- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode de Papoti Papoton. Encore une fois, cette fois-ci, je ne suis pas seule puisque je suis avec ma juju d'amour ! Je suis trop contente, j'avais trop envie de faire cet épisode avec elle. Ça va être très très deep, donc accrochez-vous parce que là, je vais essayer de ne pas partir dans tous les sens. Je tiens à dire que je voulais faire cet épisode pour mettre en avant tous les créatifs, entrepreneurs, donc tous ceux qui ont des métiers... ultra créa, photographes, graphistes, ceux qui vivent de leurs mains, de leurs idées. Et on va parler de développement entrepreneurial, d'argent, de passion. Et voilà quoi, je vous avoue qu'on n'a pas voulu s'enfermer dans un thème ou dans un sujet hyper spécifique. Donc c'est parti, vas-y ma juge, tu peux parler, regarde ! Toute une niaiseuse, on s'est mis un peu en mode date canapé contre canapé.
- Speaker #1
Date entrepreneurial.
- Speaker #0
Date entrepreneurial.
- Speaker #1
Non, mais je te regarde ça, c'est incroyable. Non, mais quel aplomb, quelle introduction, improvisation, c'est extraordinaire.
- Speaker #0
Ah oui, parce que là, c'est clairement de l'impro. Donc,
- Speaker #1
tu fais souvent de l'impro avec toi et tu t'en sors quand même toujours très, très bien.
- Speaker #0
C'est très souvent de l'impro. J'ai ma petite trame de prévue, mais c'est très souvent de l'impro. Écoute, moi, ce que je te propose pour commencer, c'est que tu te présentes, parce que moi, je te connais extrêmement bien. Oui, oui. Alors, je vous le dis, là, on est en enregistrement hyper artisanal. Donc, moi, j'ai toujours mon micro-cravate et Juju, elle est avec le dictaphone de son iPhone, comme avec ma mère. Donc, moi, ce que je te propose, c'est que tu te présentes. Genre, je vais te donner quelques questions. Genre, qui tu es, quel âge tu as, quel est ton métier, la voix que tu portes. Et puis après, je balancerai quelques petites questions pour suivre.
- Speaker #1
Ok, c'est bon,
- Speaker #0
on va me stresser. Vas-y. Mais non, ne stresses pas. Là,
- Speaker #1
c'est Justine. J'ai 32 ans, bientôt 33, très bientôt 33, c'est pour ça que je le précise. Je suis photographe indépendante depuis 10 ans, directrice artistique de formation en communication visuelle, c'est très pompeux mais c'est le diplôme qu'on m'a délivré, et cofondatrice du média Bobine avec François Pitchon depuis 4 ans et demi.
- Speaker #0
Ok, et concrètement, quelle voix tu portes aujourd'hui ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, je photographie principalement des artisans, des paysans ou des restaurateurs de partout en France. Voilà, j'ai continué de faire certaines prestations en direction artistique, où j'accompagne principalement des manufactures dans la création de leur image de marque, où j'accompagne des domaines, genre Viticole ou autres, vraiment à avoir une vision globale sur l'image qu'ils ont besoin de porter. Voilà.
- Speaker #0
Et justement, ça reste quand même hyper niché, ce que tu fais. C'est pas comme si je suis photographe de mariage. J'ai rien contre ceux qui font ça, c'est ok. Mais comment est née cette passion ? Comment tu es arrivée à défendre cette vision ?
- Speaker #1
C'est tout un cheminement. Il n'y a aucune stratégie derrière ça, en fait. C'est qu'une quête d'alignement depuis toujours. J'ai sorti d'école, je ne sais plus quel âge j'avais, mais ma dernière année d'études, elle s'est faite en alternance. J'étais dans une grosse agence de pub à Paris. Et autant j'ai adoré mes études. Vraiment, il y avait beaucoup de développement personnel, beaucoup de travail d'autoportrait. Donc ça m'a beaucoup guidée vers moi en fait. Ça a aussi été très challengeant. Je suis sortie de ces études en ayant un peu plus l'impression de savoir qui j'étais, en ayant tout un panel de connaissances et en m'étant éclatée créativement pendant cinq ans. Et à la fin de ces études, je suis rentrée dans cette boîte de pub, enfin en alternance. Et en fait, j'ai haï la réalité. Il y avait le fait d'être à Paris, mais ça encore, c'était un truc en soi, je savais très bien que c'était qu'une parenthèse. Et j'ai plutôt pris les bons côtés de Paris. Mais par contre, la réalité d'une directrice artistique junior en agence de pub en 2017, genre, c'était pas possible, en fait. Et là, je me suis rendu compte que dans tous les cas, ça irait forcément à la rencontre de mes valeurs, qu'elles soient les valeurs humaines comme celle... Enfin, il y a l'écologie. au sens large. Et il y a l'écologie intérieure aussi. Je me suis aussi rendue compte que dans tous les cas, ce serait un quotidien qui ne me conviendrait pas de rester dans des modes de pub. Donc, diplôme en poche, je me suis mise à mon compte tout de suite, le lendemain, début juillet. Pour mon diplôme, j'ai toujours fait de la photo. Depuis mes 13 ans, j'avais fait un vélo à mon père pour qu'il m'offre un appareil photo. Donc, j'ai eu mon premier réflexe quand j'avais 13 ans. Je me souviens très bien de la première photo que j'ai prise d'ailleurs avec ce réflexe. C'était un poids crayon. J'étais Béa. Donc là, c'est ma meilleure amie. on faisait nos devoirs et en fait j'ai pris l'appareil et genre j'ai déclenché ma première photo et je peux pas vous expliquer l'émotion mais incroyable de me dire mon dieu mais j'ai réussi à capturer ce que j'ai vu de mes propres yeux sur un appareil photo c'était un pot à crayon c'était l'écran de couleur de Léa genre c'est fou cette photo alors qu'il n'y a pas d'humain donc ça naît hyper lent de ce que je fais aujourd'hui aujourd'hui, mais pour autant, vraiment, cette photo m'a hyper marquée. Pendant mes études, j'ai passé un moment au Mexique, et pour mon diplôme, en fait, la photo est toujours revenue, même pendant mes études, c'était un de mes médiums de prédilection, je faisais beaucoup de séries photo, assez deep d'ailleurs, même assez dark parfois. Et pour mon diplôme, donc la veille que je me mettais à mon compte, mon père m'a offert un appareil photo professionnel, donc toujours mon père, merci papa. Et bref, diplôme en poche, j'avais cet appareil photo que j'ai laissé dans un coin pendant un bon moment, mais je me suis mise à mon compte et je me suis dit, ok, l'agence de pub, ça ne te convient pas. La vie parisienne, ça n'a pas duré longtemps. Tu as acquis plein de compétences, tu es créative, mais qu'est-ce que tu vas faire de tout ça ? Et donc, en fait, je me suis dit, ok, objectif, mettre de l'argent de côté et se faire un maximum de contacts, de réseaux et d'expérimentations dans différents types de structures pendant un an. Et en fait, cette année-là, j'ai bossé comme une tarée et j'ai bossé dans plein de types de structures différentes pour voir ce qui me correspondait potentiellement le mieux et en même temps pour mettre de l'argent de côté. Donc clairement, à Paris, quand on est sortant d'école comme ça et qu'on a envie de bosser, il y a du taf. Et donc, j'ai bossé dans plein de types de structures, dans des très grosses boîtes, des gros groupes, des boîtes un peu plus petites, des ateliers, des studios. Et très rapidement, je me suis rendu compte qu'en fait, mon format idéal, c'est entre deux et cinq personnes. Après, c'est trop. Et c'est aussi un format qui, pour moi, permet de conserver une certaine liberté, une certaine créativité, une fluidité d'échange, pas trop de hiérarchie, beaucoup de liberté.
