- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur Objectif Mental, je suis Kevin Rich, cofondateur de KERN, K-A-I-R-N, une application mobile de préparation mentale pour la course à pied. Dans ce podcast, j'interview des experts du mental et des personnalités inspirantes. Je crois profondément que l'on peut apprendre de plein de disciplines différentes, du sport, de l'art, du business. Et mon objectif est de vous donner des clés mentales pour performer sans vous cramer. Je vous souhaite une excellente écoute. Salut Maïté !
- Speaker #1
Salut !
- Speaker #0
Comment vas-tu ?
- Speaker #1
Bah écoute, ça va et toi ?
- Speaker #0
Très bien, trop content d'enregistrer à Strasbourg. Ça me change un peu.
- Speaker #1
Pareil, c'est chouette.
- Speaker #0
On va faire un épisode un peu différent aujourd'hui, vu que tu n'es pas préparatrice mentale mais tu es kiné.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Mais on va quand même prendre l'angle du mental, parce qu'en fait tout est lié, de toute façon le corps, l'esprit. Et t'es aussi ancienne sportive de haut niveau en judo.
- Speaker #1
Exact.
- Speaker #0
Donc on va essayer de couvrir cette partie judo, kiné, voir le lien, comment t'es arrivée là. Et après, passer aussi un peu plus sur la partie des blessures. Tu m'as proposé ces thèmes et je trouve ça super. Est-ce qu'on ne les a toujours pas couverts ? Comment on gère cette partie déjà mentalement des blessures ? Comment on revient ? Comment on fait pour ne pas se cramer, etc. Et avant ça, est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #1
Bien sûr. Du coup, moi, c'est Baïté. J'ai 28 ans. Je suis kiné depuis 4 ans, kiné du sport. Et comme tu l'as dit, j'ai un passé en tant que sportive de haut niveau en judo, donc plutôt dans ma jeunesse. Et pendant mes années en sport et études, j'ai été pas mal blessée, donc j'ai été amenée à suivre pas mal de kinés. Et c'est ce qui m'a donné envie de faire ce métier tout simplement. C'est vrai qu'aujourd'hui la boucle est un peu bouclée, parce que je suis kinée au Crépes là où j'étais au niveau avant. Donc c'est très chouette, je donne un peu au sport ce que le sport m'a donné.
- Speaker #0
Les blessures que tu as eues en judo, attaquons fort tout de suite. Est-ce que tu sais d'où ça vient ? Est-ce que c'est en fait obligatoire dans ce sport ? Est-ce que c'est parce que tu as des choses que tu avais négligées ?
- Speaker #1
Alors je pense que le judo ça fait partie des sports où la blessure elle est obligatoire. Pas forcément la grosse blessure mais la douleur est quasiment systématiquement là. Que ce soit les entorses au niveau des doigts, les chevilles, le dos, on est quand même très régulièrement blessé. Et en fait c'est un sport où on se blesse de partout. On n'a pas une spécialité un peu membre inférieur avec les genoux qui prennent, plutôt en course à pied comme on peut voir avec beaucoup de pathologies de genoux. Là vraiment tout peut prendre. Ça peut être les cervicales avec des traumas crâniens, des épaules, des coudes, des poignées, des genoux. Vraiment on en voit toutes les couleurs. Là-dessus c'est un sport qui est très intéressant au niveau kiné. Mais du coup c'est un sport qui demande quand même une sacrée condition et qui fait prendre pas mal au niveau blessure.
- Speaker #0
Donc, tu as vite un rapport au corps, tu essaies vite de comprendre comment fonctionne ton corps, comment ton corps fonctionne et comment tu essayes de l'optimiser. Juste pour revenir sur la partie judo, tu étais à un niveau plutôt national, j'imagine ? Oui, c'est ça. Ok. Est-ce que tu avais envie de faire carrière là-dedans ? Est-ce que c'était juste, on va dire, tu donnes le plus possible sans te projeter forcément dans une carrière ? Quel était l'objectif là-dedans ?
- Speaker #1
Au début, quand tu te lances, je pense qu'on rêve tous un peu du vrai haut niveau. Moi, je suis restée au bas du haut niveau. Je suis restée dans tout ce qui est structure, Astrasbourg, Pôle Esport, Pôle France, universitaire. Je ne suis pas allée au-delà et j'ai rapidement compris que je pense que je n'avais pas le niveau, le step d'aller au-dessus. Mais par contre, c'est très formateur. Ça reste une école de vie ultime, que ce soit le judo, mais en plus, en tant qu'au niveau, je pense que c'était pour moi un... C'était un levier dans ma vie actuelle. Très chouette, ce qui m'a permis de réussir plein de choses, je pense, d'être passée par là. Mais rapidement, j'ai compris qu'il y avait vraiment du niveau au-dessus. C'est un sport où c'est très sélect. Il y a très peu de gens qui passent.
- Speaker #0
Il n'y a pas d'élus.
- Speaker #1
Il n'y a très peu d'élus. Même moi, avec mon passé en sport haut niveau, je pense que je ne connais pas encore le haut niveau judo.
- Speaker #0
Encore au-dessus, je pense.
- Speaker #1
Je pense très clairement que ce niveau-là, il est encore nettement au-dessus et qu'on sous-estime vraiment ce qu'est le vrai haut niveau.
- Speaker #0
Quand on regarde les JO, on ne se rend pas compte encore du niveau. Non, je ne pense pas. J'ai eu quelques sportifs de haut niveau et sportifs de haut niveau sur le podcast. Qu'est-ce que tu en retires et qu'est-ce qui te reste dans ta pratique aujourd'hui, que ce soit professionnel ou... Je sais que tu cours beaucoup, beaucoup de marathon. Qu'est-ce que tu utilises encore ? Parce que je trouve qu'il y a quand même des trucs caractères qui servent encore après.
- Speaker #1
Oui, carrément. Moi, je pense que c'est ma rigueur. qui est vraiment là je ne fais pas les choses à moitié, je ne peux pas les faire à moitié il y a vraiment quelque chose de l'ordre de si je démarre quelque chose, soit je le fais à fond soit je ne le fais pas un peu compétitrice ? peut-être un peu trop sur certains points mais oui, que ce soit même pour mes prépa marathon, aujourd'hui c'est comme on a parlé un peu tout à l'heure, mais c'est vrai que suivre un programme pour moi c'est A à Z mais oui, il y a ma rigueur ça clairement et... Qu'est-ce qu'on pourrait dire d'autre ?
- Speaker #0
Est-ce que sur ton hygiène de vie, par exemple, ça joue aussi ? Tu es ultra stricte sur tes protocoles, on va dire, ou ça va, tu te laisses un peu plus aller depuis que tu es moins...
- Speaker #1
Non, j'ai quand même gardé un peu ce truc-là. C'est vrai que le sommeil, pour moi, c'est hyper important. Un peu comme ce que je disais avant, la rigueur, mais j'ai essayé d'amener et j'essaie d'avoir un quotidien vraiment hyper... Pro santé. Éviter tous les côtés néfastes de tout le reste. J'essaie vraiment d'être au taquet sur tout.
- Speaker #0
Sachant que là, tu as quand même fait pas mal de temps au CREPS en sport et études et que tu es retournée maintenant en tant que professionnelle. Est-ce que tu apportes aux jeunes des trucs que toi tu n'avais pas vus à l'époque ? Et tu dis, tiens, ce serait bien qu'ils le voient avant moi. Tu m'as compris. Oui,
- Speaker #1
oui. J'essaie de prendre les erreurs passées. Parce que c'est sûr qu'on progresse, c'est sûr que les kinés d'aujourd'hui ne sont pas les mêmes qu'avant. Et je ne critique pas du tout ce que j'ai reçu moi comme traitement. C'était super. Mais c'est vrai que les sciences évoluent, etc. Et il y a des choses qui me semblent indispensables. L'autre jour, je crois que tu avais fait un post sur le REDS. Pour moi, c'est hyper important que les jeunes soient hyper alertes là-dessus. Pour moi, ils sont tous au courant. En tout cas, une fois qu'ils sont passés par moi, je leur en parle forcément un petit peu de ces choses-là. pour justement que même eux, ils soient un peu autonomes là-dessus et qu'ils arrivent à se dire, là, il y a quelque chose qui bloque, je vais aller voir retour médecin ou kiné ou voir les coachs pour justement éviter de passer à côté de certaines pathologies. Donc oui, carrément, j'essaie au maximum d'utiliser mon passé et mon expérience kiné pour faire quelque chose de plus spécifique et plus spécifique au niveau judoka.
