- Speaker #0
Bienvenue sur Parlons Canada, votre podcast sur la vie partout au Canada. Aujourd'hui, on accueille un artiste de la scène montréalaise. Il est jeune, engagé et sa musique est un mélange vibrant de sound, jazz, hip-hop et R'n'B, avec des paroles puissantes qui résonnent en français comme en anglais. Dans cet épisode, on va parler de son dernier single, Kings, et de ses projets, Azul et bientôt Red Rush, mais aussi de ses racines congolaises, son engagement social et son passage remarqué aussi au FestiHood à Montréal Nord. Bienvenue Zimba.
- Speaker #1
Salut, merci. Thanks for having me. Bonjour à tous mes francophones et francophiles.
- Speaker #0
Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter ? Je pense que j'ai oublié plein de choses, donc si tu peux te présenter aux auditeurs.
- Speaker #1
Pas de problème. Mon nom c'est Zimba, qui est Mutatai Fwamba. Je suis un rappeur, beatmaker, concepteur sonore, compositeur. Je suis pas mal un artiste audio all around. Je parle un peu, je suis franglais en fond. parce qu'on est à Montréal ici. Donc ouais, j'aime le son, j'aime la musique et c'est dans ça que j'oeuvre depuis les dernières années.
- Speaker #0
Alors l'épisode, il va se dérouler en plusieurs parties. D'abord, on va parler un peu de ton parcours d'immigration, après aussi de ton art et de tes projets. Pour commencer, du coup, est-ce que tu peux nous raconter un peu ton enfance ? Du coup, tu as été à l'île Perrault, Montérégie, de l'Ouest et Montréal. Est-ce que du coup, tu peux dire comment ça a forgé ton identité au niveau du Québec ?
- Speaker #1
Oui, dans le fond, moi, je suis venu au Québec, au Canada, quand j'avais quelques mois. Donc, on a bougé à Montréal. On était à Montréal-Nord. Après, on a déménagé à l'île, non pas encore à l'île Perrault. On a déménagé à la ville Saint-Laurent. Et quand j'avais à peu près 9 ans, on a déménagé à l'île Perrault, en Montérégie de l'Ouest. Donc, si vous connaissez Montréal, vous allez au fin fond de l'Ouest de Montréal. Vous êtes à 7 ans de Bellevue. Bon, vous continuez et vous êtes à l'île Perrault. Vous continuez encore Vaudreuil. Vous continuez, vous êtes en Montréal. Donc, j'ai grandi à l'île Perrault, puis je suis revenu à Montréal. Ça fait combien ? Je pense que ça fait quatre ans que je suis retourné à Montréal.
- Speaker #0
Alors, je ne connais pas du tout l'île Perrault-Montérégis. C'est comment là-bas ?
- Speaker #1
La Montrégis, c'est une région qui est assez grosse relativement. Donc, l'île Perrault, c'est la Montrégis de l'ouest. C'est très... Comment on a déménagé là-bas ? C'est très suburban, c'est très banlieue. t'es proche de l'eau, proche du lac c'est très beau, quand nous on a déménagé là-bas par contre c'était pas super divers, donc j'ai vécu beaucoup de racisme et de discrimination en grandissant là-bas, c'est assez isolé de la ville de Montréal c'est pas super loin, mais si tu veux aller là-bas, c'est à peu près 40 minutes de route, mais tout ce qui est transport c'est pas super accessible back and forth comme quand j'ai grandi quand c'était l'âge d'aller au cégep j'ai choisi d'aller à Dawson Donc, je voulais être à Montréal, downtown. Je me suis dit, je ne vais pas aller à John Abbott parce que tout le monde y va, que c'est proche. Je préfère avoir l'expérience montréalaise. Donc, c'est là que j'ai pu, OK, reforger avec des gens, des personnes racisées, des personnes assez diverses. Mais c'est un beau spot. Mes parents habitent encore là-bas, mais je ne suis pas, je n'essaie pas de, pas précisément.
- Speaker #0
OK, mais quand tu dis, il n'y avait pas beaucoup de diversité, c'était genre, vous étiez la seule famille noire ?
- Speaker #1
Non, il y en avait quelques-unes. On était des minorités, c'est très blanc, québécois. Ce n'était pas super ouvert. Mais maintenant, quand j'y retourne, il y a beaucoup plus de personnes différentes d'origine. C'est sûr qu'on a encore des minorités là-bas, mais ce n'est plus au même niveau que ça l'était à l'époque. Je ne sais pas pour le vécu des gens qui habitent encore là-bas, c'est comment exactement, surtout si tu fréquentes les gens de là-bas.
- Speaker #0
OK. Et ta carrière musicale, elle avait déjà commencé là-bas ? Je veux dire, tu avais déjà commencé tes projets artistiques ou c'est vraiment en arrivant à Montréal, enfin en retournant à Montréal ?
