Speaker #0L'influence que ça a sur l'athlète de douter est-ce qu'il est à la hauteur ou pas, ça va être énorme. Dans le discours interne de l'athlète, il va toujours y avoir cette question, il se lève le matin, il se pose cette question, il arrive à l'entraînement, il arrive au départ de la course, il se pose cette question. Est-ce que tu vois à quel point ce truc-là est infini ? Quels sont les avantages pour un athlète qui a peur de ne pas faire partie des meilleurs du monde ? Et oui, parce que qu'est-ce qui fait que depuis tout jeune, on fait les efforts pour devenir le meilleur ? Sauf qu'encore une fois, si ces questions, elles les aident dans le projet, peut-être que ces questions n'ont pas envie de partir. Dans la vie, certaines personnes se dépassent pendant que d'autres se font dépasser. Bienvenue sur Obsession Progression, le podcast des compétiteurs qui sont obsessifs de l'amélioration. Je m'appelle Nathan Delacoste, je suis préparateur mental spécialisé dans les sports extrêmes. J'accompagne surtout des athlètes internationaux comme les skieurs et snowboardeurs en équipe de France. Dans ce podcast, je partage les coulisses des séances et des prises de conscience avec l'intention d'un évocement mental au plus haut niveau en entraînant l'humain derrière la machine. Pour cette quête de performance, je vous parle à la fois mindset, cohésion de groupe, discours avant match, résilience et gestion des émotions. Prenez une bonne dose d'inspiration à chaque épisode, ils sont rendus possibles par Ready to Rock. Est-ce qu'il vaut mieux supprimer ces problèmes sur la dimension mentale ou apprendre à les gérer ? Bienvenue dans l'épisode 89 d'Obsession Progression, ça fait longtemps que je n'ai pas fait un épisode pour Obsession Progression. J'en fais beaucoup sur l'autre podcast que j'ai qui est réservé aux préparateurs mentaux. Et là, en ce moment, j'enchaîne les séances avec des athlètes de niveau international qui préparent leur qualification pour les Jeux Olympiques d'hiver à Milan. Et ça m'a donné très envie de faire cet épisode. Donc, c'est parti. Et avant d'aller plus loin, il faut que tu saches que nous, les préparateurs mentaux, en tout cas, j'ai une croyance, c'est qu'on adorerait que les athlètes viennent vers nous avec des problèmes et puis qu'on arrive toujours à les supprimer. Bah oui, parce que quand tu vas chez le mécanicien... Le mécanicien il se sent bon quand t'arrives avec ta panne et que tu repars sans la panne. Par exemple j'ai le moteur de ma voiture qui avait cassé, bon bah ça a pris trois mois mais quand la voiture qui ne roulait plus repart avec un moteur qui fonctionne à nouveau, ça fait du bien. Et même le mécanicien il est trop content. Et bien nous on aimerait bien pouvoir aider les athlètes à réparer les problèmes qu'ils ont, c'est-à-dire à virer les problèmes pour qu'ils puissent continuer plus sereinement. Sauf que ce que je m'aperçois avec un certain nombre d'athlètes que j'accompagne, même si mon ego n'aime pas... pas trop dire ça, c'est qu'il peut arriver que certains problèmes avec un grand nombre de séances voire même un certain nombre d'années d'accompagnement que certains problèmes soient encore présents. Et il y a une partie de moi qui se dit, bon bah Nathan tu travailles mal, t'accompagnes pas bien les athlètes s'ils ont toujours le problème c'est que t'as pas réussi à les aider. Et en fait il y a une autre partie qui croit que certains des problèmes qu'on a ne partiront pas. tant qu'on aura certains types d'objectifs, et notamment parce que certains de ces problèmes sont aussi la meilleure solution de l'athlète dans d'autres moments. Puisqu'évidemment, il n'existe pas de problème qui ne présente que des inconvénients, il y a toujours certains avantages à certains problèmes. Je te donne un exemple, et reste avec moi dans cet épisode parce que ça va être super important, dans la mesure où si on arrive à faire la différence entre les problèmes qu'on devrait supprimer et les