- Speaker #0
Hello et bienvenue dans Passage, le podcast qui libère les filles et leurs mamans. Moi c'est Alexandra, maman de Rose, une petite tornade de presque deux ans et demi, à l'énergie débordante et au caractère bien trempé. Et tu sais quoi ? Même si ce n'est pas toujours de tout repos, savoir sortir ses épines, c'est vraiment tout ce que je lui souhaite. Alors j'ai créé ce podcast pour moi et pour toutes les mamans qui veulent élever leurs filles autrement. Pas sage, pas modèle, pas gentille à tout prix, mais confiante, libre d'être elle-même et bien dans leur basket. Des petites filles qui savent et sauront plus tard dire non, poser leurs limites, s'aimer telles qu'elles sont, qui n'auront pas peur d'essayer d'échouer et qui sauront se faire reconnaître à leur juste valeur. Alors ici, on va démonter les injonctions, les stéréotypes et tous ces vieux réflexes qu'on pensait normaux. Tu sais les fameux « t'es pas belle quand tu fais la tête » . On va parler d'estime de soi, de confiance, de rapport au corps, aux émotions. On va parler de nos filles, mais aussi de nous. Parce qu'éduquer autrement, ça commence souvent par se libérer soi-même. Alors au fil des épisodes, je te partagerai des réflexions incarnées, des clés concrètes. et des voix d'experts. Et surtout, une grande dose de soutien et de déculpabilisation. Parce que nous aussi, on mérite mieux qu'être sages. Alors, prêtes à bousculer les règles ? Hello Julie ! Hello Alex ! Bienvenue dans le podcast Passage. Merci à toi. Alors, on s'est rencontrés, on va dire, sur Instagram. Et au cours d'une conversation, tu disais que quand tu étais petite, et notamment de par ta culture, ta maman ou ta famille, tu vas nous préciser tout ça, tu as un petit peu appris à être discrète, à être sage justement. Et que ça t'a impacté encore aujourd'hui. Alors même que toi, tu es coach et tu accompagnes notamment les femmes sur le côté leadership. Et je trouvais ça hyper intéressant de t'avoir parce qu'en plus, j'essaye depuis quelques semaines de... d'avoir une plus grande diversité sur mon podcast de représentation, de ce que c'est que d'être maman d'une petite fille, et d'avoir des mamans qui n'ont pas forcément le même vécu que moi. Moi, je suis une maman blanche, cisgenre, valide, privilégiée à plein d'égards, donc je ne peux évidemment pas parler au nom de toutes les mamans. Je me suis dit que ce serait chouette d'avoir quelqu'un qui, notamment, vient d'une culture différente et que ça a pu en plus influencer. la manière dont elle a grandi et peut-être la manière aussi, on va en parler, dont toi tu accompagnes ta fille aujourd'hui. Donc merci beaucoup d'être là. Est-ce que tu veux bien te présenter et nous dire en quelques mots qui tu étais enfant ?
- Speaker #1
Ok, déjà merci Alex pour ton invitation et ta présentation. Et qui j'étais ? En étant enfant, déjà je suis pour celles qui ne me voient pas, qui ne me connaissent pas, je m'appelle Julie et aujourd'hui je suis coach pour les femmes ambitieuses, entrepreneurs et cadres dirigeantes, à passer de performantes mais épuisées à puissantes et alignées. Et j'accompagne les femmes depuis 2021, donc là aujourd'hui ça fait quatre ans, cinq ans bientôt, et qui je suis ? par rapport à ta question. Déjà, pour celles qui ne me voient pas, je suis d'origine asiatique. Je dis d'origine asiatique parce que mes parents sont vietnamiens, mais leurs parents ont fui la guerre et se sont installés au Laos. Donc, ils sont nés et ont grandi au Laos, qui est un pays limitrophe du Vietnam. Et à cause de la guerre au Laos, les bombardements américains, ils ont dû... fuir vers la France. J'ai été élevée par des parents tous les deux asiatiques, donc ça se voit pas toujours apparemment, mais je suis 100% asiatique, il y en a beaucoup qui se posent la question. Et j'ai étudié en France, j'ai fait de grandes études en France, donc il y a vraiment un mix de cultures entre ce qui se passe à la maison et ce qui se passe à l'école. Et je pense que c'est important aussi de le spécifier.
- Speaker #0
D'accord, et Et... Et du coup, quand tu repenses à ton enfance, quelles sont les phrases, les messages que tu as le plus entendus ? Alors, autour principalement de ta place, de ta voix, de ton comportement.
