- Speaker #0
Parlons mieux-être avec le RIF, un balado animé par Fred Stedley-Vincent, une initiative financée par Immigration, Réfugiés et Citoyennes des Canadas.
- Speaker #1
Bonjour et bienvenue à mon premier épisode d'une série de podcasts sur la santé mentale. Aujourd'hui, le 24 janvier 2025, nous avons avec nous, en studio, Ausha Blochette, productrice du projet Voler Santé au RIF de l'Est de l'Ontario et formatrice du cours de premier soin en santé mentale. Bonjour Ausha.
- Speaker #0
Bonjour Fred.
- Speaker #1
Cet épisode est à la fois le lancement de notre podcast et... de guide sur les chocs culturels et le bien-être sur la santé mentale.
- Speaker #0
Oui, c'est excitant !
- Speaker #1
Pour démarrer notre épisode d'aujourd'hui, nous allons parler un peu de la santé mentale. Selon l'OMS, la santé mentale, c'est la capacité vraiment d'une personne à vivre de manière épanouie, c'est-à-dire de se sentir bien, sans tête, à s'adapter aux défis de la vie. Et ça concorde vraiment avec notre objectif d'aujourd'hui, qui est le guide sur les chocs culturels. Alors Chantal, peux-tu nous dire en termes simples, c'est quoi un choc culturel ?
- Speaker #0
D'accord. Bien, en fait, Fred, pour commencer cette discussion-là, j'ai envie... de plutôt commencer par te donner une petite définition de c'est quoi la culture d'un pays. La culture d'un pays, c'est le cadre dans lequel on développe notre identité. Identité, c'est vraiment le mot du jour. Donc, en développant cette identité-là, ça nous fournit des repères, des significations qui viennent enrichir notre compréhension de nous-mêmes et des autres. Donc, dans la culture d'un pays, on va retrouver évidemment les valeurs et croyances, la langue, les traditions et coutumes, les normes sociales, qui peuvent être très différentes d'un pays à l'autre, et tout ce qui touche l'art, l'expression, l'histoire, le patrimoine. Donc, ceci étant dit, le choc culturel, comme tel, lui, se caractérise par une série de sentiments plutôt négatifs, résultant de la perte des repères familiers et de la confrontation à de nouvelles façons de vivre. Donc, quand on disait que ça a un impact sur son identité, c'est que souvent, ça amène même une reconstruction totale. parce qu'on doit accepter de faire certains changements. Et ce qui est important de se rappeler, c'est que le besoin de s'adapter justement à une nouvelle culture, une nouvelle langue, un style de vie différent, ça a un réel impact émotionnel. Excellent,
- Speaker #1
excellent. Et si je comprends bien, toi, en intervention, tu parles d'identité. Donc, ça veut dire que quelqu'un qui arrive ici au Canada, sa priorité, c'est de porter vraiment à haut conscience cette identité que ce personnage a faite au pays d'origine. Donc, tu as... en tant qu'un processus long, rapide, ça dépend de la capacité de la personne. Mais est-ce que ça veut dire qu'il y a vraiment des phases à tenir compte pour entrer, pour comprendre vraiment le shot culturel ?
