- Speaker #0
Musique Bienvenue sur OrthoBoost, le podcast qui booste les orthos. Je m'appelle Barbara, je suis orthophoniste, formatrice et coach professionnel et je t'invite chaque semaine à me retrouver dans un nouvel épisode pour recharger ton énergie et booster ton quotidien. Musique Bienvenue à toutes sur ce nouvel épisode d'OrthoBoost. Aujourd'hui, je reçois Léonie pour partager autour de l'approche Gordon. Alors Léonie, est-ce que tu veux bien commencer par te présenter s'il te plaît ?
- Speaker #1
Oui, avec plaisir. Bonjour Barbara. Bonjour à toutes et à tous. Donc, moi je suis formatrice. J'ai été orthophoniste pendant 17 ans. à... Un petit peu en libéral au début, et puis après en centre de santé pluridisciplinaire et en CAMS également. Et donc je suis là depuis trois ans, je suis exclusivement formatrice dans tout ce qui est le champ de l'efficacité relationnelle. On aura l'occasion de reparler de ça. Voilà, je suis également intervenante en analyse des pratiques professionnelles, formatrice en dynamique naturelle de la parole, en DNP. Voilà. Et voilà. C'est déjà un peu...
- Speaker #0
Oui, je te remercie pour cette présentation. Est-ce que tu pourrais nous dire... comment tu es passée de orthophoniste à une pratique exclusive de formation, finalement. Ça a été quoi ton chemin pour en arriver là où tu en es aujourd'hui ?
- Speaker #1
Oui. Eh bien, en fait, je me suis beaucoup intéressée à cette approche Gordon dont on va parler aujourd'hui. Alors... Je ne l'ai pas rencontré d'abord dans le monde, dans mon champ professionnel. C'était quand je suis devenue maman, quelques années après. Je cherchais un peu des ressources autour de l'éducation. Et puis j'ai été tombée sur un bouquin de Thomas Gordon, qui est donc un psychologue qui... et spécialiste de tout ce qui est communication interpersonnelle. Et il avait écrit un bouquin sur la communication en famille. Voilà, donc ça, c'était il y a... Mes enfants sont grands maintenant, ils sont au collège, les deux. Donc, je crois que c'était il y a 12 ans. Allez, il y a 12 ans que je tombe sur ce livre. Et puis, comme c'était un petit peu chaud à la maison avec... Beaucoup d'amour, mais aussi de l'attention, de tous les challenges de parents, on va dire. Autour notamment de tout ce qui était poser un cadre, pouvoir... J'étais assez dans l'écoute, j'avais envie de faire différemment aussi, par rapport à mes habitudes de communication, ou ce que j'avais pu expérimenter moi en tant qu'enfant. Voilà, il y avait pas mal de choses à détricoter. Et donc, c'est comme ça qu'on a commencé un parcours de formation avec mon mari, qui est aussi professionnel de santé. Je précise ça parce qu'effectivement, ni l'un ni l'autre, on connaissait toutes ces ressources autour de la communication interpersonnelle. Alors que souvent, on pourrait se dire, en tant qu'ortho, ça semble être une évidence de pouvoir être formé là-dedans. En tout cas, je n'en avais jamais entendu parler. Et c'est comme ça qu'on a découvert des ressources autour de l'écoute active, de l'assertivité, c'est-à-dire autour de l'affirmation de soi, de la résolution de conflits collaboratifs, toutes ces ressources-là. Et puis après, quatre ans après, comme ça nous servait énormément, bien sûr en famille avec les enfants, mais aussi dans notre couple et puis au travail pour tous les deux. avec quelque chose qui qui qui bougeait au niveau de la de notre posture à chacun on a continué le parcours de formation voilà le niveau 2 et puis et puis ça me trottait vraiment dans la tête sur en tant qu'outil pour les professionnels de santé. Et au moment, il y a eu une conjonction de crises, on va dire, crise du Covid, crise de la quarantaine, envie de transmettre aussi, ça c'était quelque chose qui m'animait depuis longtemps. Eh bien, j'ai commencé un parcours d'accréditation de formatrice dans ce domaine-là. Voilà, et puis finalement, petit à petit, comme je donne aussi des formations pour différents publics, les parents, les professionnels de l'enfance, les professionnels de santé, en entreprise maintenant, là, depuis un an. Donc voilà, j'ai cette formation, enfin j'ai cette activité principale.
