- Speaker #0
Parlons mieux être avec le RIF, un balado animé par Fred Stedley-Vincent, une initiative financée par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.
- Speaker #1
Bonjour et bienvenue à tous et à toutes dans ce nouvel épisode de notre podcast « Ménopause, parler sans tabou » . Aujourd'hui, 5 mars 2025, nous allons aborder un sujet qui concerne la moitié de la population mondiale et qui est encore trop souvent dans la ménopause. Pour nous éclairer, nous avons avec nous au studio aujourd'hui Patricia. Bonjour Patricia.
- Speaker #0
Bonjour. Bonjour Fred.
- Speaker #1
Je te laisse te présenter.
- Speaker #0
Bonjour à tous nos auditeurs. Mon nom est Patricia Loukogi. Je suis psychothérapeute autorisée stagiaire auprès de l'Ordre des psychothérapeutes autorisés de l'Ontario. Et je pratique la psychothérapie depuis bientôt un an. Alors, ma spécialité, c'est les couples et les familles. Bien sûr, je rencontre les individus aussi, mais c'est surtout les couples et les familles, bien sûr, les enfants, les adultes. de tout âge. Il n'y a pas de limite à ça.
- Speaker #1
Un plaisir de te voir aujourd'hui avec nous sur le jour encore. La ménopause, c'est quoi ? La ménopause, c'est un phénomène biologique naturel qui marque la fin de la période et le productif. Selon l'OMS, c'est la cessation permanente des menstruations résultant de la perte de l'activité folliculaire ovarienne. Nous allons prendre le temps pour plonger dans ce sujet. Essayez d'abord de... démystifier la ménopause avec notre psychothérapeute aujourd'hui. Donc, la ménopause, qu'est-ce que c'est un sujet tabou ? Alors, qu'est-ce que ça a à voir pour la santé ? Comment pouvez-vous aborder ce sujet ?
- Speaker #0
D'abord, premièrement, je tiens à souligner que je ne suis pas médecin, donc je ne parlerai pas tellement des termes qui concernent la médecine, qui concernent tout ce qui est biologique, et je laisserai le soin aux médecins, gynécologues, obstétriciens, médecins de famille, de pouvoir aborder cela. Et donc, comme j'insiste ici, c'est plutôt pour aborder la question de la santé mentale, étant donné que c'est d'abord la semaine de la santé mentale ici en Ontario, mais aussi aussi de faire le lien entre l'impact de la ménopause ou ce que j'appelle la transition ménopausique sur la santé mentale des femmes et aussi des hommes, des conjoints, des enfants parce que ça affecte toutes ces personnes-là. Pourquoi ça reste un sujet tabou ? La réalité est que tout ce qui touche à la femme dans son intimité est toujours tabou. Surtout pour nous qui sommes immigrants parce qu'on parle justement à des différentes communautés immigrants. Souvent, de là où nous venons dans nos cultures, ce sont des sujets réservés aux femmes. On n'en parle pas en public et parfois on se dit c'est... tellement secret qu'il faut garder ça secret. Donc, c'est une des raisons pour lesquelles il y a encore beaucoup de tabou autour de cette question-là.
- Speaker #1
Merci pour la précision. Par rapport à cela, je pense qu'il y a aussi une compétence de type médical, mais je pense qu'il faut essayer d'aborder les différents changements qui arrivent dans le corps féminin avec la ménopause. Qu'est-ce que tu peux nous dire de plus là-dessus ?