- Speaker #1
Alors, il y a beaucoup de choses selon les phases de vie. Donc, quand j'étais petite, c'était « Sois sage » , « Ne parle pas trop fort » , « Ne pleure pas » . Donc ça, c'est vraiment les trois trucs qui viennent de quand j'étais petite. Donc, sois sage, surtout quand on est en réunion familiale ou chez des amis, etc., où il y a d'autres adultes, ou c'est dans des endroits publics. Donc, sois sage, parce que dans la culture asiatique, c'est très important le paraître. Donc, pour être vu comme des bons parents, il faut que les enfants reflètent la qualité de l'éducation, et donc la qualité de l'éducation se perçoit par le comportement de l'enfant. Donc, sois sage, ne parle pas trop fort, parce que dans la culture asiatique, c'est très valorisé d'être une femme douce, qui prend soin des autres, et donc qui ne dit pas grand-chose, tu vois. Il y a vraiment cette masculinité écrasante un peu du pouvoir masculin qui est le pourvoyeur, l'homme est le pourvoyeur de la famille, la femme est là pour suivre. Donc, il y avait ça, et puis ne pleure pas. donc pleurer ça fait du bruit, c'est agaçant et donc ça dérange donc en gros ne dérange pas, sois là mais ne dérange pas un peu comme, un peu j'exagère un peu mais l'archétype de la plante quoi sois belle et tais-toi et donc ça c'est quand j'étais petite et après en grandissant c'était fait de grandes études c'est à dire que moi mes parents m'ont conditionné à être la meilleure Merci. pouvoir éventuellement accéder à des établissements comme l'ENA, Polytechnique et les plus grandes écoles de France. Et donc, je valorisais énormément quand j'avais des bonnes notes. Et quand j'avais 18, c'était « ça va, mais tu pourrais faire mieux » . Et il y a eu une rébellion, on va dire, au lycée où j'en ai eu marre d'être la bonne élève. J'étais première de ma classe au collège, j'étais la première de toute ma ville, de tous les collèges. Donc, j'étais vraiment dans l'excellence. Et une fois au lycée, je me suis dit, en fait, j'ai envie de vivre. J'ai envie de m'amuser. Donc, je stachais les cours. J'allais fumer des joints. Je pensais beaucoup aux garçons. J'ai eu mon premier copain, etc. Et c'est là où ma moyenne a baissé. Elle est passée peut-être de 18 à 12, tu vois.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
Et après, au bac, j'ai eu même un 4, je crois, en mathématiques. Des trucs comme... C'est un peu au bac... Bah si, c'est ça, au lycée, ouais. Donc, au bac... Donc, en fait, je me suis lâchée la grappe en me disant, je suis excellente en langues étrangères. Donc, je vais capitaliser dessus. Donc, toutes les matières au plus gros coef, je les ai mises sur les langues, les options. J'ai pris option allemand, donc très difficile avec un gros coef. J'avais allemand coef 9, tu vois. Ah oui ? Ouais, donc du coup, j'ai misé tout sur l'allemand où je crois que j'avais 18 de moyenne. Je suis allée vivre en Allemagne où j'ai passé même un master en marketing et communication en allemand, etc. J'ai tout mis sur mes forces. Et donc, j'ai très vite compris qu'au lieu de passer mes efforts et mon temps à essayer d'augmenter mes notes là où je n'étais pas bonne, j'ai tout misé là où j'étais déjà excellente et je suis devenue encore meilleure.
- Speaker #0
En fait, tu as développé une stratégie pour rester excellente quand même.
- Speaker #1
Voilà. Sur la moyenne, rester, on va dire, au-dessus de la moyenne, avoir mon bac et tout ça, mais dans une fluidité déconcertante. C'est-à-dire que je séchais les cours et tout et j'avais encore des super notes. Parce que j'ai tout misé sur mes zones de génie. Et c'est d'ailleurs ça aussi l'essence de mon travail aujourd'hui. C'est que j'invite mes clientes à prendre conscience de leurs zones de génie pour exploiter leur plein potentiel et devenir des références dans leur domaine à ce niveau-là. Donc, c'est vraiment...
- Speaker #0
On peut ne pas être sage et rester excellente.
