- Speaker #0
Hello et bienvenue dans Passage, le podcast qui libère les filles et leurs mamans. Moi c'est Alexandra, maman de Rose, une petite tornade de presque deux ans et demi, à l'énergie débordante et au caractère bien trempé. Et tu sais quoi ? Même si ce n'est pas toujours de tout repos, savoir sortir ses épines, c'est vraiment tout ce que je lui souhaite. Alors j'ai créé ce podcast pour moi et pour toutes les mamans qui veulent élever leurs filles autrement. Pas sage, pas modèle, pas gentille à tout prix, mais confiante, libre d'être elle-même et bien dans leur basket. Des petites filles qui savent et sauront plus tard dire non, poser leurs limites, s'aimer telles qu'elles sont, qui n'auront pas peur d'essayer d'échouer et qui sauront se faire reconnaître à leur juste valeur. Alors ici, on va démonter les injonctions, les stéréotypes et tous ces vieux réflexes qu'on pensait normaux. Tu sais les fameux « t'es pas belle quand tu fais la tête » . On va parler d'estime de soi, de confiance, de rapport au corps, aux émotions. On va parler de nos filles, mais aussi de nous. Parce qu'éduquer autrement, ça commence souvent par se libérer soi-même. Alors au fil des épisodes, je te partagerai des réflexions incarnées, des clés concrètes. et des voix d'experts. Et surtout, une grande dose de soutien et de déculpabilisation. Parce que nous aussi, on mérite mieux qu'être sages. Alors, prêtes à bousculer les règles ? Hello Morgane ! Bonjour ! Bienvenue sur le podcast Passage.
- Speaker #1
Merci beaucoup. Merci de t'avoir écoutée.
- Speaker #0
Avec plaisir, je suis ravie de t'avoir avec nous aujourd'hui. On va parler d'un sujet, l'éducation financière, et en particulier l'éducation financière des petites filles, qui me tient beaucoup à cœur. Parce que moi, ce n'est pas quelque chose que j'ai reçu, l'éducation financière, mes parents n'étant même pas éduqués financièrement. Donc, je m'y suis mise sur le tard. J'approche de la quarantaine et j'ai commencé il y a quelques années, donc assez tardivement. Et c'est vrai que quand on commence à s'y intéresser, on voit que plus on Plus on le fait tôt, plus on met en place des choses tôt, mieux c'est. Notamment grâce à l'effet cumulé, je pense que tu vas nous en parler, parce que j'ai entendu dans un autre podcast que ta fille serait peut-être millionnaire à 52 ans grâce à un investissement que vous avez mis en place avec ton chéri. Tu vas nous en parler, il y a des nuances à apporter. Mais en tout cas, c'est vrai que plus on commence tôt, mieux c'est. Et puis, moi je sais que j'ai hérité aussi d'un certain nombre de croyances par rapport à l'argent qui ont fait justement que je me suis détournée de tout ça. Et c'est évidemment pas ce que j'ai envie de faire avec ma fille. Je suis ravie de t'avoir aujourd'hui avec nous pour parler de tout ça. Tu es aussi maman d'une petite fille d'ailleurs. Je te laisse te présenter ce que je crois qu'on vit en transition et puis peut-être nous dire qu'est-ce qui fait que tu t'es intéressée à ce sujet-là et qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui tu lances, je crois que c'est tout récent, cette newsletter et ce compte Insta de Smart & Rich Babe.
- Speaker #1
Oui, effectivement. Alors moi, ça fait quelques années maintenant quand même que je traite des sujets d'indépendance et d'éducation financière spécifiquement pour les femmes. même si j'accompagne du coup quand même plutôt des adultes, j'accompagne pas des enfants, mais dans l'eau il y a effectivement aussi des mamans, des très rares papas. Et je suis arrivée là-dessus, en fait j'étais déjà coach en négociation salariale il y a quelques années, j'accompagnais beaucoup de femmes sur le négocier leur salaire, et j'ai m'étais rendue compte que, et c'était d'ailleurs mon cas moi aussi personnellement, j'ai m'étais rendue compte que négocier son salaire c'était une... c'est une très bonne chose et c'était une bonne base mais il y avait quand même toute une phase qui venait après qui était ok une fois qu'on a réussi avec succès à négocier cet argent et qu'on a plus d'argent qui tombe sur le compte en banque qu'est-ce qu'on en fait ? Alors bien sûr il y a des réponses assez basiques du style on continue de payer le loyer on rembourse les emprunts etc. mais quand il y a un surplus, et bien qu'est-ce qu'on en fait ? Est-ce qu'il dort là ? Est-ce qu'on l'investit ? Et donc, j'ai commencé à m'intéresser un petit peu à cette après-négociation salariale, donc plutôt à la question de l'épargne et la question de l'investissement financier. Et je me suis très rapidement rendue compte que j'étais loin d'être la seule à avoir jamais reçu d'éducation financière. Tu le citais tout à l'heure, mais en fait, on est de la même génération et notre génération, dans la majorité, on n'a pas du tout reçu d'éducation financière. C'est hyper intéressant, c'est que les générations avant nous, alors nos grands-mères surtout, nos mères un petit peu moins quand même, mais nos grands-mères, etc. recevaient une éducation financière. Alors, pas du tout sur l'aspect investissement financier, évidemment, puisqu'elles ne peuvent pas investir en bourse. En tout cas, les Françaises ne peuvent investir en bourse que depuis 1967. Mais par contre, elles recevaient une éducation financière sur la question du budget, sur l'épargne, sur comment tenir une maison, etc. Évidemment, c'était très genré comme éducation, mais ça avait le mérite d'exister. Et puis, en fait, ça a un petit peu disparu avec la mixité à l'école, notamment, et puis les programmes scolaires qui ont été remaniés, etc. Et je pense que c'est... dommage que cette éducation elle ait disparu d'un point de vue familial et éducation nationale pour tous et toutes, évidemment je pense que les petits garçons aussi devraient apprendre le budget, l'argent les inégalités financières voilà, donc c'est assez intéressant c'est qu'en fait, tu n'étais pas du tout la seule moi j'étais dans ce cas-là aussi maintenant ça fait quelques années que j'investis que j'ai formé, honnêtement j'ai arrêté de compter mais ça se compte en milliers de femmes que j'ai formées à l'investissement euh à l'épargne et à la négociation salariale. Je continue aujourd'hui. Donc, je fais du coaching en one-to-one. J'interviens dans des entreprises. Il y a des entreprises qui veulent accompagner leurs salariés à avoir une meilleure compréhension de la question financière et aussi de l'investissement et de la négociation salariale. Il y a des boîtes qui me demandent de venir former leurs salariés à négocier leurs salaires, ce qui est quand même assez cocasse. Voilà. Et donc là, je viens de lancer effectivement une newsletter. slash podcast, en fait c'est le même contenu, c'est pour aborder la question des finances personnelles sous un aspect un peu rigolo et narratif, pour changer un petit peu des récits un peu barbants qu'on peut entendre beaucoup sur les questions d'argent en fait on suit une protagoniste qui est une trentenaire dont la vie amoureuse et financière est catastrophique et qui prend la décision un petit peu irrationnelle de vouloir épouser un homme dont la famille est riche et de faire dans les films de se faire détester par sa nouvelle belle-famille pour que la belle-famille lui propose un million d'euros pour le quitter et donc pouvoir repartir les poches pleines. Ce qui est complètement absurde, il y a des moyens quand même beaucoup plus rationnels de gagner de l'argent. Mais c'est un petit peu le prétexte aussi pour avoir tout un tas de discussions autour des inégalités financières économiques entre les hommes et les femmes, mais aussi l'économie du mariage, le divorce, les enfants, etc.
