- Speaker #0
Bonjour, je suis Stéphanie Barranco, et bienvenue dans Parole de Femme. Dans ce podcast, je donne la parole à des femmes au destin peu banal, pour qu'elles nous parlent d'elles, de leur parcours, de leurs espoirs et de leurs doutes, de leur vision de la femme d'aujourd'hui, l'avenir. Puissent ces femmes vous inspirer, nous inspirer, et inspirer nos générations futures. Elles se livrent sans tabou. avec le cœur. Je vous laisse avec elles. Voici leurs histoires. Place à Parole de Femme, saison 3. Aujourd'hui, le podcast Parole de Femme va prendre des airs de musique latine. Avec un sourire immense en face de moi, j'ai le plaisir de te recevoir, Anna Carla.
- Speaker #1
Bonjour à toutes et à tous, je suis vraiment heureuse d'être là avec vous. tous et nous allons passer un moment ensemble. On va discuter, on va parler des très belles choses. Ça me fait grand plaisir d'être là avec vous tous à Paris dans une journée ensoleillée. J'arrive de Barcelone tout à l'heure, je viens d'arriver. Donc voilà, je suis très contente de travailler avec vous.
- Speaker #0
On fait un petit clin d'œil tout de suite au Jazzavienne, au Festival Jazzavienne. C'est là qu'on s'est connus, toi et moi.
- Speaker #1
Quelle belle rencontre. Voilà, c'était vraiment une soirée inoubliable.
- Speaker #0
Exceptionnelle.
- Speaker #1
Qu'on va garder pour... toute la vie. Ça va rester dans nos cœurs pour toute la vie. L'émotion, les directs avec toutes les personnes. C'est magnifique. Théâtre antique à Vienne qu'on a vécu. La vibration. La vibration. Je vois encore, quand je regarde encore les vidéos et que je vois les images de ces concerts-là, je me suis dit « Waouh ! » Ça va rester pour toute la vie. Et il faut rappeler qu'il y avait 10 ans, en 2015, c'est là où j'avais vu à Stine jouer sur la grande scène du Théâtre antique. Et là, 10 ans plus tard, c'était mon tour. Stéphanie, toi tu es là aussi, donc voilà, on a vibré ensemble.
- Speaker #0
On a vibré ensemble, c'est le moins qu'on puisse dire. Alors, je vais te guider dans cette petite heure qu'on va passer, toi et moi, et les questions traditionnelles de paroles de femmes. Pour commencer, alors Anna Carla, si tu étais ton moment préféré de la journée, un plat de ton enfance et ton petit rituel secret,
- Speaker #1
qu'est-ce que c'est ? à... Mon petit moment de la journée, c'est le petit moment où je veux pouvoir aller tranquillement lire.
- Speaker #0
Lire ?
- Speaker #1
J'adore lire.
- Speaker #0
C'est vrai ?
- Speaker #1
Je suis toujours avec des livres, même quand je voyage, j'ai toujours divers livres dans mon sac, les différents sujets. Et le moment où je peux être à la maison, parce qu'étant tout le temps en voyage, c'est sacré ce moment à la maison où je me dis, allez, c'est le moment de lire. C'est vraiment un moment suspendu, un moment... de... un moment à moi que je m'offre et ça c'est vraiment magnifique.
- Speaker #0
Est-ce que c'est quelque chose que tu mets en place même quand tu es avant de monter sur scène ou après, après le démaquillage par exemple pour t'accompagner dans le sommeil ou est-ce que c'est vraiment un rituel ?
- Speaker #1
Alors j'ai des rituels avec moi. Toujours avant de rentrer sur scène, on fait tous une méditation ensemble. Une méditation c'est prendre dans les mains comme ça et on fait une méditation, on respire tous. ensemble, au même rythme, et on fait une méditation de remerciement, de reconnaissance vers la vie, de reconnaissance d'être vivant, d'être tout cela. Je remercie à chacun de mes musiciens, je remercie à la vie de m'avoir porté jusqu'ici, et remercie notre corps qui nous accompagne dans tous les moments traversés. Remercie et pensez, et dans ces méditations, il y a toujours une pensée de la bonté amoureuse. Ça veut dire de penser à toutes ces personnes. qui peut-être ne sont pas avec nous dans ces moments, quand on fait la méditation, mais qu'on pense à toutes les personnes qui nous aiment, comme notre cher, notre proche. On voit l'amour, on le retourne et comme ça on est prêt pour sortir sur scène.
- Speaker #0
C'est une question de vibration, la musique et l'amour ?
- Speaker #1
La musique, c'est tout à fait une question de vibration, d'émotion et de connexion. Il faut avoir une connexion au-delà. C'est vraiment un moment suspendu dans lequel on n'est plus sous le contrôle de rien. ou c'est lâche, ça veut dire qu'il faut faire confiance à plus de 20 ans d'études, plus de 20 ans de préparation comme des sportifs de haut niveau. Et au moment que tu rentres sur scène, là, c'est la vibration et la connexion avec le public, avec la musique et avec une magie qui est au-delà de nous tous et cette magie-là, on est là pour l'habiter.
- Speaker #0
C'est une belle définition de la musique que tu nous livres. ton plat d'enfance ?
- Speaker #1
Mon plat d'enfance, j'adore. Ah, il m'encante. Moi, je disais toujours chicharos. Chicharos y boniato. Chicharos y boniato, c'est quand j'avais même trois ans, on nous amenait peut-être à un petit restaurant et je faisais comme si je lisais la carte. En fait, je l'avais à l'inverse et moi, je disais aux messieurs-maîtres, je veux chicharos y boniato. C'est mon plat préféré depuis toute ma petite en Cuba.
- Speaker #0
Mais explique-nous ce que c'est.
- Speaker #1
Les chicharros, c'est comme les pois chiches jeunes.
- Speaker #0
Ok, oui oui, oui.
- Speaker #1
Les pois chiches jeunes, mais c'est un peu différent. C'est les pois chiches de Cuba. C'est pas exactement comme les pois chiches ici. Ils sont plus petits, ils sont plus jeunes. C'est un autre style de pois chiches dans Cuba. Ça c'est les chicharros. Et boniato, c'est la patate douce. Donc ça, l'acide cubain, c'est du riz blanc, chicharos. Bonito, à neuf, voilà.
- Speaker #0
C'est vraiment un plat traditionnel ?
- Speaker #1
De Cuba.
- Speaker #0
De Cuba. C'est le plat des familles, tu veux dire ? C'est le plat de rassemblement autour de la table ?
- Speaker #1
Toujours, toujours. La cuisine cubaine, c'est une cuisine très simple, mais très complète au niveau des émotions.
- Speaker #0
Tu cuisinais avec ta maman ?
- Speaker #1
J'ai cuisiné avec ma maman. Elle faisait, elle aimait beaucoup faire des choses à la maison, mais à ma maman, elle était aussi... Très créative, on avait un atelier de céramique à la maison. Donc avec elle, on faisait les assiettes dans lesquelles on mangeait à la maison.
- Speaker #0
Ça c'est chouette.
- Speaker #1
Elle jouait toujours, elle est guitariste. Ah d'accord. Elle jouait la guitare depuis que j'étais dans son ventre, elle faisait la musique toujours. J'ai entendu dans la chorale avec elle quand j'avais 3 ans. Toute ma famille, c'est une famille de musiciens.
- Speaker #0
Ton papa aussi ?
- Speaker #1
Mon papa aussi. Donc la musique, ça fait partie du quotidien. Et ce qui est intéressant, c'est ce qu'ils m'ont appris, c'était... Le respect à la musique, c'est quelque chose de sacré.
- Speaker #0
Ça veut dire quoi pour toi ? Le respect à la musique, ça veut dire que c'était une reconnaissance à la musique de te choisir presque ?
- Speaker #1
Le respect à la musique, c'est de la prendre de manière, avec une responsabilité de manière sérieuse. C'est-à-dire que la musique, c'est quelque chose qu'il faut dédier du temps, qu'elle est sacrée. Il faut être disponible pour elle.
- Speaker #0
Ça demande comme un effort.
- Speaker #1
Ça demande une conscience, une conscience de savoir ce que ça crée. Pourquoi ? Moi, depuis toute petite que je commençais à tuer les violoncelles, mes parents s'étaient impressionnés parce qu'ils disaient « Comment cette petite fille, elle passe deux heures comme ça à tuer les violoncelles ? » Et je passais des après-midi à l'intérieure. Et ensuite, je passais de deux, quatre, six, jusqu'à huit heures par jour à tuer des violoncelles. Ça veut dire que je sentais de manière naturelle une envie. avec la musique de passer du temps. Personne ne me disait, va travailler les violoncelles, va travailler la musique. Parce qu'aujourd'hui, c'est difficile avec les enfants de garder la concentration, oui, de travailler un instrument. Mais dans mon cas... De premier moment, il y avait quelque chose, une connexion forte.
- Speaker #0
Mais est-ce que tu n'as pas l'impression, peut-être c'est bête ce que je vais te dire, mais est-ce que tu n'as pas l'impression que la manière que tes parents ont eu de t'amener à la musique, il y avait, tu n'avais peut-être pas le solfège, est-ce que ce n'était pas plus organique finalement, tu as découvert de la musique, presque instinctif. Et c'est peut-être pour ça que... Tu n'es pas passée par l'apprentissage du ton ? Oui,
- Speaker #1
je suis passée par le conservatoire. J'ai commencé le conservatoire d'une manière aussi très, très dure. C'est-à-dire le conservatoire classique, c'est le plus dur. J'ai fait le conservatoire supérieur à Paris.
- Speaker #0
Oui, après.
- Speaker #1
Après. Donc, j'ai commencé avec l'école de musique humaine. Tout ce qui est le solfège, tout ce qui est vraiment la partie solide et plus académique.
