- Speaker #0
Bonjour, je suis Stéphanie Barranco, et bienvenue dans Parole de Femme. Dans ce podcast, je donne la parole à des femmes au destin peu banal, pour qu'elles nous parlent d'elles, de leur parcours, de leurs espoirs et de leurs doutes, de leur vision de la femme d'aujourd'hui, l'avenir. Puissent ces femmes vous inspirer, nous inspirer, et inspirer nos générations futures. Elles se livrent sans tabou, avec le cœur. Je vous laisse avec elle, voici leurs histoires. Place à Parole de femme, saison 3.
- Speaker #1
Quand t'as 17 ans,
- Speaker #0
on pousse la porte d'un job d'été et que finalement... On ouvre la porte à sa vie, c'est un peu l'histoire de ta vie,
- Speaker #1
Marie-Josée. Oui, 17 ans, c'est mon premier job en tant qu'étudiante. Je me suis dit tiens, je vais aller bosser, je vais me faire un petit peu de sous pendant l'été et tout. Et finalement, je m'étais inscrite d'ailleurs dans un supermarché qui était à côté de chez moi. C'était un mammouth. Oui, c'est vrai. c'était un mammouth qui était derrière chez moi et je me suis dit je veux être caissière enfin c'est pas mon métier parce que j'étais plutôt dans le secrétariat et je voulais être secrétaire de direction d'ailleurs et en fait ce petit job d'été donc je m'inscris ma candidature a été gardée et puis finalement peu de temps après j'ai quelqu'un qui me dit tiens il y a un groupe qui cherche des danseuses Tu danses bien, tu devrais aller faire le casting.
- Speaker #0
Vas-y, non mais j'allais te dire, finis et après nous avons affaire à une bavarde.
- Speaker #1
Et donc finalement j'ai été faire le casting et à 17 ans, voilà, c'est finalement mon premier job d'été, c'est autre chose que d'être caissière.
- Speaker #0
Change ta vie.
- Speaker #1
Ça va changer, ça va, voilà, ça change ma vie et ça change ma vie, ouais.
- Speaker #0
Bonjour. Marie-Josée, bienvenue au micro de Parole de Femme. Tu nous fais un beau teasing de ce qui va se passer pendant cette heure toutes les deux. Et pour commencer, Parole de Femme, on a une tradition. J'aimerais que tu puisses te décrire de la manière suivante. Si tu étais un moment de la journée, si tu étais un plat de ton enfance, et si tu étais une émotion, lesquelles serais-tu ?
- Speaker #1
Alors, je suis plutôt du soir. J'aime bien le soir. J'ai du mal à me coucher, d'ailleurs. J'ai du mal à m'endormir dans le sens où... Dès la toute petite, je me rappelle, ma mère, à chaque fois, me disait « Marie-Jo, va te coucher, demain, c'est l'école ! » Donc, voilà. Donc, le soir, j'aime bien, je me sens bien. Et d'ailleurs, j'ai eu à écrire des chansons le soir. Donc, je pense que le soir, ça me convient très bien.
- Speaker #0
Pourquoi ? C'est plus inspirant, le soir ?
- Speaker #1
Voilà, je pense que justement, tout se calme, on est au calme, la journée, elle est passée. Je pense que voilà, c'est inspirant et voilà, je ne sais pas pourquoi. Pourtant, moi, je suis né le matin, fin de matinée, à 11h45, mais bon, c'est le soir.
- Speaker #0
Le soir, ta taise. Un plein de ton enfance, Marie-Jo ?
- Speaker #1
Un plein de mon enfance. Alors, ma mère, elle était une très bonne cuisinière. Donc, bon, moi, je n'ai pas forcément irrité. Je sais cuisiner. Enfin, je peux cuisiner, mais je n'ai pas irrité de ça. Mais j'aimais bien quand elle faisait de la langue de bœuf. Imagine.
- Speaker #0
Alors, je vais avoir du mal à imaginer.
- Speaker #1
C'est un plat typique ? Non, ce n'est pas un plat typique. C'est plutôt de l'hexagone.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Mais d'ailleurs, j'ai vécu plus en hexagone, en fait. C'est pour ça. Mais sinon, non. Sinon, elle faisait très bien aussi. Et sinon, j'aime le dombré, que de cochon. d'haricots rouges.
- Speaker #0
Très bien, tu aimes la viande ?
- Speaker #1
J'ai remarqué que de moins en moins, j'aime la viande de moins en moins. Là justement, non, non, je mange de moins en moins de viande, mais j'aime bien la viande, j'aime bien la viande.
- Speaker #0
En tout cas, ça te rappelle plein de souvenirs.
- Speaker #1
En tout cas, les dombrés, haricots rouges, à la queue de cochon, c'est de la salaison en fait, tu vois, en queue de cochon, c'est adorable, j'adore, jusqu'à maintenant.
- Speaker #0
Vous aviez C'était important pour vous de vous réunir en famille ? Vous avez ces rituels-là autour de la table, autour de bien manger ?
- Speaker #1
Surtout le dimanche, parce que ma mère ne travaillait pas le dimanche. Elle travaillait toute la semaine. Et vraiment, le dimanche, elle faisait le repas. C'était vraiment tout le monde à la table et puis le grand repas. Et ma mère, elle aimait bien mettre les petits plats dans les grands. Donc, ça partait de l'entrée jusqu'au dessert. c'était magnifique ah oui ma mère et une émotion ? une émotion Une émotion... Alors, la première fois que j'ai mis les pieds en Afrique, ma mère, elle m'a toujours, elle a toujours parlé de l'Afrique. Je crois que c'était son rêve d'aller en Afrique. Malheureusement, elle n'a pas eu le temps d'y aller. Mais elle nous a toujours parlé de l'Afrique. Je ne sais pas, c'était une passion pour elle et une envie d'y aller. Et d'ailleurs, mon père étant militaire de carrière, elle lui demandait, oui, vas-y. de m'imiter à ses hôpitaux en Afrique et tout, mais lui, c'était pas du tout son choix. Et donc, quand moi, je m'ai la première fois, quand je m'ai la première fois en Côte d'Ivoire avec Kassav, j'ai énormément pensé à ma maman et j'ai presque embrassé le sol, en fait, quand j'arrivais.
- Speaker #0
Vous étiez deux à ce moment-là.
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #0
Elle et toi.
- Speaker #1
Ah ouais, d'accord, oui. Donc voilà, et c'est vraiment un souvenir de ma maman que... Et puis après, j'ai une belle passion pour ce continent.
- Speaker #0
Quand on se produit sur scène, comme par exemple là, tu parles de ta première fois en Afrique, d'être porté par un souvenir ou d'être porté par une émotion, ça change ton concert ? Est-ce que tu te sens différente quand tu vas jouer, chanter ou danser pour quelqu'un, quelque chose de fort ? Est-ce que tu as l'impression que ça change finalement ton concert ? Et sachant que la prestation, c'est plus intense pour toi ?
- Speaker #1
En fait, c'est toujours intense. Sauf qu'avant de rentrer sur scène, on est toujours un petit peu angoissé. On a toujours un peu le trac. Et puis quand on entend le public, alors surtout le public de Kassav. Le public de Kassav, il est magique. Le public de Kassav, dès l'entrée, comme ça, on vibre avec le public. Donc du coup, ça te porte. et tu ne peux pas être en dessous. Il faut être au-dessus. Donc, tu donnes tout ce qu'il faut donner. Et dès le début, avec Kassas, ça a toujours été comme ça. Et même pour moi, quand je fais des scènes pour moi, c'est vrai que le public, c'est lui qui me donne le là, comme on dit. Et s'il ne me le donne pas, c'est à moi de le donner. Donc, non, il faut toujours que je sois au top, en fait.
- Speaker #0
Tu fais... Parce que tu vas nous expliquer ta carrière, c'est important. Tu rentres donc à 17 ans avec Kassav, que tu découvres à ce moment-là.
