- Speaker #0
Pas de messe basse, bienvenue sur le podcast du diocèse de Troyes qui nous permet de donner la parole à des femmes, à des hommes, qu'ils soient laïcs ou religieux, il y sera question de l'actualité de l'Église dans l'aube et dans sa dimension universelle. Au micro, Aline Baudin et Jean-François Laville du service communication. Bonjour à toutes et à tous et bienvenue à l'écoute des podcasts du diocèse de Troyes. Nous avons le grand plaisir d'accueillir aujourd'hui Florentine et Pierre et avec eux, avec elle et avec lui, Nous allons parler chasuble. Alors, tout d'abord, en quelques mots, présentez-vous, Florentine. Qui êtes-vous ?
- Speaker #1
Bonjour, alors je m'appelle Florentine, j'ai 23 ans et je fais mes études à Troyes depuis un an et demi en Master Culture, Patrimoine, Médiation pour travailler dans la médiation culturelle, les musées, les bibliothèques, les archives.
- Speaker #0
Pierre ?
- Speaker #2
Bonjour, je m'appelle Pierre, je suis exactement dans la même formation qu'elle. Donc, de mon côté, ce serait plus les musées d'histoire et les lieux de mémoire.
- Speaker #0
Très bien. Nous allons donc parler d'une exposition consacrée au Chasub, qui aura lieu, nous en reparlerons tout à l'heure, à la cathédrale de Troyes. Pourquoi cette exposition, Florentine, dites-nous ?
- Speaker #1
Ça rentre dans notre projet professionnel de master. C'est un projet professionnel que l'on doit faire dans le cadre de notre deuxième année de master, et qui a pour but de mettre en valeur une institution culturelle de Troyes, ou des alentours, d'ailleurs. On peut soit faire une exposition, soit une visite guidée. proposer quelque chose qui puisse valoriser un aspect que l'institution n'aurait pas mis en route. Et donc voilà, on propose notre aide et on crée un partenariat avec cette institution.
- Speaker #0
Est-ce que c'est un choix qui vous a été guidé, conseillé ou c'est un choix vraiment personnel à tous les deux ?
- Speaker #1
C'est un choix personnel. Au début, nous voulions faire avec les archives d'IECZN pour mettre en valeur ce fonds qui est très méconnu des Troyens. Et donc nous avions parlé avec Dominique Roy. Et finalement, on s'est tourné vers un autre projet. Et c'est lui qui nous a proposé de travailler sur le fond de chasuble qui est dans la sacristie de la cathédrale. Et c'est un projet qui nous a beaucoup enthousiasmé. Et c'est comme ça qu'est venu cet idée.
- Speaker #0
Alors Pierre, pourquoi les chasubles ? Et puis, que représente d'ailleurs ce vêtement liturgique ? C'est important quand on voit un prêtre, de loin, on voit surtout la chasuble. Alors, dites-moi, ce vêtement, en quoi est-il important ?
- Speaker #2
La chasuble, c'est pour rehausser la dignité du prêtre en tant qu'officiant dans la liturgie de l'Église. C'est pour mettre en contexte le prétendant que personnage et apporter à la liturgie une certaine somptuosité esthétique. Dans les tout premiers siècles de l'Église, il s'agissait du costume civil romain qui par la suite au Moyen-Âge a été adapté pour former cet habit-là qui était ensuite codifié pour répondre à cette esthétique voulue par l'Église à l'aide de différents symboles qui répondent à la théologie.
- Speaker #0
On parlera effectivement des symboles. Et d'ailleurs, c'est très étonnant, quand on regarde ces chasubles, on les voit avec des ornements, avec des fils d'or, des fils d'argent. On ne peut pas dire qu'on faisait dans la simplicité, quand même, il y a quelque temps.