- Speaker #1
Bonne question. Un peu les deux. En fait, moi, j'ai toujours été intéressé par la musique depuis que je suis jeune. J'avais un oncle qui écoutait beaucoup de musique et qui m'avait appris à brûler des CD, à graver des CD back in the days à l'époque. Il habitait avec nous, je pense, j'avais comme peut-être 8, 9, 10 ans, je pense. Donc, c'est là, je m'appelle, j'avais vu le clip de Gold Digger de Kanye West. À l'époque, quand j'étais encore un grand fan, puis c'était très formateur, je parlais pas anglais à l'époque, mais j'ai acheté le CD, puis j'ai vraiment trippé là-dessus. J'avais aussi LimeWire, donc ma première école musicale, c'était ce que mon oncle me disait. J'écoutais du rap, du jazz, et je diguais un peu, puis c'est paf. À travers ça, j'ai commencé à faire mes premiers beats. J'étais DJ à la base, donc j'écrivais un peu de poésie. J'étais beatboxer, donc même encore avant ça, je faisais du beatbox, j'étais DJ, et éventuellement, à travers le DJ, j'ai commencé à faire mes propres beats. J'ai commencé à écrire mes propres rats au secondaire et j'allais au collège Bourget, au Delrigo. Et c'est là que j'avais commencé. On avait un projet intégrateur en secondaire sec, donc la dernière année du secondaire au Québec. Et on pouvait créer n'importe quel projet qu'on voulait. Moi, j'avais fait un projet rap, donc j'en avais rajouté comme, je pense, deux chansons, une ou deux chansons, avec un ami qui avait un petit studio. chez lui. Et j'avais aussi fait les beats, donc j'avais mon espèce de stand dans le couloir de l'école qui demandent montrer leurs projets. Moi, j'avais comme des petits speakers et je jouais mes trucs. Il y a une prof qui aimait pas ça. J'attendais qu'elle parte pour jouer mes trucs. Et ouais, puis par la suite, au cégep, c'est là que j'ai commencé à DJ plus, à faire des beats de manière plus sérieuse, en jeter plus. J'ai rencontré un gars, Cheryl D. Jazz. J'ai rencontré un gars qui allait dans un studio à Côte-des-Neiges. Donc ça, c'est quand j'allais à la danse. C'était comme 2000... J'ai commencé en 2014. Donc, 2014, 2015. C'est là que j'ai commencé à aller à un studio qui s'appelle No Bad Sound, NBS, qui existe encore. Maintenant, c'est au Chalet Kent, à Côte-des-Neiges, dans le parc Kent. Avant, c'était sur deux courtiers, devant le temple bouddhiste, Voix-Ferrée. Sur deux courtiers et à Côte-des-Neiges, proche de la Voix-Ferrée. Donc, j'allais là-bas. C'est là que j'ai rencontré Dr. Mad. Je suis allé à Dr. Mad, qui était un des premiers mentors, beat-making professeur, big bro. Il m'a montré comment step-up. améliorer non seulement mon beatmaking, mais aussi, tu sais, tu venais et faisais une session gratuite pour les jeunes. Je suis sûr pour les jeunes qui existent encore, comme j'ai dit. Et on pouvait enregistrer des chansons avec lui, faire des beats. Tu arrivais là-bas, tu bookais une session, puis il est comme, OK, qu'est-ce que tu veux faire ? Est-ce que tu veux faire un beat ? Je veux que je te fasse un beat. Tu veux que je t'enregistre ? Donc ça, c'était vraiment ma première école de musique.
- Speaker #0
OK. C'est comment d'être un jeune artiste émergent au Québec ? aujourd'hui. Je veux dire, pour toi, c'est excitant ou c'est difficile ? Quand je dis c'est difficile, c'est plutôt financièrement, comment tu fais ? Est-ce que tu arrives à gérer du coup ton art au quotidien ?
- Speaker #1
Très bonne question. Écoute, c'est un peu les deux. C'est définitivement excitant parce que ça me permet de... Il y a une scène qui est très riche à Montréal. Pour la petite histoire, je ne sais pas si tu connais Kitranada, mais sûrement que les gens qui écoutent le savent, mais on a beaucoup de stars locales, que ce soit le collectif Alay, ce qui a fait voir... Ketra, Dr. Mad, High Classified. Donc, il y a beaucoup d'artistes qui ont fait leur début à Montréal, qui viennent de Montréal. Même si c'était des noms, les artistes un peu comme moi ne sont pas nécessairement de Montréal, mais qui ont fait leur début dans la scène montréalaise. Charlotte à Artbeat, qui a mis beaucoup d'artistes aussi sur la map, qui ont influencé d'autres artistes. Charlotte à Nomadic Massive. Donc, c'est assez difficile. La scène montréalaise est assez ségrégée. Donc, tu as le côté anglo qui a beaucoup moins de support. institutionnalisé que la scène francophone. C'est aussi très blanc, donc c'est très québécois. Donc, les rappeurs qui marrent vraiment au Québec, c'est surtout les rappeurs blancs québécois qui rappent en français. Il nous inquiète beaucoup d'artistes aussi noirs qui poppent. Je pense à Raccoon qui est francophone, mais aussi Mike Ausha qui est anglophone, qui réussit à se créer un nom aussi. Donc, c'est pas impossible. C'est juste que niveau support, tu vas pas avoir les... les rappeurs du moment vont pas nécessairement être à tout le monde en part disons tu sais comme même Ketra il y a aussi Lunis qui est assez beaucoup d'une bonne notoriété mais Ketra Ketranada je dirais l'artiste québécois dans la scène hip-hop qui a le plus marché à l'international que ce soit aux États-Unis à travers le monde il avait Bob grâce à SoundCloud à l'époque il y a à peu près il y a à peu près 10 ans et je me rappelle quand c'était un gros truc parce que les médias québécois le mettaient pas vraiment en valeur il était pas sur les plateaux de télé et Puis, tu sais, c'est un gars qui faisait des beats pour Mary J. Blige. Donc, le support, c'est difficile aussi niveau finance. Tu sais, moi, je suis un artiste vraiment dans le cœur, dans l'âme. Donc, peu importe combien d'argent on me paierait, je ferais de la musique quand même. C'est comme, c'est une obsession. You know what it is. Mais, ouais, ça, c'est difficile. C'est sûr qu'il y a beaucoup de stressivanes. Tu sais, l'art est vraiment poussé à Montréal. On l'est connu vraiment pour ça, pour les subventions pour les artistes au Québec. Ça change un peu avec le gouvernement qu'on a présentement. Je ne vais pas entrer dans les détails, mais ce n'est pas impossible. Il y a une grosse communauté aussi d'artistes pour nous backer, pour nous encadrer. C'est moi, je suis parti d'un collectif qui s'appelle Louv Session. Louv Session, on est une communauté de beatmakers à Montréal. Et c'est à travers cette communauté-là que j'ai rencontré beaucoup de gens avec qui je collabore, beaucoup de producteurs qui m'envoient des beats, avec qui j'ai fait beaucoup de musique. Et dans Spoiler Alert, mon dernier OP, Azul. Donc, j'ai fait avec quelqu'un qui fait partie de ce réseau. Donc, c'est un challenge pour sûr. On n'est pas à New York, on n'est pas à Toronto, mais ça ne nous empêche pas de réunir et de faire ce qu'on a à faire.
- Speaker #0
OK. Alors, si on a parlé, tu disais, les financements du coup pour les artistes anglophones et contrairement aux francophones. Je sais qu'il y a des artistes anglophones qui mettent un peu de français, justement, dans leur musique pour récupérer du financement à Montréal.
- Speaker #1
Oui, écoute. Je ne connais pas ces artistes. Ce que je vois le plus, c'est les artistes francophones qui utilisent le franglais. C'est moins une question de financement, c'est plus une question de la culture ici. Là, on essaie de mélanger. Évidemment, on est à Montréal, « the Harlem of the North » , they used to call it. Donc, c'est très francophone, mais aussi une influence très nord-américaine qui est propre à nous, qui nous influence. Donc, oui, moi aussi, je suis victime de ça. Je suis francophone à la base, même si je suis bilingue. La musique est pris dominantly en anglais. Mais récemment, avec Azul, dans ma chanson La Mer, par exemple, c'est la première fois que je faisais un verse 95%, 99% en français. Donc, un verse en anglais, le refrain en français, avec le deuxième verse, pas mal en français aussi. Donc, oui, c'est une espèce de loophole pour faire ça, pour avoir ce financement.
