- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur Objectif Mental, je suis Kevin Rich, cofondateur de Cairn, une application mobile de préparation mentale pour la course à pied. Dans ce podcast, j'interview des experts du mental et des personnalités inspirantes. Je crois profondément que l'on peut apprendre de plein de disciplines différentes, du sport, de l'art, du business. Et mon objectif est de vous donner des clés mentales pour performer sans vous cramer. Je vous souhaite une excellente écoute.
- Speaker #1
Salut Anaïs,
- Speaker #0
comment vas-tu ?
- Speaker #1
Salut Kevin, ça va et toi ?
- Speaker #0
Ça va, on va dire un deuxième épisode enregistré.
- Speaker #1
Oui, un petit couac.
- Speaker #0
Un petit plantade avec l'enregistrement à distance. Mais comme on disait, c'est mieux de se voir finalement.
- Speaker #1
Ouais, je suis d'accord.
- Speaker #0
Bravo pour ta troisième place à la Maxi Race.
- Speaker #1
Bah merci.
- Speaker #0
Trop cool.
- Speaker #1
Ouais, ça a été... Une performance dont je suis hyper contente, je pense que c'est ma meilleure perf.
- Speaker #0
Tu t'étais préparée pour un podium ? C'était l'objectif ?
- Speaker #1
Non. Je m'étais préparée déjà pour supporter 60 km, puisque c'est la course la plus longue que j'ai jamais faite. Du coup, le podium c'était en plus, tu y penses forcément un petit peu. Mais moi, je n'avais jamais cours aux 60 kilomètres. Donc déjà, l'idée, c'était de rallier l'arrivée. Et quand ça se passe trop bien comme ça, c'était des trop belles émotions.
- Speaker #0
Trop bien. On va revenir sur ta course. Juste pour introduire, tu es trailuse pro chez Adidas. Tu es aussi médecin psychiatre. Préparatrice mentale.
- Speaker #1
Aussi.
- Speaker #0
Voilà, je crois qu'on a fait le tour. Est-ce que tu peux nous expliquer un peu comment tu es venue ? Tu as autant au trail qu'à la médecine. Un peu ton parcours depuis l'enfance en accéléré.
- Speaker #1
Oui, en accéléré. Par contre, depuis l'enfance, je dirais que j'ai commencé par l'athlétisme en premier lieu. J'ai commencé l'athlète très jeune et puis ça m'a suivi un peu toute la vie. Après, j'ai démarré médecine. De là, j'ai complètement arrêté l'athlète. Pendant un an, je n'ai plus du tout fait de sport parce que je ne faisais que étudier. Et progressivement, un hasard, je faisais un footing et je retombe sur une piste d'athlète. Je m'arrête, je dis bonjour au coach et je reprends l'athlète un peu plus tard. Et puis, comment ça se fait que je démarre le trail ? Je démarre le trail suite au confinement. C'était le confinement, j'étais déjà interne en psychiatrie et du coup plus moyen tellement de s'entraîner, donc je commence un peu à partir en montagne et puis je commence le trail comme ça.
- Speaker #0
Ouais, t'as pas besoin de faire d'attestations pour aller en forêt quoi.
- Speaker #1
J'avoue que je pouvais faire mes attestations et du coup j'ai un peu commencé comme tout grenoblois à la Bastille. Et finalement, de plus en plus, à un moment, je m'inscris à une course pour rire avec des copains. Je vois que ça marche bien. Et du coup, je m'y mets de plus en plus sérieusement jusqu'à en arriver là. C'est tellement surprenant comme parcours.
- Speaker #0
Sur la partie athlète, tu étais en haut niveau déjà ?
- Speaker #1
Oui. Athlète, j'étais dans le top 10 français. Je faisais du 800 mètres, donc vraiment du sprint. Et d'ailleurs, athlète, moi, j'ai vraiment failli partir. Enfin, ça a été un peu décisif en tournant l'athlète, genre quand j'avais 16 ans. je me suis dit, il y avait des championnats de France j'étais le quatrième temps engagé donc dans l'idée, moi dans ma tête je me suis dit je vais passer pro, c'est maintenant je me suis dit je fais un podium et après si c'est le cas j'arrête les études, je m'en fous, je fais que de l'athlète et là je fais la plus grosse contre-perve de ma vie sur cette course au championnat de France franchement, mais pendant une semaine je faisais que pleurer, genre vraiment là et de là je me dis, je serai jamais pro de ma vie, et tu vois c'est marrant comme aujourd'hui Je me fais... Enfin, le trail, ça marche, et du coup, je passe pro, mais dans un sport que j'avais pas du tout espéré.
- Speaker #0
Un peu inattendu, presque, dans ton parcours de vie, quoi.
- Speaker #1
Ouais, carrément. Pour moi, c'était fini.
- Speaker #0
Et donc, t'arrêtes le trail athlète en même temps que ça, du coup ? Après cette déception, tu continues un peu, quand même ?
- Speaker #1
Je continue un peu, je réessaye, mais ça marche plus.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Ouais, les années d'après... J'étais déjà en fin de lycée, et j'arrête pour la première année de médecine. Donc, vraiment, à 18 ans, tu vois. Donc là, j'arrête complètement pendant deux ans.
- Speaker #0
Mais du coup si t'as fait médecine, t'étais quand même plutôt forte à l'école j'imagine ? T'aurais pu arrêter les études comme ça vraiment pour te mettre à fond ?
- Speaker #1
Ouais, dans l'idée je pensais à l'INSEP, tu vois un peu la voie royale. Je me suis dit normalement que les perfs que j'ai, plus j'ai un très bon dossier scolaire, ça devrait jouer sur une école d'ingé très aménagée sport. Mais du coup quand j'ai foiré ma compète, j'ai dit bah je pars en médecine.
- Speaker #0
Ok. Du coup tu dis que tu fais un trail un peu pour rigoler avec des copains, ça se passe très bien. C'était quel trail et quelles perfs tu fais à peu près sur ce trail sans un vrai entraînement on va dire ?
- Speaker #1
Ouais c'était une des courses de la 6000D La 6 des lacs Qui fait 28 kilomètres je crois C'est où ? C'est à La Plagne Et en fait j'arrive deuxième Et devant moi en fait Je les connaissais pas parce que je m'intéressais pas au trail Mais c'était Marie Goncalves qui gagne devant moi Et juste derrière il y avait une nana Alanis Duc qui est actuellement Je crois qu'elle est photographe en un pour les équipes de France Mais du coup je regarde et je vois que c'est deux nanas qui sont pros Et là je me dis oh punaise C'est ce que je fais là quoi Ça peut jouer. Tu sais, c'est marrant, je suis partie avec une ceinture, une flasque, une barre. Enfin, j'étais complète. À la fin, j'ai fini déshydratée au bord des crampes parce que je ne savais pas me gérer en trail, tu vois. Mais du coup, ouais.
- Speaker #0
C'était une première, quoi.
- Speaker #1
Ouais, c'était une première.
- Speaker #0
Mais trop belle perche, quoi.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
OK. Et après, tu rentres dans un club, du coup, pour progresser ou tu fais seule ?
- Speaker #1
Je reste dans mon club d'athlètes. En fait, c'est mon entraîneur qui va beaucoup s'adapter. On est de plus en plus dans le groupe à faire du trail. On fait tous un peu du vélo l'été. Et en fait, quand tu mixes les deux, au bout d'un moment, tu commences à être bon sur les chemins. Donc, je suis restée dans le même club d'athlètes.
- Speaker #0
Mais du coup, ton physique était quand même plus développé pour l'athlète. Du court, du très court même. Comment tu fais pour progresser ensuite sur des sorties plus longues ?
- Speaker #1
Je dirais que la bascule, je l'ai faite grâce au vélo. En fait, mon petit frère faisait du vélo à très haut niveau. Du coup, j'avais l'habitude d'aller le voir en course. Et donc, à force de le voir, tu as envie d'en faire aussi parce qu'on allait dans des endroits trop beaux. Et à vélo, on s'est mis à faire pas mal de sorties avec les copains. Mais tu vois, en fait, à vélo, tu vas vite vers des sorties plus longues, de 3 à 4, 5 heures. Et je me suis rendu compte que j'adorais ça et que les paysages étaient trop beaux. Et je pense que c'est un peu ça qui m'a donné envie de faire du trail. Parce qu'en fait, je crois que, tu vois, à Grenoble, j'ai découvert que c'était cool à partir de 25 ans. Parce que je me suis mis à faire du vélo. Parce qu'avant, tu sais, je faisais de l'athlète, donc je restais sur la piste. Et quand tu fais du vélo, tu te rends compte des paysages. ouf qu'il y a autour de Grenoble accessible depuis la ville 100% accessible depuis la ville et après je me suis mis à les courir à pied et ouais je crois que c'est vraiment par le vélo que ça m'est venu un peu ce goût de la montagne des beaux paysages et tout et ensuite le haut niveau entre elles comment tu bascules,
- Speaker #0
je m'inscris avec des potes ça devient un peu ton métier enfin deuxième métier quoi ça a été grâce à des championnats de France donc je suis allée vivre à Salange pendant un an
- Speaker #1
Une fois que j'ai été diplômée de médecine, et de là, je rencontre un groupe de gars qui font du trail, qui sont sponsorisés par Adidas, enfin c'est Cartel Running Club d'ailleurs, petite dédicace à eux, le groupe n'existe plus, mais c'était un groupe de gars qui vraiment faisaient de la montagne pour se marrer, et beaucoup de défis en course à pied en trail, du coup Adidas les suivait et les sponsorisait. Donc je me suis entraînée avec ces gars-là, parce qu'ils étaient aussi très forts en course à pied, en trail pardon, et de là... cette année là il y a les championnats de France donc je les cours habillant Adidas parce qu'il me filait quelques fringues et là je fais 3ème je t'ai pas du tout attendu j'adore ces perfs après ce parcours était très particulier dans le sens où il était hyper roulant très rapide, c'était trop bien c'était que mes qualités et ensuite je refais une jolie perf au festival des Templiers le marathon d'éco, je fais à nouveau 3ème et je pense que de là Adidas il me laisse une chance Ils se disent, parce qu'ensuite, j'ai quitté sa linge pour rentrer à Grenoble. Et j'ai dit, je vais me chercher un sponsor. Et là, Adidas, ils se disent, ils m'ont proposé un contrat. Et donc, c'est comme ça que je suis rentrée dans le trail de haut niveau. Et ouais, comme ça, par les championnats de France et Festival des Templiers.
