Speaker #0Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode de Papoti Papoton. Aujourd'hui, on va parler d'un truc qui me fatigue et je pense que je ne suis pas la seule, c'est l'urgence permanente. Comme vous le savez, mes 15 premiers jours de janvier ont été chaotiques sur le plan personnel, j'ai eu beaucoup d'imprévus et du coup forcément ça a entaché mon côté professionnel, j'ai dû décaler des rendez-vous, annuler, etc. Et je me suis très vite retrouvée dans une urgence permanente, à prioriser des choses qui ne devaient pas l'être, etc. Heureusement que c'est en grande partie mon travail et très rapidement j'ai pu prendre du recul, analyser la situation et en fait diviser entre ce qui était prioritaire, ce qui n'était pas, ce qui était urgent, etc. Mais j'ai quand même remarqué qu'il y a toujours ce petit côté de tout est très vite urgence, tout doit être très vite traité. Je le vois aussi chez mes clientes quand je discute avec elles en accompagnement individuel et même mes apprenants au sein de mes programmes en ligne, c'est que tout doit être... Très vite fait, ça peut être répondre à un message client, répondre à un email dit urgent, répondre à un vocal sur Insta, sur WhatsApp, sur Slack, répondre à une notif. Et très vite, si on ne le fait pas, on se dit si je ne réponds pas vite, je ne suis pas professionnel. Si je ne traite pas ça maintenant, je vais perdre une opportunité. Si je ne le fais pas, je vais oublier. Ça va me rajouter de la charge mentale et ainsi de suite, ainsi de suite. C'est un peu un cercle sans fin. Et moi, c'est ce que j'appelle vivre dans une entreprise sous adrénaline. Une entreprise qui épuise et qui va donner l'illusion d'être important. Et en fait, on a vraiment ce sentiment que tout est prioritaire, que tout doit être fait maintenant, sinon c'est catastrophe. Et du coup, j'ai envie un peu de désacraliser ça et de vous dire qu'aujourd'hui, non, ce n'est pas catastrophe si vous ne faites pas les choses là, tout de suite, maintenant. Et du coup, on va en parler. Et si du coup, ce sujet est aussi central pour vous aujourd'hui. Sachez que ce n'est pas un hasard. Clairement, on est dans un environnement où tout est instantané, tout est accessible, tout le monde peut te joindre tout le temps. On le voit actuellement, si on veut manger, on passe commande, en 30 minutes on est livré. Si on veut un truc, on fait une commande Amazon, même pas 48 heures, on est livré. Des fois, c'est même dans la journée. Maintenant, tous les acheteurs sont hyper réactifs. Il y a des chatbots de partout, on a l'information de partout. Et en fait, ça nous a un petit peu, du coup, déformés dans notre sens. Ça nous apprend du coup à être impatient parce qu'à la base, avant, moi, je parle de ça, il y a 5-6 ans, j'étais quand même beaucoup plus patiente pour plein de choses. Maintenant, si ça ne va pas vite, si ça ne va pas à l'essentiel, je deviens mais exécrable. Je le vois en fait. Je suis de moins en moins patiente pour plein de choses. Et comme moi, de mon côté, je m'affaire à ce que mes clientes puissent trouver leur information assez rapidement, etc. Que quand, en fait, je vais sonner la porte à d'autres prestataires ou... pour acheter des choses, si on ne me répond pas rapidement, en fait, ça me tend. Typiquement, ce week-end, on est allé voir pour un canapé avec mon mec. On s'est trouvé dans un bourbier, mais genre à soi-disant faire une carte de fidélité qui, en fait, n'était pas forcément une carte de fidélité, qui était une carte de fidélité, une carte de paiement. On s'est retrouvé au pôle financement, on ne comprenait pas, alors qu'on voulait payer comptant. Un truc qui devait nous prendre 15 minutes en mode on paye comptant. Ah ben, grâce à la carte de fidélité, vous pouvez bénéficier de Clairement, on est resté dans le magasin 1h30. Je suis ressortie de là, j'étais mais excédée. Bref, c'est un autre sujet. Mais c'est à quel point c'est vrai que tous ces leviers-là ne nous apprennent pas du tout la patience. Au contraire, nous apprennent à devenir impatients. Sauf que votre entreprise n'est pas du tout conçue pour fonctionner en mode urgence permanente. Et le vrai problème, je dirais que ce n'est pas forcément l'urgence en soi. c'est la confusion entre urgence et... importance. Donc dans cet