Speaker #0Cette adrénaline, je la ressens à nouveau avant même de sauter. D'ailleurs, c'est un des paramètres qui est vraiment intéressant. Toutes ces sensations-là finissent par s'estomper jusqu'au moment où ça devient aussi normal que de marcher de ta cuisine à ton salon. Je choisis de porter mon attention sur ce qui est utile. Et donc, au lieu de chercher à ne rien ressentir avant de s'élancer, le game consiste à s'élancer même si tu ressens ce que tu ressens. Dans la vie, certaines personnes se dépassent pendant que d'autres se font dépasser. Bienvenue sur Obsession Progression, le podcast des compétiteurs qui sont obsessifs de l'amélioration. Je m'appelle Nathan Delacoste, je suis préparateur mental spécialisé dans les sports extrêmes. J'accompagne surtout des athlètes internationaux comme les skieurs et snowboardeurs en équipe de France. Dans ce podcast, je partage les coulisses des séances et des prises de conscience avec l'intention d'amener votre mental au plus haut niveau en entraînant l'humain derrière la machine. Pour cette quête de performance, je vous parle à la fois mindset, cohésion, discours avant le match, résilience et gestion des émotions. Prenez une bonne dose d'inspiration à chaque épisode. Ils sont rendus possibles par Ready to Rock. Comment sortir de sa zone de confort dans les sports extrêmes et dans la vie ? Comment oser faire ce qui fait peur, même quand cette peur est viscérale, elle te tord le ventre ? elle te donne envie de ne pas y aller. C'est ce qu'on va aborder dans cet épisode. Et même si parmi vous, il y en a qui m'écoutent et qui font du basket, ce qui n'est pas forcément un sport extrême dans lequel on vit des sensations d'adrénaline, bien que dans le money time, il puisse y avoir des sensations absolument extraordinaires quand il reste quelques secondes et que ça se joue à l'enciffrant, etc. Ce n'est pas la même chose que dans un sport qui serait terrifiant, mettons pour moi le vélo de descente ou le snowboard freestyle. Mais je suis assez certain que ce que je vais vous partager aujourd'hui, ça peut vous aider soit vous-même dans ces disciplines-là, soit pour les athlètes que vous accompagnez. Et je voudrais prendre l'exemple de ce que j'ai vécu hier en allant à l'entraînement au snowpark en snowboard. Donc hier, j'étais tout seul et mon intention à l'échauffement le matin quand j'étais chez moi, mon intention c'était d'aller sauter la plus grosse table au snowpark, le plus gros saut, le saut XXL. je m'échauffe dans mon appartement, je mets ma planche à Val Thorens, je chausse et j'y vais. Sauf que dès que je commence à aller vers mon objectif, il y a des choses qui viennent se mettre en travers du chemin. Et j'aimerais que tu fasses vraiment attention à ça parce que tu verras à quel point ce sur quoi on porte notre attention détermine notre comportement à travers l'influence que ça va avoir sur nos émotions et nos décisions. Et donc, je me rapproche du snowpark, d'abord je vais m'échauffer, je fais différentes pistes, hors-piste, etc. Et là, je me dis, je vais aller au snowpark. En arrivant au snowpark, je remarque que malgré que je me sois échauffé dans l'appartement et que je me sois échauffé sur le terrain, j'ai super froid. Ce jour-là, il fait, je crois, moins 17. Et hier, à moins 17, j'ai les doigts de pied qui sont complètement congelés. Et quand je suis sur le téleski pour remonter au sommet du snowpark et aller vers la grosse bosse, je commence à me dire, ah mais regarde, aujourd'hui, il fait froid, tes muscles ne sont pas vraiment chauds. En plus, tu as un contrôle au niveau des pieds qui n'est pas dingue parce que quand tes pieds sont complètement gelés, le contrôle n'est pas fou. Et j'arrive en haut du snowpark, je vois la bosse et je me dis « Ah, aujourd'hui, c'est peut-être pas le bon jour, peut-être que tu ferais mieux d'attendre demain, etc. » Et pour rappel, c'est seulement la deuxième fois de la saison que je m'apprête à sauter la plus grosse bosse du snowpark, ce qui pour moi est un challenge. Et la dernière fois, c'était il y a deux ou trois jours, et là donc hier, j'y retourne. Et quand je suis en haut, je fais une pause avec mon mental, puisque comme vous le savez, à ce stade du podcast, j'espère, la métaconnition chez l'être humain, c'est vraiment une compétence importante. c'est-à-dire que Comment est-ce qu'on est