- Speaker #0
Parcours académique.
- Speaker #1
Très, très académique. Très académique. Quand je dis ça... Quand il y a un respect vers la musique, il y a aussi un sacrifié énorme de dévier du temps, même si j'ai eu une enfance très heureuse. Heureuse, ça veut dire de jouer dans les quartiers, avec tous les enfants du quartier, à faire vraiment une enfance heureuse. Ça veut dire aussi que j'ai dédié beaucoup de temps à travailler les contemps classiques, à me sacrifier là-dessus et à trouver une place. Parce qu'en arrivant à Paris, en étant cubaine et en faisant un concours, il n'y a pas 200 personnes, il n'y en a que 6. qui obtient l'accès. Il y a quand même beaucoup de compétitions. J'ai commencé à gagner des prix très importants internationaux quand je suis arrivée en Europe à l'âge de 12-13 ans. Il fallait que je sois costause pour montrer et me faire une place dans la musique.
- Speaker #0
Tu vas un peu vite. D'abord, pourquoi tu choisis le violoncelle ? Est-ce que tu as la sensation que c'est lui qui t'a choisi ? C'est la magie.
- Speaker #1
Ça, on peut dire qu'il y a une magie.
- Speaker #0
La magie. Il y a une magie. Celle qui est venue chez toi. Une magie,
- Speaker #1
mais une vraie connexion qui est importante, qui est belle. C'est comme si on tombait amoureux de quelque chose. C'est quand on écoute notre corps, quand on dit ça, c'est ta place, ça, c'est ce que tu aimes bien faire. C'est une connexion au-delà. Et dès la première fois que j'ai vu les violoncelles, soit en concert de ré-symphonique, je suis complètement tombée amoureuse de cet instrument qui m'est semblé.
- Speaker #0
Ah !
- Speaker #1
qui résonnait dans mon corps, dans mon âme. Un instrument qui est comme ça, qui nous prend l'émotion. Parce que c'est la même tessiture que la voix humaine. Une tessiture moyenne grave, vous voyez ? Et ça joue comme ça, mais l'archer, et ça me traversait tout de suite les émotions. Une certaine mélancolie, nostalgie avec cet instrument-là, comme si à travers le violoncelle, on avait une connexion avec notre passé ou d'autres choses.
- Speaker #0
Le violoncelle, Merci. Alors moi, j'ai comme référence aussi Avishai Cohen.
- Speaker #1
Avishai Cohen !
- Speaker #0
Et j'ai toujours dit que t'as l'impression que quand il joue, il fait l'amour avec son instrument. Que t'as l'impression qu'il y a une fusion. Et quand je t'ai vue, qu'à un moment donné, on dirait que t'es presque à l'horizontale avec le violoncelle comme ça, posée sur le haut de ton corps. Et j'ai retrouvé en fait... Vraiment, cette harmonie, mais au-delà de l'harmonie corporelle.
- Speaker #1
C'est très important la corporelle. Déjà, quand on fait un travail de longues années avec un instrument, on est toujours les artistes, tous les artistes nous sont en recherche de notre identité, de notre voix unique. Quand on entend Nina Simone, on sait que c'est Nina Simone. On la connaît. Quand on entend Miles Davis, on n'entend que celui. on entend les... avec son... On sait que c'est lui, parce qu'il a une empreinte, une identité musicale sonore. Et la seule manière qu'on puisse trouver notre propre son, c'est à travers notre corps avec le son. Notre travail technique d'abord et ensuite au-delà de la technique. Et mes professeurs de violoncelle m'ont toujours appris à ça, à jouer avec mon corps et à trouver les sons de violoncelle à travers les poids naturels de mon corps.
- Speaker #0
C'est une posture très particulière. qui est propre à cet instrument.
- Speaker #1
Et même par rapport au piano, ma professeure de piano, Myriam Valdés, qui est la fille du grand Mémo Valdés, qui représente par excellence la musique cubaine, elle m'avait pris depuis toute petite au piano, à jouer le piano avec mon corps, le poids et la féminité qui représentent cette énergie féminine. Elle me dit « Anna, ton corps, écoute ce que tu as à dire. Écoute. » Et ça, c'est important. Parce que ça, des années plus tard, aujourd'hui, je peux aller au-delà. et vraiment faire parler le corps avec des violoncelles.
- Speaker #0
Et du coup, alors on en dissipe un peu, mais c'est important ce que tu dis sur la féminité. Parce que de t'expliquer ça petite, est-ce que ce n'est pas aussi une manière pour cette femme de t'ouvrir, non, de légitimiser le fait de jouer avec ta féminité et de jouer par ta féminité ? C'est-à-dire qu'elle t'a ouvert la porte de dire « j'assume d'être une femme, j'assume » . de jouer avec mon corps sans me cacher.
- Speaker #1
Oui, alors il y a plusieurs choses à déconseiller là-dessus en tant que femme avec un instrument, la féminité, les parcours d'artiste, les parcours d'artiste public aussi. Il y a plein de choses qu'on pourrait discuter là-dessus. Alors déjà, on va commencer.
- Speaker #0
Je reviens sur la féminité, sur... Le fait d'avoir cette sensualité avec l'instrument, est-ce que tu l'as toujours bien vécu ? Est-ce que tu as toujours été ok avec ça ? Ou est-ce que finalement, c'est plus tu t'es affirmée en tant qu'artiste et que femme, que tu as développé finalement cette intimité avec... L'intimité, tu l'avais, mais de la montrer aussi.
- Speaker #1
De la montrer, effectivement. Alors, les parcours étaient les suivants. D'abord, il y a eu un grand travail interne, des techniques de travail, on peut dire des victoires privées, des travails de longues années de travail, en passant d'un grand cours à un travail dans le répertoire, de vraiment, avec mon propre corps, trouver mon son à moi. Mais c'est vrai qu'il y avait une connexion, mais il y avait quelque chose de plaisir de jouer qui était un peu caché. Parce qu'évidemment, une femme qui va prendre du plaisir à jouer, qui va se montrer avec ce plaisir, Dans un contexte classique ou dans un contexte très académique, qu'est-ce qu'il y a les violoncelles ? C'est quand même quelque chose qui n'est pas simple à vivre. Et déjà, j'ai dû cacher ma féminité pendant des années parce que dans le milieu de la musique, pour se faire une place, je ne voulais pas être la jolie fille qui est jolie et comme ça, on va la faire travailler. Non, je voulais qu'on me voit par mes capacités intellectuelles, mes capacités de douer avec mon talent. et ce que j'étais capable de faire. Donc tout de suite, très jeune, j'ai commencé à travailler dans un monde très masculin, c'est-à-dire je commençais à partir en tournée. Je me rappelle en tournée avec une bande de 10 musiciens partout dans France. J'étais la seule femme. Et il y avait un côté de moi qui devait se protéger inconsciemment de dire « Je suis là, mais attention, je suis là parce que je suis une bonne professionnelle. Je ne suis pas là ni parce que je suis jolie. » ni parce que rien. Il n'y avait personne. Déjà, une des choses que j'ai toujours su dans ma vie professionnelle, c'est que jamais, avec personne de travail, je n'ai eu rien de personnel. Ça, c'est très important. Parce que ce sont été les valeurs que pour moi, en tant que femme, ont marqué vraiment la différence. Dans ce monde où on voit depuis Marilyn Monroe, tous les artistes qui forcément Alors, croit qu'il va venir un agent ou un manager ou quelqu'un qui va les faire travailler. Donc tu l'avais très clair. C'est pour ça que je sacrifiais toujours depuis toute petite ma capacité pour montrer à travers ma capacité ce que j'étais capable de faire comme musicienne. Donc à ce moment là, je m'habillais avec des américaines noires, des pantalons noirs, des chemises noires comme tel un homme presque. C'est à dire je devais montrer mes capacités sans montrer ma féminité.
- Speaker #0
C'est dur ce que tu dis.
- Speaker #1
Attention, j'étais ça et je ne pouvais pas la montrer forcément. Même si j'allais faire une audition, je mettais mes pantalons ou une jupe avec des collants noirs où j'étais vraiment habillée pour qu'on me voit en tant que musicienne et surtout ne couper aucune doute sur les deux invitations. Déjà, c'est comme ça que je me suis ouvert les portes. Je me suis commencé à me faire respecter dans les milieux. Une fois. que j'ai fait tous les orchestres symphoniques, que je décide de ne pas accompagner d'autres projets en tant que musicienne, et que je décide vraiment de porter mon projet en tant qu'artiste principale, donc ma musique. Ça c'était aussi l'entre-deux-filles, être compositrice.
- Speaker #0
On va y arriver. Mais à ce moment-là,
- Speaker #1
au moment où je décide, je me suis rendue compte que c'est Arthur qui avait été là. pour survivre finalement. Je me suis dit, non, il faut que je retrouve ma féminité. Et je me rappelle très bien que je commençais à avoir les premières critiques des hommes qui ont dit, ah tiens, parce que ça explosait. Je sortais mon premier album et ça a tout de suite explosé. J'ai fait 150 concerts comme ça et ça a explosé ma carrière. Quand j'ai commencé à faire le premier album, La Flore.
- Speaker #0
T'avais quel âge ?
- Speaker #1
J'ai commencé à faire ma carrière quand j'avais 16 ans, quand je suis arrivée à Paris.
- Speaker #0
Ton premier album ?