épisode, je vais vous aider à reprendre le contrôle sur votre attention, comprendre ce qui mérite vraiment votre énergie et surtout poser des limites sans culpabiliser. Donc en travaillant sur cet épisode, j'ai fait trois constats. Le premier constat, c'est que l'urgence, elle est souvent extérieure, elle n'est pas stratégique. Je répète, l'urgence est souvent extérieure, elle n'est pas stratégique. Dans 80% des cas, il faut savoir que l'urgence ne vient jamais de vous, elle vient des autres. Comme je vous l'ai dit, ça peut être un client stressé, un prospect pressé, un partenaire mal organisé. Ça peut être par exemple un client qui va vous écrire à 18h pour juste un petit ajustement rapide. Vous les connaissez ceux-là ? Ceux qui vont vous faire cravacher pendant 3h alors qu'à la base c'était un petit truc. Et vous finissez à 23h vos journées. Donc concrètement c'est rapide pour lui, mais pour vous, c'est une vie. Ça peut être une cliente qui vous envoie un message émotionnel hors séance. Ça, pour le coup, ce n'est absolument pas une urgence business, c'est une urgence... Réaction émotionnelle, ça peut être un décideur qui veut une réponse avant demain alors que le sujet traîne depuis trois semaines. Alors ça, mais ça, mais ça, ça me tend. Mec, tu réponds pas depuis trois semaines, là t'as décidé de répondre à l'email et il faut qu'on te donne un retour tout de suite. Bah non, en fait, tu vas attendre. Je vais pas te faire attendre trois semaines, mais tu vas attendre que moi, de mon côté, j'ai fini de traiter mes priorités. Ça peut être, par exemple, un apprenant qui panique la veille d'un rendu qu'il connaissait depuis un mois. Bref. Il faut savoir qu'à ce moment-là, toutes ces urgences ne viennent pas de vous, comme je vous l'ai dit, et ce n'est pas stratégique. C'est-à-dire qu'en fait, l'urgence, elle crie, elle est présente, parce que du coup, ça vient de l'extérieur et on vous le met devant vos yeux en boucle. Mais en fait, l'essentiel de cette urgence, je dirais qu'elle chuchote. Ce n'est pas vraiment une urgence, parce que tous les points que je vous ai évoqués, ça peut être d'autres choses. Ce n'est pas stratégique, en fait. C'est la personne en face de vous qui vous la crée. Le deuxième constat, c'est que tout ce qui est urgent n'est pas important. Comme je vous l'ai dit juste avant, l'urgence, elle crie, donc elle va faire du bruit. Mais l'importance, elle, elle construit quelque chose. Donc quand vous passez vos journées à répondre vite, vous avez tendance à avancer peu, vous réfléchissez moins, vous pilotez votre business en réaction, c'est ce que j'appelle. Par exemple, vous avez tendance à être hyper réactif sur vos messages dans l'heure, à répondre à tout le monde, mais en fait, vous avez une offre qui dort dans le placard depuis six mois. Vous êtes, par exemple, ultra disponible, mais vous repoussez sans cesse la structuration de votre accompagnement. Vous éteignez des feux clients, mais vous ne prenez jamais le temps d'améliorer vos process. Vous aidez tout le monde individuellement, au lieu de renforcer votre système pédagogique. Et en fait, ça, c'est agir rapidement, répondre vite, ne veut pas dire avancer loin. Je l'ai encore vu dans un appel découverte de ce matin. Je vous balance ça comme ça. J'ai des appels découvertes qui se sont programmés alors que je n'avais même pas ouvert mon agenda. J'avais juste oublié d'enlever le lien dans ma bio Insta. Et ce matin, du coup, j'étais en appel découverte. Et du coup, la nana me disait que son business s'était développé avec le bouche à oreille, qu'elle était toujours un peu dans l'action. Et du coup, quand le bouche à oreille a commencé tout doucement à diminuer, elle s'est retrouvée un petit peu sans rien derrière. Ça, c'est typique. C'est-à-dire que moi, je dis tout le temps, je prends l'exemple de la chaise. Votre chaise, pour qu'elle puisse tenir droite, elle a besoin de quatre pieds. Elle peut tenir à la rigueur à trois pieds, mais en fonction de où vous vous asseyez sur la chaise, forcément, à un moment donné, vous allez basculer. Et en fait, j'expliquais à cette potentielle future cliente que sa chaise était constituée d'un seul pied et qu'actuellement, son pied n'y était même plus. C'est-à-dire qu'elle avait positionné tout son système