- Speaker #0
Donc, en fait, très, très rapidement, ce fameux moment où tu as capturé ce pot à crayon, tu as compris que ça n'allait pas juste être un hobby et que ça allait vraiment... La photo,
- Speaker #1
même aujourd'hui, quand je regarde, quand je fais un peu la rétrospective de mes 13 ans à aujourd'hui, je me dis c'est ouf, ça a toujours été un fil rouge, en fait. Ça a toujours été un fil rouge, ça a toujours été là. Et en fait, ça pour dire que la parenthèse parisienne, elle a nourri la suite. Parce qu'en fait, je me suis rendue compte que du coup, j'étais faite pour les studios. Je me suis aussi rendue compte que j'étais peut-être pas faite quand même pour ce métier de cette manière-là et que j'avais besoin, avec les compétences que j'avais acquises, de créer un truc un peu sur mesure. Oui, c'est exactement ça. Pour véhiculer en fait ce que j'ai. En fait, moi, je suis une grosse bosseuse, mais j'ai besoin de servir une vision auquel je crois. tant qu'à faire la créée soi-même. Aujourd'hui, je me rends compte que je l'ai créée moi-même, mais sans le vouloir. Ce n'était pas intentionnel, en fait.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Je savais surtout ce que je ne voulais pas.
- Speaker #0
Moi, quand je te présente à mon entourage ou à mes clientes, ou quand on discute ou avec d'autres photographes, je prends souvent ton cas d'étude parce que tu t'es créé vraiment un univers, un secteur propre à toi par rapport à ce que tu avais envie de défendre, par rapport à ce qui pouvait te convenir ou non. Et donc, du coup, moi, j'en arrive quand même au fait que... Ok, tu as développé ça, mais à aucun moment, parce que c'est quand même le nerf de la guerre quand on entreprend, c'est pour payer ses factures.
- Speaker #1
Il y a vraiment une vision entrepreneuriale ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ah mais zéro ? Zéro.
- Speaker #0
Alors là, vous voyez, c'est une entrepreneuse complètement yolo, c'est-à-dire qu'elle n'a pas du tout fait ça pour gagner ta vie à la base en fait.
- Speaker #1
Pas du tout. Moi, j'étais en mode, je veux faire ce que je veux. C'est plutôt de la révolte, de la liberté, de l'indépendance, tu vois.
- Speaker #0
Par contre, pour dire quand même, c'est qu'à côté... Tu faisais quand même de la directrice, de la théâtre, de voir vivre. Oui, vu que j'ai mon diplôme, de toute façon, je suis complètement indépendante. En fait, moi, ce que j'aimerais mettre en avant et venir sublimer dans tes propos, il y a plusieurs choses qu'il faut retenir de ça. C'est le fait de, quand on est vraiment, vraiment passionné par quelque chose, qu'on sent qu'il y a quelque chose à écrire, en fait, tu t'es donné les moyens de le faire. Donc, tu as fait preuve de patience, de persévérance et de résilience. Et ça, c'est hyper... Ce n'est pas que c'est hyper rare, mais je trouve qu'aujourd'hui... On arrête vite de se battre, tu vois, parce que c'est dur. Genre, toi, t'as vraiment pris le temps de pouvoir voir ce qui te convenait, ce qui te convenait pas, faire différentes structures. Donc, en fait, t'as fait beaucoup le côté plus terre-à-terre. Ouais, c'est exactement ce que j'allais dire. C'est mes termes. T'as fait beaucoup de test and learn, donc ça, c'est le premier point. Le deuxième point, c'est que mine de rien, même si t'étais dans cet érin un peu de test and learn, t'as sécurisé. Donc, derrière, en fait, t'as fait le métier de base. que tu savais faire de l'ADA, même si ce n'était pas ça profondément qui te passionnait, c'est que tu as eu quand même ce truc de me dire je me mets quand même en sécurité. Mais quand même,
- Speaker #1
très rapidement, j'ai eu cette année-là où j'ai mis de l'argent en côté, mais ensuite j'ai décidé de faire du graphisme que pour des paysans. Donc avant, pareil, il n'y avait aucune vision parce que c'est des personnes qui ont moins d'argent aujourd'hui en France.
- Speaker #0
Donc oui,
- Speaker #1
mais...
- Speaker #0
Donc il y a eu ça. Et puis, ouais, moi, je pense que ce qu'il faut retenir là de ce premier G, c'est vraiment ce côté quand vous croyez profondément en quelque chose, Il faut y aller, mais non plus, il ne faut pas y aller en mode yolo. Il faut quand même avoir un minimum de sécurité et de se dire, ok, moi, j'accepte ça parce que je sais que derrière, quelque chose de plus grand m'attend. Et justement, enfin, moi, je sais la réponse, mais du coup, est-ce que travailler par passion, tu as déjà mis en difficulté financière ?
- Speaker #1
Eh bien, bien sûr.
- Speaker #0
Est-ce que tu pourrais dire à quel moment ça t'a vraiment mis en difficulté financière ? Est-ce que tu as reçu... senti dans ta période ? Oui,
- Speaker #1
je vois très bien quand c'est ce que c'était.
- Speaker #0
Des moments où c'était vraiment très critique ?
- Speaker #1
Ouais, c'est le moment où en fait plusieurs choses, souvent on me demande genre les... Il y a des jeunes photographes qui me demandent comment t'as fait, machin et tout. J'ai un truc, c'est qu'effectivement moi j'avais aucune vision et qu'en fait intrinsèquement je suis foutue comme ça, j'ai besoin de sens en fait. Donc je pouvais pas faire autrement. Ça c'est un truc qui est hyper important, c'est qu'en fait je l'ai pas forcé, c'est que c'est mu comme ça parce que je suis comme ça. Ensuite, quand est-ce que ça m'a mis en difficulté ? Quand je suis sortie, j'ai fait une formation en permaculture qui a révolutionné ma vie. Vraiment, il y a eu un avant et un après. Je pense que je suis née un petit peu quand je suis sortie de cette formation. Et en fait, c'est cette formation, encore aujourd'hui, parce que j'ai fait des rencontres humaines, dont mon formateur, qui était un disciple de Bill Mollison, qui était extraordinaire, qui m'a transmis des choses. Encore aujourd'hui, ça drive ma vie, en fait. Et quand je suis sortie de perma en 2018, je crois, Il y a eu une révolution dans ma vie. Et j'ai commencé à avoir des idées extrêmement arrêtées. C'était à l'étranger. Quand je suis rentrée en France, je voulais faire du graphisme que pour les paysans, mais stricto sensus, des artisans. J'avais quand même un loyer à payer et puis une vie. Je refusais tous les artisans et les paysans qui étaient en dehors. Je crois même du va.
