- Speaker #0
Nous sommes le 2 mars 2026, j'ai presque abandonné l'idée de participer au podcaston pour cette année, tant je peine à trouver l'association à mettre en valeur qui rentre dans ma ligne édito de média industriel. Mais ce jour-là, je me promène dans les allées du Simodec et je tombe sur ADTP. ADTP, c'est une association à but non lucratif, pont entre l'économie solidaire et la performance industrielle, acteur majeur économique d'ici en Haute-Savoie. C'est un sous-traitant industriel qui réunit les besoins des acteurs économiques de la région et l'emploi des personnes en situation de handicap. L'un des mieux placés pour en parler, c'est mon invité du jour, le directeur d'ADTP, Grégory Challamel. Bonjour Grégory, je suis ravie de te recevoir au micro d'Oser l'Efficacité.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Si tu devais présenter ADTP juste en une phrase pour nous mettre dans le contexte, qu'est-ce que tu dirais ?
- Speaker #1
ADTP, c'est comme tu dis, une association spécialisée dans l'accompagnement. L'accompagnement de personnes en situation de handicap. Donc on va construire des parcours pour les accompagner par l'emploi, par le travail. et l'accompagnement d'industriels du territoire, parce qu'on va accompagner les structures dans l'industrialisation de leurs projets, dans la réalisation de leurs projets, dans l'assemblage, dans la numérisation. L'ADTP a un panel de métiers qui est assez large et impressionnant pour une structure comme la nôtre.
- Speaker #0
Très bien, pour bien comprendre de quoi on parle, et surtout parce que dans Oser l'Efficacité, on adore les parcours d'entreprise et de dirigeants, on va s'intéresser à l'histoire et à ce qui s'est passé avant. Ça se passe dans... « I need a hero » . Est-ce que tu peux me dire quand et comment est né ADTP ?
- Speaker #1
Alors, ADTP est né il y a presque 70 ans, parce qu'on fêtera les 70 ans d'ADTP l'année prochaine. Donc, en 1957, dans un contexte de sortie de guerre, c'est un peu plus de 10 ans que la Deuxième Guerre mondiale est terminée, il y a beaucoup de personnes mutilées de guerre et qui ont de la peine à trouver un emploi. En parallèle de ça, on est quand même dans une période de développement économique. Du coup, on se pose la question de comment ces personnes peuvent aussi contribuer au développement économique. Il y a un certain nombre de notables d'Annecy qui se disent comment est-ce qu'on peut faire quelque chose qui a un impact social positif et créent ADTP comme premier client et comme acteur essentiel dans la démarche d'ADTP, SNR qui est aujourd'hui devenu NTN Europe.
- Speaker #0
Et depuis ? Comment se sont développées, parce que vous avez plusieurs activités, tu l'as dit en introduction, comment vous avez rajouté les activités au fur et à mesure ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, ADTP, c'est 600 personnes sur le territoire, sur 4 sites industriels, qui a une croissance liée, je dirais, à 3 types d'activités. La première activité, c'est les gros donneurs d'ordre locaux, comme Tefal, comme Staubli, comme NTN, que j'ai déjà citéé, et on a plein d'autres. qui, je dirais, par responsabilité sociale, se sont dit qu'il faut qu'on fasse marcher cette structure. Et à côté de ça, il y a la performance, mais j'imagine qu'on aura l'occasion d'en retourner. Donc il y a ces grosses structures qui ont accompagné ADTP dans son développement. Après, il y a eu beaucoup de croissance avec de l'opportunisme, avec des gens qui disent, mais on a une problématique, comment est-ce qu'on peut la résoudre ? On a quelque chose à assembler, on a quelque chose à fabriquer, on a quelque chose à numériser. Là, ADTP, du coup... est partie d'une problématique et a réussi à amener une réponse au client. Et puis après, un peu plus récemment, ces 10, 15, 20 dernières années, toutes les startups qui arrivent avec des problématiques qu'on va aussi accompagner. Tout ça, ça fait ce qu'est ADTP aujourd'hui.
- Speaker #0
Et donc sur ce sujet, vous vous retrouvez en concurrence avec d'autres personnes qui pourraient avoir des solutions en plus. Et finalement, le côté emploi des personnes en situation de handicap, c'est un bonus ?
- Speaker #1
C'est un plus parce que Ça nous a demandé de développer de la flexibilité, de développer flexibilité et agilité, et d'intégrer plein de paramètres qu'une structure classique n'intègre pas forcément. Donc aujourd'hui, nos concurrents peuvent être des entreprises de l'ESS, mais qu'on voit plutôt comme des partenaires que comme des concurrents, mais ils sont aussi des industriels classiques. Alors soit l'industriel, soit le client lui-même qui peut à un moment donné se dire Pourquoi est-ce que je ne pourrais pas internaliser cette production ? Ça peut arriver. Soit d'autres sous-traitants industriels avec qui on rentre en concurrence.
- Speaker #0
Ça marche. Et toi, c'est quoi ton parcours ? Comment tu en es arrivé là ?
- Speaker #1
Alors, comment j'arrive chez ADTP ? J'arrive chez ADTP avec après un long parcours sur quasiment une même entreprise parce que je travaillais sur le site de Bosch à Marignier, historiquement site ZF. J'ai démarré stagiaire, j'avais démarré stagiaire 25 ou 28 ans avant, stagiaire apprenti, après un parcours très technique en méthode d'industrialisation, en ligne de management, 4 ans de responsable production, et puis j'ai eu l'opportunité de partir en Chine pendant 3 ans. en Chine pour démarrer une structure industrielle pour le marché chinois, c'est toujours important de le préciser. Et je suis revenu en 2017 de Chine, j'ai pris la direction du site où j'avais démarré stagiaire, donc même en tant que directeur, certains pour la boutade m'appelaient toujours le stagiaire, et j'ai pris la direction de ce site, c'est un site automobile, 100% auto, qu'on a tenté de diversifier au travers de l'offre de l'assemblage absolu, qu'on a tenté de transformer malheureusement. On n'a pas réussi cette transformation et à un moment donné, il y a eu une décision du groupe qui fait qu'on a dû fermer le site en 2024. Et du coup, comment j'ai réussi à ADTP ? Ça faisait, je continue encore quelques mois pour, on va dire, pogner la fin du site. C'est une structure que j'avais identifiée depuis longtemps en me disant c'est vraiment une belle structure. C'est à la fois une structure qui a du sens, c'est une structure de l'ASS qui a une mission qui est assez formidable. Et à côté, c'est un vrai acteur industriel, des process industriels avec des moyens, avec des savoir-faire, avec un bureau d'études. Donc, je dirais que l'équilibre entre les deux avait vraiment du sens. Donc, ça a été quand j'ai su que mon prédécesseur quittait la structure, c'était une évidence que c'est ce poste-là que je voulais.