- Speaker #0
Juste, Red S, pour ceux qui n'ont pas vu les posts ou les précédents épisodes, c'est qu'on ne s'alimente pas assez par rapport à sa pratique sportive et donc on est en déficit. Ça crée vite beaucoup de blessures, de manques, de changements d'hormones, etc. Ça, c'est dangereux à long terme.
- Speaker #1
Oui, c'est dangereux. Il y a des pathologies longues. Et derrière, c'est vraiment une histoire de... Le corps, il est à plat. En fait, c'est certes pas assez d'alimentation, mais... globalement, on est en sous-récup. Notre corps, il fait plus que ce qu'il est capable de faire. Et ça, tous les jours, à un moment, ça va craquer, ça va lâcher. Si on résume, et derrière, pour remonter ça, c'est beaucoup plus difficile que si on s'était arrêté au bon moment et qu'on arrive à ajuster, etc.
- Speaker #0
J'ai plein de questions, désolé. En tant que kiné, tu vois dans tes patients, des gens où tu détectes un peu, tu te dis, là, il y a un problème d'alimentation, des blessures à pétition, des fractures de fatigue, des choses comme ça.
- Speaker #1
Oui, carrément. Je suis référente judo au niveau du Krebs, mais je vois aussi d'autres sports. Et typiquement, il y a des sports à risque. Le judo, oui, les sports à catégorie de poids. Donc ça, évidemment, chez nous, il y a aussi du taekwondo. Donc taekwondo, judo, sport à catégorie de poids et sport à catégorie un peu artistique, tout ce qui est gymnastique rythmique. Donc là où elles essaient de maintenir, on va dire, la ligne au maximum. Ça, c'est des sports qui prennent tout de suite beaucoup plus. Il faut qu'on les surveille plus que de mesure.
- Speaker #0
Pourtant, le judo, c'est un sport où il faut beaucoup de force. Pour moi, ce serait évident de manger beaucoup. Mais c'est vrai que tu as ce truc de poids, c'est ça qui joue. Parce que ça se joue parfois au gramme près dans les pesées.
- Speaker #1
Ça se joue au gramme près, chaque pesée. Et j'ai l'impression qu'il faut encore plus de compétitions qu'avant. Et que là, on est sur un rythme de toutes les deux à trois semaines des compétitions. Après, ça dépend du moment de la saison. Mais gérer des régimes qui peuvent durer 10 jours et faire ça toutes les 3 semaines, ça veut dire que potentiellement, si t'as beaucoup à perdre, la moitié de ta saison, en fait, t'es en régime. Si tu vois ça comme ça... Ce qui n'est pas bon, quoi. Ouais, non, c'est ça. Enfin, c'est pas bon si c'est pas bien géré ou si c'est trop fort. Après, il y a un suivi diététicien, il y a un suivi de tout ça pour justement optimiser au maximum et pas faire d'erreurs.
- Speaker #0
Toi, dans ta carrière, en tout cas, quand t'étais jeune espoir, t'avais un préparateur mental, une préparatrice mentale ?
- Speaker #1
Non. j'ai trouvé ça dommage à l'époque moi on m'avait dit que ma qualité numéro 1 c'était mon mental donc j'avais trouvé ça chouette et en fait j'ai trouvé ça fou mais après coup on n'est pas allé chercher plus loin c'est à dire qu'on m'avait dit ça c'est ton truc donc on va bosser le reste là où pourtant ça serait logique de se dire ton avantage maximum par exemple c'est ta force, on va chercher on va essayer d'augmenter ta force c'est vrai Merci. si toi t'es quelqu'un de plutôt vitesse on va aller chercher ta vitesse et tes capacités à générer de la vitesse etc là où du coup moi le mental c'était bon du coup on passait à autre chose et je trouvais ça trop dommage parce qu'au final je pense qu'on est passé à côté de quelque chose à ne pas aller plus loin là dedans tu penses que ton potentiel t'aurais pu encore plus le développer avec un préparateur mental ?
- Speaker #0
ouais carrément t'as des moments précis par exemple en compète des finales ou des choses où tu t'es dit là il manquait quelque chose ?
- Speaker #1
Ouais, au judo souvent on parle des championnats de France c'est un petit peu le graal au niveau français, il y a plein de tournois à l'année mais qui n'ont pas autant de valeur le championnat de France c'est vraiment quelque chose d'autre, c'est un autre univers un petit peu et moi j'ai réussi à je pense 100% du temps louper mes France alors que je faisais des bons tournois à côté, les niveaux de défi j'avais ma carte à jouer à chaque fois je pense Oui tu les connaissais donc en fait tu savais après te juger sur le niveau C'est ça et je pense que si je peux être honnête avec moi-même je pense que me rapprocher d'un podium c'était faisable pas forcément monter sur la boîte mais me rapprocher d'un podium c'était faisable et en fait ça ne l'a jamais fait et je pense que je me mettais une pression le jour J là où sur les autres compétitions j'avais pas cette tension là qu'est les championnats de France et encore aujourd'hui on le voit sur des compètes des leaders qui devraient gagner des fois ne gagnent pas parce qu'en fait c'est un enjeu qui est encore au-delà Oui,
- Speaker #0
Donc tu n'étais pas assez relâché. Mais ça, c'est étonnant. Ton entraîneur ne le voyait pas. Il n'a pas analysé le fait que tu gagnes d'autres compétitions, que tu es dans le top sur d'autres compétitions. Et sur celle-ci, qui est vraiment apparemment la plus importante, il ne l'a pas analysé comme ça ?
- Speaker #1
Je ne sais pas comment, en tout cas à l'époque, c'était fait. Mais le judo, c'est un sport tardif. C'est très rare ceux qui perfent à 15 ans et qui restent tout du long. Et c'est les mêmes à 35 ans au JO. Donc en fait, c'est quelque chose qui se met vraiment en place longtemps. et je me demande s'ils n'ont même pas fait exprès de laisser justement cette jauge là et se dire comment ça réagit ne donnent pas trop d'infos au début pour voir comment ça évolue tout seul après bon c'est sûr qu'il y en a où très rapidement on voit que ça va être des futurs champions et là peut-être qu'on les aiguille plus mais pour les autres et après on est beaucoup il y a autre chose c'est qu'on est beaucoup sur le tapis les entraîneurs on n'est pas 10 on est vraiment nombreux donc je pense qu'ils n'auraient même pas le temps de faire le travail pour chacun
- Speaker #0
Ça c'est assez ouf par rapport au nombre de places, finalement, il y a quand même beaucoup de judokas. Ça m'avait surpris, je crois qu'il m'avait dit le nombre de licenciés, mais ça m'avait vraiment surpris.
- Speaker #1
Ouais, je saurais même pas te dire, mais oui, il y a vraiment du monde et il y a de la densité au niveau niveau. C'est pas juste, il y a plein plein de monde, mais il y en a plein qui sont mauvais. C'est vraiment, et c'est de pire en pire, ou de mieux en mieux en tout cas avec les années, c'est que le niveau il augmente, c'est clair.
- Speaker #0
C'est plutôt positif, mais il faut l'accompagner. Ok, donc... Si on fait la transition maintenant avec ton métier actuel, c'est parce que tu étais souvent blessé, donc tu as pris conscience de ton corps dans la pratique. Tu es devenu kiné spécialiste dans le sport. Si on attaque le sujet de l'incertitude, tu m'avais parlé de ça dans les thématiques, mais de se dire qu'il y a des personnes qui sont constamment blessées et qui passent leur vie. du coup, chez le médecin et le kiné, et pourtant qui aiment énormément leur pratique, comment tu peux créer des déclics ou gérer ça ? Parce que parfois, on ne trouve pas de solution. Comment on fait pour les accompagner ?