problèmes qu'on devrait apprendre à gérer, tels qu'ils sont là avec leur présence, les problèmes finalement dont on devrait apprendre à faire avec en français, et bien ça fait une super différence, non seulement dans l'accompagnement, mais aussi dans la manière dont l'athlète se considère au quotidien. Donc allons-y. Si par exemple, le problème de l'athlète c'est j'ai pas confiance en moi, tant que je n'ai pas été sur le podium d'une coupe du monde, Je doute que je puisse faire partie des meilleurs mondiaux. Et donc, je me lève le matin avec ce doute, avec cette incertitude, avec ce « peut-être que je ne suis pas vraiment fait pour ça, peut-être que je ne suis pas bon, ça fait des années que je m'entraîne et que j'ai des difficultés à atteindre ce que je veux, peut-être que je n'y arriverai jamais » . Et j'ai vu comme ça beaucoup d'athlètes avoir cette croyance, cette façon de voir le monde qui est « il faut que j'aille vérifier, est-ce que je suis à la hauteur de mon rêve ou pas ? Il faut que j'aille vérifier si je peux vraiment faire partie des meilleurs du monde ou non » . Et d'ailleurs, c'est amusant parce que ce truc-là, on pourrait croire qu'une fois que tu commences à gagner des compétitions, il s'en va. Mais en fait, il se rajoute toujours au niveau d'après. C'est-à-dire que l'athlète que j'aide à dépasser ça, par exemple, au moment où il est au niveau des championnats de France, il fait une super performance au championnat de France. Il pourrait se dire, ça y est, maintenant, j'ai prouvé que je faisais partie des meilleurs. Mais d'un coup, il se retrouve au niveau européen. Et là, au niveau européen, je pense à un athlète d'ailleurs qui avait fait un podium sur les championnats. Normalement, ça devrait suffire à prouver qu'il peut faire partie des meilleurs du monde. Mais là, l'athlète va te répondre, « Ah non, mais ça, je l'ai accompli quand j'étais en junior, et donc je ne fais pas vraiment partie des meilleurs du monde. Pour faire partie des meilleurs maintenant, il faut que j'arrive à faire ça sur la Coupe du Monde. Et donc, par exemple, il faut que j'arrive dans les phases finales d'une Coupe du Monde. » Tu vois, ça va être son critère. Et si tant que je n'aurais pas atteint plusieurs fois les phases finales d'une Coupe du Monde, alors ça veut dire que je ne suis pas sûr d'avoir le niveau. je ne suis pas sûr de vraiment faire partie des meilleurs. Et donc, avec beaucoup d'entraînement, ces athlètes, devrais-je dire, parce qu'ils sont assez nombreux au final, finissent par arriver dans les finales de Coupe du Monde. Et là, ils vont dire, ah mais j'ai pas encore fait de podium, j'ai pas encore été champion du monde, donc je ne suis pas vraiment sûr de pouvoir faire partie des meilleurs. Et ils ont toujours cette question qui les obsède à propos de, est-ce que je fais partie des meilleurs du monde ou pas ? Parce que si je peux en faire partie, alors je peux en avoir confiance en moi. Si je peux en avoir confiance en moi, alors je peux bien rider. Et si je peux bien rider, alors je vais enfin atteindre ce que je veux. Et tu commences à voir le problème dans lequel on se trouve, qui est déjà que c'est une espèce de boucle infinie, parce que même l'athlète qui devient champion du monde n'est pas encore une légende. Admettons que tu gagnes un grand chelem en tennis, il y a déjà des légendes qui sont devant toi. Il y a Federer, il y a Nadal, il y a Djoko. Tu n'as pas encore gagné dix tournois du grand chelem. Donc, est-ce que tu peux vraiment faire partie des meilleurs du monde au tennis ? Est-ce que tu vois à quel point ce truc-là est infini ? Et surtout... Comme le jeune de 13 ans que j'avais accompagné ma première année de préparation mentale, je me souviens très bien, c'était en 2018 à Val Thorens, qui me dit « Nathan, je n'ai pas confiance en moi pour ce week-end. » Et je lui réponds « Tiens, mais de quoi tu aurais besoin pour avoir confiance en toi pour ce week-end ? » Et il m'avait dit « Il faudrait