- Speaker #1
Alors, je découvre le groupe, ça c'est sûr. Le groupe était vraiment à ses débuts, donc on connaissait très peu encore Kassav. Mais ils avaient déjà fait des albums, ils en étaient même pratiquement aux 3-4, parce qu'ils ont fait beaucoup d'albums, ils ont expérimenté un peu cette musique qu'ils ont créée après. ils créeront le zouk donc du coup il y a eu des albums expérimentaux et donc du coup moi je suis arrivée quand ils promotionnaient un album qui je crois que c'était le cinquième album mais juste avant, c'est à dire quelques mois avant j'étais dans une association anti-est parce que je voulais connaître un peu plus ma culture et tout ça donc je me suis inscrite on Je suis allée dans une association antillaise et le président de l'association avait emmené un album de Kassav.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et je me disais, voilà, c'est un groupe qui commence à se faire connaître, qui est tout nouveau aux Antilles et tout. Et j'avais même fait une chorégraphie. C'était le morceau Wonderful avec un autre chorégraphe dans l'association. Et quelques mois après, on me dit, oui, il y a Kassab qui cherche des danseuses et tout. Est-ce que tu ne veux pas aller faire le casting ? Je dis, mais Kassab, je connais. Tu sais, voilà, c'était des gens que je connaissais. Et quand je suis arrivée, j'ai appris à connaître le groupe. Jacob d'abord, Georges, surtout Georges aussi, Georges Dessimus. Après, il y avait quand même tout plein de personnes. Pierre-Édouard aussi était là. Et Jocelyne n'était pas encore là. ni Nemro en fait ils avaient déjà fait des albums parce qu'en fait ils étaient Jocelyne avait déjà fait des chœurs sur les albums mais elle n'était pas dans cette première formation dans laquelle j'étais et c'était grandiose parce que la volonté justement de Pierre-Edouard Desimus qui est un peu l'initiateur de ce groupe, c'était d'en faire un groupe donc il y avait deux bassistes les deux frères bassistes, les deux frères Desimus, il y avait deux Deux claviers, deux batteurs, quatre danseuses. On était quatre danseuses. Quatre danseuses. Enfin bref, c'était le big, big, big band. Et puis les cuivres, bien sûr. Et c'était extraordinaire de faire ce premier show comme ça en Guadeloupe et en Martinique. Et moi, c'était un plus. C'était super parce que je n'allais pas très souvent aux Antilles, même en vacances. Je y allais peut-être une ou deux fois dans mon enfance. Et là, je vais en Guadeloupe, en plus en Martinique, et mon premier job d'été finalement. On revient à mon premier job d'été.
- Speaker #0
Et on revient à ton premier job d'été. Est-ce que c'était quand tu commences, comme ça, quand tu rentres dans le Kassab, est-ce que tu te souviens de ce premier jour, le premier jour où tu croises la route ? De Jacob. Est-ce que tu as la sensation que ta vie va changer à ce moment-là ? Tu te dis non, ça ne va pas durer, c'est un job d'été vraiment. Ou est-ce que tu comprends très rapidement que là tu rentres dans quelque chose de beaucoup plus grand ?
- Speaker #1
Non, pas tout de suite. Pas tout de suite parce que pour moi vraiment, non seulement c'était des vacances, en plus un job, donc du coup j'avais un cachet. Et ça m'a amusée en fait. Ça m'a amusée, moi j'aime la danse. Et quand je suis arrivée, en plus j'étais la dernière en fait, parce qu'il y avait déjà trois danseuses. Et moi j'étais la dernière arrivée. elles avaient déjà commencé à faire des chorés, j'ai appris ça très vite parce que j'apprenais très vite la danse, c'était vraiment mon dada comme on dit. Et donc, bon les filles en plus elles étaient très classiques, modernes, jazz, moi j'étais un petit peu multi, multi, voilà, multifacette, je dansais un peu de tout. Et donc du coup quand je suis arrivée j'étais vraiment très à l'aise et en plus j'étais la plus jeune en fait, donc j'étais le petit bébé de l'âge du groupe. Et très vite, on m'a, tu vois, genre des simus. Il y avait aussi à l'époque Dominique Panol. Et ils m'ont pris vraiment sous l'ordel. Voilà, c'est ça. Et j'étais vraiment très à l'aise. Donc voilà, quoi, superbe.
- Speaker #0
Alors du coup, à quel moment ça bascule ? À quel moment, tu vois, tu te dis, non mais en fait, je ne pars plus jamais. En fait, c'est ça ma vie.
- Speaker #1
En fait, j'étais étudiante, donc je n'avais pas encore passé mon bac.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
Et du coup, il fallait passer le bac et après, il a fallu faire un choix. Et le choix est arrivé quand j'ai eu mon bac. J'ai eu mon bac, j'ai repêché mon bac, j'ai eu mon bac au bout de la deuxième fois. Et ensuite, je me suis inscrite à l'université, mais ce n'est vraiment pas ce que je voulais faire. Parce que moi, je voulais être secrétaire de direction, faire un BTS. Et finalement, je me suis donné une année sabbatique, plus ou moins, en allant à l'université. Et c'était l'année du choix, en fait. Donc, je suis allée, quoi, quelques fois à l'université. J'ai rencontré des amis antillais qui me disaient, tiens, on va te donner les cours et tout. Parce que je loupais les cours. Parce qu'on commençait, Kassab commençait à partir encore plus souvent. Donc là, le groupe commençait à prendre de l'ampleur. Et donc, du coup, je loupais dans mon année scolaire et tout. J'ai eu à louper des cours. Donc, là, il a fallu faire un choix. Et ça s'est très vite... Voilà. J'ai dit, ouais, je veux bien être secrétaire, mais bon, être danseuse d'un groupe, je préfère. Bon, du coup, ma mère, en fait, elle voulait absolument que j'aie mon bac déjà, au moins. Donc comme je l'ai eu, après j'étais un peu libre pour choisir et j'ai choisi Kassaf.
- Speaker #0
C'est ce que j'allais te demander, ta maman, tes parents dans tout ça, ils n'ont pas peur ?
- Speaker #1
Ma mère, déjà la première fois quand je suis partie, elle était confiante. Elle a rencontré justement Jacob et Pierre-Edouard. Donc ils savaient qu'ils avaient dans leurs mains une ado, parce que j'étais ado. Je venais d'avoir 17 ans en plus, parce qu'on est parti au mois de juillet et je suis du mois de juin. Donc voilà, je venais d'avoir 17 ans et du coup j'étais dans les mains de ces messieurs qui sont très bien occupés de moi et tout. Et puis bon, j'étais comme quelqu'un aussi d'assez sage, donc ça va. Et puis le fait de partir aux Antilles, donc en Guadeloupe et en Martinique, surtout en Guadeloupe, il y avait des parents là-bas. Donc ma mère, elle s'est dit que, bon, effectivement, j'ai un oncle qui est venu quand je suis arrivée en Guadeloupe, il est venu me voir à l'hôtel et tout ça. Et puis la Martinique, c'est bien parce que mon père est de la Martinique et je ne connaissais pas la Martinique et je n'ai pas grandi avec mon père. Donc du coup, c'était une façon de connaître l'île de mon papa. Et voilà, donc j'étais très contente et voilà. Je ne sais plus où est-ce qu'on était dans la question.
- Speaker #0
J'en étais à justement ce que ta maman, est-ce qu'elle s'oppose à ce moment-là ? Est-ce qu'elle te porte quand même ?
- Speaker #1
Elle me fait confiance et je crois que j'ai fait un métier qu'elle n'aurait pas détesté faire. Donc elle était plutôt pour le chant et voilà. donc du coup Elle m'a toujours encouragée et là aussi c'était un bel départ.