- Speaker #1
Alors oui, en effet, le fait de mettre beaucoup d'ornements sur les habits liturgiques est très caractéristique d'une époque et prend un peu son acmé au XIXe siècle. On retrouve beaucoup d'ornements avec beaucoup de broderies. C'est un travail éminemment intéressant et très long pour toutes les... Toutes les personnes qui ont créé ces chasubles, tout était fait à la main à l'époque. Aujourd'hui, on est capable de les faire avec des machines. Mais voilà, ça montre aussi l'importance qu'on donnait aux habits liturgiques parce que ça servait à la liturgie, à la messe. Et donc, tout était tourné vers Dieu, aussi les habits liturgiques. C'est aussi pour ça qu'on retrouve tous ces beaux ornements, très riches, très importants, très luxueux.
- Speaker #0
C'était partie prenante de la liturgie, en fait. C'était un des éléments... D'accord, ok. Et alors, il y a eu des chasubles... selon les circonstances. J'imagine que la chasuble portée peut-être à Pâques n'est pas forcément celle d'un dimanche ordinaire ou de celle de Noël. En fonction des symboliques, les chasubles étaient différentes ?
- Speaker #1
Oui, exactement. C'est très différent. En fait, elles s'adaptent au temps liturgique. Dans le temps liturgique, on retrouve le temps ordinaire qui est vert, qui symbolise l'espérance. On a aussi, par exemple, le blanc ou le jaune qui symbolise la joie qu'on va retrouver, par exemple, à des fêtes très importantes comme Pâques. Et évidemment, il y a d'autres choses. À l'époque, on utilisait le noir sur les chasubles pour signifier le deuil. Aujourd'hui, on n'utilise plus cette couleur, mais le violet, parce que ça signifie également l'espérance, l'espérance de renaître après la mort. Donc voilà, tout est tourné également vers la liturgie. Et on voit qu'aujourd'hui, on n'utilise plus les mêmes couleurs.
- Speaker #0
Quels sont les principaux symboles, Pierre, que l'on retrouvait sur les chasubles ?
- Speaker #2
Alors, les symboles les plus courants, c'est bien sûr IHS, le monogramme du Christ. Ou encore le chrisme, c'est deux lettres grecques, qui signifient, qui sont les premières du mot Christ, qui sont effectivement les plus courants, ceux qu'on retrouve le plus. Donc elles sont souvent agrémentées de motifs végétaux, là encore, qui peuvent symboliser la vie, la renaissance à travers celle de la nature. Mais aussi parmi les symboles qu'on a tendance à retrouver, ce sont le pélican, dont on croyait autrefois qu'il s'ouvrait le ventre. pour pouvoir nourrir ces petits, qui est la symbolique même du sacrifice christique. Il y a aussi le Sacré-Cœur, qu'on trouve bien souvent, pas que dans les habits liturgiques, mais également comme image de dévotion. Il y a aussi plus généralement les symboles plus iconographiques, représentant des scènes de la vie du Christ, le Christ lui-même en majesté, en juge, en tant que râteau, ou bien... en souffrance également. Sinon, on trouve aussi, bien sûr, les instruments de la passion, la couronne d'épines, les clous. Tout souvent rappelle le sacrifice du Christ, sa résurrection, et puis l'espérance que celle-ci apporte toute l'humanité.
- Speaker #0
Alors, ce vêtement a évolué au fil du temps. Vous pouvez peut-être nous en dire quelques mots au fil du siècle, et on pourra arriver jusqu'à Vatican II. Est-ce qu'il y a eu un avant et un après Vatican II pour les chasubles et pour les motifs que l'on retrouve dessus ?
- Speaker #2
Oui absolument, comme la liturgie a évolué, elles ne sont plus conçues de la même manière. Si les chasubles d'autrefois, donc friés Vatican II, avaient beaucoup de décorations sur le dos, puisque le prêtre tournait bien souvent le dos aux fidèles, ils s'orientaient vers le maître hôtel pour officier la liturgie. Aujourd'hui, elles ont gagné un avantage de sobriété, ça correspond aussi à la volonté de l'Église à la suite de Vatican II de se moderniser, donc de s'adapter à une esthétique. plus contemporaines, plus modernes. Donc, abandonner les entrelacs baroques, les végétaux qui sont très 19e, très anciens, pour privilégier des motifs plus abstraits, des couleurs plus vives et des symboles peut-être aux lignes simplifiées.