que je sois champion, parce que si j'avais déjà gagné, je pourrais avoir confiance en moi. » Ce à quoi je lui avais répondu « Est-ce que c'est parce que tu seras champion que tu auras de la confiance en toi, ou est-ce que c'est parce que tu as de la confiance en toi que tu pourras devenir champion ? » Tu vois, on tourne un peu sur ce domaine-là d'idées. Et donc, tout à l'heure, je te disais... Chacun des problèmes a aussi ses avantages. Quels sont les avantages pour un athlète qui a peur de ne pas faire partie des meilleurs du monde ? C'est qu'il risque de s'entraîner plus dur et plus souvent que les autres. Puisqu'évidemment, cette peur-là influence son comportement. Ça va l'amener peut-être en préparation physique, quand on fait l'entraînement à la maison, et que certains se disent « Ah non, je suis un peu fatigué, aujourd'hui je vais faire une série de moins. » Eh bien lui, il va faire une série de plus. Finalement, ce doute... va amener une forme de positif souvent dans les entraînements, puisque comme je ne suis pas sûr d'être meilleur que les autres, je vais moins me relâcher, je vais faire plus d'efforts. D'ailleurs, évidemment, à un certain stade, ça peut même être négatif, puisqu'un athlète qui s'entraîne trop, qui ne prend pas les récupérations qui seraient nécessaires, ça peut aussi être un inconvénient. Mais quand même, quel entraîneur ne rêve pas d'avoir un athlète qui s'entraîne dur et qui s'entraîne plus que les autres ? Eh bien, avoir un athlète qui cherche sans cesse à vérifier est-ce qu'il est à la hauteur ou non, est-ce qu'il peut faire partie des meilleurs, ça va amener tout un nombre de... d'atouts. Et évidemment, en tant que préparateur mental, vu que je vois les conséquences que ça a en compétition, parce qu'évidemment, au départ de la compétition, ou même pendant le run, l'influence que ça a sur l'athlète de douter est-ce qu'il est à la hauteur ou pas, ça va être énorme. Imagine si c'est en freestyle, l'athlète qui doute de ses figures, c'est difficile d'envoyer ses meilleures figures, c'est difficile de faire les choix des runs les plus engagés, alors que c'est ceux qui marqueraient le plus de points. Si c'est un athlète dans un sport comme le ski cross ou le snowboard cross, prendre la décision de doubler quelqu'un dans un virage fermé, c'est une décision qui demande de la confiance, c'est une décision qui demande de croire que tu es meilleur que l'autre et donc tu peux le doubler. Donc imagine si l'athlète doute du fait qu'il puisse être meilleur que les autres, toutes les conséquences que ça a. Raison pour laquelle, bien sûr, j'essaie d'aider les athlètes à se libérer de cette question. On pourrait même dire à dissoudre la question. Tu vois, pour moi, il y a un petit peu... Deux niveaux dans le coaching. Prenons un exemple. Si tu disais à ton coach, moi ce que je voudrais c'est gagner plus d'argent. Le coach de niveau 1, il t'aide à gagner plus d'argent. Il te dit, voici quelle formation tu pourrais aller faire pour développer tes compétences. Voici comment tu pourrais négocier ton salaire avec ton employeur. Voici comment tu pourrais investir en bourse pour gagner plus. Tu vois, le coach de niveau 1, il va t'aider à gagner plus d'argent. Le coach de niveau 2, il pourrait t'aider à te libérer de la volonté de vouloir plus d'argent. Par exemple, parce qu'il se rend compte que la raison pour laquelle tu veux plus d'argent, c'est pour prouver, je sais pas, à ton père que t'as été capable de réussir, alors que lui, il pensait que tu réussirais jamais par rapport à ton frère. C'est parce que tu veux pouvoir avoir une belle voiture pour impressionner les gens. Tu vois, il y a plein de raisons pour avoir de l'argent, qui sont des raisons pour lesquelles, si le coach t'aidait à te libérer de ces raisons-là, tu n'aurais plus besoin de gagner plus d'argent. Je ne suis pas en train de dire que c'est mal de gagner plus d'argent. Ce que je veux dire, c'est que souvent en coaching, on ne devrait