- Speaker #0
Oui, exactement. On parle de quatre phases. Il y a tout d'abord la première phase qu'on appelle la lune de miel. La lune de miel, durant cette étape-là, c'est excitant, le bonheur, l'euphorie, ça, c'est vraiment les émotions principales. Le nouveau pays est tellement fascinant, passionnant. tout est nouveau. Donc, les différences ont tendance à être perçues de manière positive et on devient super motivé à apprendre et à coopérer. On se sent même encore assez proche de sa culture. C'est vraiment le tout nouveau, tout beau. C'est la première étape. La période de l'indemnité, évidemment, peut s'avérer éphémère si on est confronté à différents défis comme, justement, le logement. définitivement un grand défi qu'on a en ce moment au Canada. La deuxième étape, c'est ce qu'on appelle le choc ou encore la crise. À ce stade-là, on peut dire que le sentiment de nouveauté a disparu, la nouvelle réalité est plutôt irritante, froide même, pour ne pas faire analogie avec le super hiver canadien. Et les valeurs et le mode de vie du nouveau lieu de vie ne sont pas nécessairement bien compris ni encore partagés. Donc, il peut même commencer à avoir des petites idées qu'on aurait peut-être dû rester au pays d'origine. Il peut avoir des sentiments comme de l'hostilité, de l'anxiété, de la frustration même qui vont venir marquer cette phase-là. Et il peut évidemment avoir l'apparition de certains symptômes somatiques ou de symptômes physiques qui vont apparaître parce que c'est une étape difficile dans son établissement. Mais heureusement, rien ne dure. Et la troisième étape, c'est ce qu'on appelle le réglage initial ou encore l'ajustement. Et là, pendant cette phase-là, c'est l'adaptation. Les émotions positives reviennent, la tristesse. la tristesse, la frustration, la colère peut-être qu'on a vécu pendant la période de crise, ça s'estompe éventuellement. Et la nouvelle culture, les nouvelles coutumes, ça devient familier. Donc, on les comprend mieux et on est plus familier avec ces nouvelles valeurs. Donc, c'est à ce moment-là qu'on peut dire qu'on a atteint un espèce de niveau de confort adéquat. Puis, la solitude, elle est peut-être un peu moins prononcée. Finalement, la quatrième phase, c'est la phase de l'adaptation. Ou l'acclimatation aussi, qu'on pourrait dire. Là, c'est dans cette phase-là, la culture, les coutumes, les valeurs du nouveau pays, nous sommes maintenant vraiment familiers et nous sommes propres. On réussit à se les adapter, se les approprier. Voilà, c'est le mot que je cherchais. On réussit à se les approprier. Et on réussit à s'adapter, à vivre, puis à travailler dans cet nouvel endroit-là qui ne nous paraît plus aussi étranger. Donc, c'est à ce moment-là qu'on se sent chez soi.
- Speaker #1
Je vois, j'ai bien aimé ma dernière phase. Et quand tu parles de l'adaptation, on sait qu'ici au Canada, on a tendance à avoir de multiculturalisme. Et ce n'est pas vraiment l'acculturation, on perd notre identité. C'est vraiment de s'adapter aux nouvelles environnements. J'ai bien apprécié. Mais est-ce que... par une phase supplémentaire ou intermédiaire ou encore un aspect complémentaire à considérer au-delà des quatre phases de choc culturel.
- Speaker #0
Oui, tu as tout à fait raison. Parce qu'entre la crise et l'adaptation, si le nouvel arrivant doit retourner chez lui, ça peut amener une autre phase, effectivement. Puis aujourd'hui, on lance le guide des chocs culturels et dans ce guide-là, nous avons mis effectivement les cinq phases. Cette phase-là, c'est justement lorsque le nouvel arrivant retourne chez lui pour quelque raison que ce soit. Et là, ensuite, il revient ici et là, il peut avoir un peu de confusion. Parce que c'est là qu'on réalise à quel point il y a des différences. Il peut avoir différents sentiments qui sont reliés. OK, est-ce que je suis encore, est-ce que j'ai encore toutes les valeurs de mon pays d'origine ou est-ce que là, maintenant, je suis vraiment dans les valeurs du nouveau pays ? pays qui je suis. Fait que c'est toute cette question d'identité-là, de remise en question de notre identité. Dans cette phase-là, elle peut être effectivement plus prononcée. Mais étant donné que ce n'est pas tous les nouveaux arrivants qui ont l'opportunité de retourner dans leur pays d'origine, normalement, habituellement, on va parler seulement des quatre phases que je t'ai nommées.
- Speaker #1
Très bien expliqué. Les phases pour comprendre le choc culturel, j'ai bien aimé ça. Je me souviens ici, quand je suis arrivé, il y a moins de deux ans de ça. J'ai subi un rendez-vous avec un ami ici pour aller chercher un travail et malheureusement, il n'a plus. Il n'a plus tombé ici à Côte-Échelle. Il y a beaucoup plus. Surtout quand on est arrivé, on était ici et dans mon pays, quand il pleut, on reste à la maison.
- Speaker #0
Ah oui !
- Speaker #1
Parce qu'on a peur de l'inondation, la vie, c'est impraticable. Et quand j'ai appelé mon ami, je lui ai dit, je ne peux pas venir lui dire, mais ici, on est au Canada. Et ça m'a fait un choc. Et je réalisais vraiment que je suis au Canada. Est-ce que vraiment, quels sont les signes concrets et la réalité qui permettent d'en connaître que l'on vit un choc culturel ?
