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Alexandra Grimal, autrice, compositrice, interprète improvisatrice de jazz et saxophoniste cover
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Entretiens avec des auteurs, compositeurs, éditeurs Sacem

Alexandra Grimal, autrice, compositrice, interprète improvisatrice de jazz et saxophoniste

Alexandra Grimal, autrice, compositrice, interprète improvisatrice de jazz et saxophoniste

11min |24/11/2023
Play
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Description

« J’ai eu la chance de ressentir profondément, que la musique guidait mon destin. »
Dès l’enfance, Alexandra Grimal développe un attrait pour le jazz, l’improvisation et la musique contemporaine.
Guidée et influencée par des maîtres tels que Nelson Veras, guitariste, ou Jozef Dumoulin, pianiste, la saxophoniste impose son jeu et sa patte musicale.
Également professeure de composition, Alexandra Grimal a à cœur de transmettre son savoir à la jeune génération dans une démarche de préservation du patrimoine musical jazz. Elle partage à notre micro sa passion pour le jeu, la composition et la scène. 


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Regards Sacem, le podcast. Point de vue de créatrice et de créateur.

  • Speaker #1

    Je m'appelle Alexandra Grimald, je suis saxophoniste, compositrice et chanteuse. Je fais des musiques. que j'espère totalement décloisonnées qui vont du originellement du jazz à la musique contemporaine pour des pièces pour orchestres symphoniques ou pour ensemble de musique contemporaine mais aussi des pièces de pop pour voix et électro et voilà je suis aussi passée par un certain jazz traditionnel et beaucoup par la musique improvisée. Je suis tombée dans la marmite quand j'étais très petite parce que dans ma famille, il y a une espèce de dynastie obscure de musiciens. Donc il y avait un amour de la musique infinie de tous les côtés de ma famille et surtout on baignait dans l'écoute des disques. Que ce soit de la musique classique, de la musique contemporaine, les Beatles, des musiques du monde, des musiques traditionnelles. Je crois que mes parents n'avaient pas de limites dans leur goût musicaux. Donc c'est grâce à eux qu'on a, mon frère et moi, été immergés dans la musique. J'ai commencé à écrire de la musique très très jeune, à l'âge de 6 ans, j'ai commencé à écrire, à composer. Et vers l'âge de 12 ans, j'ai choisi le saxophone parce que c'était le jazz. Mon père écoutait beaucoup de jazz, c'était un symbole de liberté. C'était la nuit, c'était l'improvisation, c'était la révolution un peu, la revendication. C'était un espace très libre. Et donc très très tôt, à 13 ans, j'ai dit à mes parents que j'allais être saxophoniste professionnelle, mais ça faisait qu'un an que je l'en faisais. Et dès mes 13 ans, je me suis mise à travailler pour être saxophoniste de jazz. Donc après il s'est passé beaucoup plus de choses que prévu puisque je chante et je compose beaucoup. J'ai eu la chance de ressentir profondément que c'était mon destin. J'ai eu la chance de vivre des contes de fées, je suis allée aux Etats-Unis, j'ai rencontré des très très grands musiciens, j'ai partagé et je partage la scène avec des gens que j'admire beaucoup. et qui m'inspirent énormément. Il a fallu prouver, et il faut toujours d'ailleurs prouver, peut-être des milliards de fois plus que les hommes. À la fin, je me suis dit, mais c'est fou parce que j'ai tellement prouvé, qu'est-ce qu'il faut encore que je prouve ? Mais bon, je sais que c'est difficile pour les hommes aussi, et j'ai la chance de travailler avec des hommes incroyables aussi, qui travaillent à cette reconstruction. des femmes, en fait, juste de leur construction professionnelle, même pas leur reconstruction. Et aussi avec des femmes exceptionnelles qui m'ont passé des commandes très sérieuses en me faisant confiance. Il y a beaucoup de gens qui ont eu, beaucoup de programmateurs de festivals qui ont vraiment réparé plein de choses à plein d'époques et qui m'ont permis de créer parce que c'est ça surtout dont un artiste a besoin, c'est d'avoir l'espace pour créer et la confiance et le soutien des gens alentours. pour que ça se partage avec le plus grand nombre. Les moments charnières de ma carrière, il y en a beaucoup. Je suis partie quand j'avais 18 ans, étudier aux Pays-Bas avec un immense saxophoniste qui s'appelle John Rocco, saxophoniste américain merveilleux qui a changé ma vie. Surtout qu'il m'a secouée comme un prunier et qu'il m'a dit qu'il fallait que je sois très ouverte. parce qu'on ne peut pas avoir une seule vision de la musique. Donc ça, c'était très fondateur pour moi. J'étais en master à la haie au Concertoire Royal. Je suis rentrée au CNSM de Paris. J'étais très déçue. Alors, je suis partie au bout de deux mois. Mais j'ai rencontré Drey Palmaerts, qui est un formidable batteur belge, qui était professeur là-bas, avec qui j'ai beaucoup joué. Et c'était une rencontre vraiment fondamentale pour moi parce que tout de suite, il est venu jouer avec moi. J'ai rencontré à cette époque-là Nelson Veras et Joseph Dumoulin à Paris. Je m'étais réinstallée à Paris. Et ça, ça m'a construit. Ce sont des musiciens qui m'ont vraiment construit. Ensuite, je suis partie au Canada, au Banff