pas accompagner les athlètes. directement à atteindre ce qu'ils nous disent qu'ils veulent atteindre, on devrait les faire re-réfléchir sur pourquoi ils veulent atteindre ce qu'ils nous disent qu'ils veulent atteindre. D'ailleurs, ça arrive souvent qu'on fasse ça avec leurs objectifs en compétition. Je pense qu'il n'y a aucun accompagnement que j'ai fait, dans lequel je n'ai pas demandé à l'athlète « Pourquoi c'est si important pour toi de devenir champion de France, d'aller en équipe de France, d'aller aux Jeux Olympiques, de gagner les Jeux Olympiques, etc. » Après, moi je ne suis pas là pour dire s'il y a des bonnes ou des mauvaises motivations, je suis là pour aider l'athlète à prendre conscience. des motivations qui peuvent être présentes et est-ce que ça lui va que ce soit ces motivations là par exemple si un athlète me dit ah bah moi il faut absolument que je prouve à mon père que contrairement à ce qu'il disait il n'y a pas que mon frère qui est bon il y a moi aussi qui peut être bon je vais l'aider à prendre conscience de ça d'une part et d'autre part je vais l'aider à choisir est-ce que ça lui va d'être motivé par ça ou est-ce qu'il a envie de trouver d'autres raisons de poursuivre son projet parce qu'évidemment chaque source d'énergie a ses conséquences c'est à dire que si tu produis de la chaleur en faisant brûler du bois à la fin, ça fait un certain nombre de résidus. Si tu produis de la chaleur en faisant brûler du charbon, ça fait d'autres résidus. Si tu produis de la chaleur en faisant tourner un moteur, ça fait d'autres résidus. Et donc, chaque source d'énergie qu'on va utiliser pour produire de l'avancement va avoir ses conséquences et moi, je dois aider l'athlète à prendre conscience de ça. Bref, ça, c'était en aparté. Parce que si je reviens à mon problème, j'ai devant moi ces athlètes qui se disent sans cesse, il faut que je vérifie si je peux faire partie des meilleurs du monde. Je m'entraîne dur, si je n'arrive pas à atteindre les résultats que je veux, ça veut dire que je suis nul en fait, que je ne suis pas fait pour ça. Parce que si je m'entraîne dur autant que les autres ou plus que les autres et que pour moi ça ne marche pas, ça veut dire que je suis nul. Donc ils sont toujours en train d'essayer de vérifier, est-ce qu'ils ne sont pas nuls ? Une forme de réassurance de soi. Bien sûr, il y a tout un travail de l'estime de soi qui va derrière ça. Mais ce que je remarque, c'est que parfois, malgré parfois des années d'accompagnement, Le problème est encore là, et ce que j'appelle le problème, c'est la question insidieuse. La question au sens où, dans le discours interne de l'athlète, il va toujours y avoir cette question, il se lève le matin, il se pose cette question, il arrive à l'entraînement, il arrive au départ de la course, il se pose cette question. C'est un peu comme un réflexe automatique qu'il n'arrive pas à enlever. Et à ce stade, ce que je crois, c'est que mon rôle, c'est peut-être pas de les aider à supprimer complètement ce problème, dans le sens où D'une part, ce problème les sert, comme je disais tout à l'heure, à l'entraînement, ça peut les aider à s'entraîner plus dur. Et si ça se trouve, c'est ce problème, entre guillemets, ce discours interne, qui les a amenés à être au niveau auquel ils sont aujourd'hui. Et oui, parce que qu'est-ce qui fait que depuis tout jeune, on fait les efforts pour devenir le meilleur ? Eh bien peut-être la présence de ce doute sur « est-ce que j'ai vraiment de la valeur ? Est-ce que je peux être meilleur que les autres ? » Et donc il y a aussi tout un schéma, tout un environnement. toute une carrière parfois, qui est construit autour de cette question. Et c'est sans doute une des raisons pour lesquelles il est si difficile de dissoudre cette question, au sens auquel si on dissolvait cette question, peut-être qu'on dissolverait le projet aussi. Donc, je ne sais pas si les athlètes seront condamnés à se poser cette question-là toute leur