- Speaker #0
Lorsqu'on réalise qu'il y a différents petits symptômes qui sont apparus, en fait, c'est vraiment lorsqu'on réalise qu'on doit se poser des questions sur notre identité profonde, j'imagine. C'est pour ça que je te disais au début, identité, c'est vraiment le mot du jour. Oui, il y a des symptômes physiques et psychologiques qui peuvent apparaître. En fait, ce qu'il faut comprendre, ce qui arrive quand il y a un choc culturel, c'est plutôt le stress. C'est vraiment du stress qui apparaît, causé par justement tout ce bouleversement-là par rapport à notre identité profonde. Et c'est le stress qui va amener différents symptômes physiques et psychologiques. Les cônes, par exemple, des maux de tête, des douleurs corporelles. Les douleurs corporelles, souvent, ça va être le bas du dos ou encore le cou, les épaules qui sont très, très serrées. Tout le système digestif peut être très impacté par le stress. Donc, des maux de ventre, des maux de cœur, vraiment l'estomac tout à l'envers. Il peut y avoir aussi de la fatigue, l'insomnie. Donc, évidemment, on a le cerveau qui roule beaucoup. On se pose beaucoup de questions sur notre nouvel environnement. Ça peut amener de l'insomnie et, éviduellement, de la fatigue. Mais il y a aussi tout le côté psychologique. Donc, l'anxiété, se sentir plus irritable, ressentir beaucoup de frustration, la confusion aussi ou de la désorientation. Imaginez-vous que vous êtes dans un tout nouvel environnement. Vraiment, les valeurs, les normes sociales sont différentes et vous ne savez plus trop qu'est-ce qu'on attend de vous et qu'est-ce que vous, vous pouvez attendre des autres. Il peut y avoir ce sentiment de désorientation qui s'installe. Sentiment de solitude aussi, beaucoup, donc nostalgie, tristesse peut-être. Alors si on prend le temps pendant son établissement au Canada, puis on réalise qu'on est en train de vivre certains de ces symptômes physiques et psychologiques-là, ça vaut vraiment la peine de s'arrêter puis de dire, OK, qu'est-ce que je peux mettre en place ou qu'est-ce que je peux changer pour améliorer la situation et être un peu moins impacté par les fameux chocs culturels.
- Speaker #1
C'est très intéressant, c'est très prenant. Et c'est pour ça que je dis que la santé mentale, c'est ce bien-être psychologique et émotionnel qu'on doit avoir en tant que personne. Et c'est là le défi et l'opportunité qu'on a d'avoir ce guide sur le choc culturel qui vraiment va aider les nouveaux arrivants, et même les professionnels en santé ou même en curieux, d'aller puiser vraiment dans ce guide les ressources nécessaires pour soit dialoguer avec un ami, soit... et pour soi-même à arriver à s'adapter ici au Canada. Mais est-ce que tu peux nous parler vraiment, quels sont les chocs culturels les plus probables ici au Canada ?