Centre for the Arts, pour une résidence de composition. Et là, c'était extraordinaire. Donc, je suis revenue ensuite là-bas et je suis partie m'installer à New York. Donc là, j'ai fait mon disque à Old Stoke avec Liconi, Scarpycock et Paul Motion. Ça m'a permis de revenir en France avec un autre disque. J'ai fait aussi deux résidences de composition à la McDowell Colony aux Etats-Unis, qui est la villa Médicis américaine. J'ai osé, grâce au soutien des équipes là-bas, créer mon langage, commencer à synthétiser tout ce que j'avais étudié. Et donc après, je suis rentrée en France et grâce à tout ça, j'ai commencé à travailler en France. Et j'étais contente de pouvoir travailler dans mon pays. Moi j'ai une chaîne et j'adore mettre un disque dans une chaîne, je suis un dinosaure. J'avoue j'ai plus de plaisir à ouvrir un boîtier, à lire un livret, à avoir l'objet dans la main. Ou des vinyles aussi, je dois lire des vinyles. J'adore le support aussi. Je trouve qu'il y a une magie. Mais bon, peut-être que c'est l'ancienne génération qui doit se dire, allez, mise à jour, il faut. Mais j'ai du mal à écouter sur mon ordinateur. Je le fais quand j'ai vraiment pas le choix. Et Overmountains, mon dernier double album qui est enregistré par Céline Granger, qui est une merveilleuse ingénieure du son, qui a enregistré beaucoup de mes disques. Je n'ai pas pu le sortir en physique pour l'instant. Et j'étais un peu triste de ça, mais je préfère qu'il sorte et qu'il existe dans le monde en numérique, en digital. Mais c'est vrai que je suis encore très attachée au support. J'en achète, j'achète parfois des disques d'artistes que j'aime dans des concerts. La question du support, c'est une vraie question pour les artistes. Je pense qu'il faudrait mettre en place, mais ça se fait maintenant dans les écoles, un soutien, des interventions de la SACEM, des sociétés de droit. pour informer les artistes qui sont tout à fait prêts à se faire complètement arnaquer. C'est compliqué. C'est vraiment des sujets, le support qui mériterait beaucoup d'accompagnement chez les jeunes artistes et même chez ceux qui sont un peu plus âgés. C'est difficile quand on est artiste de devoir tout faire, parce que maintenant on doit faire aussi... Tout le monde le sait, la communication, la production. C'est vrai que toutes ces questions d'administration, de monter des sociétés, des associations, ce n'est pas évident de se former à tout et de continuer en même temps à faire une musique de qualité. Je compose beaucoup, donc j'ai cette chance aussi d'avoir cette source de revenus en tant que compositrice. Moi, j'ai eu un enfant qui est très jeune encore, donc j'ai... J'ai un petit peu arrêté de tourner pendant quelques temps. Maintenant, je recommence parce que mon enfant grandit. Donc voilà, les concerts, je recommence à jouer avec beaucoup de joie aussi, après le confinement, etc. Et à composer, à avoir des commandes. Donc voilà, les commandes, les droits d'auteur, les concerts. Encore, bien sûr, les disques qui restent, tant qu'il y en a. Et moi, depuis l'année dernière, j'enseigne la composition. Je suis professeure de composition, mais j'enseigne aussi l'improvisation et l'ensemble à la Haute École des Arts de Berne en Suisse. J'aime beaucoup être en contact avec la jeune génération et il y a une émulation extraordinaire parce que c'est une école qui est très, très, très décloisonnée, très ouverte, très expérimentale. Donc, j'enseigne aussi de la musique contemporaine à des masters de composition. J'ai des ensembles qui jouent la musique de Tom Johnson, des compositeurs qui n'ont absolument rien à voir avec le jazz. Et donc je suis dans une situation très hybride là-bas. Ça m'intéresse beaucoup. Donc en fait, c'est une des activités qui entre dans le jonglage avec les cancers et la composition. Je m'attends à beaucoup de mutations dans mon métier, oui, parce que moi j'ai toujours une vie déjà qui mute énormément, puisque j'ai fait beaucoup plus de choses que ce que je pensais faire à la base. qui m'ont toujours surprise et de nouveaux projets étonnants. Oui, je me prépare pour l'imprévu, bien sûr aussi économiquement, puisque on va vivre des temps nouveaux, déjà ça se complexifie. Et puis l'évolution de la société va nécessiter, je pense aussi, beaucoup plus d'entraide, beaucoup plus de collectif, beaucoup plus de pensée commune. Je pense qu'il y a beaucoup de systèmes à inventer. pour pouvoir traverser économiquement. Et puis il y a des nouvelles musiques à créer, des nouvelles formes. Le monde est en mutation, pas que pour des bonnes choses, mais je suis sûre qu'il y a beaucoup de très bonnes choses qui vont advenir et que je n'ai beaucoup pas à prendre. Et oui, je me réjouis, j'ai très envie de travailler, bien sûr. Je pense que ce qui manque en France, fondamentalement, c'est l'intérêt pour les autres, la curiosité et le décloisonnement. Il y a trop de chapelles, donc les gens ne peuvent pas se fédérer pour créer de nouvelles formes tant que ces chapelles sont perpétuées. On n'a pas de limite dans notre imagination pour inventer des nouvelles formes. Il faut juste peut-être arriver à se rapprocher du public pour partager la musique avec le plus grand nombre, mais pour sortir des sentiers battus au niveau des formats.