- Speaker #1
C'est ça. En fait, c'est même pas ne pas être sage, c'est être soi-même. Pour ne pas fiter dans des cases qui ne sont pas les nôtres. Et être reconnue, mais parce qu'on est reconnue dans sa zone d'excellence et pas sur une étiquette qu'on nous a donnée. Et donc ça, je pense que c'est hyper important sur comment moi, j'ai peut-être pris ma place parce qu'en tant que fille aînée, je suis censée prendre soin de mon frère. Mais en fait, une fois que j'ai repris mon pouvoir en tant que personne individue, Je me suis plus affirmée. C'est-à-dire que normalement, les filles sages asiatiques ne sortent pas la nuit, ne boivent pas d'alcool, ne fument pas. Moi, je fumais. Je buvais de l'alcool. J'organisais moi-même aussi des soirées. Je travaillais dans le monde de la nuit. Du coup, je sortais. Tes parents,
- Speaker #0
ils ont survécu à tout ça ?
- Speaker #1
Vraiment, je les ai challengés. Mais en fait, je pense qu'ils me faisaient confiance. Ils me faisaient confiance parce qu'ils savaient que j'étais intelligente. Donc, même si j'organisais soirée, j'étais en jupe ralafouf, décolletée jusqu'au nombril, je buvais, je fumais, il y avait une sorte de confiance. Il savait que je n'allais pas tomber dans la drogue, tu vois. Il savait que je connaissais mes limites. Il savait que je dirais non s'il y avait des hommes qui me faisaient des erreurs. Parce que j'étais bien, j'étais habillée vraiment provoque, ralafouf, vraiment avec des portes jartelles et tout, vraiment. Et puis, je faisais filio aussi à l'entrée d'une boîte. donc Enfin, vraiment, la nana qui voulait prouver quelque chose, en fait, au monde, de « c'est pas parce que je suis habillée comme ça que je suis bête, que je suis superficielle. J'ai le pouvoir de dire oui, non, tu passes, tu passes pas. Et j'ai le pouvoir de dire aussi non quand il y a quelqu'un qui me drague. Et aussi, quand je bois, je ne perds pas le contrôle. »
- Speaker #0
Mais du coup, qu'est-ce qui a... Tu ne l'as pas complètement évoqué, qu'est-ce qui a créé ce déclic, en fait ? Est-ce que tu as parlé un peu de rébellion envers tes parents ?
- Speaker #1
En fait, beaucoup de frustration de voir que je ne suis jamais assez pour mes parents. Je ne fais jamais assez, je ne suis jamais assez. Et donc, au bout d'un moment, fuck, c'est bon. Vu que je ne suis pas assez, autant kiffer, tu vois ?
- Speaker #0
Ah ouais, je vois. l'impression qu'il y a eu cette phase de rébellion et à t'entendre dans l'impression que ça y est ça ne t'a plus jamais impacté est-ce que c'est vrai ou est-ce que tu penses qu'il y a encore des fois où malgré tout tu restes quand même sage,
- Speaker #1
discrète on a toujours, moi je pars du principe on a toujours toutes les parts en nous donc c'est pas que je ne suis plus sage, discrète c'est juste que je sais quand j'ai envie de l'être Merci. Et quand j'ai envie d'incarner cette part de rébellion.
- Speaker #0
Et toi, tu as une petite fille aujourd'hui. Alors déjà, j'ai envie vraiment de savoir comment tu lui transmets tout ça. Mais déjà, on va revenir un petit peu en arrière. Est-ce que tu as eu des craintes du fait d'avoir une petite fille ?
- Speaker #1
Non, non. En fait, moi, j'espérais avoir une fille en premier. Donc du coup, j'étais très ravie d'avoir une petite fille. Et je me suis dit, je ne serais pas la mère que ma mère a été. Dans le sens où ma mère était très punitive. donc j'ai beaucoup été je dirais pas frappée mais je recevais beaucoup de fessées assez violentes des coups de baguette en bambou être punie dans le noir accroupie tu vois des choses comme ça qui sont plus acceptables de nos jours ça je me suis dit je ne le ferais pas à ma fille et en fait ce que j'ai développé c'est Merci. En fait, si ma fille a envie de pleurer, elle pleure parce que les pleurs sont un message. C'est juste qu'elle n'a pas les mots. Elle ne sait pas comment s'exprimer, donc elle pleure. Et oui, parfois, c'est agaçant. Ça saoule quand les enfants pleurent, t'en as marre, etc. Et en fait, je me suis lâchée la grappe et je me suis dit, la liberté que moi, je n'ai pas eue en étant enfant, j'aimerais l'offrir à ma fille, mais avec des limites claires, mais saines, mais vraiment très claires. C'est-à-dire qu'elle ne peut pas tout faire. Et par contre, on a privilégié la communication.