- Speaker #0
Il faut comprendre la ménopause d'abord de ce qu'elle est. Il y a beaucoup de mythes, il y a beaucoup d'idées préconçues autour de la ménopause, mais il faut d'abord comprendre que la ménopause, c'est une étape naturelle. dans la vie d'une femme. Contrairement à, j'ai envie de dire, l'Occident qui a tendance à médicaliser la ménopause. Et la ménopause, on ne parle pas seulement que de la ménopause qui est juste une étape. En fait, il y a trois parties. Et c'était très important de souligner qu'il y a une partie qui s'appelle la pré-ménopause ou la péri-ménopause. Il y a la ménopause et puis il y a la post-ménopause. Alors, ce qui se passe, c'est que l'idée... Les idées que nous avons, ce qu'on nous explique, c'est que la ménopause arrive, les menstruations s'arrêtent et puis c'est fini. Mais en réalité, c'est un processus qui commence longtemps avant. Selon les recherches que j'ai faites, parce que c'était un sujet de mémoire pour la fin de ma maîtrise à l'université, selon les recherches, il pourrait se passer entre 7 à 10 ans avant qu'une femme ne devienne ménopausée. Donc, pendant cette période-là, la partie de la pré-ménopause, qui est la partie la plus difficile, souvent on ne s'en rend pas compte, plusieurs femmes ne sont pas informées. Elles ne sont pas au courant qu'elles ont... commencer leur premier note pause. Alors, ça commence par des symptômes qui peuvent aller aussi simple que de l'indigestion, des ballonnements de ventre, de la fatigue, plein de choses comme ça. Mais en fait, c'est parce que tout ce qu'on appelle comme hormones de femme, les oestrogènes commencent à baisser et ça entraîne plusieurs, plusieurs symptômes. Alors, par le temps que la femme se rende compte qu'elle est là-dedans, parfois, elle ne s'en rendra même pas. compte parce qu'elle ne sait pas. Et très souvent, lorsqu'elle arrive à rencontrer son médecin de famille, son médecin traitant, il ne va pas forcément aborder la question de la ménopause tout de suite. Il y en a qui vont arriver avec « j'ai des maux de tête, j'ai des insomnies, je me sens tout le temps essoufflée, je me sens fatiguée, j'ai les cheveux qui se cassent, j'ai mes ongles qui se cassent. » Mais c'est souvent, très très souvent, c'est les migraines, les maux de tête, les malaises, menstruations douloureuses. Les bouffées de chaleur, je dirais, ça vient plutôt à... Et cette période-là a été qualifiée de « errance médicale » parce que très souvent, les médecins ne donnent pas le diagnostic exact ou ne disent pas aux femmes « voici, vous avez commencé la pré-ménopause » . Donc, il y a cette phase-là et je tiens à préciser par exemple que selon les recherches, selon les études, la ménopause touche les femmes, je dirais, caucasiennes, blanches, autour de 50-51 ans, mais les femmes d'eau afrodescendante, c'est autour de 47-48 ans. de 49 ans. Et pire encore, les femmes d'Asie du Sud-Est, on inclut les Pakistanaises, les Indiennes, tout ça, c'est encore un peu plus jeunes, 46-47 ans. Les femmes autochtones, et là, dans ma recherche, c'était autochtones du Canada, d'Amérique latine, d'Australie, c'est un peu plus tard, 50-51 ans. Donc, c'est pour ça, il faut... On doit insister aussi que la ménopause n'est pas vécue de la même façon par toutes les femmes. Deux sœurs jumelles peuvent ne pas la vivre de la même manière. Une mère et une fille ne peuvent pas la vivre de la même manière. Et il y a tellement de mystères. Et quand on regarde comment est-ce que c'est conçu, compris dans les différentes cultures, il est difficile, je comprends même des fois pour les médecins, de poser un diagnostic. Donc, je dirais que c'est ça. Alors, la post-ménopause, c'est quand les menstruations se sont complètement arrêtées. Et il faut préciser qu'il faut que ce soit à douze mois. Il ne faut pas que ce soit onze mois et trois semaines. Si au bout de onze mois et trois semaines, les menstruations reviennent, OK, vous n'êtes pas encore en ménopause. Et c'est pour ça que des fois, on a des surprises. des femmes qui ont 50 ans, 52, 55 ans, qui tombent enceintes. Et elles ne comprennent pas en disant, mais je ne peux pas avoir d'enfant à cet âge, mais longtemps, aussi longtemps que ce n'est pas 12 mois de menstruation arrêtée.
- Speaker #1
C'est 12 mois à couper.