- Speaker #0
Oui, oui, tout à fait. Puis je veux juste revenir, parce que ton explication du bien-être mental, elle est tout à fait juste. Moi, j'ai envie d'ajouter, le bien-être mental, c'est dans le fond, c'est un équilibre qu'il faut réussir à atteindre. C'est l'équilibre dans toutes les différentes dimensions de l'être humain. L'être humain, on est un être complexe. Et on a différentes dimensions. Donc, que ce soit notre spiritualité. Notre spiritualité, c'est important. C'est important d'être capable de la vivre. C'est important d'être capable de se sentir accompli. Il y a, bien sûr, tout le côté physique. Notre corps physique, c'est une dimension de l'être humain. Donc, si on a une maladie physique ou une invalidité physique, ça a un impact sur les autres dimensions de notre vie, évidemment, et sur cette... ce fameux équilibre-là qu'il faut rechercher. On a la dimension, bien sûr, de toutes nos émotions, comme tu l'as nommé, notre environnement aussi. C'est important, l'environnement dans lequel on vit. Donc, c'est de réussir à atteindre un équilibre, et c'est là qu'on peut dire, OK, j'ai une bonne santé mentale. Et il faut surtout, surtout se rappeler, santé physique, santé mentale, c'est un tout. C'est inextricablement lié. Je sors des grands mots ce matin. Mais avant, puis dans plusieurs autres cultures, il y a cette croyance que la santé physique est bien différente de la santé mentale. Maintenant, on sait avec les différentes recherches qu'il y a partout à travers le monde. Ici, au Canada, on est chanceux. On est quand même très bien outillés au niveau du bien-être mental. Et on comprend. que les deux sont vraiment reliés. Donc, il y a beaucoup d'efforts qui sont faits pour s'assurer de, justement, de pouvoir guérir chacune des aspects quand il y a un déséquilibre. Alors, ceci étant dit, je reviens à ta question. C'est quoi les fameux chocs culturels les plus couramment vécus ? Bien, il y a la barrière linguistique, évidemment. La barrière linguistique au Canada, bien qu'on parle anglais et français, il y a des accents. Il y a des expressions bien différentes. Toi et moi, on a deux accents complètement différents. Vous entendez sûrement le mien qui est bien québécois. Et donc, le nouvel arrivant qui parle un certain français dans son pays et qui arrive ici, c'est peut-être beaucoup moins évident qu'il le pense. Puis même au niveau des expressions, si on prend l'exemple du mot « cartable » , le mot « cartable » , ici au Canada, les élèves savent que c'est un... cahier de notes avec des anneaux dans lesquels on peut insérer nos feuilles. Dans beaucoup de pays, européens ou africains, le cartable, c'est le sac d'école. Pauvre petit nouvel arrivant qui est à l'école puis c'est peut-être arrivé à tes garçons qui se fait dire, OK, sortez votre cartable et qui, là, a probablement sorti tout son sac d'école et tout. Bien, ça, c'est les petites différences et ça peut être un choc culturel. Tout ce qui est la gestion du temps, la gestion de l'espace personnel aussi. Mais la gestion du temps au Canada, on est très frileux, je vais dire cette expression-là, sur le respect de nos horaires. Donc, si le rendez-vous avec un professionnel est à 10 heures, il faut s'assurer d'être là à 10 heures. On fait souvent des blagues dans notre équipe quand on doit siduler des rencontres. On va dire, n'oubliez pas, c'est l'heure canadienne, ce n'est pas l'heure africaine. Parce qu'on le sait. Il faut être conscient de ça. Le rythme de vie est vraiment différent d'un pays à l'autre. Nous, au Canada, il fait souvent froid. Je pense qu'on a un métabolisme un peu plus rapide. On est plus pressé, on dirait, dans notre temps. Tout le monde va aller plus vite que les autres. Et c'est très différent dans beaucoup de pays. Je pense que dans ton pays, par exemple, les gens t'aiment beaucoup plus le temps. Exactement. Donc, ça peut être certainement un grand choc culturel. Les Canadiens valorisent le respect des horaires. Puis d'arriver en retard, c'est perçu comme un manque de respect. Si tu ne sais pas ça, puis que toi, tu continues avec ton rythme de ton pays d'origine, il va peut-être avoir des petites... difficultés, des petits défis. Tout ce qui touche le système de santé. Le système de santé au Canada, particulièrement peut-être en Ontario, il faut apprendre à le naviguer. Donc, dans d'autres pays, ça peut souvent être beaucoup plus simple. Il y a une petite clinique au coin, on s'y rend, on voit un médecin. Il n'y a pas besoin d'avoir une prescription d'un médecin de famille ou quoi que ce soit. Les Canadiens, on aime se compliquer la vie sur bien des aspects.
- Speaker #1
J'avoue, jusqu'à maintenant, je n'arrive pas à comprendre le système.