- Speaker #0
Trop bien. Ouais, mais en fait, c'est pas une seule perf qui a fait que tu bascules. C'est quand même parce que t'as prouvé plusieurs fois que... Oui, oui. Plusieurs podiums fait que... Ouais. OK. Et à côté de ça, donc, on va passer sur la partie plutôt médecine. T'arrives à gérer, donc, t'es diplômée. Ensuite, tu te spécialises en psychiatrie ?
- Speaker #1
Ouais, en gros, les études de médecine, c'est 6 ans de tronc commun. Pendant 6 ans, on fait tout, de la cardio, de la neuro, on passe dans tous les stages. Et à partir de la 6e année, tu te spécialises. Et moi, j'ai fait 4 ans, donc spécialisé en psychiatrie. Et pendant 4 ans, il dure notre internat, donc ça fait un bac plus 10, tu vois. Et ouais, c'est un poil long. Après, on ne fait pas que étudier. En fait, dès que tu deviens interne, littéralement, tes médecins, toute l'agent est dans les services et c'est toi qui prends tes décisions et tout. Donc finalement... Juste quand tu démarres ta vie pro, tu es déjà prêt. Parce qu'en fait, tu ne fais que ça depuis 4 ans. Donc, ouais, c'était...
- Speaker #0
Et oui, et donc, pourquoi tu spécialises en psychiatrie ? Et notamment en psychiatrie du sport. Ça, tu l'as ajouté aussi un peu...
- Speaker #1
En psychiatrie, je ne sais pas. Ce n'était pas du tout le projet à la base. Moi, je voulais être médecin du sport. Je n'avais pas du tout prévu d'être psychiatre. Franchement, je ne l'ai jamais côtoyé, même ça, de près ou de loin, pendant toute mon enfance ou adolescence. Et c'est vraiment à l'hôpital. Moi, j'ai des expériences avec des patients. J'adorais passer du temps où je fais des patients. Et je trouvais qu'on ne les connaissait pas. Et je suis tombée par hasard en stage de psychiatrie. Vraiment, je n'avais pas choisi. C'était un peu le choix par défaut. Je me suis dit, il faut y aller, je vais le faire. Et j'ai adoré ce stage. Je me suis juste dit, c'est incroyable. C'est fou comme les gens deviennent des humains. Ce n'est pas juste des lits à vider, des pathologies à traiter. C'est des humains avec une histoire, avec une famille, un entourage. Et du coup... Cette spécialité, elle m'a wow. Et après, jusqu'à la fin, j'ai vraiment choisi au dernier moment. J'ai beaucoup hésité, parce que la psychiatrie, dis-toi que même dans la médecine, c'est quand même connoté un peu... étonnant, tu vois. Ah, c'est vrai ? Ouais, au sein même de la médecine. Tu vois, la psychiatrie, c'est vraiment la discipline un peu obscure, un peu floue. Et du coup, je savais pas trop. Parce qu'un peu perché ? Ouais, tu vois, il y a un peu ce côté-là, complètement. Et du coup, mais je l'ai quand même choisi. Je me suis dit, au pire, si j'aime pas, je fais un droit au remords, je pars en médecine générale. C'est un plan qui me plaît. Et j'ai commencé, je me suis dit, bah non, mais 100%, c'est le métier que j'aime. Et après, le sport, très vite, j'ai eu envie de lier les deux. Parce que, enfin, je me suis vraiment passionnée pour la psychiatrie. C'est une discipline que j'adore. Et je me suis dit, comment je pourrais faire le lien avec le sport ? Et finalement, la PrEP mentale, ça a été le trait d'union un peu naturel. Et du coup, même pendant mon internat, j'ai commencé à me former en PrEP mentale. Je lisais plein de bouquins, j'ai fait un diplôme universitaire.
- Speaker #0
Tu l'as fait où ?
- Speaker #1
À Clermont.
- Speaker #0
Ah oui, ok, il est connu. Oui, il est connu. J'ai reçu plusieurs personnes qui étaient apparemment un peu la référence.
- Speaker #1
C'est vraiment la référence. Je voulais un truc universitaire parce que tu vois, quand tu es psychiatre, tu as un statut de médecin. Moi, je ne peux pas trop me permettre d'aller vers des formations un peu foireuses. Je trouve ça un peu limite.
- Speaker #0
tiens la dernière fois on avait parlé de ça je veux bien que tu nous réexpliques la différence entre psychologie, psychiatrie préparation mentale c'est un peu le triptyque parce qu'on confond parfois un peu tout et pour les novices et les amateurs on sait pas vraiment moi j'aime bien parler du continuum de la santé mentale en gros l'idée c'est que ta santé mentale elle peut imaginer un espèce d'accélérateur tu vois de voiture t'as
- Speaker #1
en gros l'état globalement de bien-être où on est tous, enfin on est quand on a pas de pathologie Ça, c'est plutôt les psychologues qui s'en occupent. Après, tu as l'état vraiment pathologique, où tu as des troubles, des maladies mentales, là, c'est plutôt les psychiatres qui s'en occupent. Et ensuite, tu as vraiment l'aspect optimisation de la performance, où globalement, tu es dans un état psychologique qui est bien, qui est stable, et tu veux aller chercher des millimètres dans ta pratique, et là, c'est de la prep mentale. Du coup, tu as vraiment trois niveaux un peu d'état psychique. Soit tu es vraiment dans le mal-être, c'est psychiatre. Soit tu n'as pas de pathologie, mais tu as envie un peu de bosser sur toi, ton rapport au monde, c'est psychologue. où tu veux vraiment être que sur la perf, parce que les prep mentaux, normalement, c'est vraiment prise en charge que de ces optimisations dans le sport. Tu vois, t'es pas censé parler tellement de ta vie ou quoi, c'est vraiment toi et ton rapport au sport. Et ben là, c'est de la prep mentale.
- Speaker #0
Ça, c'est intéressant. Je te reparlais du repositionnement, tu sais, de mon app sur le sport. C'est une des raisons, c'est qu'en fait, je me disais, finalement, je vois beaucoup de préparateurs mentaux qui se positionnent sur la vie professionnelle aussi. Et donc... Je comprenais, ça m'a touché. Je me disais, effectivement, quand t'es entrepreneur, ça peut vraiment t'aider. Mais est-ce que finalement, la frontière n'est pas trop fine entre la psychologie et la préparation mentale ? Peut-être que ça doit être clarifié.
- Speaker #1
Je pense que c'est très fin, la frontière. Et honnêtement, si tu regardes comment fonctionne un cerveau, il n'y a pas de frontière, la vérité. Après, je pense que c'est important... Je pense que ce qui est important dans la prête mentale et dans le coaching, c'est de donner un cadre de travail à ces personnes-là, qui du coup n'ont pas de formation ni de psychologue ni de psychiatre, dans le sens où tu as des personnes qui peuvent avoir des traumatismes, que tu peux réveiller sur des séances. En fait, ce n'est pas si simple que ça la psy, tu vois, et je pense qu'il y a beaucoup de débordements, ouais. Je pense que se limiter, par exemple, à se faire soit professionnelle, soit que sportive, Ça permet de donner un cadre à la personne qui accompagne, je pense. Parce que les dérives, elles sont trop faciles. Mais en fait, neurologiquement, ça ne veut rien dire. Parce qu'un cerveau, ça fonctionne au global, tu vois. C'est holistique. Genre, tu n'as pas une partie de ton cerveau qui est dédiée à ton mental dans le sport. Une partie de ton mental... Non, en fait, tes stratégies de gestion du stress dans le sport, ça ne te les mêmes que dans la vie. Tu as des outils pour gérer le stress. Et après, peu importe le stress d'où il vient, tu vas le gérer. Mais je pense quand même que ces professionnels, ils ont... tellement leur place, déjà parce qu'ils manquent plein de psy, et aussi parce qu'ils apportent une autre expertise et des trucs beaucoup plus concrets en général qu'en psychiatrie et psychologie. Oui,
- Speaker #0
sur une partie de la population qui n'a pas forcément de mal-être ou qui veut juste améliorer des choses. Oui.
- Speaker #1
Un des problèmes, à mon avis, c'est que t'as quand même... D'ailleurs, j'ai eu une pré-pontale au téléphone il n'y a pas longtemps qui me contactait pour me dire est-ce que je peux te... On va orienter des patients, tu vois, parce que je pense qu'il y a plein de fois où les athlètes ou les personnes vont voir des coachs ou des prêtes mentales comme porte d'entrée vers des soins psychiques. Mais en fait, ils arrivent, ils sont soit complètement déprimés, soit avec un trouble anxieux. Et du coup, toi...
