye d'être présente, d'être présente, donner des petits conseils, de prendre des nouvelles. Et... Je pense que c'est important. Et puis, faire partie de ce fonds de dotation, pour moi, c'est une mission de vie. Parce que la première chose, quand j'avais fini mon traitement, ce que j'avais dit à professeur Matelin, c'était « comment est-ce que je peux vous aider ? » Parce qu'elle, je savais que justement, elle était dans la recherche, elle aidait beaucoup ses patientes. Enfin, elle a investi, ça fait X années qu'elle est là-dedans, qu'elle s'investit à 100%. Pour moi, cette femme, c'est un modèle. Et je lui disais, mais comment est-ce que je peux vous aider ? Qu'est-ce que je peux faire ? Et donc, avec elle, souvent, j'interviens. J'interviens pour expliquer mon parcours. J'essaye d'intervenir dès qu'on me sollicite. Déjà pour dire, attention, j'étais une sportive de haut niveau, avec une bonne hygiène de vie, mais ça m'est arrivé, en fait. J'ai eu ce cancer. Malgré tout ça, je l'ai eu. Donc, en fait, ça n'arrive pas qu'aux autres. Oui,
- Speaker #1
c'est une sanction.
- Speaker #0
Pour moi, c'est ça le message. Et le deuxième, pour celles qui sont malades, c'est plus un message d'espoir et de force que j'aimerais donner. Dire que je l'ai eu, mais je l'ai vaincu. Et puis, j'ai pu retrouver ma force d'avant. J'ai pu retrouver ma vie d'avant. Et j'ai pu à nouveau... décrocher un titre de championne de France, championne d'Europe. C'est possible, il ne faut pas laisser cette maladie nous stopper, nous transformer ou nous détruire intérieurement. Je sais que c'est facile à dire, ce n'est pas forcément évident, mais c'est possible.
- Speaker #1
C'est faisable. Déjà, au moins savoir que c'est faisable, c'est énorme. Tu es toujours dans la boxe ? Je ne sais pas si tu coaches ou si tu...
- Speaker #0
Non, en fait, j'ai eu mon titre de championne d'Europe en septembre 2023. Mais quelques temps après, on m'a annoncé une récidive. Donc, j'ai eu en septembre, octobre 2023, une métastase au foie. Et c'était en lien avec le cancer du sein que j'avais eu. Et donc, j'ai de nouveau été en stand-by. Et de toute façon, pour moi, ce dernier titre de championne d'Europe, comme je disais tout à l'heure, c'est un clap de fin. Mais tu sais, quand tu gagnes, après, tu as toujours un peu cette envie. Ça te titille.
- Speaker #1
Il faut que je revienne.
- Speaker #0
Je reviens, je ne reviens pas, j'y retourne ou pas. Ça te titille à chaque fois. Après, il y a eu ça. Je me dis, peut-être que ça veut dire qu'en fait, reste un peu focus sur toi, mais il faut autre chose. Donc, on va dire que ce fond de dotation est tombé à pic. Puisque pour moi, c'est une mission de vie. et ça me permet de partager mon expérience ou d'aider les autres de m'investir pour les autres et après pour la boxe il y a ce club que j'avais formé comme j'ai été malade ça a été mis en stand-by mais que j'aimerais reprendre et toujours rester focus sur un public féminin c'est chouette,
- Speaker #1
c'est une belle mission je pense et Tu sens que sur la boxe, justement, de cette association féminine, ça peut leur donner confiance en elles ?
- Speaker #0
Moi, je pense que oui. Je prends l'exemple, moi, quand j'étais jeune, j'étais très introvertie, j'étais hyper timide. Et je pense que la boxe, ça aide beaucoup. Et puis, moi, je suis persuadée que... Après, je ne sais pas si c'est forcément la boxe, mais je pense que dès qu'on pratique un sport... dans lequel on s'épanouit déjà. Je pense qu'il y a déjà cette confiance qui se construit tout doucement. Je pense qu'il faut s'épanouir et trouver cette confiance en soi. Ça peut être par le sport, ça peut être par autre chose, pas forcément que la boxe d'ailleurs non plus. Ça peut être n'importe quel sport. Mais je pense que lorsqu'on est épanoui et qu'on réussit ce qu'on entreprend, qu'on va jusqu'au bout, enfin des fois on se... On se casse la gueule pour l'expression, mais c'est ça. On fait de belles chutes et après, on apprend, c'est la vie. Si on savait tout d'avance, il y a beaucoup de choses qu'on n'aurait pas fait. C'est clair.
- Speaker #1
Ce que je te demandais, toi, tu as beaucoup eu d'échecs, enfin beaucoup non, vu tes titres.
- Speaker #0
Mais oui, j'ai perdu.
- Speaker #1
Oui, voilà, c'est la question. Ah oui,
- Speaker #0
oui. Oui, mais déjà, à mes 19 ans, quand j'ai fait mon premier championnat d'Europe, je suis arrivée deuxième. Non, j'ai perdu, oui.