- Speaker #0
Oui, il faut que ce soit 12 mois.
- Speaker #1
Et très intéressant, surtout avec vos données et par rapport à la croissance que vous avez faite par rapport à la situation dans la communauté. La ménopause, c'est un processus long. Apparemment, ce que vous venez de décrire, c'est vraiment un processus long. Et ce processus entache vraiment, il y a beaucoup d'épargne psychologique et émotionnelle. Comment pensez-vous que la ménopause peut avoir une influence sur la santé mentale ? Comment cette influence se traduit-elle ?
- Speaker #0
Il y a beaucoup de symptômes. C'est intéressant parce qu'en faisant des recherches, d'abord par rapport à ma propre santé, parce que je suis parmi les femmes qui traversent ces périodes-là, et je prends juste mon exemple, je me plaignais beaucoup de... de migraines. J'avais des migraines intenses. J'ai fait des scanners cérébraux de je ne sais pas combien de fois. Je pensais que j'avais toutes sortes de maladies, des douleurs musculaires, des crampes ici, des problèmes. Alors, je suis tombée sur un article de France qui dit non, vous n'êtes pas folle, c'est la ménopause. Puis là, je regardais les symptômes, on parlait d'à peu près une trentaine. Et dans mes recherches académiques, on peut aller jusqu'à 50 symptômes de ménopause. Et souvent, les... On parle souvent de ce qu'on appelle les symptômes vasomoteurs, qui sont les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes, pour certaines femmes, la sécheresse vaginale et tout ça. Et on a l'impression que ça s'arrête là. Mais en réalité, il y a beaucoup, beaucoup d'autres choses. Pour ne citer que quelques-uns, par exemple, il y a les insomnies, il y a les troubles de l'humeur. Et ça, ce sont des choses qui affectent la femme. Essayez d'imaginer qu'une personne qui a des troubles de l'humeur. Imaginez dans son travail, à la maison, dans la communauté, avec ses amis, des personnes qui vivent de l'anxiété. L'anxiété, ça peut incommoder une personne, ça peut la mettre mal à l'aise dans toutes les sphères de sa vie. Il y a aussi d'autres symptômes qui peuvent être physiques, comme j'ai mentionné. Chez certaines femmes, c'est la prise de poids. Chez d'autres, ça peut être des démangeaisons sur le corps. Tant et aussi longtemps qu'on n'a pas compris que les symptômes que nous sommes en train de vivre sont en réalité les signes de la prévenopause, on se pose des questions. Il y a des femmes qui affirment même avoir eu l'impression qu'elles étaient en train de mourir, qu'elles étaient en train d'avoir une crise cardiaque, qu'elles étaient en train d'avoir cette angoisse, sans compter qu'imaginer une personne qui ne dorme pas la nuit. Imaginez une personne qui n'est plus confortable dans ses vêtements parce qu'elle a pris du poids ou parce qu'elle a trop chaud. Ça, c'est trop froid, c'est trop chaud. Et par-dessus le marché, elle a un conjoint, elle a des enfants, elle a une vie sociale. Donc, tout ça ajouté à cela, il y a ce qu'on appelle les troubles de mémoire. Ça, ça affecte beaucoup. Il y a vraiment ce qu'on appelle le brouillard cérébral. Et j'aime parler avec mes clientes lorsqu'elles viennent en thérapie en disant, est-ce que ça ne vous est jamais arrivé de dire, je cherchais quelque chose dans ma chambre, puis vous arrivez devant votre porte et vous dites, en fait, qu'est-ce que je suis venue chercher ? Ça, c'est typique des fois. femmes qui sont dans la transition ménopausique. Il y a la névrose du ménage. Je suis fatiguée, je n'ai pas d'énergie, j'ai des carences en tout, mais je dois me lever, je dois faire le ménage, je regarde ma cuisine. Oh, je n'ai vraiment pas le goût de faire la vaisselle. Ça, c'est typique. Des choses qui affectent la femme, qui affectent sa santé mentale. Tant et aussi longtemps qu'elle n'a pas encore compris ce qui se passe, les transformations de son corps, à ce moment-là, ça commence à affecter sa santé mentale. Surtout s'il y a de l'anxiété, surtout s'il y a de la dépression. Toutes ces choses-là et parfois ce n'est pas nommé comme il faut que non, elle n'est pas folle, c'est la ménopause.