- Speaker #0
Ils sont déjà à un stade très, très avancé, en fait. Oui, carrément.
- Speaker #1
Mais c'est sûr que c'est tellement plus facile. Et ce n'est pas plus facile, mais je dirais que c'est mieux accepter socialement d'aller voir un coach ou un prête mental qu'on part aller voir un psy, tu vois, un psychiatre ou psychologue. Enfin, psychologue et psychiatre, je ne crois même pas. Du coup, je pense que les prêpes mentaux sont vraiment des portes d'entrée au niveau de la santé mentale. Et d'ailleurs, je pense qu'il faudrait qu'ils soient plus formés, tu vois, à détecter quand là, c'est un peu trop grave.
- Speaker #0
Mais normalement, de ce que j'avais compris dans les diplômes, les DU que tu as fait justement, normalement, là, c'est bien expliqué et bien cadré.
- Speaker #1
Oui, c'est abordé. Après, bien expliqué. En tout cas, oui, c'est abordé que vraiment les limites, les risques et savoir réorienter, si c'est quand même abordé, c'est vrai.
- Speaker #0
OK. Toi, dans ta pratique de professionnel de santé, comment tu agis au quotidien ? Tu fais des sportifs, pas seulement, mais je crois beaucoup de sportifs quand même. Quels sont les cas les plus récurrents ? Comment tu les accompagnes ?
- Speaker #1
Le cœur de ma pratique, ce n'est pas les sportifs. C'est quand même l'hôpital. Je suis psychiatre Ausha Grenoble en liaison. Je t'en parle parce que je vais comprendre pourquoi. En gros, c'est une discipline où on n'a pas de service. On travaille pour tout l'hôpital. Donc c'est vraiment, c'est pas l'hôpital psychiatrique, c'est l'hôpital classique, entre guillemets. Et du coup, on se rend au chevet des patients dans tous les services pour, dès qu'ils ont une problématique psychique. Et du coup, c'est hyper intéressant ce métier parce qu'on va voir des patients qui, parfois, n'ont même pas demandé à voir des psys. Tu vois, je me souviens d'enfants qui font bonjour. En fait, c'est l'équipe qui était inquiète. Et puis, il y a toute cette... Donc déjà, tu vois, aborder la question de santé mentale avec des gens qui connaissent pas du tout, c'est un truc que je fais tous les jours. Et aussi... On travaille avec les équipes, par exemple une équipe de chirurgie orthopédique, la psy, bon tu vois, ils y connaissent pas spécialement. Et donc j'apprends aussi à beaucoup vulgariser auprès des équipes, à sensibiliser, à dire oui c'est vrai qu'il y a ça. Et aussi je pense qu'un dernier point de mon métier qui est intéressant, c'est qu'il y a plein de fois où on est appelé sur des problématiques, par exemple un patient, on suspecte qu'il est déprimé. Une partie de mon métier c'est aussi de dire là c'est pas psychiatrique, là c'est une réaction émotionnelle qui est normale. On ne met pas de traitement.
- Speaker #0
Intéressant.
- Speaker #1
Oui. Et ça, je trouve ça cool d'avoir ce regard-là. Ça fait que quand je rencontre des athlètes, puisque du coup, je fais une partie de mon suivi, je fais des athlètes, je suis vraiment capable, en fait, si tu veux, de le situer sur ce fameux continuum. Tu vois, quand je rencontre un athlète, je me dis, OK, je suis où ? Est-ce qu'on est sur un athlète qui veut plutôt bosser sa psychologie ? Est-ce qu'on est sur un athlète malade, avec un trouble psy ? Ou est-ce qu'on est sur un athlète qui va bien et qui veut juste optimiser sa prête mentale ? Et l'idée, pour moi, d'accompagner les athlètes... C'est de pouvoir les accompagner sur tout le panel. C'est pour ça que j'essaie de me former un peu à tout. Donc voilà, ce que je vois de façon plus régulière, moi on m'adresse quand même souvent des athlètes qui ont des problématiques psychiatriques, donc des troubles. Pas que, vraiment pas que. J'en vois aussi qui n'ont pas spécialement de troubles, on ne fait que de la préfrontale. Mais un des troubles les plus récurrents, c'est le trouble du comportement alimentaire. Vraiment, j'ai fait mes chiffres, mes statistiques des athlètes que j'ai suivis sur les six derniers mois et globalement, j'ai un premier symptôme dépressif. En deux troubles du comportement alimentaire. Alors que dans la population générale, les troubles du comportement alimentaire, ce n'est pas du tout aussi fréquent. Donc c'est une maladie qui est extrêmement fréquente chez les athlètes.
- Speaker #0
Athlète de haut niveau quand même ? Ou athlète de tout niveau ?
- Speaker #1
Quand même haut, voire trop haut niveau,
- Speaker #0
oui. Et c'est quoi l'exigence qui fait que les athlètes se mettent trop de pression sur l'alimentation ? Tu vois pour vulgariser un peu, on imagine qu'en trail pour monter plus vite il faut être plus léger et donc on se dit si je perds des kilos et si je mange pas trop... Si je fais vraiment attention au gramme près, je me dis que je vais grimper plus vite. Oui,
- Speaker #1
grave. C'est multifactorial déjà. Premièrement, il n'y a pas une cause, une maladie. Ce qu'on sait, c'est que globalement, chez les sportifs de haut niveau, il y a un fort perfectionnisme. C'est un trait de personnalité qu'on retrouve énormément. Et c'est aussi un trait qu'on retrouve beaucoup dans les troubles du comportement alimentaire. Ça fait partie du terrain qui rend les TCA assez à risque de se développer. Et effectivement, j'ai beaucoup réfléchi sur pourquoi... pourquoi les TCA. Et en fait, je me rends compte que dans la performance, surtout dans les sports d'endurance, l'alimentation, c'est le seul truc que tu peux contrôler à 100%. À 100%. En fait, il n'y a rien d'autre. Oui,
- Speaker #0
tout le reste, c'est météo extérieure, les concurrences extérieures.
- Speaker #1
Les concurrences extérieures. Même toi, ta façon d'absorber l'entraînement, tu fais un entraînement, tu ne sais pas à combien de pourcents tu as gagné. Par contre, combien de calories tu as pris, ça, tu peux le mesurer. Et en plus, ce n'est même pas si fiable parce qu'entre ce que toi, tu prends, que là, tu contrôles à 100%, Et ce qui est vraiment absorbé par ton corps, en fait, il y a déjà une marge de manœuvre, tu vois. Et c'est ça que les athlètes ont du mal à comprendre. C'est qu'en fait, un corps, c'est hyper... C'est hyper holistique, ça répond bien aux fluctuations extérieures. Ce n'est pas si précis. Je trouve qu'il y a cette espèce de rigidité qu'on voit beaucoup chez les athlètes qui se focalisent sur l'alimentation alors que notre corps est vraiment capable de tolérer des deltas de calories de 200-300 par jour. Ça ne fait pas fluctuer notre poids. Il y a beaucoup de fausses croyances.
- Speaker #0
Des personnes qui sont dans le sur-contrôle, déjà dans leur vie, Alors avec ça, ça va amplifier en plus sur l'alimentation.
- Speaker #1
Ils sont plus à risque en tout cas.
- Speaker #0
Est-ce que c'est des niveaux, des étapes ? D'abord, tu deviens trop perfectionniste sur l'alimentation. Après, tu as des niveaux au-dessus, c'est TCA. Et Red, c'est le niveau encore au-dessus ? Ou ce n'est pas en échelle ?
- Speaker #1
Ce n'est pas en échelle, oui. En gros, il y a un des derniers articles qui est sorti sur la troupe du comportement alimentaire. C'était hyper intéressant. Où il t'explique que tu as l'alimentation optimisée. où tu manges et ça répond à tes besoins. Ensuite, il y a l'alimentation, aussi comportement alimentaire désorganisé, où en gros, là, il va y avoir les premiers comportements de restriction, de purge, de pesée, où le poids commence à prendre de plus en plus d'espace mental. Ça, c'est le stade vraiment à risque. C'est un stade où il y a énormément d'athlètes, en fait. C'est-à-dire qu'ils ne sont pas encore dans le stade maladie, ils sont juste avant. Mais sauf qu'en fait, dès ce stade-là, dès que tu commences à faire de la restriction, enlever un peu de protéines, un peu de lipides, un peu de glucides, tu peux déjà être en Redes syndrome. Donc en syndrome de déficit énergétique. Et après, tu as le stade trouble du comportement alimentaire, où là, le comportement est hyper rigide. Tu as des gens qui ont vraiment un impact sur leur vie quotidienne, c'est-à-dire qu'ils ne pensent plus qu'à ça. Ça envahit tous les domaines de vie. Et souvent, tu as des problèmes physiques conséquents. Où là, tu as des raides, mais du coup, très très graves.
- Speaker #0
Ok, alors juste parce que c'est vrai que je l'ai dit comme ça à Adès, parce que d'abord on avait déjà fait cet échange, du coup j'ai retenu les trucs, mais juste qu'on l'explique simplement aux auditeurs ce que c'est. Parce que c'est pas, en fait je m'en rendais compte qu'on en parle de plus en plus, c'est pas encore commun non plus dans le langage de tout le monde.