capable de penser à propos de nos propres pensées ? À quel point on est capable de prendre du recul et de voir ce qu'il est en train de se passer, sans être dans ce qui est en train de se passer, mais de prendre de la distance avec ça ? Et donc moi, à ce moment-là, je suis en haut de la bosse, je prends de la distance avec ça et je me dis « Attends, il y a deux jours, t'as sauté cette bosse, t'as fait cinq passages, t'avais super peur, et au fur et à mesure des passages, c'est devenu de mieux en mieux. » Il faisait beau, aujourd'hui il fait beau aussi. Certes, aujourd'hui il fait moins 17, donc la neige doit être un peu plus dure, mais ça ne change pas grand-chose puisque la dernière fois, tu as plaqué le seau sur tes pieds. Et donc, tu peux estimer que tu plaqueras à nouveau sur tes pieds. Et en fait, je commence à me raconter une toute autre histoire et à porter mon attention sur les éléments qui m'encouragent à le faire, alors que quelques instants avant, je portais mon attention sur les éléments qui ne m'encouragent pas à le faire. Et pourquoi j'insiste sur ce truc de peur ? Parce que... J'ai presque honte de dire ça, mais après tout, les cinq sauts que j'avais fait sur ce kicker quelques jours auparavant m'avaient mis des décharges d'adrénaline de dingue. D'ailleurs, en une heure, j'avais été extrêmement fatigué parce que c'était tellement d'adrénaline pour moi de prendre la vitesse qu'il fallait pour aller sur ce saut-là et en l'air de ressentir la décharge de... Je ne sais pas si vous avez entendu ce que des fois mon micro coupe les bruits de respiration, mais imaginez cette sensation en l'air, quand tu as une sensation un peu de perdre le contrôle, et que tu fais quelque chose d'extrême. Ceux qui m'écoutent et qui ont l'habitude de faire des sports extrêmes voient exactement de quoi je parle. Et donc, cette adrénaline, hier quand je retourne sur le terrain, je la ressens à nouveau avant même de sauter. D'ailleurs, c'est un des paramètres qui est vraiment intéressant dans la peur, non pas l'anxiété, par exemple, pré-compétitive. ce que tu peux ressentir plusieurs jours avant une compétition importante, mais la vraie peur que tu as sur le terrain juste avant l'instant important, celle-ci pour moi, à ce moment-là et à l'entraînement précédent, elle se compose de « je suis en haut de la prise d'élan, je regarde le tremplin, je suis sur la car et j'ai le cœur qui commence à battre beaucoup plus fort alors que je suis absolument immobile. J'ai la respiration qui commence à s'accélérer et presque même à devenir bruyante. » et que je perçois en pleine conscience, en mode « Ah ouais, là je suis en train d'inspirer fort » , alors que je suis immobile, en train d'attendre au départ de la prise d'élan. Et ça, je le ressens à nouveau hier matin, surtout quand je suis au départ de la prise d'élan, et qu'il n'y a personne d'autre autour de moi, que je suis le seul à vouloir sauter ce kicker-là ce jour-là, et que je n'ai personne pour me montrer la prise d'élan, puisque pour ceux qui ne le savent pas, la qualité de la neige change tous les jours, et donc ça fait que tu as plus ou moins la bonne vitesse pour sauter sur le saut. Si tu vas trop lentement au moment où tu arrives sur le saut, tu te fais mal. Si tu vas trop vite, si tu sautes trop loin, tu atterris sur le plat, tu te fais mal aussi. Et donc, je pouvais avoir ce côté dans lequel je vais porter mon attention sur toutes les raisons de ne pas y aller. Et j'ai décidé volontairement de changer ça et d'avoir cette méconnition de « En fait, non, ça ne me va pas de penser comme ça, je veux penser autrement. » Et ce que je veux vous dire, c'est qu'en ayant fait ça, ça m'a permis, ce jour-là, de sauter non pas une fois, deux fois, trois fois, quatre fois, mais de sauter plein de fois, jusqu'à huit fois en fait. avant que j'ai plus le temps et qu'il faille retourner travailler à mon bureau, de sauter huit fois. Et ce qui était marrant d'ailleurs, c'est que les premières fois que je sautais, donc je faisais un saut droit et au début, je voulais ne pas y aller. Hop, j'ai changé mes pensées, je me suis mis à y aller. Et au final, dans cette séance, j'ai même sauté avec plus de vitesse. J'ai pris le tremplin et je suis arrivé plus loin parce que j'ai fait une prise d'élan dans laquelle j'accumulais plus de vitesse sans freiner. Et donc cette