Speaker #0Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode de Papoti Papoton. J'espère que je vous ai pas plombé le moral quand vous avez vu le titre de cet épisode « L'entrepreneuriat m'a fait perdre des amis et c'est ok » . Pour être très transparente, cet épisode devait sortir au lancement de Papoti Papoton, donc c'est-à-dire il y a un an, mais je pense que je n'étais pas assez prête pour vous parler de ça. J'avais du mal à poser les mots sur ce que j'avais vécu, parce qu'il faut savoir que je suis un dinosaure, je suis lancée depuis 2018, donc j'ai pu vraiment... expérimenté le terrain de l'entrepreneuriat avec mes relations amicales, familiales, amoureuses, etc. Mais là, on va vraiment plus focus sur l'entourage amical. Je pense que c'est un épisode qui va vraiment vous permettre de faire miroir et de vous positionner et peut-être même de relativiser. En fait, voilà, l'épisode aujourd'hui, c'est vraiment pour que vous puissiez relativiser si vous avez été déçus de certaines relations amicales depuis que vous êtes entrepreneuse. Et j'avais vraiment envie de parler de ces liens qui changent parce que Quand on est dans l'entrepreneuriat, on parle de liberté, on parle d'argent, on parle de réussite, mais on parle pas de ces liens qui vont s'éloigner. Et bien évidemment, quand je parle de lien, j'entends amis. Donc oui, aujourd'hui l'entrepreneuriat m'a fait perdre des amis, pas forcément parce qu'ils étaient toxiques, alors pas du tout, mais parce qu'à un moment donné, on ne parlait plus le même langage. Petit flashback pour que vous compreniez ce qui s'est passé. Donc moi, je suis tombée dans l'entrepreneuriat en 2018. Un peu par hasard, mais en fait, une fois que j'y ai été, j'étais à fond. Je ne savais pas ce que c'était l'entrepreneuriat, j'étais piquée de ça. J'ai été une forcenée de travail, j'étais passionnée. Je mangeais business, je respirais business, je rêvais business. Et c'est vraiment pas une blague. Si t'étais pas dans la même ambiance que moi, si t'étais pas dans le même mood, désolé, je vais être très cash, je m'ennuyais. C'est-à-dire que si t'étais pas rapide, si t'étais pas efficace, si t'étais pas passionnée, si tu vivais pas pour ce que tu faisais, Si limite t'avais un taf et tu râlais de ce taf, bah moi en fait j'étais en mode action réaction change, part, ne fais plus ça, etc. Donc en fait à l'époque, j'étais un peu dans un mood ultra radical. Voilà, niveau ouverture d'esprit, on va dire 1 sur 10, vraiment. Alors heureusement, avec le temps, j'ai grandi. Et c'est un sujet d'ailleurs que j'ai grave bossé avec ma thérapeute parce qu'en fait, ça me coupait carrément des liens sociaux. C'est-à-dire que si t'étais pas dans ce feu ardent, tu me faisais chier, tu m'ennuyais, genre il n'y avait pas d'intérêt. Même si t'étais salariée, c'était ok, c'était pas forcément parce que t'étais pas entrepreneuse. Sauf qu'à l'époque, j'étais persuadée d'avoir tout compris. Je bossais, j'apprenais, j'avançais à 100 heures et forcément, à un moment donné, ça a créé des décalages. Parce que j'adore bosser, j'adore ce que je fais, je suis hyper passionnée. Et du coup, bah... Par moment, j'ai préféré passer mes week-ends à construire des offres, travailler ma com, améliorer mes process, réfléchir à mes futurs objectifs. Clairement, j'étais totalement dans cette DA. Et cette DA m'animait beaucoup plus que sortir et boire des canons. Ça ne veut pas dire que je ne l'ai pas faite, attention. J'ai bien vécu de mes 18 à mes 21 ans, c'était on fire. Mais voilà, ce qui se passait, c'est qu'autour de moi, personne ne comprenait. Alors, je n'ai absolument pas manqué de soutien. ni de la part de mes amis, ni de la part de mes familles. Mais j'étais sujette à beaucoup de réflexions comme « Mais je ne comprends pas pourquoi tu bosses autant, mais attention, tu vas finir en burn-out. » Et d'un