- Speaker #1
Oui c'est vrai, ça veut dire syndrome de déficit énergétique relatif dans le sport. Donc en gros ton corps t'as une entrée d'énergie, donc c'est ton alimentation, et t'as les sorties d'énergie, c'est ton métabolisme de base. en gros ton corps Même si tu restais allongé toute la journée, il brûle 1500 calories. Juste pour rester en vie, exactement. Ça, c'est le métabolisme de base. Et ensuite, tu as l'activité physique, où là, tu peux avoir des pertes qui sont énormes. Tu vois, un cycliste sur le Tour de France, ils peuvent perdre jusqu'à 5000 kilocalories par jour. C'est énorme. C'est colossal. Et du coup, ça, ton métabolisme de base plus les pertes, il faut les compenser. Et la seule façon de faire, c'est de manger. Et le Red S Syndrome, c'est quand tes apports ne compensent pas. tout ce que ton corps brûle. Et du coup, il y a un déficit énergétique qui s'installe. Et en fait, dès que ton corps passe en déficit énergétique, c'est capté par le cerveau, par l'hypothalamus dans le cerveau, qui détecte ça, et qui ensuite va provoquer une cascade de réactions hormonales qui vont en fait... Le but ultime de toutes ces réactions hormonales, c'est de mettre ton corps en pause.
- Speaker #0
C'est-à-dire stop, c'est trop là.
- Speaker #1
Il arrête toutes les fonctions qui ne sont pas vitales, pas essentielles. Et c'est pour ça qu'en fait, il y a plein d'anomalies. Tu vas avoir plein de troubles hormonaux. Chez les femmes, ça se traduit par une aménorée. chez les hommes ça se traduit aussi par une baisse de la testostérone en fait les mecs ils ont moins de libido aussi tu vas avoir tout ce qui va être sur la santé osseuse c'est un impact hyper puissant donc t'as les os beaucoup plus fragiles d'où les fractures de fatigue et puis tu vas avoir aussi un impact que c'est oublié c'est sur l'immunité en fait tes globules blancs sont moins bien renouvelés du coup ton immunité baisse et tu tombes beaucoup malade donc tu vois moi quand je suis des athlètes que je vois comment c'est souvent dans la sphère ORL qui tombe malade, des sinusites, des machins à répétition, faut vraiment se poser la question d'un Red S intéressant
- Speaker #0
Donc vraiment tout est lié, l'alimentation est le point de départ.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et donc si je comprends bien, à chaque sortie, quand on a un programme d'entraînement, il faut vraiment qu'on regarde ce qu'on dépense, parce que ça peut être dangereux de ne pas compenser par l'alimentation.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Donc si on mange normalement, mais qu'on se rajoute des sessions d'entraînement ?
- Speaker #1
On peut être en relance.
- Speaker #0
Ok, et ça peut être dangereux sur le long terme ?
- Speaker #1
À long terme, complètement. Ok.
- Speaker #0
Et donc tu as compris, parce que j'imagine aussi que les athlètes, quand ils viennent te voir, il... Ils comprennent, mais ils ne vont pas mettre forcément en pratique le truc, tu vois. Parce qu'après, il y a la réalité du terrain qui est, ils veulent performer, ils veulent, tu vois. Comment tu fais, toi, au quotidien pour essayer de les faire bouger de ligne là-dessus ?
- Speaker #1
Eh bien, malheureusement, je dirais que s'ils ne veulent pas l'entendre par... par les oreilles, leur corps va leur montrer. Un moment donné, moi j'aurais rien de plus à faire que dire là t'es en train de payer les pots cassés. Des athlètes qui se font des fractures de fatigue à répétition après des grosses périodes d'anorexie mentale. En fait, dès que t'as de l'anorexie mentale, t'as un Red S Syndrome par définition. Vu que t'es en déficit énergétique dans l'anorexie de cette année, un poids très bas. En fait, ils vont... Tristement le payer, tu vois. Et tu peux le payer vraiment longtemps. Moi, j'ai en tête une amie que j'ai croisée il n'y a pas longtemps qui me disait qu'elle ne peut plus courir, en fait. Parce qu'elle a trop fragilisé ses os. Et du coup, maintenant, dès qu'elle court, elle se fait des fractures.
- Speaker #0
Parce que ce n'est pas réversible. C'est-à-dire que si tu forces trop longtemps, après, tu enchaînes quasiment jusqu'à la fin de ta vie.
- Speaker #1
Et ça aussi, ce n'est pas très connu. Mais vraiment, en tout cas, c'est réversible sur pas mal d'aspects. C'est-à-dire que si tu reprends du poids, que tu renormalises ton poids, que tu corriges tes déficits énergétiques, ça peut être normalisé. Mais sur la santé osseuse, au-delà de 25 ans, il n'y a pas... on ne récupère plus. Donc en gros, si jamais tu es en déficit énergétique, il va te manquer des hormones qui vont permettre aux os de se renouveler. Donc tes os deviennent de plus en plus fragiles. Imagine, c'est comme une architecture où tu as de moins en moins de poutres. Tu as une architecture osseuse qui est très fragile. Et on a jusqu'à, moi c'est ce que je dis aux athlètes que j'accompagne, là on a jusqu'à tes 25 ans. Après 25 ans, tu as d'ensitométrie osseuse, donc l'architecture de tes os, on ne pourra pas la sauver, ce sera trop tard. Et du coup, quand tu as des nanas qui... Je dis des nanas parce qu'en fait...
- Speaker #0
C'est souvent des filles, des femmes ?
- Speaker #1
Bah ouais, parce qu'en fait, le problème, c'est qu'une des hormones clés dans la santé aux os, c'est les oestrogènes. Et c'est aussi ce qui va être arrêté quand il y a la ménorée. Donc les femmes, au niveau os, elles ramassent plus que les garçons. Mais les mecs aussi, on en voit d'ailleurs dans le trail, des fractures, tu vois. Puis souvent, c'est des fractures d'os hyper profondes. T'as des fractures du fémur, des fractures du bassin, enfin...
- Speaker #0
Des trucs plutôt solides à la base. Et ouais,
- Speaker #1
quand ça casse là, vraiment ça questionne, quoi. Ouais. Enfin...
- Speaker #0
Donc, la majorité des femmes, il y a aussi des hommes qui sont atteints de ça.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Est-ce que, d'ailleurs, toi qui es en plein dedans, est-ce que le trail, c'est quand même un sport qui est sujet à ce type de troubles ? Plus que d'autres sports. Tu vois, par exemple, comme ça, simple a priori, je me dirais le rugby, peut-être un peu moins. C'est moins le profil de gars, tu vois. Carrément.
- Speaker #1
En fait, il y a des sports étiquetés à risque de TCA. Donc, tu vas avoir tous les sports... Les sports minces, avec les jurys, comment on appelle ça ? Gymnastique, danse, patinage artistique, les sports esthétiques. Extrême Maurice de Tessia, tu vas avoir les sports où tu as un rapport poids-puissance qui est important, c'est le cas de la course à pied, pour l'endurance du cyclisme aussi. Tu vas avoir les sports à lutte contre la gravité, le saut à ski par exemple, escalade, et puis tu vas avoir les sports à catégorie de poids, judo et tout, La tête. T'as aussi pas mal de TCA, parce qu'en fait, les gars, juste avant la pesée, ils modifient complètement leur comportement alimentaire, et à terme, souvent, ça fait beaucoup de boulimies nerveuses, enfin, ce type de TCA.
- Speaker #0
Et ça, je me le disais souvent, j'écoutais un podcast de Cédric Doumbé, qui fait du MMA, et il disait qu'il... Ils mangeaient très peu avant les combats. Ils s'asséchaient complètement. Après, par contre, ils se gonflaient. Mais j'imagine que ces amplitudes, ça va être compliqué à gérer sur le long terme.
- Speaker #1
Oui. Et en plus, tu as risque de carence aussi. Quand tu fais des grands moments de dénutrition, des moments où tu manges... Le corps n'est pas du tout fait pour fonctionner comme ça. Ça abîme aussi.
- Speaker #0
C'est marrant parce que le trail, c'est quand même un sport où Dexter, c'est assez convivial. Parfois, tu as du fromage et de la charcuterie et ravito. Tu as un peu l'ambiance. Mais par contre, dans les élites, j'imagine que tu as un peu ces problèmes de troubles.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais est-ce que les équipes, par exemple, je dis Adidas, mais il y a plein d'équipes, est-ce que les équipes ont conscience de ça ? Les entraîneurs mettent en place des choses pour essayer de sensibiliser les athlètes ? Ou pas du tout ? C'est chacun se débrouille ?
- Speaker #1
C'est plutôt chacun se débrouille. Mais pas vraiment. En fait, il y a un diététicien. En tout cas, nous, chez Adidas, je sais qu'il y a un diète qu'on peut solliciter si besoin. Mais en fait, quand tu es athlète, tu crois que tu sais mieux que... Tu vois ce que je veux dire ? Tu te connais assez. Tu te connais, quoi. Non, et je dirais qu'un des problèmes du trial, c'est aussi dans la culture, dans l'image, dans l'idéal. En fait, il y a aussi un des facteurs de risque des troubles du comportement alimentaire, c'est l'insatisfaction corporelle. C'est le fait de ne pas aimer son corps tel qu'il est. Et quand... tu es dans des milieux type le trial où tu regardes les élites et tout t'as vraiment des physiques assez secs même très très secs ça peut créer vraiment de l'insatisfaction corporelle et ça chez tous les athlètes d'ailleurs franchement expérience personnelle quand j'étais en trial au stage pardon chez Adidas tu vois on va quelques jours en Allemagne pour tester les produits et tout trop cool mais du coup t'es entouré d'athlètes élites et vraiment là c'est les tops mondiales tu vois c'est incroyable j'avais vu tes stories je vois le tu vois un peu le plateau Bye Et bien, après une semaine, avoir les corps de ces nanas, moi, je sais que j'aimais moins mon corps, tu vois.
