Speaker #0Bienvenue sur OrthoBoost, le podcast qui booste les orthos. Je suis Barbara, orthophoniste, formatrice et coach professionnel et je t'invite chaque semaine à écouter un épisode pour recharger tes batteries et vitaminer ton quotidien. Hello et bienvenue dans cet épisode d'OrthoBoost. La dernière fois, on a parlé de priorité, de choix, de tout ce qu'on met entre parenthèses pour se donner les moyens d'avancer sur ce qui compte vraiment. Et je t'avais laissé avec un exercice, une question assez simple en apparence. C'est quoi cette chose sur laquelle tu as vraiment envie d'avancer ? Potentiellement, cette question t'a peut-être laissé un peu en difficulté. Et sache que t'es loin d'être la seule dans cette situation. Parce qu'en fait, savoir ce qu'on veut vraiment, c'est... pas si évident que ça. On pourrait croire que c'est une évidence, un truc qu'on porte en nous, qu'il suffit d'aller chercher. Mais dans les faits, beaucoup d'entre nous naviguent au jour de jour, se laissent porter par le fil de l'eau, en pilote automatique, sans jamais vraiment se poser cette question essentielle. En tout cas que moi je considère essentielle. Alors aujourd'hui, on va prendre le temps de clarifier ça ensemble si tu veux. Parce que je crois... crois que c'est la vraie fondation, c'est ce qui te permettra potentiellement d'arriver un jour, je vais être un peu cash, je te préviens, sur ton lit de mort en te disant j'ai pu accomplir dans ma vie ce que j'avais envie d'accomplir. Sans cette question, tout le reste, les priorités, l'organisation, les choix qu'on fait reposent plutôt sur du sable et moi je me dis que j'ai pas envie d'avoir des regrets. Le jour où ce sera terminé, j'ai envie de me dire bah ouais je l'ai fait. Peut-être que j'aurais pas fait tout ce que j'aurais envie de faire parce que je crois qu'il me faudrait des dizaines de vies. Mais j'aurais fait des choix, d'ailleurs en ayant conscience de cela, et j'aurais fixé moi-même mes priorités. Alors pourquoi est-ce que c'est difficile et si difficile de savoir ce qu'on veut ? Je pense qu'il y a plusieurs raisons à ça. La première c'est qu'on a été plutôt... Former, développer, paramétrer pour répondre à des attentes plutôt qu'à écouter nos envies. Et que ce soit à l'école, dans nos études, dans notre éducation ou même dans notre pratique professionnelle, on a tendance à apprendre à bien faire, à cocher les bonnes cases, à répondre aux besoins des uns, des autres. Et dans le boulot, ça continue, les besoins des patients, les besoins de l'institution, les besoins des familles, les règles de la sécu, etc. Résultat, on est hyper... super doués pour identifier ce que les autres attendent de nous et beaucoup moins entraînés à se demander ce que nous, on veut vraiment. Et d'ailleurs, quand on identifie, et c'est potentiellement la deuxième raison, ce qu'on veut vraiment, ça fait peur. Pourquoi ? Parce que si je sais clairement ce que je veux, je n'ai plus d'excuses pour ne pas y aller. Donc ça, ça vient nous chercher profondément. et potentiellement ça vient chercher un engagement. Et quelque part, tant que la réponse reste floue, on peut continuer à se dire « Oh, je ne sais pas trop » et rester dans une zone qui est confortable sans prendre de risques. La troisième raison, c'est qu'on confond souvent ce qu'on veut avec ce qu'on devrait vouloir. On se dit « Je devrais vouloir plus de patientelle. Je devrais vouloir développer ceci, cela. Je devrais vouloir ralentir. » Et d'ailleurs, finalement, Si je sais ce que je veux, il va falloir que je l'assume au regard des autres. Et donc, en fait, on ne vérifie pas notre envie. On est plutôt sous une forme d'injonction qu'on a intégrée et qui nous dit ce qu'on devrait faire et qui nous dit aussi, ou peut-être que c'est une autre injection, qui va nous dire attention, fais pas trop de vagues et essaye quand même de faire un peu comme tous les autres. Donc tout ça, ce sont des raisons qui font qu'on ne va pas forcément savoir identifier, écouter nos propres objectifs parce qu'on n'a finalement pas l'habitude de les entendre. Et une fois qu'on les entend, on a peur de ne pas réussir à les assumer. Alors, j'ai parlé d'objectifs, j'ai parlé d'envie et je crois qu'il va falloir qu'on éclaircisse un petit peu ce sujet-là. Un objectif, c'est quelque chose qui est concret, qui est mesurable, si possible un maximum de clarté. Je veux augmenter ma patientèle dans tel domaine d'ici tant de temps. Je veux écrire un livre et qu'il sorte dans tant d'années. Je veux déménager mon cabinet, changer d'endroit et je veux que ça arrive à tel délai. Ce sont des choses qu'on peut cocher sur une liste. Là, j'ai volontairement rajouté une contrainte de temps parce que si