- Speaker #0
Du va, oui.
- Speaker #1
N'importe quoi. Parce que relocalisation. Mais parce qu'aujourd'hui encore, c'est des idées que je porte. Je suis convaincue que le collectif, c'est la vie. Je suis convaincue que localement, il y a plein de talents. Je me disais, mais qu'est-ce qu'un paysan en Bretagne va m'appeler alors que moi, j'habite à côté de tout ? Du coup, je leur disais, j'ai plein de contacts en Bretagne. Et en fait, j'ai passé un an et demi à refuser du graphisme, à refuser... Là, je commençais à bosser pas mal dans les fermes, à faire du woofing. Donc en fait, j'étais appelée pour faire des photos. Et bien en fait, je refusais des trucs. Et donc, du coup, je me suis retrouvée avec...
- Speaker #0
Un peu plus rigole que ça,
- Speaker #1
là,
- Speaker #0
en fait.
- Speaker #1
Je me suis dit, clairement, déjà, je réatterrissais dans le Var alors que je ne connaissais plus des gains. Et donc, là, ça a été n'importe quoi aujourd'hui, avec du recul. Après, j'irai trop près de pédaler. J'ai ouvert un peu mes chakras. J'ai commencé à faire des allers-retours à Paris pour certains clients. Et après, j'ai commencé à avoir, pour le coup, je pense, une vision un peu plus entrepreneuriale, même si je pense que je n'étais pas encore là où j'en suis aujourd'hui. J'ai commencé à me dire, ok, en fait, Justine, tu veux soutenir les paysans, tu veux porter ta voix pour eux, tu as décidé, tu as bien réfléchi que tu ne voulais pas t'engager sur le terrain, que tu ne voulais pas devenir paysanne et que tu voulais trouver une manière de travailler pour les mettre en valeur et travailler avec eux. Mais en fait, ces gens-là, c'est toujours la même problématique, ils n'ont pas d'argent.
- Speaker #0
Et oui. Donc, c'est de l'engagement,
- Speaker #1
mais en même temps, tu as besoin de vivre. Et donc, en fait, là, j'ai commencé à ouvrir mes chakras et à accepter des contrats et à me dire, ok, il faut toujours que ce soit dans mes valeurs parce que je serai incapable de faire quelque chose qui n'est pas dans mes valeurs. il y a des contrats qui permettent de servir une vision et une volonté et des valeurs en fait, mais voilà c'est ce moment là c'est le moment où vraiment j'étais complètement c'est vrai que nous on s'est retrouvés tard,
- Speaker #0
parce que pour la petite anecdote, pour que les gens puissent se situer on était dans le même lycée, on voyait très bien qui on était, mais on s'était jamais trop parlé je m'en souviens même pas non mais moi je ne me souviens de rien du tout mais je me souviens vraiment de rien et en fait c'est quand je suis revenue dans la région en 2019 où je t'ai contactée parce que j'avais un client et d'ailleurs je suis venue retenir ce discours là c'est pas du tout dans mes veines elle était fermée alors que je savais que j'avais besoin d'elle et en fait je l'ai pécho parce que c'était vraiment je l'ai datée je l'ai travaillée au corps parce que franchement elle m'a aidée alors que c'était pas du tout dans sa ligne directrice etc et on a bossé ensemble et c'est là qu'on a vraiment créé notre vraie amitié d'aujourd'hui Merci. Et c'est vrai que moi, avec le recul par rapport à ce que tu me dis, VS, ce que tu es maintenant et ce que tu as fait typiquement hier avec ton associé sur Bobine, où je me dis qu'il y a complètement deux mondes. Et du coup, inconsciemment, tu as répondu à la question que je voulais te poser. Pourquoi autant de passionnés galèrent à gagner leur vie ? Parce que je pense qu'avant tout, c'est important de porter une voix. C'est important d'être aligné avec sa valeur. Mais il ne faut pas non plus être trop enfermé dans quelque chose qui t'empêcherait de t'ouvrir des opportunités. je pense que vivre de sa passion, c'est un équilibre de vie. Vivre de sa passion, c'est aussi, j'ai envie de dire, c'est un petit peu jongler avec tout ce qu'on peut te proposer et voir sur qu'est-ce qui rentre dans le cadre, qu'est-ce qui ne rentre pas dans le cadre. Et comme tu l'as dit, en fait, j'ai accepté certains projets qui, oui, étaient alignés à mes valeurs et à ma vision, mais parce que je savais que derrière, ça allait porter le message. Donc voilà. Et autre chose sur laquelle j'aimerais rebondir, du coup, tu travailles avec des clients. pas tous, mais une grande majorité qui n'ont pas d'argent.
- Speaker #1
Non, justement, c'est là en fait où il y a la vision entrepreneuriale qui est arrivée. Et d'ailleurs, merci François aussi pour ça. Parce que...
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Parce que...
- Speaker #0
Parce que ça, en fait, pour moi, c'est une question souvent qui revient en mode mes clients n'ont pas d'argent, c'est la galère financière. Moi, je suis toujours un peu la toquée qui dit moi, je suis profondément convaincue que c'est horrible de dire ça parce qu'en fait, en te parlant et en réalisant les clients que tu as, Il y a des personnes qui n'ont pas ce pouvoir financier. Bien sûr, qu'elles le veuillent ou qu'elles le veuillent pas. Qu'elles le veuillent ou qu'elles le veuillent pas. Et moi, des fois, je suis là, je dis, selon certaines expertises, les gens ont l'argent pour ce qu'ils veulent. Mais quand on part vraiment dans ton domaine très paysan, agricole, etc., la réalité, c'est que financièrement, pour certaines personnes, c'est compliqué. Il y a plein de trucs à dire. Voilà. J'aimerais que tu nous expliques un petit peu... Parce que tu aurais pu très bien te fermer et dire, en fait, moi, j'ai cette vision, je veux travailler avec ces clients, mais ces clients n'ont pas d'argent. Donc, comment tu as fait pour réussir à les contenter et gagner ta vie, finalement ?