- Speaker #1
Mon premier album, j'avais déjà une vingtaine, vingt ans. Vingt ans déjà, voilà, j'avais vingt ans. Et je me suis dit, c'est mon projet, je vais mettre une petite robe. J'ai mis une robe, je n'ai plus mis ni les collants ni les pantalons, j'ai mis une robe. Et je jouais avec une petite robe qui me rappelait Cuba. tranquillement c'était pas encore les les coutumes que j'aimais aujourd'hui à ça commençait tout doucement j'étais un petit mais il quand même tu me tire et j'aime et aussi bien bien des commentaires en disant atient et la plane concert parce qu'il montre ses jambes tu imagines ça c'est difficile ça c'est difficile c'est comment tu lui as tu as comment tu te dis comment tu t'en sors de ça comment je me suis en sortie oui que maintenant c'était à l'époque quand je l'important c'est déjà C'est dire à soi-même, être digne avec soi-même et cohérent. Je me suis dit, je ne veux pas renoncer à être femme. Si je suis musicienne, je vais être moi-même parce que ça fait partie de moi. Je ne veux pas renoncer à ma féminité. C'est là où je trouve aussi la sensibilité à l'heure de jouer.
- Speaker #0
C'est ça. Finalement, tu te coupais d'une partie de toi.
- Speaker #1
Effectivement, je me coupais sur une partie de moi.
- Speaker #0
Et ça ne peut pas... sauf qu'une artiste, c'est un artiste ou une artiste, c'est justement, c'est l'entièreté de l'âme.
- Speaker #1
C'est l'entièreté et c'était difficile parce qu'évidemment, après avoir fait tout l'effort intellectuel de montrer mes capacités intellectuelles, etc., de me voir réduite et restreinte. Ah non, je ne peux pas mettre une groupe ou je ne peux pas mettre une photo à la plage parce que tout de suite, on va me dire n'importe quoi. à un moment donné je me dis que ce n'est pas possible. Je suis violoncelliste, je suis une intellectuelle, je suis une créatrice, mais je suis aussi une femme. Je suis une femme avec ce qui comprend être une femme, avec ma sensualité, avec l'amour à la vie, avec l'amour au soleil, avec l'amour de jouer des violoncelles et prendre du plaisir. Et c'est pour ça qu'il y a une très bonne connexion avec les femmes qui viennent me voir en concert. Parce que quand je joue, quand je profite du moment, je ne suis pas à vouloir montrer, sinon juste je prends le plaisir sincère de ce que ça représente pour moi c'est différent quand on fait juste pour montrer que quand on fait juste on se laisse sentir le moment mais quand même tu te rends compte que tu peux être aussi un modèle pour les femmes de
- Speaker #0
te voir justement t'assumer t'assumer tel que tu es dans ta féminité sans revendication mais par contre
- Speaker #1
de dire non évidemment je peux être intelligente jolie exactement et je peux faire une photo en bikini à la plage parce que je suis une femme sans problème et ça c'est un point important et après effectivement avec les réseaux sociaux etc c'est important de savoir aussi qu'est-ce qu'on a envie de transmettre la transmission de ce qu'on voit mais en tout cas venir dans mon classique académique et arriver à faire un projet dans lequel On ne se sexualise pas, parce que ça c'est trois choses. Je ne me sexualise pas, mais je n'empêche pas le fait d'être femme et de pouvoir m'avigner avec souplesse. Après, évidemment, les coutumes, c'est des jeux magnifiques. Par exemple, j'ai une couturière, il y a des vêtements exclusifs que pour chacun de nos concerts. Et chacun des vêtements sont inspirés des Cubas. au Deca Raimi, on fait les modèles exprès pour chaque concert. Donc là, on a passé à quelque chose vraiment de beau.
- Speaker #0
Tu passes un step.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
C'est important ce que tu dis. Ça, c'est un point intéressant, justement, sur la féminité, sur le fait d'être une femme et de se présenter à son public. Tu y penses, à ça. Est-ce que tu es, justement, à la pression des réseaux sociaux ? se montrer maquillée, pas maquillée quand même il faut s'afficher aujourd'hui on doit être présente sur les réseaux pour vivre finalement vivre aussi du coup on utilise l'image pour véhiculer des messages monter sur scène avec une belle tenue c'est important pour toi Pour véhiculer un message, tu pourrais venir en jogging ?
- Speaker #1
Alors, l'art des concerts, des spectacles vivants, c'est quelque chose qui est magique parce que la culture, l'art, la mission, ça nous sublime la vie. C'est-à-dire qu'à travers la musique, à travers l'art, on peut retrouver des réponses de nos doutes au quotidien. Si jamais on a un chagrin, si jamais on a une déception amoureuse, ou qu'on ne sait pas comment trouver le bonheur dans la vie, et on entend une chanson, la chanson va nous accompagner, et va peut-être nous donner des réponses. Et l'art, c'est quelque chose qui est fait pour souligner notre existence, et pour trouver des réponses aux problèmes. Pourquoi pas, parce que ça nous soigne, ça nous accompagne. Il y a toujours une chanson qui va nous rappeler telle époque de notre vie, quand on faisait telle chose, parce que c'était la chanson qu'on écoutait à l'époque.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
Ça fait partie de ça. pour moi L'art et l'effet de monter sur scène, c'est un merveilleux métier, mais aussi une responsabilité que j'ai de représenter la beauté, déjà de mon pays, de Cuba, la beauté de où je viens, de mes racines, d'honorer toutes ces années de travail, d'études, d'honorer toutes ces années de vie qui ne reviendront plus jamais. Donc il faut honorer tous ces temps d'études, tous ces temps de préparation, et les mettre au maximum pour que ce soit le plus beau spectacle à chaque fois. Donc, la tenue, c'est faire aussi travailler à une communauté des créatrices et des créateurs qui sont là, qu'on ne voit pas sur scène, mais qui travaillent sur mon équipe, c'est-à-dire autant dans la technique et dans le son que dans la partie de la création de chaque habit et de chaque costume. Et comme je disais avant, on va la dessiner, on va s'inspirer, on va trouver des inspirations et c'est l'opportunité pour le faire. Et je représente ça. C'est-à-dire que quand je m'habille, je représente une femme créatrice qui a créé cette pièce-là. quand je vais sur une fashion week par exemple, je vais porter une robe d'un dessinateur parce qu'on a choisi ce qui représente. Je ne veux pas porter quelque chose qui ne partage pas les valeurs que je défends. Donc évidemment il faut être conscient qu'autant les réseaux sociaux, qu'il y a les choix d'habillage, qu'il y a les choix dans notre vie de quotidien, de ce qu'on mange, qu'est-ce qu'on va faire, comment on va organiser sa journée, ça parle de nous.
- Speaker #0
En même temps... effectivement, on ne peut pas passer à travers. Pour autant, est-ce qu'on peut arriver à dissocier la toi qui est sur un réseau qui va partager son quotidien de manière un peu plus naturelle et la toi qui va monter sur scène avec un habit très précis ? Il n'y a pas de dissociation, finalement, c'est comme si tu revêtais, en fait, un... un costume pour aller...
- Speaker #1
Non, dans ce cas-là, ce n'est pas un personnage qui est différent. Non, c'est la même personne, c'est la même personne dans la même continuité, parce que s'il y a une chose que j'ai toujours fait depuis le début, et que je tiens, c'est la sincérité et la cohérence de ce que je suis et ce que je donne, et comment je me montre. Parce que ça c'est important, d'avoir une cohérence avec la personne qui monte sur scène, c'est la même personne qui va être sensible, qui va se montrer. Et après, une chose c'est la vie privée par exemple, quand on est avec la famille, c'est vraiment une vie privée. Autre chose c'est la vie publique, évidemment. La vie publique, on fait un choix de partager avec un engagement sur la responsabilité que nous avons, ce qu'on représente.
- Speaker #0
Tu imaginais ça ? Tu imaginais tout ce travail autour de l'image, quand tu as commencé ? Tu imaginais finalement qu'il y aurait dans ton toit ? dans ton entité générale, la Carla qui s'apprête pour aller sur scène en habit de lumière, on peut appeler ça un habit de lumière ? Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Ces jours-là, il y a une préparation, il y a deux heures de maquillage, deux heures de coiffure. C'est quand même au moins quatre heures de préparation. C'est un vrai travail. Et à chaque fois que j'y vais dans une fashion week ou un shooting ou que je suis invitée sur des événements à Deluxe, c'est une préparation minimum, les maquillages minimum, c'est deux heures. Que maquillage !
- Speaker #0
Oui, c'est énorme.
- Speaker #1
c'est énorme, il faut se réveiller plus tôt, il faut prendre beaucoup de soin, vraiment ce sont des responsabilités qui font partie de ces métiers-là. Et je pense qu'on est tous pareils, que ce soit les médecins, quand ils arrivent au cabinet, ils vont mettre son avis de médecin. La personne qui va arriver à un hôtel, il va mettre son avis d'hôtel, donc c'est toujours le rôle d'un bel travail, et après le rôle de la vie privée, ça on le fait tous, peu importe si on est artiste ou pas. on se met tous en forme pour pouvoir travailler et le faire de manière professionnelle, passionnée, avec toute notre sincérité. Donc c'était là en tout cas des paillettes de la vie d'artiste, ça je l'ai toujours enlevée depuis toujours quand j'ai commencé. C'est-à-dire que pour moi, sortir sur scène, prendre la responsabilité de faire bien mon métier, ça fait partie d'un beau métier. Mais ça ne fait pas partie d'une idée de paillettes ou d'égo. C'est important parce que dans l'artistique des musiciens, souvent on vit dans un monde un peu fictif. Il y en a toujours besoin qu'on nous dise oui, tu m'as fait ça. magnifique, génial, mais non, ça, depuis quand j'ai commencé, je savais que je ne voulais pas ça, en tout cas.
- Speaker #0
Ça vient, tu penses que ça, cet ancrage, ça vient de tes parents ? De Cuba, plutôt, peut-être ?