- Speaker #0
Ah waouh, c'est ouf.
- Speaker #1
Alors même que, en vrai, je... Toi, t'es pas ultra sensible à ça, normalement. Non, franchement, non. T'es à l'aise, ouais. Ouais, franchement, ça va. Mais cette exposition répétée à l'image de l'autre, à ses corps ultra musclés, ultra secs, et en vrai, je pense que dans... Je sais pas, je sais pas, mes collègues, s'il y en a qui souffrent de TSA ou quoi, mais il y en a, tu te questionnes un peu quand... Je ne peux que me questionner avec mon regard de psychiatre parce que j'ai l'habitude de voir ces corps et de voir qu'une femme, pour être en bonne santé, elle a besoin d'un certain pourcentage de masse grasse. Et quand on voit autant les veines et autant les muscles, forcément, ça questionne. Le pourcentage de masse grasse, il n'y est pas.
- Speaker #0
C'est quoi le minimum, par exemple ?
- Speaker #1
Chez les femmes, je pense qu'il ne faudrait pas... Entre une femme classique, entre guillemets, c'est entre 20 et 25 %
- Speaker #0
de masse grasse.
- Speaker #1
Chez les athlètes, on peut tomber vers des 15 %.
- Speaker #0
15,5, oui.
- Speaker #1
déjà c'est plus beaucoup donc potentiellement elles sont déjà en améliorée à 15% de masse grasse, pas toutes mais voilà le corps est entraîné aussi et après en dessous c'est qu'à tête tu vois
- Speaker #0
Je fais juste une parenthèse sur la ménorée, c'est ultra dangereux sur le long terme, l'arrêt des règles.
- Speaker #1
Oui, complètement. Je trouve que c'est un témoin que tu es en mauvaise santé.
- Speaker #0
Oui, j'ai entendu une amie, on en parlait un peu avant de venir, elle me disait que les règles, c'est un peu le signe que tu es en bonne santé. Donc si tu les as plus, c'est que tu es en mauvaise santé. Si je vulgarise.
- Speaker #1
Complètement. Ça veut dire que ton corps détecte que tu n'as pas assez d'énergie pour porter un enfant. Et en fait... Ah, oui. c'est un peu ça l'idée au moins là il est sûr que tu serais pas capable de supporter une grossesse donc tu peux pas nourrir un enfant donc ton corps il se met en pause et donc oui c'est un témoin de mauvaise santé et tu fais bien de le souligner parce que je pense que c'est ultra banalisé dans le sport dans le sport de haut niveau c'est hallucinant ça n'inquiète pas ni les athlètes mais parfois un peu plus grave, c'est quand ça n'inquiète pas les entraîneurs ou les entourages des athlètes. J'ai déjà pu entendre des phrases de « de toute façon, elle ne passera pas, c'est normal » . Ah oui ?
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
pour dire qu'il y a un travail à faire dans la culture globale de la performance.
- Speaker #0
Ok. Et toi, j'imagine que tu étais en mission quelque part pour essayer d'en parler. Je trouve qu'on n'en parle pas assez. Peut-être de plus en plus. Peut-être toi aussi, parce que tu es dedans, donc tu vois qu'on en parle. parle plus, mais moi, je trouve qu'en tant qu'amateur, vraiment, c'est très rare. Donc toi, ton objectif, c'est vraiment que la majorité des femmes et des hommes prennent conscience de ce syndrome-là.
- Speaker #1
Ah ouais, carrément. Mais l'enjeu, pour moi, c'est juste de pouvoir faire... faire du sport en bonne santé, peu importe le niveau. Et je pense que le problème, c'est qu'on peut être très performant en étant en très mauvaise santé. Et ça, c'est le problème. Parce que tu vois, en fait, mais en très mauvaise santé physique et psychique aussi. Moi, j'ai déjà vu des athlètes, j'ai déjà débuté un suivi, j'ai un suivi en tête. L'athlète que je rencontre, elle était dans un état psychique. C'était glaçant. Et pourtant, elle était au top.
- Speaker #0
au niveau sportif tu la vois dans les médias ou en interview,
- Speaker #1
t'as l'impression que sa vie est incroyable sauf que toi tu l'as derrière tu vois que c'est compliqué je dirais que c'est ça c'est un peu ça l'enjeu, le problème c'est que tu peux être très fort en très mauvaise santé, et c'est ça le problème parce que si on n'était que fort quand on était en bonne santé tous les athlètes viseraient la santé mais sauf que l'exemple mais même il y a plein d'athlètes qui témoignent en post carrière qu'ils ont vécu un calvaire tu vois Donc le problème c'est qu'on peut être performant étant en mauvaise santé et mentale et physique. Il y a un gars qui a témoigné, qui a fait des super parts sur le TMB, j'ai oublié son nom, il expliquait que le jour de la course, il se faisait des crises de boulimie, il se faisait vomir et après il a pris le départ de l'UTMB. Cette vidéo a vachement explosé. Non mais c'est pour dire à quel point tu peux être en mauvaise santé et pourtant le mec fait un top résultat après et c'est ça le problème. Mais je pense que sur une... En fait, à long terme, à mon avis, être en mauvaise santé ça ne marche pas, ni physique ni psychique. Et en fait, juste à l'échelle de ta vie, genre en vrai, t'as qu'une vie, si c'est juste pour être triste la majorité du temps de ta journée, peu importe ton niveau, tu vois, c'est quoi le projet ? Mais c'est bête, c'est clair.
- Speaker #0
Tu passes à côté quelque part, en fait. Ouais, je pense. Je suis d'accord.
- Speaker #1
Et d'ailleurs, les athlètes qui sont tristes comme ça pendant leur prépa et en mauvaise santé, c'est vraiment les athlètes qui s'effondrent le plus quand ça marche. Parce qu'en fait, une fois que t'as réussi, que tu te rends compte que t'as fait tout ce chemin-là que pour ça, que t'es même pas heureux au bout du chemin alors que t'as fait tout ça pour ça, voilà, c'est les athlètes qui te disent « j'ai fait tout ça pour ça » . Je pense qu'au moment où tu passes la ligne d'arrivée, si tu te dis j'ai fait tout ça pour ça, c'est qu'il y a eu un problème dans ta prépa au niveau physique ou mental. Parce qu'en fait tu devrais juste être content du chemin et après le résultat c'est une conséquence d'eux. Exactement, c'est une conséquence d'eux. C'est un bonus. Après c'est un bonus sublime quand ça marche tu vois. Mais quand ça marche pas du coup déjà ça fait que t'es pas si deg si t'as été heureux tout le chemin.
- Speaker #0
Tu dis ouais trop cool.
- Speaker #1
Déjà t'arrives beaucoup mieux à relativiser et si ça marche c'est trop génial.
- Speaker #0
Toi tu la vois comme ça ta carrière ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Ouais c'est trop cool.
- Speaker #1
Ah non, 100% de chemin.
- Speaker #0
Tu fais des bons résultats finalement. J'ai l'impression que tu n'as pas une pression. Ça fait deux fois que je te parle, donc je le sens. On ne sent pas que ça n'envahit pas tes pensées toutes les nuits de performer.
- Speaker #1
Non. Après, j'ai la chance de faire un double projet. Par rapport aux élites où je vois qu'ils mettent vraiment tapis dans leur carrière. Ils font des choix que j'admire trop. Je trouve ça beau aussi de tout mettre dans un rêve. Et je trouve que cette capacité à rêver des athlètes, moi, elle me fascine, tu vois, quelque part. De se dire, waouh, les mecs, ils mettent tapis, tu vois. Genre vraiment, c'est le poker, ils mettent tapis, ils mettent tout. Leur vie, pour ça, pour un rêve, tu vois, pour une croyance. Parce que le résultat, il n'est pas visible, quoi. Tant que tu n'as pas eu cette médaille, bah non, c'est dans ta tête, en fait. Et ça, c'est super beau. C'est chouette à accompagner.
- Speaker #0
Tu as déjà eu quand même, donc là, je vois globalement, toi, tu ne te mets pas cette pression-là, Mais t'as déjà eu des moments où... t'as failli basculer, où tu t'es dit, enfin, où tu t'es reprise un peu en te disant ah là, c'est plus moi, tu vois.
- Speaker #1
Ouais, grave. C'est des ajustements, c'est des ajustements. Eh ben, tu vois, le jour où j'ai raté mes championnats de France de 800 mètres quand j'avais 16 ans, mais j'étais, je me souviens à l'échauffement, je me souviens de cette course, mais toute ma vie, j'étais dans un état de stress, genre j'ai été envahie par l'enjeu. Je me disais, là je suis en train de jouer ma vie, si je réussis, je deviens athlète élite, tu vois. Et je pensais qu'à ça pendant... Ligne de départ ça part Je cours les 200 premiers mètres Je sens que je suis asphyxiée Je me dis putain mais on va trop vite On est parti beaucoup trop vite Et là j'entends le mec Parce qu'au 200 souvent t'as un gars, un entraîneur, un n'importe qui Qui donne les temps pour qu'on se rende compte un peu de la vitesse Il dit 32 secondes 32 secondes c'est pas si vite Et là j'ai compris que j'étais cuite J'avais tellement stressé Que je suis arrivée JT éteinte et du coup j'ai fait ma pire, ma plus grosse contre-perce sur cette course. Mais donc oui, ça m'est arrivé plein de fois dans ma vie que l'enjeu, ils prennent bien plus de place que ça et c'est beaucoup d'ajustements et je dirais que ce qui me permet vraiment de m'ajuster c'est mes proches. Genre vraiment d'avoir des gens qui m'aiment comme je suis.