- Speaker #1
C'est intéressant, Patricia. Je suis bien amouré par rapport à cette psychologie qui est liée vraiment aux hormones, surtout au stérogène et au polystérone. par rapport à leur baisse. Mais ce que j'ai compris, c'est qu'il y a aussi le facteur socio-culturel. Le facteur socio-culturel peut accompagner les femmes dans cette transition de leur corps, cette transition qui affecte un certain mental. Ça dépend de la culture, ça dépend aussi du pays ou du climat. Comment le facteur socio-culturel peut aider cette transition dans sa période de ménopause ?
- Speaker #0
En réalité, ce que j'ai envie de dire, c'est comme, je ne dirais pas comment est-ce que cela impacte, mais quelle est la différence, justement, comment est-ce que les femmes vivent la ménopause à travers le monde ? Ça, c'est très intéressant à savoir. La conception de la ménopause est devenue un phénomène, je dirais, social. C'est une construction sociale, comme on dit. On en parle beaucoup. D'ailleurs, c'est bien parce que ça permet aux femmes de comprendre où est-ce qu'elles en sont. Mais par exemple, je le disais au début de notre entretien, l'Occident a beaucoup médicalisé la ménopause. En ce moment, on parle beaucoup d'hormones de remplacement. C'est une des choses. Vous êtes en ménopause, on va vous préscrire cette hormone qui va vous faire du bien, sans compter que cette hormone n'est pas faite pour tout le monde. Et il y a des particularités, et c'est là que j'ai peut-être manqué lorsque je parlais des disparités à propos de l'âge, c'est que la ménopause n'est pas vécue de la même manière dans les différentes races, même parfois dans les différentes cultures et dans les différentes ethnies. Il y a des cultures où la ménopause est le moment de la libération, le moment de la liberté, parce qu'il n'y a plus la contrainte des menstruations. Il n'y a plus la contrainte de la contraception. On a cette liberté-là de dire je peux enfin vivre pleinement ma féminité, ma sexualité. Dans d'autres cultures, la ménopause est mal vue parce que c'est la fin de la fertilité. Et il y a des femmes qui se disent, ou les cultures qui disent, puisque tu ne peux plus donner la vie, tu ne sers à rien. Et les femmes auront du mal à aborder la ménopause parce qu'elles ont peur en disant, qu'est-ce que, socialement, ou même dans mon couple, dans ma famille, qu'est-ce que je vais devenir ? Mais de plus en plus, on voit des femmes, par exemple, j'ai découvert qu'en Asie et certaines cultures autochtones, autochtones, la femme prend plus de place parce qu'on se dit qu'elle est devenue pure, c'est-à-dire qu'elle n'a plus à traîner ses menstruations qui la rendaient impure. Maintenant, elle peut siéger au comité local, dans les villages, elle peut participer à des réunions avec les hommes. Là, on voit des sociétés qui ont beaucoup de différences entre les hommes et les femmes. Je donne un exemple très, très précis. Les femmes japonaises, dans la langue japonaise, le mot bouffée de chaleur n'existe pas parce que la réalité, c'est que... Elles vivent cela comme quelque chose qui se passe à l'intérieur de son corps pour évoluer vers une plénitude ou une croissance. Et aussi parce qu'au Japon, la nourriture est beaucoup basée sur le soja. Et le soja aide à diminuer certains symptômes qui affectent les femmes pendant la ménopause. Cependant, la même femme japonaise, si elle vit au Canada ou en Amérique du Nord, aura des symptômes de ménopause parce qu'elle n'est pas dans la même culture, dans la même nourriture. qu'elle mange chez elle. Donc, juste le lieu géographique aussi peut affecter. Il y a aussi la réalité, par exemple, je parle pour les femmes afrodescendantes, qui