  • Speaker #0

    Vous venez d'écouter le podcast du Regards SACEM, entretien réalisé par Pascal Bertin.

Description

« J’ai eu la chance de ressentir profondément, que la musique guidait mon destin. »
Dès l’enfance, Alexandra Grimal développe un attrait pour le jazz, l’improvisation et la musique contemporaine.
Guidée et influencée par des maîtres tels que Nelson Veras, guitariste, ou Jozef Dumoulin, pianiste, la saxophoniste impose son jeu et sa patte musicale.
Également professeure de composition, Alexandra Grimal a à cœur de transmettre son savoir à la jeune génération dans une démarche de préservation du patrimoine musical jazz. Elle partage à notre micro sa passion pour le jeu, la composition et la scène. 


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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  • Speaker #0

    Regards Sacem, le podcast. Point de vue de créatrice et de créateur.

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    Je m'appelle Alexandra Grimald, je suis saxophoniste, compositrice et chanteuse. Je fais des musiques. que j'espère totalement décloisonnées qui vont du originellement du jazz à la musique contemporaine pour des pièces pour orchestres symphoniques ou pour ensemble de musique contemporaine mais aussi des pièces de pop pour voix et électro et voilà je suis aussi passée par un certain jazz traditionnel et beaucoup par la musique improvisée. Je suis tombée dans la marmite quand j'étais très petite parce que dans ma famille, il y a une espèce de dynastie obscure de musiciens. Donc il y avait un amour de la musique infinie de tous les côtés de ma famille et surtout on baignait dans l'écoute des disques. Que ce soit de la musique classique, de la musique contemporaine, les Beatles, des musiques du monde, des musiques traditionnelles. Je crois que mes parents n'avaient pas de limites dans leur goût musicaux. Donc c'est grâce à eux qu'on a, mon frère et moi, été immergés dans la musique. J'ai commencé à écrire de la musique très très jeune, à l'âge de 6 ans, j'ai commencé à écrire, à composer. Et vers l'âge de 12 ans, j'ai choisi le saxophone parce que c'était le jazz. Mon père écoutait beaucoup de jazz, c'était un symbole de liberté. C'était la nuit, c'était l'improvisation, c'était la révolution un peu, la revendication. C'était un espace très libre. Et donc très très tôt, à 13 ans, j'ai dit à mes parents que j'allais être saxophoniste professionnelle, mais ça faisait qu'un an que je l'en faisais. Et dès mes 13 ans, je me suis mise à travailler pour être saxophoniste de jazz. Donc après il s'est passé beaucoup plus de choses que prévu puisque je chante et je compose beaucoup. J'ai eu la chance de ressentir profondément que c'était mon destin. J'ai eu la chance de vivre des contes de fées, je suis allée aux Etats-Unis, j'ai rencontré des très très grands musiciens, j'ai partagé et je partage la scène avec des gens que j'admire beaucoup. et qui m'inspirent énormément. Il a fallu prouver, et il faut toujours d'ailleurs prouver, peut-être des milliards de fois plus que les hommes. À la fin, je me suis dit, mais c'est fou parce que j'ai tellement prouvé, qu'est-ce qu'il faut encore que je prouve ? Mais bon, je sais que c'est difficile pour les hommes aussi, et j'ai la chance de travailler avec des hommes incroyables aussi, qui travaillent à cette reconstruction. des femmes, en fait, juste de leur construction professionnelle, même pas leur reconstruction. Et aussi avec des femmes exceptionnelles qui m'ont passé des commandes très sérieuses en me faisant confiance. Il y a beaucoup de gens qui ont eu, beaucoup de programmateurs de festivals qui ont vraiment réparé plein de choses à plein d'époques et qui m'ont permis de créer parce que c'est ça surtout dont un artiste a besoin, c'est d'avoir l'espace pour créer et la confiance et le soutien des gens alentours. pour que ça se partage avec le plus grand nombre. Les moments charnières de ma carrière, il y en a beaucoup. Je suis partie quand j'avais 18 ans, étudier aux Pays-Bas avec un immense saxophoniste qui s'appelle John Rocco, saxophoniste américain merveilleux qui a changé ma vie. Surtout qu'il m'a secouée comme un prunier et qu'il m'a dit qu'il fallait que je sois très ouverte. parce qu'on ne peut pas avoir une seule vision de la musique. Donc ça, c'était très fondateur pour moi. J'étais en master à la haie au Concertoire Royal. Je suis rentrée au CNSM de Paris. J'étais très déçue. Alors, je suis partie au bout de deux mois. Mais j'ai rencontré Drey Palmaerts, qui est un formidable batteur belge, qui était professeur là-bas, avec qui j'ai beaucoup joué. Et c'était une rencontre vraiment fondamentale pour moi parce que tout de suite, il est venu jouer avec moi. J'ai rencontré à cette époque-là Nelson Veras et Joseph Dumoulin à Paris. Je m'étais réinstallée à Paris. Et ça, ça m'a construit. Ce sont des musiciens qui m'ont vraiment construit. Ensuite, je suis partie au Canada, au Banff Centre for the Arts, pour une résidence de composition. Et là, c'était extraordinaire. Donc, je suis revenue ensuite là-bas et je suis partie m'installer