- Speaker #0
Ok, super. Tu as commencé à l'aborder, tu disais que tu étais coach en négociation salariale. On sait quand même aujourd'hui que c'est plus difficile pour les femmes d'oser négocier une augmentation de salaire, de se faire payer leur juste valeur en tant que salarié ou en tant qu'entrepreneur, d'aller vers des métiers plus rémunérateurs aussi. Comment tu expliques ça ? Est-ce que pour toi, ça se joue dès l'enfance ? Est-ce qu'il y a vraiment un traitement différent entre les garçons et les filles autour de l'argent ? Qu'est-ce qu'on apprend en petite fille par rapport à l'argent, par exemple ? J'aimerais vraiment comprendre ce qui se passe concrètement pour les petites filles dans le rapport à l'argent.
- Speaker #1
Oui, effectivement, elle suscite la partie des inégalités de revenus. Alors ça, ça pourrait être carrément un sujet à part, tellement c'est fourni et tellement il y a d'informations et de données. Mais de manière générale, oui, les inégalités financières, elles commencent à se produire. très tôt en fait, bien avant qu'il y ait un premier salaire qui tombe. Et ça commence par la manière dont on parle d'argent aux enfants et dans ce qu'on leur donne concrètement à gérer en argent. Il y a des études qui montrent que les enfants intègrent les schémas financiers de leurs parents. Il y a une étude notamment de l'Université de Cambridge qui montre ça, qu'on développe nos habitudes et nos croyances financières dès l'âge de 6 ans en prenant modèle sur nos parents. Et on sait aussi par d'autres études qu'on a plus tendance, et ça c'est de manière générale, c'est tout le monde, on apprend plus des personnes, en tout cas du genre auquel on s'identifie. Donc si on est une petite fille, on va beaucoup plus apprendre des comportements de notre maman et si on est une petite garçon, on va plus apprendre des comportements de notre papa. Ce qui fait qu'effectivement, dès l'âge de... Donc c'est six ans, mais en fait, même bien avant ça, ils commencent à intégrer des schémas. Donc, on peut dire déjà dès l'âge de 4-5 ans, tu vois, eh bien, ils vont comprendre déjà à quoi sert l'argent, ils vont identifier et regarder comment leurs parents le gèrent. Donc, il y a déjà un terrain psychologique qui se joue vraiment très tôt. Et après, ça s'amplifie beaucoup un peu plus tard, autour de 7 ans, quand commence à y avoir dans l'équation la question de l'argent de poche. Et pareil, il y a des études, notamment une étude qui a été menée par PixPay, qui est un moyen de paiement pour enfants. et ils ont montré qu'il n'y avait déjà pas le même rapport à l'argent de poche qui se crée à ce moment-là et que les petits garçons recevaient en moyenne 7,50 euros de plus par mois. Ça n'a pas l'air énorme, mais ça fait quand même 90 euros de plus par an. Quand on a moins de 10 ans, ça fait une petite fortune. Et en plus, l'écart se creuse en grandissant. Et les filles vont demander moins d'argent de poche. Et tout ça, bien sûr, ça va se répercuter. tu vois il y a il y a aussi tout un imaginaire de la petite fille toi tu disais que t'étais maman d'une petite fille, moi aussi je suis mère d'une petite fille et en fait je sais pas ce que tu en penses mais moi je suis très alerte on va dire sur ces sujets d'éducation genrée et non genrée et même des fois je me surprends à m'auto-corriger tu vois où je vais dire à ma fille je commence à lui dire soit gentille soit sage et tout de suite je me dis non en fait surtout Ne dis pas ça, arrête, laisse-la s'exprimer, etc. Mais c'est vraiment là, on est en train de parler de mon comportement individuel, mais en fait, à l'échelle de la société, c'est un message. Et d'ailleurs, j'imagine que le nom de ton podcast, il n'est pas pour rien. Mais c'est le message qu'on fait passer aux petites filles. C'est qu'il faut qu'elles apprennent la prudence, qu'elles apprennent la gentillesse, la conformité, alors qu'on va encourager les garçons à oser... former, négocier, conquérir. Et donc, quand tu mets en rapport, enfin, quand tu compares du coup les schémas financiers qui sont appris dès l'âge de 4, 5, 6 ans, avec en plus qu'on leur renseigne à côté comme éducation très genrée, forcément, ça va amener sur des adolescents et des adolescentes et puis des adultes ensuite, qui ne vont pas du tout avoir ni le même rapport à l'argent, ni le même rapport à la négociation salariale. Et ensuite, vraiment, si tu veux, on peut reposer sur ce sujet avec grand plaisir, sur la question des revenus. Le principal problème, il est quand même systémique qu'individuel. Ce n'est pas les femmes qui s'orientent vers des métiers qui sont moins bien rémunérés, c'est les secteurs d'activité qui baissent les salaires quand les femmes intègrent plus massivement ces secteurs. Et ça, ça a été montré par tout un tas d'études depuis les années 80.