vivent la ménopause d'une autre manière parce qu'elles ont d'autres conditions préexistantes. Je parle par exemple des fibromutérins. Les femmes noires ont des problèmes de fibromutérins. On parle d'endométriose, on parle de ceci. Dès le moment où on a eu des menstruations abondantes, on a eu tous ces facteurs-là, fait qu'on ne peut pas parler de ménopause en général. C'est pour ça qu'on a parlé d'intersectionnalité. Il faudrait prendre la femme dans son individualité. dans sa condition, dans sa réalité. Une femme qui vient d'Haïti, qui va vivre la ménopause en Haïti, autrement qu'elle la vivrait au Canada. Parce qu'il y a aussi les cultures où les femmes sont, on leur donne cet espace de bien-être. Par exemple, les femmes indiennes avec la médecine ayurvédique, elles vont prendre soin d'elles, elles vont prendre soin de leur corps, elles vont prendre soin de comment est-ce qu'elles mangent. Alors qu'ici, on va peut-être médicamenter, mais dans d'autres cultures, on va dire, OK, on va renforcer certains aliments, on va lui accorder de l'espace pour du repos. Les femmes occidentales vont travailler de 9 à 5, alors que les autres, elles ont peut-être des activités qui sont moins contraignantes que cela. Donc, c'est pour ça que je dis, l'impact de la culture, c'est important, même pour nous en tant que professionnels, c'est de ne pas regarder la femme en disant, elle arrive, voici, je commence à cocher, ça, ça, ça, ça, ça, elle est en ménopause ou elle est en dépression. C'est de commencer à comprendre, comment est-ce que vous comprenez la ménopause ? Qu'est-ce qu'elle est ? Est-ce que vous savez ce que c'est ? Donc, peut-être qu'on arrivera un peu à ça après pour parler de la prise en charge, mais je dis que la... La culture est très, très importante. Les us et les coutumes sont très importants. J'ai même envie de dire la spiritualité est importante pour les femmes dans cette... de transition ménopausique ?
- Speaker #1
Je vois par rapport à l'augmentation et à l'importance du soutien familial ou des communautés, les groupes de parole, les groupes existants dans la communauté, comment ça peut aider à traverser cette période de ménopause. J'ai bossé un peu aussi sur les mythes entourants de cette période de ménopause par rapport aux différentes cultures, comment chacun voit la réalité. Mais je voudrais que ma réponse pourrait aider beaucoup plus les gens ici parce qu'on travaille avec les immigrants, les immigrants francophones ici au Canada. Et comment le Canada voit cette réalité ? Comment est-ce qu'il dit ? Je sais qu'on essaie avec l'équipe médicale ici, on essaie de voir comment aborder la réalité en fonction des communautés. Il y a un manque vraiment de personnel là-dessus, mais comment vraiment le Canada peut approcher chaque communauté, chaque entité, pour mieux aborder la réalité de la ménopause ici. En tant que personne immigrante, parce qu'on a tendance, quand on est dans un pays immigrant, on considère comme un tout, alors que vraiment on est différent par rapport avec la façon qu'on a grandi, surtout au pays. On arrive plus souvent avec un âge avancé, on n'a pas... de bagages culturels qu'on doit transmettre aussi avec nos générations ici. Donc, comment le Canada peut aborder cette thématique de ménopause ? Comment vraiment démystifier parce que vous avez dit, vous avez insisté beaucoup sur la médication ici au Canada. Comment faire si les Japonais se refusent de passer ces médicaments parce que dans ce pays, il y a toute une autre manière de vivre cette réalité ? Comment on peut, nous, en tant que personnes dans la santé, professionnelles en santé, aussi, comment on peut aborder cette réalité ici au Canada ?