- Speaker #1
Oui, alors, il y a plusieurs choses. Je ne sais pas si tu te souviens, il y a cinq ans, vers post-Covid, j'avais mis en place sur mes devis, sur mes devis en graphisme ou direction artistique, je ne sais plus comment j'avais appelé ça, mais un truc où les gens, ils pouvaient... verser en plus 10% de la prestation ou 5%, j'en sais rien, qui, moi, me permettait d'alimenter une enveloppe qui me permettait de pouvoir continuer à proposer des reportages gratuitement à tout un panel de personnes. Clairement, ça a mal marché. J'ai mal communiqué. De toute façon, je ne sais pas vendre un coup.
- Speaker #0
Ça aussi, il faudra qu'on en discute un petit peu.
- Speaker #1
C'est vraiment terrible. Voilà. J'avais eu cette idée-là. Parce qu'en fait, J'ai beaucoup travaillé gratuitement. Je dis j'ai beaucoup parce que j'ai beaucoup. T'as beaucoup. Mais pas longtemps. Oui. C'est juste que je travaille beaucoup.
- Speaker #0
Moi, j'ai un peu la vision de un an quand même.
- Speaker #1
Mais c'est rien. Une bonne année.
- Speaker #0
C'est vrai que c'est rien, mais pour personne. Mais parce que nous, on est comme ça.
- Speaker #1
J'ai pas fait ni compte de photos. Là, on parle que de la photo, en fait.
- Speaker #0
Oui, oui, c'est vrai. Il y a peut-être d'autres choses.
- Speaker #1
Moi, j'avais besoin aussi de gagner en confiance, de gagner en légitimité. J'avais besoin de trouver ma place. Je pense pas que j'ai déconné. je pense que j'ai fait le...
- Speaker #0
Ce qui pour toi te paraissait juste.
- Speaker #1
Oui, mais je pense que le plus n'aurait pas été juste pour le coup. Je pense que je me suis arrêtée au bon moment. Donc, j'ai eu cette histoire de vie machin. Bref, et suite à ça... Alors là, où je veux en venir, c'est qu'aujourd'hui, j'ai deux manières de travailler pour les paysans et les artisans. Aujourd'hui, je travaille pour des indépendants, enfin, pour des particuliers qui ont très peu de moyens. Mais aujourd'hui, j'ai aussi compris que travailler gratuitement pour eux, ce n'était pas leur rendre service. Donc, je fais des tout petits budgets. qui, moi, me défraient, me semblent, même moi, en fait, pour le respect que je porte à mon travail, qui me permettent de me dire, tu t'es pas déplacée pour rien, t'as pas quitté chez toi pour rien, t'as pas engendré de la fatigue pour rien. Donc, je fais des tout petits budgets et j'en parle avec eux en leur disant, je suis OK pour le troc. Je sais pas s'ils vont dire ça dans un podcast, mais c'est pas grave.
- Speaker #0
Mais si.
- Speaker #1
Je suis OK pour le troc. Genre,
- Speaker #0
attention ! T'inquiète, y a pas le fisc ou quoi qui va passer par là.
- Speaker #1
Je suis OK pour les 50 fois sans frais, j'en ai rien à foutre, en fait, pour moi. Ce qui est important, c'est qu'ils prennent conscience de combien c'est important aujourd'hui qu'ils prennent la parole, qu'ils se montrent et qu'ils défendent leur travail autrement qu'avec les pieds dans la terre et les mains dans la terre. En fait, pour moi, c'est important aussi qu'ils s'emparent de leur image et qu'ils prennent conscience qu'aujourd'hui, c'est important qu'ils racontent de quelle manière ils font les choses, même s'ils n'ont pas le temps. C'est très antivalent tout ça. On ne va pas parler de paysannerie et d'artisanat parce que ça prend... On pourrait faire un deuxième podcast. Et en fait, c'est toujours très bien accueilli. Parce qu'ils comprennent. Donc aujourd'hui, il y a ça. Pour cette cible. Tout petit budget, mais il y a plus gratuit. Hyper adaptable, mais plus gratuit. Ensuite, du coup, l'idée avec Bobine, c'était quand même de se dire, OK, on a envie de mettre ces gens-là en valeur.
- Speaker #0
Ils n'ont pas de moyens, c'est une réalité.
- Speaker #1
Comment on va faire aujourd'hui pour aller chercher de l'argent ? Qu'est-ce qu'on peut aller aujourd'hui chercher, en fait, pour porter ces valeurs-là ? Et c'est, voilà, où est-ce qu'il y a de l'argent ? En fait, il y a... l'argent public aujourd'hui qui est dépensé à tir l'arigot à tort et à travers. Et en fait, moi, je trouve qu'on a quand même un métier de profonde valeur. Et donc, du coup, je n'ai pas honte de dire qu'aujourd'hui, hier, on faisait le bilan avec François, il y a 70%, je crois, qui vient de nos reportages qui sont financés par les publics et qui permettent de valoriser des gens qui n'ont pas d'argent et qui ont besoin d'être valorisés. Que ce soit pour que les gens prennent conscience de la valeur de leur travail, que ce soit pour eux-mêmes, en fait, pour l'image qu'ils ont d'eux-mêmes. Donc, aujourd'hui, il y a du public. Et on a aussi des financeurs privés. On va certainement inverser la tendance, faire du 50-50. Mais aujourd'hui, c'est les publics qui nous permettent de porter... C'est OK comme réponse ?
- Speaker #0
Oui, c'est grave OK. Ouais, ouais, non, non, c'est grave OK. C'est une très belle preuve que gagner de l'argent, c'est possible. En fait, vous vous êtes décortiqué la tête. En fait, ce n'est pas en mode, oui, à constat, il se passe ça, donc on ne peut pas aller là. Vous êtes allé chercher, vous avez essayé de comprendre.
- Speaker #1
Oui, en fait, l'ini... Le truc dont on parlait hier avec François, c'est qu'en fait, il faut toujours qu'on revienne à ça. C'est la base, l'ancrage. On a la même, je pense, c'est la vision et les valeurs. Et en fait, aujourd'hui, on a créé un métier et un business modèle, entre guillemets, qui vivote encore, mais on travaille à l'améliorer, à partir de passion, mais de valeur. De valeur.