tu fixes à tes objectifs une contrainte de temps, tu vas être également focus, tu vas être concentré sur le fait d'atteindre l'objectif à ce moment-là et donc ta stratégie, elle va être plus facilement... mise en œuvre et elle va découler en fait assez spontanément de cet objectif canalisé au niveau temporel. Une envie profonde c'est quelque chose de différent, c'est plutôt quelque chose que tu ressens, c'est une direction, une sensation, c'est ce qui quand on l'imagine nous donne de l'énergie, nous motive, nous remplit, c'est le why, le big why n'est-ce pas, le grand pourquoi qui est derrière l'objectif. Et c'est là que potentiellement on peut se tromper, et moi y compris pendant longtemps, c'est qu'on peut se fixer des objectifs qui ne sont pas vraiment alignés avec nos envies profondes. On fixe des objectifs pour cocher la case. Je vais être un peu caricaturale, mais grosso modo, on veut une famille avec des gosses, une maison et un labrador, parce que ça fait partie des cases à cocher. Donc c'est des objectifs finalement qu'on s'est fixés, on a réussi peut-être à... les atteindre. Pour autant, une fois qu'on les a atteints et qu'on a coché la case, on se sent vide, on se sent insatisfait parce que c'est pas ça qu'on veut. Si je prends un exemple professionnel, ça pourrait être, je termine mes études et je veux monter mon cabinet, je veux avoir telle patientelle parce qu'on m'a toujours sous-entendu que, voilà, par exemple, je sais pas, ça fait classe de faire de la neuro. C'est clair, ça fait classe de faire de la neuro. on est bien d'accord en fait tout est classe n'est-ce pas toutes nos rééducations sont intéressantes à partir du moment où on a envie et qu'on se sent à l'aise dans ce domaine là mais voilà par exemple ça et puis au bout de quelques sens de dire en fait je m'ennuie, en fait ça me correspond pas c'est pas ce que j'ai envie de faire j'ai peut-être pas envie d'être en libéral j'ai peut-être pas vraiment envie de faire que ces suivis là etc etc donc quand t'atteins un objectif et que tu n'as pas de ressenti Merci. de satisfaction, ou peut-être que tu as un ressenti de satisfaction, mais que finalement tu restes avec une sensation de vide, une sensation de quelque chose finalement qui n'a pas vraiment changé la face du monde, ça ne t'apporte pas grand-chose, eh bien tu peux te poser la question de par quoi était motivé cet objectif. Dans cette idée-là, potentiellement, on a peut-être plutôt répondu à cet objectif, à la question qu'est-ce que je dois faire, plutôt que qu'est-ce que j'ai envie de faire, qu'est-ce qui compte vraiment pour moi. Alors concrètement, comment est-ce qu'on peut faire pour clarifier ce qu'on veut vraiment ? Il n'y a pas de formule magique, et clairement ce sont des vrais sujets, notamment de coaching, donc ça peut nécessiter plusieurs heures, jours, mois, alors pas mois de coaching en temps réel évidemment. Mais pour un individu, ça peut vraiment demander du temps d'exploration interne, de questionnement et d'avancer aussi dans son positionnement par rapport à sa propre vie. Pour autant, il y a quand même quelques questions que tu peux te poser. La première, c'est de partir de ce qui te donne de l'énergie. Si tu repenses à la semaine qui vient de s'écouler, qu'est-ce qui, dans cette semaine, t'a le plus motivé ? Qu'est-ce qui ? T'as laissé une impression d'être plus vivante, d'être plus toi-même, d'avoir envie, d'avoir hâte d'être à la prochaine étape. Qu'est-ce qui t'a donné un sentiment de satisfaction ? Qu'est-ce qui t'a donné, voilà, presque peut-être la sensation d'avoir des ailes qui te poussent dans le dos ? Et à l'inverse, quels sont les moments qui t'ont vidé ? C'est pas toujours lié à la difficulté de la tâche. Une séance compliquée, par exemple, en orthophonie, peut être très stimulante. Et une autre séance plutôt simple peut être démotivante, parce qu'on n'a pas trouvé d'énergie. Donc ça, ça peut être un premier indice. Et tu peux te poser la question au niveau pro et au niveau perso. La deuxième piste, c'est de se méfier des jeux de vrai. Chaque fois que tu entends la petite voix dans ta tête qui te dit « Je devrais faire ci, je devrais faire ça, je devrais vouloir ci, je devrais vouloir ça. » En fait, c'est forcément une injonction. Est-ce qu'elle est quelque part fondée, réaliste ? Par exemple... Je n'ai pas pris de nouvelles d'une amie depuis je ne sais pas combien de mois. Je vais peut-être avoir une injonction qui va me dire « Ah, je devrais l'appeler » . Mais c'est « je devrais » , en fait, c'est toujours pas « j'ai envie » . Donc peut-être que tu as envie de l'appeler, vraiment. Et dans ce cas-là, dis-toi « j'ai envie de l'appeler » . Et change ton verbatim interne, change