- Speaker #1
Je pense qu'il y a une part de gestion globale, donc d'essayer de se connaître au maximum pour essayer de voir où on en est et de savoir pousser la machine justement. Quand je dis la machine, pousser son corps, mais de manière juste. Si on la pousse trop vite, trop fort... À un moment, on va se blesser. C'est ce qu'on disait un peu tout à l'heure. Mais on va prendre du retard. On va essayer de rattraper son retard. Par exemple, typiquement sur une prépa marathon, à se dire, j'étais censée faire tant et tant d'entraînement. Là, j'ai dû ralentir un peu parce que j'avais des douleurs. Bon, je vais peut-être essayer de compenser, etc. Et en fait, on va s'auto-alimenter dans sa blessure, à se dire, je vais essayer de pousser plus loin pour essayer de rattraper mon retard. et puis des fois ça va pas le faire et du coup je repars dans l'autre sens etc et en fait des fois on est dans un tourbillon de ça va plus je fais moins, j'essaie de récompenser du coup ça va pas parce que j'ai remis trop vite etc donc je pense qu'il y a une grosse part d'autonomisation du patient, d'essayer de sentir où est-ce qu'on fait l'erreur est-ce qu'on en fait trop, pas assez parce que si on crée pas assez d'adaptation on ne s'adapte pas, le corps ne va pas créer d'adaptation et donc il va pas progresser par contre si ou en tout cas il va peut-être se maintenir Des fois même, peut-être pas, si on n'en donne vraiment pas assez. Et si on en donne trop, pareil, surcharge. Et derrière, blessure, on repart dans l'autre sens, etc. Donc il y a toute cette partie-là, je pense, de prise de conscience de soi. Et après, en soi, il faut réussir à sentir un petit peu les choses. Je pense qu'on est de bons élèves. On essaye, en tout cas en tant que sportif, d'être de bons élèves et de cocher des cases. On essaie de se dire... Si le coach m'a dit de faire ça, ça, ça, ça, j'essaie et la douleur, on va presque un petit peu se dire que ça fait partie du jeu. Certes, c'est-à-dire qu'il y a des douleurs qui sont acceptables, il y en a, je pense, qui ne sont plus acceptables, et avec lesquelles on va devoir appuyer sur des leviers, voire consulter kiné, diététicien s'il faut, pour justement mettre des informations là où ça manque. Essayer de voir s'il y a des compensations ou autres qui ont été mises en place pour progresser et pour aller vers son objectif.
- Speaker #0
Souvent, dans la phase de blessure, tu as une partie où tu vas voir le kiné et le kiné te donne aussi des choses à faire chez toi. Il y a toujours ce truc de faire ses exercices, en fait. Pour beaucoup de personnes, c'est difficile d'être autonome là-dessus. Comment on peut autonomiser, enfin, tu peux aider à autonomiser les personnes pour qu'elles se mettent vraiment dans leur programme ?
- Speaker #1
évidemment il y a une question de volonté de dire est-ce que t'as vraiment envie de ça mais souvent il y a aussi ce truc de quand je suis pas surveillé par quelqu'un je le fais pas tu vois en soi je pense que déjà de se mais il faut le voir avec le kiné de faire des sous-objectifs on a l'objectif je veux faire mon marathon en 3 heures quoi et il y aura les sous-objectifs blessure c'est à dire qu'à partir de maintenant j'aimerais aller courir 40 minutes sans ressentir aucune douleur des choses comme ça et de rester sur le sous-objectif Ça peut déjà être un point qui va nous dire, ok, si je suis censé alterner marcher-courir, alors que franchement, à ce moment-là, on n'a pas envie d'aller marcher, on se dit, allez, ça devrait le faire, je vais pousser, je vais courir peut-être un peu plus. Au final, on va se dire, ok, pourquoi je le fais ? Ce pourquoi on le fait, en fait, il est hyper important. Si on n'a pas le pourquoi, on ne comprend pas les choses. Et du coup, si on se dit, ok, je le fais pour cette raison et pour atteindre ça et pas... mon marathon dans trois mois et demi, etc. Ça va déjà nous bloquer un petit peu en termes de temps. Si on se dit que c'est dans trois semaines, ça sera beaucoup plus facile à voir et à visualiser. Et du coup, les sous-objectifs, on va vraiment avoir envie de les réussir. Parce que pareil, on est des bons élèves et on a envie de cocher des cases et de se dire maintenant ça, j'ai réussi à faire, je passe à ce niveau. Ça, c'est la première chose. Et je pense qu'il faut en parler avec son kiné directement. Et il faut... pas me mentir. Moi, c'est un des trucs que je dis tout de suite à mes patients, c'est si vous faites les exercices, dites-le moi, et comme ça, on sait pourquoi ça va bien, pourquoi ça ne va pas bien. Si vous ne les avez pas faits, dites-le moi aussi, parce que des fois, ça va nous aiguiller aussi. Si ça va mieux et que vous ne les avez pas faits, ok, pourquoi ? Qu'est-ce qu'on va essayer de modifier ? Et si vous les avez faits et ça ne va pas mieux ou c'est pire, ok, ça me donne des infos. Donc d'avoir un retour patient, c'est toujours bien. Ça permet aussi de dire, déjà, lui, il est motivé à les faire parce que... il faut qu'il y ait un retour, sinon on ne progresse pas. Et ça, ça aide aussi. Et le sous-objectif carrément. Donc découper un sous-objectif,
- Speaker #0
c'est une bonne remarque. Vu que c'est vraiment le running en ce moment, le sport que tout le monde pratique, en majorité. Quelles sont les blessures que tu vois le plus souvent au cabinet ?
- Speaker #1
Chez les coureurs, très souvent...
- Speaker #0
On va dire road et trail, les deux. C'est peut-être différent d'ailleurs.
- Speaker #1
Alors très souvent, on a quand même des douleurs type essuie-glaces. On va dire l'apatho un peu connu, tendinopathie vraiment rotulienne, donc plutôt avant de genoux, donc avant, côté de genoux, les entorses chevilles, ça on en voit beaucoup, peut-être même un peu plus sur les trails là-dessus.
- Speaker #0
Moi j'ai un pote qui me disait, tu fais toujours une cheville en trail, c'est obligatoire. Alors je ne sais pas si c'est vrai, mais... Moi j'en ai toujours pas eu mais...
- Speaker #1
Je pense pas que ce soit obligatoire mais oui par contre c'est sûr que le terrain il fait que ça joue et après il peut y avoir d'autres types de blessures, un peu des blessures hanches des douleurs plutôt musculaires musculosquelétiques etc
- Speaker #0
En allant sur les suglets parce que c'est un grand classique qu'est-ce que tu recommanderais ? Alors j'imagine qu'il y a un côté progressivité que les gens ne respectent pas il y a un peu des Tu as un peu des a priori aussi sur les chaussures. Il y a plein de trucs là-dessus. Mais en tout cas, pour éviter les suies glaces, demain, moi, je suis un coureur débutant, je vais me mettre à la course à pied. Sur combien de mois, tu vois, je dois faire une progression ? Qu'est-ce que je dois faire comme séance ? Qu'est-ce que tu recommanderais comme renforcement aussi ?
- Speaker #1
À nouveau, ça va dépendre de ton objectif. Si tu me dis, là, je démarre la course à pied, mais j'aimerais bien faire un marathon dans un an, ça ne va pas être la même chose que je démarre la course à pied et j'aimerais juste prendre du plaisir à faire de la course à pied. Déjà ça, ce premier... on va dire différentiel, ça n'a plus rien à voir en termes de création de programme.
- Speaker #0
Prenons le cas du marathon, parce qu'il y a beaucoup de personnes ici qui se mettent à la course à pied parce qu'ils se sont inscrits sur un marathon pour se lancer un défi.
- Speaker #1
Alors déjà, peut-être pas la bonne idée. Déjà, apprenez à aimer la course avant de vouloir se taper à la distance reine, parce qu'elle est quand même très très exigeante. Et si déjà on n'aime pas aller courir, j'ai déjà entendu ça. Moi, je n'aime pas trop aller courir, mais du coup, je me suis motivée, je me suis inscrite à marathon.
- Speaker #0
Je l'entends souvent ça.
- Speaker #1
Oui, c'est vraiment quelque chose qu'on entend. Je me dis mais du coup pourquoi ? Alors soit ça peut être parce qu'on avait besoin d'un objectif et là au moins on en a un clair. Un semi c'est déjà pas mal. Franchement ne sous-estimons pas ce qu'est un marathon. Un semi-meme à 10 km, si on veut vraiment bien le préparer, c'est déjà pas mal. Donc peut-être un petit peu se doser. Et je pense que les raisons ont un énorme impact là-dessus. C'est que maintenant, le marathon, c'est devenu la norme.