- Speaker #0
Ok, super. Est-ce que du coup, tu peux nous présenter, alors tu as commencé à nous en parler un petit peu de cette approche particulière, est-ce que tu peux nous la présenter en quelques phrases pour qu'on ait une vision relativement exhaustive du sujet, sans forcément rentrer dans les détails, mais en puissant faire une petite idée ?
- Speaker #1
Oui, alors... Cette approche autour de la communication interpersonnelle a été développée par le docteur Thomas Gordon, qui était un psychologue humaniste. C'est un élève de Carl Rogers, qui est connu dans le monde de la psychologie, de l'accompagnement, parce que c'est le père de l'écoute active, si je résume. Père de l'écoute active et... Et il a développé toute l'approche centrée sur la personne, avec un changement de paradigme qui mettait au cœur du process le fait que la personne a en elle ses ressources et la personne qui accompagne va aider à les faire émerger. Voilà, donc lui, Gordon, qui finalement a été... Il a commencé à construire, c'est un grand pédagogue Gordon, il a commencé à construire ses programmes de formation sur le terrain en se disant mais finalement tous ces outils d'écoute, c'est dommage que ça reste à l'intérieur du cabinet. Ils sont très utiles dans un certain nombre de situations relationnelles et pas que... pas que dans ce cadre-là. Donc il a commencé comme ça à intervenir en entreprise, il était consultant en entreprise, et puis aussi dans le cercle plutôt familial et éducatif. Et finalement, les retours de ses participants mettaient en avant que tout ce qui était écoute ne suffisait pas quand il s'agissait de... enfin, quand soi-même on avait un problème. L'écoute n'était pas l'outil le plus efficace à ce moment-là. Et du coup, il a développé un certain nombre d'outils autour de l'affirmation de soi, qu'on appelle aussi l'assertivité, et tout ce qui était résolution de conflits collaboratifs. Alors quand on dit conflit dans l'approche, ce n'est pas forcément la guerre. C'est juste qu'on a des besoins différents qui sont a priori, à première vue, pas compatibles, mais voilà, comment on va aller écouter suffisamment les besoins de chacun pour pouvoir aller co-construire quelque chose qui va être sans perdant, c'est-à-dire satisfaisant pour chacune des parties. Voilà. Donc, ces outils autour de la résolution de conflits et de la médiation l'ont amené d'ailleurs à être nominé trois fois au prix Nobel de la paix pour ces travaux-là. Voilà, donc en quelques mots sur son approche, une approche assez pragmatique, parce qu'elle est vraiment construite avec les besoins de tout être humain, et puis qui s'est diffusée dans le monde. Il y a plusieurs millions de personnes qui sont formées à l'approche Gordon. On peut trouver aussi dans certains pays, toujours à la pointe, comme les pays scandinaves, des parcours de formation à l'université pour les jeunes, pour les enseignants. Et puis finalement, tous ces outils-là, bien sûr, on va les adapter à chacune des cultures des pays parce qu'on n'a pas tous le même rapport aux émotions, notamment. mais... mais quand même il y a quelque chose d'assez tout terrain que j'aime bien moi c'est hyper sympa ça
- Speaker #0
pouvoir faire cette diversité, cette adaptabilité c'est très chouette oui, tout à fait est-ce que tu peux nous dire aujourd'hui tu formes plein de professionnels différents tu formes des professionnels de santé oui est-ce que tu peux nous dire ce que cette approche apporte particulièrement aux orthophonistes et à l'ensemble des professionnels de santé euh Ciao !