- Speaker #0
Ah oui, et tu ne le penses pas ? Parce que là, par exemple, hier, j'avais une interview avec une experte en littérature jeunesse qui montrait que, par exemple, dans les littératures jeunesse... la littérature jeunesse, les stéréotypes qu'il y a dedans poussent les petites filles vers les métiers du soin. Et c'est quand même des métiers qui sont moins réadministrateurs.
- Speaker #1
Oui, mais tu vois, c'est intéressant. La question, c'est pas tellement... C'est assez simple de répondre à la question pourquoi les petites filles vont avoir les métiers du soin ou de l'enseignement, par exemple, et pourquoi les garçons vont vers les métiers de la technique. Et tu viens de citer les ouvrages de jeunesse, les médias, et ça, ça fait des années qu'on le sait, qu'en fait, l'image qui nous entoure va les pousser. La vraie question, c'est... Est-ce que les métiers du soin sont mal rémunérés parce que ce sont des femmes qui les occupent ? Ou est-ce que les femmes vont vers les métiers du soin parce qu'elles se sont mal rémunérées ? Et en fait, ce que montrent les études économiques, et notamment, il y a une économiste américaine qui s'appelle Linda Babcock, qui s'est beaucoup intéressée à cette question, qui était un petit peu la question de la fée de la poule. Est-ce que les métiers sont mal rémunérés parce que les femmes occupent ces métiers-là ? Ou est-ce que c'est parce que les femmes sont attirées par des métiers qui ont du sens et qui sont mal rémunérés ? Et en fait, ce qu'elle démonte... C'est assez simple, il faut faire des comparatifs sur les différents métiers. Ce qu'elles montrent et ce que montrent plein d'autres économistes, c'est qu'en fait, quand un secteur d'activité voit une vague arriver, soit d'hommes, soit de femmes, les salaires vont soit monter, soit baisser. L'exemple le plus flagrant, et vraiment, quand tu regardes les graphiques, tu t'hallucines, c'est l'informatique. L'informatique, c'était un métier de femme jusqu'à la fin des années 70. C'est essentiellement de la programmation. C'est les femmes qui ont programmé les bombes pendant la Seconde Guerre mondiale, etc. Et c'était considéré comme une espèce de travail de secrétariat un peu plus-plus, si tu veux. Ce qui était porté comme attention à l'époque, c'était la machine. La machine, c'était vu comme le truc viril, et donc du coup, c'est ce qui avait de la valeur, et la programmation n'en avait pas du tout. Et puis au début des années 80, sont arrivés les premiers ordinateurs, et les premiers, comment dire, les late game boys, etc., ensuite un peu plus tard, sont arrivés les premiers ordinateurs à usage. familiales et personnelles. Et en fait, là, il y a eu un changement de paradigme. Les hommes se sont rendus compte que la partie informatique, c'était là où finalement il y avait de la valeur. Et ils sont petit à petit rentrés sur ce secteur-là, dans le marché de l'emploi. Et en fait, on voit très bien la courbe qui s'inverse au début des années 80, où en fait, les femmes sont prédominantes dans le secteur de l'informatique et les salaires sont extrêmement bas. Et c'est des salaires, en fait, de secrétariat. Et quand les hommes arrivent, en fait, tu vois les courbes s'inverser. Donc, les femmes tombent en ombre, les hommes montent en ombre et les salaires, eux, suivent une coupe inverse. Les salaires bondissent. Et aujourd'hui, on sait très bien que l'informatique et tout ce qui gravite autour, c'est parmi les métiers les plus rémunérateurs. Et on voit l'inverse dans des secteurs d'activité qui étaient très masculins. C'est le cas, par exemple, de la biologie et du design et qui ont eu, à l'inverse plutôt, une arrivée massive de femmes dans les années 2000. Et les courbes, tu les vois aussi s'inverser. Les salaires sont tombés drastiquement quand les hommes sont sortis de ce secteur et que les femmes sont arrivées. Parce qu'inconsciemment, il y a cette idée un peu collective. C'est dans la tête des employeurs, mais finalement, c'est dans la tête de toute la société que si une femme fait un métier, c'est que ça ne doit pas être très compliqué. Et donc, du coup, ça mérite, effectivement, ça a moins de valeur et donc ça mérite moins d'argent. Moi, je te résume ça vraiment en cinq minutes, mais bien sûr, il y a plein d'études. Il faut aller voir tout ce qui a été fait. c'est un sujet qui est extrêmement passionnant.
- Speaker #0
Donc, clairement, il ne va pas falloir juste pousser les filles vers ces métiers-là, il va falloir changer le regard des hommes et de la société entière sur la valeur que peut apporter une femme, en fait.
- Speaker #1
Et puis aussi, peut-être, on a un autre sujet dans notre société, c'est que on apporte de la valeur, en fait, on vit dans le capitalisme, je n'apporte ça à personne, et donc la valeur, elle est portée là où il y a un retour sur investissement financier, donc là où il y a de la production. Et en fait, dans notre société, pour avoir de la valeur de manière générale, de la valeur sociale, mais aussi de la valeur financière, il faut qu'il y ait de la production, il faut qu'il y ait quelque chose qui se vende. Or, les métiers, par exemple, du soin, de l'enseignement, ça produit des esprits, ça produit de la santé, mais concrètement, tu ne vends pas un service, tu ne vends pas quelque chose de sensible. Et donc, du coup, on a quand même un vrai sujet dans la société.
- Speaker #0
Le retour sur investissement, il est plus tard aussi.
- Speaker #1
Voilà, mais c'est tout un sujet sur... En fait, c'est... quoi est-ce qu'on apporte la valeur ? En fait, c'est quoi la valeur dans notre société ? Et aujourd'hui, malheureusement, c'est la production.
- Speaker #0
Alors, après ce tableau pas très optimiste, comment peut-on aider nos petites filles ? Et déjà, c'est quoi, selon toi, l'éducation financière et à quel âge ça commence ? Et par quoi on commence, en fait ? Par quoi on peut commencer, là, nous, maman, parce que c'est plutôt des mamans qui nous écoutent sur ce podcast, de petites filles ? Est-ce que c'est en changeant déjà son propre rapport à l'argent, peut-être ?