- Speaker #0
Tu commences à rentrer dans le groupe, tu passes ton bac, ça y est qu'elles savent prendre l'ampleur. Comment on fait à 17, 18 ans pour trouver sa place dans un groupe comme ça ? Parce que c'était comme il y avait comme quelques personnalités et personnages charismatiques. Ils sont charismatiques.
- Speaker #1
Les personnages sont devenus charismatiques. Parce qu'en fait, comme je te dis, on était tous plus ou moins les débutants dans ce métier et dans ce... et dans ce domaine Kassav en fait. Donc on a grandi ensemble. Et ça c'était une belle chose. Et moi en fait...
- Speaker #0
Comment tu fais ta place ?
- Speaker #1
Déjà sur les quatre danseuses finalement, je sors un peu du lot. Parce que j'ai une petite formation quand même un peu afro. Donc la danse africaine, la danse antillaise qui correspondait beaucoup plus à la musique Kassav. par rapport aux autres danseuses qui étaient plus classiques, tout ça. Donc du coup, je suis sur les quatre, je suis la seule rescapée et j'intègre une autre, celle qui m'avait dit d'aller faire le casting d'ailleurs, j'intègre une amie, Catherine Lopin, et on est restés après les deux danseuses du groupe. Donc voilà, pendant une décennie. Une décennie,
- Speaker #0
tu te rends compte ? Au revoir. Compte en fait cette aventure sur des décennies.
- Speaker #1
Oui, des décennies. En tant que danseuse, ça a duré 14 ans, je crois. Et sinon, le reste, jusqu'à aujourd'hui, je suis encore là.
- Speaker #0
Tu définirais comment cette évolution dans le casse-sable ? C'est une famille, c'est un de tes piliers, c'est quoi ?
- Speaker #1
C'est ma vie déjà.
- Speaker #0
C'est ta vie ?
- Speaker #1
C'est ma vie, déjà, c'est ma vie professionnelle. Et c'est ma famille. Je n'y pensais pas. J'ai une histoire quand même par rapport à l'artistique, la musique et la danse. C'est qu'au divorce de mes parents, je me retrouve aux Antilles à l'âge de 4 ans. Ma mère se retrouve seule avec 3 enfants. Moi, je suis l'aînée, 4 ans ma soeur, moi ma soeur 3 ans et mon frère, il était bébé. Du coup, ma maman décide de nous emmener aux Antilles. et de nous laisser chez ma grand-mère et de faire en sorte de se refaire elle, de se divorcer parce qu'elle ne travaillait pas, et de trouver le moyen de pouvoir nous reprendre. Elle nous a repris cinq ans après. Et pendant ces cinq années où je suis restée aux Antilles, j'ai eu cette base, je crois que c'est... Je suis revenue avec des bagages, de lourds bagages. de beaux bagages parce que à l'âge de 6 ans, je suis dans une chorale et on dansait, on chantait, on faisait du spectacle, on faisait des scènes même lors des fêtes communales et c'est un capesterbello, je me rappellerai toujours, et c'est une religieuse en fait qui nous faisait danser, on dansait beaucoup aussi de la variété française, cloclo, tout ça et tout, et puis le chant. Donc du coup, j'ai deux choses avec moi, le chant et la danse. Et je faisais aussi de l'athlétisme, parce que j'aimais bien le sport aussi. J'étais assez sportive, oui, oui, j'étais assez sportive. Et finalement, en ramenant ces bagages comme ça à Paris, je me rends compte que, en fait, j'en ai fait mon métier par la suite. Mine de rien.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mine de rien, j'en ai fait mon métier. Donc, quelque part, de ce mauvais passage, je dirais, pour ma mère surtout, parce que pour nous, on ne l'a pas vu comme ça. Pour ma mère qui a fait ce sacrifice pendant 5 ans, elle nous a apporté, on a eu une bénédiction, parce que, en tout cas à personne, mais même mon frère et ma soeur, on n'en a pas souffert, parce qu'au contraire, on a eu justement un cocon familial très proche, avec la grand-mère et tout, c'était mon potomitan, comme on dit aux Antilles. Et ça, ce qui fait qu'aujourd'hui, je suis une femme affirmée. Je pense que c'est important, ce passage-là.
- Speaker #0
Oui, parce que ça va déterminer finalement.
- Speaker #1
Ça va déterminer justement.
- Speaker #0
Mais même dans ta construction, à toi.
- Speaker #1
Exactement, c'est exactement ça.
- Speaker #0
C'est un sacré sacrifice que ta maman, elle, fait à ce moment-là.
- Speaker #1
Ah oui, parce que je crois que c'est elle qui a le plus souffert de tout ça. parce que Même jusqu'à très tard, il n'y a pas longtemps encore avant qu'elle... parce qu'elle est partie malheureusement il y a un an, elle a souffert. quand même de son divorce, de fait, parce que c'est comme un échec, tu sais, un divorce c'est comme un échec, elle s'est pas remariée et mais nous on l'a pas vu comme ça en fait, nous on l'a pas vécu comme ça.
- Speaker #0
Ça vous a préservé énormément ?
- Speaker #1
Beaucoup, énormément et même la famille parce que par la suite c'est sa soeur qui a fait aussi comme un sacrifice parce que sa soeur nous a élevés aussi.
- Speaker #0
Avec ta grand-mère ?
- Speaker #1
Non, avec ma mère. Quand ma mère nous a repris, on est repartis dans l'Hexagone et ma tante, qui est sa jeune sœur de deux ans, l'a retrouvée à Paris. Elle est devenue infirmière, plus cadre et tout par la suite. Elle a évolué dans son métier et elle nous a élevés. Elle est restée avec sa sœur.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et donc, du coup, les deux sœurs nous ont élevés. Et c'était, voilà, qu'on était vraiment dans un beau cadre, sans problème.
- Speaker #0
Voilà. Oui, finalement, tu as eu une belle enfance.
- Speaker #1
Oui. Oui. Oui, oui, oui. Belle enfance. Entourée de femmes. Entourée de femmes, avec beaucoup d'amour. Et des femmes fortes. Et des femmes fortes, surtout. Voilà.
- Speaker #0
Et des femmes fortes, qui n'avaient pas peur.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
C'est ça. Je reviens sur Kassav et sur toi, à l'intérieur de Kassav. Donc, tu commences par être... Tu vas faire ton métier de danseuse et après, parce que justement tu as vécu toutes ces formations-là, même sans savoir que ça te servirait plus tard, qui finalement te servent, tu bascules sur le chant plus la danse, c'est ça ? Donc tu modifies en fait ton rôle ? grandit finalement au fur et à mesure que Kassab grandit aussi ?