- Speaker #0
Mais là, tu as vu avec Paris, tout le monde fait 3h, 3h30. En tout cas, c'est ce qu'on voit en fait. C'est toujours pareil. C'est les visibles, tu vois. Donc tu as l'impression que c'est la norme.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Mais c'est loin d'être la norme. Quand tu fais, je crois, moins de 3h30, il me semble que tu es dans 10% ou 15%. Oui,
- Speaker #1
je crois que c'était un truc comme ça pour les filles. C'est encore. Encore moins, je crois. Et en fait, on ne parle pas de toutes ces personnes après qui ont le mérite d'avoir fait une prépa marathon, d'avoir réussi à terminer un marathon. Des fois, ils le terminent dans de meilleurs états que l'autre. Et ils ont fait un effort peut-être des fois de 6 heures. Ce n'est pas du tout la même chose à gérer en termes d'effort, d'alimentation, etc. En termes d'impact et tout. C'est sûr que c'est de poids, de mesure. Donc ouais,
- Speaker #0
pardon, c'est moi qui t'ai embarqué ailleurs, mais du coup, on part sur le cas d'une personne qui s'inscrit à un marathon. Hop, elle se dit, hop, dans quatre mois, je vais faire un marathon. Ça sent un peu l'essuie-glace rapidement, ça, quand même. Comment on fait, quoi ?
- Speaker #1
Ouais, bah du coup, la première chose, c'est peut-être d'en parler avec médecin ou kiné. Déjà, de se dire, je ne me lance pas tout seul. Je pense qu'aujourd'hui, bien et malheureusement, sur Internet, on peut trouver pas mal de choses pour débuter en ayant pas mal d'infos. Sans faire n'importe quoi, je pense que même sur Internet. malgré tout, même si je ne prône pas, allez voir sur Internet et vous allez...
- Speaker #0
Non, mais c'est mieux qu'il y a 20 ans.
- Speaker #1
Il y a des choses qui se trouvent facilement et qui ne sont pas trop mal. Donc déjà, de démarrer en alternant marche et courir, pour déjà habituer le corps à la course et à ce qu'est l'impact de la course, l'impact mécanique. Ça peut être déjà une première bonne chose. Alterner marche et courir. Et au départ, nous, on voit que même sur de la reprise de course à pied, quand ça fait longtemps que tu n'as pas couru, des fois, la reprise, ça va être une minute de marche, une minute de course, et ça... 10 ou 15 fois. Moi,
- Speaker #0
je fais ça. J'ai fait 6 marathons. Là, je vais recommencer à courir. Je fais 5 minutes, 10 minutes. Et voilà, ça arrête là.
- Speaker #1
Et en fait, ce sera déjà pas mal. Parce que si ça fait 6 mois, ou même pour ceux qui n'ont jamais fait, ça fait 20 ans qu'ils n'ont jamais couru et ils démarrent, en fait, c'est déjà énorme de se dire mettre 10 minutes sur une sortie de course à pied en alternant marcher et courir, c'est déjà beaucoup et ça crée de l'adaptation. Donc déjà ça, de démarrer. et d'augmenter progressivement. Souvent, on parle d'un peu près d'un 10% par séance pour essayer de voir. Et moi, ce que je conseille des fois, c'est de valider, c'est-à-dire sur deux, trois séances. Quand on commence à augmenter un petit peu fort et qu'on se dit « Ok, là maintenant, je suis passé à 1, je vais courir 10 minutes, marcher 2, courir 10, marcher 2 » , peut-être que cette séance-là, si on commence à sentir que ça devient costaud, je ne ressens pas encore de gêne, mais je sens que... Mon corps se fatigue à ça, on va le valider. On va le valider sur 2-3 séances et dire comment ça s'adapte. Si au bout de cette validation de 2-3 séances, je me sens bien maintenant quand je termine, je me sens vraiment à l'aise, là on est bon pour passer ce tapot dessus. Si déjà on n'est pas bon en se disant je fais 2 minutes course, 2 minutes marche, 10 fois, je sens que je suis déjà en train de ressentir des douleurs, déjà n'allons pas au-dessus. C'est déjà sûrement qu'on est à trop ou en tout cas qu'on est à la limite. On est sur un fil, dans ce cas-là, soit on valide, soit on repasse et il ne faut pas avoir peur de... passer à l'étape en dessous. Ça ne veut pas dire qu'on régresse, ça ne veut pas dire qu'on n'est pas bon. C'est-à-dire qu'on crée à notre corps une adaptation et on lui donne l'information pour s'adapter progressivement. Donc ne pas avoir peur de baisser. Ce n'est pas grave de baisser.
- Speaker #0
Est-ce que... Quand tu es kiné ou en tout cas quand tu commences à comprendre aussi tout ça, moi j'ai quand même pas mal cherché là-dessus et effectivement je suis complètement d'accord avec toi mais il y a plein de personnes qui ne comprennent pas ça. En fait, même autour de moi, je vois des personnes qui se remettent à la course, qui vont tout de suite faire 8 kilomètres. franchement c'est beaucoup quand tu recommences à courir c'est déjà énorme je sais pas si c'est peut-être plus mental cette partie là une question d'ego comment on peut faire pour découper les séances dans la semaine carrément
- Speaker #1
faut imaginer si on allait courir une seule fois 100 km par mois comme ça j'ai pas besoin d'aller courir tous les jours mais je cours une fois 100 km ça parait évident C'est une très grosse erreur. Ça paraît logique. Ça donne envie comme ça sur le papier. Oui, c'est ça. Et en fait, on ne va pas progresser en se disant « Moi, pas de souci, je cours une seule fois par mois, mais je cours 100 kilomètres. Et après, par contre, je laisse tomber tout le mois. » On sent déjà que là, on n'est pas sur une bonne dose. Donc, on va essayer de voir un petit peu déjà comment ça se passe au niveau d'une semaine. Et souvent, on va essayer de voir semaine par semaine. Quand je disais l'histoire des 10%, ça se retranscrit aussi sur semaine. C'est-à-dire que si potentiellement une semaine, tu vas aller courir 50 km, si la semaine d'après, tu fais plus 10%, donc tu arrives à 55 km, en général, on est déjà pas mal niveau adaptation. Plus, ça devient déjà presque trop. Sauf pour quelqu'un qui a vraiment l'habitude de courir toutes les semaines 50-60 km. Mais déjà là, on peut être dans une surcharge si on dépasse ça.
- Speaker #0
Ah ouais, c'est aussi peu, entre guillemets, ça paraît pas mais ok
- Speaker #1
Souvent on oublie que ça va vite en fait, 10% c'est que sur 50 bornes, c'est déjà pas mal à faire ça en prépa marathon Moi c'est une base que j'essaye d'avoir à peu près passer la semaine d'au-dessus à 55 si on veut un jour, durant sa prépa passer une semaine à 110 km par exemple semaine, dans ce cas-là ça va être long le chemin, quand on voit rien que ça augmenter 10% par 10%. Ça prend du temps. Ça prend du temps et du coup, on se rend compte de la chose juste en se disant, pas plus de 10% par semaine. OK. Et on essaie de voir un petit peu comment on jauge ce truc-là.
- Speaker #0
Est-ce qu'il vaut mieux intégrer des séances de renfort aussi au milieu ? Ou pas forcément ?
- Speaker #1
J'ai envie de dire oui, mais le sport qui sera le plus préventif et qui va te faire plus progresser d'un point de vue adaptation pour faire de la course à pied, ce sera la course à pied. c'est bête mais plus tu cours plus tu cours on va vraiment résumer le truc comme ça c'est sûr que par contre si à côté t'as des douleurs des choses à voir dans ce cas là on va consulter on regarde s'il y a un déficit quelque part et dans ce cas là ça peut être intéressant de ramener de la contrainte mécanique par du renfaux des choses comme ça si on prend une moyenne c'est courir qui va te faire apprendre à courir Le sport le plus préventif pour faire du judo, c'est du judo. C'est pratiquer le sport. C'est pratiquer le sport. Mais du coup, ça, ça demande du temps et de l'adaptation. Et des fois, c'est même plus facile de faire intégrer des séances progressives comme ça, parce qu'on va leur dire, moi, je ne vais pas t'embêter à faire des séances de renfort à côté. Par contre, tu veux courir ? On va courir. Et là, c'est quand même plus stimulant. On voit un peu la carotte au bout, on est content. Donc, il y a de ça. Et après, c'est au cas par cas.
- Speaker #0
Du coup, c'est le rôle du kiné d'augmenter aussi la charge d'entraînement ?
- Speaker #1
Il y a les préparateurs physiques.