- Speaker #1
Alors... déjà je vais répondre à ce que tu viens de dire déjà c'est en impliquant il faut que les pères, quand il y a un père il faut que les pères soient présents parce que si, c'est ce que je disais tout à l'heure en fait si dès l'âge de 5-6 ans je vois qu'en fait maman s'occupe des cours, s'occupe d'aller acheter le pain à la boulangerie tous les soirs etc et que en grandissant je vois que c'est papa qui paye les vacances ou qui tu vois achète la voiture, en fait si le père, encore une fois quand il y a un père n'est pas impliqué aussi dans l'éducation au quotidien et dans l'apprentissage financier au quotidien, déjà ça, ça va inculquer une séparation genrée sur les tâches financières. Or, on sait aussi qu'en grandissant, par exemple, il y a les livres notamment de Titu Loko qui est dessus, mais sur la question de la séparation dans le couple, quand on se sépare, si en tant que femme, on s'occupait des courses au quotidien, des petits achats, etc., et que l'homme s'est occupé des grands investissements, des grands achats, les femmes repartent avec, c'est la théorie de Tituloqua qui dit, la fameuse théorie du pot de yaourt, tu repars avec tes pots de yaourt, tu as tes larmes pour pleurer. Donc déjà, le fait que le père soit impliqué dans l'éducation au quotidien sur la question des finances pour les enfants, c'est vraiment primordial. Et que la mère, à l'inverse, quand il y a une mère, elle, elle soit aussi impliquée sur les grandes décisions financières du foyer, les gros achats, la maison, la voiture, les vacances, etc. Et ça, c'est vraiment primordial que l'enfant puisse voir un partage équilibré de ces tâches-là. Ensuite, de manière très concrète, alors, dès qu'ils sont petits, moi, par exemple, ma fille, elle n'a que deux ans et demi. Mais à deux ans et demi, déjà, elle a déjà compris qu'il fallait de l'argent pour... Tu vois que l'argent, c'est un moyen d'échange. Il y a aussi... On est aujourd'hui dans un monde où tu peux payer encore en physique et en carte, en digitalisé, mais on va quand même aller de plus en plus vers du digitalisé. Donc, il faut aussi qu'il y ait une compréhension. Et ça, ce n'est pas forcément évident pour les tout-petits, qu'il y ait une compréhension sur une valeur qui ne se touche pas. Tu vois, la pièce, l'enfant, il le touche, il peut comprendre. Il y a une pièce, et puis deux pièces, et puis trois pièces. la carte bleue ou le téléphone, c'est un peu plus compliqué.
- Speaker #0
Je suis insiste pour payer tout le temps en carte. Je ne sais pas si la toute, c'est pareil, mais je ne veux qu'elle se dos à la portée à toutes les caisses pour qu'elle puisse payer avec la carte.
- Speaker #1
Alors, je fais exactement comme ça. La mienne, elle est mieux payée par pièce parce qu'il y a une petite... Maintenant, c'est par machine. Et donc, les pièces tombent dans le bordé. Il y a d'autres pièces qui descendent en dessous. Mais ce que je veux dire, c'est que là où l'argent... enfin L'argent fiduciaire, c'est tangible, tu le vois. Et donc, du coup, tu as une meilleure compréhension. Tu as une pièce plus une pièce. Si tu en donnes une, il ne t'en reste qu'une seule. Quand tu payes tout le temps par carte bleue ou avec le téléphone dématérialisé, en fait, tu ne vois pas l'argent passer. Et donc, pour l'enfant, c'est aussi… Tu vois, il y a une compréhension qui est un petit peu faussée quelque part. Donc, il faut pouvoir expliquer aussi que, déjà, l'argent, il n'est pas illimité sur la carte. Alors que quand c'est dans le porte-monnaie en pièces, tu le vois quand il n'y en a plus. Donc, bref, il y a tout un... Déjà, assez petit, on peut les sensibiliser à qu'est-ce que c'est que l'argent. Et puis ensuite, le plus simple, c'est quand il va y avoir un petit budget qui est proposé à l'enfant. Donc ça, dès l'âge de 6-7 ans, en fait, l'enfant est capable de conscientiser qu'il a un budget, quelques euros, à gérer de manière hebdomadaire, l'impliquer dans les dépenses du quotidien et lui parler du choix. Tu vois, la question de... on économise. aujourd'hui pour pouvoir payer quelque chose plus gros demain. Donc, la question de l'épargne, il faut l'encourager. Tu vois, lui montrer que... Ce qui vous fait attention, ce n'est pas enfermer l'enfant dans l'argent, c'est une question de rareté, parce qu'après, tu peux aussi créer des adultes qui, en fait, amplifient le tabou et ne sont pas à l'aise avec l'argent, mais leur montrer que c'est une question de choix et de liberté. Donc, voilà, par exemple... je te donne 3 euros hebdomadaires, qu'est-ce que tu vas en faire ? Si tu en gardes 2 tout de suite et que tu n'en dépenses qu'un seul, la semaine prochaine, tu en auras encore 2 et tu en auras 3 de plus. Et ça, les enfants, ils sont tout à fait capables de le comprendre autour de 7 ans. Il n'y a pas besoin d'attendre qu'ils soient au collège ou au lycée pour ça. Et après, il y a aussi toute une question autour du langage. Tu vois, il y a vraiment plein de phrases auxquelles il faut faire super attention. Un enfant, je ne sais pas toi, un enfant de ma vie, déjà, elle est dans la période où elle répète tout ce que je dis.
- Speaker #0
Donc, Merci.
- Speaker #1
Donc voilà.
- Speaker #0
On va pas révéler ton compte en banque. Oui. C'est tout sur ton compte en banque.
- Speaker #1
Il faut faire super attention à ce qu'on dit, et notamment sur les phrases. On a tous et toutes entendu des petites phrases comme ça, qui ont l'air de rien dans notre enfance, sur la question financière, du style « Ah, eux, ils ont peut-être de l'argent, mais nous, au moins, on est heureux. » « Ah, mais l'argent, ça achète pas le bonheur. » Ce genre de choses, tu vois, que t'entends. Ou « Ah non, mais ça, c'est trop cher. Attends, mais je crois que l'argent, ça pousse sur les arbres. » Plein de phrases comme ça qu'on entend. Et ça, ça va venir façonner notre psychologie vis-à-vis de l'argent. Et donc, il faut faire attention à ce qu'on dit. Et donc, plutôt expliquer que l'argent, la gestion de l'argent, ça, ça prend. C'est une compétence. Gagner de l'argent, c'est pas mal. C'est un moyen d'indépendance. Tu as le droit de gagner de l'argent. Voilà. Donc, il y a des choses auxquelles il faut faire attention. Et typiquement, les phrases que j'ai citées avant, il faut Il vaut mieux les éviter quand même.