- Speaker #0
Et justement, tu passes naturellement de l'anglais au français. Est-ce que tu peux donner tes influences musicales ? Est-ce que c'est plutôt anglophone ?
- Speaker #1
Oui, moi, j'ai vraiment grandi avec le rap américain, surtout le rap qui est plus East Coast, donc tout ce qui est New York. C'est ça qui m'a beaucoup influencé. Donc, tu sais, classique, Biggie, Tupac. Biggie dans le flow, j'aime beaucoup le flow new-yorkais, le flow East Coast, c'est ça qui me parle le plus. Tupac, tu sais, c'était comme un peu un gros poète, donc ça, ça m'influence aussi beaucoup. Évidemment, il y a un côté Thug Life, mais aussi un côté Samet, Tim Black Panther. Il est allé dans une école d'art quand il était plus jeune aussi. Donc, ça joue beaucoup. Kendrick Lamar, Chance the Rapper, Lauryn Hill. Au Québec, j'ai été très inspiré par Kenlo. Kenlo Cracknick. Je ne sais pas si tu connais Kenlo.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Mais Kenlo, c'est un rappeur québécois. Il est dans un groupe qui s'appelle À la clé ensemble. C'est un groupe de rap québécois, mais Kenlo est moitié congolais et québécois. OK. Donc, lui, ça, c'est vraiment comme... Les OG's du rap fraglent par excellence. C'est Galag, Ghost Red, Ghost White. C'est des gars qui ont eu beaucoup d'acclaim. C'est qu'ils ont influencé des gens comme Kit Renada. Nous tous, qui sommes un peu plus jeunes qu'eux, on leur donne beaucoup. Kenlo, c'est aussi un rappeur vraiment incroyable, excellent. I could go on. Mais j'ai été influencé beaucoup par la musique qui est gospel, parce que le gospel a influencé évidemment la musique pop, la musique soul. Donc le soul, le gospel. C'est aussi C'était aussi chez... Je suis congolais, donc je suis influencé par Chalam Moana aussi, beaucoup, en tant que Moulouba. Balogé était une grosse influence aussi pour moi, quand je l'écoutais un peu plus dans les dernières années. Balogé qui est un rappeur belgeo-congolais, qui était dans un groupe qui s'appelle Starflame à l'époque, puis là maintenant, c'est Zygoman. Fashion designer, cinéaste, un gars qui est vraiment dans les arts. Donc, Nujabes, J Dilla, Nujabes ou J Dilla, rest in peace. D'Angelo qui est mort la semaine dernière, rest in peace D'Angelo. Mes premiers beats, mes premières chansons, quand j'étais sur Chizimba il y a comme dix ans, il y a une de mes chansons qui s'appelle Basque que je faisais tout le temps. Elle, je l'avais écrite sur The Line de D'Angelo. Donc, si je les nomme, ça pourrait être très bon.
- Speaker #0
Et c'est marrant parce que dans les influences anglophones, du coup, moi qui ne réclame pas tout ce que j'écoute, mais tu as cité Laurine Hill. Et moi, en fait, ton style musical, ça me faisait penser à The Fugees, leur ancien tube. Du coup, toi, si on devait te comparer à un groupe ou à un artiste, Tu te comparais, enfin, dans le style, tu penses que tu es le plus proche de qui ? Tu es d'accord avec moi ou pas ?
- Speaker #1
100%, oui. Je me rappelle quand j'étais jeune, mon père, c'est lui. Je pense que c'est la première personne avant mon oncle qui me parlait beaucoup de musique, qui m'a mis la puce à l'oreille sur beaucoup de choses. Ma mère, elle, elle est juste gospel congolais 24-7. C'est ça qu'elle aimait écouter la plupart du temps. Mais mon père, je me rappelle, j'avais acheté le CD de Kanye West. qui... Ma mère aussi, elle l'aimait beaucoup parce que... Surtout qu'il a une chanson qui s'appelle « Hey Mama » sur Late Registration, son deuxième album. Et toute la famille, on aimait ça, on aimait cette chanson-là. Ben ouais, mon père, il m'avait répondu en déjeuner une fois. Il jouait « Hips Don't Lie » de Wyclef et Shakira dans le resto. Et là, il me dit « Ah oui, tu sais, cette chanson-là, Wyclef, il était dans un groupe qui s'appelle Fugees. » Je suis comme « Ouais, ouais, whatever that. » Et après quelques années, peu de temps après, je découvre « Killing Me Softly » puis c'était une grosse histoire d'amour, beaucoup, tu sais, très influence. influential. Le rap East Coast, eux, c'est Fugees, ils viennent d'African-American, ICM, ils viennent de New Jersey. Tout ce qui est New Jersey, pas tout ce qui est New Jersey, mais c'est grosse influence East Coast rap, c'était un gros truc. Ouais, définitivement. Sinon, il y aurait qui d'autre ? Trap Call Quest, Dale Ashould, ça c'est des gens qui sont vraiment dans l'ADN de toute personne qui est rappeur, rappeuse, c'est avec des influences C'est... C'est Boombap avec des trucs très jazzy, très African influences aussi. C'est ici les incontournables pour suivre. Et ces influences-là. Elta Skellta aussi, j'aime beaucoup.
- Speaker #0
Qui ça ?
- Speaker #1
Elta Skellta, c'est un autre groupe rap américain, je pense de 96. Rest in Peace, Sean Price. Ils ont cet album-là. J'ai oublié comment l'album s'appelle, mais cet album, les gars sont comme à l'envers sur le cover. Super bon. Donc, East Coast, mais aussi, c'est Chicago, c'est un peu quand on parle, c'est Kanye West, Chance the Rapper, Seminole, Raven Le Ney.
- Speaker #0
Tu cites, en plus d'être une influence musicale, tu cites quand même des artistes, je pense à Chance the Rapper ou Tupac, qui sont engagés. Et toi-même, je sais que tu es aussi engagé en tant qu'artiste. Tu soutiens des causes comme Free Congo, la Palestine, le Soudan, Black Lives Matter. Comment est-ce que tu vois les artistes aujourd'hui qui font face aussi aux luttes sociales ? Les artistes, ils ont un rôle à jouer. ou c'est juste que tu incorpores naturellement ton vécu et ton côté personnel aussi ?