- Speaker #0
Je viens d'aimer ce que tu as dit, Tom. C'est groupe de parole. Ça, ça fait partie des éléments importants parce que, étant donné que c'est un sujet très intime, un sujet propre aux femmes, il y a un grand mouvement en ce moment. Il y a un grand mouvement, surtout aux États-Unis, même j'ai vu en France, où on commence à parler, on commence à sensibiliser, on commence à vulgariser la condition de la ménopause parce qu'il y a des impacts parfois très, très négatifs sur les femmes et, comme je dis, sur les couples. sur les enfants. Moi, je travaille comme psychothérapeute de couple. Je peux voir comment est-ce que cet aspect, comment est-ce qu'il faut aborder ça. Je tiens à souligner parmi les choses que j'ai trouvées dans ma recherche, il y a eu une étude aux États-Unis, au travers de 20 universités. On a interviewé des étudiants en médecine dans leur phase de spécialisation en gynécologie obstétrique et beaucoup ont reconnu une chose, que dans leur formation, on ne leur a pas pas parler de l'approche de la ménopause. C'est-à-dire, lorsque les patientes, les femmes, se présentent devant les médecins, elles sont butées justement à cette méconnaissance de ce qui se passe. Est-ce que pour une femme d'arriver de dire « Ah, voici, je me sens comme ça dans mon intimité » , elle va peut-être venir avec des symptômes « J'ai mal à la tête, j'ai mal au dos, je me sens tout le temps fatiguée » . Et souvent, qu'est-ce qui se passe ? Les médecins disent « Vous êtes en dépression et on prescrit des antidépresseurs ou des anxiolytiques » . Ça, c'est très... très, très courant. Et beaucoup de femmes sont de plus en plus frustrées en disant, et on s'entend, on connaît la difficulté avec le monde médical, trouver un médecin de famille, trouver un gynécologue. Et il y a des femmes qui vont arrêter d'aller voir le gynécologue au moment où elles ont arrêté d'avoir des enfants. Alors qu'il y a des examens qui doivent se poursuivre aux deux ans, aux cinq ans, arriver à 50 ans, il faut des mammographies, des choses comme ça. Et c'est souvent dans des moments comme ça qu'on peut avoir une conversation avec son médecin, avec son gynécologue, en disant, voici, il se passe ceci. On va faire des examens un peu plus poussés. Mais on connaît la situation du système de santé où le médecin vous dit, vous venez avec un seul problème. Alors, je vais aborder quoi ? Et beaucoup de femmes parlent de frustration, de colère, parce qu'elles disent, je n'ai pas été entendue, je n'ai pas été écoutée, je n'ai pas été validée dans ma douleur, dans ma détresse. Alors, je n'en parle pas. Il y a des femmes qui vont dire, je n'en parle pas tant aussi que le médecin ne m'en parle pas. Ou elle se dit, de toute façon, ça va arriver et puis ça va arriver. Mais ce qui est important de savoir, comment est-ce que nous, professionnels de la santé, moi je parle de professionnels de la santé mentale, la psychoéducation. Et comment est-ce qu'on va faire la psychoéducation ? C'est un podcast comme celui-ci. Il va être distribué, il y a des femmes qui vont l'entendre, il y en a qui vont commencer à poser des questions en disant, c'est vrai que je n'ai pas brossé tout ce dont on avait besoin ici, mais... C'est d'arriver à informer les femmes. Ça pourrait être des pamphlets, ça pourrait être des vidéos, ça peut être des conférences, qu'on en parle, qu'on en parle. En ce moment, il y a une grosse masterclass qui va se passer aux États-Unis avec une actrice très célèbre et on parle beaucoup de... On a réuni des professionnels, les sommités américaines en termes de gynécologie et d'obstétrique pour parler justement de ménopause et de la santé mentale. Il faut qu'on en parle. Il faut qu'on en parle parce que... Ça peut sauver des vies. Et j'en parle parce que je vois des femmes qui sont dans des grandes détresses, des couples qui sont en grande détresse. Parce qu'il ne faut pas oublier, et je vais peut-être finir cette parenthèse par là, c'est qu'au moment où la femme commence sa transition ménopausie, elle est dans ce qu'on appelle aussi le mi-temps de vie, c'est-à-dire la crise existentielle, la fameuse crise de quarantaine qu'on entend chez les hommes. Les femmes la vivent aussi. Elles la vivent avec des questionnements. Où est-ce que je suis ? Qui est-ce que je suis ? Est-ce que je fais ce que j'avais rêvé de faire quand j'étais