- Speaker #0
Ouais. Et justement, tu as dit quelque chose tout à l'heure, je ne sais pas me vendre.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Je sais que, à ton écharpe, tu t'es quand même beaucoup améliorée. Parce qu'il faut savoir qu'à ce jour, à l'heure où je vous parle, alors pas Bobine, mais Studio Payol, parce qu'en fait, Justine a deux structures. Il y a Studio Payol d'un côté et Bobine de l'autre. Bobine a des plateformes, a un compte Instagram, site Internet. Site Internet, Newsletters. Newsletters, podcast. Et revues papiers. Et revues papiers. et Studio Payol à un compte Instagram et Zatoil. J'ai une page de vente de tirage que j'ai jamais communiquée. C'est terrible ! Vous savez que moi, je m'arrache les cheveux. Il faut que tu fasses ça, il faut que tu fasses ça. Mais ce que je veux dire, c'est que, en fait, concernant Bobine, tout s'est créé avec le temps et que quand vous avez commencé, en fait, vous êtes partie de rien. Et ça rebondit sur l'épisode que j'ai fait avec ma mère la semaine dernière. où elle, en fait, elle s'est fait connaître en faisant du porte-à-porte, en vraiment téléphone, pas d'email parce qu'elle ne met pas ça, où elle se présentait en présentiel face aux gens pour avoir des clients. Et ça montre encore une fois que, oui, vos plateformes, que ce soit site internet, newsletter, podcast, aident à diffuser le message, mais en fait, la base même de ce qui a fait que vous en êtes là aujourd'hui, c'est vous qui avez poussé des portes.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
Voilà, totalement.
- Speaker #1
C'est que ça.
- Speaker #0
C'est que ça. Et c'est important que je dise ça.
- Speaker #1
bobines, en fait, on commence à être bien repérés, on va dire, et du coup, on commence à avoir des opportunités. Mais en fait, avant ça, il n'existait rien.
- Speaker #0
Il n'existait rien. Mais le démarrage, en fait, ce n'est pas les réseaux qui vous ont apporté des opportunités. Et c'est pour ça que moi, je le dis. Aujourd'hui, oui, une plateforme à réseau social, peu importe, un site, des pubs, peut faire connaître. C'est indéniable. Mais il n'y a pas que ça. C'est ce que j'ai envie de montrer, tu vois. Parce qu'aujourd'hui, on est là, oui, nanani, nanana. Vous, les réseaux, ça a été un accélérateur de visibilité, de notoriété. Oui, on n'est vraiment pas des stars des réseaux. D'autorité. Vous avez quand même un très, très, très bon engagement. Ce n'est pas parce que vous n'avez pas 100 000 abonnés. Vous avez quand même un super engagement sous vos contenus. Vous avez des super bons retours à vos newsletters. Enfin, je veux dire, votre podcast… On a une page qui est tellement riche, tu vois, qu'en fait, les gens qui ne sont pas… Eh oui. Le podcast, tu vois, il a quand même des très, très bonnes écoutes. Même si ce n'est pas un truc que tu vois, il n'y a pas… Sans ton poigne, en fait. Voilà. Au revoir, tu vas. Donc, encore une fois, on est face aussi à un duo qui a fait preuve, c'est le mot-clé en fait de persévérance, qui n'a pas eu peur de se prendre des refus, parce que je pense que vous en êtes certainement pris, et le fait aussi d'être un duo, c'est que du coup, je parle en ton nom et tu m'arrêtes, c'est en bas le cas. Justine, on va dire qu'elle est très forte pour faire passer ses messages, sa valeur, sa vision, etc. Elle est un nouveau cutie ! Non ! Elle est moins forte pour assumer ses prix, parler de tarifs. Et encore, je trouve qu'hier, tu m'as impressionnée. Tu as une vraie vision entrepreneuriale aujourd'hui. La force que tu as avec François, c'est que du coup, aujourd'hui, tu peux vraiment avoir cette capacité d'avoir un partenaire qui va pouvoir t'aider à porter cette vision, mais aussi avec une démarche peut-être commerciale un petit peu plus pushy.
- Speaker #1
Oui, alors François, déjà, de toute façon, c'est terrible. Quand on est tous les deux, c'est lui qui prend la parole pour présenter Bobine. Moi, je bégaye à côté, on dirait une tot. Alors que... Alors que bref. Donc commercialement, François, il est plus à l'aise. Après, on n'a pas la même formation et tout. Et c'est OK. Moi, ça me va très, très bien. On est extrêmement différents. En revanche, franchement, c'est moi qui porte les prix. Alors, ce n'est pas moi qui vais les dire.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est pour ça que j'envoie au casque.
- Speaker #0
Il y a tout du différent.
- Speaker #1
Mais moi, derrière, je suis dure. Et je sais aujourd'hui la valeur que notre travail a, en fait. Plus que François. François, il est plutôt à arrondir les angles. Non, moi, en fait, la valeur de notre travail, c'est la valeur de notre travail, en fait. Et je ne suis plus OK. Mais ça vient... Enfin, en fait, ça ne paraît rien à Bobine, mais en fait, dans notre vie, c'est démentiel la place que ça a pris. C'est une aventure de dingue. Et on en voit aussi les limites. On voit aussi les limites du modèle. On voit aussi tout ça. Et donc, en fait, aujourd'hui, il ne faut pas se leurrer. La partie financière, elle est hyper importante. On ne peut pas se brader. On ne va pas dire continuer parce que ce n'est pas vrai. Je pense que ça fait au moins un an et demi qu'on a arrêté. Mais on ne peut pas se brader, en fait.
- Speaker #0
Et ça, c'est hyper fort. Et c'est pour ça, moi, je dis tout le temps aux entrepreneurs qui ont du mal, justement, à avoir cette facette un petit peu plus commerciale, de ne pas hésiter à s'entourer. Parce que maintenant, comme tu l'as dit, tu as développé cette vision entrepreneuriale que tu n'avais pas, ces conditions que tu n'avais pas. Parce qu'en fait, c'était...
- Speaker #1
Tous les jours, en fait.
- Speaker #0
Et en fait, après, tous les jours. Et justement, je voudrais savoir, aujourd'hui, Il y a de la rentabilité ?
- Speaker #1
Autant sur Bobine que sur Payol. Autant sur Bobine que sur Payol. J'ai mis en dormance mon travail de photographe, on va dire, auteur. Et j'ai besoin de la partie Payol pour nourrir Bobine. ce que je dis souvent à mon associé. Et en fait, Bobine, j'ai quand même créé une direction artistique, il y a une ligne éditoriale, il y a une cohérence en fait, et j'ai besoin d'aller chercher de la créativité, de la liberté, de l'expression sur pailleule, avec des projets que je porte seule pour venir nourrir Bobine. Donc c'est important parce qu'aujourd'hui, en fait, Bobine est rentable, nous fait vivre. Alors si on écoute les... Enfin, je suis aussi consciente que par rapport à la quantité de charges de travail qu'on a, on n'a pas bien payé qu'à décider. que des semi-cars, quoi. C'est terrible. Parce qu'en fait, oui, on est rentable, mais à côté de ça, il faut mettre l'énergie de déployer. Aujourd'hui, c'est suffisamment rentable, quoi. Et sur Payol aussi.
- Speaker #0
Oui, mais bon, avoir deux activités, enfin, ce que je veux dire, c'est que vous pouvez être, d'un côté, tu peux être très fière d'avoir porté les deux projets, d'avoir aussi développé ça avec François. Enfin, avoir deux entreprises aujourd'hui, déjà en avoir une, tu vois, ça demande du boulot. Donc, en avoir deux, c'est encore... C'est encore plus prenant. Donc, vous êtes en train de...