séance qu'au début je ne voulais pas faire, non seulement j'ai fait une bonne séance, c'est-à-dire qu'au fur et à mesure des sauts, je me suis habitué de plus en plus à la vitesse et à la sensation, jusqu'au moment où, je reparlerai tout à l'heure, il y a une forme de sérénité qui s'installe, et j'ai même été au-delà de ça en décidant de prendre plus de vitesse et de ne pas freiner. Et pourquoi au final est-ce que je vous raconte tout ça ? Parce que j'ai observé un mécanisme avec la peur qui est super intéressant. C'est que comme je te le disais, quand tu arrives au départ, tu as le ventre qui se serre, la respiration qui s'accélère, le cœur aussi, alors que tu es complètement immobile. Mais au fur et à mesure des répétitions, ce qui au début semblait extraordinaire, parce que oui, je crois que ces sensations d'adrénaline, de cœur qui s'accélère alors qu'il n'y a pas de raison d'un point de vue de l'activité physiologique, en tout cas, tu n'es pas en train de soulever de la fonte ou de courir vite, tu vois. Toutes ces sensations-là finissent par s'estomper passage après passage. C'est comme un processus d'habituation. Et je crois que c'est quelque chose dont on a profondément besoin de se souvenir, qu'on soit sportif, sportif de haut niveau ou même entrepreneur. C'est que les choses qui font peur au début, une fois qu'on les a exécutées suffisamment de fois, elles ne font plus peur. Et je crois que c'est un des plus gros apprentissages que j'ai dans les sports extrêmes et qui est transférable à d'autres domaines de vie. C'est que ce qui semble au début impossible tellement c'est effrayant, et tu peux le sentir dans ton corps. Ce n'est pas juste une croyance, c'est... Ton corps te dit que c'est impossible de faire ça. Si tu oses y aller et que tu fais plusieurs passages, avec succès évidemment, ces sensations s'estombent petit à petit jusqu'au moment où ça devient aussi normal que de marcher chez toi, de ta cuisine à ton salon. Ce que je veux dire par là, c'est qu'aujourd'hui, si je dois descendre une piste bleue tout droit avec mon snowboard, ça ne me fait pas d'effet. Ce n'est pas plus difficile pour moi que de marcher. de mon canapé à la porte de chez moi. Par contre, et c'est assez drôle, prendre la même piste bleue tout droit pour arriver sur le tremplin, le fait qu'il y ait un tremplin juste derrière, ça augmente considérablement la peur. Alors, quels sont les apprentissages de cet épisode ? Eh bien d'abord, commence par... faire de la métacognition, c'est-à-dire j'ai mes pensées qui sont là, mais je suis capable de prendre du recul et de ne pas forcément être d'accord avec elles, et d'observer, tiens, mais qu'est-ce qui fait que je me dis ça ? Pourquoi je me dis ça ? Est-ce que je ne pourrais pas me dire autre chose à la place ? Première étape, métacognition. Deuxième étape, je choisis de porter mon attention sur ce qui est utile. sur ce qui va m'aider à atteindre ce que je veux. Puisque bien sûr, si on ne veut pas sortir aujourd'hui, on trouvera toujours des raisons de ne pas sortir. Je veux dire, l'été, s'il fait beau, tu te dis « Ah non, il fait trop chaud, il ne faut pas sortir maintenant, je vais être fatigué, je vais transpirer, je vais sentir mauvais. » Et l'été, le jour où il ne fait pas beau, « Ah non, mais là, ça ne donne pas vraiment envie de sortir, en plus, il risque de pleuvoir, etc. » En fait, à tout moment, peu importe les conditions, on peut porter son attention sur quelque chose qui nous éloigne du fait de le faire. Et donc, de la même manière, Mon étape 2, c'est que je peux décider à tout moment de porter mon attention sur les choses qui m'encouragent à oser le faire. Et puis, la troisième étape pour se dépasser en sport extrême et dans la vie, c'est de remarquer à quel point les choses qui sont effrayantes au début, et même effrayantes d'un point de vue physiologique, c'est-à-dire que tu as la décharge d'adrénaline en toi, tu as cette respiration qui change, le cœur qui bat super fort et tu peux le sentir dans ta poitrine, tout ça, ça s'apaise à force de faire des répétitions. Que demain tu ailles... faire un saut en vélo de descente pour la première fois comme moi c'était cet été ou bien donner une conférence devant une centaine de personnes pour la première fois quand tu l'auras fait suffisamment de fois ça va s'apaiser et donc au lieu de chercher à ne