- Speaker #1
L'ancrage, de vouloir être cohérente avec ce que je suis et ce que je donne à la socialité, c'est juste un besoin pour pouvoir vivre en paix tous les jours et être content dans la vie. Ça fait partie des... Des choses non négociables pour moi qui me donnent la tranquillité de savoir que je vais aller travailler, que je vais faire quelque chose que j'aime et que je serai aussi ravie de retrouver un public de 7500 personnes qui après rentrer tranquillement avec ma famille ou avec mon cercle privé et je serai exactement la même personne heureuse. Donc il y a une continuité, une cohérence entre les deux mondes.
- Speaker #0
Oui, c'est ce que tu cherches. On sent qu'il y a vraiment besoin chez toi. Cette recherche de cohérence. Oui, de cohérence. Est-ce que de temps en temps, est-ce que ce métier, c'est aussi pour toi une façon d'aller porter un message aux femmes ? Ou est-ce que pareil, je reviens, parce qu'en fait, on navigue un peu comme ça, mais cette place des femmes à Cuba, moi, je ne la connais pas. Est-ce que c'est aussi pour toi ? Est-ce que c'est ta maman ? Est-ce que ça vient de ta lignée de femme ? Ce pouvoir d'émancipation de la femme ?
- Speaker #1
Déjà, depuis ma grand-mère. Parce que ma grand-mère est chilienne. Elle a été exiliée de Chili. Elle avait trois enfants dans les bras. Elle est arrivée toute seule. Après, elle a eu deux enfants. Donc, elle a élevé toute seule cinq enfants. Ma grand-mère chilienne. Elle était exiliée toute seule de Chili. D'abord à Bordeaux, d'abord à Cuba. ma grand-mère, pour son époque, elle était une femme très avancée. Avancée dans le cadre où, à l'époque, une femme avec cinq enfants qui n'avait pas fait d'études parce qu'elle ne pouvait pas, c'est une femme qui ne vaut rien. Déjà, dans les préjugés qu'on a. Et on a discuté ça avec une conférence que j'ai assistée il n'y a pas longtemps à la SACEM, justement, les problèmes avec les femmes, en tout cas les femmes professionnelles, c'est qu'il y a des préjugés en amont. Par exemple, quand je produis musicalement l'album et que je me suis vraiment engagée sur toute la partie composition-production, il y a des préjugés qui disent « Ah non, il faut absolument que tu trouves un homme qui te fasse la production de l'album, parce que toi, tu es chanteuse et violoncelliste, mais pas productrice, pas créatrice. » Et donc, il y a toujours ce préjugé qu'on pense qu'on a besoin de ça. Et tranquillement, on dit non. merci beaucoup mais si j'étais capable de jouer 20 ans la musique classique très bien je pourrais faire un album donc voilà, là l'idée c'est de commencer à travailler sur le préjugé qu'on a mais c'est un combat c'est un combat aujourd'hui de s'imposer encore,
- Speaker #0
d'être obligée de dire non mais je suis capable ça a été un combat dans ta vie et plus qu'un combat parce que je n'ai pas envie de le voir comme une bataille
- Speaker #1
ou quelque chose dans la dureté, c'est avoir confiance et à chaque fois plus d'être cohérent avec ce qu'on est, avec notre spiritualité, avec notre savoir-faire. Croire et nous aimer pour pouvoir nous donner nous-mêmes l'opportunité de faire ce qu'on aime dans la vie.
- Speaker #0
Oui, mais pour autant. Alors, je vais poser la question autrement. pour que tu te sentes complète tu avais besoin d'accéder au fait de produire d'accord ? et de composer et de chanter mais tu vas chercher quoi au fond ? l'indépendance ? la liberté ?
- Speaker #1
déjà le fait de quoi tu as recherché ? déjà le fait que Je pense que quand on fait des choses dans la vie, il y a déjà une motivation, une passion qu'on a, quelque chose qu'on sait qu'on aimerait beaucoup faire. Déjà, cette grand-mère-là, elle me disait toujours, « Anna, je vais juste te demander quelque chose dans la vie quand je ne serai plus là. » Elle n'est plus là aujourd'hui. « Je vais te demander quelque chose. Trouve toujours un moment pour toi, pour l'inspiration. » Parce qu'à l'époque, quand elle m'avait dit ça, j'avais 14 ans, et je ne savais pas que j'étais compositrice.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Parce que j'avais déjà à la maison un grand compositeur, c'était mon père. Et j'étais, je travaillais pour être interprète. Je ne savais pas les talents que j'avais de compositrice parce que j'étais un peu cachée.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
un peu limité. D'ailleurs, j'ai composé depuis que j'avais 6 ans, mais en secret, en silence, parce que j'avais mes doutes sur moi. Je ne savais pas mes capacités. J'avais mes doutes. Et si j'avais déjà un compositeur papa à la maison, c'est déjà la place du papa compositeur. Donc, attention à ça.
- Speaker #0
Mais c'est un chemin à traverser.
- Speaker #1
Je suis partie à Paris toute seule à l'âge de 16 ans parce que j'avais envie de porter ma voix. et elle m'a dit quand j'ai Je ne croyais pas du tout. Il m'a dit, Anna, la seule chose que je te demande, s'il te plaît, trouve toujours un moment pour ton inspiration. Voilà. Et donc, quand on fait les choses, il y a une connexion à l'intérieur qui nous dit qu'il faut absolument qu'on le fasse. Je compose par nécessité. Déjà, nécessité d'existentiel, de moi-même d'existentiel, d'avoir besoin d'écrire, d'être toujours dans la créativité. Tous les matins que je me lève, j'écris le journal, je l'ai avec moi. toujours à mon journal, tous les matins j'écris ça c'est quelque chose d'être en contact avec la créativité tous les jours donc numéro un, c'est une nécessité besoin, numéro deux c'est un défi qui est beau parce qu'on peut améliorer en tant que personne, c'est à dire je dis toujours, je suis une meilleure personne tous les jours, je sais grâce à la musique parce que la musique avec tous ses défis on apprend encore à s'améliorer bien sûr Ils n'ont pas de défis dans la vie, c'est ça qui nous fait grandir.
- Speaker #0
Et le défi de t'imposer en tant que productrice, c'était un gros défi.
- Speaker #1
Et c'est bien sûr, c'était un grand défi.
- Speaker #0
C'était le step sur le bien-être.
- Speaker #1
Mais si moi je n'aurais pas cru en moi-même, personne d'autre l'aurait fait.
- Speaker #0
Je reviens sur la liberté, Anna Carla. Je reviens sur la liberté, au-delà du défi créatif. Est-ce que c'est quand même pas aussi, je reviens là-dessus, une recherche d'autonomie pour la liberté ?
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Et quand tu partiras de Cuba aussi, est-ce qu'à un moment donné, tu ne pars pas pour... Parce qu'il faut que tu vives.
- Speaker #1
Non, mais c'est tout à fait indépendance. Déjà, on en parlait tout à l'heure, déjà aussi, le fait d'être une artiste indépendante, ça c'est important. Parce que j'ai choisi mon chemin. et là où je suis aujourd'hui, c'est parce que je veux être ici où je suis aujourd'hui.
- Speaker #0
Essaye d'expliquer un peu pour nos auditeurs. Pour nos auditeurs, c'est quoi un artiste indépendant ?
- Speaker #1
Par exemple, il y a les majeurs, c'est comme le grand monopole de la musique, qui veulent effectivement, ils sont un grand monopole de la musique et qui veulent absolument me signer, par exemple. J'ai des monopoles de l'industrie qui veulent me signer absolument. Moi, je vais refuser ça parce que j'ai décidé de Merci. faire ma propre agence de musique dans laquelle on va défendre les droits où je pourrais choisir la créativité, défendre l'art et la mission et les messages que j'ai envie de transmettre. C'est important. C'est important que tu... Exactement. Donc je choisis, je fais partie du choix dans lequel on crée une communauté. On va faire ce beau festival, on va faire cette belle salle, on va faire cet album avec ce message-là, on va choisir les musiciens. Évidemment que je travaille avec une équipe qui fait partie, qu'on partage toutes ces communautés, ces valeurs-là. Mais j'ai refusé de signer avec des grands majeurs pour ça, pour préserver la qualité, les messages, et pour préserver aussi, je pense qu'important, la vie. Pourquoi je dis la vie ? Parce que parfois, quand on est sur la route, sur des grands monopoles, on n'est qu'un... un objet presque. C'est-à-dire qu'on va faire tout ce qu'il veut parce que c'est un contrat qui est assez gros, un contrat qui dit que tu dois faire toutes les obligations. Et donc, je me suis dit non. On va prendre un autre rythme. Et cette agence, aujourd'hui, ça me permet même de représenter à l'Église et d'ouvrir la porte à d'autres artistes qui veulent aussi faire un chemin en tant qu'artiste indépendant et pouvoir le soutenir. Donc, c'est une mission. C'est une agence que j'ai fondée à l'époque pour pouvoir moi-même être indépendante. qui m'a fait faire aujourd'hui 400 concerts dans 100 pays. Grâce à ça, aujourd'hui, je peux ouvrir la porte à d'autres femmes, jeunes femmes, des artistes de projet, qui voudraient aussi porter le projet et donner la visibilité à des femmes talentueuses, compositrices, parce qu'il y en a. C'est pas qu'il n'y en a pas. Il y en a beaucoup. C'est juste qu'ils n'ont pas eu l'opportunité ou ils n'ont pas encore la même visibilité qu'on a. Et ça, on peut le dire en chiffres. Pour les personnes qui ne connaissent pas l'industrie de la musique, on est que 10% des femmes. programmés sur les festivals, 10%. Les 90, ils ont des hommes. Tout à fait, il n'y en a que 10% des femmes.
- Speaker #0
Je ne connaissais pas ce chiffre, tu me l'appelles ?