- Speaker #0
Que tu perces pas quoi.
- Speaker #1
Ouais, 100%. Et je trouve que vraiment, moi je pense que c'est même plus important que la prêpe mentale et même que la psy tu vois. Moi je dirais... Ah ouais, je trouve que c'est un facteur clé qui n'est pas assez dit, tu vois. Genre personne ne dit à quel point c'est cool de pouvoir rentrer après l'entraînement ou sa course et que quoi qu'il se passe, ils sont là, tu vois. Il y a les mêmes. Peu importe ce qui s'est passé, que ce soit super ou super nul, enfin super cool ou super nul, c'est ok, tu vois. Et ouais, moi j'appuierais vraiment sur la force d'être bien entourée.
- Speaker #0
Mais c'est vrai que souvent, un des facteurs c'est l'isolement. quand t'es pas bien entouré ou que t'es dans un cercle je vois par exemple le tennis j'ai l'impression que c'est un peu ça t'as ton staff qui est tout le temps là pour toi mais c'est pas tes amis ou ta famille c'est ton staff de performance donc en fait ils vont te monter la tête toute la semaine tout le temps et ce qui fait qu'il va finir peut-être en dépression parce que t'as
- Speaker #1
pas de soupape un peu de te relâcher puis ce qui est intéressant dans ce que tu dis ce staff là c'est qu'en fait si le sport il s'arrête ils sont out staff Elles disparaissent, c'est fini. Et ça, ça fait partie de la petite mort de l'athlète. Toute cette disparition de tout cet écosystème. C'est pour ça qu'il faut qu'il y ait un écosystème d'aval. Et d'ailleurs, il ne faudrait pas qu'il soit d'aval. Il faut qu'il fasse partie de ta vie. Ces relations qui ne sont pas liées au sport et qui comptent.
- Speaker #0
Je crois que tu m'avais dit ça dans l'épisode qu'on n'a pas enregistré. L'hôpital, ça prend plus de place que le trail.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Presque quoi,
- Speaker #1
c'est presque ça. Ah oui, c'est ça, c'est 100% ça. C'est 100% ça, ouais, ça m'équilibre bien moi d'avoir les deux. Et surtout, là un peu ce double projet, tu vois, de parler de santé mentale dans le sport, dans un univers qui est complètement, où c'est peu abordé en fait, de plus en plus, mais quand même assez peu, ça me stimule trop, c'est les deux trucs que j'aime le plus quoi. Mais c'est sûr que si j'avais à choisir entre athlète ou psychiatre, je choisis psychiatre. Sans hésiter.
- Speaker #0
C'est ouf parce que je pense que 99% des gens diraient athlète.
- Speaker #1
J'hésite même pas. J'aime trop le contact des patients et ce métier-là.
- Speaker #0
Et question bête, mais est-ce que ton sponsor attend de toi des résultats à l'année ? Genre ils te disent il faut que tu fasses au moins 3 podiums par an, sinon on coupe le contrat ?
- Speaker #1
Non. Ils sont trop cool Adidas, franchement là-dessus. Ils ne nous mettent vraiment pas de pression. Ils nous demandent de participer à des événements qu'ils organisent. Par exemple, la Maxi Race, c'est by Adidas. Et du coup, ils nous demandent d'être là. Ils ont plusieurs événements comme ça, donc il faut qu'on participe à deux événements dans l'année. Bon, ça,
- Speaker #0
ça va, il y a pire comme...
- Speaker #1
Ouais, tu vois,
- Speaker #0
il y a quoi dire ? Comme exigence.
- Speaker #1
Mais tellement ! Et participer au stage. Et globalement, voilà. Qui est cool quand même. Ouais, en fait, en soi, non, ils sont super cool. Donc je ne reçois pas du tout de pression de eux. Et par contre, moi, je me la mets, tu vois, sur un événement Adidas, je me la mets quand même plus que sur une course comme ça, que je cours chez moi. Parce que j'ai envie de bien faire, tu vois. Mais ça, c'est une pression saine. J'en ai discuté avec, ça s'appelle Kathleen, une des athlètes d'Adidas, qui disait finalement, ressentir de la pression, c'est aussi un privilège. Ça veut dire que ça compte, que tu fais un truc qui compte pour toi. Donc c'est beau d'avoir de la pression aussi. C'est pas que négatif, la pression.
- Speaker #0
C'est vrai, ça, c'est beau. C'est que aussi, t'as de la chance d'être là et que t'as envie aussi de montrer. Ouais. C'est vrai que tout le monde n'a pas cette chance de pouvoir être sponsorisé et prouver quelque chose, quoi. Ouais,
- Speaker #1
c'est clair.
- Speaker #0
Sur la maxi race, du coup, si on revient un peu sur cette course, Juste vraiment sur l'aspect mental, physique, je sais que tu t'entraînes beaucoup et tout, mais sur l'aspect mental, comment tu t'es préparée ? Si tu t'es préparée, comment ta course a déroulé aussi ?
- Speaker #1
Moi, sur l'aspect mental, je dirais que je n'ai pas de prête mentale. J'ai une de mes collègues, c'est trop drôle, cette femme, c'était ma chef quand j'étais étudiante, Colette, elle s'appelle. Et on se voit régulièrement. Et c'est drôle en fait c'est ma psy si tu veux, mais elle me fait croire que non mais on sait que oui Elle est trop gentille Donc voilà, mais on parle pas du tout de sport avec Colette Mais à côté de ça c'est son métier, enfin je veux dire elle est psychiatre Elle est à la retraite maintenant mais c'est une psychiatre
- Speaker #0
Il y a quand même le billet je pense professionnel qui rentre là-dedans Oh oui,
- Speaker #1
et puis c'était un cadeur franchement, c'est une femme qui m'a tellement appris Mais du coup donc j'ai pas de traite mentale mais c'est vrai que du coup j'ai une psy entre guillemets Et par contre moi je marche beaucoup avec mes proches tu vois Genre une des personnes qui me détruit qui me déstresse le plus avant la course, c'est mon grand frère. En fait, on s'entraîne ensemble. Il est avec moi à Grenoble dans mon club d'athlètes. On fait plein de séances ensemble. Il me connaît par cœur dans l'effort.
- Speaker #0
Très bien.
- Speaker #1
Et du coup, je sais qu'avant les courses, j'aime trop que tu me fasses un petit brief. Et genre, vraiment, je te paraphrase son brief, mais en gros, son brief, c'est... T'inquiète, on t'aime quand même. Que t'arrives première, 25ème, t'inquiète. On te met le feu à tous les ravitaux. Et vraiment, j'ai besoin qu'ils me le disent.
- Speaker #0
En vrai, ça fait trop du bien d'entendre ça.
- Speaker #1
Ah ouais, vraiment. Et moi, ça, ça me permet vraiment de partir sereinement. Et après, pendant la course, ça s'est plutôt bien passé.
- Speaker #0
Il y a des moments un peu durs quand même.
- Speaker #1
Oui. Après le ravitaux du semnose, je commence à avoir les ischios qui me font mal. En gros, je pense que c'était kilomètre 40, tu vois. Donc il m'en restait encore... Oui, il m'en restait 20. Donc c'est un peu long. Du coup, il y avait une descente que j'ai dû faire en contrôle. Remontée, je me fais doubler par Louise, qui reprend la deuxième place. Du coup, moi, là, je passe troisième. Et ensuite, il fallait finir. Surtout quand j'ai vu le panneau 8 kilomètres, alors que tu as les jambes.
- Speaker #0
Ouais, couper.
- Speaker #1
Ouais, tu es, oh mon dieu, 8 kilomètres. Et là, vraiment, j'ai vraiment utilisé, moi j'aime beaucoup découper l'effort. Quand ça devient très dur, plus ça devient dur, plus je découpe. Heureusement, d'ailleurs c'est l'intérêt de faire la reco, c'est que du coup je savais ce qui restait. Et du coup, je concentrais vraiment mes pensées sur, ok, là l'enjeu c'est juste de ne pas te faire de cheville, pas choper de crampes, donc tu gères ta foulée et tu vas jusqu'à la croix. Vous savez qu'il y avait une croix, tu vois. Et ensuite, j'ai vraiment découpé mon effort comme ça pour finir. Quand je suis vraiment dans la douleur, moi, je découpe. Et je dis, tu vas jusque là et là, tu verras. Tu vas jusque là et là, tu verras. Et comme ça, jusqu'au bout.
- Speaker #0
Ça faisait combien à peu près les distances à chaque point de repère ?
