Speaker #0C'est la période des vœux et qui dit vœux dit souhait, qui dit souhait dit je veux obtenir, je veux voir telle chose dans ma vie apparaître. Alors aujourd'hui, j'ai envie de te parler d'un mot qu'on n'aime pas forcément beaucoup, en tout cas auquel on ne pense pas dans cette période de vœux et de souhaits pour cette nouvelle année. C'est un mot qu'on associe souvent à la perte, à l'échec, à la résignation et moi je trouve que c'est... Quelque chose qui est fondamental avec les vœux, c'est le renoncement. On nous a tellement appris à tenir, à persévérer, à ne pas lâcher, à croire que renoncer serait abandonner, que ce serait une faiblesse, un manque de courage. Mais si je te parle de renoncement aujourd'hui, ce n'est pas comme d'une défaite, c'est comme un passage. Un passage profond, nécessaire, initiatique. Allez, je t'emmène dans cet épisode. Bonjour et bienvenue sur Oser l'âme, le podcast qui te connecte à ton être profond. J'espère par nos partages te réveiller et te révéler pour oser être et oser la vie. Mon nom est Betty Tutris, je suis passionnée par le prendre soin, par la spiritualité. J'enseigne à l'IFPIA la psychogénéalogie évolutive, la psychoénergétique et plein d'autres choses. Je suis également autrice du livre La médiumnité spirituelle. j'espère dans cet épisode te donner des clefs qui te permettront de créer ton coeur pour laisser chanter ton âme chaque épisode est une invitation à l'introspection pour exprimer plus librement toutes les parts de ton être le renoncement n'arrive jamais par hasard il arrive quand quelque chose en nous ne peut plus continuer comme avant quand le corps dit non quand l'âme se retire doucement quand ce qui nous fait vibrer hier ne répond plus aujourd'hui on est au début de l'année et partout on parle de nouveaux départs d'intentions de projets d'objectifs mais très peu de renoncements comme si on pouvait avancer sans jamais déposer et pourtant aucune transformation n'existe sans renoncer disait que l'on ne change pas par volonté mais par nécessité intérieure et le renoncement c'est souvent cette nécessité qui frappe à la porte Je pense par exemple à cette femme que j'ai accompagnée pendant plusieurs mois. Elle est thérapeute, engagée, passionnée. Elle a construit une activité solide, reconnue et pourtant, elle arrive en séance vidée, triste et éteinte. Elle me dit « je ne comprends pas, tout marche, mais moi je ne suis pas là » . Ce qu'elle n'osait pas encore nommer, c'est qu'elle avait besoin de renoncer. Renoncer à une façon d'exercer, à une image. à une attente qu'elle avait d'elle-même, pas pour tout arrêter, mais pour arrêter de continuer à contre-courant d'elle-même. Renoncer, ce n'est pas forcément tout quitter, c'est simplement cesser de forcer. On confond souvent renoncement et renonciation. La renonciation est une coupure, souvent dictée par la peur ou la morale. Le renoncement, lui, est un consentement profond à la réalité intérieure. Freud disait que la maturité psychique passe par l'acceptation de la perte. Et cette phrase est essentielle parce qu'on ne grandit pas sans perdre quelque chose. On ne devient pas soi sans laisser mourir certaines versions de nous. Renoncer, c'est accepter qu'une partie de notre identité ne nous correspond plus, même si elle nous a sauvé un moment, même si elle nous a permis d'exister. Euh... J'ai, lorsque j'ai commencé à enseigner à l'Hispia, il m'a fallu faire un choix entre mes consultations et le temps que je consacrais à la formation. Ça a été vraiment très très difficile, tout simplement parce que j'adore mon métier, j'adore recevoir les gens. Mais à un moment donné, j'ai senti qu'il fallait que je renonce. Renoncer, c'est faire le deuil aussi. Faire le deuil, d'autant que je n'avais pas... faire le deuil entre deux aspects de ma personnalité l'enseignante et la thérapeute, alors je reçois encore un peu en séance mais beaucoup moins, et c'est parce que j'ai fait ce choix que j'ai pu développer d'autres choses et m'épanouir au sein de l'IFIA je pense également à quelqu'un que j'ai accompagné un homme très engagé spirituellement ... qui s'était construit autour d'un idéal très élevé. Toujours plus de conscience, toujours plus de maîtrise, toujours plus de cohérence. Et un jour, son corps a lâché. Le burn-out. effondrement, plus d'énergie. Ce qu'il a dû renoncer à ce moment-là, ce n'était pas la spiritualité en fait, c'était son idéal. L'idée qu'il devait être à la hauteur de quelque chose, le renoncement était de descendre dans l'humain, d'accepter la limite, la fatigue, l'imperfection. Et ça c'est un renoncement immense et j'ai même envie de dire que c'est un engagement spirituel. Parce que dans beaucoup de parcours spirituels, on parle d'élévation, mais on parle peu de descente. Or, sans descente, il n'y a pas d'incarnation. Renoncer, c'est parfois renoncer à être exceptionnel pour devenir vrai. Winnicott parlait du faux self, ce masque que l'on construit pour être