- Speaker #1
Sur le Latin Grammy, sur le Billboard Awards, les prix importants. américains les productrices femmes il n'y a que le 2% donc 98% ce sont des hommes et 2% ce sont les femmes qui vont être productrices musicales comment tu l'expliques ? bon parce que il y a eu pendant des années des préjugés même de la musique latino-américaine les femmes Omar Aportuondo et Celia Cruz ce sont des chanteuses, interprètes pas des créatrices c'est à dire que
- Speaker #0
Finalement une femme elle est là, je vais loin mais pour être jolie, avec une jolie voix tant mieux. Exactement. Mais on réfléchit pas trop. Exactement. Je te dis.
- Speaker #1
Exactement, on réfléchit pas trop et surtout tu vas faire là où je vais te dire que tu vas jouer. Si demain je te dis de jouer là, tu vas jouer et demain et après, et après, et après, et après. Donc une espèce de difficulté qu'après on n'a pas beaucoup le choix. C'est pour ça que j'ai décidé d'être une artiste indépendante dès le début de ma carrière, évidemment, que j'ai eu. C'est parce que je ne veux que la mauvaise partie. Ça veut dire que j'ai choisi ça parce que j'ai aussi fait les erreurs comme tous les jeunes artistes et dessiné des contrats que je ne devais jamais faire. Par exemple, c'est grâce à ça que j'ai vu comment ça se passe les choses. Ça t'a construite ? Ça m'a construite.
- Speaker #0
Anna Carla, comment on fait quand on est une femme ? artiste, pour imposer ses choix et sa vision au-delà d'un choix. Pour imposer sa vision dans ce monde masculin. Est-ce que tu as quand même réussi ou est-ce que finalement, après quelques batailles, tu t'es dit, ok, je ne me bats plus, je fais moi toute seule.
- Speaker #1
Non, non, non. Je ne dirais pas le mot de m'imposer. Même si oui, quand je suis arrivée à Paris, je devais évidemment tout de suite, dès que j'arrivais en Europe, dès que j'ai quitté Cuba, je devais m'imposer avec mon talent. Je suis là, je joue le violoncelle, je suis capable de jouer toutes ces œuvres-là. Je veux montrer mon talent. Parce que c'était ma seule carte que j'avais. En étant une immigrante cubaine qui est venue, je ne viens pas d'une famille de personnes riches. Je devais me faire. une famille modeste, très modeste. Je me rappelle mon arrière-grand-mère. Mon arrière-grand-mère, elle me disait quand elle était toute petite, elle avait huit sœurs et ils avaient que pour dîner les soirs du café avec des milliers de pains. Donc, en venant au boulot, il ne faut pas oublier d'où on vient en fait. Et ma seule carte pour pouvoir affronter la vie et me faire une place dans ce monde, c'était mon violoncelle et la musique.
- Speaker #0
Est-ce que tu as la sensation de... Quand tu joues, de porter aussi ton histoire.
- Speaker #1
Bien sûr. Mon arrière-grand. Tout à fait. Mon arrière-grand-mère, je les porte quand je chante. Toujours, je les porte. Mon histoire, mes racines, mon héritage spirituel, mon héritage d'où on vient, les apprentissages et l'amour que j'ai toujours reçu de ma famille. Parce que même s'ils avaient des milliers de pains et de cafés, ils m'ont donné tout ce qu'ils avaient.
- Speaker #0
Et ils t'ont donné aussi la légitimité. de t'imposer, ne disons pas le mot imposer, mais de vivre en tant que femme. C'est grâce à elle aussi, à ces femmes de t'aligner et montrer le chemin.
- Speaker #1
Oui, en tout cas, pour elle, ce n'était pas si simple. Donc je pense que plus les générations avancent, il y a des choses qui se résoluent au fur et à mesure ou en tout cas les nouvelles générations sont là pour améliorer certaines choses et pour apprendre les leçons et ne plus les répéter les mêmes choses et pouvoir aller au-delà. C'est-à-dire que si ma grand-mère, elle aurait adoré être musicienne et pouvoir faire des grandes scènes, elle n'aurait pas pu le faire, mais moi je suis là, sa petite fille, pour pouvoir le faire. J'ai accompli ce rêve d'elle peut-être en plénitude, en entière, parce que je profite énormément. Donc je pense à elle à chaque fois que je vais monter sur scène. Je me suis dit, tiens, je suis là, je vais honorer ce moment avec beaucoup d'amour. Et ça fait plaisir. Et mon père me dit, « Ah tiens, tu te rassembles beaucoup à ta grand-mère. Tu danses, tu chantes, comme ça, la joie. » Et j'ai un peu de mon grand-père aussi. Et tout le monde me dit, « Non, moi, c'est la génétique et on adore ça. » La génétique, mais... Ce qui n'est pas chez moi, c'est l'ensemble, mais l'important, c'est vraiment d'aimer son métier, sa mission. Si je n'aurais pas aimé les violoncelles et la musique, je ne sais pas si je m'aurais autant battue, mais c'est quelque chose que j'adore faire, que j'aime ça. C'est ça qui m'importe. Après, les injustices que je vis dans ce monde, c'est pour ça que je suis devenue une artiste indépendante. Parce que je voyais, en tant que femme, qu'il faut être très rigoureuse avec son métier. pour ne pas confondre une femme jolie avec une femme professionnelle.
- Speaker #0
C'est drôle, c'était exactement là où je l'ai emmené. Ça reste quand même, dans ton discours, dans ce que j'ai pu lire, un peu de ci, de là, ça reste quand même pour toi un point fondamental. C'est-à-dire que dans ton parcours, tu as quand même dû travailler pour ça. Je crois que c'est vraiment la chose qui te faisait peut-être le plus peur, c'est qu'on confonde ta beauté avec ton talent. Et du coup, je crois que tu as mené tout ce qu'il fallait pour justement qu'on le dissocie.
- Speaker #1
Oui, et j'avais une espèce d'allergie qu'on me traite comme une chanteuse. J'avais un peu d'allergie à ça. C'est-à-dire que surtout pas, je voulais être vraiment intellectuelle, de comprendre, de pouvoir discuter, de pouvoir en parler d'autres sujets autres. que ce n'est pas juste une chanteuse en après-midi. C'était important pour moi.
- Speaker #0
Tu as fait des études ? Bien sûr,
- Speaker #1
j'ai fait des études de musicologie, mais j'ai fait beaucoup d'études. Là, maintenant que j'ai mon agence, des pouvoirs aussi, des intréprenariats. Et j'ai vécu des choses tellement difficiles par rapport à ma carrière aussi, que j'ai dû travailler avec des avocats. C'est comme ça qu'on apprend dans la vie, à comprendre bien tous les propriétés intellectuelles, comment ça marche pour les concerts, comprendre vraiment tout l'écosystème, pour pouvoir faire un changement.
- Speaker #0
C'est quoi, quand tu dis j'ai vécu des choses difficiles ? Sans rentrer forcément dans les détails,
- Speaker #1
mais c'est quoi une chose difficile ? Dans les artistes, ce sont des choses qui arrivent à beaucoup d'artistes, je ne suis pas la seule en tout cas, ça arrive souvent justement par le manque d'expérience quand on commence, parce que souvent les artistes talentueux sont aussi très jeunes, on commence très jeune. J'ai commencé à faire mon premier concert à l'âge de 10 ans, et j'ai enregistré mon père à un studio à l'âge de 4 ans. Donc on commence très jeune et c'est pour ça qu'on a souvent ces histoires difficiles pour nous les musiciens. Je ne suis pas la seule à la première, c'est des histoires de droits d'auteur, qu'on veut tout nous prendre, on veut prendre nos compositions pour toute la vie, on veut nous exploiter, on veut qu'on les appartienne, c'est toutes ces maltraitances au niveau de propriété intellectuelle. C'est souvent ça ce qui arrive. Je ne suis pas la seule. Il y a plein d'assistes.
- Speaker #0
Ça n'empêche pas de le nommer. Les jeunes qui nous écoutent. Pour dire de faire attention.
- Speaker #1
Faire attention à tout ce qui est les droits d'auteur, tout ce qui est les éditions. Il faut bien faire attention à toute la technique. Et même, j'ai eu attention avec les couples. J'ai eu un couple très difficile qui m'a fait beaucoup de mal pendant un truc, un truc en train de harcèlement. suivi tout ça, on le vit. Et en tant que femme, je ne suis pas la seule. Je vois des femmes dans les métiers qui vivent la même chose. Quelqu'un qui les harcèle, par exemple, continuellement sur les concerts, ou qui vient les retrouver à chaque concert. Il y a un harcèlement, il confond justement ce qui est la femme.
- Speaker #0
C'est compliqué, ça, justement. C'est très compliqué de savoir mettre une limite.
- Speaker #1
Après, la seule chose qu'on peut faire à ce moment-là, quand il y a des choses compliquées. C'est la loi. Et ça, c'est des avocats qu'il faut que nous défendons. C'est autant pour nos propriétés intellectuelles, que pour nos droits en tant qu'artistes, que pour nous protéger effectivement, que pour la vie privée. Donc c'est à travers la loi, et c'est comme ça qu'il faut toujours avoir des bons avocats, et c'est comme ça qu'on apprend à se défendre dans la vie, et qu'on apprend nos droits, les droits humains, de pouvoir savoir défendre nos droits.
- Speaker #0
J'ai une question. Tu dis que tu as commencé à 10 ans. Ça représente quand même des sacrifices.
- Speaker #1
Oui, mais...
- Speaker #0
Les amis, comment tu as construit ta vie sociale, la métier, et comment tu fais pour voir la sincérité des gens ? Est-ce que tu as, par exemple, gardé des amis ?