à New York. Donc là, j'ai fait mon disque à Old Stoke avec Liconi, Scarpycock et Paul Motion. Ça m'a permis de revenir en France avec un autre disque. J'ai fait aussi deux résidences de composition à la McDowell Colony aux Etats-Unis, qui est la villa Médicis américaine. J'ai osé, grâce au soutien des équipes là-bas, créer mon langage, commencer à synthétiser tout ce que j'avais étudié. Et donc après, je suis rentrée en France et grâce à tout ça, j'ai commencé à travailler en France. Et j'étais contente de pouvoir travailler dans mon pays. Moi j'ai une chaîne et j'adore mettre un disque dans une chaîne, je suis un dinosaure. J'avoue j'ai plus de plaisir à ouvrir un boîtier, à lire un livret, à avoir l'objet dans la main. Ou des vinyles aussi, je dois lire des vinyles. J'adore le support aussi. Je trouve qu'il y a une magie. Mais bon, peut-être que c'est l'ancienne génération qui doit se dire, allez, mise à jour, il faut. Mais j'ai du mal à écouter sur mon ordinateur. Je le fais quand j'ai vraiment pas le choix. Et Overmountains, mon dernier double album qui est enregistré par Céline Granger, qui est une merveilleuse ingénieure du son, qui a enregistré beaucoup de mes disques. Je n'ai pas pu le sortir en physique pour l'instant. Et j'étais un peu triste de ça, mais je préfère qu'il sorte et qu'il existe dans le monde en numérique, en digital. Mais c'est vrai que je suis encore très attachée au support. J'en achète, j'achète parfois des disques d'artistes que j'aime dans des concerts. La question du support, c'est une vraie question pour les artistes. Je pense qu'il faudrait mettre en place, mais ça se fait maintenant dans les écoles, un soutien, des interventions de la SACEM, des sociétés de droit. pour informer les artistes qui sont tout à fait prêts à se faire complètement arnaquer. C'est compliqué. C'est vraiment des sujets, le support qui mériterait beaucoup d'accompagnement chez les jeunes artistes et même chez ceux qui sont un peu plus âgés. C'est difficile quand on est artiste de devoir tout faire, parce que maintenant on doit faire aussi... Tout le monde le sait, la communication, la production. C'est vrai que toutes ces questions d'administration, de monter des sociétés, des associations, ce n'est pas évident de se former à tout et de continuer en même temps à faire une musique de qualité. Je compose beaucoup, donc j'ai cette chance aussi d'avoir cette source de revenus en tant que compositrice. Moi, j'ai eu un enfant qui est très jeune encore, donc j'ai... J'ai un petit peu arrêté de tourner pendant quelques temps. Maintenant, je recommence parce que mon enfant grandit. Donc voilà, les concerts, je recommence à jouer avec beaucoup de joie aussi, après le confinement, etc. Et à composer, à avoir des commandes. Donc voilà, les commandes, les droits d'auteur, les concerts. Encore, bien sûr, les disques qui restent, tant qu'il y en a. Et moi, depuis l'année dernière, j'enseigne la composition. Je suis professeure de composition, mais j'enseigne aussi l'improvisation et l'ensemble à la Haute École des Arts de Berne en Suisse. J'aime beaucoup être en contact avec la jeune génération et il y a une émulation extraordinaire parce que c'est une école qui est très, très, très décloisonnée, très ouverte, très expérimentale. Donc, j'enseigne aussi de la musique contemporaine à des masters de composition. J'ai des ensembles qui jouent la musique de Tom Johnson, des compositeurs qui n'ont absolument rien à voir avec le jazz. Et donc je suis dans une situation très hybride là-bas. Ça m'intéresse beaucoup. Donc en fait, c'est une des activités qui entre dans le jonglage avec les cancers et la composition. Je m'attends à beaucoup de mutations dans mon métier, oui, parce que moi j'ai toujours une vie déjà qui mute énormément, puisque j'ai fait beaucoup plus de choses que ce que je pensais faire à la base. qui m'ont toujours surprise et de nouveaux projets étonnants. Oui, je me prépare pour l'imprévu, bien sûr aussi économiquement, puisque on va vivre des temps nouveaux, déjà ça se complexifie. Et puis l'évolution de la société va nécessiter, je pense aussi, beaucoup plus d'entraide, beaucoup plus de collectif, beaucoup plus de pensée commune. Je pense qu'il y a beaucoup de systèmes à inventer. pour pouvoir traverser économiquement. Et puis il y a des nouvelles musiques à créer, des nouvelles formes. Le monde est en mutation, pas que pour des bonnes choses, mais je suis sûre qu'il y a beaucoup de très bonnes choses qui vont advenir et que je n'ai beaucoup pas à prendre. Et oui, je me réjouis, j'ai très envie de travailler, bien sûr. Je pense que ce qui manque en France, fondamentalement, c'est l'intérêt pour les autres, la curiosité et le décloisonnement. Il y a trop de chapelles, donc les gens ne peuvent pas se fédérer pour créer de nouvelles formes tant que ces chapelles sont perpétuées. On n'a pas de limite dans notre imagination pour inventer des nouvelles formes. Il faut juste peut-être arriver à se rapprocher du public pour partager la musique avec le plus grand nombre, mais pour sortir des sentiers battus au niveau des formats.