- Speaker #1
Oui, alors pour ce public-là en particulier, moi je trouve que l'un des plus grands défis actuels des orthophonistes et des professionnels de santé, c'est vraiment de pouvoir être bien dans sa pratique et se sentir efficient dans sa pratique. Je le dirais comme ça. Avec parfois un système de soins qui n'est pas toujours aidant non plus. Différents types de pressions, de tensions qu'on peut recevoir. En tout cas, je trouve que pour être bien dans sa pratique et être efficient, à mon sens, ça passe vraiment par la qualité relationnelle qu'on va pouvoir nouer aussi bien avec... Je fais un signe de la main, les systèmes dans lesquels on gravite, c'est-à-dire le patient, la famille, les aidants, les partenaires aussi, l'école, les médecins, avec chacun, et chacun arrive avec ses... Ses besoins propres, sa manière de les dire, sa propre culture professionnelle aussi. Et parfois, en tout cas pour ma part, un de mes grands défis c'était aussi de ne pas toujours m'effacer. Je vais le dire comme ça. De ne pas toujours m'effacer quand il s'agit de... Quand c'est important de s'affirmer et puis aussi de savoir passer en écoute quand on sent que ça peut être nécessaire. Et donc je trouve qu'un des grands, ce que m'a apporté l'approche Gordon et ce que me disent aussi les participants aux formations, c'est vraiment l'idée de pouvoir appréhender toutes ces situations relationnelles avec de la clarté. C'est pas une approche où on va vous dire, ben oui il faut écouter, non, en premier temps, il faut savoir un petit peu diagnostiquer où on est, chacun, chacun dans la relation, quels sont les besoins, il y a une des questions centrales qui s'appelle, à qui appartient le problème. C'est un peu comme avoir une carte quand on part en rando. C'est sécurisant et ça nous permet de... de savoir où on va, et puis d'avoir, de tirer peut-être, là, bah tiens, là, dans cette situation, c'est intéressant d'utiliser tel outil de communication, comme l'écoute, ou alors, c'est intéressant que là, je m'affirme, ou parfois, il faut faire un changement entre les deux, et puis, on peut être, là, on essaye plusieurs choses, Il y a du rouge dans l'air, il y a de l'émotionnel, c'est un petit peu compliqué. Donc, il va falloir vraiment se poser sur comment on va construire ensemble. Et là, je trouve qu'on arrive de plus en plus autour du partenariat de soins. Chose que je n'avais pas au tout début quand j'ai commencé à pratiquer, mais en tout cas, c'est des choses qui émergent. Alors moi, c'était plutôt autour de l'accompagnement parental, la prise en compte des parents. Et pour autant, mis à part un savoir-être qui devrait être inné. Bon, on a passé un concours, donc j'imagine que quand même, ils ont regardé à peu près si on était câblés relationnellement parlant. Et on l'est. Mais pour autant, c'est un savoir-faire qui se développe aussi, qui s'apprend et qui permet d'être confortable dans sa posture professionnelle. Donc pour moi, c'est des ressources qui sont vraiment essentielles à notre savoir-faire qui va être plus technique, cœur de métier, la prise en charge des troubles, etc.
- Speaker #0
Donc finalement, si je reformule ce que tu viens de nous dire, c'est une approche qui est très centrée sur la relation et qui nous permet de nous questionner nous-mêmes sur là où on en est pour finalement progresser dans nos capacités relationnelles et notamment apprendre à mettre en place des relations. qui fonctionne mieux avec nos patients.
- Speaker #1
C'est ça. Est-ce qu'il y a cette grande notion, par exemple, de l'alliance thérapeutique ? OK, mais comment on fait ? Voilà. Donc là, la formation, elle vient amener ça. Moi, je l'ai vraiment co-construite avec tous les outils Gordon. Et puis après, j'ai amené aussi d'autres choses autour de l'entretien motivationnel ou du partenariat parental ou de la systémie aussi. Mais c'est vraiment, finalement, le comment. Comment on va faire ça ? Comment on va construire cette alliance thérapeutique ? Et puis, il ne suffit pas de dire aux parents de venir en séance. Parce que parfois, il va falloir aller reformuler ce qui se joue. Nous, on a notre regard d'orthophoniste. On a l'impression qu'il y a plein de petits progrès. Et puis, lui... Le parent, peut-être, il va être catastrophé du niveau de son enfant, etc. Donc, tout ça, comment on va savoir le faire émerger pour arriver à des objectifs qui vont être communs, de l'engagement ? Voilà, ça, c'est vraiment avec le patient ou les aidants. Puis, il y a aussi plein de choses qui peuvent se jouer si on travaille en équipe.
- Speaker #0
Oui, parce qu'avoir des relations avec les collègues, c'est comme avoir des relations avec les patients. c'est pas les mêmes relations mais il y a tout autant d'enjeux intercollègues tout à fait de partenariat de partenariat parental ou de partenariat patient tu as parlé de quelque chose tout à l'heure une chose sur laquelle j'aimerais bien revenir parce que c'est un point qui me parle beaucoup tu as parlé de sécurité oui Tu as utilisé ce terme-là, sécurité relationnelle, j'ai interprété. Est-ce que tu veux bien développer un petit peu ? Parce que je ne suis pas sûre que ce soit clair pour toutes les personnes qui nous écoutent.