- Speaker #1
Toujours. Bien sûr, je garde toujours avec mes amis pubins. Avec les amis, il y a une histoire qui dit qu'il y a des amis qui sont comme les amis. comme l'arbre, comme les cactus, il y a des amis qui sont comme le bonsaï. C'est-à-dire que les cactus sont des plantes que parfois on ne va pas les arroser pendant longtemps, mais qui vont être toujours là. C'est comme les amis pour moi, les vrais amis. Je n'ai peu d'amis, mais ils sont vraiment de très bons amis de toute la vie, de mon enfance de Cuba. Parfois, on n'a pas de communication pendant deux mois, parfois même des années, mais quand on se voit, quand on se parle, c'est très important. sont là, toujours, c'est comme le premier jour. Ça, c'est pour moi, j'ai les amis cactus, ils sont des vrais amis pour la vie. Les amis qui traversent nos histoires, on s'accompagne, on s'appelle, on s'aime, on passe du bon temps, parfois on voyage de notre point de vue pour se voir. Et après, il y a les amis bonsaïs, qui sont ce genre d'amis qui ont besoin tout le temps, toutes les semaines, de se voir et de faire partie d'un club social. Et moi, je n'ai jamais pu appartenir à ça, parce que ma vie a toujours été, je devais répéter, je devais faire ça, même si tous les vendredis, quand j'étais petite, j'allais tous les vendredis danser à un club pour les enfants qui s'appelle la Discofini à Akiba et je ne manquais jamais un vendredi dansé donc ça quand je suis à Akiba ça fait partie des trucs importants donc j'ai eu très très bon sens j'ai gardé trop de souvenirs avec les amis on est en communication
- Speaker #0
Je suis toujours des bonnes relations.
- Speaker #1
J'ai beaucoup de relations avec mes amis. L'autre jour, j'ai discuté avec mon copine de Cuba. On a fait la même école de musique à Cuba. On se voit dès qu'on peut. Mais ce ne sont pas des amis bonsaïs dans lesquels on a besoin de se voir toutes les semaines, tous les jours. Déjà parce que j'en tournais toujours. Et sur les dates importantes, sur les anniversaires, ce qu'on traverse des moments. des vrais amis que quand on traverse des moments difficiles, on est là pour s'en soutenir. Ce ne sont pas des amis, il faut compter les amis avec les doigts de la main en fait.
- Speaker #0
Ma question c'était avec la célébrité, tu te sens, toi tu te sens célèbre quand même, aujourd'hui, tu as eu de la fierté. Comment tu arrives à faire la part des choses entre la sincérité
- Speaker #1
Et c'est comme nous, c'est comme un médecin qui va aller travailler. Ça veut dire qu'on a notre vie privée, on a notre cercle de confiance dans lequel on est tranquille à la maison, que ce soit avec sa famille ou avec ton compagnon, avec une copine de toute la vie qui te connaît, tel que tu es depuis que tu es petite en fait. Il y a notre cercle privé qui nous fait du bien et avec lequel on passe du temps, on est tranquille, on est bien. et à le moment de travailler comme quand on va travailler chez le médecin c'est à dire quand on va travailler je vais donner les mieux de moi-même de mes capacités pour pouvoir vraiment transmettre, faire la transmission qui est ma mission, la transmission des émotions la transmission d'un message d'être disponible pour le public, d'être disponible pour partager de la musique donc c'est ça en fait et c'est une question d'organisation c'est à dire que je m'organise pour avoir mes temps, des espaces de lecture, mes espaces de sport, mes espaces de supération personnelle et les espaces de travail dans lesquels je sais que je vais être avec le public, avec l'audience. Parfois, je passe des journées de 8h du matin jusqu'à 8h du soir, interview après l'autre. Télévision, radio, interview au magasin. Mais ça, ce sont des choses qu'on organise en avance. Je me mentalise à l'énergie qu'il faut que je donne aux autres.
- Speaker #0
Plus je te découvre... et plus au-delà de la musicienne. Je trouve que tu es une vraie femme d'affaires. Tu as su t'imposer en tant que, finalement, businesswoman. On en a parlé tout à l'heure. Quand on est une femme, vient à un moment ou à un autre la question de la maternité. Quand tu commences ta carrière, Tu y penses à ça ? Tu te dis que ça peut être un frein ? Tu te dis que ça peut être un sacrifice ?
- Speaker #1
Bien sûr,
- Speaker #0
un père. Comment tu envisages au début et après maintenant ? Mais quand on parle de maternité au départ ?
- Speaker #1
Au début, c'était un sujet très compliqué parce qu'un sujet qui fait peur. Il fait peur souvent dans les femmes qui ont des ambitions de professionnels, qui ont envie de faire des projets. Et un jour, j'étais effrayée parce que j'étais dans une conférence où il y avait beaucoup de femmes d'affaires. et j'étais un peu effrayée d'entendre leur expérience et une espèce qui disait qu'après qu'ils avaient eu la fond ils n'ont pas pu faire les projets qu'ils voulaient, j'ai entendu des choses vraiment il y a un peu de tout et c'est vrai que ça peut être effrayant au début et même entendre des commentaires comme quoi même des personnes qui accueillent des artistes, « Ah non, elle est venue avec ses enfants, et on n'est pas content parce qu'il y avait la poussette. » Il y a aussi un peu une espèce de réjet à ça que j'ai vu au début qui m'a fait un peu peur. Mais ensuite, encore une fois, en réfléchissant, en faisant un travail, d'écouter des cohérences existentielles, de vraiment transmettre, être bien avec soi-même d'abord, parce que si on n'est pas heureux dans la vie, on ne peut pas transmettre le bonheur. Donc je me suis dit, la maternité c'est quelque chose quand même, je me vois avec 90 ans, avec mes enfants, mes petits-enfants, entourés d'une famille. Parce que la famille pour moi c'est sacré, c'est quelque chose de magnifique. Il n'y en a pas que le travail, il y a les moments de la famille, il y a les moments de se retrouver tous à table, de discuter, de s'accompagner. Je sais que quand j'aurai 90 ans, j'aurai mes petits-enfants et c'est quelque chose qui me rend heureuse. Donc, je vais la faire.
- Speaker #0
Tu imagines, avec ton violoncelle, ton ventre sur scène, est-ce que tu conscientises, par exemple, tu te vois avec un ventre rond et ton violoncelle en harmonie, tout ça, ou est-ce que pour toi, le temps de la maternité, c'est plutôt un temps, un petit peu de retrait, de composition, mais de ne pas te montrer.
- Speaker #1
Non, j'avais plaisir, ça dépend de comment je me sentais physiquement. Ma mère, elle avait un ventre énorme quand j'étais dans son ventre, et comme ça, elle jouait la guitare. La guitare, elle m'a dit que pendant tous les neuf mois, elle a toujours joué la guitare.
- Speaker #0
Et ce n'était pas à la même époque.
- Speaker #1
À la même époque, à Cuba. Ça dépend, il faut s'écouter. Mais la créativité, en tout cas, c'est un sujet très intéressant pour ceux qui ne sont pas musiciens, de se dire... Même si j'ai un autre métier qui est artistique, la créativité est vraiment au quotidien. On peut trouver la créativité. Une manière de savoir si on est créatif ou pas, c'est de mesurer en tout cas si on est en train de faire quelque chose de créatif ou pas. Il y a une manière de savoir, c'est-à-dire qu'il faut penser à une activité qu'on fasse dans la vie, et d'un coup, à la faisance, le temps est suspendu et on oublie que les heures passent. Tu te dis « Oh, c'est passé vite le temps ! » Donc déjà, il faut penser quelles sont ces activités-là que quand tu fais, ça passe vite. Pourquoi ? Parce que ça, c'est une activité créative. Que ce soit la cuisine, que ce soit lire, que ce soit écrire, que ce soit la peinture, à ce moment-là, et ce genre d'activité, il faut la faire plus souvent.
- Speaker #0
Pour l'épanouissement ?
- Speaker #1
Pour l'épanouissement, pour réactiver cette créativité interne qu'on a, qu'on soit musicien ou pas. Et même moi, chez les musiciens, on travaille toujours sur cette spontanéité. cette fraîcheur, cette innocence de faire la chose. Moi, ça m'arrive avec eux, ce que j'ai fait.
- Speaker #0
Et l'amour dans tout ça ?
- Speaker #1
Et l'amour ?
- Speaker #0
Est-ce qu'on peut aimer, être aimé en étant célèbre, en voyageant dans le monde entier, en étant admiré ?
- Speaker #1
Alors, ça dépend. Justement, quand on est célèbre, il faut beaucoup, beaucoup travailler l'ego, l'ego à soi. C'est-à-dire que c'est nous-mêmes qui devons travailler nous-mêmes. Parce qu'on dit toujours oui, les autres oui, le public oui, les autres non, non, c'est nous qui devons travailler.
- Speaker #0
Explique-moi ça.
- Speaker #1
C'est-à-dire que le travail dans la vie de bonheur est du bon suffisant. C'est important aussi. Parce qu'on peut trouver du bonheur avec des petites choses dans la vie. On n'a pas besoin d'une voiture de luxe. On n'a pas besoin d'une grande maison de luxe. Si on a besoin de ça pour être heureux, ça veut dire qu'on n'a pas encore trouvé le bonheur vraiment dans la vie. Parce que le bonheur n'est pas ni par la reconnaissance des autres, ni par la reconnaissance des masses, ni par la reconnaissance des journaux ou des magasins, ni par la reconnaissance d'avoir les matériels. Le bonheur, notre valeur, c'est pas par rapport au statut économique ni les célébrités qu'on a. Et ça, c'est ce que j'ai appris dans ce métier. J'ai appris dans ce métier à savoir ma valeur au-delà de la célébrité et au-delà de l'argent.
- Speaker #0
Mais moi, je te demande, et l'amour ?