vie, sachant qu'il y a des questions avec lesquelles on grandit et qu'on continuera de se poser toute leur vie. Ce que j'aime bien dire, c'est que toute notre vie, on va remplir nos plus grands vides. Par exemple, si je vous en donne deux que moi j'ai vécues... Je me suis senti absolument inutile et inconsidéré. Par exemple, ça a été le cas quand j'ai travaillé en intérim, quand j'ai travaillé comme barman, ou bien quand j'étais étudiant au collège et que les filles ne me regardaient pas. Je me suis senti très inutile et inconsidéré. Pareil dans le sport, où j'étais le dernier à être choisi dans l'équipe de handball. Et donc, ce n'est pas étonnant qu'aujourd'hui, une des obsessions dans ma vie, ça soit... Comment est-ce que je crée du contenu qui change la vie de centaines de personnes ? C'est pas étonnant qu'aujourd'hui, mon métier ce soir, comment je peux être la personne qui a le plus d'impact dans la vie d'un athlète, parce que souvent les athlètes viennent nous voir, et ça fait des années qu'ils ont les problèmes qu'ils ont, et on parle tous les deux, et d'un coup le problème, il évolue. Évidemment c'est le genre de vide qui doit faire le cas de travail sur soi, et même de supervision, pour pouvoir bien travailler et pas tomber dans certains schémas, mais je crois être conscient que... Un certain nombre de vides, on aura envie de chercher à les remplir toute notre vie, en tout cas pour ces vides perçus. Moi j'en ai un autre avec l'argent, où je perçois avoir énormément manqué d'argent, et donc c'est important pour moi de créer une situation dans laquelle je ne manque plus d'argent. Et bien je crois que, de la même manière, un certain nombre de ces athlètes qui ont... des doutes à propos d'eux-mêmes, qui se disent « Est-ce que j'ai de la valeur ? Est-ce que je suis à la hauteur ? Est-ce que je peux être meilleur que les autres ? » Non seulement ces questions les ont aidés à monter au niveau auquel ils sont aujourd'hui, mais peut-être même que ces questions sont toujours là, ou toujours là pendant le projet sportif. Alors à ce stade, qu'est-ce qu'on en fait ? Je pourrais continuer de « forcer » pour des années, pour essayer de chercher des solutions qui permettent à l'athlète de ne plus se poser ces questions. sauf qu'encore une fois si ces questions elles les aident dans le projet peut-être que ces questions, elles n'ont pas envie de partir. Et donc, ce que j'aimerais proposer pour les athlètes qui m'écoutent, pour les accompagnants qui m'écoutent, que vous soyez entraîneurs ou préparateurs mentels, c'est qu'on puisse envisager de quelle manière est-ce que finalement ces questions qui sont là et qui posent problème à certains moments, comme en compétition par exemple, comment je pourrais apprendre à gérer leur présence ? Comment je pourrais apprendre à faire face au fait qu'elles soient là plutôt qu'à vouloir les supprimer ? Et déjà, rien qu'une fois que j'ai dit ça, je pourrais terminer l'épisode de podcast ici. je pense qu'il y aurait beaucoup de valeur. Mais voici ce que je propose à certains athlètes, ou ce qu'ils ont trouvé pour eux. On pourrait par exemple se regarder et se dire, admettons que tu t'appelles Paul. Ah, mon petit Paul, je vois bien que tu es inquiet à propos de est-ce que tu peux être le meilleur ou pas ? Et je sais que ça fait des années que tu poses cette question-là. Ceci dit, l'année dernière, on a déjà prouvé qu'on pouvait x, y, z. Et donc ce qu'on va chercher à faire à la compétition demain, C'est pas vérifier est-ce que je peux faire partie des meilleurs ou non, c'est juste voir si une nouvelle fois je peux faire partie des meilleurs. Comme si la question n'était plus est-ce que oui ou non je peux faire partie des meilleurs, mais oui bien sûr je peux faire partie des meilleurs, et d'ailleurs combien de fois est-ce que je peux en faire partie ? Et tu vois si on arrive à changer cette question, à la tordre un petit peu pour qu'elle passe de est-ce que oui ou non, tu vois soit c'est le