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« J’ai eu la chance de ressentir profondément, que la musique guidait mon destin. »
Dès l’enfance, Alexandra Grimal développe un attrait pour le jazz, l’improvisation et la musique contemporaine.
Guidée et influencée par des maîtres tels que Nelson Veras, guitariste, ou Jozef Dumoulin, pianiste, la saxophoniste impose son jeu et sa patte musicale.
Également professeure de composition, Alexandra Grimal a à cœur de transmettre son savoir à la jeune génération dans une démarche de préservation du patrimoine musical jazz. Elle partage à notre micro sa passion pour le jeu, la composition et la scène. 


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    Regards Sacem, le podcast. Point de vue de créatrice et de créateur.

  • Speaker #1

    Je m'appelle Alexandra Grimald, je suis saxophoniste, compositrice et chanteuse. Je fais des musiques. que j'espère totalement décloisonnées qui vont du originellement du jazz à la musique contemporaine pour des pièces pour orchestres symphoniques ou pour ensemble de musique contemporaine mais aussi des pièces de pop pour voix et électro et voilà je suis aussi passée par un certain jazz traditionnel et beaucoup par la musique improvisée. Je suis tombée dans la marmite quand j'étais très petite parce que dans ma famille, il y a une espèce de dynastie obscure de musiciens. Donc il y avait un amour de la musique infinie de tous les côtés de ma famille et surtout on baignait dans l'écoute des disques. Que ce soit de la musique classique, de la musique contemporaine, les Beatles, des musiques du monde, des musiques traditionnelles. Je crois que mes parents n'avaient pas de limites dans leur goût musicaux. Donc c'est grâce à eux qu'on a, mon frère et moi, été immergés dans la musique. J'ai commencé à écrire de la musique très très jeune, à l'âge de 6 ans, j'ai commencé à écrire, à composer. Et vers l'âge de 12 ans, j'ai choisi le saxophone parce que c'était le jazz. Mon père écoutait beaucoup de jazz, c'était un symbole de liberté. C'était la nuit, c'était l'improvisation, c'était la révolution un peu, la revendication. C'était un espace très libre. Et donc très très tôt, à 13 ans, j'ai dit à mes parents que j'allais être saxophoniste professionnelle, mais ça faisait qu'un an que je l'en faisais. Et dès mes 13 ans, je me suis mise à travailler pour être saxophoniste de jazz. Donc après il s'est passé beaucoup plus de choses que prévu puisque je chante et je compose beaucoup. J'ai eu la chance de ressentir profondément que c'était mon destin. J'ai eu la chance de vivre des contes de fées, je suis allée aux Etats-Unis, j'ai rencontré des très très grands musiciens, j'ai partagé et je partage la scène avec des gens que j'admire beaucoup. et qui m'inspirent énormément. Il a fallu prouver, et il faut toujours d'ailleurs prouver, peut-être des milliards de fois plus que les hommes. À la fin, je me suis dit, mais c'est fou parce que j'ai tellement prouvé, qu'est-ce qu'il faut encore que je prouve ? Mais bon, je sais que c'est difficile pour les hommes aussi, et j'ai la chance de travailler avec des hommes incroyables aussi, qui travaillent à cette reconstruction. des femmes, en fait, juste de leur construction professionnelle, même pas leur reconstruction. Et aussi avec des femmes exceptionnelles qui m'ont passé des commandes très sérieuses en me faisant confiance. Il y a beaucoup de gens qui ont eu, beaucoup de programmateurs de festivals qui ont vraiment réparé plein de choses à plein d'époques et qui m'ont permis de créer parce que c'est ça surtout dont un artiste a besoin, c'est d'avoir l'espace pour créer et la confiance et le soutien des gens alentours. pour que ça se partage avec le plus grand nombre. Les moments charnières de ma carrière, il y en a beaucoup. Je suis partie quand j'avais 18 ans, étudier aux Pays-Bas avec un immense saxophoniste qui s'appelle John Rocco, saxophoniste américain merveilleux qui a changé ma vie. Surtout qu'il m'a secouée comme un prunier et qu'il m'a dit qu'il fallait que je sois très ouverte. parce qu'on ne peut pas avoir une seule vision de la musique. Donc ça, c'était très fondateur pour moi. J'étais en master à la haie au Concertoire Royal. Je suis rentrée au CNSM de Paris. J'étais très déçue. Alors, je suis partie au bout de deux mois. Mais j'ai rencontré Drey Palmaerts, qui est un formidable batteur belge, qui était professeur là-bas, avec qui j'ai beaucoup joué. Et c'était une rencontre vraiment fondamentale pour moi parce que tout de suite, il est venu jouer avec moi. J'ai rencontré à cette époque-là Nelson Veras et Joseph Dumoulin à Paris. Je m'étais réinstallée à Paris. Et ça, ça m'a construit. Ce sont des musiciens qui m'ont vraiment construit. Ensuite, je suis partie au Canada, au Banff Centre for the Arts, pour une résidence de composition. Et là, c'était extraordinaire. Donc, je suis revenue ensuite là-bas et je suis partie m'installer à New York. Donc là, j'ai fait mon disque à Old Stoke avec Liconi, Scarpycock et