- Speaker #0
Je pense aussi à le fait de dire quelque chose est cher ou pas cher. Qu'est-ce que tu en penses ? Parce qu'en fait, c'est subjectif. C'est par rapport à tes moyens. En fait,
- Speaker #1
il y a deux questions. Il y a la question du prix, qui est vraiment la question pragmatique. C'est-à-dire, telle chose coûte, je dis n'importe quoi, 10 euros et telle chose coûte 12 euros. Forcément, celle qui coûte 12 est plus chère que celle qui coûte 10. Et donc, il y a quand même une question. Il faut quand même... conscientiser la notion de prix. Mais ce à quoi, à mon avis, il faut plus conscientiser, c'est la question de la valeur. Et donc, plutôt, cet achat, si tu le fais maintenant, déjà, est-ce qu'on peut le faire ? Non. Eh bien, du coup, ce n'est pas grave, en fait. On va économiser parce qu'il a de la valeur pour nous, on veut l'acheter. Et donc, du coup, on va économiser pour pouvoir se l'acheter plus tard. Donc, tu vois, c'est plutôt la notion de la valeur que je pense qu'il faut creuser avec les enfants. Et c'est très lié, ce que je disais encore, à la question de... Et ça, c'est très difficile pour les enfants, mais même moi, en tant qu'adulte, quand je vois un truc dans une vitrine que j'ai envie de me payer, c'est super dur de dire non, je ne peux pas, etc. Et donc, évidemment, pour les enfants, c'est encore plus dur, mais si on les accompagne à comprendre que tu peux faire un petit... que tu peux attendre un petit peu maintenant pour avoir une plus grosse récompense plus tard, et ça, c'est bénéfique quand même dans plein d'autres aspects de la vie aussi.
- Speaker #0
Trop bien. Si on part maintenant sur des choses concrètes qu'on peut peut-être faire pour nos enfants et en l'occurrence pour nos filles, pour essayer de garantir ou contribuer à leur avenir financier, qu'est-ce que tu pourrais conseiller ? On peut penser à épargner pour eux, à investir pour eux. C'est là où on en arrive à la fameuse anecdote de ta fille qui peut être millionnaire. Est-ce que tu pourrais nous dire ce qui est possible selon toi de mettre en place ? et comment procéder, vers qui se tourner peut-être pour mettre en place ?
- Speaker #1
Alors, avant de te répondre, je suis obligée de préciser que je ne suis pas une gestionnaire, je ne fais pas de la gestion de patrimoine, je n'ai pas de diplôme en gestion de patrimoine, donc je ne suis pas autorisée à dire aux gens ce qu'ils doivent faire. Ce que je peux dire, je peux expliquer de manière pédagogique ce qui existe comme option, je peux dire ce que moi je fais. Mais il ne faut pas que les auditrices et les auditeurs se disent que ce que j'ai fait est forcément ce qu'elles doivent faire. Chacune a sa situation. Et avant de prendre une grande décision, s'il y a un doute, il vaut mieux se tourner vers un ou une professionnelle de l'investissement. Et voilà. Donc ça, c'est la petite parenthèse que je suis légalement obligée de le dire. Alors, la question de l'épargne et de l'investissement, en fait, il y a des grands principes qui sont valables. aussi bien si tu investis pour toi ou si tu épargnes pour toi que si tu investis pour tes enfants. Déjà, il y a deux choses. Il y a l'épargne et l'investissement. L'épargne, c'est quelque chose, c'est mettre de l'argent à court terme. Donc, c'est pour des projets de court terme. C'est-à-dire qu'on va avoir besoin d'accéder à cet argent assez rapidement. Dans l'épargne et l'investissement, on dit que c'est en toute cinq ans. Assez rapidement, c'est en toute cinq ans. Donc, il faut épargner sur des supports qui sont dits liquides, c'est-à-dire que ton argent, tu y accèdes. sans trop de difficultés. Ça ne va pas rapporter parce que quand tu l'investis ou tu l'épargnes, en l'occurrence, tu l'épargnes sur une courte durée, 5 ans, c'est court dans le monde de l'épargne et de l'investissement. Donc, tu vas la mettre sur des supports qui, en règle générale, n'ont pas beaucoup de rendement, qui vont avoir un petit rendement, des livrets notamment. Le livret A, puis tous les livrets qui sont réglementés par l'État. Donc, tu n'as pas un gros retour sur investissement. Donc ça, l'épargne, c'est plutôt pour les projets de court terme donc c'est très bien par exemple si tes enfants sont déjà par exemple adolescents et que tu veux que cet argent ils en aient disposition dans 3, 4, 5 ans, tu vas plutôt te tourner vers de l'épargne, mais c'est pareil pour toi si toi tu as des projets qui sont sous moins de 5 ans tu vas plutôt te tourner vers l'épargne si les projets pour lesquels tu veux placer cet argent ils sont à moyen ou long terme à ce moment là tu peux réfléchir plutôt à des supports qui vont prendre plus de risques avec l'argent mais du coup dans l'investissement plus tu laisses longtemps et plus tu laisses sur des supports qui sont un peu plus risqués et plus ton potentiel de rendement il est élevé voilà donc là tu peux avoir plusieurs produits qui sont intéressants je peux pas te dire lequel il faut choisir je peux dire ce qui existe donc typiquement tout ce qui est livré c'est des rendements qui sont très faibles mais ton capital il est garanti donc des projets de court terme c'est très bien dessus si tu prends un long terme Mais tu... L'un des produits phares qu'il y a en France, c'est l'assurance vie. On a tendance à confondre, quand on ne connaît pas trop, avec l'assurance décès. L'assurance vie, en gros, c'est un contrat d'investissement sur lequel tu viens placer ton argent. Il est investi souvent en gestion pilotée. Il est investi pour toi sur différents supports. Et puis, tu peux le récupérer au bout de X années. L'assurance