- Speaker #1
Et l'amour dans tout ça, c'est qu'une fois qu'on s'aime parce qu'on est, une fois qu'on ne s'aime pas par toutes ces choses extérieures, c'est là qu'on peut retrouver l'amour. Même avec d'autres personnes. Et c'est là qu'on va trouver une personne qui nous aime parce qu'on est vraiment. Et pas parce que l'apparence ou parce qu'on devient de manière... publique. C'est là. C'est-à-dire que jusqu'au moment où ce n'est pas notre valeur nude, notre valeur vraiment intrinsèque de notre valeur. de personnes. Jusqu'à là, si on ne la sait pas, on va trouver des relations toxiques, des relations de personnes qui vont être avec nous intéressées, que ce soit par les apparences, par la visibilité, par l'économie. On va trouver des personnes intéressées, parce que jusqu'à ce point-là, on ne s'est pas encore aimé suffisamment. Mais le jour où on ne sait pas ce qu'on est, sans rien de ça, c'est là où l'amour vrai va arriver, parce qu'il va être encore un cohérence avec ce qu'on aime nous-mêmes.
- Speaker #0
Est-ce que ça t'a fait peur, ça, à un moment ? Est-ce que ça t'a fait peur de, justement, de ne pas trouver l'amour vrai, parce que, pour toutes les raisons qu'on vient de dire ?
- Speaker #1
Ça m'a fait peur, mais en même temps, ça m'a fait beaucoup d'apprentissage. Parce que je tombais sur des relations très toxiques, parce que je n'avais pas encore été à moi, sur mon essentiel, sur l'amour de ce que je suis, avec mon talent, sans Merci. en élevant tout ce qui est la reste de l'externe. Et c'est grâce à avoir passé ces moments difficiles, toutes ces relations qui m'ont fait vraiment toucher le fond dans la vie, qui m'ont humiliée, que je peux m'aimer parce que je suis aujourd'hui entièrement, je sais ma valeur, qui est ma valeur précieuse, c'est l'étant que je puisse aider à quelqu'un, l'étant dans ma pensée, dans mon cœur, et l'étant de mon existence. C'est ça le plus précieux.
- Speaker #0
On sent une grande sagesse. En toi, on sent une... très grande sagesse. Une vraie relation cosmique, il y a quelque chose comme ça qui a beaucoup travaillé sur toi. Ça vient de... C'était pour te sauver. C'est pour te sauver toi. Ça a été ta...
- Speaker #1
Déjà, les grands amis qui m'ont aidée pour traverser les moments, ça a été les livres, les spiritualités. Quand on est sur des moments difficiles dans la vie. C'est là qu'on retrouve la spiritualité, de dire, j'aimerais vraiment retrouver le bonheur, j'aimerais vraiment m'en sortir, je veux m'en sortir. Tu crois, il y a une connexion avec tes ancêtres, une connexion, et c'est là où tu entends les histoires vécues déjà par ton arrière-grand-mère. Tu te dis, attention, s'il a vécu cette souffrance, moi je ne veux pas la revivre, ou si je la revis, je veux m'en sortir. Parce que pour moi, on l'a transformée. Pour elle, exactement. Et un de ses livres s'appelle « Quand tu changes, tout change » . Donc ça c'est important parce que le fait que nous on change, et surtout ne pas penser que nous sommes des victimes dans la vie. Sans l'élever de victime, je ne suis pas victime de mes relations toxiques. Au contraire, je suis un agent maintenant, si je m'aime, évidemment qu'il y aura quelqu'un qui va m'aimer pareil que moi. J'aime, parce qu'il vaut vraiment chez moi, pas par les apparences. J'aime même. par la personne, l'amour que je peux sentir, donner à ma famille, la joie, les choses que je suis qui ne sont ni la reconnaissance, ni la solidarité, ni rien de ça.
- Speaker #0
C'est toi en étant en même. Mais c'est d'abord de s'aimer soi. C'est la base.
- Speaker #1
Exactement. Et comme on s'aime, du coup, on prend soin de nous. Et on prend soin de nous comme quelque chose de précieux. Et si quand tu aimes quelqu'un, Par exemple, je ne suis pas mère encore, mais si j'aurais une fille, je vais regarder pour que sa valeur en tant que personne, son entourage, soit valorisé par rapport à la vie qu'elle vaut. C'est-à-dire que tu vaux beaucoup parce que moi, je t'aime énormément, je veux que tu sois bien. C'est la même façon que je vais traiter mon enfant intérieur. Je me prends soin de moi, des personnes avec qui je suis. Je vais regarder vraiment au-delà qu'elles sont, ça c'est en parlant de l'amour, je vais regarder au-delà. quelles sont les valeurs de l'autre personne pour voir si elles sont les mêmes valeurs que moi.
- Speaker #0
Et après, tu te retrouves.
- Speaker #1
Exactement. Qu'est-ce qui se passe dans l'amour aujourd'hui ? Qu'est-ce qui se passe ? C'est que les relations, le problème, c'est que quand on voit qu'on veut sortir avec quelqu'un juste parce que c'est joli, c'est sympathique, ah ça y est, c'est sympathique, c'est...
- Speaker #0
On reprend à qu'est-ce qu'on voit dans l'amour aujourd'hui ?
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'on voit dans l'amour aujourd'hui ? Pourquoi nous vivons souvent des relations difficiles ? Quand on se rend par contre au début ? Parce que c'est à nous, quand on rencontre quelqu'un, si on ne reste que sur la queue, La cape, comment dire ? La couverture. ça veut dire une personne sympathique, une personne aimable, une personne ça fait du bien, c'est agréable, en plus ça me plaît ah parfait, ça c'est la ça c'est la couverture et souvent déjà les personnes parfait on va être couple déjà pour ça alors que non ce qui est important c'est qu'est-ce qu'ils sont les valeurs fondamentales qui portent ce détriment-là quels sont les valeurs, quels sont les les principes, les valeurs qui mènent cette personne, qu'est-ce qui le bouge, qu'est-ce qui le fait bouger dans la vie ? Est-ce que c'est l'ambition à l'argent ? Est-ce qu'il passe du temps avec sa famille ? Quelles sont les valeurs qui, tous les matins, font partie de son être, vraiment ? Et pour cela, il faut du temps pour savoir connaître la personne. Il ne faut surtout pas se laisser guider que par les apparences. Et ça vient de nous. C'est nous qui choisissons la personne.
- Speaker #0
C'est important de le redire.
- Speaker #1
On est actrice de notre vie et de notre choix. Si on est quelqu'un qui vit sur les apparences, et que nous-mêmes, on est guidés par les apparences, forcément, on va trouver quelqu'un qui vit pour les apparences. Et forcément, on va trouver quelqu'un qui est intéressé. Mais si on est quelqu'un qui a une sensibilité pour d'autres types de valeurs, pour la tranquillité, pour des conversations, un peu plus par exemple sur la maternité, sur la relation avec la famille, d'être très bien en équilibre avec son travail, avec la vie familiale. C'est une cohérence là-dessus. Du coup, on va forcément trouver quelqu'un qui va raisonner, rayonner avec ça.
- Speaker #0
Pour faire la boucle par rapport à ce qu'on disait au début, c'est une question de vibration. Quand tu vibres avec ton instrument, tu vibres avec ton cœur finalement.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Ça, tu l'as appris aussi.
- Speaker #1
Exactement, de vivre avec ça. Et l'amour, en tout cas, c'est quelque chose de merveilleux. Et je conseille de vivre... Il faut être courageux dans la vie pour vivre tous les jours avec l'amour. Que ce soit pour nous, l'amour à notre métier, l'amour à notre famille, l'amour à nos collègues de travail, l'amour à donner et à recevoir. Et c'est comme ça qu'on peut recevoir aussi l'amour.
- Speaker #0
Il faut être assez ouvert et s'aimer soi-même pour accepter. aussi de recevoir un amour.
- Speaker #1
Exactement. Je me rappelle, j'avais sorti d'une situation tellement difficile qu'après, je ne pouvais pas croire qu'on pouvait m'aimer.
- Speaker #0
Ah, c'est terrible ça.
- Speaker #1
Terrible.
- Speaker #0
Oui, c'est terrible.
- Speaker #1
Je ne pouvais pas croire qu'on pouvait m'aimer parce que je le suis. Et je pensais que si je m'aimais, c'était parce qu'il y avait un intérêt derrière quelque chose. Maintenant, il faut accepter après. Il faut commencer d'abord par s'accepter à s'aimer soi-même.
- Speaker #0
Oui, c'est le plus difficile. c'est le plus difficile à faire on va bientôt arriver à la fin on a plein de choses essaye de te poser un peu et reviens un peu en arrière qu'est-ce que tu dirais à la petite Anna Carla de Cuba qui prend son violoncelle et qui commence à jouer pour la première fois, tu lui dirais quoi ?
- Speaker #1
Je lui dirais, ne t'inquiète pas, ne t'inquiète pas, tout va bien se passer.
- Speaker #0
Même si c'est dur ?
- Speaker #1
Ne t'inquiète pas, parce que je pense qu'en étant petite, évidemment les violoncelles et passer des heures, c'est une manière d'être en temps suspendu. Mais j'ai vécu en tant que femme des choses très difficiles avec mon corps, de ne pas me sentir à l'aise, de ne pas croire vraiment en moi, d'avoir des doutes, ou de ne pas me sentir à ma place. Toutes ces peurs de petites filles, et même d'adolescentes ou de jeunes femmes, ont toujours vécu avec moi, les doutes. Donc si j'avais pris dans mes bras la petite Anna Carla, je leur aurais dit « Ne t'inquiète pas, tout va bien se passer » .
- Speaker #0
Ça a été compliqué de vivre avec ton corps, avec toi-même, pas ça ?