- Speaker #1
Je suis presque à deux doigts de prendre des parts dans autre chose. Et je me dis, en fait, finalement, je suis une entrepreneur.
- Speaker #0
Exactement. C'est ce que j'allais en venir. C'est que finalement, en fait, je pense que l'entrepreneuriat, aujourd'hui,
- Speaker #1
en fait,
- Speaker #0
il est arrivé.
- Speaker #1
Il n'y avait aucune volonté.
- Speaker #0
Moi, c'est vrai que je t'ai vue vraiment comme une artiste. Tu sais, souvent... La perchée. La perchée du village qui parle aux arbres, tu vois, genre vraiment passionnée par le stéréotype même, tu vois, la fée, ou il y en a qui m'ont appelée ça la sorcière, en mode très... Et en fait, aujourd'hui, de par les discussions qu'on a pu avoir hier, je vois vraiment cette vision entrepreneuriale de dire, OK, d'un côté, je porte cette voie, j'ai cette passion, j'ai ces valeurs, j'ai ces non négociables, etc., mais de l'autre... J'ai envie de tout dégommer et j'ai de l'ambition et je veux aller plus loin et je veux gagner plus parce que c'est important pour moi et je veux plein de choses. Oui,
- Speaker #1
c'est le seul moyen que j'ai, en fait, pour pouvoir continuer de faire ce que je fais. En fait, c'est ça. Ce n'est pas forcément gagner plus, mais d'être pérenne, d'être hyper résiliente, de pérenniser des activités. pour pouvoir continuer à porter ces voies-là, en fait. C'est obligé, quoi.
- Speaker #0
Et du coup, à partir de quand tu t'es sentie, parce que tu me dis que t'étais pas entrepreneuse, à partir de quand tu t'es sentie, genre, entrepreneuse et plus juste passionnée ? Je sais que tu es toujours passionnée, mais tu vois, à quel moment tu as dit là, genre, j'ai un virage ?
- Speaker #1
Je pense que c'était après Bobine numéro 2. Donc, avec François, on a sorti trois revues, puis un guide papier. Et après Bobine numéro 2, je me vois très, très bien être épuisée. Ça fait déjà longtemps que je suis épuisée. Le pique-à-nique de l'église. Et en fait, là, je me suis dit, j'ai tiré la sonnette de l'arme. J'ai dit, en fait, là, c'est pas possible. Genre, moi, j'aime trop ce que je fais. Genre, je suis même transcendée par les rencontres humaines, bouleversée par des gens. Je connecte hyper fort avec des gens. C'est incroyable et tout. Mais en fait, là, moi, je suis épuisée. J'ai pas d'argent à la fin du mois. Je suis à découvert de fou à la fin du mois. J'ai pas le temps d'aller au sport. J'ai pas le temps de voir mes amis. Et en fait, ça sert à quoi ? Au bout d'un moment, ça aussi, c'est de la permaculture. Il y a de la permaculture au sens large du terme. Dans la permaculture, il y a de la permaculture humaine. Et c'est là où j'ai dit, c'est pas OK si on veut continuer comme ça. Justement, je pense que je suis quand même assez lucide et ancrée terre à terre aussi, même si je peux avoir un côté très artistique, pour être consciente des limites. Et là, c'était déjà après Boby numéro 2, j'étais déjà arrivée aux limites. Et là, je pense que c'est à ce moment-là, la vision entrepreneuriale a pris le pas. Et du coup, je me suis dit, OK, bah... Comment on va gagner de l'argent, en fait ? Comment on va pérenniser cette activité-là ? Comment on va faire ce travail de jeu de vase communiquant, en fait ? Donc, je crois que c'est l'épuisement.
- Speaker #0
La clé, l'épuisement, les gars.
- Speaker #1
L'épuisement, voilà. Et encore aujourd'hui, c'est horrible à dire, parce que je ne pense pas que ce soit un modèle. Et je trouve que c'est assez toxique de fonctionner comme ça. Mais encore aujourd'hui, par exemple, hier, on a passé la journée à parler pendant 10 heures. Encore aujourd'hui, c'est l'épuisement physique et mental qui fait passer des caps. et qui fait se dire, bah là en fait le modèle il est épuisé,
- Speaker #0
il faut se remettre en question comment on fait pour avancer en fait mais je pense que ça c'est très humain c'est à dire qu'on arrive toujours à un point de non-retour, regarde moi j'étais dans la facette très opposée, genre je veux gagner de l'argent je veux gagner de l'argent, je gagne de l'argent bon pour x, y, que raison et je suis épuisée, beyond doubt peut-être que c'est pas la bonne façon d'en faire, etc. à l'inverse, vous, vous étiez vraiment dans un truc de tatatatata, épuisement des clics. Et en fait, je pense que c'est juste très humain, c'est-à-dire qu'on attend d'avoir des électrochocs un peu comme, enfin c'est horrible ce que je vais dire, mais comme avoir un accident, ou avoir une maladie, ou en être épuisé physiquement et psychologiquement et te dire en fait, je veux plus ça pour arriver là. Donc si vous nous entendez, que vous êtes dans cette situation, c'est un message pour vous, pour vous dire de faire attention à tout ça. Tu nous en as un peu parlé, mais est-ce que tu penses qu'on peut aimer son métier sans tout aimer dedans ? oulala attention elle va sortir tu sais je vois bien le rouleau je sais que je parle beaucoup c'est fait pour on est sur un podcast je fais ce que je veux c'est bon on est fast après
- Speaker #1
moi tu le sais c'est blanc ou noir donc soit j'aime tout même les emmerdes tu vois je les aime parce que je sais qu'elles permettent d'arriver à un truc chouette mais ça pour le coup c'est de l'entièreté Donc oui, pour le coup, c'est plus deep. C'est que moi, j'aime tout, oui. Parce que je suis entière, en fait. Et donc même les nocturnes à faire des expéditions, les prises de tête, même l'épuisement, même la désorganisation, même les retards de train, ça m'emmerde. Mais en même temps, j'aime toute cette vie-là. Parce que j'ai tout pris, en fait.
- Speaker #0
Avec le recul, ça crée cette adrénaline et ce mouvement, cette action. Oui,
- Speaker #1
en ce moment, j'ai peu de choses où je peux dire que je n'aime pas. j'aime pas faire de la compta mais en vrai j'aime tu vois enfin c'est ma vie ah ouais moi j'aime pas du tout non mais je peux pas blairer ça tu sais je suis bidon en chiffres mais oui j'aime pas la compta j'ai des thèses des marchés et voilà en fait j'ai trouvé un modèle idéal c'est à dire qu'en fait avec François on est les deux opposés c'est
- Speaker #0
là que c'est là que en fait voilà c'est là où je voulais en venir parce que je fais pas ce que j'aime pas faire du tout exactement quand je démarche des biens bah oui parce qu'on vient à toi très naturellement de par la déa que t'as pu développer ce que tu portes etc Mais justement, moi, j'aurais dit, on peut aimer son métier sans tout aimer dedans. Sauf que moi, toutes les choses aujourd'hui que je n'aime pas, je fais en sorte de les déléguer. Oui. De ne plus les faire, tu vois. Donc, c'est vrai que ça aide. Du coup, est-ce que tu serais d'accord avec, j'ai mis un petit message, on ne vit pas de sa passion, on vit de ce qu'on construit autour.