- Speaker #0
Très bien. Et ça marche. Donc, on prend les belles histoires. Ça part bien,
- Speaker #1
Ca fera bientôt un an.
- Speaker #0
Très bien. Joyeux anniversaire, dans ce cas-là. Qu'est-ce qui t'a le plus surpris en arrivant chez ADTP ?
- Speaker #1
Ce qui m'a le plus surpris, c'est la capacité à gérer de la complexité. En fait, c'est une organisation qui a deux types de complexités liées aux équipes qu'on a. Parce que forcément, qui dit personne en situation de handicap, dit restriction, dit modèle horaire différent, dit qu'il faut. gérer toute cette complexité-là. Et à l'inverse, c'est la capacité à utiliser toutes les compétences de ces équipes-là pour gérer la complexité chez les clients. On a une multitude, une largeur d'offres qui est assez incroyable parce que, alors oui, il y a des activités d'assemblage, il y a des activités de numérisation, il y a des activités de tri, on fait du développement de cartes électroniques, on fait de l'assemblage de cartes électroniques, on fait de l'emballage, on fait de l'expédition. Il y a une complexité incroyable en termes de nombre d'activités, de nombre de clients. C'est vraiment ça qui m'a marqué les premières fois. Découvrant ADTP dans le détail, je me suis dit comment est-ce qu'on arrive à faire tout ça.
- Speaker #0
Tu ne t'attendais pas à ça ?
- Speaker #1
Je n'attendais pas à autant de complexité. Je savais qu'il y avait... Je fais des entretiens, j'ai vu le site internet, je voyais un peu toutes les activités qu'il y avait, mais pas autant et pas... Je ne m'attendais pas non plus à ce que l'expertise sur ces savoir-faire aille aussi loin. C'est-à-dire qu'il y a une largeur dans l'expertise et il y a une vraie profondeur dans les expertises qu'on a.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a un épisode particulier qui t'a vraiment marqué sur ces un an passé chez ADTP ?
- Speaker #1
C'est l'accueil des travailleurs en ESAT. Il y a deux types de structures, les entreprises adaptées et les ESAT.
- Speaker #0
On rentrera dans le détail.
- Speaker #1
Établissements et services d'accompagnement par le travail, où là, on a des personnes qui ont une orientation par la MDPH, ça devient un peu technique, donc des handicaps un petit peu plus lourds, situation d'handicap mental ou psychique. Et je dirais, le premier contact pour aller me présenter dans les équipes, forcément, on n'est pas très à l'aise, on ne sait pas... Comment l'accueil va se faire ? Comment le contact va passer ? Et c'est un moment assez magique parce que l'accueil est juste génial. Les équipes, elles sont super. Il y a des gens qui sont engagés, qui sont sans filtre, mais qui sont naturels, avec qui on a des discussions vraiment intéressantes sur tout type de sujet. Et ce moment-là, c'était vraiment le moment, c'était dans les premiers jours, j'ai tout de suite dit, moi j'ai envie d'aller rencontrer les équipes, d'aller voir l'ensemble des équipes. Et ça, ça a vraiment été un moment fort dans l'intégration chez ADTP.
- Speaker #0
Aucun regret, en tout cas, dans ce qu'on ressent. Dans Oser l'efficacité, on aime bien les références pop. Si tu devais comparer ADTP à une série, un film ou un super-héros, qu'est-ce que tu dirais ?
- Speaker #1
Ça pourrait être beaucoup de choses. Je dirais l'agence Tous risques. Pourquoi l'agence Tous risques ? Pourquoi l'agence Tous risques ? Parce que c'est déjà une équipe ADTP, c'est déjà une équipe. Une équipe qui fonctionne. Enfin, c'est plein d'équipes, mais au global, c'est une grande équipe qui fonctionne. C'est une équipe au service d'une cause. Dans l'agence tous risques, c'est ça. Il y avait toujours, je me rappelle, il y avait toujours une cause derrière. Il y avait toujours cet intérêt. Donc, c'est une équipe au service d'une cause et qui trouve toujours des solutions.
- Speaker #0
Et qui sont très pluridisciplinaires aussi. Donc, ça revient. J'aime beaucoup la comparaison. Pour aller plus loin dans les services d'ADTP et à l'expertise, je vais te proposer de tordre le cou à quelques mythes qui peuvent tourner autour de l'accueil et le travail avec les personnes en situation de handicap. Et ça se passe dans la séquence « Mythes ou réalité » . Je vais te proposer trois situations, trois phrases qu'on peut entendre régulièrement. Et puis tu vas me dire si c'est des mythes, c'est 100% faux, il faut arrêter de penser ça, ou si c'est la réalité et développer sur chacun. Première proposition, les entreprises travaillent avec vous uniquement pour remplir leurs obligations handicap.
- Speaker #1
Mythe. Alors, il y a toujours un peu de réalité, bien sûr que pour replacer les choses dans le contexte, chaque entreprise de plus de 20 personnes doit employer 6% de personnes en situation de handicap. Sinon, les entreprises doivent payer une contribution OETH. C'est de la contribution. Effectivement, nous, quand on travaille pour une structure qui paye la contribution OETH, 30% de cette facture, en tout cas en valeur ajoutée, peut être déduit de cette contribution. Maximum de 30%, après il y a plein de règles derrière. Donc ça c'est une réalité, c'est un avantage pour les entreprises, c'est quelque part un avantage compétitif pour nous aussi. Maintenant, quand on regarde les entreprises qui travaillent là-dessus, il y en a même qui viennent chez nous et qui ont pas ça en tête. Des acheteurs et des grosses structures qui se disent « Non, j'avais pas ça en tête » . Donc non, c'est vrai que c'est un facteur, que ça peut être influent pour certaines structures, mais ce n'est pas du tout la majorité. On a plein de structures, y compris les grosses entreprises, qui sont à ce taux de 6% et qui, malgré tout, travaillent pour nous, pour toutes les autres entreprises que j'ai pu citer.
- Speaker #0
Pour ma deuxième proposition, tu m'as un petit peu coupé l'air sous le pied parce que je voulais te demander si du coup, de par la typologie de personne, on ne fait que des activités simples. Je crois que tu as déjà bien répondu sur le sujet qu'on est sur un gros mythe.