- Speaker #0
Est-ce que tu t'es vue parfois quand même avoir des vieux réflexes de lui demander d'être sage, de lui demander d'être discrète ? Tu t'es vue faire ça quand même ?
- Speaker #1
Oui, quand elle est au restaurant et qu'elle parle hyper fort, on entend qu'elle. Quand on est dans un restaurant où c'est calme, je lui dis « est-ce que tu peux parler moins fort, s'il te plaît ? » Oui, parce qu'on t'entend. Donc, ne t'inquiète pas. Tu nous parles à nous, tu ne parles pas à tous les gens. Après, je lui dis, ce qui est bien, c'est que le jour où tu veux t'exprimer devant un public, tu as la voix qui porte. Donc, ça, c'est une force.
- Speaker #0
Donc, tu arrives à lui faire comprendre qu'il y a un cadre, il y a d'autres personnes. Oui. Ça peut quand même être une force.
- Speaker #1
C'est ça ? Et quand elle pleure, tu vois, quand elle pleure, je dis, tu sais, tu n'as pas besoin de... quand je vois qu'elle retient ses larmes, j'ai dit bah Tu peux pleurer à grosses larmes, en fait, ça fait du bien de lâcher, de pleurer et tout. En plus, là, on est à la maison, profites-en, quoi. Vas-y, lâche tout. Et puis, je lui dis, pleurer, c'est juste une manière de s'exprimer différemment que par des mots. C'est parfois, on n'a pas les mots, on a des émotions et on ne sait pas comment les exprimer. Ça s'exprime par des pleurs, par des sanglots. Et c'est pas mal, en fait. Et pareil, la colère. Quand elle est en colère, j'ai dit, par contre, taper tes parents, c'est pas OK. claquer les portes, c'est pas ok par contre tu peux prendre des oreillers taper sur ton lit, taper sur le canapé faire de la box dans le garage ça tu peux exprimer ta colère par ces moyens là et prendre un stylo et écrire et faire des gribouillis tu vois il y a plein de manières d'exprimer ta colère sans devoir impacter les autres,
- Speaker #0
sans casser quelque chose quoi et là la question qui me vient aussi c'est je ne sais pas si t'es parents sont toujours en vie et que toi, ta fille. Mais est-ce qu'il y a eu parfois des incompréhensions ? Parce qu'entre la manière dont toi, tu l'as...
- Speaker #1
D'ailleurs, pas que par mes parents. Ma mère m'a beaucoup jugée en disant « Mais elle est mal élevée, ta fille. » Donc, voilà. Mais j'ai eu ça aussi de mes amis. Des copines qui me jugeaient parce qu'elles voyaient que...
- Speaker #0
Des Françaises ?
- Speaker #1
Non, des Françaises. parce que parfois il y avait ma fille qui balançait des jouets dans sa chambre par colère et puis elle me disait ouais c'est ouf que tu la laisses faire ça je fais attends mais elle balance ses jouets s'ils sont cassés c'est elle qui pourra plus jouer avec en fait Moi, tant qu'elle ne balance pas mes affaires à travers la maison, ça va. En fait, sa chambre, c'est aussi son espace. Donc, si elle a envie de casser des trucs à elle, elle comprendra que les émotions, elle peut les décharger différemment et qu'elle est dégoûtée des conséquences parce que ses jouets préférés sont cassés. Et bizarrement, même à deux ans, elle faisait attention à ce qu'elle lançait. Elle ne lançait pas ses peluches préférées, par exemple.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc,
- Speaker #0
c'est intéressant. Je trouve qu'aujourd'hui, elle a 12 ans, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Oui, donc... doit être encore traversée par plein d'émotions, etc. Mais tu trouves qu'elle a quand même peut-être une facilité à exprimer ses émotions et à ne pas les...