- Speaker #0
Pour un coureur amateur qui prend son programme au PDF sur Internet, il ne se pose pas de questions ?
- Speaker #1
Souvent, les programmes ne sont pas trop mal faits. Il y en a qui vont un peu trop vite. Et à nouveau, ça dépend de l'objectif final. Si tu cherches un programme marathon sub 3 heures et tu tapes et tu as réussi à avoir ton programme et tu n'as jamais couru avant, Tu vas vite comprendre. Tu vas bien comprendre que tes séances, tu ne vas pas les tenir. Soit tu vas les tenir, mais tu vas pousser la machine trop fort. Soit il faut changer de programme.
- Speaker #0
Toi, tu en es en perso. Tu utilises quoi ?
- Speaker #1
Moi, je fais mes programmes moi-même. Parce que j'ai un kiné aussi. Les kinés voient des kinés.
- Speaker #0
C'est comme les psys qui voient des psys. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Souvent, j'ai mon programme, j'ai le sien. J'essaie de voir un petit peu. Et à nouveau, j'adapte en fonction de...
- Speaker #0
de moi et de mes ressentis actuels, pour essayer d'éviter la blessure. Et je me rends compte, entre mon premier marathon et là, le dernier, je me connais vachement mieux. Donc c'est très chouette aussi. Mais pour ça, il faut faire des erreurs. Donc c'est bien aussi de se planter. C'est toujours plus embêtant.
- Speaker #1
Mais au moins, tu sais ce que ton corps peut accepter ou pas. Pardon, du coup, j'ai dévié. Je t'ai coupé avec cette histoire de qu'est-ce que tu disais, toi ? Et on parlait du coup des... des séances progressives. Attends, il y en avait un autre sujet. Ah oui, si. J'ai une question pour toi. En fait, dans le métier de kiné, de ce que je vois, parce que j'en connais quelques-uns, quelques-unes, tu as une phase de bilan au début. Et la kiné, on pense souvent que c'est, au pire des cas, faire des massages. Et l'autre cas, c'est la rééducation. Mais il y a aussi une phase, j'ai l'impression, qui est plus large, avec un peu de psycho et un peu de nutrition, un peu de bien-être global, tu vois, de la personne. Est-ce que toi, tu as un protocole pour détecter aussi Merci. Parce que parfois, c'est un manque de sommeil, les blessures. Parfois, c'est un manque de mauvaise alimentation, etc. Est-ce que toi, tu prends le sportif, le cours dans sa globalité ?
- Speaker #0
J'essaye au maximum. C'est sûr qu'on n'est pas tout, on n'est pas psy. Non, ce n'est pas ton métier. On ne peut pas faire tout ça. Moi, je me suis formée à côté en nutrition, justement parce que je sentais que je n'avais pas envie de dire de bêtises à mes patients sur certains points. Du coup, je me suis dit, rien que pour moi, ça va être intéressant, pour mes amis à côté.
- Speaker #1
Tu as fait un DU ? Non,
- Speaker #0
je n'ai pas fait un DU. J'ai fait une formation spécifique nutrition du sportif. mais vraiment pour pouvoir les aiguiller au mieux sans dire de bêtises parce que la science ça évolue aussi et je voulais pas rester sur moi ce qu'on m'avait dit et répéter les mêmes erreurs que les anciens donc je me suis dit je me forme comme ça au moins je sais à peu près je serai pas diététicienne mais par contre si je peux donner des avis ou si on me demande si on me pose une question au moins je peux répondre plutôt correctement et sinon je peux aiguiller à dire bah là je pense que ça peut être intéressant d'aller consulter et dans ce cas là je refile entre guillemets le bébé mais pour qu'il y ait une meilleure prise en charge qui soit faite. Donc ça, et oui, pour la partie psy, on est professionnels de santé, mais évidemment, en fait, on est là pour accompagner le patient. Moi, très souvent, j'ai un de mes patients avec qui j'ai couru un marathon. C'est un ami qui est un patient, etc. Et vraiment, c'était quasiment impossible qu'il finisse son marathon. On a tout fait pour essayer. Au niveau du timing, c'était très compliqué, on le savait. Et il a réussi à courir 23 kilomètres. Après, il a arrêté. Il a dit, bon, voilà. et c'était un peu un deal qu'on avait fait ensemble c'était en plus d'être mon patient c'était mon pote alors c'était compliqué mais tu donnes ce que t'as envie de donner je pense pas qu'il faille partir trop vite sinon tu risques de faire encore plus essaye plutôt de prendre du plaisir et de dire on voit ce que ça donne là on était tous entre copains donc essaye voir et quand je suis passé il était censé être vraiment devant moi et je l'ai vu arrêter sur le côté ça m'a touché parce que on est kinés mais on est aussi humains et je me suis dit punaise il a pas réussi son objectif et j'étais mal pour lui quoi. Donc forcément, on les accompagne et j'aime les accompagner. Leurs objectifs, ça devient un peu les miens. Quand je sais qu'ils ont réussi une course ou qu'ils m'envoient un compte rendu de course parce que ça s'est super bien passé, qu'ils ont eu de super bonnes sensations, c'est génial.
- Speaker #1
C'est trop content.
- Speaker #0
Donc c'est très chouette. À côté de ça, c'est sûr que je ne suis pas psychologue et je n'aurai pas les infos. Et moi, c'est souvent ce que je leur dis. Si je sens qu'ils ont besoin de parler et de se confier d'autres manières, je peux être une oreille attentive. Tout en sachant que mon objectif, ça reste quand même la kiné et qu'on ne s'égare pas. Mais par contre, s'il y a besoin, il ne faut pas hésiter à aller voir. Et si ça dérive un petit peu trop, je n'hésite pas à dire, vous voyez, les derniers temps, j'ai l'impression qu'on s'éloigne un petit peu de notre objectif à nous, sur la prise en charge kiné. Et je pense qu'il y a peut-être un second objectif à aller voir, mais avec un professionnel compétent.
- Speaker #1
Et tu vois, je pense que les patients se confient aussi assez vite, non ? J'imagine. Oui. Est-ce que tu as eu des patients compliqués dans le sens où tu butais sur la cause du problème ? Oui, ça arrive souvent. Ça arrive souvent, oui ? Oui. Ce n'est pas à oublier. Parce que souvent, je me dis, essuie-glace, c'est un peu classique. Mais est-ce qu'il y a des trucs que tu pensais que c'était une pathologie ou quelque chose de vrai ? Et en fait, c'était complètement autre chose. Tu mets du temps à le trouver.
- Speaker #0
Oui, parce que pareil, on a une vision. j'ai envie de dire, on essaie d'être le plus... objectifs possibles et on essaie de prendre le plus d'informations possibles. Soit c'est des schémas hyper clairs et c'est génial. La rééducation, elle passe super vite et on se dit il manque ça, ça, ça. On va essayer de l'activer, de voir un petit peu comment c'est. On remet un programme dessus, on voit ce que ça donne. Poum, ça passe tout seul. C'est génial. Là, on a l'impression que tout se passe bien et souvent ça se passe comme ça et il y a des fois où on bloque. Soit parce qu'il y a d'autres choses qu'on ne maîtrise pas, à savoir leur sommeil. Il y a plein de facteurs sur lesquels on ne peut pas jouer. S'ils ont des problèmes financiers à la maison et que ça leur fait ne pas dormir parce qu'ils ont du stress, etc. Ça, moi, je ne vais pas pouvoir leur enlever dans tous les cas. Donc si on commence à sentir qu'il y a ces choses-là, par exemple, on va peut-être essayer de les aiguiller, soit en disant que là, je pense qu'on bloque. peut-être par rapport à ça, ou alors on va essayer de chercher nous plus loin tout ce qu'on peut faire avec la kiné, et si ça se trouve on arrivera déjà à enlever pas mal, et si ça se trouve rien que le fait de pouvoir recourir ça leur fera du bien au mental, parce qu'ils auront récupéré l'activité physique ils auront pu se dépenser, peut-être qu'ils dormiront quand même un peu mieux, et en fait des fois le biais de la kiné va être celui qui va faire que...
- Speaker #1
Un des éléments qui va faire bouger le reste Dans les éléments par exemple stress, nutrition donc sommeil, etc qu'est-ce Selon toi, qu'est-ce qui devrait être la priorité numéro 1 ? Ou c'est pas possible de classer comme ça ?
