- Speaker #0
Pas de messe basse, bienvenue sur le podcast du diocèse de Troyes qui nous permet de donner la parole à des femmes, à des hommes, qu'ils soient laïcs ou religieux, il y sera question de l'actualité de l'Église dans l'aube et dans sa dimension universelle. Au micro, Aline Baudin et Jean-François Laville du service communication. Eh bien bonjour à toutes et à tous et bienvenue à l'écoute des podcasts du diocèse de Troyes. Nous avons le grand plaisir d'accueillir aujourd'hui le père Jean-Luc Depaive. Bonjour mon père.
- Speaker #1
Bonjour, bonjour.
- Speaker #0
Alors, vous allez nous parler de Pâques, mais pas seulement. Alors, mon père, Pâques, c'est certainement le temps fort, ou un des temps forts, en tout cas, de l'année pour les chrétiens. Avant de l'évoquer, dites-nous en quoi et comment il est également important de cheminer durant la Semaine Sainte. C'est quoi cette Semaine Sainte ?
- Speaker #1
La Semaine Sainte, d'abord, j'aime rappeler que si chaque année, bien sûr, il y a une Semaine Sainte, ce n'est pas pour se souvenir ou pour rappeler ce qu'il y a eu, c'est pour aujourd'hui. Et donc, chaque année, c'est différent pour chaque personne, même si les événements qu'on célèbre sont connus. Connus par le texte, mais pas connus parfois par soi-même. Et donc, la semaine sainte, bien sûr, c'est la force aussi de notre foi en la résurrection. Mais j'aime rappeler aussi que s'il n'y avait pas eu Noël, il n'y aurait pas Pâques. Donc, il ne faut pas l'oublier non plus, mais de l'extraordinaire de ce qu'on vit pendant cette semaine sainte, qui commence avec... dimanche, avec les rameaux de Jésus qui rentre à Jérusalem et qui est accueilli par certains, regardé par d'autres, et peut-être aussi forcément un regard pas trop positif, puisqu'il dérangeait tellement. Et puis ça, c'est pour les rameaux. On l'accueille avec des rameaux, comme ça se faisait là-bas, parce que c'était ce qu'ils avaient. Puis les rameaux, on sait que ces rameaux d'olivier, c'est aussi la vie. Donc on marche avec lui. Et puis on sait ce qui va se passer après pour le reste de la semaine sainte, entre autres le jeudi saint avec le repas, où Jésus institue le repas, juste après avoir été voir Lévi et Marie-Madeleine qui verse du parfum sur ses pieds. Je dis ça parce que c'est important de le dire, puisque Jésus va aussi en quelque sorte instituer le lavement des pieds. C'est dans l'évangile de saint Jean. Ce n'est pas seulement un exemple, mais pour se dire que c'est ce que nous avons à vivre comme chrétiens aussi. se mettre comme Dieu à genoux pour élever chaque homme et chaque femme.
- Speaker #0
Vous nous parlez du Jeudi Saint. Oui. Est-ce que c'est le jour qui vous marque le plus dans cette semaine, au plus profond de vous-même, c'est ce Jeudi Saint ?
- Speaker #1
Peut-être pas tout à fait, mais ils me sont tous marquants. Évidemment, c'est pour arriver à la veillée pascale et au jour de Pâques, de la résurrection. On le sait, mais faut-il encore faire ce chemin personnellement ? C'est pour ça que chaque jour est important. Ce lavement des pieds dit bien ce que nous sommes invités à vivre, serviteurs, et puis invités au repas. Et puis après, il y aura le vendredi, on sait, le vendredi saint qui c'est le moment où Jésus va s'en aller, va mourir, va être condamné. Et donc, je vois bien qu'aujourd'hui, les vendredis saints malheureusement existent encore bien sur la planète. Et donc, c'est nous dire que comme croyants, on est... Même en traversant ce jour difficile, ce jour de violence, ce jour d'incompréhension, ce jour de ténèbres, on vit vers la résurrection, on le sait.
- Speaker #0
Avant de parler de la résurrection, ce jour de violence et de ténèbres, Jésus crucifié, il y a une phrase souvent qui a posé question aux chrétiens, aux catholiques, aux chrétiens, c'est « Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » Concrètement, est-ce qu'il a véritablement été abandonné ? Et d'ailleurs, si on renversait cet événement, s'il n'avait pas été crucifié, il n'y aura pas de résurrection. Donc en fait, cette notion d'abandon, elle est réelle ou pas ?