- Speaker #0
Exactement. Les nouveaux arrivants, ce n'est pas évident de naviguer ce système-là. Ça peut amener un certain choc. N'oubliez pas, quand je vous dis que ça amène un choc culturel, vraiment, c'est que ça amène du stress. Beaucoup. Même chose pour le système éducatif. Ici, de moins en moins, on donne de leçons aux élèves. Je ne sais pas si tu vis ça dans l'école de tes enfants. L'enfant est très le roi, c'est lui qui décide sur beaucoup de choses. On s'entend que ce n'est pas la même chose dans bien d'autres pays. Il y a une éducation beaucoup plus sévère. Donc, c'est une adaptation. Comme parent, peut-être même de ne plus pouvoir réprimander son enfant comme on le faisait dans son pays où c'était normal. Ici au Canada, la réprimande, c'est très, très mal vu. C'est une adaptation, cette adaptation-là. peut amener du stress. Et, trois petits points, le choc culturel. Toutes les procédures juridiques, justement, au Canada, on a ce qu'on appelle beaucoup du red tape. Le red tape, c'est que toutes les mesures administratives, les milliers de formulaires qu'il faut remplir pour réussir à avoir tel permis ou telle application ou quoi que ce soit, notre bureaucratie canadienne, elle est compliquée. Je peux très bien m'imaginer comment ça peut amener beaucoup de stress pour le nouvel arrivant qui, justement, tente d'avoir ses nouveaux papiers et tout ce dont il a besoin. La culture du travail, évidemment, chaque petite entreprise a sa propre culture aussi. Donc, imaginez-vous, il faut que tu t'adaptes à un pays, il faut que tu t'adaptes à une nouvelle ville et il faut que tu t'adaptes en plus à la culture de ton entreprise où est-ce que tu as trouvé du travail. Ça fait beaucoup, ça fait beaucoup de stress. Un autre choc culturel, c'est le paysage culturel diversifié au Canada. Nous, Canadiens nés ici, on commence à s'habituer à ce multiculturalisme-là parce que ça fait quand même plusieurs années. Mais pour un nouvel arrivant qui arrive d'un pays qui est quand même assez homogène, de voir autant de différentes cultures peut être stressant et peut être considéré comme un choc culturel. Quelques chocs culturels couramment vécus. Il y en a quand même trois qui reviennent vraiment...
- Speaker #1
Assez souvent.
- Speaker #0
Assez souvent.
- Speaker #1
Mais avant d'avancer, je voulais dire quand même que, en arrivant ici, j'ai, en t'écoutant, mon choc culturel, c'était vraiment l'emploi. Je suis arrivé ici avec ma carrière que j'avais de mon pays, et pour trouver un emploi, je ne sais pas si c'est parce que j'étais étudiant international ou... Mais c'était vraiment difficile. J'ai galéré pendant six mois. Et là, j'ai failli faire la dépression. Ah, genre ? Ouais, ouais, ouais. C'était vraiment difficile. pour s'orienter malgré l'expérience qu'on a eue. Mais après, on a compris que c'est le pays qui n'aime pas vraiment l'inconnu, qui veut vraiment te coller d'abord avant de te donner ta chance d'avancer. Maintenant, tu peux te déballer sur... Je voulais savoir. C'est toi, Choc.
- Speaker #0
C'est ça, c'est qu'il y a beaucoup d'ambiguïté au Canada. On veut les nouveaux arrivants. On met en place tellement de programmes pour les accueillir, mais en même temps, il y a encore beaucoup... de crainte. Comme tu dis, on dirait que sur le marché du travail, cette crainte-là, elle est encore beaucoup plus ressentie. Et effectivement, on le voit comment c'est difficile pour les niveaux arrivants. Je pense qu'il faut être vraiment préparé avant d'arriver au pays. Tout à fait. Bref, si on revient à notre choc que tu serais les plus courants, je suis certaine que tu ne serais pas surpris de mon premier, c'est le fameux climat.
- Speaker #1
Avec le mois du 25, le mois du droit de guerre arrive, le 1er février.
- Speaker #0
Parce que c'est une chose d'être dans ton pays d'origine et de voir des belles images du début de l'hiver, la belle petite neige blanche qui tombe, puis tout a l'air d'enfermé, qui est romantique. Tu peux lire qu'il fait moins 25, mais tu ne peux pas t'imaginer à quoi ça ressemble, ce froid-là du moins 25 qui te rentre dans les os. Pour moi,
- Speaker #1
je ne suis pas pour moi qu'il vienne d'un pays tropical avec la mer comme ça, c'est beau.