- Speaker #1
Bien sûr. J'ai eu des problèmes de boulimie, d'anorexie, tous ces problèmes, parce que la société nous fait penser qu'on n'est pas suffisant, qu'on n'est pas si belle, qu'on n'est pas si jolie, qu'on n'est pas comme on montre sur le panneau de publicité.
- Speaker #0
Et comment tu t'en sors alors de ça ?
- Speaker #1
Finalement, comment je me suis en sortie de ça ? C'est en faisant un travail personnel. très grand. Il faut travailler en soi, il faut avoir confiance en soi, il faut s'accepter tel qu'on est. Il faut regarder la beauté qu'on a chez nous.
- Speaker #0
On peut se faire aider pour ça ?
- Speaker #1
Bien sûr, il faut faire s'aider. Se faire aider et si on peut, essayer de trouver un soutien chez la famille. Parce que normalement, il peut y avoir des cas différents, mais normalement nos parents nous aiment, ils veulent nous voir heureux. Nos parents nous aiment vraiment, ils ne nous connaissaient plus de petite. Ils veulent qu'on soit heureux. Et c'est bien de les retrouver à chaque fois à la fin des ans.
- Speaker #0
C'est eux qui t'ont aidé à dépasser. Parce qu'aujourd'hui, quand on te voit, soit tu joues bien la comédie,
- Speaker #1
non, non, non, sinon, tu es une belle femme.
- Speaker #0
Mais je veux dire, tu t'assumes parfaitement. Je suis épanouie. Épanouie,
- Speaker #1
100%. Je suis épanouie 100%.
- Speaker #0
Tu passes quand même de anorexie, boulimie, à être épanouie. Oui,
- Speaker #1
parce que ça, c'était une force antérieure que j'ai toujours eue depuis petite. J'ai un esprit déjà positif devant la vie. Ma mère m'a appris à être positive devant la vie. Ma mère est toujours « Anna, pense à ça, on va faire ça » . Ma mère a toujours été un exemple et même si j'ai touché le fond dans ma vie, ça n'était que pour me surmonter.
- Speaker #0
C'est les épreuves qui t'ont fait grandir.
- Speaker #1
Exactement, c'est les épreuves. C'est d'avoir passé par ces moments difficiles que je remercie la personne que je suis aujourd'hui. Parce que je ne suis pas une victime, je suis que la continuité des choses et d'apprentissage. Et c'est grâce à l'apprentissage qu'aujourd'hui, plus que jamais, je me sens très épanouie parce que je valorise l'effet d'être là, d'être vivante, de faire ce qu'on aime, d'avoir la possibilité de transmettre un message. Et donc c'est ça.
- Speaker #0
Je sens vraiment cette gratitude en toi que tu retransmets à chaque fois que tu le peux. Tu vois, tu as un petit mot de gratitude.
- Speaker #1
Toujours, parce que l'effet d'avancer à chaque heure, ça vient de moments difficiles qu'il faut les traverser et que grâce à la musique, ça m'a aidée à pouvoir les écrire en chansons, en paroles, à me donner l'espoir, à m'évader de la réalité à travers la musique, à pouvoir trouver une... et c'est ça l'art, l'art et la culture ça nous aide à pouvoir non seulement trouver des réponses mais à pouvoir développer l'imaginaire. Et d'un coup, on est parti sur un samba de Brésil, sur un bolero cubain, on a salsa cubaine, et après on fait un tango, et après on danse, et on prend les violoncelles, les temps sont suspendus, on oublie tout, et là on est sur un instant précieux. Donc l'art, ça sert à ça, l'art ça sert à développer l'imaginaire et les émotions.
- Speaker #0
Tu penses que si tu n'avais pas vécu ces moments compliqués, tu serais l'artiste que tu es aujourd'hui ?
- Speaker #1
Je pense que je suis la conséquence de toutes ces choses-là, des moments difficiles, des moments joyeux aussi, de la famille que j'ai eue, de mes ancêtres, de tout ça. On est tout ce qui est nos bagages, nos entourages depuis toujours. Donc chacun de nous, on est des personnes uniques et on est des personnes avec une empreinte, une encre, quelque chose qui est... que personne d'autre ne peut pas être pareil comme nous. Donc il faut embrasser ça, il faut embrasser ça, il faut l'accepter. Il faut les honorer, il faut les vivre avec plénitude. Donc chacun de nous, nous avons notre propre histoire.
- Speaker #0
Tu dirais quoi à ta grand-mère ?
- Speaker #1
Je dirais que je suis très heureuse d'être sa petite-fille, que je l'aime beaucoup, que je remercie à mon maman tous les moments difficiles qu'elle a traversés. Parce que même l'air de rien, elle m'accompagne aujourd'hui. et je dis toujours aussi à mes parents je dis à papa, à maman merci beaucoup maman de m'avoir amené à ce monde j'aurais pour rien dans la vie je m'aurais perdu ce monde c'est toujours ça ma mère me dit merci beaucoup de m'avoir amené sur ce monde c'est tellement amusant j'aurais pas voulu rater ça, j'aurais pas raté ça j'ai dit ça toujours avant de monter sur scène à papa j'aurais pas raté ça merci beaucoup de m'avoir amené au monde alors que tu vois ça
- Speaker #0
finalement c'est ça que je retiens de toi c'est que c'est cette cette boulimie de vie et de bonheur des prendre la vie la vie quand tu as vécu tant de choses avec plus d'heures que tu ainsi mais qu'on devine et de dire voilà on peut transformer on peut transmuter en faire quelque chose de nouveau Est-ce que tu es fière de toi ? aujourd'hui.
- Speaker #1
Bien sûr, je suis fière. Et même, je suis... L'autre jour, j'ai fêté mon anniversaire et j'étais allée à Mérida, au Mexique, après ma tournée au Mexico. Je suis allée avec ma mère, parce que d'ailleurs ma mère elle m'accompagnait On tournait toute cette année, j'étais hyper contente de ma mère, elle est venue, j'étais tellement heureuse pour ça. C'était un cadeau magnifique et on a retrouvé mes grands-parents. Et quand j'avais 8 ans, parfois j'ai pleuré tout seul dans ma chambre, j'ai pleuré parce que j'aimais tellement ma grand-mère que je me disais, je ne veux pas qu'elle parte quand j'étais toute petite. Et l'autre jour, j'ai fêté à Merida, ils sont venus, mes 30 ans, avec mes grands-parents, celles que j'ai pensées à l'âge de 8 ans, qui n'étaient plus jamais là. Et j'étais tellement heureuse et reconnaissante dans la vie. Je me disais, quel cadeau ! Je n'aurais jamais dit que j'allais fêter mes 30 ans avec mes grands-parents vivants. Et j'ai pleuré de bonheur pour dire que la vie m'a donné beaucoup plus, trop de ce que je n'aurais jamais imaginé.
- Speaker #0
C'est une belle leçon de vie que tu m'as fait en train de nous donner. On va terminer avec la question traditionnelle de parmi les chers. Pour toi, c'est quoi être une femme aujourd'hui ?
- Speaker #1
Aujourd'hui ?
- Speaker #0
Aujourd'hui.
- Speaker #1
Alors, je pense qu'une femme aujourd'hui, ce n'est pas être une seule chose. Ce n'est pas être ou l'artiste, ou la maman, ou la chef d'entreprise, ou l'épouse, ou ça. C'est vraiment un tout. Je pense que ce qu'il faudrait développer chez l'idée qu'on a des femmes, C'est qu'on peut être versatile et multidisciplinaire, c'est-à-dire on peut faire différentes choses. On peut être maman, on peut être entrepreneuse, on peut être un artiste, on peut très bien négocier un contrat, qu'on peut très bien monter sur scène, on peut très bien prendre soin de nos enfants, et on peut aussi très bien être un couple heureux, sain et merveilleux. Donc ça veut dire qu'il faut enlever cette idée-là de « soit j'ai fait ça, c'est tout » . Donc il faut enlever cette idée-là.
- Speaker #0
On enlève les carcasses.
- Speaker #1
Dans la vie, vraiment, on peut avoir une vie pleine et équilibrée dans tous nos rôles. C'est ce qu'on appelle les rôles dans la vie. On a les rôles, différents rôles. J'ai un rôle de fille, j'ai un rôle de petite fille aussi, j'ai un rôle de sœur, j'ai un rôle, je ne sais pas, je n'ai pas encore le rôle de maman, mais j'ai le rôle d'artiste et j'ai le rôle d'entrepreneuse. Et tous ces rôles-là, dans ma semaine, je m'organise pour faire dans chaque rôle quelque chose. Et je ne fais pas que le travail sans la famille, non. ou que la famille est sans travail. Donc, je fais de tout un peu et ça, je suis une femme libre en plénitude qui est rose avec tous mes rôles dans la vie. Et pourtant, je ne cache pas et je ne supprime pas un rôle pour l'autre.
- Speaker #0
Écoute, je pense que c'est une belle façon de conclure ce podcast. Être libre avec tous ses rôles. C'est ça, être une femme.
- Speaker #1
Être libre en plénitude.
- Speaker #0
En plénitude. Parfait. Merci beaucoup. Pour ce moment passé ensemble, c'était à l'image de ce que j'ai rencontré de toi sur scène. C'est lumineux, c'est rayonnant, c'est profond. Malgré ton beau sourire, il y a un peu de sombre, mais que tu as réussi à toujours responder.
- Speaker #1
Je m'arriverai les ans pour trouver la lumière et l'amour, la joie. Merci beaucoup Stéphanie. Et on embrasse très fort à tous. tous les auditeurs de podcast des femmes, c'est magnifique ce projet, continuez. On continue.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Merci à vous. Merci à vous.
- Speaker #1
Adios.