- Speaker #1
Souvent, c'était deux kilomètres à peu près. Ok, ouais. Et tu vois, je m'encourage. Je me dis, allez, vas-y, tu tiens jusqu'à la croix. À la croix, on fait le point. Et d'ailleurs, ça me fait penser que... Tu vois, souvent, on parle beaucoup de discours interne positif, qu'il faut vraiment penser positif. Moi, je ne suis pas d'accord avec ça. Pas forcément. Non, vraiment pas. Je pense qu'on peut penser négatif, ça le fait aussi. Et j'ai vraiment un souvenir de cross. Quand je faisais de l'athlète, je faisais des cross. Il y a un cross entier que j'ai fait en me disant « Dès que tu arrives là, tu abandonnes. » Et genre, je me suis... Tout le cross. C'est ouf. Je me suis dit... Après ça,
- Speaker #0
normalement, on se dit qu'il ne faut vraiment pas se dire. Oui,
- Speaker #1
tout le monde se dit qu'il ne faut pas se dire. Mais en fait, moi, je sais que ça marche sur moi. mais pas sur tout le monde, mais sur moi vraiment t'as trouvé ton truc qui marchait pour toi moi j'ai besoin de refaire le choix de souffrir tu vois, non mais c'est je le vis vraiment comme ça, ou ok non, je tiens jusqu'à ce prochain point je tiens jusqu'à ce prochain point et ça me permet de pas penser à la douleur tout de suite, enfin ça me permet en tout cas de mieux la gérer, moi ça c'est un tips comme ça et c'est propre à chacun genre vraiment je pense que chacun a son
- Speaker #0
Et du coup, tu l'as redépassée, parce qu'ici, elle t'a dépassée au 40e. T'as redépassé Louise, du coup, elle s'appelle ? Oui, oui,
- Speaker #1
Keshadidas aussi. En fait, je l'avais passée, je pense, au kilomètre 15 à peu près. Du coup, j'étais longtemps deuxième. Et ça aussi, c'était rigolo, c'est que j'ai dû lutter longtemps contre l'euphorie. C'était trop chiant. Parce que du coup, d'un côté, t'as ton mental qui commence à se dire « Ah, trop cool, incroyable, je suis sur le podium ! » Et en même temps, en fait, c'est hyper dérangeant, ces pensées. C'est horrible, je pense. Bah ouais. Mais c'est pareil pour les pensées négatives, tu vois. Si t'es en mode « Ah là là, j'y arrive pas, je suis pas du tout dans mes temps » , Merci. En fait, c'est dérangeant parce qu'il faut que tu te concentres sur l'action, sur où tu poses ton pied, sur manger. Et donc, moi, dans ces moments-là, j'essaie vraiment de me ramener au présent, d'être sur des petites actions que je fais, genre pose ton pied là, vas-y, accroche-toi, monte. Et tu vois, aller vraiment sur des pensées hyper au présent, des phrases très courtes. Et ça, ça m'aide vraiment à me réancrer ou être concentrée aussi sur les sensations, tu vois, genre sans le sol sous tes pieds. L'idée, c'est vraiment de revenir dans le présent. Être dans le futur, qu'il soit négatif ou positif, c'est très dérangeant, je trouve.
- Speaker #0
dans le mouvement ok c'est souvent en plus là il y a la coupe du monde en ce moment ça me fait juste penser à ça mais souvent au foot tu vois quand tu commences à Pensez à la fin du match, pensant que tu as gagné, c'est souvent là que ça bascule dans le mauvais sens.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
En trail, c'est un peu ça l'idée, c'est de te dire, ne te projette pas trop dans le futur, reste vraiment dans l'instant présent.
- Speaker #1
Parce qu'en fait, le futur, il ne te sert à rien. Le futur, il sera positif si ton action au présent est bonne. Donc en fait, il faut vraiment être sur l'action au présent et qu'elle soit la plus efficace possible.
- Speaker #0
Mais du coup, tu inventes tes phrases sur le moment ou c'est en fonction de l'action ou tu te prépares des trucs ?
- Speaker #1
Je pense que ça peut se préparer. Si je devais préparer un truc, ce serait plutôt ça pour les courses. de comment je ramène mon attention et sur quoi je me focalise pour revenir dans le présent. Mais globalement, là, je n'ai pas spécialement préparé.
- Speaker #0
Ok, c'était un impro, quoi.
- Speaker #1
Ouais, l'habitude aussi, en fait, aussi. Vraiment, je pense qu'en fait, on y passe des heures en montagne.
- Speaker #0
Tu t'entraînes combien de temps par semaine ?
- Speaker #1
Entre 10 et 15 heures, à peu près. Ce qui est pas mal, mais en vrai... Fin. En fait je suis un peu dans cet entre-deux C'est beaucoup pour un amateur C'est même énorme pour un amateur Mais c'est très peu pour un athlète élite Tu vois moi les athlètes que j'accompagne Des fois ils me parlent de leur semaine Ils sont à 20h Et 20h c'est normal en fait quand c'est ton métier Donc c'est un peu l'entre-deux C'est pour ça que je suis contente d'arriver quand même à performer Avec ce volume horaire là Mais surtout j'adore Ouais c'est ça en fait c'est ça C'est que tu prends du plaisir surtout Ouais après le boulot tu vois Moi j'ai envie d'aller avec mes potes courir Genre j'ai pas Même si j'avais le choix S'il n'y avait pas de course, j'irais quand même avec mes potes courir.
- Speaker #0
Oui, ça serait quand même ton sport.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Je sais que ce n'est pas du tout le projet, mais imaginons que demain, tu bascules full trail. Est-ce que tu penses que tu pourrais passer encore un palier ?
- Speaker #1
Ah oui ?
- Speaker #0
Ouais, ok.
- Speaker #1
Bah ouais, enfin, il y a plein de curseurs là que je n'ai pas du tout optimisé. Je ne fais pas de musculation, je ne fais pas de PPG.
- Speaker #0
C'est vraiment très le plaisir, quoi. Presque.
- Speaker #1
Bah moi, je fais beaucoup d'art, tu vois. Mais oui, oui, non, mais tu as raison. Enfin, vraiment, il y a plein de curseurs pour lesquels je n'ai pas encore touché. Donc, j'y pense un peu, tu vois, à comment je pourrais me le rajouter, ça. Mais il faut que ça reste cohérent avec ma charge de travail et que je puisse quand même bosser à côté, quoi.
- Speaker #0
Bah, c'est ça, quoi. En fait, toi, ce que je vois aussi, c'est que tu n'as pas le temps de... d'optimisation, de récup et tout parce qu'à l'hôpital tu bouges beaucoup aussi ça joue aussi sur la fatigue ouais carrément c'est impressionnant par rapport à d'autres athlètes où ils peuvent faire de la récup,
- Speaker #1
des bains froids dormir quand je suis en stage moi j'hallucine tu vois comment il faut je vois que moi comment mon corps réagit et en fait tu peux s'entraîner tellement deux entraînements par jour ça passe si tu fais ton premier entraînement le matin tu manges, tu fais une... bonne sieste et tu repars le soir et t'es bien et ça j'ai pu l'expérimenter en trail que tu vois à l'hosto déjà t'as une charge physique parce que tu piétines un peu, tu marches un peu dans, enfin je marche un peu partout dans l'hôpital et puis surtout t'as la charge mentale moi c'est elle qui m'embête le plus et je la sens des fois tu vois le soir quand j'arrive à l'entraînement je sens vraiment que je suis fatiguée parce que je passe ma journée à prendre des décisions faut choisir les traitements des patients leur orientation, enfin tu vois il y a plein de trucs à penser, c'est quand même des grosses responsabilités qu'on a et du coup Il y a certaines fois à l'entraînement où je sens que c'est vraiment sur la charge mentale que je suis fatiguée. Et d'ailleurs, dans ces moments-là, je me rends compte que quand je me mets à courir, au début déjà j'ai pas envie d'aller m'entraîner, je suis fatiguée. Ah c'est ça aussi ? Ah ouais, plein de fois. Oula !
- Speaker #0
On va en parler, comment on peut se soumettre.
- Speaker #1
Et je sens, quand c'est que de la fatigue mentale, je sens que quand je me mets à courir, l'énergie elle revient. C'est un bon indicateur je pense.
- Speaker #0
Et la fin d'entraînement ça va beaucoup mieux ?
- Speaker #1
Oui. La science elle passe.
- Speaker #0
Donc ouais parce que ce truc de flemme, je vais me livrer un peu mais moi j'ai fait le marathon Stockholm il y a un an du coup, au juin 2025. Bravo,
- Speaker #1
c'était ton premier ?
- Speaker #0
Non c'était mon sixième.
- Speaker #1
Oh wow, ok.
- Speaker #0
A chaque fois après un marathon j'ai un peu ce truc. de trucs, j'arrive plus à m'y remettre. Ça fait un an que je végète littéralement. Et donc, pareil, c'est que la boîte et tout, beaucoup de boulot et flemme d'aller courir. Comment je peux faire un petit déclic pour me pousser à sortir ? Parce que toi, j'ai l'impression que tu le fais naturellement.