- Speaker #0
Puis, la réalité est que oui, l'hiver, c'est super beau la première semaine, justement, quand c'est la nouvelle neige. Mais un coup que là, les rues sont remplies de ce qu'on dit au Canada de slouch, mot bien québécois, cette neige-là, qui en plus devient toute sale, les bancs de neige, on essaie de voyager avec l'autre. bus qui reste pris dans la rue, c'est tout qu'une histoire. C'est tout qu'une histoire. Puis vraiment, les Nouveaux-Allemands, je pense que c'est un des premiers gros...
- Speaker #1
C'est trop haut. Pour la bignole, il faut mettre tête à ça.
- Speaker #0
Vraiment, moi, comme Canadienne, je pense que j'ai quelque chose comme 12 manteaux différents, parce que tout au long de l'année, dans la même journée, tu peux mettre trois manteaux différents. Fait que c'est ça. Le climat, c'est définitivement un choc culturel vraiment important. L'autre choc culturel qui revient beaucoup, c'est tout le statut familial, le statut social. Au Canada, on est une société quand même très matriarcale. La femme a beaucoup de pouvoir ici. La femme, elle est très émancipée. On considère l'homme et la femme de façon égale. Même les... Les mères monoparentales sont aussi valorisées que la femme mariée qui est avec un conjoint ou vice-versa. Donc, ça peut être, c'est un grand choc. On en entend beaucoup, beaucoup parler parce que les valeurs à ce niveau-là, elles sont différentes. La place de l'homme est différente dans la famille, comme pourvoyeur, comme maître du budget, tout ça. Ici au Canada, c'est différent. Souvent, c'est la femme dans la famille qui est la ministre des Finances et c'est souvent la femme qui trouve un emploi en premier, n'est-ce pas ? Bon, pour toutes sortes de raisons, mais c'est souvent la femme qui devient la pourvoyeur de la famille. Donc, il y a une espèce de déséquilibre qui s'installe, mais vraiment, comme on disait au début, il y a une pas de distribution des rôles exactement et ça vient chercher sur l'identité. L'identité de l'homme, bien sûr. Et l'identité de la femme aussi, qui tout d'un coup se retrouve avec beaucoup, beaucoup de pouvoirs, ce qu'elle n'avait peut-être pas dans son pays d'origine. Donc, c'est définitivement quelque chose dont on entend beaucoup, beaucoup parler. Et finalement, il y a la solitude. Au Canada, ce n'est pas évident. Avec la grandeur du pays, avec la manière qu'on a construit nos maisons, nos immeubles, nos villes, on se ramasse souvent très isolés. un des autres. Moi, ça fait quatre ans que j'habite dans une tour à condos. Je n'ai jamais rencontré mes voisins de palier. Je n'ai jamais parlé à personne dans mon immeuble. Tout simplement parce qu'on n'a pas l'habitude de passer beaucoup de temps à l'extérieur, puis de socialiser, comme vous faites souvent dans vos pays, surtout dans les pays tropicaux, de ce que je comprends. La vie se passe beaucoup à l'extérieur de la maison et les gens s'entraident beaucoup. C'est l'expression. Ça prend un village pour élever un enfant. C'est une expression qui ne vient certainement pas du Canada.
- Speaker #1
Dans mon pays, on dit que le voisinage, c'est la famille. On va vivre avec les enfants. Ils peuvent même aller fouetter les enfants. Le voisinage, c'est la famille. Dans mon pays, c'est comme ça.
- Speaker #0
Grande, grande différence. Ici, s'il fallait que la voisine décide de donner une taloche à mon enfant, oh là là ! Très, très, très différent. Fait que oui, c'est ça, le sentiment de solitude. Puis souvent, les nouveaux arrivants, ils ne sont pas au courant de tout ça, puis ils ne sont certainement pas préparés.