Paul Motion. Ça m'a permis de revenir en France avec un autre disque. J'ai fait aussi deux résidences de composition à la McDowell Colony aux Etats-Unis, qui est la villa Médicis américaine. J'ai osé, grâce au soutien des équipes là-bas, créer mon langage, commencer à synthétiser tout ce que j'avais étudié. Et donc après, je suis rentrée en France et grâce à tout ça, j'ai commencé à travailler en France. Et j'étais contente de pouvoir travailler dans mon pays. Moi j'ai une chaîne et j'adore mettre un disque dans une chaîne, je suis un dinosaure. J'avoue j'ai plus de plaisir à ouvrir un boîtier, à lire un livret, à avoir l'objet dans la main. Ou des vinyles aussi, je dois lire des vinyles. J'adore le support aussi. Je trouve qu'il y a une magie. Mais bon, peut-être que c'est l'ancienne génération qui doit se dire, allez, mise à jour, il faut. Mais j'ai du mal à écouter sur mon ordinateur. Je le fais quand j'ai vraiment pas le choix. Et Overmountains, mon dernier double album qui est enregistré par Céline Granger, qui est une merveilleuse ingénieure du son, qui a enregistré beaucoup de mes disques. Je n'ai pas pu le sortir en physique pour l'instant. Et j'étais un peu triste de ça, mais je préfère qu'il sorte et qu'il existe dans le monde en numérique, en digital. Mais c'est vrai que je suis encore très attachée au support. J'en achète, j'achète parfois des disques d'artistes que j'aime dans des concerts. La question du support, c'est une vraie question pour les artistes. Je pense qu'il faudrait mettre en place, mais ça se fait maintenant dans les écoles, un soutien, des interventions de la SACEM, des sociétés de droit. pour informer les artistes qui sont tout à fait prêts à se faire complètement arnaquer. C'est compliqué. C'est vraiment des sujets, le support qui mériterait beaucoup d'accompagnement chez les jeunes artistes et même chez ceux qui sont un peu plus âgés. C'est difficile quand on est artiste de devoir tout faire, parce que maintenant on doit faire aussi... Tout le monde le sait, la communication, la production. C'est vrai que toutes ces questions d'administration, de monter des sociétés, des associations, ce n'est pas évident de se former à tout et de continuer en même temps à faire une musique de qualité. Je compose beaucoup, donc j'ai cette chance aussi d'avoir cette source de revenus en tant que compositrice. Moi, j'ai eu un enfant qui est très jeune encore, donc j'ai... J'ai un petit peu arrêté de tourner pendant quelques temps. Maintenant, je recommence parce que mon enfant grandit. Donc voilà, les concerts, je recommence à jouer avec beaucoup de joie aussi, après le confinement, etc. Et à composer, à avoir des commandes. Donc voilà, les commandes, les droits d'auteur, les concerts. Encore, bien sûr, les disques qui restent, tant qu'il y en a. Et moi, depuis l'année dernière, j'enseigne la composition. Je suis professeure de composition, mais j'enseigne aussi l'improvisation et l'ensemble à la Haute École des Arts de Berne en Suisse. J'aime beaucoup être en contact avec la jeune génération et il y a une émulation extraordinaire parce que c'est une école qui est très, très, très décloisonnée, très ouverte, très expérimentale. Donc, j'enseigne aussi de la musique contemporaine à des masters de composition. J'ai des ensembles qui jouent la musique de Tom Johnson, des compositeurs qui n'ont absolument rien à voir avec le jazz. Et donc je suis dans une situation très hybride là-bas. Ça m'intéresse beaucoup. Donc en fait, c'est une des activités qui entre dans le jonglage avec les cancers et la composition. Je m'attends à beaucoup de mutations dans mon métier, oui, parce que moi j'ai toujours une vie déjà qui mute énormément, puisque j'ai fait beaucoup plus de choses que ce que je pensais faire à la base. qui m'ont toujours surprise et de nouveaux projets étonnants. Oui, je me prépare pour l'imprévu, bien sûr aussi économiquement, puisque on va vivre des temps nouveaux, déjà ça se complexifie. Et puis l'évolution de la société va nécessiter, je pense aussi, beaucoup plus d'entraide, beaucoup plus de collectif, beaucoup plus de pensée commune. Je pense qu'il y a beaucoup de systèmes à inventer. pour pouvoir traverser économiquement. Et puis il y a des nouvelles musiques à créer, des nouvelles formes. Le monde est en mutation, pas que pour des bonnes choses, mais je suis sûre qu'il y a beaucoup de très bonnes choses qui vont advenir et que je n'ai beaucoup pas à prendre. Et oui, je me réjouis, j'ai très envie de travailler, bien sûr. Je pense que ce qui manque en France, fondamentalement, c'est l'intérêt pour les autres, la curiosité et le décloisonnement. Il y a trop de chapelles, donc les gens ne peuvent pas se fédérer pour créer de nouvelles formes tant que ces chapelles sont perpétuées. On n'a pas de limite dans notre imagination pour inventer des nouvelles formes. Il faut juste peut-être arriver à se rapprocher du public pour partager la musique avec le plus grand nombre, mais pour sortir des sentiers battus au niveau des formats.