- Speaker #1
Oui, on est sur un gros mythe. Après, ça va dépendre des structures. Nous, notre métier, c'est d'accompagner des parcours, des parcours professionnels et d'accompagner par l'emploi, par le travail, des personnes en situation de handicap. C'est ça le métier principal. se dire qu'on ne fait que des choses simples, ça voudrait dire qu'on a des gens qui ne peuvent pas faire des choses complexes. Alors que ce n'est pas vrai. Une personne en situation de handicap, c'est une personne qui, à un moment donné, a une restriction, ne peut pas faire certaines choses. Mais c'est une personne qui a plein de compétences. C'est une personne qui sait faire plein de choses. Des gens qui ont des capacités de concentration que d'autres n'ont pas du tout. Il n'y a vraiment pas à se limiter dans les métiers qu'on peut faire. Bien sûr qu'on identifie est-ce que cette activité, elle peut être faite dans tel atelier ou tel atelier, mais non, on est capable de faire des choses complexes. On a des produits type les J.R.Bag et les Motion qui sont des produits de sécurité. On a des produits comme l'airbag Arva, le sac à dos qui se déclenche en avalanche. Là-dedans, il y a des montages qui sont vraiment complexes, il y a des collages, il y a l'assemblage dans le sac à dos qui doit être très bien fait. Et tout ça, on est capable de le faire sans aucun problème.
- Speaker #0
Je pense que ça remet les choses en place effectivement sur ce qu'on est capable de vous déléguer finalement en tant que sous-traitant industriel. C'est...
- Speaker #1
Je peux juste ajouter, en fait, c'est l'organisation qu'on met en place autour de ce travail-là et quelle ambition on se donne. Est-ce qu'on se dit, on a envie de faire que des choses plutôt simples. Mais là, du coup, on va se battre sur le prix. Nous, notre stratégie, même si on a des activités simples, c'est d'augmenter la valeur ajoutée qu'on peut apporter aux clients, c'est d'accompagner nos clients dans leurs projets. C'est aussi pour ça qu'on a le pôle technique qui a la capacité d'accompagner les clients de leur industrialisation. Ce qu'on appelle le design for assembly, c'est comment j'aide mon client à finaliser. Et on a aussi cette capacité. d'assembler des cartes électroniques, de dessiner des cartes électroniques. Donc une startup ou un industriel peut venir nous voir, on va lui dessiner sa carte électronique, on va lui faire les prototypes, on va faire les programmes qui vont dedans et derrière, on peut l'assembler en série.
- Speaker #0
C'est ce que tu disais tout à l'heure, il y a cet enjeu d'utiliser au mieux les compétences de chacun, au meilleur possible, et d'organiser cette complexité au final autour de plein d'activités. C'est extrêmement riche. Mon dernier mythe, c'était, on a commencé à l'aborder, ESAT et EA. C'est grosso modo la même chose.
- Speaker #1
C'est effectivement un mythe. Non, ce n'est pas du tout la même chose et sur les équipes et sur l'accompagnement. Donc, EA, ça veut dire entreprise adaptée. Là, on est dans le code du travail. C'est assez proche, on reste dans le milieu protégé, mais on est assez proche d'une entreprise classique. Les règles qui s'appliquent sont les règles d'une entreprise classique. Et les AT, établissement et service d'accompagnement par travail. où là c'est le code d'action sociale et des familles, où là on a des personnes en situation de handicap qui ont au moins 50% de handicap, avec une orientation de la MDPH, donc c'est vraiment une orientation exacte, et là il y a un vrai accompagnement médico-social, où on va avoir autour de ces équipes, des moniteurs, des éducateurs, des éducateurs spécialisés, des conseillers. en parcours professionnel, des psychologues, des assistantes sociales, pour créer un écosystème autour des personnes et les accompagner dans un parcours professionnel. Un parcours qui est interne ou externe.
- Speaker #0
Vous avez quand même vocation chez ADTP à ce que les gens qui travaillent chez vous puissent un jour travailler dans un système plus classique où ce n'est pas la vocation première.
- Speaker #1
On a cette... Il y a cette obligation et cette volonté aussi d'accompagner les personnes pour les accompagner dans le parcours qu'elles souhaitent faire et leur faire toucher du doigt ce qu'elles ont envie de faire. Donc ça, soit ça se fait en interne, soit ça peut se faire en externe, où effectivement on va les organiser des duodays. Un duoday, c'est une journée dans une entreprise classique. On peut organiser des stages, on peut organiser des mises à disposition. Ça, ça peut se faire soit en excelle, soit en interne. On a aussi des gens de l'ESAD qui vont faire ça en entreprise adaptée chez nous. Après, effectivement, aller sur du long terme dans une entreprise qu'on appelle du milieu ordinaire.
- Speaker #0
Très bien. Je crois qu'on a bien couvert, en tout cas, les mythes qu'on pouvait avoir au-dessus, sauf s'il y en a un qui vient en tête pour lequel tu t'es dit, en venant ici, il faut absolument que je change les idées qu'on peut avoir là-dessus.
- Speaker #1
Il y a le mythe... principalement pour l'entreprise adaptée, qu'on touche des aides qui viennent créer une distorsion de concurrence, parce que oui, effectivement, on a des aides au poste, on l'appelle des aides au poste, pour les personnes en situation de handicap qu'on emploie, on a des aides au poste, et que ça, ça vient créer une concurrence déloyale. Je pense que les gens ne comprennent pas quel est le rôle de cette aide au poste. Cette aide au poste, c'est plusieurs fonctions. La première fonction, c'est déjà de venir à compenser une perte de productivité quelque part liée au handicap, liée à la restriction que porte la personne. Ça, c'est une réalité. Dans un atelier, on doit avoir minimum 55% de personnes en situation de handicap. On est plutôt entre 70 et 75%. Forcément, c'est un impact. Et l'aide au poste, c'est de bien compenser une petite partie de ça. Mais elle ne sert pas qu'à ça, l'aide au poste. L'aide au poste, elle sert aussi à accompagner ces personnes dans un parcours, sur la formation, sur l'accompagnement social aussi. Parce que c'est souvent des gens qui ont beaucoup de démarches à faire. C'est pas toujours simple de les faire. Donc, on a tous cet accompagnement social qui est important de faire. avec pas forcément cet objectif de ressortie dans le milieu ordinaire, même si tout le monde parle de ça. C'est une anecdote que j'aime bien raconter, j'ai participé à un départ en retraite. Au tout début, j'étais à mois de juillet, départ en retraite, j'y vais, l'histoire fait que quand j'allais à des départs en retraite, les gens étaient là depuis 20, 25, 30 ans, et là la personne, je lui dis, ça fait longtemps que vous étiez chez nous, elle me dit, ça faisait deux ans. La personne qui part en retraite, 62, 64 ans, en situation de handicap, elle n'est pas embauchée chez moi. où elle n'est pas embauchée. Donc, il y a vraiment tout ce rôle social qui est important. Et je dirais que l'aide au poste, elle vient couvrir toute cette partie-là. Elle est essentielle. dans le fonctionnement de structures comme la nôtre.