- Speaker #1
C'est une bonne question, oui. Je pense que c'est important, comme la grande dame, la grande reine Nina Simone a dit, un artiste doit refléter, un artiste doit refléter les temps. Un artiste doit refléter, genre, l'époque, son époque, l'époque là où l'artiste évolue et existe. Je pense qu'il reste certain, tu sais, je suis pas là pour dire que nécessairement tout le monde doit être super militant, super engagé, nécessairement. Je pense que c'est important, c'est plus important d'être engagé et de parler des trucs dans ta vie normale qu'il y a nécessairement dans la musique à tout coup. Mais je pense que c'est important de refêter l'époque où tu existes au-delà de ce qui est superficiel. C'est comme moi, dans la musique que je vais sortir bientôt, il y a beaucoup de morceaux qui sont superficiels. Je parle de différentes trucs. Je parle de faire la fête. Je parle de X, Y, Z. Donc, ce n'est pas comme si tous mes morceaux sont nécessairement très revendicateurs. Mais j'ai les morceaux qui sont comme ça. Et j'essaie d'être juste. C'est important d'être juste avec toi-même et ce que tu vis. Même au pire, je pense que c'est important que ta musique réplète ta vie et que tu puisses parler d'enjeux. à travers ta vie. Pas nécessairement, j'en parlais de... C'est important de parler de ce qui se passe, mais genre, si tu peux être assez véridique sur ton expérience de vie, ça permet aussi aux gens de faire le pont puis faire des connexions importantes. Donc, exemple, tel rappeur parle de, you know, money, on va dire money rose and close. Moi aussi, tu peux parler de, ah, tu sais, tu peux parler de ce truc de gants, tu peux parler de ce que t'as vécu dans la rue ou peu importe le setting là où t'existes, mais ça permet aussi aux gens de faire, OK, mais j'estime croire que la plupart des gens, des auditeurs, auditrices, sont intelligents. Donc, ils vont faire le point entre, OK, bien, cette personne parle de telle réalité, et ils peuvent faire le point avec, OK, bien, il y a ça qui se passe dans le monde. Par exemple, c'est le capitalisme ou peu importe, peu importe. Puis ça permet aussi d'ancrer ce que tu dis avec ce qui se passe dans le monde. Donc, ça, c'est une façon de le faire. Mais je pense qu'en tant qu'artiste, les artistes qui réussissent à avoir la longévité, c'est ceux qui arrivent à parler de ce qui se passe dans le monde, parler de ce qu'ils ressentent, de ce qu'elles ressentent, et pouvoir faire un lien. C'est ce lien-là qui va faire en sorte que tu vas voir, que tu vas perdurer, parce que c'est ça que les gens recherchent à la fin de la journée, ils cherchent à voir leur humanité dans la tienne.
- Speaker #0
Mais justement, tu as dit que tu faisais un peu des deux. Toi, tu fais de la musique qui fait du bien et de la musique aussi qui fait réfléchir. Comment tu fais l'équilibre, en fait ? Est-ce que tu fais un peu plus de l'un ou de l'autre ou
- Speaker #1
50-50 ? Ça dépend ce que je vis et ce que je veux raconter dans le moment présent. Par exemple. Dans mon dernier EP, Azul, c'est un EP très introspectif, là où j'ai parlé de beaucoup de choses qui me pesaient sur l'âme, qui me pesaient sur le cœur depuis les dernières années. J'ai fait ce EP avec mon ami Avi, Avi Kaplan, et qui est « Let it up, Avi » , « Shout out, Avi » . C'était une époque qu'on a faite sur deux ans, je pense. C'était une époque où j'avais beaucoup de trucs, des pressions, un abandon. Donc, ça m'a permis un peu de « channel » tout ça, de focaliser tout ce que je vivais dans cette musique. Là, je vais sortir mon prochain EP qui s'appelle Red Rush. J'essaie de faire varier ça sur plusieurs trucs que je vis, que ce soit faire la fête, mais aussi j'ai une chanson qui est très nostalgique sur un beat qui est très old school Kanye West, là où je parle de comment j'ai grandi, c'était quoi mes premières influences. Et j'essaie de donner des fleurs aux personnes qui m'ont emmené jusqu'à là où je suis présentement.
- Speaker #0
C'est quel morceau, ça ?
- Speaker #1
C'est pas encore sorti. Le morceau s'appelle The Sun.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Mais ça devrait sortir fin du mois prochain, dans un mois.
- Speaker #0
Du coup, je pense que ça sera sorti...
- Speaker #1
Oh, écoute, si c'est le 21 novembre, c'est là qu'on se croise les doigts. OK. Early Year First, folks. Vous avez entendu ça en exclusif ici. Ça pourrait sortir. Mais sinon, je sors un autre track bientôt. Donc ça, ça devrait être sorti quand cet épisode va sortir. Ça s'appelle What You Want, qui est une autre chanson de Party. Donc j'essaie de faire varier. Je pense que c'est important d'avoir un range. moi personnellement, c'est ça que j'aime faire. Je ne veux pas être nécessairement boxé dans un même truc. Beaucoup de trucs que j'ai sortis avant, quand je faisais des beats au début, je faisais des beats plus boom bap, low-fi, low-fi hip-hop, quand c'était à la mode. Rest in peace, New Jeubess. Mais là, maintenant, si j'essaie de faire toutes sortes de trucs, surtout que maintenant, je travaille avec plus de producteurs qui font varier les sons que je peux sortir, qui m'aident à montrer mon range, l'étendue de mon talent musical. Donc, ouais, j'essaie de... Et pas nécessairement faire 50-50, mais c'est d'être vrai avec, OK, qu'est-ce que le beat m'ordonne ou me porte à véhiculer comme message ?
- Speaker #0
Et dans la catégorie, du coup, de la musique qui fait réfléchir ? et en même temps qu'il fait du bien. Moi, pour le coup, je t'avais découvert pour la première fois, c'était au FestiHood. Du coup, c'était pour l'OBNL Woodstock à Montréal-Nord en août 2025. C'est un événement, du coup, qui était fort symboliquement. Thomas, est-ce que tu as vécu cette scène-là ?