jour, soit c'est la nuit, soit c'est gagné, soit c'est perdu, à en fait à quel point est-ce que je peux faire partie des meilleurs ? Déjà, ça change toute la dynamique de confiance autour de ça, parce qu'on ne vit plus la compétition comme un coup près qui tombe et qui viendrait dire si oui ou non je suis à la hauteur ou pas, et dans lequel d'ailleurs l'enjeu devient bien plus grand que la médaille, puisque tous les enjeux d'estime de soi, je crois, sont des enjeux beaucoup plus grands que les enjeux tangibles. On a en général beaucoup plus peur de perdre de l'estime de soi, peur d'être perçu comme nul, peur de se percevoir soi-même comme nul. que peur de perdre des médailles, de perdre de l'argent, de perdre des relations, etc. Je crois que ce qu'on pense de soi et ce qu'on perçoit que les autres pensent de nous a une valeur extrêmement précieuse pour l'être humain. Et c'est la raison pour laquelle c'est tellement important que les athlètes passent de « oui ou non, est-ce que je suis de valeur ou pas ? » à juste « à quel point je peux être bon ? » Et si j'ai déjà été très très bon dans le passé, voyons voir si je peux être à nouveau très bon aujourd'hui. De la même manière, Quand je te disais tout à l'heure, ah mon petit Paul, je sais que tu penses comme ça depuis longtemps, que tu veux encore vérifier est-ce que tu es à la hauteur ou pas, je pense qu'une fois que l'athlète a conscience de ce fonctionnement et qu'il peut reconnaître qu'il est là depuis des années et qu'il peut reconnaître des moments auxquels le fonctionnement sert, puisque bien sûr la pire chose qui puisse arriver à l'athlète, c'est de percevoir chez lui un problème qu'il ne verrait que comme un problème. Alors là du coup, c'est le pire des problèmes. Alors que si tu peux voir que les problèmes que tu as chez toi sont des atouts dans d'autres situations, par exemple C'est vrai que je manque de confiance en moi en compétition parce que j'ai peur d'être nul, mais cette peur d'être nul fait que je me dépasse à l'entraînement et ça me donne vraiment de l'énergie et je suis capable de faire plus de séances de prépa physique difficiles que les autres, etc. Quand l'athlète voit la chose comme ça de façon plus complète, il va pouvoir, le jour où il se rend à la compétition et où ça pose problème, il va pouvoir prendre de la distance avec ça, il va pouvoir se mettre en position méta, puisque pour rappel, nous ne sommes pas forcément nos pensées. On a la chance, en tant qu'être humain, De pouvoir faire ce qui s'appelle de la métacognition, c'est-à-dire d'avoir une pensée sans devenir cette pensée, d'avoir une pensée en pouvant prendre du recul sur cette pensée. Qui n'a jamais pensé « putain, il me saoule celui-là, j'ai envie de le défoncer » . Qui n'a jamais été en colère contre quelqu'un au point d'avoir envie de le ou la faire taire, mais sauf que comme on peut prendre du recul avec ça et se détacher peut-être de cet instinct primaire, on est capable de dire « tiens » . Est-ce que ça correspond à qui j'ai envie de devenir, de réagir de cette manière-là ? Tu vois, par exemple, quand j'étais moniteur de snowboard et que j'avais un ou une élève qui restait assis par terre à faire je ne sais quoi, alors que tout le reste du groupe est parti et qu'on est dans une tempête de brouillard, que les gens ont froid et que je dois détacher ma planche pour remonter 100 mètres de piste avec le cardio à 200 pour aller voir cette personne, il me dit « mais qu'elle ait les fesses par terre dans la neige et qu'elle ne bouge pas » . Mais pourquoi est-ce qu'elle ne bouge pas ? Évidemment, quand j'arrive vers elle... J'arrivais, parce que je ne fais plus moniteur de snowboard maintenant, j'ai une partie de moi qui a envie de lui mettre de tartes et de dire « Bon, tu te bouges ou quoi ? On y va ? » Sauf que, à ce moment-là, je me pose la question de « Tiens, est-ce que c'est le moniteur de snowboard que tu as envie d'être ? » Et je vais plutôt aller m'asseoir avec elle