- Speaker #1
Tout à fait. Et si je veux revenir sur les zones molles, avec le piment, encore, ça devient bien plus dangereux. Parce qu'en Javier, on est... En hiver, quand les vieux, les jeunes n'aiment pas sortir. On est obligé d'aller travailler, mais après, dès qu'on est rentré, on est rentré, on bouge. C'est vrai, c'est un problème assez difficile, les autres mois, ici au Canada. C'est une mauvaise expérience. Mais j'ai feuilleté le guide et je vois beaucoup de choses intéressantes dedans. Et par rapport à ces trois... principaux chocs qui arrivent de temps en temps, comment aider les nouveaux arrivants à surmonter ça ? Quels sont les conseils pratiques qu'on peut donner aux nouveaux arrivants ? Oui,
- Speaker #0
des petites astuces, parce qu'évidemment, l'être humain, il est complexe, mais il est unique aussi. Chacun arrive avec son bagage, sa culture, son éducation, donc ses propres perspectives de la situation. Mais une des premières astuces, c'est... Commencez par admettre la présence de ce stress-là. Quand on réalise, on a parlé il y a quelques minutes, des différents symptômes physiques et psychologiques, quand on réalise qu'on a ces symptômes-là, prenons le temps de faire une auto-évaluation et surtout d'admettre. OK, là, je ne vais pas bien, ou mon stress est beaucoup trop grand en ce moment pour ma capacité à le gérer, il faut que je fasse quelque chose. OK, il n'y a pas de honte. Ce n'est pas un signe de faiblesse que d'admettre qu'on est mal à l'aise ou qu'on est nostalgique, qu'on a le mal du pays. Il n'y a aucune honte là-dedans, aucune faiblesse. Donc, d'admettre franchement la présence des symptômes de ce stress-là relié au choc culturel, c'est déjà une très, très bonne astuce. De rester en contact avec sa propre culture, c'est important aussi. Oui, vous venez vous adapter à un nouveau pays, mais vous étiez quelqu'un avant d'arriver. Oui, vous avez. Vous avez votre histoire, vous avez un bagage extraordinaire, vous avez des valeurs extraordinaires. Alors, restez en contact avec votre propre culture. Puis, je crois que l'idéal, c'est probablement de trouver un équilibre entre la culture du pays d'origine et la nouvelle terre d'accueil, puis de faire son petit bout de chemin, puis de réussir à trouver son propre équilibre personnel dont on parlait. Donc, ce qui peut beaucoup aider, c'est d'être ouvert à des nouvelles expériences. C'est d'arriver ici vraiment avec un esprit ouvert et de dire, OK, je vais essayer plein de nouvelles choses. Je vais aller rencontrer des nouvelles personnes. Je vais explorer mon nouvel environnement. Il ne faut pas... C'est tout à fait comprenable qu'au début, ça doit être effrayant de devoir sortir de chez toi. Il faut peut-être que tu prennes la fameuse autobus dans la neige. Bon, il y a toutes sortes peut-être de dévis là. Mais ça va faire une grande, grande différence d'explorer son nouvel environnement, d'être ouvert à des nouvelles expériences. Ça nous permet de mieux s'adapter, de mieux comprendre les valeurs, les normes sociales qui nous entourent dans le pays d'origine. Ensuite de ça, rester en contact avec ses proches le plus possible. C'est normal de s'ennuyer de ses amis, de sa famille, des gens qui... qu'on a côtoyé toute sa vie. Alors, il faut rester en contact avec nos proches. On est chanceux maintenant, en 2025, qu'on peut se parler sur tellement de... On a tellement de canals. C'est ça, exactement. Il y a quelques années, ma fille, elle étudiait en Angleterre puis elle s'est ramassée à faire un voyage à Paris et elle m'a appelée. On a fait un FaceTime du haut de la tour Eiffel. Et j'étais tellement... Je trouvais ça tellement... extraordinaire qu'on était à six heures de différence, on était sur deux continents complètement différents, on était quand même capable de se parler. On est chanceux d'avoir toute cette technologie-là. Alors, profitez-en et restez en contact avec vos proches. Une autre astuce qu'on recommande beaucoup, c'est trouver une communauté auquel vous pouvez appartenir. Comme ici à Ottawa, je pense dans le coin de Orléans, il y a une communauté haïtienne importante. Allez connecter avec votre communauté. C'est un excellent endroit pour agrandir votre réseau, vous faire des nouveaux amis, obtenir de l'aide sur toutes sortes de choses. Souvent, c'est des gens qui sont établis ici depuis longtemps et qui sont très heureux de