- Speaker #1
Alors, si je me rappelle de ce que j'ai dit, le fait de pouvoir développer ces outils de compréhension de ce qui joue dans les situations relationnelles, Merci. Pour moi, ça apporte du confort et de la sécurité dans sa pratique. C'est-à-dire qu'on sait où on va, on n'est plus balotté à subir ce qui pourrait nous être imposé par les exigences des autres. Ça peut être très trivial sur des horaires de rendez-vous. Ou arriver à poser son cadre de soins, enfin, en général. Mais en tout cas, ça... Alors, je ne sais pas si c'était à ce moment-là que j'en ai parlé. C'était ça que tu voulais que je développe ? Je l'ai compris. OK. Donc, voilà. C'était ça, l'idée, ouais. Pouvoir être... Pouvoir amener un cadre sécure. Et puis aussi, chez l'autre. Enfin, quand je dis l'autre, c'est son interlocuteur qui peut être le patient, les dents, etc. Enfin, je... qu'il y ait suffisamment de confiance réciproque pour pouvoir arriver à faire émerger, enfin, arriver à dire des freins ou des résistances ou là, ça ne va plus tout à fait comme on travaille, etc. Ça, oui, ça demande un petit peu de savoir-faire pour le faire émerger.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Je ne sais pas ce que tu en penses. Moi, j'aime bien dire que... Un cadre relationnel sécurisé, c'est un cadre relationnel où chacun est libre. L'orthophoniste ou le thérapeute ou le professionnel de santé, peu importe, se sent libre d'exprimer ce qu'il a à exprimer, de faire ce qu'il a à faire dans cette relation-là, et en face, l'autre, comme tu l'appelles. se sent libre aussi et comme tu dis, aussi libre de poser des questions de dire là c'est pas et finalement on en revient toujours à cette co-construction
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais voilà, on a vraiment cette possibilité-là. Et je trouve qu'on le ressent particulièrement. En tout cas, moi, quand j'ai découvert cette sécurité-là, je me suis rendue compte que, du coup, toutes les fois où on pouvait avoir l'impression que l'autre pouvait venir empiéter sur quelque chose qui nous tient, finalement, on ne le ressent plus. Et on se sent vachement mieux parce qu'on n'a pas de sensations ni d'agressivité, ni au contraire de manque d'engagement de l'autre. mais on est non plus chose d'équilibré quoi.
- Speaker #1
Oui, oui, oui, tout à fait. Oui, ça me parle bien cette image-là. Avec quelque chose où on sait quelle est la part de chacun. Oui, exactement. Oui. Et puis, enfin, une formule moi que j'aime bien dire aussi, c'est que finalement dans la communication, la communication c'est 50-50 et je peux déjà faire mes 50. Après le reste, ça lui appartient. par contre c'est toujours mieux que de rien dire parce qu'on finit par s'en vouloir et il y a des ruminations derrière et des insatisfactions on s'en veut et on peut en vouloir à l'autre aussi donc il y a quelque chose où finalement c'est aussi par tous ces outils là moi de communication ça m'a permis de de mieux m'apprivoiser moi et de savoir poser mes limites. Et donc, d'être mieux avec les autres. Mais aussi moi avec moi.
- Speaker #0
On est carrément d'accord parce que ça m'a fait exactement la même chose. Alors moi, je ne connais pas l'approche Gordon. Enfin, je la connais de nom. Et voilà. Mais tu vois, quand j'ai commencé à me former, que ce soit l'analyse transactionnelle, que ce soit le process communication. Ça m'a fait exactement cette impression-là, de s'intéresser aux relations interpersonnelles et de finalement commencer par se décoder soi-même dans les relations pour pouvoir accepter les autres tels qu'ils sont et ensuite communiquer ensemble.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
c'est ça. C'est un très beau chemin, je trouve. Moi, c'est un chemin qui me passionne particulièrement. T'as parlé d'un autre truc qui m'a particulièrement fait tilt, où pareil, je me suis dit, ça vaut le coup qu'on en redise deux mots, c'est l'écoute active.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce que tu veux bien en dire quelques mots pour que ce soit clair pour tout le monde ?