  • Speaker #0

    Vous venez d'écouter le podcast du Regards SACEM, entretien réalisé par Pascal Bertin.

Description

« J’ai eu la chance de ressentir profondément, que la musique guidait mon destin. »
Dès l’enfance, Alexandra Grimal développe un attrait pour le jazz, l’improvisation et la musique contemporaine.
Guidée et influencée par des maîtres tels que Nelson Veras, guitariste, ou Jozef Dumoulin, pianiste, la saxophoniste impose son jeu et sa patte musicale.
Également professeure de composition, Alexandra Grimal a à cœur de transmettre son savoir à la jeune génération dans une démarche de préservation du patrimoine musical jazz. Elle partage à notre micro sa passion pour le jeu, la composition et la scène. 


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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    Regards Sacem, le podcast. Point de vue de créatrice et de créateur.

  • Speaker #1

    Je m'appelle Alexandra Grimald, je suis saxophoniste, compositrice et chanteuse. Je fais des musiques. que j'espère totalement décloisonnées qui vont du originellement du jazz à la musique contemporaine pour des pièces pour orchestres symphoniques ou pour ensemble de musique contemporaine mais aussi des pièces de pop pour voix et électro et voilà je suis aussi passée par un certain jazz traditionnel et beaucoup par la musique improvisée. Je suis tombée dans la marmite quand j'étais très petite parce que dans ma famille, il y a une espèce de dynastie obscure de musiciens. Donc il y avait un amour de la musique infinie de tous les côtés de ma famille et surtout on baignait dans l'écoute des disques. Que ce soit de la musique classique, de la musique contemporaine, les Beatles, des musiques du monde, des musiques traditionnelles. Je crois que mes parents n'avaient pas de limites dans leur goût musicaux. Donc c'est grâce à eux qu'on a, mon frère et moi, été immergés dans la musique. J'ai commencé à écrire de la musique très très jeune, à l'âge de 6 ans, j'ai commencé à écrire, à composer. Et vers l'âge de 12 ans, j'ai choisi le saxophone parce que c'était le jazz. Mon père écoutait beaucoup de jazz, c'était un symbole de liberté. C'était la nuit, c'était l'improvisation, c'était la révolution un peu, la revendication. C'était un espace très libre. Et donc très très tôt, à 13 ans, j'ai dit à mes parents que j'allais être saxophoniste professionnelle, mais ça faisait qu'un an que je l'en faisais. Et dès mes 13 ans, je me suis mise à travailler pour être saxophoniste de jazz. Donc après il s'est passé beaucoup plus de choses que prévu puisque je chante et je compose beaucoup. J'ai eu la chance de ressentir profondément que c'était mon destin. J'ai eu la chance de vivre des contes de fées, je suis allée aux Etats-Unis, j'ai rencontré des très très grands musiciens, j'ai partagé et je partage la scène avec des gens que j'admire beaucoup. et qui m'inspirent énormément. Il a fallu prouver, et il faut toujours d'ailleurs prouver, peut-être des milliards de fois plus que les hommes. À la fin, je me suis dit, mais c'est fou parce que j'ai tellement prouvé, qu'est-ce qu'il faut encore que je prouve ? Mais bon, je sais que c'est difficile pour les hommes aussi, et j'ai la chance de travailler avec des hommes incroyables aussi, qui travaillent à cette reconstruction. des femmes, en fait, juste de leur construction professionnelle, même pas leur reconstruction. Et aussi avec des femmes exceptionnelles qui m'ont passé des commandes très sérieuses en me faisant confiance. Il y a beaucoup de gens qui ont eu, beaucoup de programmateurs de festivals qui ont vraiment réparé plein de choses à plein d'époques et qui m'ont permis de créer parce que c'est ça surtout dont un artiste a besoin, c'est d'avoir l'espace pour créer et la confiance et le soutien des gens alentours. pour que ça se partage avec le plus grand nombre. Les moments charnières de ma carrière, il y en a beaucoup. Je suis partie quand j'avais 18 ans, étudier aux Pays-Bas avec un immense saxophoniste qui s'appelle John Rocco, saxophoniste américain merveilleux qui a changé ma vie. Surtout qu'il m'a secouée comme un prunier et qu'il m'a dit qu'il fallait que je sois très ouverte. parce qu'on ne peut pas avoir une seule vision de la musique. Donc ça, c'était très fondateur pour moi. J'étais en master à la haie au Concertoire Royal. Je suis rentrée au CNSM de Paris. J'étais très déçue. Alors, je suis partie au bout de deux mois. Mais j'ai rencontré Drey Palmaerts, qui est un formidable batteur belge, qui était professeur là-bas, avec qui j'ai beaucoup joué. Et c'était une rencontre vraiment fondamentale pour moi parce que tout de suite, il est venu jouer avec moi. J'ai rencontré à cette époque-là Nelson Veras et Joseph Dumoulin à Paris. Je m'étais réinstallée à Paris. Et ça, ça m'a construit. Ce sont des musiciens qui m'ont vraiment construit. Ensuite, je suis partie au Canada, au Banff Centre for the Arts, pour une résidence de composition. Et là, c'était extraordinaire. Donc, je suis revenue ensuite là-bas et je suis partie m'installer à New York. Donc là, j'ai fait mon disque à Old Stoke avec Liconi, Scarpycock et Paul Motion. Ça m'a