- Speaker #0
Je suis pas sûre qu'on puisse classer. Pour moi, le sommeil, ça reste un indispensable. Quelqu'un qui dort mal, c'est quelqu'un qui récupère mal. C'est quelqu'un qui va pas pouvoir s'entraîner beaucoup. Et en fait, une fois qu'on est lancé là-dedans, on n'est pas bon. La nutrition, carrément. Parce que forcément, si on n'est pas assez alimenté, qu'on n'a pas assez d'énergie, on va dire, pour pouvoir la dépenser, si on s'entraîne à côté, soit on arrive... Pareil, sur le fil, soit on va être en déficit et on n'y arrivera pas non plus.
- Speaker #1
Il y a un truc que j'aimerais même parler avec toi, je crois que tu avais parlé avec Caroline de ça, mais c'est la quantité de glucides. Et moi, quand j'entendais ces interventions-là, c'était pendant le prépa marathon. Sauf que moi, je me disais, si je ne mange pas de glucides, je suis mort. Je ne peux pas courir.
- Speaker #0
Normal.
- Speaker #1
Je crois que tu avais dit à Caroline, et je crois que même la quantité n'est encore pas suffisante. Je veux bien qu'on parle de ça, parce que c'est important. Parce qu'après, il y a plein de personnes qui ont des infos. et qui vont se dire, il ne faut pas que j'en mange trop, du coup, qui vont être complètement à plat. Oui.
- Speaker #0
Je pense, à nouveau, ça va dépendre de combien tu t'entraînes. C'est sûr qu'en allant courir un footing 5 bornes dans ta semaine, si tu t'alimentes, on va dire, normalement, comme quelqu'un, on va dire, normal, ça devrait aller. Maintenant, c'est sûr que si tu commences à enchaîner les kilomètres, à être en pleine prépa, oui, il faut manger. Oui, oui, oui. Et des fois, on ne se rend pas compte. Je me rappelle qu'en formation, on en avait vu un petit peu. et on essayait de voir par rapport au nombre d'heures d'entraînement je crois qu'on avait vu ça en nombre de baguettes juste pour avoir une notion et je crois que moi avec mon gabarit je crois qu'on était à 6 ou 8 baguettes par jour et en fait on s'était dit ok c'est c'est costaud mais à nouveau on parle pas, c'était juste pour avoir une idée un peu en termes et on se dit ok là ça commence à vraiment Doser, c'est pas juste on rajoute un peu de pâte dans son plat ça veut dire collation ça veut dire des choses en plus ça veut dire en général ça passe par des collations ou alors si on arrive à manger plus de glucides on mange plus de glucides ça va être intégré de la nutrition pendant l'effort pendant les sorties longues pour avoir l'énergie pour faire sa sortie longue correctement Pour faire du gut training, donc l'entraînement de l'intestin pour que le jour de la compète, ça passe. C'est pas que je mange plein de pâtes à côté, mais mes sorties à 25 bornes, je les fais comme ça, on verra bien. Si ton estomac n'a pas été entraîné à courir déjà à 25, comment ça va se passer sur 42 ou plus ? Ah oui d'accord,
- Speaker #1
quand tu dis gut training, c'est même pas que être en capacité de manger pendant que tu cours, c'est vraiment entraîner l'estomac à l'effort.
- Speaker #0
Oui c'est ça. Oui, c'est le fait d'ingérer. et d'être capable de digérer en même temps et en même temps d'avoir la capacité de malgré la mécanique de je saute on va dire régulièrement mon estomac il faut qu'il accepte quand même que je fasse un effort en même temps que je mange donc pas c'est pour ça qu'il y a plein de personnes qui ont mal au ventre sur les marathons aussi il y en a plein qui disent je me suis arrêtée à cause de mon ventre, c'est soit qu'ils ont testé des choses qu'ils n'avaient jamais testé avant parce que le jour J on dit allez hop le coca je connais, t'as jamais couru avec du coca et d'un coup Enfin, ou... Pas si t'es de marque, mais si d'un coup tu manges quelque chose que t'avais jamais mangé, comment ton estomac il réagit ? Il n'a jamais eu cet aliment-là. Peut-être que ça va pas faire bon ménage.
- Speaker #1
Ok, donc désolé, je reviens. Je t'avais envoyé sur la nutrition, donc sommeil, nutrition. Il y avait d'autres ? Le stress, du coup ? Le stress,
- Speaker #0
ça pareil, ça va dépendre de chacun. Maintenant, il y a de la méditation. On peut aussi... tomber sur plein de podcasts ou autres, sur de la méditation, le fait de se recentrer un petit peu, des choses hautes, mais essayer de trouver un équilibre dans sa vie de tous les jours. Des personnes qui bossent 50 heures semaine et qui arrivent à voir personne à côté et qui font du sport presque la nuit parce que sinon ils n'arrivent pas à le caler dans leur emploi du temps. On est en manque de sommeil, manque potentiellement social parce qu'ils ne voient plus personne. Et là-dessus, on n'a pas un bon équilibre. Donc c'est réussir aussi à trouver son équilibre par rapport à ses besoins et ses objectifs. Mais tout ça, oui, carrément.
- Speaker #1
Mais ça, c'est vrai que c'est pas facile de garder sa... En préparant un marathon, je sais pas comment tu fais, mais c'est pas facile de garder sa vie sociale à côté.
- Speaker #0
Ouais, mais nous, on allie la vie sociale avec le sport. Ça marche très bien.
- Speaker #1
C'est top, ça.
- Speaker #0
Tu prends des potes qui font aussi une prépa marathon et tu vas courir ensemble, ou avec la famille, etc. Ça te fait voir du monde et faire ton sport, c'est génial. C'est un combo gagnant. Ça, ça marche bien.
- Speaker #1
Je te disais, les pathologies qu'on ne détecte pas forcément en suivi, est-ce qu'il y a d'autres facteurs, autres que sommeil, nutrition, stress, qui peuvent aussi jouer et impacter un athlète ? J'ai un athlète, c'est une personne comme tout le monde.
- Speaker #0
Je pense que oui, officiellement. Oui, dans le sens où, je parle de mon cas personnellement, moi j'ai une maladie à côté, inflammatoire, et du coup, celle-là, je la maîtrise de mieux en mieux.
- Speaker #1
Elle s'appelle comment ?
- Speaker #0
Elle n'a toujours pas de nom, elle n'a toujours pas de diagnostic, ça fait 6 ans, mais c'est de l'ordre des polyarthrites, des choses comme ça. Et donc, il faut jouer avec ça. C'est-à-dire que, oui certes, j'ai mon travail, mon stress, mon sommeil à gérer, etc. Et à côté de ça, j'ai mon facteur arthrite, où je peux me lever un matin et aujourd'hui ça ne va pas. et soit c'est parce que j'ai mal géré mon alimentation mon sommeil etc et ça a joué sur mes inflammations ou alors mes inflammations elles ont débarqué comme ça un matin et bah là aujourd'hui je vais le refaire avec donc je pense que on pourrait même pas faire de liste je pense qu'il y a vraiment plein de choses chez tout le monde tout le monde a son background,
- Speaker #1
a son passé peut avoir des maladies mais donc cette maladie juste pour qu'on se prenne ce cas là comment ça se déclare chez toi ? est-ce que ça t'empêche de faire du sport ? c'est compliqué à gérer ?
- Speaker #0
c'est de mieux en mieux moi ça a démarré par les genoux donc j'ai les genoux qui gonflent en gros c'est de l'accumulation de liquide dans l'articulation et ça fait que je perds en amplitude j'ai de la chance on va dire que j'ai pas très mal dans mon quotidien mais par contre il y a un moment où je vais plus pouvoir faire de talons-fesses où je vais plus si on part sur le moment où c'était le pire marcher, descendre des escaliers, c'était déjà trop niveau amplitude. Donc courir, à ce moment-là, c'était très compliqué. Et là, j'ai senti vraiment que tout dégringolait. C'est-à-dire que niveau fatigue, ça me réveillait la nuit. Donc je perdais en sommeil. Le matin, c'était raide, je ne pouvais pas me dérouiller. Moi, je vais au travail à vélo, je ne pouvais plus faire de vélo. Donc je perdais vraiment... toute mon activité physique. J'étais tellement fatiguée que du coup, je voyais plus personne. Et là, en fait, on est dans une dégringolade. Tu commences un peu à déprimer. J'étais vraiment au fond du trou. Donc, on a commencé à mettre un traitement qui fonctionne. Donc, j'ai de la chance. C'est déjà ça. Et du coup, en regagnant en amplitude, du coup, derrière, il faut un peu tout repartir de zéro. J'avais perdu ma proprioception un petit peu. Parce que ça faisait tellement longtemps que ça n'avait pas... travailler dans certaines amplitudes, je loupais des marches, je me prenais les marches en escalier parce que je pensais avoir levé assez haut, mais en fait je ne lève pas assez haut mon pied par là.