- Speaker #1
Écoute, j'ai eu beaucoup de plaisir. Moi, quand j'étais très jeune, j'ai vécu à Montréal-Nord. Je pense que c'était de quelques mois, on va dire. Je ne vais pas donner trop de détails. From like a young age jusqu'à... Je pense qu'on a déménagé hors de là quand j'avais à peu près 5 ans. Mes premiers souvenirs, c'était là-bas, tu vois. Donc, puis aussi, Mont-Henor, c'est un quartier très important. C'est un quartier très multiculturel. C'est un quartier très noir, très immigrant. Donc, c'était un peu comme un retour aux sources, d'une certaine manière. Je connaissais bien déjà Roadstock. Donc, j'avais levé des fonds pour eux pendant la pandémie avec un ancien projet. Je connais des personnes qui travaillent là-bas, etc. Donc, ça m'a fait du bien d'être là, puis aussi être sur les lieux. C'était comme si... c'était vraiment comme une ambiance de block party là-haut. des gens du quartier, des gens de toute ethnicité. Pour moi, le vrai, pour créer des débats inutiles, mais pour moi, le vrai Montréal que je me souviens de l'enfance, c'était vraiment un Montréal plus multiculturel. C'est sûr que, peu importe, tu vas à Montréal, tu vas voir que, OK, c'est vraiment une minorité des gens qui sont des personnes issues d'un milieu racisé ou des personnes immigrantes. I mean, si t'es pas autochtone, t'es un immigrant ici, c'est sûr. On est vraiment chassés à Montréal. Au Tito, qui se fait Sylvana, ça m'a vraiment montré. Ça m'a vraiment fait plaisir de le voir. Ça m'a rappelé comme, OK, quand j'étais plus jeune, quand j'étais moins à l'or, quand j'étais à Côte-des-Neiges, quand j'étais à l'île Saint-Laurent. Donc, oui, c'était super. Les artistes étaient vraiment cools. Des belles âmes, des belles personnes. Et, ouais, j'ai fait ma chanson « Kings » pour la première fois sur scène, là-bas. Donc, c'était une petite éclatée, j'étais pour le peuple.
- Speaker #0
OK, super. Justement, alors, j'allais t'en parler. Ton dernier sigle, « Kings » . Est-ce que tu peux dire, c'est quoi ton univers ou l'histoire, en fait, derrière le morceau ?
- Speaker #1
Ouais, donc, c'est un morceau produit par mon ami James O'Donoghue. Et il m'avait envoyé un beat. On avait fait une session il y a à peu près, c'était quand ? C'était l'année dernière, si je ne me trompe pas. Je ne crois pas que ça fait deux ans. Time is a blur. Mais il était venu chez moi, on avait fait une session, et il m'avait joué ce beat-là. Et j'avais commencé à écrire. Le premier truc qui m'est venu, c'était vraiment le refrain « We with the Kings, I don't want you about, don't stop » . J'ai commencé à écrire là-dessus, donc un beau refrain en franglais et ça m'a donné cette idée-là de parler de Kings parce que le refrain, le sample qu'il utilise dans la chanson, on dit « He was the king under the moonlight » . J'étais comme « Ok, je vais parler que « We were the kings » . Je venais pas rendre ça justement genre « I was the king » . J'étais comme « Ok, on va rendre ça un peu plus collaboratif, communautaire » . Puis c'était un très beau morceau, donc j'ai écrit les paroles, on avait enregistré un studio. James n'était pas super... partant avec comment la direction, comment je prononçais juste genre comment mon flow sur le refrain, etc. sur la chanson. Donc, on a refait chez lui avec une intonation, tu sais, avec des petits changements, un « here and there » , puis ça a vraiment mieux marché. Ça nous a donné comme un meilleur résultat chez lui avec des directions qu'il a données. Et ouais, dans ce train de fun, le music video va sortir très bientôt. Je me suis aujourd'hui, tantôt, j'ai reçu la deuxième ébauche, le deuxième brouillon. pour la vidéo.
- Speaker #0
Tu viens à Montréal, du coup, où on switch trois fois de langue dans la même phrase, en alternant l'anglais et le français. Est-ce que tu vois ce que, justement, le fait que tu fasses du franglais, enfin, tu l'as dit dans tes chansons, est-ce que si tu ne serais pas au Canada, tu penses que tu l'aurais fait aussi ou c'est le fait d'être ici au Canada ?
- Speaker #1
Non, pas du tout. I mean, c'est sûr que l'anglais est très, évidemment, très populaire dans le monde parce que l'anglais, mais ça ne serait pas au même niveau, ça c'est pour sûr. Si j'étais par exemple en France ou si j'étais au Congo, il y aurait peut-être un mot ou deux, mais il n'y aurait pas autant la présence de l'anglais dans la musique, c'est sûr, puisqu'il y a la proximité avec les États-Unis, mais aussi le monde canada-anglais, le Commonwealth. Ça joue définitivement un rôle. Je suis un produit de mon environnement montréalais, pour sûr.
- Speaker #0
Et justement, Montréal, c'est au Québec. Est-ce que tu rêves d'une carrière au Québec ou ailleurs ? Ou alors, toi, ce que tu souhaites, en fait, c'est d'abord… percé ici, du coup, au Québec et après, peut-être envisagé à l'international ? Mais tu portais ta musique.
- Speaker #1
Oui, je pense que j'aimerais, c'est sûr que j'aimerais que le Québec me connaisse. Moi, je vise plus le Canada au complet. Ça fait cool, vraiment, de réussir au Canada, incluant le Québec, bien sûr. Mais oui, moi, à la fin de la journée, c'est vraiment une carrière internationale que je vise. Je pense que c'est important. Je veux être quand même célébré et compris. J'ai ce besoin-là d'être compris là où j'habite, mais je sais que la réalité, c'est que beaucoup de gens qui récissent à Montréal récissent à l'international d'abord. À Montréal, je pense que c'est un peu un couteau à double tranchant, c'est qu'on est très chanceux et contents d'avoir plein d'artistes. Genre, il y a beaucoup de gens qui viennent d'autres endroits dans le monde, que ce soit au Canada, que ce soit en Colombie-Britannique ou peu importe, qui viennent à Montréal parce que... Surtout à l'époque, maintenant les choses changent, malheureusement. Mais tu sais, Montréal, c'était très abordable, diversifié, comparément à d'autres endroits dans le reste du pays. Donc, beaucoup d'artistes viennent, ils ont un appart qui n'est pas super cher, ils font de la musique, il y a une communauté d'artistes, etc. Mais quand ça change, le coût de la vie augmente beaucoup. À Montréal, c'est une ville, ça change aussi beaucoup, comme je l'ai dit auparavant, qui donne beaucoup de subventions pour les artistes. Il y avait un certain attrait à venir à Montréal, à venir au Québec, mais surtout à Montréal, parce que c'est la grande ville pour faire carrière. Mais ouais, définitivement, j'essaie de me faire reconnaître ici. Mais oui, le monde, la domination, c'est ça qui m'apporte.