- Speaker #1
Alors, pareil aussi, je ne pensais pas être chanteuse. Je ne pensais pas du tout être chanteuse. Mais je me savais les capacités, surtout les chœurs, de faire des chants lides, mais des chœurs surtout. Moi, j'aimais beaucoup faire des chœurs. et à l'âge de... Alors, après Cassave, tout juste après Cassave, alors du coup, j'ai 17 ans, peut-être vers 18, 19 ans, 18 ans, je crois, le chorégraphe qui était dans l'association me dit, tiens, Marie-Jo, je t'emmène sur Paris, parce que j'habite à Néussermann, dans le 93, et il me dit, je t'emmène sur Paris, il y a des balais, tu devrais connaître et tout, parce que Paris encore, c'est par rapport à... à ma façon de faire, à ma façon de danser et tout. Donc, il a voulu que je connaisse ça. Et il m'a emmenée dans un ballet à Paris. Et en fait, c'était Paco Rabanne qui avait ouvert un centre pour les artistes. Voilà, et danseurs, chanteurs, musiciens et tout. Il avait ouvert un centre où les gens pouvaient venir répéter tout ça et tout. Et donc, je rencontre ce ballet où je rencontre d'ailleurs Joël Ursel. à l'époque elle avait pas encore fait tous ses tubes elle était danseuse à l'époque et je rencontre il y a beaucoup de gens, j'ai rencontré dernièrement, on s'est vu Salif Keïda il y avait beaucoup de la diaspora en fait, donc les Africains les Antillais, tout ça et tout on se rencontrait là-bas pour répéter et j'ai eu l'occasion de danser et de chanter parce que j'avais des groupes justement des musiciens Merci. qui cherchaient des fois des choristes, et du coup, j'ai eu l'occasion de faire des choeurs pour les musiciens. Et du coup, donc voilà, je faisais un peu les deux, mais c'est vrai que j'étais beaucoup plus danseuse, en fait. Je me sentais plus danseuse. Et puis par la suite, dans Kassab et tout, j'ai eu l'occasion de faire quelques choeurs aussi, sur scène et tout ça, de faire des choeurs complémentaires. Et puis après, j'ai eu un chanté avec des artistes comme Éric Kozak, lui il faisait du groka, et Éric Kozak justement encore chez Paco Rabanne, où j'ai rencontré d'ailleurs aussi Frédéric Caracas, un grand bassiste de chez nous, qui était dans ce groupe-là aussi. et puis je ne sais plus enfin bref il y avait beaucoup des gens comme ça que j'ai rencontré dans ce centre qui sont devenus des grands artistes en fait donc Paco Rabanne avait fait une belle chose d'ailleurs de nous donner cette opportunité et c'était un lieu de rencontre en plus c'était un lieu de rencontre et d'opportunité donc voilà j'ai eu des opportunités de chanter et de danser et ça t'a plu ? Et ça me plaisait.
- Speaker #0
Et pourquoi, alors c'est peut-être bête comme question, tu me dis, mais finalement, pourquoi les cœurs ? Pourquoi t'avais plus envie d'être dans les cœurs plutôt que d'aller prendre des sons ? Enfin, de devenir, je ne sais pas comment on appelle ça, soliste ? Oui, oui, soliste.
- Speaker #1
Chanteuse. Alors, c'est par rapport à ma formation de chorale, en fait.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
C'est par rapport à la chorale. Je m'en rappelle, je n'étais pas prédestinée, par rapport à la chorale, il y avait des lides, il y avait des chanteurs et tout, des enfants, en fait, qui étaient bons en lide. Alors moi autant j'étais bonne en danse parce que justement je me rappelle encore, j'ai encore un grand souvenir. D'ailleurs c'est une religieuse, je ne sais pas si j'en ai parlé, c'est une religieuse, voilà, Sœur Marie-Georges qui nous faisait nous entraîner, qui nous apprenait les choses. et souvent des fois elle disait ah Marie-Jo en fait j'avais une particularité je pense que je me mettais un style j'avais toujours un truc à mettre la façon de danser et tout et j'étais souvent un petit peu le modèle en fait à suivre en danse Et en chant, je n'étais pas forcément la personne que je mettais en avant pour chanter. Donc, je crois que j'ai toujours gardé ce truc de faire des chœurs, en fait. Et j'aime ça. Et je me suis rendue compte que même par la suite, quand j'ai eu affaire, justement, quand j'étais lead, et que j'ai eu affaire même des albums, je me rends compte que j'étais même douée aussi à faire travailler des chœurs. C'est-à-dire sur mes albums. je donnais les voix en fait donc j'avais cette capacité là ce que j'entends là dans ce que tu dis c'est que surtout c'est comme si tu aimais le collectif tout le monde travaille pour quelque chose de plus grand et de commun exactement et c'est ce que j'ai aimé avec Assam justement alors nous c'est vrai qu'on avait une position Catherine et moi de danseuse mais on avait ce côté justement d'emmener le ... le côté visuel du groupe et on avait vraiment une belle complicité toutes les deux. On a fait appel aussi à un danseur propre de danse, Moïse Rippon, qui nous a coachés, qui nous a justement, qui nous a coachés et qui nous a aidés au niveau chorégraphique parce que il fallait en faire des chorégraphies pour les voix. Et vraiment, il fallait vraiment imaginer cette scène cassave qu'on a créée aussi, on a créé un visuel cassave Merci. Et du coup, à trois, on était bons. Et ça, moi, j'ai toujours aimé. Alors effectivement, le côté lead à être seule, même quand j'ai eu à le faire. D'ailleurs, j'ai fait un... Alors, ma première expérience lead, vraiment, c'était avec Georges Dessimus, qui crée le groupe Volteface et qui nous fait chanter, Catherine et moi. Mais plus moi, j'ai eu plus de chants à faire. D'ailleurs, j'ai créé ma première chanson, j'ai écrit ma première chanson avec Volteface sur le premier album. Et je me rappelle, quand on faisait des playbacks où on présentait l'album et tout, j'étais comme ça, quoi. Du coup, de me retrouver seule devant le public, ça me faisait peur, en fait, plus que quand je... Pourtant, j'avais l'habitude, tu vois, mais le fait de me retrouver seule, il faut parler au public, il faut faire un autre exercice. Un autre exercice, oui. Voilà, donc que je lui ai appris, en fait, et que j'ai appris. Mais donc, du coup, et quand il va pour faire, il quitte le groupe, donc, et il me demande si je veux continuer avec eux. Et justement, j'ai refusé. Voilà, j'ai refusé parce que je ne me sentais pas à quitter déjà le groupe, à quitter ma collègue Catherine. Et je n'avais pas encore cette vision de me retrouver seule à chanter.
- Speaker #0
Et quand tu parles de l'extérieur, on a vraiment cette sensation-là que Kassav, en fait, ce n'est pas une personne. On a l'impression que quand on dit Kassav, on parle d'un monument, mais d'humain qui ne forme qu'un. C'est vraiment la sensation de l'extérieur. C'est ça. Non, d'ailleurs, on dit Kassav, c'est Kassav, c'est vraiment le groupe, c'est l'entité.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Pour autant, vous êtes des individualités. Oui. Dans les répètes, dans la création artistique. Comment on fait quand on est une jeune femme ? mais même plus tard, parce que si ça se trouve, ta problématique, tu l'as peut-être eu encore quand tu avais 30 ans, 40 ans. Comment on fait, finalement, pour être entendu du groupe dans ses choix, dans ses postures, peut-être dans ses... Ah tiens, j'ai une idée, qu'est-ce que vous en pensez ? Comment tu as réussi, toi, à... J'aime pas ce mot, mais à t'imposer en tant qu'artiste féminine au sein d'un collectif.
- Speaker #1
Alors, comme je te dis, Catherine et moi, on était vraiment un binôme. On était un binôme. Donc, pour moi, je ne me sentais pas seule, déjà. D'accord. Et quand on avait justement des choses à imposer, parce qu'on a eu des choses à imposer, mais les garçons nous faisaient assez confiance. On avait vraiment beaucoup aussi le soutien de Georges Estimus, beaucoup. beaucoup et puis les autres aussi mais nous on était vraiment libre d'emmener et d'apporter des choses au groupe mais on était deux pour moi moi j'ai bon déjà en fait on parlait d'une seule voix donc pour nous on était deux et en plus c'est vrai qu'on était trois trois femmes, en fait, finalement, parce que Jocelyne, elle était aussi à trois. En tout temps, elle est arrivée. Oui, après, elle est arrivée très vite. Mais la toute première tournée que moi, j'avais faite, elle n'était pas là. Mais après, à partir de la deuxième, elle était là. Et puis, du coup, on était trois femmes. Alors, Jocelyne, elle aura une autre expérience par rapport à nous, parce que c'est vrai qu'en tant que musicienne, en plus, au départ, elle était choriste, elle n'était pas encore lead. Donc, c'est encore une autre expérience, encore que nous. Mais nous, en fait, pour moi je ne me sentais pas seule déjà on parlait comme je dis avec mon autre mon acolyte Catherine Nopin on parlait d'une seule voix surtout elle était encore plus elle avait encore plus de poignes et de choses à imposer moi voilà on était très complémentaires mais on arrivait à imposer ce qu'on voulait
- Speaker #0
à l'intérieur de Kassab, mais comment ça se passe ? Parce qu'on a vraiment la sensation quand même qu'effectivement, les garçons sont plutôt protecteurs. Vous êtes deux filles plus après très vite Jocelyne, du coup, vous êtes un peu les trois ensemble. Vous restez les trois femmes finalement ensemble. Donc, vous avez vos garçons que vous arrivez à peu près à gérer. Oui. Voilà. Mais à l'extérieur, quand on est une femme artiste, parce que t'as pas tout le temps la protection de ton clan, de ta tribu qu'elles savent. Comment tu te positionnes en tant que femme artiste ? Et comment tu t'imposes ? Tu te dis quoi au départ ? Tu y penses ? C'est quoi les règles ? Tu te dis, moi je n'irai pas à ça, moi je ne ferai pas ça. Comment tu as navigué dans ces eaux parfois un peu troubles ?