- Speaker #1
Donc c'est assez loin quand même.
- Speaker #0
Donc ouais, ça peut aller assez loin et moi j'ai de la chance, ça touche peu d'articulations. J'ai les deux genoux principalement et quelques-unes autres, mais on va dire que c'est gérable. C'est les deux plus importantes, mais oui, sur d'autres personnes, ça peut aller sur toutes les articulations en mélangé, etc. Donc oui, j'ai de la chance que ce soit entre guillemets que genoux et que j'ai des traitements qui fonctionnent.
- Speaker #1
Et ça, tu peux quand même faire des marathons. Du coup, là, maintenant, avec ça, tu peux.
- Speaker #0
Oui, alors mon premier, ça a été une catastrophe. Si on résume, ma prépa, c'était aller retour à l'hôpital, devoir arrêter de courir, de faire du sport pendant deux semaines, essayer de reprendre progressivement. Ça regonfle, hôpital. Vraiment, c'était la prépa de l'enfer. J'ai terminé mon marathon en pas chassé, très clairement, parce que essuie-glace pour le coup. Donc comme quoi, on va dire la génétique ou la maladie avait un impact. mécanique parce que j'ai pas pu m'entraîner comme il fallait. Du coup, le jour J, évidemment, ça a lâché parce que 42 bornes, on les improvise pas. Là, la prépa n'avait pas du tout... C'était pas une prépa. Le jour J, oui, j'ai terminé en pas chassé. Je fais plus de la moitié du marathon en pas chassé. Le deuxième marathon, ça allait beaucoup mieux, mais j'étais pas trop en phase inflammatoire. J'ai pu gérer et faire une prépa exactement comme je la voulais. J'avais pas pu faire assez de sorties longues, mais là, c'était plutôt la mécanique. C'était pas l'inflammation. Et du coup, il faut aussi réussir à distinguer ça. C'était pas vraiment mes problèmes inflammatoires. C'était vraiment plus la mécanique, la gestion de charge. Du coup, j'ai pas pu faire autant de sorties longues que je voulais. Mais j'ai pas trop mal géré mon marathon. Et le dernier, pour le coup, les inflammations étaient beaucoup plus présentes. Mais j'ai vraiment tout fait pour la gérer au mieux. Avec les compléments alimentaires, avec le sommeil, avec des routines tous les jours d'exercices spécifiques. pour l'inflammation et j'ai pas fait la prépa que je voulais mais ça s'est mieux passé encore le jour J. Je reviens sur ce que je disais mais apprendre à se connaître c'est trop important.
- Speaker #1
C'est un truc que tous les préparateurs mentaux ou les psychologues que j'ai rencontrés me disent ça déjà pour soi pour le psyché et pour le corps c'est la même chose il faut vraiment essayer d'apprendre à se connaître. Tu parlais de campignons alimentaires ça m'intéresse et donc de l'alimentation par rapport à l'inflammation mhm Est-ce qu'il y a une alimentation qui permet... d'optimiser ça, d'améliorer ça, parce que quand on s'entraîne souvent, c'est vite propice à des inflammations. Moi, par exemple, c'est la hanche, tu vois, je sais. Est-ce qu'il y a une forme d'alimentation qui permet d'améliorer ça ?
- Speaker #0
On va dire, oui, il y a des aliments qui sont plutôt pro-inflammatoires, des aliments qui sont plutôt anti-inflammatoires. Il y a, on va dire, différents points de vue là-dessus. Soit on adopte à fond une alimentation anti-inflammatoire, mais du coup, ça veut dire Je fais un résumé, mais ça voudrait dire que le corps n'a jamais l'habitude de gérer les aliments pro-inflammatoires. Et pareil, le corps s'adapte, donc ça peut être intéressant de les ramener. Ou alors, on se dit qu'on reste très sévère, on essaie de faire un maximum anti-inflammatoire, et du coup, on baisse l'inflammation en local. Oui, du coup, il y a des aliments qui... qui aident et il y a des compléments qui aident. Je sais que les oméga-3 aident vachement, c'est ce dont on parle le plus. L'huile de krill, ces choses comme ça, c'est les oméga-3. Il y a certaines huiles oméga-3, ça c'est ce qui est le plus connu. Le fait de manger tout ce qui est petits poissons, sardines, macros, etc. Éviter tout ce qui est viande rouge, éviter tout ce qui est produits laitiers, ça c'est tout ce qui est pro-inflammatoire. L'alcool, les sucres, sucres vraiment rapides. Et à nouveau. comment on fait dans un sport où il faut qu'on soit alimenté en sucre on prend des gels mais on n'est pas censé manger de sucre rapide tout ça ça reste un équilibre c'est comme tout et au niveau de l'alimentation mais ça c'est plutôt par mon passé judo et régime à gérer etc, il faut quand même réussir à se faire plaisir oui certes il y a des personnes qui ne pourront pas manger dû à des intolérances ok on les enlève et on sait que sinon ça réagit mal Merci. Il faut garder un certain plaisir niveau alimentation. Si on se dit qu'on est très strict, on fait vraiment que ça, comme ça on est sûr que ça va aider. Par contre, est-ce que psychologiquement, on est bien ?
- Speaker #1
Oui, on n'est pas tous Christiane Ronaldo. C'est ça.
- Speaker #0
Oui, certes, faire un sub 3h, c'est génial, mais on ne sera personne dans la grosse habille.
- Speaker #1
Il faut que tu restes heureux. Oui, c'est ça. Il faut que tu restes heureux. C'est ça.
- Speaker #0
Donc, à jongler avec tous les facteurs à côté.
- Speaker #1
Ok. Café, tiens.
- Speaker #0
Café plutôt anti-inflammatoire.
- Speaker #1
Ah oui ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ok, j'aurais dit complètement l'inverse.
- Speaker #0
Oui, je pensais aussi. Et apparemment, plutôt anti-inflammatoire à hauteur de 2 par jour.
- Speaker #1
Ok. Wow, j'aurais pas dit du tout ça, tu vois. Ok, c'est un truc que j'essaie de réduire, mais juste par a priori, en me disant que le café, c'était plutôt inflammatoire. Intéressant. Donc plutôt 2, quoi.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Ok. Et du coup, je suis parti très loin dans l'alimentation, parce que j'essaie d'en rentrer des sujets de manière... de manière isolée donc attends oui et cette maladie que tu as est-ce que tu sais si beaucoup en ont en France ?
- Speaker #0
parce que je me dis tu vois dans les auditeurs qui nous écoutent peut-être que certains ne savent pas du tout d'où ça vient et ça peut être un truc comme ça ouais à nouveau c'est de l'ordre des spondylarthrites des polyarthrites etc il y en a quand même beaucoup c'est une maladie de la femme jeune globalement ok Il y a des hommes qui en ont, ça peut aller un peu plus haut en âge, etc. Mais femmes jeunes, en général, les diagnostics, c'est aux alentours de 30 ans chez la femme. Moi, on va dire, si on démarre, c'était vers 23 ans. Les premiers signes étaient là. Et je pense que mes blessures d'avant en judo, j'ai eu des doutes maintenant sur est-ce que ce n'était pas déjà le début de quelque chose ? Et en fait, on a galéré comme pas possible parce qu'en fait, on n'était pas sur le bon filon. Parce que c'était de l'ordre d'autre chose.
- Speaker #1
Donc ça n'a rien à voir avec le judo, c'est un truc que tu avais génétiquement ?
- Speaker #0
Normalement oui, et d'après les résultats non, mais en même temps on est en train de se rendre compte que peut-être oui. C'est ce genre de maladie un peu complexe. T'es toujours un peu dans le flou quoi. Ouais, carrément.
- Speaker #1
Ça ça va mentalement, c'est pas trop dur à gérer ?