- Speaker #0
Tu as dit, les artistes, d'abord, ils vont réussir à l'international et ensuite au Canada. Enfin, je te rejoins complètement parce qu'il y a des artistes comme ça. On les connaît, en fait, de la scène internationale et c'est après qu'on apprend qu'ils sont canadiens. Je pense à Justin Bieber, on l'a connu d'abord parce qu'il cartonnait aux États-Unis. Pareil pour, je pense, The Weeknd. Dans les exemples francophones, j'ai Coeur de pirate. Moi, je l'ai connue en France, tu vois. Je ne savais même pas que... Enfin, de base, je ne savais pas qu'elle était québécoise.
- Speaker #1
Oui, définitivement, c'est ça. C'est comme ça au Québec, au Canada, la plupart du temps. Mais aussi, évidemment, les Américains, c'est eux qui ont un peu... Pas le monopole, mais c'est eux qui contrôlent les industries musicales. Puis, les grands labels sont américains. Donc, évidemment, c'est eux qui vont pouvoir faire véhiculer cette musique un peu plus. Même, tu sais... Bob Marley, lui, il n'a jamais été super gros aux États-Unis. Il était gros dans le monde, mais ce n'est pas comme s'il a déjà gagné un Grammy. Ça, c'est cool de gagner un Grammy. Mais ce n'est pas nécessaire. C'est un morceau qui donne le poids juste de ta valeur. Non, c'est vraiment... Si la réalité, c'est qu'il faut que tu réussisses comme Céline Dion. Évidemment, elle a été découverte par René Angélil, son ex-mari, quand elle était très jeune.
- Speaker #0
Céline Dion, c'est la Québécoise, du coup, par excellence, que tu mentionnes. Elle a cartonné en France. et aux États-Unis. Et tu vois, c'est après qu'on se rappelle, ah oui, elle est canadienne.
- Speaker #1
Ouais. Moi, évidemment, comme si c'était des artistes canadiens, je vais savoir qu'ils sont canadiens, mais ça ne change pas que c'est le succès américain, le succès outre-mer qui est référencié. D'ailleurs, les rappeurs québécois, surtout les rappeurs québécois francophones, il y a une grosse scène. Ils sont très populaires en France la plupart du temps, dans les pays francophones, parce que c'est comme une extension du marché qui est ouverte pour eux, pour elles. Donc, ce n'est pas étonnant que quelqu'un qui ne gloire pas, ils vont aller jouer en France, en plus du Québec, avec la Suisse, la Belgique. Et c'est là qu'ils vont devenir des grandes vedettes.
- Speaker #0
C'est vrai qu'en dehors du coup de la musique, les artistes en général vont aller en France aussi pour se faire connaître davantage. Toi, c'est quelque chose à laquelle tu as pensé ?
- Speaker #1
Oui, pour sûr. C'est quelque chose que j'aimerais faire. Aller en tournée en France, faire des shows en France, c'est encore dans les plans. Là, pour l'instant, j'aimerais faire les scènes canadiennes, aller à Toronto, aller dans quelques villes au Canada, mais définitivement.
- Speaker #0
En plus, à Toronto, là, il commence à y avoir pas mal de festivals francophones. Enfin, moi, quand je suis arrivée au Canada, il n'y en avait pas. Et là, je vois de plus en plus de festivals francophones, là, à Toronto.
- Speaker #1
Je ne savais vraiment pas. Cool.
- Speaker #0
Je voulais savoir, parce qu'on a parlé aussi de reconnaissance à l'international. Toi, c'est quoi ton rêve d'artiste au niveau collaboration, une scène ? Alors, je ne connais pas trop les scènes. au Canada, mais tu vas peut-être me faire découvrir.
- Speaker #1
Oui, écoute, moi, mon rêve d'artiste le plus proche, Montréal Jazz Fest. Je veux jouer au Festival de Dehaze. Si je peux jouer sur la CNTD, ça serait un gros rêve. Please book me. Ça serait très cool. Sinon, j'aimerais jouer un peu, j'aimerais jouer partout. J'aimerais jouer aux États-Unis. C'est sûr que maintenant, c'est chaud. Avec tout ce qui se passe au niveau politique, je ne veux pas me faire déporter. Mais ça serait très cool de faire une tournée aux États-Unis, une tournée canadienne. Jouer en Europe aussi, aller en Asie, aller en Afrique. Je sais qu'en Afrique de l'Ouest, ça serait très possible. Faire une résidence d'artiste en Afrique, c'est vraiment de l'Ouest, surtout, ça serait cool. Si je peux trouver une façon de jouer au Congo aussi, ça serait comme un full circle moment. Mais non, moi, je suis un gars, j'aimerais jouer partout. Aller en Australie et jouer au Japon, ça serait très, très, très, très cool. Au Brésil, en Amérique latine. Brésil, ça serait aussi un rêve pour moi. Puis non seulement juste jouer, mais aussi rencontrer les artistes là-bas, faire des connexions. Oui, ça serait super.
- Speaker #0
Et pour les personnes qui nous écoutent, du coup, le festival de jazz à Montréal, c'est un festival qui a lieu toutes les années au mois de juillet. Si je ne me trompe pas, c'est début juillet. Fin juin, début juillet.
- Speaker #1
Oui, le plus grand festival de jazz au monde à Montréal. Montreal Jazz Fest.
- Speaker #0
En plus, il y a des gros artistes qui viennent à l'international. Du coup, c'est top. Et il y a des concerts gratuits.
- Speaker #1
Oui. Ça aide beaucoup. Ça m'a aidé beaucoup.
- Speaker #0
Alors, dans les pays que tu as cités, là où tu aimerais bien aller, tu as cité le Japon. Ce que j'ai remarqué, en fait, dans tes visuels, c'est qu'il y avait beaucoup d'inspiration au niveau des animés et des jeux vidéo. Est-ce que tu peux me parler un peu de l'esthétique ?