- Speaker #1
Oui. Alors l'écoute active, c'est une ressource qui est à la fois simple et compliquée. on va dire complexe ouais complexe c'est peut-être plus vendeur donc l'écoute active c'est si on prend juste sur le plan technique c'est à la fois un outil qu'on va utiliser quand la personne en face c'est... On a repéré qu'elle a besoin d'écoute, qu'elle est dans l'émotion, qu'il y a quelque chose de difficile. Et sur le plan de la technique pure, on est sur la reformulation des mots de la personne et un reflet, un décodage de l'émotion qui n'est pas forcément dite. Et on va aller se brancher sur l'autre avec toute notre attention. avec toute notre disponibilité aussi. Donc ça amène le fait qu'il faut être disponible pour pouvoir écouter. Avec quelque chose qui... Voilà, c'est juste ça. C'est-à-dire qu'on va enlever certaines façons de faire qui peuvent être... du conseil, de donner des solutions, des questions aussi. Alors il peut y avoir quelques questions ouvertes, mais des questions du type où, quand, pourquoi, comment, enfin, c'est pas le lieu dans l'écoute. Voilà, donc quelque chose qui... Et l'idée centrale c'est... On utilise dans l'approche Gordon cette métaphore très élaborée de l'oignon, c'est-à-dire on va aller petit à petit par notre écoute aider la personne à éplucher les pelures de l'oignon. pour qu'elle puisse arriver à identifier qu'est-ce qui la tracasse. Et après, dans un second temps, on peut la guider vers un processus qui est de résolution de problème. Et voilà, l'écoute active, c'est ce... Cette ressource-là. Je ne sais pas si... Tu veux que je précise encore ?
- Speaker #0
Non, non,
- Speaker #1
c'est très bien.
- Speaker #0
Tu vois, comme il y a différentes formes d'écoute, etc. Tu l'as dit tout à l'heure, souvent, en tant que professionnelle de santé, on peut être sensibilisé à toutes ces choses-là, mais on n'est malheureusement pas formé, en tout cas pas en formation initiale. Donc voilà, je trouvais que c'était intéressant d'aller détailler un petit peu, parce que c'est vrai que c'est une approche... Tout à elle, quoi, et comme tu dis.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Qui peut à la fois être très simple, simple voire simpliste, et qui en fait, non, est, je dirais, sophistiquée. Je ne sais pas si, voilà.
- Speaker #1
Oui, il y a de la délicatesse, en fait. Voilà. Je le trouve beaucoup dans cette écoute active, oui, sophistiquée, ça me parle, et qui demande de l'entraînement. Pour le coup, souvent, enfin, ce qui... Moi, la première, et puis après, les... les participants aux formations disent « Ah, en fait, là ça y est, je touche du doigt vraiment ce que c'est l'écoute. » Alors qu'en général, chez les professionnels de santé, on a une catégorie de personnes qui sont plutôt des bons écoutants. Et on peut encore affiner. Et ça permet de faire émerger énormément de choses. Voilà.
- Speaker #0
Top, merci beaucoup. Est-ce que tu aurais un petit outil, un petit tip issu de l'approche Gordon qu'on pourrait partager aux auditeurs et qu'ils pourraient commencer à mettre en place ? Ça peut être un petit exercice ou un petit outil pour leur faire découvrir un peu ce que c'est l'approche Gordon.
- Speaker #1
Eh bien, voilà ce qui me vient, c'est... Peut-être un petit entraînement, une invitation la prochaine fois que vous repérez qu'il y a une résistance chez votre interlocuteur ou quelque chose qui est peut-être un petit peu non dit. Eh bien, l'invitation, ça pourrait être d'aller nommer ça et puis de reformuler. Alors, quand je dis reformuler, ce parent que vous avez envie, qui s'implique un peu plus dans la rééducation. et qui est là par exemple en séance et il est un peu sur son téléphone imaginons ça un peu ouais il est un peu disons qu'il jette un petit coup d'oeil oui et puis vous avez ça dans un petit coin de la tête et puis ce serait peut-être d'aller d'aller oser entamer le dialogue parce que déjà ça c'est pas évident d'aller oser parce que nous notre radio mentale notre fort intérieur peut s'activer très fort à ce moment là en disant quand même avec des jugements, c'est normal, bienvenue au club, on le fait tous mais des jugements sur ce qui se passe sur le fait que quand même le téléphone il pourrait être coupé, c'est quand même pas grand chose pendant le temps d'une séance et ceci cela et patin au couffin et tout ce qu'on se dit à ce moment là Donc... d'arriver peut-être à baisser un petit peu le volume là, chez nous, et puis de se brancher sur ça, et d'aller dire, du coup, c'est peut-être pas facile. On pourrait ouvrir, par exemple, le dialogue avec ce parent, en disant, c'est peut-être pas facile ce que je vous propose, de venir en séance. Et puis d'observer ce qui se passe. Qu'est-ce que vous en pensez ? Là, je vois que vous êtes sur votre téléphone. Donc, qu'est-ce que vous en pensez ? Là, on fait une sorte de message méta. C'est-à-dire qu'on va observer ce qui se passe, la situation. Déjà, arriver à le faire, c'est déjà super. On va oser dire ça. Et puis...