- Speaker #0
Ça fait un beau message, surtout dans ces périodes où l'emploi des personnes plus âgées, déjà même à l'ordinaire, n'est pas du tout évident, en plus en situation de handicap. C'est important de souligner. Je te propose qu'on enfonce un peu le clou dans la prochaine section. On va s'intéresser aux belles histoires qu'il peut y avoir derrière l'activité d'ADTP. Ça se passe dans la fierté du patron. Je te propose de commencer pour cette section par un partenariat un peu particulier, parce que tout le monde en a entendu parler, alors pas du partenariat en lui-même, mais tout le monde a entendu parler de l'entreprise dans les journaux, enfin dans la presse récemment, c'est In&motion, puisqu'ils sont derrière la conception des airbags pour les skieurs au JO. Alors là, on ne parle pas de ça, parce qu'In&motion, ce n'est pas que ça, ce n'est pas que des airbags pour la compétition des skieurs, et donc finalement qu'une petite partie de personnes, c'est aussi... des produits beaucoup plus grand public, comme les airbags, équitations et motos. Et ça, c'est assemblé chez vous. Est-ce que tu peux me dire comment ça s'est fait, cette mise en relation avec ADTP et comment vous les accompagnez au quotidien ?
- Speaker #1
C'est une histoire qui date d'il y a dix ans. C'est toujours une histoire de rencontre, ces sujets-là, d'une start-up du territoire qui est quand même une superbe réussite pour le territoire, avec des équipes qui ont cru en leurs produits dès le début. et qui ont développé des produits qui ont de l'intelligence, d'avoir des produits qui répondent aux besoins, aux enjeux actuels, et d'avoir des plans de commercialisation vraiment cohérents, sans vouloir aller trop vite, en allant juste dans les bonnes étapes de développement. Puis surtout, en se disant qu'à un moment donné, on ne peut pas tout faire tout seul, il faut s'appuyer sur des partenaires, il faut s'appuyer sur des gens qui vont pouvoir nous aider justement dans l'industrialisation. Et c'est exactement ça. Donc, ça a commencé il y a 10 ans, les premières factures d'ADTP vers In&motion, c'est quelques milliers d'euros dans l'année. Je ne dis pas que ça a payé tout le travail qu'on a fait, mais c'est aussi notre rôle d'accompagner des startups du territoire. Et ça a démarré comme ça, sur ils avaient un problème technique, comment faire ? On a ce qu'on appelle notre pôle technique, avec notre leader historique technique, qui est Edouard Amaral. ils sont rentrés dans la discussion. Donc, trouver des solutions, faire des tests, des soirées techniques. Et puis, petit à petit, ça a commencé à grandir, à progresser. Ils en ont vendu de plus en plus. On s'est mis à l'assemblée de la série. Et puis, s'est posé la question il y a une grosse année. In&motion dit maintenant, ça y est, on est lancé. Ça va vraiment décoller. Et là... Merci. le bureau, le directeur général de l'époque, le directeur de site, qui ont dit, nous, on veut accompagner In&motion dans cette croissance. Donc, on dédie un atelier pour In&motion. On dédie des flux de production, des équipes qui seront là en soutien d'Inémotion pour accompagner la croissance d'In&motion dans les années qui viennent. Et je dirais monter dans le top 10 des clients, puis dans le top 5 assez rapidement. Et c'est ça l'histoire avec In&motion.
- Speaker #0
C'est quelque chose que vous continuez maintenant. Actuellement, il y a des startups qui vous sollicitent encore maintenant.
- Speaker #1
Il y a en permanence des structures qui nous sollicitent pour effectivement les accompagner et développer avec eux des process et les aider, comme je disais tout à l'heure, à finaliser leur conception pour que le produit s'assemble le mieux possible, qu'il y ait le moindre produit possible. qui s'assemblent le plus vite possible, que des collages. J'ai une énorme expertise collage sur le site. Donc, pour redesigner le produit, pour dire à l'agent, si tu veux que ça colle tout le temps, voilà quelle colle il faut mettre, voilà quel jeu il faut mettre. Attention, la telle surface peinte, ça va dégazer, donc ça va bien de la peinture aussi. Il ne faut pas entrer plus dans la technique. Ça, on a cette vraie expertise de nos équipes techniques qui permettent d'accompagner les startup.
- Speaker #0
C'est vraiment le passage entre... On a une idée, on a un produit qui est à peu près finalisé, on sait qu'il y a l'usage aussi derrière. Maintenant, il faut qu'on puisse le produire à l'échelle, sinon il ne se vendra jamais, on ne sera jamais rentable. Et c'est là que vous interveniez.
- Speaker #1
C'est l'industrialisation de ces produits-là.
- Speaker #0
Ça marche. Au-delà des startups, vous accompagnez aussi des entreprises plus installées, depuis beaucoup plus longtemps, comme Tefal. Tu peux me parler un petit peu de ce que vous faites avec eux ?
- Speaker #1
Tefal, c'est aussi un de nos gros clients, historique depuis très longtemps. On a des partenariats importants avec Tefal. L'enjeu avec Tefal, il est vraiment de rester le plus compétitif possible pour que tous ces produits-là, ils restent en France. Ce qui est intéressant avec Tefal, c'est qu'on a un accompagnement global sur plein de produits. Donc on a des produits qui vont être assemblés en ESAT, où on va aller visser une poignée sur un couvercle, une poignée centrale du couvercle. Ce produit-là, il est intéressant dans un parcours ESAT, parce qu'en fonction de la typologie des personnes qu'on va avoir, il y a des gens qui vont complètement assembler le produit. Donc la visse, la rondelle, l'assembler, faire le contrôle qualité. emballer le produit, puis il y a des gens qui n'ont pas la possibilité de faire tout l'assemblage complet. Donc ça se fera sur une machine semi-automatique où il y aura deux personnes pour le faire. Donc ça, c'est des produits qui sont vraiment intéressants. C'est des dizaines de milliers de couvercles par semaine qui sont assemblés, donc des équipes derrière. Et en plus, avec des usagers, travailleurs d'ESAT, qui sont fiers de faire ça parce que c'est des produits qu'ils retrouvent dans les magasins. Et ça, c'est vraiment intéressant. Avec Tefal, on va avoir Une autre ligne où là, on a un assemblage avec un double collage de poignées. Pareil, c'est des dizaines de milliers par semaine. Avant les vacances, on en faisait quasiment 100 000 semaines. Donc là, on est sur une ligne complètement automatisée en 2A. Et on a d'autres produits, pareil, où c'est des millions par an. Et puis, à l'inverse, en tant que sous-traitant, on est aussi capable de les dépanner sur des retouches, sur des démontages, sur des retouches d'emballage, des choses comme ça. Donc, c'est une prestation globale. qu'on fait pour Tefal, ils savent qu'ils ont un problème ou quelque chose à sous-traiter. Ils savent que nous, on va en tout cas faire le maximum pour leur amener la solution. On peut dire, non, ce n'est pas possible, mais en tout cas, on va faire le maximum pour leur amener la solution, que ce soit sur de la grande série ou sur des petites choses qui vont prendre une dizaine, une cinquantaine d'heures.