- Speaker #1
Oui, écoute, c'est plus, mettons, dans 2025, donc c'est plus aussi niche que ça l'était à l'époque. Mais j'ai toujours été un grand fan d'animation, cartoon, jeux vidéo. Même dans les hip-hop, un de mes animés préférés, Samurai Champloo, mélange beaucoup de hip-hop avec la culture ancienne, le feudal japonais. Dans la soundtrack, il y a un beatmaker qui s'appelle Nujabes, Rest in Peace, il est mort en 2010. Nujabes, Forces of Nature, Fat John, Minimi. Le score de cet animé est vraiment légendaire. Nujabes, qui était un DJ, un producteur japonais, était très influenceur. il fait une chose sur moi, il a eu beaucoup d'influence sur moi et beaucoup de gens dans le monde. Comme Nujabes, c'est lui que les gens se sont inspirés de lui et de J. Dilla. On sait que J. Dilla vient de Détroit, aux États-Unis. Il a changé la musique à tout jamais. Mais Nujabes a été très influenceur sur le mouvement lo-fi. Donc, lo-fi hip-hop beats. Il faisait juste des beats hip-hop à la base, mais ça a été comme... Le terme lo-fi, c'est un peu comme une gentrification de ces beats boom-bap. Parce que ça devient Lotus Tony 2, puis ça fait comme plein d'argent, whatever. C'est une espèce de branding qui est comme, « We're different from these guys » , mais c'est comme la même chose. Donc, il y a aussi cette influence musicale de l'Afrique qui influence les États-Unis, qui influence le Japon, qui réinfluence les États-Unis. On se passe la balle. J'aime beaucoup l'anime, les animés, les mangas, bandes dessinées, tout ce qui est ça. D'ailleurs, j'ai mes tattoos. J'ai un tattoo de Ange Voman de Digimon. J'ai un autre tattoo, c'est Isaac Netero de Hunter x Hunter. Je suis un grand fan.
- Speaker #0
Je vois ça jusqu'à la peau. Du coup, c'est quoi la suite pour toi après Kings et bientôt Red Rush ? Tu nous as dit qu'il y a les clips qui sortent.
- Speaker #1
Oui, j'ai le clip de Kings qui sort, God willing, ce vendredi. J'ai le clip de Red Rush qui sera sorti aussi, Biden. Red Rush, c'est le nom de la tape, mais c'est aussi le nom de la première chanson du EP. On a fait l'EP. L'EP, c'est comme un mix de différentes chansons. Il y a une chanson que j'ai faite il y a comme trois ans, je pense, que j'avais écrite et que j'avais fait le beat. Entre temps, ça s'est laissé, je ne savais pas où les sortir. Puis là, ce repas-là, ça rassemble beaucoup de différents mondes que j'ai créés musicalement. Il y a des nouvelles chansons, des anciennes chansons. C'est un peu une compilation. Je voulais faire une compilation de chansons qui était plus mollo, plus le fun, après ce qu'Azul a été. Là, avec mon collaborateur Blazino, je suis en hâte. Blazino, c'est lui qui a mix-masteré la fin de la production additionnelle aussi. Il a produit Red Rush, donc il avait fini de mix les chansons. On a encore un petit par la suite avec des trucs à chanter. Là, il m'envoie, on finit ça chez lui. Il me dit, ah ouais, j'ai fait cette chanson-là aussi récemment. Ou l'ajoute, justement. Ça, ça va être l'intro de Red Rush. Donc, j'ai écrit dessus, on a enregistré. Donc, la première chanson de Red Rush, on a fait une vidéo pour ça il y a quelques semaines. Ça, ça va sortir aussi. Ça doit être sorti à l'écoute, à la sortie de cet épisode. Donc, je sors un clip. Je vais sortir un autre single qui va être sur la tape. Après, je vais sortir la tape le mois prochain. Donc, quand vous l'écoutez, ça ne sera pas loin. Mais c'est sûr que mon autre single, What You Want, sera sorti. Et ensuite, deux chansons que je vais sortir. J'essaie de sortir à la fin de l'année. Peut-être que je vais se la sortir au début de l'année prochaine, on va voir. Mais j'ai deux autres chansons qui devraient sortir bientôt. J'ai shooté un clip en plus pour une de ces chansons-là qui ne sera pas sur l'EP, mais qui est dans le pipeline. Et ensuite, je travaille sur un autre EP. Je reçois des beats tout le temps. Mais il y a beaucoup de gens avec qui j'aimerais collaborer. Il faut que je m'assaye, mais j'ai déjà un peu le concept de la prochaine tape, le prochain vrai projet. Je pense faire un EP, mais si tout se passe bien, ça serait cool de faire un album, un LP. Genre mon prochain projet commence déjà à genre... À germer. à Abir, à Germain, c'est ça. Donc, ouais.
- Speaker #0
Ça fait beaucoup de choses qui vont sortir prochainement. J'ai une dernière question. Quel conseil tu donnerais à un jeune artiste indépendant qui vient d'arriver au Canada, qui essaye de se faire un nom ? Quel conseil, toi, tu pourrais donner vu que tu es en plein dans cette situation-là ?