- Speaker #1
Alors, moi j'ai... J'ai toujours été naturelle. Je n'ai pas eu à me modifier à chaque fois. On me prend comme je suis déjà. On me prend comme je suis. Et par exemple, en amour, si c'est un peu de ça que tu veux parler... Après,
- Speaker #0
je t'en parlerai. Là, c'était plus par rapport à des producteurs, des contrats, des gens. De te dire non, non, mais tu ne vas pas chanter. Non, tu ne vas pas danser sur telle chose. Ou nous, on ne veut pas que tu fasses ça. comment tu as fait pour imposer ton style pour finalement être fidèle à toi-même ? En dehors de ce qu'elles savent.
- Speaker #1
Je pense que les gens, que ce soit les producteurs, quand je les ai connus, ils m'ont toujours laissé faire ce que je voulais faire, ce que je voulais. Ils m'ont imposé des choses. Je pense qu'ils avaient un visuel, ils me voyaient de telle façon et ils m'ont pris comme j'étais. en fait, comme j'ai toujours dit j'ai voulu travailler avec des personnes, on m'a proposé au départ, quand j'ai fait mon premier album justement, au départ j'étais pas partie pour faire un album perso c'est un chanteur en fait qui m'avait choisi pour faire un duo avec lui d'accord c'est un chanteur qui marchait très bien, un chanteur africain qui s'appelle Uchana et il marchait très bien à l'époque et il me rencontre en Guadeloupe et il me demande de faire un duo avec lui il fallait chanter en Lingala et tout ça donc je le rencontre, j'ai écouté des choses j'ai dit wow c'est pas évident mais on va y aller on va essayer et puis il me présente son producteur qui était à Paris, quand on revient sur Paris il me présente son producteur et de là son producteur, c'est lui qui a eu l'idée il s'est dit mais tu veux pas faire un album ? alors moi je me suis dit j'ai pas pensé pourtant bon j'avais déjà fait deux ans avant le volte face oui j'avais même encore chanté aussi sur d'autres trucs avec d'autres chanteurs mais je pensais pas du tout faire un album en fait perso c'est pas vraiment n'était pas mon idée première et tout mais après sur le coup je me suis dit ben pourquoi pas et me présente un réalisateur qui travaillait avec lui et finalement on s'est retrouvés dans sa dans sa chambre et tout avec tout son matos et j'ai commencé à voilà j'ai commencé à travailler avec lui je me rends compte que je fais des mélodies que je sais faire des mélodies que machin après de mélodies je fais des textes et tout et voilà c'était parti et du coup je fais donc on fait au moins 12 titres Et après, j'ai demandé quand même aussi des choses à l'extérieur d'artistes. Je demande à un artiste de... Non, c'est quelqu'un qui me dit, tiens, j'ai un copain qui fait des chansons, tu devrais écouter. Je vais écouter, le gars n'a jamais édité de chansons. Moi, j'écoute. Moi, je trouve que sa chanson n'est pas mal. Je dis, OK, je prends. Je fais. Et aujourd'hui, c'est mon tube. Aujourd'hui, c'est mon type. Donc, voilà. Il y a eu des choix qui ont été faits et vraiment pas calculés, en fait. Pas calculés. Et même le producteur, quand il a entendu la chanson, quand je l'ai chantée, il m'a dit « Mais c'est toi qui chantes ? » Il trouvait que c'était un peu décalé. Ce n'était pas pareil que ce que j'avais déjà fait. Et lui, il était en confiance. Il m'a suivi. En général, ça a été ça, en fait.
- Speaker #0
On a l'impression, oui, c'est ça. que ta vie, c'est comme si tout devenait évidence.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. C'est un peu tracé. Moi, je me rappelle quand j'étais gamine, je parlais toujours de destin. Je ne sais pas si vraiment j'étais consciente de ce que ça voulait dire, mais je parlais toujours de destin. Voilà, on a un destin, machin, tout. Bon, je n'avais pas encore trop ce que j'allais faire. Et effectivement, je n'ai jamais calculé tout ce que j'ai eu à faire, tout ce que j'ai fait. C'est les choses qui me sont venues. les opportunités et j'ai sauté le pas et j'ai dit ok on y va quoi donc voilà.
- Speaker #0
On parlait de ton environnement, je te parlais des hommes mais comme on est dans un podcast sur Parole de Femme, j'aurais voulu que tu me dises, encore une fois c'est moi de mon point de vue à moi, est-ce que tu as la sensation que c'est comme une communauté, une sororité de femmes anti-est qui se soutiennent ? Ou est-ce qu'au final, pas tant que ça ? Ou est-ce qu'il y a encore du travail à faire par rapport à la place de la femme dans la musique anti-aise ? Ou est-ce que tu ne t'es pas sentie de ça, mais tu avais plutôt l'impression d'être dans quelque chose encore une fois de plus grand, d'être plutôt carrément dans une sororité du monde de la musique féminine ?
- Speaker #1
Alors, moi j'ai fait des choses que je pense que peut-être... Les femmes n'auraient pas fait. J'ai osé des choses dans la musique. Et malgré tout, je me suis rendu compte que par rapport à la façon dont je l'ai présenté, ça a été plutôt bien perçu, on va dire. J'ai fait des choses, vraiment, quand j'ai commencé à chanter, j'ai chanté d'ailleurs mon premier album avec ce tube, superbe tube, qui jusqu'à aujourd'hui fait son petit bonhomme de chemin. Puis après j'ai fait des choses, comme une chanson qui s'appelle Zoumida, et j'ai mis le drag queen par exemple sur scène. Et aux Antilles, faire ça, c'était pas évident. C'est pas évident. J'ai fait encore aussi, j'ai fait un petit remake d'une chanson, Mr. Love Man, où je dis, oui, j'adore le sexe. Donc, mais en même temps, c'est-à-dire que c'est vraiment, moi, dans mon côté artistique, moi, je me permets des choses. Je me permets des choses tout en étant quand même réfléchie de ce que je fais. et Quand j'ai présenté ces choses-là aux Antilles, en Guadeloupe surtout, parce que même en Martinique, mais en Guadeloupe surtout, le pub guadeloupéen est quand même assez difficile, il est quand même assez évident, quoi.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Figure-toi que quand j'ai eu à faire, à prester sur ces chansons-là, les deux chansons que je te parle, parce que la toute première, ça a été un gros tube, machin, quand j'étais sur scène et tout, c'est beaté, enfin bref.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et bien, ça continuait avec ces deux chansons, ces deux façons de présenter comme faire la scène. Donc, on sait que je suis un petit côté, voilà, un petit côté un petit peu décalé des fois.
- Speaker #0
Fantasque.