- Speaker #1
Oui, c'est ça ce qui fait vivre, c'est ce qu'on construit, oui.
- Speaker #0
Ok. Donc, du coup, aujourd'hui. pour les personnes qui nous écoutent, donc je pense qu'il y aura des personnes de la communauté, peut-être des personnes qui sont, je sais pas, futurs photographes ou des métiers artistiques. Comment tu pourrais conseiller quelqu'un avec le recul que t'as et l'expérience que t'as parce que mine de rien ça fait, rappelle-moi combien de temps ?
- Speaker #1
10 ans.
- Speaker #0
10 ans. Quelqu'un qui a...
- Speaker #1
Il est en train de faire une vision entrepreneur.
- Speaker #0
Mais tu vois, j'ai envie de dire, et c'est encore une belle leçon, il n'est jamais trop tard, déjà de 1, tout peut être fait. Et c'est pas parce que t'as 10 ans d'entrepreneuriat que, en fait, la nana, dans 20 ans, elle sera pas encore différente. Et c'est ça qui est beau dans nos métiers, c'est qu'en fait, on a cette capacité à évoluer, à grandir. Et on en apprend tous les jours. Et je pense que c'est ça qui est kiffant dans l'entrepreneuriat, c'est qu'en fait, tu changes de posture constamment. Tu vois les axes d'amélioration que tu peux amener. Tu vois ce que tu ne veux plus. T'es de plus en plus ancrée. Et je trouve que c'est beau. Et c'est pour ça qu'il faut vraiment persévérer. Je suis en train de m'éloigner. Mais du coup... Si quelqu'un nous écoute et qu'il est profondément passionné, peu importe que ce soit un métier créatif, que ce soit pour faire porter son savoir-faire, qu'il a envie d'être numéro un, comment tu l'inviterais en fait à commencer ?
- Speaker #1
C'est qu'en fait déjà, alors là je vais parler comme une vieille, mais je pense qu'il y a dix ans, j'avais beau être à mon compte, j'étais pas un grand entrepreneur et je pense que je le deviens. peine aujourd'hui encore une fois par l'expérience et j'aurais pu aussi lâcher parce que j'aurais pu ne pas du tout me révéler être entrepreneur du tout. Je pense qu'il y a dix ans, il n'y avait pas toute cette vibe de genre tout le monde est à son compte et tout. Peut-être que ça m'aurait paralysée parce que j'aurais vu le sommet de la colline et je me serais dit mon dieu mais attends mais pas du tout.
- Speaker #0
Je pense qu'il y a toujours eu des gros poissons. Je pense qu'il y a toujours eu des gens qui ont beaucoup entrepris. Mais il n'y avait pas les réseaux qui nous permettaient de les voir. Mais du coup, toi, là,
- Speaker #1
tu es moins paralysant. Ce que je dis aujourd'hui à quelqu'un qui vit dans tout ça, c'est horrible. C'est pas bon. C'est de réussir à revenir à soi, en fait, mais en fait, pas à pas. C'est ça, en fait. Parce qu'il y a des gens qui vont sortir d'école de commerce, il y a des gens qui sont entrepreneurs, et OK. Et il y a des gens comme moi qui, en fait, sont plutôt passionnés et qui sont portés par le sens et qui vont le devenir. Et en fait, c'est pas à pas. Et c'est vraiment toujours revenir à soi. Je crois que moi, le truc qui m'a... Et qui aujourd'hui encore est bien avant l'entreprenariat. Je sais très bien que je serai toujours portée par ça. C'est en fait mes valeurs et le sens en fait. Ça ne répond pas forcément à la question parce que ça répond à la question sur une typologie de caractère en fait.
- Speaker #0
C'est une typologie de caractère, mais encore une fois, c'est toujours la leçon de ne pas se comparer au chapitre 54 quand toi tu en es au chapitre 3. Je pense que déjà en fait, ça dépend les lettres motives. Moi, je dis tout le temps, genre...
- Speaker #1
Là, tu parlais des passionnés.
- Speaker #0
Ouais, moi, je te parlais vraiment de transformer sa passion en un métier.
- Speaker #1
Mais tu parles de créatifs, des passionnés tout court.
- Speaker #0
Je parle de passion. Non,
- Speaker #1
parce qu'à partir du moment où je suis convaincue par ça, à partir du moment où tu es alignée, en fait, ça vient. Ouais, d'accord. Ça se construit, en fait.
- Speaker #0
Et du coup, quelles seraient pour toi les erreurs à éviter absolument ? Mettre la charrue avant les bœufs ? Oui. Ouais, vouloir aller trop vite.
- Speaker #1
Oui, parce que tu vois, encore avec François, on monte notre société. Bobine, ça a 4 ans et demi. Et j'ai la chance d'être tombée sur un associé avec qui on va au même rythme. Et en fait, ce n'était pas pertinent jusqu'à présent. On voulait être solide, on voulait avoir une vision, on voulait avoir un binôme solide aussi avant de monter une société. C'est comme si on avait une société depuis tout ce temps.
- Speaker #0
mais tu vois il y a non non mais en fait moi ça me fait écho tu sais à ces entrepreneurs qui commencent à dépasser des seuils qui commencent à avoir de l'argent, qui veulent, par exemple, avoir une équipe, avoir des murs. Et en fait, au bout d'un moment, ils se disent, je crois que ça ne me convient pas. Et c'est pour ça que moi, je dis tout le temps, l'ambition et la volonté, elle est propre à chacun. Et les valeurs. Et tu vois, moi, j'ai toujours dit, je ne veux pas m'associer parce que j'avais utilisé une proposition à Lyon. Ouais, tu te rends compte ? Si j'avais fait, bon bref. L'idée, c'était de devenir directrice du pôle web digital. Ouais, ouais.
- Speaker #1
Moi, je me suis toujours dit ça aussi.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Aujourd'hui, je me dis, mais en fait, moi, j'ai quand même un caractère, genre, je réfléchis en étoile. J'ai un caractère hyper impulsif et tout.
- Speaker #0
Et tu as réussi à t'associer.
- Speaker #1
Oui, j'en ai même besoin, je crois.