vie, c'est au bout de 8 ans. Techniquement, tu peux le récupérer avant. c'est juste que la fiscalité... elle n'est pas très avantageuse avant 8 ans. En France, on a une fiscalité assez lourde sur les gains, sur ce qu'on appelle les dividendes, sur les gains de l'investissement, qui est autour de 30 %, enfin, qui est de 30 %, mais au-delà de 8 ans, par exemple, l'assurance vie a une fiscalité plus avantageuse. Donc, tu vois, on revient toujours à cette question de la temporalité. Pourquoi tu investis et quand est-ce que cet événement va arriver ? Si, par exemple, ton enfant, et c'est le cas, par exemple, je vais illustrer avec ma fille. Donc, ma fille a 2 ans et demi. On lui a ouvert une assurance vie. Après, je pourrais revenir pourquoi on a fait le choix de lui ouvrir une assurance vie à elle, parce que c'est aussi un grand débat. Mais on lui a ouvert une assurance vie à sa naissance, sur laquelle on a mis un capital de départ qui était de 1 000 euros. Et tous les mois, on verse 150 euros. Et effectivement, là, c'est pour l'anecdote, on avait fait une simulation où on montrait que... Enfin, j'avais vu qu'avec une hypothèse de rendement, je crois que notre hypothèse de rendement, elle était à 8 %. Ce qui n'est pas déconnant sur du très long terme, même si, et là aussi je suis obligée de le dire, c'est la petite formulation consacrée, mais les rendements passés ne présagent pas de l'avenir. En bourse, les chiffres montrent que sur une période de 20 ans, tu as 99,9% de sorties positives. Mais il peut toujours se passer des choses et tu peux ne pas être dans ce cas-là. Mais en l'occurrence, selon ma simulation, placer 1 000 euros de départ sur une assurance vie avec 150 euros tous les mois, et on avait vu...
- Speaker #0
Et on peut mettre moins. Précisez aussi qu'on peut mettre moins. Oui, tout à fait.
- Speaker #1
Oui, effectivement, j'aurais dû le préciser. Les assurances vie, alors... Nous, c'est une assurance vie mineure, donc pour enfants, je crois que le minimum, c'était 300 euros à l'époque sur celles que j'ai ouvertes. Il me semble qu'ils ont augmenté à 500 maintenant.
- Speaker #0
Mais je veux dire tous les mois aussi, tu as contribution.
- Speaker #1
Tous les mois, tu peux mettre moins que ça, oui. Effectivement, après, c'est à fonction de tes moyens. Puis tu peux augmenter, tu peux redescendre si jamais, par exemple, tu passes par une mauvaise passe et que tu veux diminuer un petit peu tes contributions, tu peux augmenter, tu peux, voilà. Mais nous, sur cette hypothèse de 1 000 euros et puis 150 tous les mois, elle devenait millionnaire à 52 ans, précisément. Alors, dans l'hypothèse où, à ses 18 ans, elle laissait ensuite la rente, voilà, et que nous, on continuait ou qu'elle, elle continuait à... à contribuer, donc il y a aussi des si. Mais ce qui était très intéressant, c'est que c'est sur ce million, alors là, je n'ai pas les chiffres sous les yeux, donc je ne vais pas dire bêtise, mais ça faisait un million et quelques. Sur ce un million et quelques, il y avait grosso modo un tiers qui était du capital déposé par nous ou elle, et il y avait deux tiers qui étaient issus de ce qu'on appelle les intérêts composés. C'est-à-dire qu'en investissement, ce qui est intéressant, c'est quand tes intérêts, tu les laisses placés, tu ne les récupères pas comme des dividendes, tu les laisses là où ils sont, et ils vont eux-mêmes générer des intérêts. Et au fil du temps, les intérêts génèrent des intérêts qui génèrent des intérêts. Et donc, il y a cette espèce d'effet boule de neige qui fait que c'est exponentiel. En fait, ta courbe, elle va vraiment être exponentielle plus tu vas rester longtemps.
- Speaker #0
Trop bien. Donc, si on résume un petit peu le podcast, si on faisait un mini plan d'action, tu vois, pour les mamans qui nous écoutent. Donc, le premier point, c'est d'impliquer le papa, qui contribue à l'éducation financière. Deuxième point, c'est de participer soi-même à la gestion et aux grandes décisions, en général, mais aussi aux grandes décisions financières du foyer. Ensuite, on a parlé de peut-être regarder un petit peu où on en est de son rapport à l'argent, des phrases qu'on peut dire. au contact de notre enfant et qu'il peut absorber. Et ensuite, ce serait, on avait parlé aussi de lui faire prendre conscience de la notion de l'argent. C'est peut-être des petits jeux aussi autour de l'argent. On n'a pas dit ça, mais peut-être que ça peut se passer par là aussi. Et puis après...
- Speaker #1
Il faut que l'enfant mène la capsule,
- Speaker #0
voilà.
- Speaker #1
Il y a à la fois le fait de libérer la parole dessus, c'est-à-dire en parler, expliquer. Il ne faut pas que quand on parle d'argent que l'enfant rentre dans la pièce et d'un seul coup, on se ferme, on arrête d'en parler. Pour autant, il faut quand même protéger l'enfant s'il y a des grosses difficultés financières dans la famille. Je ne sais pas, je dis n'importe quoi, mais si on va perdre la maison, etc. Bon, il faut quand même mettre une forme de protection autour de l'enfant aussi. Un enfant de 10 ans n'est pas forcément capable d'absorber des défis aussi élevés. Donc, il faut savoir aussi doser la conversation. Mais au-delà de la conversation, c'est effectivement, on apprend en faisant, mais tout le monde, toi, moi, on apprend toutes et tous en faisant. Donc, effectivement, il faut que l'enfant participe. C'est pour ça que je disais, dès l'âge de 6-7 ans, tu peux déjà commencer à lui donner un petit budget hebdomadaire pour qu'il ou elle apprenne à s'en servir, à l'utiliser au quotidien et puis à épargner avec, etc.
