Speaker #0Bienvenue dans Parole de Manager, le podcast qui aborde les véritables défis du management et de la communication professionnelle. A chaque épisode, je vous partage des conseils pratiques et des astuces concrètes pour améliorer vos compétences comportementales et faire face aux situations du quotidien. Alors, prêt à manager ? C'est parti ! Le paradoxe du manager, ou quand aider, c'est encore contrôler. Dans l'épisode précédent, nous parlions du langage abusif, ces expressions qui, sous couvert de bienveillance, peuvent infantiliser ou limiter l'autonomie. Aujourd'hui, poussons la réflexion un cran plus loin. Et si ces mots traduisaient une posture plus profonde ? Et si nos bonnes intentions jouaient contre nous ? Vous voulez être un manager bienveillant, à l'écoute, disponible et humain ? Vous dites à votre équipe « Je suis là pour vous, je veux que vous soyez bien » . Et pourtant, vous sentez que ça coince, vous vous retrouvez à porter des charges à leur place, à décider pour eux, à vous épuiser, à vouloir que tout le monde soit bien. Et si, sans le vouloir, votre bienveillance devenait un piège ? Dans cet épisode, nous allons parler de ces paradoxes du management, quand le fait d'aider, d'accompagner, de vouloir le bien des autres devient une forme de contrôle masqué. C'est subtil, c'est dérangeant, et pourtant, c'est essentiel à questionner. Voyons les postures possibles. Posture 1, le paternalisme où je veux votre bien, mais à ma façon. Vous dites, je veux qu'ils s'épanouissent. Je leur évite des situations difficiles. Je préfère décider pour ne pas les mettre en échec. Vous protégez, vous anticipez, vous encadrez. Mais à force, vous pensez à leur place. Vous leur évitez l'inconfort, donc l'autonomie. C'est le piège du... paternalisme managérial, une posture nourrie de bonnes intentions mais qui infantilise doucement. Vous croyez accompagné mais vous retirez en réalité la possibilité de grandir par l'expérience. Vous ne confiez plus, vous déléguez sous conditions. Posture 2, le syndrome du sauveur. Alors là vous réglez les conflits à leur place, vous gérez les urgences même quand elles ne sont pas les vôtres. Vous êtes là, tout le temps, à l'écoute, présent, engagé et finalement... Alors c'est sûr, vous devenez indispensable. Mais à quel prix ? C'est le syndrome du manager sauveur. Vous vous rendez utile, mais vous empêchez l'équipe de prendre ses responsabilités. Et dans votre langage, cela se traduit par « je vais gérer ça pour vous » , « je m'occupe de votre bien-être » , « je veux que vous soyez heureux » . Vous dites « je » tout le temps, et vous vous étonnez que « eux » ne prennent pas plus de place. Posture 3, l'injonction paradoxale. C'est peut-être le plus fin des paradoxes, celui du manager qui dit « vous êtes libre tant que vous respectez le cadre » . Exprimez-vous, mais restez constructif. Soyez autonome, mais conforme à nos valeurs. Vous dites « ouverture » , mais vous attendez conformité. Vous dites « liberté » , mais vous corrigez les décalages. Résultat, l'équipe se méfie, s'adapte, se censure. Et vous vous dites « mais pourquoi ne s'engage-t-il pas plus ? » Et si nous changions de posture ? Le langage trahit la posture intérieure. Alors si vous voulez vraiment soutenir votre équipe sans la contrôler, commencez par là. Remplacez « je veux leur bien » par « je clarifie le cadre et je fais confiance » . Au lieu de « je suis toujours là pour eux » , dites « je suis présent, mais je laisse l'espace nécessaire » . Abandonnez les formules molles comme « je vous laisse faire » ou « je veux que vous soyez épanoui » . Soyez direct, co-responsable. Vous prenez cette mission ? Qu'est-ce qu'il vous faut pour réussir ? Et oui, vous n'êtes pas un parent, ni un sauveur, ni encore moins un guide spirituel. Vous êtes un manager, un facilitateur, un leader d'équipe, un créateur de cadre et de confiance. Conclusion, être un bon manager, ce n'est pas sauver, guider ou protéger. C'est co-construire un cadre clair, adulte et responsabilisant. C'est oser et poser des limites sans se cacher derrière des phrases bienveillantes. C'est aussi accepter que les autres fassent autrement, voire mieux que vous. Oui, je sais, c'est un peu difficile. Et si vous avez un doute, la bonne boussole, c'est de vous poser cette question. Suis-je en train de manager ou de materner ? Il ne s'agit pas ici d'être moins humain. Il s'agit d'être juste et lucide. Parce que la vraie bienveillance, c'est de faire confiance à l'autre pour avancer sans vous. Merci d'avoir écouté Parole de manager. J'espère que cet épisode vous a apporté des idées concrètes pour affronter les défis du management et améliorer votre communication professionnelle. Pensez que chaque situation est une occasion de progresser. Alors, à bientôt pour un nouveau sujet. Et d'ici là, mettez en pratique ce que vous avez appris et compris. C'était Laurent Gajac pour Parole de manager.