côté, ils avaient raison, mais de l'autre, à ce moment-là, je pense que quand on se lance et qu'on est vraiment passionné, il y a comme une énergie brûlante qui se crée et je pense qu'il ne faut pas éteindre le feu. Il faut vraiment le laisser se consommer à 100% parce que c'est là où je trouve que c'est les périodes les plus dures, mais les plus porteuses pour l'entreprise. Et donc, personne ne comprenait pourquoi je faisais ça. pourquoi j'aimais autant ça, pourquoi ça me prenait autant de place. Et forcément, petit à petit, je me suis sentie littéralement seule. Pas parce que personne ne m'aime, ouin ouin, je suis le vilain canard, pas du tout, mais seule dans la compréhension. Et à ce moment-là, et d'ailleurs même aujourd'hui, mais ça va un peu mieux aujourd'hui, j'arrive un petit peu à réseauter, mais à l'époque, j'étais pas du tout dans des réseaux d'entrepreneurs, j'étais pas du tout entourée de gens qui vivaient la même chose. Je le répète, mais je viens pas du tout d'une famille entrepreneuriale. personne dans ma famille qui est entrepreneur. Et en fait, par moments, je me sentais seule. J'avais personne à qui raconter ni les hauts, ni les bas, ni les angoisses, ni les victoires. Et alors mes mecs de l'époque, mais alors zéro pointé, ils avaient tendance à croire que mon boulot c'était un peu un jeu genre « oui, fais mumuse avec ton ordi ma chérie, c'est cool, c'est cool » . Ils considéraient ça comme si c'était mon hobby, un petit projet rigolo quoi. Alors qu'en fait, pour moi, c'était ma vie. Je vivais pour ça. Et du coup… Pendant longtemps, j'ai cru que l'entrepreneuriat m'avait fait perdre des gens, mais avec le recul, donc c'est pour ça que je suis là aujourd'hui pour vous en parler, c'est que j'ai compris forcément autre chose. C'est pas l'entrepreneuriat qui m'a fait perdre des gens, c'est le changement. que j'ai eu moi envers moi-même. Parce que quand tu entreprends, tu ne modifies pas juste ton emploi du temps ou ton taf, tu modifies aussi ta manière de penser, tes priorités, ton rapport au temps, au travail, à l'argent, à la liberté. Et donc forcément, à un moment donné, tu prends une autre direction. Dans le changement qui est en train d'opérer envers toi, mais aussi envers tes habitudes, ton quotidien, ton mindset, ce que tu veux, ce que tu ne veux plus, etc. Et bien en fait, tout le monde ne peut pas te suivre. Et parfois, les écarts entre toi et ce que vit ton entourage, c'est minime, mais par moments, ça peut être très très important. Moi, je sais qu'à un moment donné, quand j'ai commencé à très très bien gagner ma vie, je n'osais pas trop en parler avec mon entourage parce que je gagnais fois 3, fois 4 leur salaire. Et je sentais que je devais de plus en plus me retenir, je ne pouvais pas tout dire, j'avais peur de déranger, j'avais peur d'être trop. Au fond de moi, je sentais que je n'étais plus du tout exactement la même, sauf que... eux, ils étaient les mêmes. Et le plus dur dans tout ça, le vrai inconfort, ça n'a pas été de changer. C'est de voir que, in fine, les relations que j'avais, elles, elles ne bougeaient pas. Donc j'étais entre deux mondes. C'est-à-dire que je les aimais toujours, mais moi, j'avais glissé. C'est comme si j'étais passée à quelque chose d'autre. Et pour être très honnête, je ne savais pas comment lier mon monde avec le leur. Et forcément, je culpabilisais parce que je me disais, est-ce que je m'éloigne ? Est-ce que je deviens snob ? Est-ce que je deviens quelqu'un d'autre ? Pour qui je me prends ? Est-ce que j'ai pris la grosse tête ? En fait, je pense que oui. Oui, clairement, je suis devenue quelqu'un d'autre, mais pas en mal, juste en évolution. Toutes les expériences d'une vie nous transforment, nous font évoluer. Ça peut être un voyage, ça peut être un parcours professionnel, ça peut être des rencontres. Mais je trouve que