- Speaker #0
Au début j'avais envie de savoir. Au début, je me disais, on va faire les tests. Pourquoi est-ce qu'on me donne des médicaments ? Pourquoi je prends un médicament qui est quand même important ? Parce que c'est de l'ordre des chimiothérapies, ces traitements-là. Donc, c'est tout de suite des médicaments où on se dit, on n'a pas forcément envie de les prendre pour rien. Mais je n'ai pas de nom de diagnostic. Comment je fais ? Comment je gère ça ? Et en fait, après coup, bon, je n'ai pas eu vraiment le choix quand ça n'allait vraiment pas. On prend le médicament et en fait, ça va mieux. Et on est capable de recourir, d'avoir ses objectifs. Donc, à nouveau, quel est l'objectif ? Et en fait, ça nous structure vachement. Si mon objectif c'était de recourir, de refaire du sport, je prends un médicament, j'arrive à refaire du sport. J'ai envie de dire, peu importe le nom de la maladie, ils ont réussi à trouver la catégorie de maladie que c'est et ils ont le traitement efficace. On n'est pas obligé d'avoir un nom, même si c'est toujours plus facile. On n'est peut-être pas forcément obligé de l'avoir ce nom pour avancer.
- Speaker #1
Oui, le plus important c'est que tu puisses retrouver une pratique régulière. Du coup, bravo de faire des distances longues avec ce truc-là, parce que ça a l'air quand même bien compliqué.
- Speaker #0
Ça va dépendre de la période. À nouveau, j'ai eu de la chance sur la deuxième où ça s'est bien passé. Et on m'a toujours dit, si ça se trouve, un jour, ça n'arrivera plus, ces inflammations-là.
- Speaker #1
D'accord. Il y a un monde où la prochaine... C'est aussi aléatoire, quoi. Oui.
- Speaker #0
Peut-être que la dernière que j'ai eue, c'était la dernière.
- Speaker #1
Ah, waouh.
- Speaker #0
Du coup, c'est dur parce que quand ça revient, c'est de nouveau un petit... Allez, on y retourne. Bon, c'est parti. Et si ça se trouve, c'est la dernière. Donc, un peu dur. Et en même temps, on se dit qu'on va tout donner pour qu'on continue. Progressivement, je fais le parallèle avec les blessures, mais en soi, cette maladie-là, c'est ma blessure. C'est-à-dire que je la gère, j'apprends à faire avec et j'apprends à être le plus progressive possible en fonction. Il y a des jours où je sais que je vais pouvoir envoyer un maximum et où mon corps, il tient à fond, comme ma blessure, autre, un essuie-glace ou autre. Je me dis, c'est marrant, là, tout se passe bien. Et quand je commence à sentir que là, c'est un peu fragile, je sens que je suis sur le bord. pareil que la blessure, on s'adapte et on adapte les séances en fonction pour repartir de plus belle, quitte à descendre un peu en intensité ou en nombre de kilomètres, etc. pour remonter, etc.
- Speaker #1
Tu prépares quelque chose en ce moment ?
- Speaker #0
Là, je prépare un Alpha Ironman.
- Speaker #1
Ok, wow.
- Speaker #0
Ce sera mon premier.
- Speaker #1
Tu vas faire quoi ?
- Speaker #0
Ce n'est pas le label Ironman, c'est un triathlon L. C'est à Saint-Cyr-la-Popie, en fin septembre.
- Speaker #1
C'est où ça ?
- Speaker #0
Sud-Ouest.
- Speaker #1
Dans ces eaux-là.
- Speaker #0
Dans ces eaux-là.
- Speaker #1
Ok. Tu te relances quand même encore sur une longue distance.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Pas mal.
- Speaker #0
Oui, je pense que la maladie... Enfin, je dis la maladie... Aujourd'hui, j'ai l'impression de ne plus être légitime parce que ça va bien et que je parle de maladie alors que tout va bien. Mais en fait, oui, c'en est quand même une. Ça m'a un peu donné ce challenge-là de dire que je peux le faire avec ce corps-là. C'est-à-dire que... C'est presque un défi que je me lance à moi-même, que d'accepter surtout les prépas que la discipline exige, que ce soit marathon ou de la longue distance. Ça me donne envie un peu de me challenger là-dessus. C'est-à-dire que je connais de mieux en mieux mon corps et que je suis capable de lui faire encaisser de plus en plus alors qu'il y a une maladie sous-jacente avec des inflammations ou autre.
- Speaker #1
Mais ça, je suis d'accord avec toi. Et en fait, dans ces épreuves-là, ces courses-là, je trouve que le plus beau, c'est la prépa en fait.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
La capacité à enchaîner des semaines et encore plus avec ce que tu as. Du coup, je trouve ça vraiment formidable. C'est le chemin finalement qui est magnifique.
- Speaker #0
C'est ce qu'on oublie, mais je pense que tout le monde le vit ça après un marathon. En fait, tu es démuni de mais qu'est-ce que je fais maintenant ?
- Speaker #1
C'est clair, totalement.
- Speaker #0
Alors que jusque-là, tu étais en mode oui, je fais tout ça pour mon marathon. Alors qu'en fait, tout ce que tu as fait, c'était incroyable. Et le jour de la fin du marathon, tu es là, bon, c'est un peu le point final du truc. Oui, c'est ça. Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? On se sent un peu démuni à chercher un nouvel objectif, etc.
- Speaker #1
On arrive à la fin de l'épisode J'ai essayé de découvrir pas mal de choses dans ce temps là Est-ce que toi d'un point de vue d'une kiné il y a des points qu'on n'a pas abordé qui te tenent à coeur qu'on peut peut-être finir là-dessus Peut-être des messages que tu as envie de faire passer qui te sont
- Speaker #0
chers Je ne suis même pas sûre qu'on ait parlé trop trop mental mais non mais pfff
- Speaker #1
Ça en fait partie, c'est un peu global. Oui,
- Speaker #0
c'est ça. Si on devait, pas forcément d'un point de vue kiné, mais résumé au niveau mental, faites-vous plaisir. Parce qu'on oublie ça à fond. Je trouve qu'on est dans le chrono, on est sur les stats, on est sur Strava, etc. Et en fait, on oublie que notre corps, peu importe, il nous amène à faire des choses super grandes. Et en fait, on peut le remercier aussi en se disant là, aujourd'hui, le jour de la course, c'est une manière de dire merci à tout ce qu'il a été capable d'endurer. Ça, je trouve ça assez... Le message, c'est plutôt de profiter de ce qu'il a été capable de faire pendant, de comment on a mis cette rigueur en place et on peut déjà être vachement fier de soi. Et en fait, le jour J, c'est que la consécration de tout ça. Je trouve que ça manque un peu des fois, parce qu'on a envie du résultat, on a envie du PR, on a envie de se prouver des choses, alors qu'en fait, on a déjà tout prouvé en faisant cette prépa, cette rigueur, en mettant en place toutes ces choses-là. En fait, le jour J, c'est normalement juste censé être la consécration de tout ça. Et je trouve que c'est bien aussi de s'enlever cette pression-là, de se dire, en fait, tant pis du PR, à la limite, on n'est pas au niveau. Oui,
- Speaker #1
on n'est pas payés au chrono, nous.
- Speaker #0
Oui, ça, nous, on est là à la base parce qu'on aime faire de la course à pied. Le jour J, ça sera juste aimer de faire de la course à pied.
- Speaker #1
C'est bien de le rappeler, oui. Mais je l'ai senti avant quand tu as dit, par exemple, moi, je mélange mes sorties sociales avec... Enfin, on sent que c'est un plaisir pour toi d'abord d'aller courir avec des potes.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Il y a aussi évidemment le chrono, mais c'est secondaire dans le truc.
- Speaker #0
C'est ça, ça fait toujours plaisir. Un chrono, on est toujours content. Mais oui, c'est sûr que d'avoir la totale, c'est-à-dire que notre corps soit capable d'accepter de manière progressive, parce que sans progressivité, on va à un moment, forcément, ou pas, peut-être se péter et se blesser. Mais en tout cas, faire accepter à son corps une progressivité pour un objectif concret qu'on maintient. Mettre des sous-objectifs s'il y en a besoin pour se donner un fil conducteur qui soit plus court terme pour s'aider, là où on sait que la prépa marathon par exemple, c'est vachement long et c'est quand même chronophage. Donc sous-objectifs, objectifs final, progressivité et plaisir. Et du coup, trouver dans tout ça un équilibre. Si on peut donner un mot de ça.
- Speaker #1
Merci Maïté.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
A bientôt. Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Pensez à vous abonner sur Spotify ou Apple Podcast. C'est vraiment le meilleur moyen de me soutenir. Et je vous dis à bientôt sur Objectif Mental. Ciao.