- Speaker #1
Moi, t'inquiète la flemme, mais je connais si fort. Je cherche des hacks pour pas me laisser le choix. Par exemple, maintenant, ce que je fais, c'est que je prends mes affaires de sport. Je vais à l'hôpital le matin. J'ai mes affaires de sport dans le sac. et je ne passe pas par chez moi. Tu vois, en fait, l'idée, c'est vraiment de trouver des hacks pour que quand il n'y a pas de motivation, tu le fasses quand même. Par exemple, aussi courir en groupe. En fait, c'est un hack de fou, ça, on ne se rend pas compte. Mais une fois que les séances que j'arrive à passer, dans mes états de fatigue, mais toute seule, je n'en fais pas le tiers, vraiment. Je ne vais jamais descendre si tu es pareil. Mais en fait, une fois que tu es dans le groupe, ça te décharge de la motivation. Donc moi, je pense que l'idée, c'est justement pas de se forcer à se motiver, c'est de créer l'environnement avec le moins de friction possible pour pouvoir y aller, tu vois. Donc vraiment, inclure ton sport dans tes trajets, par exemple. Tu vois, mettons, je ne sais pas où tu bosses et tu dois aller après je ne sais pas où. Tu prends tes affaires de sport, tu t'arrêtes à la salle de sport. Tu vois, l'idée vraiment, c'est d'inclure pour que justement, tu n'aies pas besoin de motivation. Parce qu'il y a plein de jours où tu n'en auras pas.
- Speaker #0
Oui, que tu ne passes pas par la case canapé où tu dis je me pose 5 minutes et en fait, tu n'auras... Ah oui, oui. Ok, je vois. Ok. Non, mais c'est clair. Ça va rentrer, ça.
- Speaker #1
Parce qu'en fait, il y a plusieurs choses. Il y a une théorie sur la motivation qui est hyper intéressante. C'est que la motivation, c'est une équation très simple. Merci. le coût que tu as à démarrer l'activité, le coût psychologique, machin. L'autre composante, c'est la difficulté à continuer l'action quand tu la fais. Et à la fin, tu as la récompense. Et en gros, tu peux jouer sur ces trois composantes. Donc, la difficulté pendant l'action, ça, tu ne peux pas jouer dessus vu que tu fais l'entraînement, donc c'est dur. Par contre, tu peux réduire le coût d'entrée, la friction à l'entrée, en le sens de rendre ça hyper facile, rendre ça sur ton trajet, rendre ça sur ton lieu de travail, ou tu peux augmenter la récompense. Être avec des potes, le faire en musique, le faire en écoutant un podcast. Du coup, il faut un peu jouer sur ces curseurs-là.
- Speaker #0
C'est ce que tu dis, c'est vraiment réduire les frictions.
- Speaker #1
Oui, réduire les frictions au max, augmenter les récompenses le plus possible.
- Speaker #0
J'avais déjà entendu que certains préparaient leur basket ou leur tenue le matin, visible à la sortie du lit pour que tu te motives.
- Speaker #1
Oui, ça marche.
- Speaker #0
Ça fait partie des trucs.
- Speaker #1
Carrément.
- Speaker #0
OK. Si on veut progresser en trail, comment on peut faire, autant sur le plan physique que mental ?
- Speaker #1
Moi je dirais déjà commencer par le physique.
- Speaker #0
Ça reste la base.
- Speaker #1
Non mais la vérité, je pense qu'il y a plein de fois où tu vois, par exemple, il y a des gens qui essayent d'optimiser la nutrition alors qu'ils ne s'entraînent pas tant que ça. Ou tu vois, c'est quand même si tu optimises ton mental alors que tu n'es pas si entraîné, bah déjà commence par l'entraîner le physique. Je suis d'accord. Comme en progression trial, bah déjà on y passe un peu plus de temps.
- Speaker #0
J'ai l'impression que tu as dit un truc très juste sur la nutrition, des gens qui essaient d'optimiser, tu sais, les gels, les trucs.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Enfin ouais, alors que faire du gel, t'as peut-être un entraînement. Mais 100%,
- Speaker #1
ouais. Mais tu vois, ça vient un peu... C'est un peu les gains marginaux, mais en fait, les gains marginaux, ils sont intéressants quand tu as déjà un gros volume et qu'il faut que tu ailles gagner des millimètres. Mais gagner des millimètres alors que tu as un tout petit niveau, ça ne sert à rien. Il faut juste faire monter ce niveau-là. Et je dirais que pour progresser en trail, il faut passer du temps dehors, mais pas nécessairement de courir. Tu vois, je pense que même si tu fais de la rando, du vélo, faire des sports d'endurance, ça te fait déjà beaucoup progresser. Juste augmenter ta capacité à aérobie. Et après, progresser en trail, c'est une chose. mais je trouve que le plus beau là-dedans c'est qu'en fait Ça te permet d'être en bonne santé, genre vraiment, sur le risque cardiovasculaire, sur la sédentarité, je trouve que c'est une activité qui...
- Speaker #0
Sur le renfort, tu te renforces naturellement en fait.
- Speaker #1
Carrément, tu te renforces naturellement dans les montées. Donc, je ne vais plus sur le côté sport santé, mais c'est hyper intéressant aussi, c'est que ça s'y prête bien le travail, je trouve.
- Speaker #0
Je pense que beaucoup de personnes se mettent des pressions sur des classements, des chronos et tout. Mais si déjà, tu es heureux de faire cette pratique, c'est plus important.
- Speaker #1
En tout cas, moi, je mettrais vraiment l'accent sur les sports croisés. Parce qu'on se blesse beaucoup en course à pied. C'est beaucoup de chocs quand on n'a pas l'habitude. C'est difficile pour moi. Vélo, natation, les sports croisés. Toi, tu fais beaucoup de vélo, j'ai vu. Je fais plein de vélo. J'adore le vélo. Ça,
- Speaker #0
c'est un sport complémentaire avec le trail à 100%.
- Speaker #1
Et sans les chocs.
- Speaker #0
et avec les paysages de fou parce que tu peux aller super loin super vite t'es bien placée aussi à Grenoble c'est vrai après y'a pas d'excuses on peut en faire partout c'est quoi ton calendrier de course qui arrive jusqu'à la fin de l'année ?
- Speaker #1
et ben je vais continuer dans l'inconfort, enfin cette année pour moi j'ai choisi que des trials inconfortables parce que moi je viens du court et j'aime quand c'est plat du coup j'ai choisi plus long et plus engagé donc voilà c'était la maxi-réalisme la première course, la prochaine ce sera à Monterosa UTMB, donc un trail de 42 km avec 3000 m de dénivelé assez alpin en plus c'est pas que j'aime pas c'est juste que je suis pas forte là-dedans mais j'ai vraiment envie de sortir de ma zone de confort cet été et dans la continuité de celui-là je vais faire le parcours des crêtes de l'échappée Belle un 60 km dans Belle Donne c'est juste à côté de Grenoble et là aussi c'est hyper caillou ça j'ai un copain qui voulait qu'on la fasse trop marrant apparemment c'est sublime Merci. j'ai des copains qui m'ont dit que c'était un calme mais elle est très très dure je crois on se reparlera après on va faire un feedback donc ça c'est deux courses et t'en as pas d'autres peut-être Cap Town avec Adidas en
- Speaker #0
fin d'année j'aimerais bien finir par un 35 km 35 ok et ensuite l'année prochaine t'as déjà un plan où tu fais un peu toi chaque trimestre on verra mais il y a quand même
- Speaker #1
J'ai un peu en tête une des finales de l'UTMB, l'OCCI, que je n'ai encore jamais fait. Moi, je n'ai encore jamais couru. Je ne suis encore jamais passée sous l'arche là-bas à Cham. Donc, j'aimerais bien essayer. Mais tu vois, j'ai hésité à essayer de me lancer pour cette année. Mais j'ai encore envie de me laisser du temps, de progresser, vraiment monter. C'est pour ça que je fais des trails très alpins cet été. Et un peu dans l'idée, c'est qu'après, regagner en vitesse sur l'hiver et aller vers une OCCI peut-être l'été prochain, si ça veut, si tout est ouvert.
- Speaker #0
Trop bien. Merci Annalise pour conclure l'épisode. Je pose deux questions. La première, c'est qui est-ce qui t'inspire ? Et la deuxième, c'était de quoi rêves-tu pour l'avenir ? Je crois qu'on l'a un peu couvert. Tu peux répondre aux deux quand même.
- Speaker #1
Alors, qui est-ce qui m'inspire ? J'ai plein de gens en tête. Mais je vais partir vraiment sur le volet psy. Un gars qui s'appelle Albert Mukeber. C'est un vulgarisateur scientifique. Il est neuroscientifique. Je trouve que ce type est exceptionnel. Il a une façon d'apporter la science au monde qui est sublime. Il le fait avec un naturel, un espèce de truc un peu flégmatique. J'adore. Pour moi, c'est le vulgarisateur. Ce n'est même pas un vulgarisateur parce qu'il ne vulgarise pas tant que ça, mais il est hyper précis, il rend des concepts compliqués hyper préhensibles. J'adore ce mec.
- Speaker #0
Je vais essayer de l'inviter.
- Speaker #1
Franchement, si t'arrives à l'inviter, mais banger !
- Speaker #0
Je t'inviterai en même temps, comme ça.
- Speaker #1
Ah non, je serais ravie de le rencontrer !
- Speaker #0
Trop bien. Et deuxième question, du coup, de quoi rêves-tu ? C'est peut-être global, dans ta vie.
- Speaker #1
Qu'est-ce que je rêve ?
- Speaker #0
C'est peut-être sport ou pas sport, ça peut être dans ta vie pro aussi.
- Speaker #1
Ouais, moi, ce serait vraiment de faire partie des références dans la société mentale, dans le sport. Ça, c'est mon rêve.
- Speaker #0
On arrête là-dessus. Merci Anaïs.
- Speaker #1
Merci à toi. A bientôt.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Pensez à vous abonner sur Spotify ou Apple Podcast. C'est vraiment le meilleur moyen de me soutenir. Et je vous dis à bientôt sur Objectif Mental. Ciao.