- Speaker #1
Voilà. Et en même temps, quand on vous regarde, on se dit, mais non, mais c'est une fissage, quoi.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
Tu vois, c'est, voilà, quoi, c'est une fissage. Des fois, il y a des gens qui me disent, mais quand je te vois sur scène, quand je te vois là, t'es... deux personnes. Oui, quand je suis sur scène, j'ai envie de faire du show, en fait. Et du coup, Du coup, le show, je peux le pousser très loin dans le sens où... Très loin, mais là, calculé.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Voilà, calculé. Je ne veux pas faire des choses vraiment qui peuvent, tu vois, se dire... Non, non, mais là... Tu n'es pas dans la provoque,
- Speaker #0
tu es dans l'artistique.
- Speaker #1
Je suis dans l'artistique. C'est quand même provoque, parce que j'estimais quand même que c'était de la provoque. Mais c'est artistique.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est-à-dire que quand je me présentais, je me présentais... bien avec tout ce qu'il fallait enfin bref, l'apparat le visuel, les danseurs la chorégraphie et tout et donc du coup ces deux chansons là par exemple bon après j'en ai fait plein d'autres mais je me rends compte que pour une femme et puis j'ai eu quand même des gens qui sont venus me dire mais Marie-Josée Gibon chapeau Merci. C'est beau, hein ? Chapeau ! Voilà, quoi. J'ai rencontré des fois des gens qui paraissaient des bad boys. Une fois, j'ai croisé un gars mais je me suis dit je vais me faire assassiner mais en fait, non. Jamais, en fait. Jamais. C'est-à-dire que le gars est venu et m'a dit « C'est toi, j'ai bon ? » J'ai dit « Oui » . Il m'a fait « Ouais, bon, tu vois » . Et il a commencé à me checker, tu vois. Parce que, bon, voilà, je ne sais pas. Et en même temps, c'est tellement positif ce que j'ai envie de m'acheter. Et puis, aucun message. Je n'ai pas de message. Je n'ai pas de message quand je mets ça. Je n'ai pas de message. Oui,
- Speaker #0
tu ne fais pas porte-parole de quoi que ce soit.
- Speaker #1
Non, mais bon, voilà. C'était à l'époque, par exemple, le Zoubida avec Madra Queen. Je trouvais tellement beau, justement, ces personnages comme ça, dans l'artistiquement parlant.
- Speaker #0
Mais c'était très avant-gardiste.
- Speaker #1
tu parles de ça il y a combien d'années exactement moi je l'ai fait en 94 par là en 94 on est loin de la notoriété drague c'est ça et quand c'est arrivé en Guadeloupe imagine je faisais mes scènes on était obligé de me mettre en dernier d'ailleurs quand je faisais avec un plateau parce que ça cartonnait les gens ils aimaient ils ont aimé et ils me demandaient de bisser à chaque fois et Donc voilà, moi c'est un petit peu ça, ma vie, mon parcours. Et je suis contente de ça, parce que je suis contente de ce... Là en ce moment, je suis en train de chercher... Enfin, pas chercher ce que je vais présenter, mais bon, c'est vrai que j'ai envie d'avoir une chanson, une bonne chanson, une belle chanson à interpréter. Je n'ai pas encore l'occasion de trouver, mais voilà quoi. Et pour une femme, c'est vrai que je ne peux pas dire que j'ai... J'ai eu des difficultés. Je n'ai pas eu de moments de difficultés, même par rapport au rapport aussi des fois au producteur. Tu vois, des fois, les producteurs, ils sont... Voilà, la promotion canapé, machin, tout. Je n'ai pas eu ce genre de problème. Je n'ai pas eu ce problème.
- Speaker #0
Et tant mieux. Et tant mieux.
- Speaker #1
Et tant mieux. Et tant mieux. Et tant mieux.
- Speaker #0
On pense à toutes celles qui l'ont eu. C'est vrai que ce n'est pas évident. Ce n'est pas évident. La pollution de femmes...
- Speaker #1
Je l'avoue que ce n'est pas évident.
- Speaker #0
Et justement, on parle de cette position de femme. D'ailleurs, on en a discuté quand on s'est rencontrés. On l'a évoqué en déjeunant. Il y a aussi quelque chose qui nous touche particulièrement, nous les femmes, surtout les artistes que vous êtes. C'est le rapport au corps, le rapport à la beauté, le rapport au corps qui vieillit, qui plus est quand on est une danseuse. Comment tu gères tout ça ? Est-ce que ça a été d'abord, avant de savoir, est-ce que ça a été une inquiétude pour toi ? Et comment tu arrives à évoluer et finalement, comment tu arrives à dompter tout ça et à vivre dedans ? Je me rappelle quand j'ai fait mon premier album, j'avais 24 ans je crois. Et je me rappelle une phrase que mon chorégraphe me disait. Il me dit, ouais mais c'est pas quand tu seras vieille que tu vas agir, quand tu vas prendre de l'âge on va dire. que tu vas pouvoir faire tu vois les choses aujourd'hui tu es encore jeune c'est le moment de faire les choses ok j'étais danseuse le corps c'était très important des fois je prenais du poids c'était admettant donc à chaque fois il fallait toujours faire attention quand on revenait de vacances on avait toujours 2-3 kilos à perdre et ça ça a toujours été un petit peu j'étais un peu yo-yo Pourquoi ? Et puis, je n'avais aucun complexe à faire des photos en corps artistique où mon corps était en valeur, était mis en valeur. Parce que déjà, de par la danse, le corps, il est important, déjà. Et tant que j'étais bien dans ma peau, ça ne me dérangeait pas. Donc, du coup, j'ai fait quand même des pochettes d'albums, par exemple. on va dire très sexy quoi.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Très sexy, où mon corps était de l'objet, enfin j'étais entourée de bijoux par exemple et tout sur mon corps, mais voilà quoi, il était quand même assez, voilà. Et ça, j'avais pas de complexe à faire les photos comme ça. Et donc pour moi, c'est... Et puis après, je me suis rendue compte qu'effectivement, Donc j'ai quand même vécu toutes mes années en fait, c'est-à-dire mes... J'ai pas de regrets à me dire, j'aurais dû faire ça, j'ai pas eu le temps de faire ci, j'ai pas de l'autre machin et tout. Je crois que j'ai quand même fait ce que j'avais à faire et ce que j'avais envie de faire, surtout, pour ne pas avoir à regretter, surtout. Et puis dernièrement, j'ai fêté mes 60 ans et j'étais contente de dire que j'avais 60 ans.
- Speaker #1
Parce que tu t'aimes encore ? Parce que finalement, quand tu te regardes, tu te dis, ben ouais, j'ai des beaux 60 ans.
- Speaker #0
Je pense qu'il y a de ça. Alors que les 50 ans, je n'ai pas voulu en parler autant.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Moi, moi, les 50 ans, par contre, j'ai eu un coup de massue. J'avoue que j'ai eu un coup de massue. Mais voilà, je n'ai pas fait de grosses fêtes. Moi, j'ai fait en toute intimité avec mon chéri et tout ça. On a été fêter ça. Les 60 ans, oui, je pense que j'ai eu envie d'en parler. Pourtant, il y a un an, j'ai perdu ma maman. Je ne sais pas si c'est le fait. Et puis, j'ai aussi dans ma tête aussi que ma mère me dit, il faut vivre mes enfants, il faut vivre. Donc du coup, moi, je me dis, voilà, j'ai atteint déjà les 60 ans et je veux continuer. Je me sens bien, j'ai la santé, j'ai tout ça. Euh... Ouais, ben on y va quoi. Voilà. Moi, je suis contente d'avoir 60 ans. J'ai 60 ans ! Voilà, j'ai... Oui, tu as des 60 ans rayonnants.
- Speaker #1
Mais pareil, tu vois, ton corps te suit.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Par exemple, où est-ce que tu t'es dit à un moment donné, bon, peut-être que je vais devoir un tout petit peu adapter, par exemple, ne serait-ce que les chorégraphies, quand tu es sur scène avec Kassav ? Tu vois, c'est ça que je voudrais que tu m'expliques. Comment tu le gères tout ça ?