permis de revenir en France avec un autre disque. J'ai fait aussi deux résidences de composition à la McDowell Colony aux Etats-Unis, qui est la villa Médicis américaine. J'ai osé, grâce au soutien des équipes là-bas, créer mon langage, commencer à synthétiser tout ce que j'avais étudié. Et donc après, je suis rentrée en France et grâce à tout ça, j'ai commencé à travailler en France. Et j'étais contente de pouvoir travailler dans mon pays. Moi j'ai une chaîne et j'adore mettre un disque dans une chaîne, je suis un dinosaure. J'avoue j'ai plus de plaisir à ouvrir un boîtier, à lire un livret, à avoir l'objet dans la main. Ou des vinyles aussi, je dois lire des vinyles. J'adore le support aussi. Je trouve qu'il y a une magie. Mais bon, peut-être que c'est l'ancienne génération qui doit se dire, allez, mise à jour, il faut. Mais j'ai du mal à écouter sur mon ordinateur. Je le fais quand j'ai vraiment pas le choix. Et Overmountains, mon dernier double album qui est enregistré par Céline Granger, qui est une merveilleuse ingénieure du son, qui a enregistré beaucoup de mes disques. Je n'ai pas pu le sortir en physique pour l'instant. Et j'étais un peu triste de ça, mais je préfère qu'il sorte et qu'il existe dans le monde en numérique, en digital. Mais c'est vrai que je suis encore très attachée au support. J'en achète, j'achète parfois des disques d'artistes que j'aime dans des concerts. La question du support, c'est une vraie question pour les artistes. Je pense qu'il faudrait mettre en place, mais ça se fait maintenant dans les écoles, un soutien, des interventions de la SACEM, des sociétés de droit. pour informer les artistes qui sont tout à fait prêts à se faire complètement arnaquer. C'est compliqué. C'est vraiment des sujets, le support qui mériterait beaucoup d'accompagnement chez les jeunes artistes et même chez ceux qui sont un peu plus âgés. C'est difficile quand on est artiste de devoir tout faire, parce que maintenant on doit faire aussi... Tout le monde le sait, la communication, la production. C'est vrai que toutes ces questions d'administration, de monter des sociétés, des associations, ce n'est pas évident de se former à tout et de continuer en même temps à faire une musique de qualité. Je compose beaucoup, donc j'ai cette chance aussi d'avoir cette source de revenus en tant que compositrice. Moi, j'ai eu un enfant qui est très jeune encore, donc j'ai... J'ai un petit peu arrêté de tourner pendant quelques temps. Maintenant, je recommence parce que mon enfant grandit. Donc voilà, les concerts, je recommence à jouer avec beaucoup de joie aussi, après le confinement, etc. Et à composer, à avoir des commandes. Donc voilà, les commandes, les droits d'auteur, les concerts. Encore, bien sûr, les disques qui restent, tant qu'il y en a. Et moi, depuis l'année dernière, j'enseigne la composition. Je suis professeure de composition, mais j'enseigne aussi l'improvisation et l'ensemble à la Haute École des Arts de Berne en Suisse. J'aime beaucoup être en contact avec la jeune génération et il y a une émulation extraordinaire parce que c'est une école qui est très, très, très décloisonnée, très ouverte, très expérimentale. Donc, j'enseigne aussi de la musique contemporaine à des masters de composition. J'ai des ensembles qui jouent la musique de Tom Johnson, des compositeurs qui n'ont absolument rien à voir avec le jazz. Et donc je suis dans une situation très hybride là-bas. Ça m'intéresse beaucoup. Donc en fait, c'est une des activités qui entre dans le jonglage avec les cancers et la composition. Je m'attends à beaucoup de mutations dans mon métier, oui, parce que moi j'ai toujours une vie déjà qui mute énormément, puisque j'ai fait beaucoup plus de choses que ce que je pensais faire à la base. qui m'ont toujours surprise et de nouveaux projets étonnants. Oui, je me prépare pour l'imprévu, bien sûr aussi économiquement, puisque on va vivre des temps nouveaux, déjà ça se complexifie. Et puis l'évolution de la société va nécessiter, je pense aussi, beaucoup plus d'entraide, beaucoup plus de collectif, beaucoup plus de pensée commune. Je pense qu'il y a beaucoup de systèmes à inventer. pour pouvoir traverser économiquement. Et puis il y a des nouvelles musiques à créer, des nouvelles formes. Le monde est en mutation, pas que pour des bonnes choses, mais je suis sûre qu'il y a beaucoup de très bonnes choses qui vont advenir et que je n'ai beaucoup pas à prendre. Et oui, je me réjouis, j'ai très envie de travailler, bien sûr. Je pense que ce qui manque en France, fondamentalement, c'est l'intérêt pour les autres, la curiosité et le décloisonnement. Il y a trop de chapelles, donc les gens ne peuvent pas se fédérer pour créer de nouvelles formes tant que ces chapelles sont perpétuées. On n'a pas de limite dans notre imagination pour inventer des nouvelles formes. Il faut juste peut-être arriver à se rapprocher du public pour partager la musique avec le plus grand nombre, mais pour sortir des sentiers battus au niveau des formats.

  • Speaker #0

    Vous venez d'écouter le podcast du Regards SACEM, entretien réalisé par Pascal Bertin.

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