aimé, accepté, reconnu. Et renoncer, c'est souvent accepter de laisser tomber ce faux self, même si on ne sait pas encore qui l'on est sans lui. c'est vertigineux parce que renoncer ce n'est pas seulement perdre quelque chose à l'extérieur c'est perdre une image intérieure une promesse voire une illusion et c'est pour ça que le renoncement fait peur je vois beaucoup de femmes qui sentent qu'un cycle est terminé mais qui n'osent pas renoncer elles restent elles tiennent elles rationalisent elles expliquent jusqu'à ce que le corps où le mental ou la vie tranchent à leur place. Le renoncement conscient évite souvent la rupture brutale. Et il y a une chose très importante à dire. On ne renonce pas avec la tête, on renonce avec le cœur, avec l'âme. Le mental arrive toujours après. Les signes du renoncement sont subtils au début. Peut-être une fatigue, un désintérêt, un conflit intérieur. Et souvent on se juge pour ça, on se dit que peut-être on n'est pas assez motivé, pas assez reconnaissant, pas assez engagé. Et puis peut-être qu'il y a aussi le regard de l'autre. Qu'est-ce que l'autre va penser de moi si je dis que je change de voie par exemple ? Là je pense à moi quand j'ai lâché un peu le cabinet quoi, c'était qu'est-ce que je vais devenir et quelle nouvelle personne je vais être. En fait, le renoncement est un appel. Renoncer, ce n'est pas s'arrêter de vivre, c'est changer de rythme, c'est accepter que la vie nous emmène ailleurs, que là où l'ego avait prévu. Dans les traditions spirituelles, le renoncement est souvent un passage initiatique, non pas pour se priver, mais pour se dépouiller de ce qui encombre l'essentiel. Et l'essentiel, ce n'est jamais une performance, c'est une présence. Renoncer, c'est parfois dire « je ne sais plus, je ne sais pas encore, je fais une pause, je laisse faire » . Et ça demande énormément de courage dans une société qui valorise l'action, la clarté et la maîtrise. Je trouve qu'il y a une grande douceur à accepter de ne pas savoir ce que sera la suite. Alors c'est difficile de rester dans l'entre-deux, mais moi je trouve que c'est nécessaire. Parce qu'en fait, le renoncement n'est jamais la fin de l'histoire. C'est l'espace vide avant la forme suivante. Et ce vide est fécond. Allez, comme d'habitude, je te propose une petite pratique liée à cette nouvelle année. Ce que je te propose, c'est simplement, sur un papier, d'écrire tout ce que tu aurais envie... d'écrire sur un papier tes renoncements pour cette année 2026. Pose-toi cette question vraiment dans l'accueil. À quoi suis-je en train de m'accrocher alors que quelque chose en moi a déjà lâché ? Et laisse venir ce qui vient, une image, une sensation, une émotion. Peut-être des émotions qui arrivent ou des sensations physiques. Et pose-toi cette deuxième question, qu'est-ce que je pourrais me permettre de déposer, même un petit peu cette année, juste aujourd'hui, juste maintenant ? Pareil, ressens ce que ça fait d'encore, c'est quoi d'imaginer, voilà, les choses auxquelles tu renonces. Et rappelle-toi, renoncer ce n'est pas perdre, renoncer c'est faire de la place. Huyung avait une expression que moi j'aime beaucoup, lui ne parlait pas de lâcher prise, il disait laisser advenir. Voilà, prends le temps d'écrire sur le papier, plutôt que de noter des voeux, bon, tu peux quand même noter tes voeux, mais note peut-être à côté ce à quoi tu as envie de renoncer. Voilà pour cet épisode. Alors, c'est mon dernier épisode pour l'instant. J'ai décidé de renoncer à enregistrer les prochains épisodes d'Ozellam. Alors, nous sommes le 5 janvier 2026, c'est un début d'année, un moment de renouveau et pour moi, c'est le moment d'un passage symbolique. C'est le 91e épisode d'Ozellam. Et je vais faire une longue pause, je pense. Depuis le lancement de ce podcast en juin 2023, On a cheminé ensemble à travers environ 14 000 écoutes, 14 000 moments où nos âmes ont résonné ensemble. Donc je tiens à te remercier du plus profond de mon cœur pour ta fidélité, pour tes retours et pour la confiance que tu m'as accordée en me laissant entrer un peu dans ta vie. Si je m'arrête aujourd'hui, ce n'est pas parce que je n'ai plus rien à dire, mais parce que j'ai besoin d'écouter différemment. Je suis en train d'écrire mon deuxième livre et je sens que cette création demande un silence, que le podcast ne peut plus combler pour l'instant. Je ne sais pas encore sous quelle forme je reviendrai, je ne sais pas quelle sera la couleur de ma voix ou la texture de mes mots dans quelques mois, mais je sais que pour que ce nouveau puisse naître, je dois oser laisser le micro s'éteindre un temps. Je dois appliquer à moi-même ce que je te transmets. pas m'accrocher pour laisser l'essentiel prendre toute la place. Je te souhaite une très belle année 2026. Faites de proclamations de ta lumière, de moments pleins de vie et de ton âme et d'oser l'essentiel. On se retrouvera d'une manière ou d'une autre pour continuer à oser l'âme. D'ici là, prends soin de toi.