- Speaker #0
Alors, pour l'instant, on ne va rien changer du tout. Parce que nous avons aussi un booster qui est Mme Jocelyne Béroir. Elle, elle a au moins 10 ans de plus que moi et elle y va. Alors, donc, si moi, il faut que, tu vois, je me dise, non, non, non, il faut que je freine et tout. Des fois, je me dis, oui, on va freiner. Parce que des fois, elle me dit, j'ai un peu mal au genou, j'ai mal à faire et tout. Je lui dis, bon, on va freiner un peu. Mais finalement, non. Comme elle booste, je booste aussi, tout le monde booste. Donc du coup, non, on ne change rien. Et comme encore une fois, je crois que vraiment c'est une bénédiction. Moi, je considère ça comme une bénédiction de pouvoir faire. Je me rappelle quand je suis revenue, parce que moi, j'ai quitté Kassav. Après la danse, j'ai quitté Kassav, j'ai fait ma carrière solo et tout ça. Et quand je suis revenue, j'avais 40 ans.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et quand je suis revenue, 40 ans déjà, quand j'ai dit « Oui, j'ai 40 ans » , j'ai comme dit « 40 ans déjà, Marie-Jo ? » J'ai dit « Ben oui, mais toi aussi, tu grandis, moi aussi, j'ai grandi, tout le monde grandit. » Voilà, j'ai 40 ans. Donc lui, c'était l'étonnement. Et puis, j'avais des animateurs de radio qui me disent « Mais Marie-Jo, attends, je ne comprends pas. T'as quel âge ? Parce que vu comment tu danses toujours... » Voilà quoi, c'est incroyable. Et donc, voilà, je ne sais pas d'où ça vient, mais en tout cas, voilà, c'est... Moi, j'aime la... Je suis positive, en fait, tu vois, dans la vie. J'ai pas de contraintes, j'ai pas de contrariétés. Et si j'en ai, j'essaie de les mettre derrière. Donc,
- Speaker #1
voilà.
- Speaker #0
Je les transforme et j'essaie d'être zen dans ma tête. Voilà. Et donc, le corps suit. Bon.
- Speaker #1
Et l'amour alors dans tout ça ?
- Speaker #0
Alors l'amour...
- Speaker #1
Parce que c'est pas facile ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Quand on est sur les routes, quand on est connu, quand on est joli. Comment on fait pour être aimé ?
- Speaker #0
En fait...
- Speaker #1
Pas tout le temps présent.
- Speaker #0
J'ai eu cette chance quand même d'être aimé et d'avoir été aimé. Moi je peux dire aussi que je suis une grande amoureuse. Moi quand j'aime, j'aime aussi, tu vois. Et j'ai eu l'occasion de rester assez longtemps avec des compagnons. Et ça, c'était important. Je crois que l'amour aussi m'a apporté. Parce que je peux dire quand même que j'ai eu beaucoup d'amour dans ma vie. Sauf que dernièrement, j'ai eu un petit coup. Un petit coup, mais ça s'est très vite switché. D'accord. On a vite fait. Voilà, je ne suis pas restée longtemps dans ma peine. Oui, c'était vraiment incroyable. Une porte se ferme et une autre s'est ouverte et encore plus grande. Donc, du coup, je crois que j'ai eu aussi cette bénédiction d'avoir quand même de belles choses dans ma vie, surtout en amour. Il y a eu des choses compliquées, difficiles, mais... Comme je dis, je suis une grande amoureuse. Moi, je suis amoureuse. Donc, du coup, j'essaie encore de transformer pour que ça se passe bien. Mais bon, je ne peux pas dire que je n'ai pas eu de belles histoires. J'ai eu de très belles histoires.
- Speaker #1
C'est possible de vivre une belle histoire en étant quand même connue et en étant... aussi sur les routes,
- Speaker #0
la jalousie t'as dû faire face à tout ça ou pas trop finalement si quand même mais bon déjà j'étais avec un artiste à un moment quand j'étais dans ce jeu j'étais avec un danseur donc j'étais dans le milieu aussi je ne sais pas si c'est bien plus rassurant oui et non mais bon on a vécu notre jeunesse ensemble et c'est vrai qu'il y a eu beaucoup de haut et de bas et de machin et tout mais voilà
- Speaker #1
Tu as réussi à construire malgré cette notoriété finalement l'amour, tu as réussi à... Oui,
- Speaker #0
après comme je dis aussi, les personnes avec qui j'étais, ils savaient qui j'étais, tu vois, donc ils ont fait avec ce que j'étais en fait. parce qu'ils sont arrivés après pendant la tournée c'est ça et je crois même qu'ils m'aimaient pour ça aussi d'ailleurs ils aimaient l'artiste mais en même temps ils aimaient aussi la femme et ils ont appris à connaître la femme justement parce que si c'était que pour ça moi je pense que ça m'aurait peiné un peu mais ils ont appris à connaître la femme et ils ont respecté ça et ça c'était voilà c'est des bons moments en fait parce que Ouais, c'est des bons moments.
- Speaker #1
Et le fait de ne pas avoir de bébé, est-ce que c'est par rapport à cette carrière ?
- Speaker #0
C'était très compliqué. Effectivement, la carrière m'a beaucoup freinée. C'est pas que je ne pouvais pas, j'ai eu l'occasion. Mais bon, j'ai beaucoup réfléchi. Je pense que là... La vie de mon enfance, le fait de ne pas avoir grandi avec mon père, je pense que ça a été une cause, une raison, pour pouvoir faire vraiment confiance à un homme pour être le papa de mon enfant. Et c'est vrai que j'aurais pu très bien, si ça marchait, tant mieux si ça ne marchait pas, j'aurais pu très bien élever un enfant. seul on va dire, mais c'était pas mon choix.
- Speaker #1
Ça te ramenait à un traumatisme que tu avais vécu.
- Speaker #0
Voilà, c'était pas vraiment mon choix. Et mon ami à l'époque avec lequel j'étais, il était quelqu'un que j'aimais beaucoup, qu'on s'aimait beaucoup, mais il n'était pas assez assez solide. Quand je dis solide, pourtant, il avait eu un enfant et tout, il ne s'en occupait pas forcément, donc du coup, tout ça, ça m'a un peu... Je me suis dit non. J'ai pas envie de faire un... Un schéma comme ça. Et je pense que c'est vraiment la position du père qui m'a...
- Speaker #1
Qui t'a fait plus que l'artiste alors. Parce qu'on peut être artiste et avoir un bébé, avoir une famille.
- Speaker #0
Alors effectivement... Et à l'époque, c'est vrai que je tenais un peu le ménage aussi, tu vois. Et donc, le fait de m'arrêter de machin, je ne savais pas trop où j'allais. On dirait quoi. Et ça, j'ai beaucoup réfléchi. Je n'ai pas voulu laisser comme ça les choses se faire dans le hasard, comme ça, ou dans le truc. Non. Donc, le fait de réfléchir beaucoup et beaucoup trop, on ne fait pas. On finit par ne pas faire, on finit par se dire, non, ce n'est pas le moment, ce n'est pas ci, ce n'est pas ça. Après, un peu plus tard, j'ai voulu essayer quand même. Et là, c'était compliqué. Là, c'était compliqué. Mais bon, j'ai été marraine. J'ai été marraine plusieurs fois. Très tôt déjà. Plus à 14 ans, j'ai déjà marraine. Alors, imagine. Mais j'ai été marraine. Et puis, bon, c'est la vie. Je pense que je ne regrette pas forcément. Des fois, oui. Des fois, je me dis, oh, tiens, t'imagines comment il aurait été ton enfant et tout. Mais pas trop longtemps et pas trop. Donc, non, ce n'est pas vraiment quelque chose que je peux dire que je regrette. que... qui me perturbe. Non, c'est vraiment un choix.
- Speaker #1
Et tu es tâtie ?