petite ? petite ? Est-ce que je suis dans le mariage qu'il faut ? Mais il ne faut pas oublier aussi que soit on a des enfants très jeunes, on vit avec des jeunes enfants, soit on a des adolescents. Moi, je vis ma transition ménopausique et que j'ai des adolescents. Ce sont des conflits où on est en train de voir nos enfants partir, devenir parents. Mais il ne faut pas oublier aussi que pendant que je vis ma crise à moi, mes transitions à moi, mes parents sont en train de vieillir. Moi, je suis en train de prendre conscience que, OK, les 50 premières années de ma vie sont passées, il m'en reste combien après ? Je me pose des questions mais en même temps, je suis peut-être en train d'accompagner un parent en fin de vie. Donc, si plein, plein de choses. On ne peut pas juste s'arrêter aux symptômes physiques. On ne peut pas juste s'arrêter à « Ok, c'est l'arrêt des menstruations. » Ça vient avec plein d'éléments et c'est là où la santé mentale entre en ligne de compte. Parce que tant qu'une femme n'a pas compris, tant qu'un mari n'a pas compris, un conjoint n'a pas compris ce que vit sa femme, tant que les enfants ne comprennent pas ce que vit leur mère, il va y avoir des clashs, il va y avoir des disputes, il va y avoir des ruptures.
- Speaker #1
Je suis tout à fait d'accord avec toi Patricia, il faut travailler pour y avoir une reconnaissance de cette période de la ménopause ou de ce qu'est la ménopause. Ça m'aidera vraiment à changer le discours existant sur la perception de la ménopause. Ça permettra au moins chaque femme d'aborder, en fonction de son vécu, comment passer cette transition. Au début, vous allez parler que ça a été une période longue, environ huit ans pour faire cette transition. Je pense que c'est long. Et si on n'a pas vraiment un accompagnement avec la famille, avec un psychothérapeute, avec les données ou les informations des... Les études académiques scientifiques existantes, je vais être difficile pour aborder cette étape ou cette transition dans le corps de la femme.
- Speaker #0
Justement Fred, je remercie pour cette question-là parce que parmi les lacunes que j'ai trouvées dans mon travail de recherche, c'était ça. La documentation en français, les études en français. Et aussi, je tiens à préciser, la recherche sur la ménopause est principalement basée, j'ai envie de dire 90-95% des cas, sur la femme caucasienne. de race blanche. Ce n'est pas une question de discrimination ou quoi que ce soit, mais c'est la représentativité. Parce que lorsqu'on va faire des sondages, lorsqu'on va faire des études, on va approcher des femmes canadiennes, fonctionnaires, ou des femmes médecins, des femmes infirmières, éducatrices. Il n'y a pas beaucoup d'études justement francophones. J'ai quand même trouvé des études en France, mais encore une fois, la population baille-poc, parce que c'était ça mon sujet de mémoire, c'était toute cette population de femmes noires, des femmes autochtones et des femmes... d'autres couleurs, People of Old. Tout ça, il n'y a pas beaucoup de documentation là-dessus. Et souvent, les femmes, elles vont dire, mais moi, je ne m'identifie pas à... à toutes ces publicités-là, parce que c'est souvent la publicité de la femme blanche qui est représentée, et elles se disent, nous, on n'est pas comme ça, nous, on est différente, on a notre réalité. Sans oublier le sujet de prédilection, les femmes immigrantes ont encore, en plus de cela, le choc lié à l'immigration. Tout ce qui est et qui vient avec l'immigration, le choc culturel, le choc migratoire, l'intégration et tout, des fois, elles mettent même de côté leur santé physique, leur santé mentale, parce qu'il faut d'abord travailler à ça. intégrer. Alors, oui, il y a un grand travail à faire. Moi-même, là, je me dis que c'est un grand travail que j'ai à faire. J'ai mon directeur de mémoire qui m'a encouragé à faire un doctorat là-dessus, en disant, mais pour le moment, je me contente d'avoir des conférences. Oui, j'ai envie d'informer les femmes francophones. Oui, j'ai envie de donner le plus d'informations possibles, parce que je me dis que ça va les aider dans leur vie et dans leur bien-être émotionnel, parce qu'au bout du compte, la santé globale, la bonne santé, elle inclut la santé physique, la santé mentale, la santé émotionnelle, mais aussi la santé environnementale. d'où, là où nous vivons.