et lui dire « Qu'est-ce qui se passe là pour toi ? » Ce qui va permettre le fait que la personne s'autorise à me dire « Là, j'ai peur, la descente est raide, je n'ose pas y aller » ou quoi que ce soit. Donc, on a vraiment, et j'espère que je n'ai fait peur à personne ici, ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous attaquer, je ne suis pas violent, on a vraiment en nous des pensées et une capacité à penser à propos de nos pensées. Mais d'ailleurs, ça marche aussi dans les relations. Qui n'a jamais dans son couple pensé, je vais peut-être arrêter avec cette personne-là. Et puis, ce n'est pas parce que tu le penses une fois que tu vas prendre la décision de lui claquer la porte au nez et lui dire va-t'en. il y a parfois des conflits qui vont nous faire... penser certaines choses pour lesquelles on ne va pas pour autant passer à l'action sur ces choses ou prendre des décisions ou avoir de nouveaux comportements avec l'influence de ces pensées. On est capable de faire une séparation entre les deux. Et donc je crois que c'est la capacité qu'ont besoin de développer les athlètes aussi. C'est-à-dire, ok là je vois que dans ma tête il y a des pensées à propos de est-ce que je suis à la hauteur ou pas ? Il y a des pensées qui pourraient me faire douter de moi, mais je me connais. Je sais que ça fait longtemps qu'elles sont là. Je les ai même déjà abordés avec mon pré-papantale. J'ai même vu quels sont les avantages pour moi d'avoir ces pensées-là. Et je peux comme les accepter ou les mettre de côté afin de me concentrer sur ce qui compte vraiment. Et par exemple, ce qui compte vraiment, ce n'est pas le doute à propos de ce que je peux être bon ou pas, c'est bordel, qu'est-ce que je vais faire avec ma planche aux pieds, qu'est-ce que je vais faire avec mes skis, qu'est-ce que je vais faire avec ma raquette pour taper dans la prochaine balle. Voilà, j'arrive bientôt à la fin de cet épisode et je voudrais t'aider à élargir ce qu'on a dit aujourd'hui à d'autres types de problématiques que la confiance en soi, en mode je dois vérifier est-ce que je suis à la hauteur ou pas. Ça peut arriver vraiment avec tout plein d'autres questions. Peut-être que tu te poses depuis longtemps et qui seront encore là pour longtemps dans ta vie. Et donc la question que j'aimerais vraiment te poser, c'est est-ce que tu devrais chercher à supprimer ces problèmes ? Et franchement, ce n'est pas une mauvaise chose. Il y a plein de problèmes qui peuvent être supprimés. Par exemple, il y a des problèmes de sommeil qui peuvent... disparaître une fois qu'on entraîne son mental, une fois qu'on se libère de certaines croyances, etc. Donc, est-ce que tu devrais chercher à supprimer ces problèmes ? Ou bien est-ce que tu devrais apprendre à vivre mieux avec ces problèmes-là, apprendre à faire face à ces problèmes, ou apprendre à les utiliser à tes côtés quand c'est utile ? Puisque comme on l'a dit pour cet athlète, ça l'aide à s'entraîner plus dur, par exemple, et apprendre à le mettre un peu de côté quand c'est moins utile. Évidemment, tout ça, c'est un travail de perception et je crois que ça demande beaucoup de conversation, notamment parce qu'il est assez difficile de prendre conscience de toutes ces choses-là à propos de soi. Moi, par exemple, je sais que l'endroit où je devrais travailler sur ce truc, c'est à propos de « est-ce que j'ai assez bien travaillé ou pas ? » . Et tu vois, que ce soit en tant que préparateur mental, en tant qu'entrepreneur, en tant que snowboarder, en tant que personne qui fait du crossfit, depuis très longtemps, j'ai cette question dans ma tête qui est genre Est-ce que tu as vraiment tout donné ? Est-ce que tu n'aurais pas pu faire plus ? Est-ce que là, tu ne serais pas en train de te reposer alors que tu devrais être plus productif ? Et je peux voir que cette question, elle était là à l'époque où mon business générait zéro rôti d'affaires parce que d'un point de vue tangible, je me disais tu peux peut-être faire