- Speaker #0
Tout à l'heure, tu me parlais de suspicion de concurrence déloyale, mais sur le salon, quand je discutais avec une de tes collaboratrices, Vous me disiez qu'en particulier sur Tefal, il y a des activités qui seraient déjà parties en Chine si elles n'étaient pas chez vous. Vous avez mis des choses en place pour que justement, il y ait des choses qui restent en France.
- Speaker #1
On est allé le chercher par la performance. On est allé le chercher en mettant en place des flux qui soient le plus performants possible avec Tefal. Je pense que c'est ça la bonne approche. Aujourd'hui, comme j'ai dit tout à l'heure, la dimension de l'aide, des accompagnements, bien sûr que ça... en ESAT, ça vient jouer dans un taux horaire, ça c'est certain. Maintenant, si on n'a pas la performance qui va avec, ça ne suffit pas. Donc, c'est un équilibre entre eux deux. C'est d'accompagner le client dans l'atteinte de ses objectifs. Là, je dis accompagnement des personnes et accompagnement du client. De plus en plus aujourd'hui, dans la discussion, c'est de discuter avec les clients, dire ok, c'est quoi l'objectif que vous devez atteindre ? Parce qu'on sait qu'on est face à des enjeux qui, des fois... sont plus français, sont même plus européennes. Donc, il faut se dire les choses et être capable collectivement d'atteindre les objectifs qui nous sont fixés.
- Speaker #0
Oui, c'est ça le message que je voulais faire passer, c'est qu'on a vraiment cet enjeu de performance, d'atelier moderne qui fait qu'on peut garder de l'activité en France sans forcément se dire que c'est foutu.
- Speaker #1
C'est ça, oui. J'aurais dû dire qu'il y a encore plein, plein de choses à faire en France.
- Speaker #0
Et à côté de ça, il y a le client fondateur, enfin un des clients fondateurs qui est toujours votre client aujourd'hui, qui est NTN SNR. Alors eux, c'est carrément un site qui est dédié.
- Speaker #1
Donc NTN, effectivement, c'est le principal client d'ADTP, client qui est structurant, qui nous apporte beaucoup. C'est-à-dire notre président Alain Chauvin et un ancien dirigeant d'NTN en Europe. On a un site dédié où tous les jours, On va assembler, enfin mettre en boîte, l'ensemble des composants après-vente pour NTN. C'est-à-dire que vous allez dans un garage, vous avez un roulement de roue à changer, une butée de roue à changer. Le garagiste, il va sur Internet, il commande. 24 heures après, il est livré. Donc tout ça, ça part de plateforme NTN. Et il reçoit un kit avec un roulement, trois vis, notice. Nous, c'est nous qui faisons ces kits-là. Donc on est directement connectés à un centre logistique d'NTN. on emballe Chaque jour, entre 15 et 20 000 boîtes. Sur un nombre de références, il y a des jours où c'est 30, 40, 50, 60 références.
- Speaker #0
pour finalement que ça reparte, les composants arrivent le matin, on assemble, et ça repart deux, trois jours après, avec un flux très rapide, avec aussi une grosse complexité. Et ça, c'est quelque chose qui dure depuis très longtemps, et à un moment, effectivement, on a dédié un site uniquement pour ça et pour NTN. Donc c'est un très beau partenariat, on a des réunions régulières pour continuer de progresser et continuer... continuer d'avancer et de répondre aux enjeux d'NTN dans un marché automobile qui est en pleine mutation, en plein changement. Et c'est aussi ce qui est important et ce qui intéresse.
- Speaker #1
Et ils peuvent compter sur vous.
- Speaker #0
Ça, c'est certain. Ils peuvent compter sur nous et on sait qu'on peut compter sur eux. Donc là, je dirais que la collaboration, elle est saine. Elle est saine et elle est importante. Donc, on souhaite que ça continue comme ça.
- Speaker #1
Très bien. Cette section s'appelle la fierté du patron. La fierté ne réside pas que dans les réussites industrielles, il y a aussi l'humain. Est-ce qu'il y a un parcours dont tu voudrais nous parler pour illustrer ce que ADTP peut faire au quotidien et des parcours de personnes qui t'ont particulièrement marqué ?
- Speaker #0
Il y en a plusieurs. Il y a le parcours professionnel, la personne qui va évoluer. Je parlerai de Manon juste après, parce qu'on était, la semaine dernière, sur le SIMODEC, et elle est venu témoigner de son parcours. C'était des moments forts. Et puis après, il y a le parcours de la personne qui, sur le côté émotionnel, va s'ouvrir plus aux équipes, va s'ouvrir aux autres, va se mettre à plus discuter, plus échanger. Donc ça aussi, c'est des belles histoires de personnes. Quand cette personne, elle est arrivée. elle ne discutait pas avec le reste de l'équipe. Aujourd'hui, c'est des gens qu'on va intégrés. C'est aussi ça que les équipes viennent chercher, c'est d'être intégré dans une équipe de collaborateurs, de collègues, d'amis dans certains cas. Et ça, c'est vraiment important. Sur les parcours professionnels, j'ai effectivement cité Manon. Manon, c'est quelqu'un qui était en ESAT. démarre à travailler chez nous, qui a montré des aptitudes à prendre plus d'autonomie, à apprendre des choses, avec quelque part des expertises, des compétences. Donc c'est quelqu'un qui était, comme je l'ai dit, qui était en ESAT, qui derrière est passé en E1, qui travaille aujourd'hui sur un de nos principaux clients. Avec rigueur, avec implication, avec l'atteinte des objectifs. Et c'est quelqu'un qui dit, mais moi, je rêve de travailler sur une machine. Quand elle dit, je rêve de travailler sur une machine, dans le milieu ordinaire, je rêve de travailler sur une commande numérique. Elle a les yeux qui pétillent quand elle nous dit ça. Et ça fait partie, effectivement, de notre travail d'accompagner Manon pour que dans un an, dans deux ans, dans trois ans, elle puisse travailler dans le milieu ordinaire. et réaliser ce qu'elle a envie de réaliser, c'est-à-dire travailler sur une commande numérique. Et ça, c'est des parcours qui sont vraiment intéressants. Après, les statistiques de personnes d'ESAT qui vont aller vers le milieu ordinaire, c'est 1%. C'est 4 à 6% qui en formulent la volonté, c'est 1% qui vraiment y vont. Donc c'est là où il faut être vigilant. Il ne faut pas mettre tous les efforts sur un ou deux % On accompagne des parcours et il y a des très beaux parcours qui resteront à l'intérieur de l'ESAT, qui feront de l'ESAT et de l'EHAC qui resteront à l'intérieur de l'ADTP. Donc, c'est ça notre vocation, c'est d'accompagner les parcours. Donc, il y a plein de belles histoires. Celle de Manon, elle est belle parce qu'elle est facile à raconter. Mais il y en a d'autres, il y a plein de très belles histoires de développement à l'intérieur de l'ESAT.