- Speaker #1
Alors, c'est ce qu'il dit, donc je ne vais pas contredire Jésus, bien sûr. Mais c'est un peu, sans doute qu'il y a eu un moment de solitude aussi chez lui, tout en étant toujours le regard vers son Père. Et comme nous, on l'entend souvent. comme prêtre ou d'autres personnes, mais que les personnes qui vivent des moments très douloureux, difficiles et de mort se disent « Pourquoi moi on m'a abandonné ? Pourquoi Dieu m'a abandonné ? » Il faut toujours reprendre avec eux. Croyance, ce n'est pas être sur un chemin de manger paisible et sans aucune question. Mais moi j'aime... Dire aussi que Dieu ne nous abandonne jamais. Et donc, ce que l'on exprime soi-même comme Jésus, il s'est senti à ce moment-là, sans doute un court instant, mais je me sens tout seul ici. Puis on sait qu'après, ça va changer. Je pense qu'il y avait cet abandon-là. Ce qu'il ressentait, ça ne veut pas dire qu'il était abandonné, au moins.
- Speaker #0
Quand on parle de résurrection aujourd'hui, on n'en parle plus seulement de celle du Christ. On parle aux gens qui vivent aujourd'hui, qui peuvent peut-être mourir. Quand on parle de résurrection aux gens d'aujourd'hui, on leur dit quoi ? C'est quoi la résurrection ?
- Speaker #1
Alors, c'est quoi la résurrection ? La résurrection, d'abord, je pense que ce n'est pas seulement quand on meurt et qu'on va dans l'au-delà. C'est aussi ressusciter à nous-mêmes, à ce que nous sommes, à ce que nous croyons, et surtout à ce qui nous fait vivre. et pas à ce qui nous fait en quelque sorte mourir dans nos réactions. On peut ne voir que ce qui ne va pas. Mais en même temps, on oublie finalement de voir ce qui est positif, la fraternité des personnes, l'entraide, le soutien. Et donc, la résurrection, c'est traverser l'ombre pour naître à la lumière. Et ça, c'est une vérité pour aujourd'hui aussi. Mais là, on engage fondamentalement notre foi. On ne peut pas faire un discours. Quelqu'un me disait il y a longtemps, une amie d'enfance, son fils est mort à 11 ans, elle est venue quelques semaines après me voir en me disant, est-ce que tu peux me dire si mon fils est heureux là où il est ? Je lui ai dit, je ne vais pas te donner une réponse toute faite, je dirais qu'il est avec d'autres, qu'il est en présence de Dieu, et qu'il veille sur vous, qu'il continue la route. Mais je ne peux pas te prouver des choses. Donc, c'est une question fondamentale de foi, de ce qu'on appelle dans l'Église le kérigme, qui est notre foi dans la résurrection, ce Christ présent aujourd'hui, mais autrement.
- Speaker #0
Passer des ténèbres à la lumière, donc c'est l'espérance et la foi, c'est ce qu'il y a de plus dur aujourd'hui ?
- Speaker #1
Ça reste toujours difficile. C'est facile quand on vit, tout va bien, tout est beau, tout est... et tant mieux. Mais quand il y a un accroche quelque part, pour soi-même ou pour d'autres très proches, Ça peut questionner. Je ne suis pas dans ce chemin-là, mais ça peut questionner. Et donc, on essaie aussi d'expliquer que la foi, elle va jusque-là, au-delà de ça, puisqu'il y a une vie après la mort. Et comme des élèves m'avaient dit un jour, « Mais vous y croyez, vous, monsieur, à ça ? » Je dis, bien sûr que oui, mais je n'ai pas de formule pour vous faire croire. Et c'est un chemin permanent et qui nous dit bien que, et moi, j'aime bien rappeler que ceux de mes proches qui sont morts, mais je sais qu'ils sont présents. Donc je ne fais pas un discours, je dis ils sont bien là, ils veillent sur nous, il ne faut jamais hésiter à se tourner vers eux. Ça c'est une question de foi, ce n'est pas une question de démonstration.
- Speaker #0
À vivre donc durant cette semaine sainte et jusqu'à Pâques.
- Speaker #1
Oui, jusqu'à Pâques. C'est pour ça qu'on peut vivre la résurrection, enfin si je peux dire, ou vivre des passages de la semaine sainte, n'importe quand dans l'année bien sûr. C'est toute cette force qui est dans ce Christ présent par son Père.
- Speaker #0
Merci pour ce témoignage mon Père. Merci Jean-Luc.
- Speaker #2
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