d'acquisition sur le bouche à oreille, mais du coup, elle n'avait rien travaillé derrière. Pourquoi elle n'avait rien travaillé derrière ? parce qu'elle avait passé son temps, justement, à suivre ses clientes, à les chouchouter, à peut-être éteindre des feux, etc. Mais derrière, elle n'avait pas prévu autre chose. Et je ne dis pas qu'il ne faut pas chouchouter ses clients. Je ne dis pas qu'il ne faut pas répondre rapidement, il ne faut pas se rendre disponible rapidement. Mais je pense qu'il faut doser son niveau d'investissement pour garder de l'énergie à faire autre chose et à développer autre chose, de manière à ce que progressivement, vous avancez sur d'autres leviers. et ne pas vous retrouver en mode, là en fait j'arrive à un point de non-retour, et je ne sais plus quoi faire, et je ne sais plus comment me retourner pour justement atteindre X, Y, Z. Donc ça c'était au niveau du deuxième constat. Et le troisième et dernier constat, je dirais que notre énergie c'est une ressource qui est finie, et surtout qui est précieuse, et je sais de quoi je parle, genre là c'est 15 derniers jours, genre mon programme était... millimétré. Je me réveille à 5h30 pour pouvoir après m'occuper de mon mec, l'aider, etc. Parce qu'il est mobilisé, il ne peut pas fonctionner comme avant de par sa jambe. Bref, j'enchaînais après avec la balade à Ausha, j'allais au bureau. Franchement, c'était un truc hyper millimétré. Est-ce que j'ai kiffé ? Non. Mais en fait, pour moi, c'était important d'avoir un rythme précis parce qu'en fait mon énergie, sinon, elle allait se dissiper. Donc je faisais attention à pas me coucher trop tard, je faisais attention à pas sortir de mon cadre. Je faisais attention à ne pas trop m'éparpiller. Donc là, pour le coup, tout était urgence pour moi, entre les rendez-vous de mes clientes, le développement de l'entreprise, les projets en cours, les collaborations qui arrivent souvent au début d'année. Il y a plein de nouvelles opportunités. Et j'étais là en mode, mais waouh, j'ai que 24 heures. En plus de ça, j'ai des impératifs qui se sont glissés, qui n'étaient pas prévus. Et je pense encore à toutes les mamans entrepreneuses, mais je les bade, où je me suis dit, mais mon Dieu, si j'avais un gosse, comment j'aurais fait pour réussir à tout ça ? Et en fait, j'ai constaté que l'énergie, c'est une ressource finie et précieuse. Et ça, on l'oublie beaucoup trop souvent. J'ai remarqué du coup que forcément l'énergie, ce n'est pas extensible, ce n'est pas illimité et ce n'est pas rechargeable en scrollant sur Instagram. Genre, il va falloir vraiment écouter ses besoins personnels pour recharger l'énergie et cette énergie nous permettre d'être productif, d'être créatif, d'être stratégique, d'avoir nouvelles idées. C'est pour ça qu'on dit souvent prenez des vacances parce que ça vous permet de recharger vos batteries, etc. En fait, dire oui à tout, tout de suite. C'est un peu dire non à sa clarté, à sa vision, à sa stabilité. Et typiquement, ça peut se matérialiser en acceptant des demandes urgentes et finir la semaine vidée, en absorbant les émotions de vos clientes sans filtre, en vous rendant disponible en permanence même quand vous n'avez plus de jus, en répondant à tout et ne plus avoir l'énergie derrière de créer. Et en fait, il faut comprendre que dire non, ce n'est pas forcément fermer des portes, c'est protéger ce qui compte. Et c'est pour ça que je dis que votre... L'énergie, c'est une ressource finie et précieuse. Donc si vous vous reconnaissez dans tout ça, c'est peut-être qu'actuellement, votre corps est en mode stress. Et un corps stressé, forcément, il veut quelque chose de rapide, il veut une action immédiate, il veut un soulagement. Mais il faut savoir que de l'autre côté, côté client, quand vous vous rendez tout le temps disponible rapidement, quand vous répondez du coup dans l'urgence, vous renforcez une croyance qui dit « je dois mettre la pression pour être entendu » . C'est-à-dire qu'en fait, votre client... Pour qu'il ait une réponse rapide, inconsciemment, il va régulièrement et trop souvent vous solliciter. Et c'est ce qu'on appelle la réactance. C'est-à-dire que plus on perçoit une contrainte, plus on agit sous tension. C'est pour ça que moi, j'invite très régulièrement mes clientes à poser un cadre