pouvoir accueillir des nouveaux. Montrez comment ça fonctionne. Alors, essayez de trouver votre communauté et connectez avec elle. Et demandez de l'aide. Demandez de l'aide. Ici, au Canada, on a des professionnels qui peuvent nous supporter au niveau de nos émotions. On est chanceux, ce n'est pas dans tous les pays que ça arrive. Ici, on a différents métiers reliés aux émotions, à la psychologie, et c'est tout à fait acceptable, c'est honorable même d'aller chercher de l'aide quand on en a de besoin. Alors, c'est certainement une des astuces les plus importantes. Et je termine avec la dernière, c'est de poser des questions. Ne soyez curieux, n'ayez pas peur de demander des questions, que ce soit parce que la personne devant vous vous a dit un mot que vous n'avez pas compris ou une expression que vous n'avez pas compris, que ce soit parce que vous ne comprenez peut-être pas bien des politiques, peu importe. Plus vous allez devenir à l'aise à poser des questions, plus votre adaptation va être facile. Puis je pense que c'est une question de bon sens aussi quand tu y penses. Puis nous, les Canadiens, on aime ça répondre aux questions. On aime ça donner des trucs. On aime ça aider le monde. Je pense qu'on est réputé internationalement pour ça, comment est-ce qu'on aime aider les gens. Alors, poser des questions, ça fait une énorme différence dans son établissement.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Je suis d'accord avec toi. Je trouve l'introspection et de l'aide, parce que je sais qu'il y a beaucoup de pays comme... et Lumière, on a dit, pour un homme, c'est difficile de pleurer, d'aller demander de l'aide parce qu'on est construit d'une manière qu'on doit être fort tout le temps. Et ici, en arrivant dans un nouvel environnement, on a vraiment besoin de quelqu'un d'autre, de quelqu'un qui connaît déjà la route pour t'emballer dans nos activités, pour t'aider à avancer. Et c'est vraiment important de poser de bonnes questions, de demander de l'aide. Et j'aime vraiment cette dernière partie parce que c'est vraiment important quand on arrive dans un nouveau environnement. dans un nouvel environnement qu'on ne connaît pas vraiment. C'est important.
- Speaker #0
Et souvent, ce qu'on a besoin, Fred, c'est juste de changer un peu notre perspective. Et le support émotionnel qu'on peut aller chercher sert souvent à ça. Donc, ce n'est pas nécessairement... On est très influencés par la télévision, évidemment. Donc, il y a beaucoup de gens qui ont peur d'aller chercher de l'aide parce que ce qu'ils s'imaginent, c'est qu'ils vont aller devoir se... coucher sur un divan avec un homme avec les lunettes au bout du nez très austère qui va poser des questions et qu'il faut tout déballer son histoire. Non, pas du tout, pas du tout. De toute façon, il y a toutes sortes de thérapies qui existent. Moi, ma dernière thérapie, je l'ai faite de chez moi. J'étais habillée en pyjama, j'avais mon chat sur mes cuisses et pendant que j'expliquais les différents défis que j'avais, Je pouvais flatter mon chat. Écoute, c'était fantastique. Et cette thérapie-là, ce qu'elle m'a amenée, c'est juste à changer ma vision que j'avais par rapport à une certaine situation qui m'amenait du stress. Et à partir du moment que j'ai changé ma perspective, ça s'est beaucoup mieux passé, exactement. Fait que oui, c'est possible d'être encore l'homme fort, mais juste d'aller discuter pour essayer d'aller voir perspective à la situation que je vis ? Est-ce qu'il n'y a pas d'autres outils ? Parce que comme être humain, on ne connaît pas tous les outils. On peut être très fort, très résilient. On ne connaît pas nécessairement tous les outils. D'aller chercher de l'aide émotionnelle, c'est d'aller chercher des outils simplement.
- Speaker #1
On a le guide pour vraiment aider ces nouveaux arrivants à faire la route ici au Canada. Absolument. Tout à fait. Merci déjà à vos auditeurs d'avoir écouté cet premier épisode de podcast. Oui. Donc, nous attendons pour la suite. Merci beaucoup, Chantal, d'être là aujourd'hui avec nous. Avec plaisir. Vous pouvez consulter notre site et nos réseaux sociaux pour voir cet épisode et voir les ressources disponibles en septembre. Merci à vous.
- Speaker #0
Parlons mieux-être avec le RIF, un balado animé par Fred Stanley-Vincent, une initiative financée par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.