- Speaker #0
Mais tu as trouvé ton bon binôme parce que tu as en face de toi quelqu'un qui sait accueillir quand tu as des choses à lui dire. Différents niveaux de degré. Mais c'est un bon binôme. Tu vois, c'est un bon partenariat. Moi, je sais que je n'ai jamais voulu avoir une équipe des salariés parce que ça ne m'a jamais habité. J'ai toujours dit, je veux travailler avec des freelancers. Si je construis des choses, c'est avec des freelancers parce qu'ils restent indépendants et parce qu'en fait, on est motivé par...
- Speaker #1
D'ailleurs, moi, c'est toujours ma vision. Franchement, on n'aura jamais de salariés. Et même sur Payol, là, je me fais déborder complet. Même prendre un alternant, je ne sais pas en fait.
- Speaker #0
Je pense qu'en fait, il faut juste créer son... propre modèle. J'ai vu une nana, là, j'ai vu passer un réel, elle disait oui, je suis passée en société, depuis que je suis passée en société, c'est l'enfer, nanani, nanana, et en fait, vous avez le droit, et je le dis tout le temps, vous avez le droit de dire, en fait, moi, je veux vivre de ma passion, et mon objectif c'est de faire X, genre, je sais pas, 2000, comme je veux vivre de ma passion et mon objectif c'est d'en faire 15, et en même temps, de dire, bah en fait, je vais en faire 2, mais avoir une équipe de 10 personnes, parce que j'ai besoin d'être entouré, VS, je vais être solo, pipo à vie, en fait, vous créez votre modèle et je pense que t'en es la preuve aujourd'hui et t'es le très bon exemple de dire qu'aujourd'hui, t'as différents cordes à ton arc, t'as deux structures, t'as une structure où tu marches seule, une autre structure où tu marches en duo. Plus une équipe de fric. Plus une équipe de fric qui intervient quand t'as besoin. Il y a aussi ce côté de, ben finalement, la source de revenus qui fait vivre une des deux activités ne vient pas du client finale, mais vient de par des intermédiaires. Et donc, en fait, vous faites ce que vous avez envie. Et je trouve que tu es un très bon exemple dans cet écosystème où, en fait, tu t'es compliquée.
- Speaker #1
Tu trouves des solutions quand tu es remplie de volonté. De conviction, de volonté et de frein. En fait, il n'y a que des freins.
- Speaker #0
Il n'y a que des freins.
- Speaker #1
craint pour porter ça, en fait. Donc, du coup, là, j'ai parlé des publics, mais il y a plein d'autres choses.
- Speaker #0
Mais en gros, l'idée,
- Speaker #1
c'est de trouver effectivement un intermédiaire pour pouvoir valoriser ces gens-là, en fait.
- Speaker #0
Moi, je dis toujours, face à un problème, il y a toujours une solution. C'est quand tu commences à avoir plus de solutions que ça devient un problème, tu vois. Et je pense que vous, un peu face à, comme moi, par exemple, les objections de mon client, c'est genre j'ai pas le temps ou financièrement je peux pas ou je suis pas prête à faire ce travail et tout vous c'était bah en fait on veut mais on peut pas et du coup à chaque fois tu démarches quelqu'un bah non c'est pas bon moment ouvre une autre porte etc et en fait ça n'était qu'une accumulation de portes quoi ok donc ouais aujourd'hui travailler par passion c'est ok mais c'est important aussi aujourd'hui pour tenir parce qu'en fait si Toi, ça t'a permis de te respecter, d'avoir une vision, une structure, être à minima structurée, après à toi de voir comment t'as envie de la poser, et surtout, moi je le dis tout le temps, avoir un rapport sain à l'argent. Hyper important.
- Speaker #1
Moi je ne sais pas s'il est sain, je suis complètement désintéressée.
- Speaker #0
Toi t'es complètement détachée de ça. Moi ça me figure, je la bade. totalement détachée de ça.
- Speaker #1
C'est incroyable. Je me rends compte que c'est une liberté. Je ne sais pas si c'est de l'inconscience ou si c'est de la profonde foi en la vie, parce que j'ai ça aussi.
- Speaker #0
Et à côté de ça, tu chéris et tu es reconnaissante aussi pour l'argent que tu gagnes et qui te permet de faire ce que tu fais aujourd'hui. Ça peut être des choses... C'est exactement ça. Ok. Bah écoute, je pense qu'on arrive tranquillement à la fin de cet épisode. Est-ce que t'as envie de rajouter quelque chose ?
- Speaker #1
Bah non, mais merci pour ce premier exercice de podcast avec toi. Je suis très contente d'être interviewée dans notre bureau.
- Speaker #0
Ouais, je suis très contente aussi de t'avoir dans... En toute honnêteté, je vous le dis, je pense que ça sera pas le dernier épisode qu'on va enregistrer ensemble. Je pense qu'il y a d'autres sujets sur lesquels on peut débattre parce qu'en fait, on réalise qu'on fait... En fait, nous, on fait des podcasts... on n'a pas le temps de parler en fait c'est ça ça donne l'occasion de se dire les choses si jamais on veut te retrouver sur tes plateformes attention je vais me vendre oui oui là tu vas te vendre c'est alors vous avez le compte instagram arrobase studio payol donc studio comme un studio au singulier payol donc tout attaché donc ça c'est pour la première activité Merci. Et pour la deuxième activité, vous avez du coup aussi sur Instagram Bobine Magazine. Donc tout attaché, Bobine au singulier, B-O-B-I-N-E. Et Magazine, M-A-G-A-Z-I-N-E, au singulier aussi. Donc si vous voulez voir un petit peu le travail.
- Speaker #1
C'est très drôle parce que je viens de capter. En fait, tu viens de parler de la notion de l'argent. Et en fait, moi, Studio Payol, Payol en provençal, ça veut dire quand t'es à Payol, c'est que t'as peint un pécot. T'as peint un ch'tou. Ouais, mon studio, je l'ai quand même appris comme ça. Eh oui. pourquoi en revendication encore une fois dans mon époque où je refusais tout en disant de toute façon je vais pas gagner un peco j'en ai rien à foutre parce que moi ce qui compte en fait c'est que je porte les voix que j'ai envie de porter donc c'est que tu te rends compte tu pourrais dire en termes de manifestation la meuf elle s'est tirée d'un temps qui avait gagné mais zéro et ouais et en fait pas du tout pas du tout donc si vous voulez aller suivre le travail donc instagram il y a aussi un site il y a aussi le podcast de bobine ouais
- Speaker #0
newsletter. De toute façon, je vous laisse aller découvrir. Il y a tous les liens sur les bios. Attention, sinon moi je vais passer et je vais dire il faut que tu fasses ça. En tout cas, merci ma Juju pour ce petit moment. Il est temps pour moi de poser mon micro. Encore une fois, si l'épisode vous a plu, n'hésitez pas à lui donner du love, un petit like, une petite étoile, un petit commentaire. Merci de m'avoir écoutée. Je vous dis à l'épisode prochain. C'était Cassandre sur Papotis Papoton. Bisous, bisous.