- Speaker #1
Parce que j'imagine que pour accompagner ce type de parcours, c'est des postes qui doivent être adaptés au fur et à mesure pour se rapprocher de plus en plus de l'entreprise ordinaire, pour que le gouffre ne soit pas trop important au moment où on passe de l'autre côté. Ça doit être assez lourd d'organisation.
- Speaker #0
C'est des choses qui prennent du temps, c'est des temps longs. C'est des choses qui vont sur vraiment du temps long. C'est pour ça qu'il y a toutes les équipes autour. J'ai parlé des moniteurs qui gèrent plutôt la partie travail, accompagnement par le travail sur le terrain. On aura une grosse écoute, un gros accompagnement qui sont à la fois sur la partie technique, mais à la fois le contact premier des usagers. Et après, il y a les éducateurs, les gens qui vont accompagner les parcours professionnels. Et là, effectivement, tout ça, c'est des choses qui se font sur du temps long, où il y a un moment où on va dire, maintenant, la personne, il faut qu'elle y aille, il faut qu'elle aille faire son duo day, il faut qu'elle essaye. Mais là, pareil, un duo day, ce n'est pas juste, tiens, en fait, la semaine prochaine, tu passes une journée là-bas. C'est quand on va avec la personne, on accompagne l'entreprise qui va accueillir. L'entreprise qui accueille, il faut qu'elle soit prête à ça. Il y a tout un travail de préparation. C'est un duo day. Ce sera, comme je disais, ça peut être un stage, ça peut être deux jours, ça peut être trois jours, ça peut être une semaine. Et puis tout ça, c'est des allers-retours pour petit à petit aller vers ce que la personne souhaite. C'est important, ça, c'est de pouvoir accompagner les personnes vers ce qu'elles ont envie de faire.
- Speaker #1
C'est hyper intéressant. En tout cas, j'adore ce genre d'histoire. Tout à l'heure, tu me disais que vos clients ne venaient pas vous voir pour forcément la partie gestion des obligations handicap. Néanmoins, c'est quelque chose que vous proposez. Est-ce que parfois, vous avez des entreprises en face qui... savent pas trop comment prendre le sujet, hésitent peut-être à le traiter en interne et à adapter des postes pour recevoir des personnes en situation de handicap, ou alors peut-être à vous déléguer une partie de l'activité pour que vous le preniez en charge ? Est-ce que c'est des discussions que vous avez parfois ? Et est-ce que derrière, vous pouvez aider les entreprises à mieux se préparer à accueillir une personne en situation de handicap ou ça fait pas partie de vos missions ?
- Speaker #0
Ça fait partie de la mission et on a travaillé entre septembre et janvier, sur Impulsion 2030. Sur l'ADTP en 2030, qu'est-ce que c'est ? À quoi ça ressemble ? Et c'est clair, dans cette ambition-là, on veut être un acteur majeur de l'accompagnement des personnes en situation de handicap sur le territoire, dans l'accompagnement par le travail chez nous, mais aussi dans l'accompagnement des entreprises. Donc, aujourd'hui, une entreprise qui se pose la question, déjà, c'est un bon début, c'est déjà bien. C'est clair que la question, l'entreprise se dit, moi je n'ai pas mes 6%, est-ce que finalement je paye, je ne me pose pas de questions ? C'est possible, il y a des structures qui disent, moi je n'ai pas à m'embêter avec ça. Un moment de développement où la priorité, ce n'est pas ça. Chaque entreprise a sa situation, chaque dirigeant a sa sensibilité, mais il y a des périodes où il faut surtout s'organiser pour atteindre certains objectifs. Et puis après, l'entreprise, elle se dit, moi, j'ai... J'ai envie de le remplir, cette obligation. Pas uniquement pour la taxe que je vais payer, mais aussi pour mes responsabilités sociales. On parle de social, sociétal, on parle beaucoup de RSE. Bon, ça en fait partie, tout ça. Donc là-dessus, l'entreprise, elle peut décider de sous-traiter, ce qui est effectivement le plus simple, ou d'intégrer les choses, nous, d'intégrer des personnes chez elle. Nous, on propose un petit peu les deux, quelque part. En tout cas, d'échanger avec la société. On peut faire des duodés inversés aussi. On peut avoir des dirigeants, des gens qui viennent passer une journée chez nous pour voir comment ça se passe. Et nous, on va accompagner sur ce que je disais tout à l'heure, un duodé, une mise à disposition. Tiens, ce poste-là, effectivement, plutôt que de transférer l'activité chez nous, on va mettre une personne chez vous. Donc, tout ça, on est capable de le faire. Après, il y a plein d'organismes autour de nous et plein de dispositifs qui iront plus loin que nous sur cette partie-là. Donc, nous, on va... faire les premiers échanges, les premières discussions. On va être capable d'accompagner, comme je disais, sur la mise à disposition, sur l'adaptation d'un poste pour discuter, échanger. Après, sur une politique long terme, aujourd'hui, on est en train de se dire comment est-ce qu'on peut accompagner. Mais le but, ce n'est pas non plus de réinventer des dispositifs qui existent déjà. Il y a plein de dispositifs qui existent. C'est surtout de mettre en relation les bonnes personnes pour être le plus efficace possible, le plus rapidement possible.
- Speaker #1
Ça rentre un peu dans le devoir de conseil. Si vous n'êtes pas la bonne personne, vous savez... C'est orienté.
- Speaker #0
C'est un vrai écosystème qu'on connaît très bien. J'ai participé il y a quelques mois à une conférence sur... Le bilan sur le dispositif emploi accompagné. Ça fait plusieurs années que c'est en cours, que c'est en expérimentation. En tant qu'entreprise ordinaire, je n'avais jamais entendu parler de ça. Et du coup, on a, nous, ce rôle-là de... de faire ce lien-là avec les différents dispositifs, soit l'accompagner quand on peut le faire, soit de faire le lien avec les différents dispositifs.