- Speaker #1
Tout à fait, je suis d'accord avec toi. Pour clôturer ce podcast, j'ai vraiment une dernière question à te poser. Quel message clé aimerais-tu transmettre aux femmes qui vivent actuellement cette transition, pratiquement ceux qui se sentent isolées, qui n'arrivent pas à comprendre cette transition de ménopause, de périménopause, de post-ménopause ? Quel message clé aimerais-tu partager avec eux ?
- Speaker #0
Premièrement, j'ai envie de dire... L'ouverture. Il faut s'ouvrir et oser poser des questions. Il n'y a pas de questions bêtes. On est dans une ère où la santé des femmes, tout ce qui touche à la femme, tout ce qu'il y a de plus féminin. Autrefois, je n'aurais pas parlé de sexualité, je n'aurais pas parlé de menstruation parce que c'était tellement tabou. Mais de nos jours, pourquoi est-ce que les femmes vont continuer à souffrir alors qu'il y a des solutions ? Il est important de pouvoir en parler, mais il est important que nous, les professionnels de la santé, à tous les niveaux, même les professionnels communautaires et tout ça, de pouvoir... ouvrir des cercles de discussion, de pouvoir créer des événements comme celui-ci, de pouvoir mentionner et de pousser peut-être à militer, à un peu faire des démarches pour qu'aujourd'hui la Société de gynécologie et d'obstétrie du Canada doit rendre encore plus d'informations. Mais je pense qu'en tant que responsable communautaire dans des organisations comme le CESOC, il est important aussi de trouver des personnes qui vont... pouvoir recevoir des femmes qui arrivent en disant, ok, je peux vous orienter vers une travailleuse sociale, je peux vous orienter vers un médecin, on peut essayer de créer des événements. Mais je demande aux femmes d'être ouvertes et d'oser en parler. Parce qu'il n'y a pas de tabou, il n'y a pas de honte, il n'y a pas de handicap parce qu'on est devenu ménopausé. La femme ne se limite pas seulement qu'à sa fertilité ou à sa capacité d'être mère. Il y a d'autres choses autour de la femme que tout ce qui est son appareil reproducteur. Donc, j'ai envie de dire aux femmes, ne restez pas dans votre coin. poser des questions, faire des recherches. Aujourd'hui, avec Google, ChatGPT, il y a toute l'information. Mais surtout, moi, j'invite les gens à venir me voir en thérapie parce que ça nous permet aussi d'avoir des conversations de femmes, parce que j'organise des groupes de parole, parfois juste des causeries pour avoir justement ces informations-là et comprendre. Je sais qu'on n'a pas brossé tout ce qu'on pouvait brosser. Il y a beaucoup de choses. On n'a pas parlé des hommes dans tout ça, mais je pense que ça sera peut-être pour une autre fois qu'on pourra le faire.
- Speaker #1
Merci Patricia. Merci à vous. tous d'avoir un peu le temps d'écouter cet épisode-là. Vraiment, la ménopause, parlons-en sur ta voix. Merci.
- Speaker #0
Merci beaucoup de m'avoir invité. C'est un honneur et un privilège. Merci beaucoup, Fred. Parlons mieux-être avec le RIF. Un balado animé par Fred Stanley-Vincent. Une initiative financée par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.