l'entrepreneuriat, c'est le meilleur chemin du développement personnel. Donc oui, forcément, j'ai changé. Et oui, forcément, j'ai évolué. Mais attention, il ne faut pas non plus se cacher derrière « Ouais, les autres me comprennent pas. » pas. De toute façon, c'est moi contre le reste du monde. Pas du tout. Parce que forcément, moi aussi, j'ai changé dans la relation. J'avais moins de temps, moins d'énergie, moins de patience. Alors attention, ça veut pas dire que je suis psycho-rigide et que je suis pas ouverte à des après-midi complètement chill, à ne rien faire, à manger du chocolat et regarder Netflix ou aller faire les boutiques ou aller flâner en ville. Non, non. J'ai quand même une partie de ma personnalité qui est comme ça. Je crois que finalement, le piège, c'est de vouloir que tout reste comme avant. de forcer les dîners, de cacher ce que t'es devenu, de faire semblant que rien n'a bougé. Mais en vrai, je trouve que ça te bouffe plus d'énergie que d'accueillir le changement. Les relations, c'est un petit peu finalement comme les saisons. Certaines, elles vont se vivre à fond, et puis un jour, elles se calment ou elles changent de forme. Et c'est pas une perte, c'est juste la vie qui avance. Donc aujourd'hui, j'ai compris que je n'avais pas perdu des gens. Les relations ont juste évolué. Certaines se sont espacées. Certaines se sont transformées. et d'autres se sont arrêtées, parce qu'elles avaient simplement fini leur rôle, et aucune de ces options est triste en fait, c'est complètement ok. Je pense que ce qui est le plus compliqué, le plus triste, c'est que toi, tu sais où tu vas, tu sais que c'est ok, tu sais que tu as conscientisé qu'en fait la relation elle a changé, tu acceptes ce changement, que tu sois peut-être moins disponible pour la personne, que tu as envie peut-être de moins faire la fête, parce qu'en fait c'est quelque chose qui t'anime moins. que peut-être ton temps libre il est précieux, et oui, flâner une après-midi sur Netflix un week-end c'est sympa, mais faire ça H24, non merci. Je pense qu'en fait c'est des moods qui changent. En vrai, en te parlant aujourd'hui, je réalise que ça fait partie de la vie finalement. Cet épisode, il peut être représenté à travers tellement d'autres facettes. Donc si tu vis ça en ce moment, si tu sens qu'il y a un décalage avec ton entourage, donc là j'ai vraiment focus sur l'entourage amical, mais ça peut être sur l'entourage familial, amoureux. même professionnel, peu importe. Je tiens juste à te dire qu'en fait, tu n'es pas bizarre, tu n'es pas seul et tu n'as rien raté. Tu es juste en train de bouger. Et bouger, c'est ce qu'on fait quand on grandit. Parfois, ça crée de la distance, mais ça te rapproche aussi d'autres personnes, des gens qui te capteront sans que tu aies besoin de te justifier. Et ça, je peux t'assurer que c'est la meilleure des choses qui arrive et ça fait clairement du bien. Parce qu'au fond, l'entrepreneuriat, ça n'éloigne pas des gens. Ça révèle juste où chacun on est dans sa vie. Voilà. J'espère que cet épisode, il vous a plu. Ça change un petit peu de la DA que j'ai l'habitude de faire. Mais pendant cette pod week, j'avais aussi envie de revenir un petit peu à la genèse de ce que j'ai fait au lancement. Il y avait comme ça un épisode un petit peu mindset où je pose tout. Comme d'habitude, si l'épisode vous a plu, n'hésitez pas à lui donner du love, à partager l'épisode en story. Ça pourra aider des personnes qui n'ont pas forcément le soutien de leur entourage ou de leurs proches. De leur montrer aussi que ce changement, je pense qu'il fait partie du processus, ça ne veut pas dire qu'il est obligatoire, mais c'est clair qu'on change de posture quand on entreprend. Il est temps pour moi de poser mon micro. Merci de m'avoir écouté. Je vous dis à l'épisode prochain. C'était Cassandre sur Papoti Papoton. Bisous bisous !