- Speaker #1
Ouais, déjà, quand elle est fâchée, déjà, quand moi, elle ne me parle pas parce qu'elle est fâchée, je ne vais pas lui dire, ouais, c'est impoli que tu ne répondes pas à tes parents. Je vais dire, quand tu seras prête à discuter, tu peux revenir me voir. Enfin, n'aie pas peur de revenir me voir. Et tu vois, par exemple, j'étais en visio hier avec une de mes copines entrepreneurs et ma fille est rentrée de l'école et puis tu sais, elle ne m'a pas calculé. Et puis ma copine entrepreneur elle me dit « Ouais, tu veux peut-être aller voir ta fille et tout ? » Je fais « Non, non, tu sais, quand elle rentre de l'école, elle a besoin de décharger parce qu'elle a été surstimulée. » Et donc elle viendra me voir après et tu vois, genre une demi-heure après, ma fille est venue me faire un bisou, me faire un câlin, tu vois. Et je ne lui ai rien demandé, j'étais en vidéo. Donc c'est de comprendre le fonctionnement des autres qui n'est pas forcément le même que le nôtre. C'est-à-dire que moi, quand je rentre de quelque part, je vais faire un bisou à ma fille et à mon mari. Je n'ai pas besoin d'aller décharger toute seule pour revenir une demi-heure après. Pour moi, dès que je passe le pas de la maison, je suis bien, tu vois. Ma fille a un autre fonctionnement et c'est d'embrasser son fonctionnement à elle et du coup de lui laisser de l'espace pour qu'elle puisse être elle-même sans être jugée de « Ah mais t'es pas polie, tu ne viens même pas dire bonjour, etc. » Il n'y a pas, si tu veux, au sein de mon foyer, il n'y a pas d'injonction à ce niveau-là.
- Speaker #0
Et j'allais te demander d'où ça vient, parce que toi, il y a une dizaine d'années, l'éducation positive, ce n'était pas aussi présent qu'aujourd'hui, vulgarisé. Donc, je me dis peut-être, je n'ai pas l'impression que ça vient de là. D'où ça te vient, en fait, cette manière d'aborder les choses ?
- Speaker #1
Je pense que c'est mon métier de coach, parce que c'est comme ça que j'accompagne mes clientes à être elles-mêmes et que d'embrasser leur fonctionnement unique. C'est-à-dire que ce n'est pas une question d'être polie ou pas. Quand tu passes la porte, tu dis bonjour à tes parents. c'est pas en fait tu dis bonjour à tes parents mais tu le dis quand tu as envie de le dire. En fait, quand tu es prête à recevoir peut-être une discussion ou quand je lui dis, je sais que moi, si je lui demande à ma fille, ça a été l'école, elle va toujours me dire oui quand elle rentre de l'école. Mais si je le creuse un peu quelques heures plus tard par exemple au dîner, si on n'est que toutes les deux et que je creuse un peu, elle va me raconter toute sa journée. Mais quand elle rentre de l'école, si je lui demande des trucs, ça la saoule et elle me dit oui, oui pour que je lui lâche la grappe.
- Speaker #0
Ok, trop bien. Est-ce qu'il y a d'autres choses auxquelles tu penses que tu... fait ou fait pas, dit ou dit pas, tu vois, pour l'aider à construire sa confiance en elle, son estime d'elle-même, son leadership aussi ?
- Speaker #1
Ouais. Bah, par exemple, pour ranger sa chambre, je lui dis que, bah, si elle la range pas, c'est pour elle, en fait. C'est son univers où elle passe le plus de temps. Et donc, si elle range pas, c'est dommage. Par exemple, l'autre fois, je lui ai dit de nettoyer son bureau parce qu'il y avait de la poussière. Et elle l'a passé vite fait un chiffon. Et puis, j'ai passé le doigt. J'ai dit, ça colle encore. Donc, ce n'est pas bien nettoyé. Elle me dit, je le ferai plus tard. Je fais, c'est pour toi. Parce que tu sais que quand tu ne nettoies pas assez bien ta chambre, parce que moi, je passe la spie et tout, la sapière. Mais par contre, le bureau, c'est à elle de nettoyer. Et je lui dis, il y a des poissons d'argent qui se développent, justement parce que c'est trop... Ce n'est pas assez aéré. Les rideaux ne sont pas assez tirés. Il n'y a pas assez de lumière dans la chambre. Il y a trop de poussière. Il y a trop de saleté. Du coup, il y a des poissons d'argent qui se développent. Donc, ce n'est pas nocif, mais c'est juste des insectes. Tu vois ? Et donc là...
- Speaker #0
Ça réclamise, en fait.
- Speaker #1
Et je sais qu'elle a peur de ces insectes-là. Du coup, elle m'a dit, je vais nettoyer tout de suite mon bureau. Je fais, en fait, tu n'as pas besoin de le nettoyer tout de suite, mais qu'il soit nettoyé avant dimanche soir, ça serait cool. Toi ?
- Speaker #0
Tu dois fixer un objectif en mode...