- Speaker #0
Et puis après, c'est peut-être en fonction de ses objectifs, de ses moyens, de mettre de l'épargne de côté pour notre enfant, en fonction des objectifs. ou d'investir, et tu as cité l'exemple de l'assurance vie, et de ne pas hésiter à s'entourer de professionnels pour faire ces choix-là.
- Speaker #1
Je vais quand même ajouter, notamment parce que tu me dis que c'est effectivement beaucoup de mamans qui écoutent, et donc je vais quand même ajouter un point qui me semble essentiel, c'est qu'avant de penser à épargner ou investir pour ses enfants, il faut déjà avoir soi-même des fondations financières solides, c'est-à-dire qu'il faut avoir une épargne, il faut avoir une épargne de précaution, il faut avoir ses propres supports d'investissement. Et je compare toujours à, tu sais, quand tu prends l'avion et on te dit que s'il y a un problème, tu dois d'abord mettre ton masque à oxygène sur toi avant de pouvoir le mettre sur tes enfants. Parce qu'en fait, tu dois être en capacité d'aider tes enfants et d'aider d'autres personnes aussi. Et pour les finances, c'est exactement la même chose. Il ne faut pas commencer tout de suite. Enfin, si tu n'as pas un minimum d'épargne de précaution, c'est-à-dire une épargne qui est de côté pour te prévenir des incidents, des accidents, si tu dois quitter ton foyer, si tu as un jour ou un lendemain. tu te retrouves sans emploi ou si la porte de la maison casse et que tu dois faire changer la serrure et que tu ne l'avais pas anticipée. Ça, c'est l'épargne de précaution. Ensuite, tes propres supports d'investissement pour tes projets de vie à toi, ta retraite, acheter une maison, etc. Il faut déjà avoir ses propres fondations et après, on peut s'occuper des fondations des enfants parce que tu ne pourras pas... Pour simple et bonne raison, c'est déjà que si tu ouvres un support d'investissement au nom de l'enfant, Donc là, vraiment au nom de l'enfant, l'argent qui est placé dessus, même si c'est toi qui le mets, il ne t'appartient plus. Et donc du coup, si demain tu te retrouves dans une grosse crise de vie, tu ne peux pas récupérer cet argent-là. Et si tu n'as pas toi-même une épargne de côté pour pouvoir justement faire face à cette crise, tu vas te retrouver bien embêtée. Donc, il faut vraiment avoir déjà sa propre sécurité financière et après, on met en place tel désenchant.
- Speaker #0
Je pense que si on n'est pas en mesure d'investir ou d'épargner pour notre enfant, je pense qu'il ne faut pas culpabiliser non plus. À partir du moment où on fait les autres étapes dont on a parlé, on essaye de faire en sorte qu'elle développe un rapport sain à l'argent. Et qu'en tout cas, on fait en sorte que plus tard, elle puisse faire pour elle-même sa propre épargne et ses propres investissements. C'est déjà bien. Mais je voulais qu'on en parle parce que parfois, on se bloque en pensant qu'il faut... avoir beaucoup de capital de départ pour pouvoir, par exemple, ouvrir une assurance vie pour notre enfant alors que c'est quand même accessible. Et comme tu l'as dit, ça vient peut-être après avoir fait ce qu'il faut pour nous.
- Speaker #1
Exactement. Après, j'ai cité l'assurance vie, mais il y a plein d'enveloppes. Par exemple, tu peux ouvrir un PEA. Je crois que le mien, je l'ai ouvert avec 50 euros de mémoire. Il y a des comptes-titres. Tu les ouvres avec quelques euros. Après, là, on va voir le temps, mais il faut se renseigner sur... tous les produits d'investissement. Alors, tout. Il n'y en a pas non plus 50 000. Mais il faut se renseigner juste sur les produits d'investissement qui existent en France, leur fiscalité et les frais qui sont associés. Ça, c'est vraiment les deux grands critères. Il faut bien regarder l'imposition et du coup, les frais de gestion de l'acteur chez qui tu vas aller. Mais ça, tu le décideras. Il faut toujours revenir à pourquoi tu épargnes ou pourquoi tu investis. Encore une fois, il faut que tu saches quel est le projet derrière. Aussi, parce que sur le long terme, savoir pourquoi tu investis, savoir ce qu'il y a au bout du chemin, en fait ça t'aide à tenir, ça t'aide à... Et l'investissement, comme l'épargne, ça tient seulement si tu as de la régularité. Si en fait tu épargnes pendant deux mois puis après tu vas tomber pendant cinq ans, ça n'a aucun... Pareil pour l'investissement, il n'y aura pas d'intérêt, enfin très peu d'intérêt composé, etc. Donc c'est toujours beaucoup plus motivant quand on sait ce qu'il y a au bout du chemin. Et c'est aussi ce qui va permettre de savoir sur quel type de produit tu vas partir.
- Speaker #0
Et puis, je dirais, pour les personnes qui nous écoutent et qui ont trop de charge mentale, qui sont un peu allergiques à tout ça, qui ont l'impression de rien comprendre, parce que c'était mon cas quand j'ai commencé. Moi, par exemple, je me suis entourée d'une conseillère en gestion du patrimoine qui se rémunère sur mes gains. Donc, je n'avais pas besoin d'un capital pour pouvoir accéder à cette conseillère en gestion du patrimoine. Et en fait, elle fait des choses pour moi. Donc, évidemment, elle va se rémunérer en partie dessus. Mais je trouve que ça peut être aussi une porte d'entrée. Et au départ, je n'osais pas y aller parce que je pensais qu'il fallait avoir déjà un énorme patrimoine, tu vois.
- Speaker #1
C'est vraiment une idée reçue sur l'investissement. C'est qu'on a l'impression, effectivement, comme tu dis, qu'il faut des milliers d'euros et déjà avoir une formation hyper solide en finance. Il faut tout comprendre des marchés. Mais parce qu'aussi, on a une image qui est véhiculée de l'investissement où c'est les salles de marché avec des types en costard qui hurlent des ordres. On ne comprend rien. Mais en fait, l'investissement, c'est dans les films que c'est comme ça. Mais dans la réalité, c'est quand même beaucoup plus accessible. Moi, je dirais juste de faire attention, que ce soit demander conseil à la banque, que ce soit un CGP ou un acteur financier chez qui on veut investir, de toujours comparer. Même les CGP peuvent se rémunérer de manière différente. Tu as peut-être un CGP qui sera plus clair qu'un autre sur comment il se rémunère. Tu as peut-être un CGP qui investira plus dans des produits d'impact qu'un autre. La banque, il faut faire attention aussi parce qu'ils ont aussi des... Ils ont des primes sur les produits qu'ils te vendent. Donc, ce n'est peut-être pas toujours les meilleurs conseillers. Voilà. Donc, c'est toujours très bien de comparer un petit peu les différentes personnes qui peuvent te conseiller et t'accompagner. Et puis après, aujourd'hui, tu as de l'éducation financière en ligne qui est quand même… Et puis d'ailleurs, une fois que tu commences à retrouver une source d'éducation, on est tous liés. Donc... tu te retrouves vite avec pas mal de sources et de croiser les informations, c'est primordial.