- Speaker #1
Ouais. Numéro un, amuse-toi. Rappelle-toi pourquoi tu fais de la musique. Ne fais pas ça si tu veux être Jean-Richard, Jean-Souad, comme un comptable ou un avocat, un ingénieur. Je fais vraiment ça juste si tu veux vraiment faire de la musique, que tu as un amour pour la musique. Assure-toi que tu peux rendre ça le fun et que tu peux rendre ça ludique. Parce que si ça devient comme un travail ou un truc qui est vraiment juste trop difficile, ça ne vaut pas la peine. Apprends plus sur ta communauté, dépendamment d'où tu es à Montréal. Essaye de voir. On dit qui se ressemble, s'assemble. Donc, essaie de voir. C'est quoi les communautés de beatmakers, de chanteurs ou de chanteuses, de musiciens, de musiciennes, peu importe. Surtout que les gens se rassemblent pour faire de la musique. Essaie d'en apprendre plus parce que... tu n'y arriveras jamais seul. C'est pas vrai que tu vas faire des trucs. Il y a personne qui arrive seul. Même les grandes stars que tu connais, soit ces personnes-là ont été découvertes par quelqu'un qui est assez big, qui leur a donné une chance, soit la personne a réussi à faire ses preuves en collaborant avec d'autres personnes. Donc, essaie d'étudier ton milieu, mais aussi voir avec qui tu t'entends bien, avec qui tu peux collaborer, parce qu'on n'y arrive jamais seul. Ça, ce serait les deux trucs. Trois diens, je dirais, et un job à côté. assure-toi d'être financièrement OK, peu importe ce qui arrive, pour non seulement investir dans ta musique, mais aussi investir dans ta vie. Ça, ça serait les trois choses les plus importantes. Puis si je peux ajouter une quatrième chose, ça serait de « don't give up » , si c'est vraiment ça que tu veux, mais aussi ça de « always put yourself out there » et toujours essayer de te mettre à découvert, de voir, OK, c'est quoi les opportunités qu'il y a, appliquer pour des bourses, même si t'as pas la bourse, ça va t'aider à en apprendre plus sur le fonctionnement, donc oui, il est du fun, apprends plus et rends-toi accessible to an extent. C'est un certain point, bien sûr, mais ouais, c'est Telebar Community. Parce que le but, c'est on fait vraiment ça pour connecter avec les gens. J'étais allé au lancement de Light It Up Ave et Dio, qui sont deux de mes amis. Évidemment, Light It Up Ave, on a sorti à l'une ensemble, mais Dio aussi, c'est un super jeune rappeur congolais aussi. Ils ont sorti un projet ensemble récemment. C'était vraiment cool. On est allés à leur Listening Party, leur party d'écoute. Une session d'écoute, on écoutait l'EP, ils venaient sur cette journée-là, ils ont aussi eu une entrevue avec un journaliste qui leur a posé des questions sur le développement du projet et sur les différentes chansons. Mais ce qui était vraiment cool, c'est que j'ai fait des événements aussi comme ça. Mais c'est cool d'avoir ce rappel-là de « OK, on est là, on est oui pour faire de la musique » , mais aussi parce que ça nous rassemble en tant que communauté, ça nous donne quelque chose à écouter, c'est de la bonne musique, mais aussi ça nous permet de nous retrouver, d'échanger, comme « Yo, moi je fais de la musique, toi tu fais de la musique, tu fais des vidéos, peu importe, créons ensemble » . Mais ça crée une atmosphère où vraiment, c'est ça que ça crée. On est là pour tisser des liens. Toute la musique qu'on écoute, que ce soit D'Angelo. D'Angelo, il n'a pas réussi parce qu'il a fait sa musique seule. C'est qu'il a été dévoué par une personne. Il faisait partie d'un collectif de personnes qui ont échangé ensemble, qui faisaient de la musique, qui a changé le cours de la musique qu'on connaît maintenant. Donc, oui, ce serait ça mes trois points.
- Speaker #0
OK, quatre points.
- Speaker #1
Mes quatre points, mes cinq points.
- Speaker #0
C'est super, c'est bien de rappeler le partage. Et c'est le but aussi du podcast, en fait, de partager les expériences de plusieurs personnes qui vivent et qui ont vécu au Canada. Est-ce que tu peux dire aux auditeurs où est-ce qu'ils peuvent te trouver, du coup, sur les réseaux sociaux ou ailleurs ?
- Speaker #1
Vous pouvez me retrouver sur Instagram. Je suis sur Facebook, mais je ne suis pas autant présent que j'étais auparavant. Mais je suis sur Instagram pas mal. Donc, Ayo, qui est quand tu essaies d'appeler quelqu'un.
- Speaker #0
Ayo,
- Speaker #1
Zimba. Donc, Ayo, bar en bar. Zimba, donc phonétiquement Z-I-M-B-A. Il y a aussi toute une histoire derrière mon nom, mais écoute, je sais que tu as un temps limité. Ça serait un peu vite pour revientre, peut-être. Mais donc, ayo underscore Zimba sur Instagram. Ma musique, vous pouvez la trouver sur tous les plateformes de streaming. Je suis aussi sur Benkem. Benkem, c'est cool parce que vous pouvez acheter la musique directement des musiciens, musiciennes. Aussi, ce qui est cool avec Benkem, c'est que tu peux vraiment, tu télécharges un fichier. Ce n'est pas juste comme OK. tu payes 10$ par mois pour avoir, comme pouvoir prêter de la musique qui peut partir n'importe quand. C'est vraiment comme, il y a une grosse partie de l'argent qui va directement à l'artiste. Et vous pouvez trouver ma musique là-dessus sur Belkamp, donc Z-I-M-B-A. Avant, j'étais Chizimba, donc T-S-H-I-Z-I-M-B-A. Vous pouvez trouver cette musique-là aussi sur Belkamp, sur les plateformes de streaming.
- Speaker #0
Et tu as changé de nom ?
- Speaker #1
Il y a cinq ans, Chizimba est mort, Recibis, à ce jeune homme.
- Speaker #0
OK. Benkab, c'est comment ? Je ne connais pas.
- Speaker #1
Benkab, c'est une plateforme de musique indépendante très populaire. Donc, ça permet aux gens d'acheter la musique. Par exemple, tu peux aussi vendre de la musique physique là-dessus. CD, des vinyles, puis ça permet de mettre cette musique-là. C'est vraiment une plateforme indépendante. Eux, ils prennent vraiment une portion minime des profits faits par les musiciens et les lycéennes. Puis aussi, ils ont un truc qui s'appelle Bandcamp Friday qui enlève ces frais-là. Donc, si tu achètes la musique de mes artistes pendant Bandcamp Friday, qui est comme une fois par mois, je pense, la majorité des profits vont à l'artiste.
- Speaker #0
Et ça s'écrit comment, Bandcamp ?
- Speaker #1
Band, genre B-A-N-P. Ah, d'accord. C'est A-N-P. Moi, c'est, si vous écrivez Zimba Bandcamp, vous allez trouver ça sans problème.
- Speaker #0
Merci beaucoup, Zimba, pour avoir partagé ton histoire. Aussi, pour les auditeurs, n'oubliez pas d'aller écouter Kings et ton prochain EP Red Rush. FAP. Je dis prochain, mais il sera sorti d'ici que l'épisode sorte. Et n'oubliez pas de le suivre sur Instagram. Du coup, tout sera en description. Juste pour les auditeurs, il y a une nouveauté. Du coup, le rythme du podcast, il change. J'en profite pour le dire en même temps. Jusqu'à la fin de l'année. Et si vous avez aimé cet épisode, n'hésitez pas à mettre une note de 5 sur 5 sur Apple Podcast et Spotify. Et à vous abonner sur votre plateforme préférée pour ne manquer aucun épisode. Nous, on se retrouve aussi sur notre Instagram, c'est Parlons Canada. Et du coup, on se retrouve au prochain épisode avec un nouvel invité. Aussi incroyable que Zimba.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Haïli. Salut tout le monde.