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. Mais en fait, je lui dis jamais de faire les trucs tout de suite. Je lui dis, par exemple, tu vois, elle n'a pas ramené son bol après avoir pris son goûter, son assiette et son bol. Je lui dis, n'oublie pas de ramener ton bol et ton assiette à l'évier avant de passer à table. Donc, elle n'a pas besoin de se lever tout de suite. Parce que moi, en fait, j'ai été éduquée. Genre, ma mère, elle me demande un truc, il faut que je fasse tout de suite. Et donc là, je lui rappelle. Mais si elle ne le fait pas, elle sait que du coup, ce n'est pas cool. Parce que déjà, moi, je vais prendre... Mon mari, ça le démange, mais moi, non. Je vais laisser... En fait, elle a un endroit où elle prend son goûter. Je vais laisser s'empiler les trucs. Et à un moment donné, je vais lui dire, ok, tu ne peux pas venir à table si tu n'as pas débarrassé ton espace. Parce que pour moi, ce n'est pas ok de bouger d'un espace à l'autre sans que l'autre... Enfin là, ça fait deux goûters que tu n'as pas débarrassé, donc il ne faut pas abuser non plus. Donc il y a quand même un cadre.
- Speaker #0
Et donc en fait, ça te vient aussi quand même de ton éducation et de ce qui a vraiment été dur pour toi et tu cherches à faire autrement, l'inverse, ou une autre manière.
- Speaker #1
moi je sais que ma mère elle voulait que ma chambre elle soit tout le temps rangée avant que je sorte voir mes copines mais en fait c'est toujours une histoire de stratégie je foutais tout mon bordel sous mon lit et d'apparence c'était très beau très clean très rangé ça se voyait pas tu vois et donc du coup par contre à ma fille je lui dis voilà je lui raconte ce genre d'histoire et du coup je lui dis moi je te demande pas de quand tu sors ta chambre est rangée je te dis juste Merci. Comment tu te sentirais de t'endormir ce soir dans un espace où c'est rangé, c'est propre et c'est beau ? Et en fait, je la projette dans un état de bien-être qui lui donne envie elle-même de ranger. Ce n'est pas un chantage pour faire quelque chose d'autre, tu vois. Par contre, il y a des moments où je fais du « chantage » , c'est… Ok, tu peux jouer en ligne avec tes copines, mais je préfère que tu révises d'abord ton anglais avant. et que tu prennes ton goûter et puis après tu joues tranquille et t'as pas besoin de regarder l'heure et de ça tu peux pas être maman coach tout le temps je pense non et puis tu sais il faut pas il faut pas diaboliser le chantage etc pour moi dans le chantage il y a aussi des limites qui sont saines en fait pour moi c'est d'où part ce que tu proposes à tes enfants c'est de quel espace ça part Merci. C'est l'intention. Est-ce que ça part d'un espace de « c'est moi le parent, donc c'est moi qui décide » ou « en fait, je sais que c'est pour son mieux, c'est pour son mieux et c'est clair pour mon enfant aussi que c'est pour son mieux » . C'est-à-dire que moi, ma mère ne m'a jamais expliqué pourquoi je n'avais pas le droit de faire certaines choses et je ne pouvais pas deviner. Donc, pour moi, c'était très tyrannique. Alors que moi, j'explique beaucoup à ma fille, « ben voilà, tu vois, je veux dire, nettoie mieux ta chambre parce que sinon, il y a des poissons d'argent qui vont se développer » . tu vois enfin c'est pas cool ou range ta chambre comme ça tu peux te sentir mieux quand tu vas te coucher c'est plus sympa tu vois ouais non mais par exemple là ce week-end ma fille voulait pas mettre son manteau et il y a des fois tu vois elle est dans une phase où ça peut s'apparenter à bah
- Speaker #0
elle teste un peu mes limites tu vois mais il y a toujours une partie en moi qui est un peu dans mon égo et qui est en mode elle va pas gagner tu vois ouais Et puis, j'essaie donc d'avoir l'autre point de départ qui est... En fait, je ne veux qu'elle mette son manteau pour ne pas attraper froid, tu vois.
- Speaker #1
Bon,
- Speaker #0
finalement, je décide de ne pas la forcer à mettre son manteau et plutôt de lui faire confiance sur le fait qu'elle va le mettre quand elle a froid. Et je pense qu'il y a beaucoup de parents qui sont malheureusement aux prises avec ça parce qu'ils sont dans des jeux de pouvoir, en fait, avec leurs enfants.