- Speaker #1
Super. En préparant cet épisode, tu m'avais glissé qu'accueillir une personne en situation de handicap dans une équipe, c'était bénéfique pour l'ensemble de l'équipe. Tu peux redévelopper, parce que j'avais trouvé ça vraiment très intéressant.
- Speaker #0
Je suis convaincu de ça. Et ça, c'est vrai, parce que c'est vrai aussi, il y a l'accompagner une personne en situation de handicap, mais il y a aussi maintenir une personne. qui, à un moment donné dans sa carrière, dans son parcours professionnel, se retrouve en situation de handicap. Parce qu'on peut, à un moment donné dans sa carrière professionnelle, se retrouver avec des restrictions lourdes, avoir une reconnaissance qualité de travail handicapée. C'est possible. Donc, déjà le travail pour les entreprises, c'est-à-dire comment j'adapte le poste de travail pour cette personne. Il y a souvent ça. Des fois, il y a des parcours, effectivement, ça se finit en... en licenciement pour inaptitude, parce qu'il n'y a pas de poste. Est-ce que vraiment il n'y avait pas de poste ? Ou est-ce qu'on aurait pu adapter un poste ? Et dans l'expérience passée, les fois on a pu adapter un poste. Alors oui, on adapte un poste pour la personne, mais c'est globalement tout le monde qui bénéficie de ça. C'est toute l'équipe qui a eu vraiment souvenir de ce poste, où les gens me disaient, depuis qu'il est adapté, ça va beaucoup mieux. Y compris pour des jeunes, pour des moins jeunes, pour les grands, des petits, pour tout le monde. Tout le monde disait, mais ce poste-là, depuis qu'il est adapté, c'est beaucoup mieux. Et finalement, accueillir quelqu'un en situation de handicap, ça va permettre, sur la partie technique, quand il y a des ajustements de poste, ça va permettre d'améliorer le poste pour tout le monde. Et deux, ça amène dans l'équipe, des fois, un regard un petit peu différent. Une certaine cohésion, une certaine bienveillance. Et c'est toute l'équipe qui bénéficie de ça. Parce qu'on se dit, ah ouais, moi, des fois, je me plains, mais la personne, finalement, elle fait le boulot comme moi et c'est un petit peu forcément plus compliqué pour elle. Donc tout ça, ça crée, comme je disais, ça crée une cohésion, ça crée une bienveillance, ça crée de la dynamique. Et je pense vraiment que c'est un facteur de performance.
- Speaker #1
Ce que tu dis sur le bénéfice global, je le mets un peu en lien. Mon premier métier, c'est l'informatique et le numérique. Et aujourd'hui, on est en train de revenir sur des interfaces utilisateurs qui soient adaptées à la déficience visuelle, au daltonisme, à ce genre de choses. Et en fait, on revient à une certaine simplicité qui fait que globalement, les écrans sont plus lisibles pour tout le monde. En s'affranchissant de toutes les fioritures qu'on a pu mettre parce qu'on le pouvait, parce que l'informatique nous a permis des choses. On revient, je pense, surtout à des logiciels industriels, parce que c'est là-dessus que je travaillais. Quand on met des pictogrammes en couleur claire, en fait, pour tout le monde, c'est plus clair. Ce n'est pas parce qu'il y a une personne qui ne se distingue pas trop bien les couleurs et qu'on a fait cet effort-là pour elle au départ, qu'en fait, c'est moins bien pour les autres. C'est la simplicité rend la clarté, quoi.
- Speaker #0
En ESAT, on utilise beaucoup un... Je ne vais pas s'en rappeler, c'est un langage, il s'appelle le FALC. Facile à lire et à comprendre. Mais en fait, on devrait faire... Sur communication en FALC, on va le faire en FALC, mais faisons-le que en FALC. Pour tout le monde. Parce que, en fait, c'est juste plus simple. Alors ça oblige à se poser la question de quel message je veux donner, de comment je le donne. Ça oblige à se poser un peu plus de questions. Mais ça oblige à être clair, simple, à être efficace et à donner uniquement le vrai message. Et c'est la même chose, ça, le FALC. C'est un truc qu'on devrait à tout. On gagnerait du temps. Puis après, quand on pense en FALC, on gagne énormément de temps. Ça mériterait un épisode dédié.
- Speaker #1
J'ai envie de creuser ce sujet-là, mais ça ne va pas être possible.
- Speaker #0
On n'en a pas pour aujourd'hui. Je ne suis pas du tout l'expert. C'est à point de découvrir. On a des experts là-dessus qui sont formés en FALC. Je suis ravi de présenter ce que c'est.
- Speaker #1
J'adore les expertises un peu inconnues. Donc voilà, je note l'idée en tout cas. On arrive bientôt à la fin de cet épisode. Il me reste juste à te poser mes questions signatures. Alors la première question que je pose à tout le monde, c'est si jamais demain on te nommait ministre de l'Industrie, ce serait quoi ta première mesure ?
- Speaker #0
La première mesure, c'est très orienté entreprise adaptée. C'est que sur le budget 2026, il y a un certain nombre de budgets qui ont été coupés pour du budget d'aide aux postes. C'est les 23 000 postes au niveau de la France qui ne vont plus bénéficier d'aide aux postes. Point de budget. Une personne qui travaille chez nous, ce que nous, on ne comprend pas, c'est qu'une personne qui travaille chez nous, même si on touche l'aide au poste, qui a un coût, effectivement, pour l'État, cette personne, si elle est au chômage, elle coûte beaucoup plus cher. Première chose que je ferais, ce serait de rétablir ça. Parce que ça, c'est quand même quelque chose que nous, on ne trouve pas cohérent. On a l'UNEA qui se bat pour ça, qui représente les heures en France, qui se bat pour essayer de rétablir ça. Mais je dirais que c'est... mesures qu'on trouve un petit peu incohérentes. D'un point de vue plus général, j'intégrais vraiment dans le dispositif d'oser la préférence nationale pour l'industrie, parce qu'on parle de l'industrialisation, mais il y a quand même un certain nombre de choses où des fois, ça finit pas en France, ça devrait être fait en France, ça devrait être acheté en France, ça devrait être produit en France. Et donc, oser la préférence nationale sur cette émission.
- Speaker #1
Il y a des petits textes qui viennent de sortir à l'échelle européenne, on va voir ce que ça donne. C'est pas encore très convaincant, mais on va surveiller ça. Oui,
- Speaker #0
ça progresse, mais à un moment donné, il faut l'affirmer. Il faut l'engager. Même si ça fait grincer un petit peu, je crois que des fois, il faut assumer ces positions-là, les assumer de façon plus forte et oser le faire.