- Speaker #1
Tu gérais comment ?
- Speaker #0
J'ai eu beaucoup de victoires, oui. Ça, c'est sûr. J'ai eu très peu de défaites, mais ça te met une belle claque. Et je pense, c'est ce que je dis souvent, c'est nécessaire.
- Speaker #1
Intéressant.
- Speaker #0
Je pense que c'est nécessaire parce que quand tu es sur une belle pente, tu gravilles des échelons, tout se passe bien, tout se passe bien, tout se passe bien. Des fois, tu oublies l'essentiel. mais voilà la défaite ou les expériences que tu peux avoir dans la vie qui te mettent une bonne claque te font un peu redescendre sur terre c'est la vie de prendre le melon un peu trop ok qu'est-ce
- Speaker #1
que tu donnerais comme conseil aux jeunes pour se motiver,
- Speaker #0
se mettre à l'action de se mettre au sport tout simplement je pense que Moi, j'ai baigné là-dedans. J'ai baigné dans la boxe. Donc peut-être que si je n'avais pas baigné là-dedans, j'aurais fait autre chose. Peut-être que j'aurais fait un autre sport. C'est vrai que quand tu baignes dans un sport, quand tu as ton entourage qui est vraiment très sportif, ça aide, c'est sûr. Après, quand ce n'est pas le cas, je pense que les jeunes vont avoir quoi ? Ils vont avoir des idoles, si on peut dire ça, ou ils vont être fans de tel et tel sportif. Ils voudront être pareils. Après, moi, je trouve que c'est bien si ça peut les motiver. Il faut y croire et puis surtout faire ce qu'on a envie de faire, ce qui nous plaît. Trouver le sport qui nous plaît et où on s'épanouit.
- Speaker #1
Tu as justement des personnes qui t'inspirent comme ça ? Dans le sport ?
- Speaker #0
Dans le sport,
- Speaker #1
oui. Pas forcément dans la boxe.
- Speaker #0
Oui, moi, c'était Serena Williams parce que justement, c'était une femme. Quand elle était sur le terrain, pour moi, c'était une guerrière. Elle ne lâchait pas, elle y allait toujours à fond. Et elle a fait une longue carrière aussi. Donc, pour moi, ça a toujours été un bel exemple. Déjà parce que c'est une femme, surtout. Elle a fait des belles choses. En plus, elle a subi certaines choses. Elle a eu pas mal de combats. gagner d'enfant. Et être... Avoir une longue carrière, c'est pas évident.
- Speaker #1
Parce que ça peut briller un instant. C'est ce que j'allais dire.
- Speaker #0
Mais perdurer, rester, c'est ça le plus compliqué.
- Speaker #1
Ouais, tu peux faire un coup d'éclat et puis après, en fait, pas avoir le mental pour revenir. Et tu rêves de quoi maintenant ?
- Speaker #0
Ben... Après, voilà, comme je dis, il y a pas mal. Je suis un peu... multi-tâches, multi-casquettes, on fait ce que tu veux. Donc, il y a pas mal de choses. Il y a déjà ma vie professionnelle, continuer à m'épanouir dans mon boulot et aussi gravir des échelons et puis évoluer. Ensuite, il y a l'aspect sportif. Donc, je m'entraîne toujours. Je fais toujours du sport parce que pour moi, c'est essentiel. C'est ce que j'ai dit tout à l'heure, c'est une thérapie. Pour moi, c'est essentiel. Ça fait partie de ma vie. Donc, ce sera plus du sport pour moi. Découvrir peut-être d'autres sports. Qui sait ? Et surtout, mettre en place quelque chose de solide par rapport à mon club que j'aimerais développer pour les femmes. Déjà, pour ce que tu as dit tout à l'heure, leur donner peut-être confiance en elles, ce moment à elles, pour elles. Et après, rester dans ce milieu que j'aime beaucoup, avec le basket et le fond de dotation. Parce que c'est vraiment un milieu où on peut partager, où on peut donner énormément. En faisant que des petites choses. Tu sais, ramener des joueurs et des enfants qui sont malades.
- Speaker #1
C'est déjà incroyable.
- Speaker #0
Pour eux, c'est un truc de dingue. Alors que voilà, en vrai, il ne faut pas grand-chose pour le faire.
- Speaker #1
Après, l'engagement, ce n'est pas forcément faire des trucs à échelle mondiale. Déjà, un engagement local,
- Speaker #0
c'est génial. C'est déjà, je pense qu'il y a pas mal de choses à faire. Et je pense que... Tous ensemble, c'est ce que je dis souvent. Je ne sais pas s'il y a des entreprises qui vont écouter ce podcast, mais qu'elles n'hésitent surtout pas à nous contacter, parce que le fonds de dotation, on veut vraiment mettre en place des actions avec des entreprises qui veulent porter des actions, avoir ce mécénat et partager. Et ensemble, je pense que plus on est, plus on pourra faire. Et si chacun apporte un petit peu, on pourra faire de très grandes choses.