- Speaker #1
Oui, mais après,
- Speaker #0
c'est normal.
- Speaker #1
Mais pour l'exemple du manteau, par exemple, moi, j'ai essayé plusieurs techniques. Parce qu'on m'a fait, elle ne voulait pas mettre son manteau. Donc, quand elle était toute petite, je lui disais, par exemple, quand il pleuvait, je lui disais, quand elle ne voulait pas mettre son manteau, je lui disais, alors, dès que tu as mis ton manteau, on pourrait aller sauter dans les flaques dehors. Alors, du coup, ça la projetait sur quelque chose qui était fun. Et donc, là, elle s'est dépêchée de mettre son manteau. Pareil pour ses chaussures. Dès que tu as mis tes chaussures, c'est bon, on peut sortir, on peut aller jouer dans le parc.
- Speaker #0
C'est hyper intéressant, ça, oui.
- Speaker #1
Et ça, en fait, ça fait qu'elle décidait de mettre son manteau. C'est pas moi qui lui disais tu dois mettre ton manteau. Et maintenant qu'elle est grande, parfois, par exemple, je lui dis mets ton écharpe et tout ça qu'elle veut pas, je la laisse. Et puis quand elle est malade, je lui dis ce que tu penses que si t'avais mis ton écharpe, t'aurais été malade aujourd'hui. Et là, du coup, elle me dit ouais, je pense que c'est vrai que j'aurais dû mettre mon écharpe. et du coup c'est pour la prochaine fois et c'est de lâcher prise de En fait, ma fille, elle va être malade et c'est de lâcher prise sur ça, tu vois. Et elle a besoin peut-être de vivre cette expérience pour comprendre elle-même pourquoi elle devrait mettre une écharpe.
- Speaker #0
Ouais, ouais. Ah, j'adore. Trop bien. C'est pas évident quand tu le dis, mais en fait, quand on est aux prises...
- Speaker #1
Ouais. Mais vraiment, quand c'est des petits, ils veulent jouer. Ce qui est le plus important pour eux, c'est jouer. C'est le fun. Et donc, moi, je projetais ma fille que sur des trucs fun. Genre... Par exemple, les chaussures, le manteau, c'était ça. Dès que tu as mis tes chaussures, on pourra aller jouer au parc. Dès que tu as mis ton manteau, on pourra aller sauter dans les flaques. Ou dès que tu as mis ton manteau, on pourra aller chercher une glace, parce que c'est ce qui était prévu. Donc, tu vois, des trucs comme ça. Et puis, du coup, c'est vraiment faire du jeu à chaque fois. Alors, viens, on fait la course. Je vais me chronomètre. Qui c'est qui met ses chaussures le plus vite ? C'est que des trucs comme ça. Je mettais du jeu tout le temps. Et ça, en fait, je l'ai acquis parce que j'étais prof quand j'avais 16-17 ans. J'étais prof pour des primaires. Et donc, j'étais connue pour amener des nuls en dictée à des super notes. Mais parce que je faisais des dictées sur des thématiques qui les intéressaient. Donc, les garçons qui aimaient le foot, je faisais des dictées sur le foot. Les filles qui aimaient... Je ne sais pas, admettons, j'en sais rien. Imaginons que c'est des filles qui aimaient, je ne sais pas quel personnage qui est en vogue en ce moment. Je faisais des dictées sur leurs personnages. Et donc, cette façon de faire, même pour les mathématiques, s'ils faisaient le foot, si tu as 20 joueurs, mais il n'y en a que 11 qui peuvent jouer sur le terrain, il y en a combien qui sont sur le banc ?
- Speaker #0
Du coup, j'imagine que tu l'utilises encore à fond avec tes enfants.
- Speaker #1
Je l'ai fait avec ma fille. Mais je fais aussi avec mes clientes. C'est comme ça aussi que mes clientes, elles sont dans la performance fluide qui ne les épuise pas. Mais parce que j'utilise les mêmes principes que j'ai toujours fait depuis que j'ai compris la stratégie. La stratégie de foutre mes vêtements sous le lit, de dire à mes parents, je sors, mais ne vous inquiétez pas, je vous dis où et quand, avec qui je suis. En fait, toute cette stratégie-là, je l'ai mise en place aussi pour la manière dont j'accompagne les gens. Et c'est pour ça que mes clients ont des résultats spectaculaires. Les gens, ils me disent, mais comment tu fais ? J'ai une de mes clientes qui m'a dit, elle a fait son chiffre d'affaires x7 en moins de 3 mois avec moi.