clair des délais, des horaires, des process. Vous allez rassurer votre client. Et un client rassuré, ça achète mieux, ça collabore mieux. Typiquement, moi, le prospect de ce matin que j'avais en appel découverte, qui m'a demandé mes disponibilités. En fait... Si je veux répondre dans l'urgence, oui, je peux lui donner une disponibilité à partir de demain en lui disant je peux te caler de là à là. C'était faisable. J'avais un créneau de 10h30 à midi. Mais factuellement parlant et connaissant mon énergie, je sais que je ne peux pas enchaîner plus de deux accompagnements individuels dans la journée, sachant que je n'ai pas ça dans ma journée de travail. J'ai aussi les retours de mes apprenants des formations en ligne à faire. J'ai aussi le développement de ma société. J'ai plein de petites tâches annexes. à titrer à tous les objectifs que je souhaite atteindre sur 2026. Donc, en fait, pour pouvoir répondre à tout ça, je ne peux pas caser cette cliente. Donc, elle, chez elle, ça va venir chercher le fait que, ah mince, en fait, elle n'est pas disponible tout de suite. Et moi, je suis prête à prendre des risques en mode, peut-être qu'elle peut trouver une concurrente rapidement accessible et disponible. Mais de mon côté, en fait, je suis ancrée dans ce que je lui dis et je lui ai donné une disponibilité à, je crois, la première ou la deuxième semaine de février, je ne sais plus. Mais parce qu'en fait, c'est comme ça que je travaille et pour que je sois efficace et justement parce que mon énergie est précieuse et du coup est limitée, c'est mes règles et c'est comme ça que ça se passe. Et si elle veut quelqu'un qui travaille plus vite avec elle, c'est qu'elle ne voulait pas vraiment travailler avec moi. Vous voyez ce que je veux dire ? En fait, tout doit être temporalisé, maîtrisé et réfléchi. Donc petit récapitulatif des constats. Constat numéro 1, l'urgence est souvent extérieure mais pas stratégique. Constat numéro 2, tout ce qui est urgent n'est pas important. Et constat numéro 3, ton énergie est une ressource finie et précieuse. Donc si vous voulez travailler un petit peu sur ça, il y a 5 choses à faire. La première, c'est identifier ce qui est vraiment stratégique dans votre semaine. La deuxième, c'est décaler volontairement certaines réponses et juste observer ce qu'il va se passer. La troisième, clarifier vos délais de réponse avec vos clients pour poser encore plus de cadres. La quatrième, du coup, c'est de créer des espaces sans notification. c'est hyper important, ou du moins les désactiver à partir d'une 7h à 1h pour justement pas être embourbée H24 de notifs. Moi, c'est ce que je fais. Toutes mes applications de clientes, même que ce soit les réseaux sociaux, j'active les notifs à partir de 9h et je les désactive à partir de 17h. Je suis active bien avant 9h, mais au moins, je sais que dans cette phase-là, j'ai pas d'appel, j'ai pas de SMS urgent, j'ai pas de notification. Et en fait, j'ai l'espace mental pour justement attaquer ma journée. tranquille, etc. Faire ma balade avec ma minouchette sans me dire « Oh punaise, j'ai ça, j'ai ça » . Parce que bon, on est humain, moi je suis passionnée par ce que je fais et j'ai très vite la réponse rapide parce que je veux que ma cliente soit informée en temps et en heure. Mais malheureusement, si je fais ça, en fait, je n'écoute pas mes propres besoins à moi. Et cinquième point, c'est vous rappeler que votre énergie est une ressource business. Vous voyez là vraiment comme une ressource et vraiment essayez d'en prendre soin un maximum. Pour finaliser cet épisode, j'aimerais vous dire que l'urgence permanente n'est pas un badge d'importance comme un petit badge bleu sur Instagram. C'est juste souvent un signal d'alerte. Et je dirais même qu'un business sain ne se pilote pas à l'adrénaline. Il se construit avec de la clarté, des limites et du calme. Voilà, c'était tout pour moi aujourd'hui. Si cet épisode vous a parlé, n'hésitez pas à le partager à une entrepreneuse un peu en ce moment qui vit sous pression. Et comme d'habitude, si le podcast vous aide, une petite note, un petit commentaire, c'est toujours précieux. Il est temps pour moi de poser mon micro. Merci de m'avoir écouté. Je vous dis à l'épisode prochain. C'était Cassandre sur Papoti Papoton. Bisous, bisous.