rien ressentir avant de s'élancer le game consiste à s'élancer même si tu ressens ce que tu ressens je répète attention au lieu de ne rien ressentir au moment où tu t'élances Tu veux t'élancer même si tu ressens ce que tu ressens. Et évidemment, pour terminer cet épisode, ça me semble important de parler d'un sujet qui est Nathan, à quel moment est-ce que c'est trop ? À quel moment est-ce qu'on se lance en étant terrifié alors qu'en fait, on ne devrait pas parce qu'on n'a pas le niveau de le faire ou que le risque est trop grand ? Et ça, franchement, c'est peut-être une des questions les plus difficiles du sport extrême que personnellement, je commence à résoudre, mais je ne peux pas dire que je l'ai complètement résolu. Selon moi, ça va être basé sur une analyse plutôt logique. des performances que j'ai été capable de faire dans le passé. C'est-à-dire que là, ce tremplin qui me terrifiait, en fait, dans le passé, par exemple trois jours avant, j'ai déjà été capable de le sauter. Et puis, ce même tremplin trois jours avant, du coup, je ne l'avais jamais sauté avant, je me suis souvenu d'expériences similaires que j'avais eues. Par exemple, je me suis dit, tu as déjà été capable de faire cette prise d'élan à cette vitesse-là, sans problème, sans que la planche tremble, sans perdre ton équilibre, en étant bien placé sur la jambe avant, etc. Donc je vais me rattacher à l'expérience la plus proche que je peux avoir. Et d'ailleurs, j'avais fait le saut où au lieu de prendre le tremplin, je passe juste à côté du tremplin. Ça permet de ressentir exactement les effets de la même prise d'élan sans avoir au final un tel saut qui est provoqué. Et si je n'avais pas eu ça parce que je n'avais pas fait des tremplins aussi gros auparavant, j'aurais pu me baser sur le fait que quand je fais un tremplin un peu plus petit, avec cette vitesse, j'arrive à sauter dans de bonnes conditions. Par exemple, quand j'avais peur de faire le frontflip en snowboard, notamment parce que je m'étais luxé l'épaule, pour rappel, en faisant le frontflip en snowboard. Ensuite, quand j'ai voulu m'y remettre après mes luxations de l'épaule, j'avais peur d'y retourner. Sauf que je me connectais au fait qu'en trampoline, je réussissais 99% des saltos costals que je faisais, ce qui ressemble au frontflip tame dog en snowboard. C'est exactement le même mouvement avec une planche au pied, en fait. Par conséquent, voilà, je porte mon attention sur ce que j'ai réussi de similaire. Et franchement, si t'as rien réussi de similaire ou d'assez proche, ça veut peut-être dire que cette peur, elle est trop grande et que pour l'instant, il faut pas y aller. Je crois qu'on a tous un curseur en nous de à quel moment est-ce qu'on sait que ce truc est suffisamment difficile pour être terrifiant, provoquer cette sensation d'adrénaline, mais en même temps suffisamment à notre portée pour que même si on décide de dépasser cette peur, on puisse oser y aller. Et puis, je sais pas ce que tu feras de ça, mais moi j'ai une autre façon de le gérer. qui est que sur les choses qui ne sont pas du tout à ma portée, en fait, je n'arrive même pas à en avoir vraiment peur parce que je n'arrive pas à m'imaginer les faire. Par exemple, si en vélo de descente, je devais m'imaginer faire un salto arrière avec le vélo, en fait, je crois que je n'en aurais même pas peur parce que je vois à quel point, mais ce n'est pas du tout à mon niveau. Et de la même manière, en snowboard, il y a certaines barrocheuses ou certaines figures que quand je suis au départ, je n'arrive même pas à avoir peur. de m'imaginer les faire parce qu'en fait ça me semble tellement ridicule que c'est sûr que je vais pas faire ce truc là et qu'il me manque des choses et donc en général cette sensation de je suis terrifié, j'ai le ventre serré la respiration qui s'accélère, le coeur qui bat je vais la voir quand je suis sur des challenges qui sont à un niveau qui est proche de moi mais suffisamment difficile pour que ça me mette dans cet état là. Et pour terminer puisque chez Obsession Progression les épisodes ne sont jamais terminés avant d'être terminés, ce que j'ai remarqué à force de coacher des sportifs du plus haut niveau international en sport extrême qui d'ailleurs des fois ne font pas de la compétition, mais font, je pense à Victor Delorue par exemple, qui fait des sports de montagne, des films en montagne, pardon. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, en sport extrême, le fait d'avoir ce sentiment de peur est tout à fait autorisé, mais en plus d'être autorisé, il est recherché. C'est-à-dire que quand je vous disais tout à l'heure, plus tu fais des répétitions, plus la sérénité s'installe, ça veut aussi dire, tu vois, l'extrême niveau de la sérénité, c'est l'ennui en fait. Et c'est pour ça que même si le snowboard, la première semaine que t'en fais, c'est incroyable de réussir à faire des pistes bleues, la sensation elle est ouf. À un certain stade, quand tu deviens bon, t'en as marre de juste faire des virages sur les pistes bleues et tu t'ennuies profondément parce qu'il n'y a plus le thrill, il n'y a plus l'excitation de le faire. Et c'est ça qui nous pousse, je crois, à toujours aller chercher le défi d'après, à faire quelque chose qui fait un peu plus peur, à prendre un peu plus de risques, à aller se mettre un peu plus en difficulté, parce que ça va recréer le sentiment d'être vivant, ce sentiment d'excitation, cette envie de le faire. Et c'est aussi quelque chose qu'à titre personnel, je retrouve dans l'entreprenariat. Quand j'ai fait plein de fois le même projet, donc si j'ai accompagné trop de gens sur le même type de problème, ou bien si j'ai donné trop de fois la même conférence, ou bien comme je l'ai eu quand j'étais moniteur de snowboard, de banque. J'ai donné des centaines de fois un cours débutant à quelqu'un qui n'avait jamais touché un snowboard de sa vie. J'ai eu des centaines de personnes comme ça qui découvraient le snowboard. Au bout d'un moment, je tombe dans l'ennui. Et ça me ferait peur demain de donner un cours au champion du monde. D'ailleurs, ce que je fais, comme j'accompagne Victor Delorue, même si je n'ai pas vraiment des cours en snowboard, ça m'a fait peur quand j'ai commencé à travailler avec lui comme préparateur mental. Parce que je me disais, moi j'ai le niveau d'aider... Des débutants qui ont peur de la piste verte en snowboard à se sentir mieux, mais est-ce que j'ai le niveau d'aider le champion du monde de snowboard 2019 à se sentir mieux en compétition ? Ça, c'était plutôt quelque chose qui me terrifiait. Sauf qu'à force de le faire, ça devient complètement serein. Et donc, on va chercher d'autres défis, et je crois que c'est ça qui nous pousse à aller sans cesse plus loin. Alors, souviens-toi, non seulement c'est OK d'y aller quand tu as des sensations corporelles qui disent « Ouh là là, c'est peut-être pas une très bonne idée d'y aller » , Mais en plus... c'est le fait d'enchaîner les passages qui va te permettre de faire que ça s'apaise. Et quand tu seras tellement apaisé, tu n'auras sans doute qu'une envie, c'est d'aller au niveau d'après. Sur ce, on est au tout début de l'année, au moment où j'enregistre cet épisode. Et donc, j'ai envie de te demander, c'est quoi le challenge de ton année auquel tu vas appliquer ça ? C'est quoi les choses qui te font peur, mais que tu es en même temps excité de faire ? Parce que tu vois, personne ne m'a forcé à aller au snowpark. J'avais envie d'aller m'entraîner au snowpark, de progresser en snowboard, de faire le plus gros saut. Toi, c'est quoi le truc sur lequel tu as envie d'avancer, que ce soit dans le sport ou dans la vie pro ? Et j'espère que cet épisode t'encourage à aller chercher ça. Je te dis à très vite sur OptiSport. On dit souvent que le mental, c'est 70% de la performance à haut niveau. Pourtant, rares sont ceux qui l'entraînent au moins de 10% du temps. En écoutant jusqu'ici, tu as donné à la dimension mentale un peu plus de la place qu'elle mérite chaque semaine. Bien joué ! Ma mission ambitieuse, c'est d'aider le monde du sport à se transformer en profondeur et je veux faire en sorte que plus aucun coach ne passe à côté de la psychologie de ses athlètes. C'est pour accomplir ça que je crée une tonne de vidéos sur YouTube et des épisodes comme celui que tu viens d'écouter. Alors, je ne vais pas te demander d'inscrire The Force, tes amis au podcast, et en même temps, si tu peux en parler à quelqu'un qui va l'adorer, quelqu'un à qui ça serait utile, ta recommandation, elle signifie beaucoup pour moi. Si chaque auditeur en parle juste à deux autres, l'année prochaine, on sera des milliers de fois plus nombreux avec l'obsession-progression. Salut !