plus ou mieux. Cette question, elle était là à l'époque où je n'étais pas très bon en snowboard parce que je voyais bien qu'il y avait un écart entre le niveau que j'avais et le niveau qui était attendu pour devenir moniteur de snowboard. Cette question, à plein de moments de ma vie, elle a été présente. Et il me semblait logique qu'elle soit présente parce que je me trouvais pas très bon ou pas très productif. Mais ce qui est assez amusant, c'est que plus je suis devenu bon dans les différents domaines, par exemple, aujourd'hui en ce moment, je me trouve beaucoup moins mauvais qu'à l'époque, mais surtout en tant qu'entrepreneur, aujourd'hui je suis à un niveau stratosphérique par rapport au niveau que quand j'ai commencé l'entrepreneuriat en 2018, je pensais pouvoir atteindre. A l'époque, je voulais juste pouvoir survivre avec la préparation mentale, c'est-à-dire éviter d'aller à l'usine et pouvoir, grâce au coaching, manger à la fin du mois, payer mon loyer, voilà. Aujourd'hui, je peux avoir la voiture que je veux, investir, payer des gens dans mon équipe, lancer des projets, etc. Et donc, j'ai atteint un niveau complètement différent et bien au-dessus de ce que je rêvais pouvoir atteindre un jour. Pourtant, cette question est toujours là de « est-ce que tu en fais assez ? Est-ce que tu travailles assez dur ? Est-ce que tu n'es pas en train de te reposer alors que tu pourrais être plus productif ? » Et la raison pour laquelle je me permets de te partager tout ça, c'est parce que j'ai envie que toi, tu puisses trouver ces questions-là qui sont là pour toi. pourquoi pas d'essayer dans un accompagnement de... les dissoudre et faire qu'elles n'apparaissent plus. Parce que là, je te parle de ce problème qui est là pour moi depuis longtemps, mais j'ai eu plein d'autres problèmes qui ont disparu, c'est cool. Mais certains ne disparaissent pas, et donc je crois que le mieux qu'on puisse faire, c'est pas de chercher à les supprimer, c'est d'apprendre à faire avec de la meilleure manière possible. Et évidemment, une des raisons pour lesquelles ça ne disparaît pas chez moi, ce truc de « est-ce que t'en as fait assez ? » c'est que c'est très important pour moi de continuer de progresser. J'ai envie de devenir meilleur en snowboard, j'ai envie de soulever plus lourd en crossfit j'ai envie de... développer mon entreprise, développer mon équipe, j'ai envie de mieux coacher les athlètes, j'ai envie d'avoir plus d'impact, j'ai envie de créer plus d'épisodes de podcast. Et donc sans cesse, évidemment, tant que ça, ce sera des objectifs qui sont importants pour moi, c'est assez légitime de croire que cette question restera là pour moi aussi. sur ce j'espère que t'as adoré l'épisode je te retrouve dans le prochain, salut Ah et en fait, si jamais tu veux apprendre à coacher, eh bien contacte-moi et je t'enverrai vers un confrère formateur qui est très bon, ou bien selon ton profil, on pourra t'intégrer aux formations qu'on propose nous pour t'apprendre la préparation mentale pour les sportifs. Salut ! On dit souvent que le mental c'est 70% de la performance à haut niveau, pourtant rares sont ceux qui l'entraînent au moins de 10% du temps. En écoutant jusqu'ici, t'as donné à la dimension mentale un peu plus de la place qu'elle mérite chaque semaine. Bien joué ! Ma mission audacieuse... c'est d'aider le monde du sport à se transformer en profondeur et je veux faire en sorte que plus aucun coach ne passe à côté de la psychologie de ses athlètes. C'est pour accomplir ça que je crée une tonne de vidéos sur YouTube et des épisodes comme celui que tu viens d'écouter. Alors, je vais pas te demander d'inscrire The Force, tes amis au podcast et en même temps, si tu peux en parler à quelqu'un qui va l'adorer, quelqu'un à qui ça serait utile, ta recommandation, elle signifie beaucoup pour moi. Si chaque auditeur en parle juste à deux autres, l'année prochaine, on sera des milliers de fois plus nombreux avec l'obsession progression. Salut !