- Speaker #0
Même pas, même pas. C'est-à-dire qu'on est trois, on est trois sans enfant. Mais je pense que ça a été...
- Speaker #1
Un vrai traumatisme alors. Oui, ça a été un vrai traumatisme.
- Speaker #0
Alors, au début aussi, ma mère, encore le rôle de ma mère aussi, tu vois, je pense, parce que ma mère, justement, elle me disait un truc, ça m'a un peu... Comme on s'en a pas demandé de venir au monde, donc il faut l'assumer. Et je pense que cette phrase-là m'a un peu freinée parce que je me suis dit, oui, moi, je pourrais l'assumer, j'aurais pu l'assumer. Et c'est vrai que par amont, je me disais, j'aurais pu, j'aurais pu, j'aurais pu. Mais en même temps, c'était l'inconnu pour moi. Voilà, c'était l'inconnu. Mon père, j'ai eu l'occasion de le rencontrer, j'avais 30 ans. Bien après.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Voilà, c'est quelqu'un que je ne côtoyais pas du tout, que je ne voyais pas du tout. et que... auquel j'avais vraiment mis de côté de ma tête. C'est-à-dire que vraiment, il n'existait plus, en fait. Donc, du coup, je pense que ça, ça a joué pour ma propre vie, en fait. Ma propre vie de couple, en fait.
- Speaker #1
Ça a vraiment laissé... En fait, c'est venu t'ancrer dans quelque chose où, effectivement, la maternité était une énorme prise de risque.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça.
- Speaker #1
Et pas que pour toi, surtout pour l'enfant qui venait. Voilà,
- Speaker #0
c'est ça. Tu vois, pourtant, on a quand même vécu de belles années, mais je pense qu'il y a eu ce manque quand même, mine de rien. Mais c'est un manque que... Je ne sais pas si on appelle ça un déni ou un truc. C'est vraiment un manque qu'on a mis de côté pour ne pas justement souffrir. Et très tôt, très jeune et tout. Et du coup... Du coup, après, dans ma vie de femme, c'était très compliqué. Il aurait fallu vraiment que le bonhomme à côté de moi soit... Un pilier. Voilà. Et ça n'a pas forcément été le cas. Pourtant, j'ai eu quand même de belles histoires, mais je l'ai rencontré un peu plus tard. Et il était tard. J'avais déjà 40 ans. Après, ce n'était pas évident. Pourtant, j'ai quand même essayé. Mais c'était pas...
- Speaker #1
J'aimerais que tu te regardes un petit peu, toi on t'essaye de rentrer à l'intérieur de toi. Qu'est-ce que tu dirais à cette petite fille de 4 ans qui arrive sur l'île et qui va être laissée par sa maman ? Qu'est-ce que tu lui dirais à cette petite fille-là ?
- Speaker #0
T'inquiète pas, aie confiance. Il y a des choix qui doivent se faire et les choix ont été bien faits.
- Speaker #1
Tu penses qu'il y a quelque chose au-dessus qui t'a guidée ?
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
à ce niveau-là,
- Speaker #0
je crois vraiment qu'on a été quand même bénis et qu'on est protégés. Moi, je me sens vraiment très protégée et je me sens guidée et je me sens portée.
- Speaker #1
Et qu'est-ce que tu dirais à ta maman ? Si elle était là encore, qu'est-ce que tu lui dirais ?
- Speaker #0
Alors, déjà merci, merci d'avoir été une femme forte. Et tu vois, il y a deux ans, je suis restée après la mort de ma marraine, qui est sa soeur. Elles vivaient encore ensemble jusqu'à la mort de ma marraine. Elles sont rentrées aux Antilles pour leur retraite. Et ma maman se retrouve donc seule et j'ai décidé de rester avec elle. Ça a duré deux ans parce que finalement elle est partie l'année dernière. Parce que justement je me disais que ça faisait longtemps que... On n'avait pas vécu des choses ensemble, où j'étais là vraiment, parce qu'à chaque fois je pensais, je revenais, je reparnais. Et je me suis dit, c'est l'occasion de retrouver ma maman. Et pendant deux ans, j'étais avec elle, et vraiment, tout ça encore, c'est un choix. qui me fait du bien encore aujourd'hui, même si elle n'est pas là, parce que pour moi, ma force, ça vient de ça, ça vient d'elle, ça vient de ma marraine, ça vient de ma famille, mes frères, mon frère, ma sœur, et là aujourd'hui justement, voilà, je suis bien, parce que je sais qu'elle a fait tout ce qu'il fallait, et moi aussi j'ai fait ce qu'il fallait aussi, et aujourd'hui je suis, voilà. Je fonce parce qu'elle aurait voulu ça. Donc, voilà, je fonce. Et je sais qu'elle me regarde. Pour moi, elle n'est pas là, mais elle est là.
- Speaker #1
Merci, maman.
- Speaker #0
Merci, maman.
- Speaker #1
Tu dirais quoi à une jeune fille de 17 ans qui voudrait embrasser la carrière, qui aurait envie d'être une nouvelle version de Marie-Josée ? Merci. Aujourd'hui, à aujourd'hui. Ce serait quoi le conseil le plus précieux que tu pourrais donner à quelqu'un qui voudrait embrasser une carrière comme la tienne ?
- Speaker #0
Aie confiance en toi. Aie confiance. Aie confiance en toi, aie confiance en la vie, aie confiance, voilà. Ce n'est pas qu'un rêve à réaliser, c'est une vie et chacun son destin et ça c'est ton destin, donc vas-y, pense.
- Speaker #1
Merci. Dernière question, c'est pareil, la tradition, on ouvre avec une tradition et on ferme avec une tradition. Pour toi, c'est quoi être une femme en 2026 ?
- Speaker #0
Ouf, en 2026 !
- Speaker #1
2025-2026, parce que là on doit expliquer qu'on enregistre ce podcast aujourd'hui, puisqu'aujourd'hui tu es sur la scène du Festival Jazz à Vienne. Nous sommes le 5 juillet 2025, mais ce podcast sera diffusé plus tard. Comme je ne sais pas encore si ce sera fin 2025 ou début 2026, disons être une femme dans les années 2020. C'est quoi pour toi être une femme aujourd'hui ?
- Speaker #0
Une femme c'est... Je n'ai pas donné l'avis, mais une femme c'est le pouvoir en fait. Pour moi c'est le pouvoir. On a donné le pouvoir aux hommes. Mais je pense que les femmes, elles prenaient le pouvoir aussi. Et elles l'ont d'ailleurs. Elles l'ont, mais toujours cachée. Une femme pour moi c'est le pouvoir. Le pouvoir d'être... Déjà, le pouvoir d'aimer, le pouvoir d'organiser, le pouvoir de réaliser, le pouvoir de réfléchir et le pouvoir d'organiser, comme je disais. Moi, j'aime aussi quand même le binôme. J'aime avoir un homme à côté de moi, j'aime avoir un homme avec moi. Quand j'étais gamine, je n'étais pas avec des copines, j'étais avec des copains. Mais j'avoue quand même qu'une femme, on ne lui donne pas encore assez sa place. Et si on lui laissait un petit peu plus sa place, je pense que le monde serait encore plus beau et plus fort. Et voilà, la femme, c'est l'éducation, c'est plein de choses. C'est pour les enfants, c'est un potomitan, comme on dit. Non, je pense que... Et puis moi, ce que je prône avant tout, c'est l'amour. Il faut avoir beaucoup d'amour dans son cœur, dans son corps, dans sa vie. Pour toi d'abord. Et pour soi. et effectivement en combinaison avec les autres
- Speaker #1
Marie-Jo, merci beaucoup pour ce bon moment moi j'aurai la chance de venir te voir d'ici quelques heures et de danser et merci à toi pour ce très beau moment c'était plein d'émotions et merci à très bientôt
- Speaker #0
au revoir