- Speaker #0
Trop bien. Alors pour conclure, j'avais envie de te poser une petite question un peu inspirationnelle, presque philosophique. Donc toi qui n'as pas beaucoup dormi, tu me disais en coulisses. Bon courage ! Si on imaginait une génération de petites filles ayant grandi avec un rapport sain à l'argent, éduquées financièrement, équipées, qu'est-ce que d'après toi ça changerait dans la société ? Autrement dit, en quoi éduquer financièrement nos filles ? pas seulement une question individuelle, mais aussi une manière très concrète de changer le monde.
- Speaker #1
Ah oui, mais alors, ta question, elle est vraiment géniale. Une génération de filles qui a grandi, qui aurait grandi avec un rapport sain à l'argent, parce qu'au-delà de la compétence et le rapport à l'argent, ça serait une génération de femmes qui ne confondraient pas la valeur personnelle avec le niveau de revenu, qui verraient l'argent comme un levier de... liberté comme un levier d'action. Aujourd'hui, on sait que les femmes, quand elles ont de l'argent, elles rendent à la société, elles financent beaucoup plus de projets de société, elles consomment local. Donc en fait, quand tu finances une femme, déjà, il y a une Maxime qui dit que quand tu apprends une femme à gérer l'argent, en fait, tu l'apprends à toute sa famille, parce que la femme va venir derrière, et bien, avoir de l'impact sur sa famille, ses proches, sa communauté locale. Et en fait, avoir cette génération de filles qui a un rapport sain à l'argent, c'est le monde qui change. C'est vraiment... C'est pas juste... Tu changes pas juste une fille, quoi. Tu changes le monde qui l'entoure. Et attends, je voulais ajouter quelque chose. Ah oui, c'était une citation. Alors, je suis pas toujours d'accord avec toutes les actions de sa vie, mais Simone de Boire qui disait que les libertés n'existent que si on en a les moyens. Et en fait, l'argent, c'est ça. Merci. La capacité de pouvoir agir sur le monde qui nous entoure et de pouvoir financer le monde qu'on veut pour demain aussi.
- Speaker #0
Oui, trop bien. Michael, je te remercie énormément. Est-ce que tu veux nous en dire un petit peu plus aussi sur ton actualité du moment ? On en a déjà parlé en introduction, mais peut-être si tu veux répéter. Et si justement, tu fais partie de ces personnes qu'on peut venir voir si on a envie de mettre en place un certain nombre de choses.
- Speaker #1
Alors moi, je fais du coaching individuel et de la formation groupée. sur toutes les questions financières de manière assez large, donc la bourse, les dettes, l'investissement, l'épargne pour les enfants, pour soi, etc. La négociation salariale, bien entendu. Je ne fais pas de conseil, je ne suis pas CGP, donc je ne vais pas faire de conseil personnalisé. Ce que je fais, c'est de la formation pédagogique pour vous apprendre de quoi on parle, vous faire découvrir, ne serait-ce que le vocabulaire. Justement, je parlais des produits financiers, la fiscalité, etc. Et si après, vous voulez passer l'étape supérieure, c'est-à-dire d'aller voir une conseillère ou un conseiller en gestion de patrimoine qui va vous donner un avis personnalisé sur votre situation, j'ai un carnet d'adresse qui est très fourni, donc je peux aussi vous orienter vers des personnes. Et après, j'accompagne en coaching individuel sur de la négociation de salaire et sur du budget aussi, pour du coup mettre en place son budget au sein de son foyer. Et aussi pour mettre en place des pratiques et des conversations saines avec son partenaire Merci. pour qu'il y ait aussi cette question d'équité qui se mette en place dans le foyer. J'ai une chronique sur le magazine Elle toutes les deux semaines où je donne mon point de vue sur des situations de couple. Donc, vous pouvez regarder un petit peu ce que j'en dis. Et ça, on peut le faire ensemble aussi pour votre foyer.
- Speaker #0
Je ne m'en ai pas parlé, mais tu es aussi autrice du livre « Les gens qui ne réussissent pas pour l'égalité au travail » .
- Speaker #1
Exactement. D'ailleurs, en plus, tu vois, le titre du livre fait complètement écho au titre de ton podcast. Et du coup, dedans, il y a toute une partie, justement, sur les inégalités financières. Je rentre beaucoup plus en détail. On parle de la maternité aussi parce que c'est le premier critère d'inégalité salariale après la non-mixité des secteurs. Et c'est le critère qui fait que les inégalités céréales se creusent le plus. Donc, j'en parle beaucoup aussi dedans, de l'impact du travail domestique non rémunéré. Donc, voilà, il y a aussi beaucoup, beaucoup d'informations et je donne aussi déjà pas mal de conseils dedans.
- Speaker #0
Ok, super. Écoute, je mettrai tout ça en légende du podcast. Et puis, je te souhaite une très belle continuation avec The Smart, Rich and Babe. Peut-être que tu reviendras sur le podcast pour nous parler un peu de tout ça. Merci beaucoup. À très bientôt.
- Speaker #1
Merci à toi. À bientôt.
- Speaker #0
C'est déjà la fin de cet épisode. J'espère qu'il t'a plu et surtout qu'il t'a donné envie de réveiller un petit grain de rébellion en toi et de révéler celui de ta fille. Si tu penses qu'il pourrait inspirer une autre maman autour de toi, partage-le lui. Et si tu veux me donner un coup de pouce pour faire grandir cette démarche, tu peux laisser 5 étoiles et un petit mot doux. Ça compte énormément. A très vite !