- Speaker #1
En plus, c'est multi-causes. Vous n'avez pas un seul sujet. Vous êtes sur plusieurs échanges.
- Speaker #0
On a vraiment fait... On essaye vraiment d'être le plus large possible, d'être vraiment... De défendre le plus de causes possibles, selon nos moyens. Mais... Pas être que pour un sujet, par exemple, que la santé, parce que j'ai traversé le cancer du sein. Non, en fait,
- Speaker #1
c'est l'éducation, l'intégration.
- Speaker #0
C'est ça. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Excellent. Et tiens, on n'a pas couvert la partie gestion de patrimoine. Tu peux expliquer simplement ce que tu fais ? Oui. Moi, j'ai en gros 34 ans. On arrive dans un âge où il y a toujours les sujets de placement qui se posent. Est-ce que tu peux expliquer ce que tu fais ? Parce que finalement, je trouve qu'en France, on a... une dédication financière qui est assez faible. On ne sait pas quoi faire. Non,
- Speaker #0
mais c'est sûr.
- Speaker #1
Alors, ce n'est pas un podcast finance, je le rappelle. C'est juste même quoi que pour la charge mentale, ça peut jouer. Est-ce que tu peux expliquer ce que tu fais ?
- Speaker #0
Je gère un portefeuille de clients premium, donc haut de gamme. Et puis, on est là pour les conseiller. En fait, un gestionnaire de patrimoine, c'est vraiment de les conseiller au mieux pour ... préserver leur patrimoine, transmettre leur patrimoine immobilier, financier. Et je pense que ce que j'apprécie avec ce métier, c'est que je me sens vraiment utile. En fait, j'apporte quelque chose à mes clients, j'apporte du conseil. Et il y a quand même cette notion de transmission. Oui. Donc, pour les enfants, enfin...
- Speaker #1
Pour préparer le futur,
- Speaker #0
quoi. Exactement. Pour moi, c'est vraiment ce qui me plaît. On est vraiment impliqués dans la vie de nos clients, en fait. Et c'est vraiment ce qui me plaît, ce qui me pousse à aller plus loin. Et c'est ce qui m'a poussée à me spécialiser. Parce que, bon, je suis arrivée en banque, j'étais agisseur de clientèle. particuliers, j'ai jamais fait de pro, mais voilà là c'est vraiment... J'ai vraiment voulu me spécialiser en gestion de patrimoine pour justement... J'ai bien aimé cette notion d'être utile, d'accompagner, d'aider, de conseiller. Voilà, surtout de conseiller et puis...
- Speaker #1
Quand tu dis premium, c'est des personnes qui ont des patrimoines autour de quel montant ? Est-ce que tu as des minimums ?
- Speaker #0
À partir de 75 000 jusqu'au plus.
- Speaker #1
Ok, ok, intéressant.
- Speaker #0
Au niveau de là.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a un message que tu avais envie de transmettre encore sur ce podcast ? On va arriver à la fin.
- Speaker #0
Alors, on parle souvent de mental. Oui. On parle souvent de mental. Et en fait, quand j'ai... Les personnes de mon entourage, quand j'ai eu ma maladie, elles me disaient, moi, si ça m'arrive, j'y arriverai jamais. Ça, c'est parce que tu as le mental, tu es une sportive. Mais moi, je pense que... Non. Je pense que quand ça t'arrive, je pense qu'il y a un truc en toi qui te pousse. Des fois, on a une force qu'on ne soupçonne pas. Donc, il ne faut pas se dire « moi, je n'ai pas le mental, je n'y arriverai pas » . Non, en fait, on a un truc en nous, il faut juste le trouver. Il faut le trouver, il faut le chercher. Mais je pense qu'on a tous cette force en nous à l'intérieur. Souvent, je dis que c'est l'instinct de survie.
- Speaker #1
Oui, c'est possible, ça doit déclencher quelque chose. C'est un beau message, on n'est pas obligé d'être quatre fois championne du monde de boxe. Si non, ce serait terrible.
- Speaker #0
C'est pas honnête. Cancer du sein qui n'était pas quatre fois championne du monde et qui en réussit. C'est un beau message,
- Speaker #1
que le mental, ça peut se trouver au fond de soi.
- Speaker #0
Exactement. Il faut le chercher, des fois un peu plus. Ce n'est pas facile, mais il faut y croire et il est là.
- Speaker #1
Trop bien. Merci, Lem. Avec plaisir.
- Speaker #0
A bientôt.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. J'espère qu'il vous a plu et que vous avez appris des choses. Si c'est le cas, merci de mettre 5 étoiles sur Apple Podcasts ou Spotify et surtout de partager cet épisode autour de vous. N'hésitez pas à me faire part de vos retours pour les prochains épisodes. Je vous dis à bientôt sur Objectif Mental.