- Speaker #0
Est-ce que tu dirais que là, les femmes que tu accompagnes, c'est pour beaucoup des anciennes filles sages, ou en tout cas qui ont... Tu vois, j'ai l'impression que pour arriver à faire ce que tu leur fais faire, il faut aussi avoir justement réveillé un peu la parole belle en soi, tu vois ?
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. Ouais, alors moi, j'ai plusieurs manières d'accompagner. C'est-à-dire que du coup, il y a des femmes, la majorité, donc tu l'as bien compris, ce sont des filles sages. D'ailleurs, c'est pour ça qu'elles sont performantes, parce qu'elles font tout bien. Elles font tout bien, elles surdélivrent leurs clients, elles surdélivrent quand elles sont cadre-dirigeantes au niveau de la hiérarchie, elles aiment l'excellence, le travail bien fait, etc. Mais du coup, elles s'épuisent. Et donc, le travail qu'on fait ensemble, c'est embrasser vraiment leur part d'ombre. genre tout ce qu'elle rejette et qu'elle juge ce qu'elle ne veut pas être, d'aller reconnaître cette part en elle et de l'aimer. Et plus elle veut s'aimer...
- Speaker #0
Je suis pas sûre que mon audience soit familière avec le pardon. Tu vois, ça veut dire quoi pardon ?
- Speaker #1
Tes défauts. Par exemple, tu valorises la générosité et donc t'aimes pas les gens qui pensent qu'à leur gueule, les prétentieux, les arrogants, les égoïstes. Et bah d'aller embrasser cette part en elle parce qu'elles l'ont en elle. C'est juste qu'elles l'expriment pas parce que ceux l'interdisent.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et donc d'aller embrasser cette part égoïste, arrogante en elle, ça leur permet d'être pleinement elles-mêmes et d'emmener leurs résultats à un tout autre niveau. Et c'est difficile de le reconnaître sans avoir une aide extérieure. Parce que c'est des choses qu'on ne veut pas être, parce que notre maman l'a été. En fait, on va voir vraiment les schémas de l'enfance. Donc souvent, on ne veut pas être égoïste parce qu'on a jugé, par exemple, sa mère ou son père d'être égoïste. On ne veut pas être arrogant parce que... Il y a une consoeur ou une concurrente qui est hyper arrogante qui se la raconte. Et en fait, ça vient de ça, la racine. Et quand tu embrasses ça, tu peux être toi-même et exploiter ton plein potentiel. Parce que quand tu n'es pas toi-même, tu ne peux pas exploiter ton plein potentiel.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Est-ce qu'il y a des choses que tu voudrais rajouter ? Est-ce qu'on peut te suivre sur Insta ? Je ne sais pas s'il y a d'autres endroits.
- Speaker #1
Je vais suivre Insta majoritairement. Et puis après, j'accompagne en individuel et en groupe. donc les entrepreneurs je les accompagne en groupe en individuel c'est vraiment pour des femmes qui sont assez avancées et puis c'est sur candidature mais sinon c'est en groupe pour des entrepreneurs qui sont déjà avancés, qui font déjà 80 000 euros minimum de chiffre d'affaires par an pour aller de passer de performante épuisée à puissante et alignée pour justement être elle-même et amplifier ça et impacter beaucoup plus de monde via ce qu'elles font Et pas seulement au niveau de l'entrepreneuriat, mais même la personne qui partage leur vie, leurs enfants, leurs amis, leur famille. Parce que c'est une transformation qui fait qu'elles n'ont pas besoin de changer. C'est juste d'embrasser qui elles sont vraiment.
- Speaker #0
Trop bien. C'est super. Et ça, c'est un message qu'on a aussi envie de transmettre, évidemment, à nos filles.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Sois toi-même et tu seras assez, en fait.
- Speaker #0
Oui, trop bien. Merci beaucoup, Julie. Et puis, bonne continuation.
- Speaker #1
Merci Alexandra
- Speaker #0
C'est déjà la fin de cet épisode J'espère qu'il t'a plu et surtout qu'il t'a donné envie de réveiller un petit grain de rébellion en toi et de révéler celui de ta fille Si tu penses qu'il pourrait inspirer une autre maman autour de toi partage-le lui et si tu veux me donner un coup de pouce pour faire grandir cette démarche tu peux laisser 5 étoiles et un petit mot doux ça compte énormément A très vite