- Speaker #1
Tu as beaucoup dit oser, c'est ma question d'après, j'en ai une entre temps, mais je me la garde encore. Tu dirais quoi à Grégory qui s'apprête à rentrer dans l'industrie pour la toute première fois ? Au début de ton stage.
- Speaker #0
Au début de mon stage.
- Speaker #1
Avec le recul que tu as maintenant, évidemment.
- Speaker #0
Je dirais que l'industrie, c'est un terrain de jeu qui est incroyable, où il y a tellement de métiers possibles. Il y a bien sûr des métiers techniques, mais autour de l'industrie, il y a des métiers financiers, il y a des métiers humains. La partie ressources humaines, la partie gestion de production. De se dire, finalement, je ne rentre pas dans l'industrie avec un métier. Enfin, si je rentre avec un métier, mais ce n'est pas forcément le métier que j'aurai dans 10 ans, dans 15 ans, dans 20 ans. C'est-à-dire que je rentre dans un truc où le terrain de jeu, il est incroyable. Et la deuxième chose, la phrase que j'aime bien répéter, notamment dans des situations complexes, c'est ce qu'on fait, c'est trop sérieux pour se prendre au sérieux. C'est-à-dire que... On se retrouve des fois dans des situations où les choses se tendent, où on n'est pas d'accord, où il y a de la pression du client. C'est dans ces moments-là qu'il faut réussir à prendre un peu haut de hauteur, ne pas laisser engueuler, c'est se regarder, comment on le fait pour le faire collectivement, comment de temps en temps on arrive à mettre un peu d'humour, parce que l'humour c'est important. Savoir rigoler en équipe, savoir plaisanter, c'est aussi important. Choisir le bon moment, mais en tout cas c'est... Il ne faut pas se prendre la tête à atteindre ses objectifs en bossant collectivement, en avançant ensemble au-delà de ses propres intérêts, de sa propre carrière. C'est des choses qui doivent arriver en second.
- Speaker #1
Je trouve que c'est un super beau message. Parce que c'est vrai que de l'extérieur, les gens qui ne connaissent pas l'industrie, ça peut paraître un peu dur et barbatif. Mais les meilleurs souvenirs que j'ai aux côtés d'équipes industrielles, c'est des bons moments de rigolade aussi. Et ça n'empêche pas que le métier est sérieux. Mais pour autant, on peut...
- Speaker #0
C'est plus facile quand finalement on a ces moments de rigolade et ces moments où il arrive. Après, il y a des moments difficiles dans tout le métier. Ce n'est pas parce que c'est difficile qu'on ne peut pas le faire avec un peu de rigolade de temps en temps.
- Speaker #1
Et puis, on avait le débat avec un collègue qui est plutôt en partie maintenance industrielle. On débattait sur qu'est-ce qui attire aujourd'hui dans l'industrie. Moi, je pense que le numérique a sa part à jouer. Ce n'est pas que ça, mais c'est un de mes avis. Et lui, il n'était pas d'accord. Il disait qu'il fallait plus mettre en avant la cohésion d'équipe et ce qui se passe à l'intérieur. Et en soi, je suis d'accord avec lui. Le truc, c'est comment je le fais transparaître à une jeune génération qui arrive sur le marché du travail, qui ne sait absolument pas ce qu'elle a envie de voir. Et oui, c'est important ça, mais est-ce qu'elle est déjà consciente que c'est de ça dont elle va avoir envie et que l'industrie est une opportunité ? Parce que tu l'as dit, il y a des moments durs et c'est ce qui renforce aussi les liens. et qui permet de rigoler derrière. Comment on le montre à l'extérieur ? Ça, je n'ai pas encore trouvé la solution.
- Speaker #0
Mais c'est bien si vous le dites. Effectivement, ça ne transparaît pas toujours. Pourtant, le collectif dans l'industrie, je pense qu'il est important. On l'a des fois perdu un petit peu avec des relations client-fournisseur qui, des fois, se tendent un peu, avec des fois un manque de respect, dans certains cas. Et tout ça, non, ça doit... Il faut toujours avoir vraiment ce respect client-fournisseur et cette collaboration et cette envie de travailler ensemble. Ça ne veut pas dire que de temps en temps, on ne va pas ne pas être d'accord. Mais je pense que c'est important et que l'avenir de l'industrie passe par ça, par remettre des relations qui soient remettre de l'humain au milieu de tout ça. Il y en a encore énormément dans plein de structures, secteurs d'activité qui l'ont peut-être un peu oublié ces dernières années. Et ça, il va falloir que ça revienne.
- Speaker #1
c'est quoi pour toi oser l'efficacité ?
- Speaker #0
oser l'efficacité c'est oser simplifier c'est oser simplifier c'est trop complexe, tout est trop complexe aujourd'hui tout est trop complexe, donc c'est oser simplifier, c'est oser prendre des risques un risque qui soit mesuré, mais ça va être la simplification on ne peut pas faire ça pourquoi on ne peut pas le faire, c'est pas le risque qu'on prend si on le fait Oui, mais là, ce n'est pas écrit dans la procédure. Oui, mais on peut peut-être quand même le faire. Je ne suis pas un vatanguerre. Tout doit être mesuré. Mais simplifier, oser prendre un risque, et le faire de façon collective, ce sont trois facteurs qui font qu'on peut accélérer et être efficace.
- Speaker #1
Je suis à deux doigts de changer le nom du podcast. Oser simplifier, je crois qu'il y a tout dedans. Simplifier,
- Speaker #0
c'est vrai.
- Speaker #1
On arrive vraiment à la fin. Comment est-ce qu'on te contacte ? Comment est-ce qu'on rentre en contact avec ADTP si on veut travailler avec nous ?
- Speaker #0
Site internet.
- Speaker #1
Oui, on mettra dans la description.
- Speaker #0
ADTP.com, c'est simple, c'est efficace.
- Speaker #1
Voilà, on garde la simplicité. S'il y a une chose à retenir de cet épisode ? que tu peux nous donner à nos auditeurs directement.
- Speaker #0
La discussion était riche, il y avait plein de choses, mais globalement, le message principal, c'est intégrer une personne en situation de handicap ou travailler avec des structures comme ADTP en sous-traitance industrielle. C'est vraiment booster sa performance globale, la performance de sa structure.
- Speaker #1
On va rester là-dessus. Oser l'efficacité a fait son podcaston. On se retrouve la semaine prochaine pour une nouvelle vidéo. En attendant, n'oubliez pas de vous abonner pour ne surtout pas la rater. Et surtout, n'oubliez pas d'oser l'efficacité.