- Speaker #0
Et puis d'aller reformuler ce que nous amène le parent à ce moment-là, juste en reformulation. C'est-à-dire, peut-être qu'il va vous amener des choses qui vont vous désarçonner. Parce que vous, en tant qu'orthophoniste, on se dit, quand même, il y a plein de petits succès pendant cette séance. Des premiers petits pas de l'enfant, il a réussi. Et puis là, le parent, il vous dit, ça n'avance pas. Là, en général, l'orthophoniste, ah, quand même, ça fait un peu gloups, en disant, quand même, il y a des choses qui se passent, etc. Et là, l'invitation, ce serait d'aller reformuler, de débrancher un peu tout ce qu'on se dit à l'intérieur de nous, pour pouvoir aller reformuler. Et pas de se précipiter sur rassurer. Une attitude très classique. Bienvenue au club, qu'on peut avoir très fréquemment sur... Ah mais si, regardez, il a réussi là à faire telle ou telle action. Et puis là, il a dit ça, par exemple, des petits mots. Sauf que chez le parent, ce n'est peut-être pas encore au niveau où il veut. Donc... D'aller reformuler. Ah oui, là, vous me dites que c'est un peu long pour vous. Ah bah oui, je me disais que ça allait plus vite. Ok, vous, vous pensiez que ça irait un petit peu plus vite. Et puis là, on peut peut-être même tenter un peu un décodage émotionnel. Vous vous sentez un peu découragée en voyant ça. Et là, je me branche sur. le parent, le temps, allez, on va dire de deux, trois reformulations, avant de pouvoir amener tous nos éléments d'expertise, de réassurance, etc. Et pourquoi je fais cette invitation-là ? Parce qu'une personne qui est dans l'émotionnel, comme là le parent, qui peut être un peu découragé de voir ça, il ne va pas vous écouter. Donc c'est vraiment... Savoir écouter pour qu'ils puissent accueillir ensuite vos éléments d'expertise et assurance. Ça pourrait être de tenter ça.
- Speaker #1
Super ! C'est un très chouette outil, la reformulation. Cool, merci beaucoup.
- Speaker #0
Je t'en prie.
- Speaker #1
Est-ce que, pour clôturer cette interview, tu aurais envie de dire un petit mot ? ou une phrase, quelque chose qui te tient à cœur et que tu as envie de dire spécifiquement aux auditeurs de ce podcast aujourd'hui ?
- Speaker #0
Alors, il y avait plusieurs choses. Déjà, moi, je suis très fan de podcast. Et je trouve que c'est des ressources où vraiment on peut apprendre tranquillement. Donc, merci, Barbara, déjà, d'offrir cet espace-là de réflexion et puis d'ouverture sur plein d'autres choses. Et oui, j'avais préparé une petite phrase en plus. Qui est... Alors, parce qu'elle a été attribuée à plein de personnes. Marc Aurel, entre autres. Mais je crois que c'est aussi Reynald Nibur. Le vrai auteur de cette phrase. Que j'aime beaucoup pour arriver à y voir plus clair dans la communication. Et donc, ces petites phrases, c'est... Donne-moi la sérénité d'accepter les choses que je ne peux changer, le courage de changer les choses que je peux changer, et la sagesse d'en connaître la différence.
- Speaker #1
Elle est belle cette phrase.
- Speaker #0
Toujours inspirante.
- Speaker #1
Merci beaucoup Léonie, merci pour ta participation, c'était une interview très agréable. Et puis peut-être qu'on aura l'occasion de te réentendre sur d'autres sujets, on en avait... rapidement discuter toutes les deux, on verra bien. Mais en tous les cas, merci pour aujourd'hui. Merci aux auditeurs de nous avoir écoutés jusqu'au bout. Et puis, je vous dis à très bientôt sur OrthoBoost.
- Speaker #0
Merci.