du coup également le dialogue réel qui se passe et arrête de t'infliger des réactions, des commentaires, des injonctions qui te font te dire ce que tu dois faire. Demande-toi plutôt de quoi est-ce que j'ai envie ? Est-ce que je veux vraiment ça ? Ou est-ce que c'est quelque chose qui peut-être ne m'appartient pas ? La troisième piste, c'est d'accepter que ça puisse évoluer. Ce que je veux aujourd'hui, peut-être que l'année prochaine je ne voudrais plus la même chose. Peut-être que dans dix ans, je ne voudrais plus la même chose. Peut-être même que demain, je ne voudrais plus la même chose. Donc c'est aussi pour ça que c'est important de prendre du temps pour s'écouter et que c'est important de prendre du temps pour se fixer des objectifs importants et pour fixer ses priorités. Donc tout ça, tu vois, c'est quelque chose de très mouvant et ça nécessite aussi de se poser régulièrement pour s'interroger sur ce qu'on est en train de faire. Pour finir, je voudrais insister sur un point, c'est vraiment ce travail de clarification. En fait, on s'entretient soi-même dans un flou, j'ai commencé à en parler un petit peu, et le besoin de clarification, c'est ce qui te permet de savoir exactement où tu es aujourd'hui et où tu veux aller. Plus les choses sont claires pour toi, plus tu prends tes décisions avec, entre guillemets, lucidité, avec perspective, avec conscience des risques et des conséquences. pour l'ensemble de ta vie et de ton entourage, surtout si tu fais partie d'une famille ou tu as des gens autour de toi qui comptent sur toi et peut-être toi qui comptes sur eux. Quand on n'est pas lucide, quand on n'est pas clair, qu'on a juste envie de faire des choses mais qu'on n'a pas vraiment mis à la lumière du jour ce qu'on veut, pour de bon, eh bien on va avoir tendance à dire oui à des projets qui ne nous ressemblent pas, à accepter trop de choses. à courir après des objectifs qu'on n'a pas vraiment choisis. Et à un moment donné, on se réveille et on se dit mais pourquoi est-ce que je fais tout ça ? Et on a l'impression d'avoir bien travaillé, mais finalement, on est vide. Et encore une fois, c'est typiquement ce qui va favoriser l'épuisement. Alors que quand on a une idée claire de ce qu'on veut, chaque décision est plus simple. Parce que si je sais que je veux atteindre cet objectif, eh bien les étapes intermédiaires deviennent beaucoup plus évidents. Et le fait de se fixer ces objectifs-là nous donne du coup une boussole et ça va venir diriger l'ensemble de nos décisions qui parfois sont difficiles à prendre parce que oui, on va refuser des choses au profit d'autres stratégies, d'autres choses qu'on va mettre en place. Alors bien sûr, comme d'habitude, je vais te proposer un exercice et je vais te proposer de lister trois moments de ta vie professionnelle où tu t'es récemment senti... pleinement toi-même, énergisé, aligné. Pas besoin que ce soit spectaculaire, ça peut être une séance particulière, un échange avec une collègue, un moment où tu as pris une décision peut-être qui te ressemble. Et ensuite, pour chacun de ces moments, tu vas te demander qu'est-ce qui précisément t'a fait te sentir comme ça ? Est-ce que c'est la qualité de l'échange et qu'est-ce qui s'est passé dans cet échange ? Est-ce que c'est parce que tu t'es sentie particulièrement créative, autonome ? Est-ce que tu t'es sentie utile ? Essaie de mettre des mots sur ce qui revient, est-ce que tu as ressenti à ce moment-là ? Bien entendu, tu peux faire le même exercice au niveau perso. Et donc, tu vas regarder les mots qui reviennent le plus souvent. Ce sont probablement des indices sérieux sur ce qui compte vraiment pour toi. Et dans ce cas-là, tu peux te poser la question. Est-ce que ma vie professionnelle laisse suffisamment de place à ça aujourd'hui ? Si oui, comment est-ce que je peux en avoir encore plus ? Et sinon, comment est-ce que je pourrais... à ajuster. Et bien sûr, tu peux te poser les mêmes questions au niveau perso. Tu n'as pas besoin d'avoir toutes les réponses aujourd'hui, comme je te l'ai dit, ce sont des questionnements qui prennent du temps, qui méritent d'y revenir et qui évoluent également avec nous. Voilà pour cet épisode sur la clarification de ce qu'on veut vraiment. J'espère qu'il t'aidera à poser une base un peu plus solide sur laquelle choisir tes choix, tes priorités et ton équilibre. Dans le prochain épisode, on parlera de lâcher le masque professionnel. Cette image qu'on montre parfois au travail et qui n'est pas toujours tout à fait nous. Je pense que ça peut faire écho dans la continuité de ce qu'on vient explorer. En attendant, prends soin de toi. A très vite pour la suite d'OrthoBoost et pense à partager cet épisode s'il t'a plu.