- Speaker #0
Plus de simplicité, ça correspond à plus d'humilité peut-être, ça correspond plus à l'église d'aujourd'hui.
- Speaker #2
Exactement. On quitte finalement l'esthétique qui a été définitivement adoptée. adopté à l'époque à la suite du Concile de Trente, qui misait beaucoup sur la décoration, l'ornementation, en lien direct avec finalement l'esthétique baroque, pour s'aligner effectivement sur une esthétique moderne et contemporaine propre au XXe siècle.
- Speaker #0
Alors la cathédrale de Troyes possède un certain nombre de chasubles, effectivement. Belle collection. Comment s'est opéré le choix, Florentine ? Vous avez choisi tous les deux ? Est-ce que le recteur de la cathédrale vous a aidé, conseillé ? Comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
Il nous a tout d'abord montré un inventaire qu'il a réalisé en 2023 avec toutes les photos de chaque chasuble. On en a répartorié environ 180, je crois. C'est assez énorme. Et comme on avait décidé de tourner notre exposition sur le symbole dans la liturgie, on a évidemment choisi nos chasubles en fonction des symboles représentés dessus. La première version des choix, ça a été de voir tous les symboles qu'on pourrait retrouver avec une grande diversité. On a réussi à faire un tableau. en essayant d'avoir le plus de diversité possible. Et ensuite, à partir de ça, on a pu catégoriser chaque chasuble, par exemple autour des végétaux, des animaux, ou alors de la représentation du Christ, ou même des scènes du Christ, la vie des saints. Ça a été très varié.
- Speaker #0
D'accord, vous aviez une certaine liberté dans le choix, parce qu'il y a peut-être des chasubles anciennes et peut-être fragiles à présenter comme ça au public. Est-ce qu'il y a des risques que les vêtements soient, entre guillemets, abîmés ?
- Speaker #1
Le père Dominique Roy nous a laissé assez libres du choix et il nous a aiguillés sur certaines chasubles comme celle du pélican qui est assez rare. Mais en réalité, on a été vraiment libres parce que les chasubles datent à peu près toutes du XIXe siècle ou du XVIIIe siècle. Donc elles ne représentent pas une grande valeur historique avec, par exemple, une conservation des tissus qui soit de mise. Là, on a été assez libres également. Elles seront en pleine lumière. pouvoir les voir dans les moindres détails. Mais ça ne pose pas de problème pour la conservation parce qu'elles sont encore suffisamment jeunes.
- Speaker #0
D'accord. À quel endroit seront-elles présentées précisément ?
- Speaker #1
Elles seront à droite, après le transept sud.
- Speaker #0
Après la très belle rosace qui se trouve au transept sud ?
- Speaker #1
Voilà, exactement.
- Speaker #0
D'accord, ok.
- Speaker #1
Juste avant la sacristie et la salle du trésor.
- Speaker #0
Les dates de cette exposition ?
- Speaker #1
Alors, elle se tiendra du 4 au 30 mai. Et donc sur les heures d'ouverture de la cathédrale, c'est-à-dire de 9h30 à 12h30, puis de 14h à 18h.
- Speaker #0
D'accord. Et donc vous nous conseillez d'y aller ?
- Speaker #1
Plutôt l'après-midi. On voit très bien les chasubles, mais le matin, on a la chance d'avoir la lumière du soleil qui tape directement dans les baies.
- Speaker #0
Très bien. Écoutez, merci beaucoup pour cette organisation, cet expo et ce témoignage. Merci beaucoup, Florentine. Merci, Pierre. Merci. Au revoir.
- Speaker #2
Merci d'avoir écouté ce nouvel épisode de Pas de messe basse. S'il vous a plu, n'hésitez pas à nous encourager en commentant ou en laissant quelques étoiles sur notre plateforme d'écoute. Nous serons heureux de découvrir vos avis.
- Speaker #1
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