- Speaker #0
Et on a des attentes vraiment irréalistes par rapport aux enfants, qu'ils doivent tout de suite avoir des comportements de politesse, qu'ils doivent justement partager, alors que justement, ils sont dans l'apprentissage. Ils sont en train d'apprendre, ils sont en train de renforcer les circuits dans leur propre cerveau. Au bout d'un moment, ils vont naturellement avoir ces comportements-là, à force d'être dans l'imitation grâce aux neurones, les neurones miroirs, par exemple, qui vont s'activer dans le cerveau. En nous regardant simplement faire, on n'a pas besoin de forcer comme on pourrait croire aujourd'hui.
- Speaker #1
Moi c'est Alexandra, maman de Rose, une petite tornade de presque deux ans et demi, à l'énergie débordante et au caractère bien trempé. Et tu sais quoi ? Même si ce n'est pas toujours de tout repos, savoir sortir ses épines, c'est vraiment tout ce que je lui souhaite. Alors j'ai créé ce podcast pour moi et pour tous les enfants. toutes les mamans qui veulent élever leur fille autrement. Pas sage, pas modèle, pas gentille à tout prix, mais confiante, libre d'être elle-même et bien dans leur basket. Des petites filles qui savent et sauront plus tard dire non, poser leurs limites, s'aimer telles qu'elles sont, qui n'auront pas peur d'essayer d'échouer et qui sauront se faire au reconnaître à leur juste valeur. Alors ici, on va démonter les injonctions, les stéréotypes et tous ces vieux réflexes qu'on pensait normaux. Tu sais, les fameux « t'es pas belle quand tu fais la tête » . On va parler d'estime de soi, de confiance, de rapport au corps, aux émotions. On va parler de nos filles, mais aussi de nous. Parce qu'éduquer autrement, ça commence souvent par se libérer soi-même. Alors au fil des épisodes, je te partagerai des réflexions incarnées, des clés concrètes et des voix d'experts. Et surtout, une grande dose de soutien et de déculpabilisation. Parce que nous aussi, on mérite mieux. mieux qu'être sage. Alors, prête à bousculer les règles ? Bonjour Tiffany !
- Speaker #0
Bonjour Alexandra !
- Speaker #1
Bienvenue sur le podcast Passage.
- Speaker #0
Merci, merci de me recevoir, ça me fait très plaisir.
- Speaker #1
Je me sens hyper privilégiée puisque c'est ta toute première interview.
- Speaker #0
Exactement, une toute première pour moi.
- Speaker #1
et alors que tu es suivie par 140 000 abonnés sur Instagram. Je suis aussi ravie de t'avoir parce que ce que tu fais, et je pense que c'est aussi pour ça que ça a percé, ça m'aide beaucoup en tant que maman, mais aussi en tant que personne qui partage ses réflexions sur Instagram et qui parfois n'a pas toujours le background un petit peu scientifique pour pouvoir justifier certains choix que je fais et qui ne sont pas toujours compris. Comme cette fois où j'ai partagé sur le fait que... Je ne forçais pas ma fille à dire bonjour. Et là, j'ai eu toute la police de la politesse d'Instagram qui est venue un peu me fâcher. Et ce jour-là, toi, tu as publié un post qui montrait sur la base des neurosciences que c'était assez normal, en fait. Et donc, j'étais là en train de te taguer. Allez voir le dernier post de NeuroParentalité, si vous ne me croyez pas.
- Speaker #0
Allez voir les informations qui soutiennent tout ça, vraiment, les fondations.
- Speaker #1
En tout cas, moi, je suis trop contente de t'avoir avec nous aujourd'hui. On vient un peu d'apprendre à se connaître comme en off là mais c'est vrai que tu as aussi entretenu un petit mystère autour de ta personne puisque sur ton compte on ne te voit jamais est-ce que tu peux justement te dévoiler enfin un petit peu plus sur le podcast passage du coup bien sûr avec grand plaisir donc je m'appelle Tiffany j'ai 32 ans et je suis maman vraiment passionnée de neurosciences et donc j'ai créé ma page neuroparentalité vraiment pour aider
- Speaker #0
les parents à comprendre le cerveau de leur enfant et aussi pour leur permettre de davantage comprendre ce qui s'active en eux-mêmes et pour pouvoir transformer cela. Et c'est ce qui permet justement de vivre une parentalité alignée et devenir le parent que notre cœur connaît déjà. Parce que souvent, on sait le genre de parent que l'on veut être, on sait le genre de maman que l'on veut être, mais il y a des choses qui viennent s'activer en nous et c'est difficile parfois de rester vraiment alignée avec ça.
- Speaker #1
Et c'est ça aussi que j'aime beaucoup dans ton approche. t'accompagnes pas vraiment les parents dans une méthode éducative, tu les accompagnes à avoir un petit peu plus de conscience sur ce qui se joue en eux, sur ce qui se joue chez leur enfant aussi, parce que c'est important, sur ce qui se joue en eux, et de pouvoir peut-être réajuster leur posture en fonction de ça. On va en parler de toute façon au cours de l'interview. Quelque chose qui vient pas mal challenger les parents, justement, c'est les attentes que la société peut avoir vis-à-vis de... notamment des enfants, cette espèce de pression sociale qu'on peut vite ressentir en tant que parents et parfois cette honte aussi qu'on peut avoir quand notre enfant, par exemple, ne va pas dire bonjour, on en parlait, ou ne veut pas prêter son jouet, ça a été le cas de ma fille, qui a encore du mal à prêter son jouet. Qu'est-ce que tu peux nous en dire plus sur ton point de vue sur ça, justement ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Déjà, je voulais te demander, quel âge a ta fille ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, elle a 3 ans.
- Speaker #0
Et ça, c'est dû à leur cerveau qui est donc immature. Ils n'ont pas les capacités de recul, de raisonnement, les capacités de comprendre que l'autre enfant a un besoin. Ils ne peuvent pas non plus, justement, inhiber leur impulsion. Et quand ils ont dans la main quelque chose, ils ont vraiment cette notion que cela leur appartient. Et qu'ils le vivent vraiment comme une perte quand on leur prend quelque chose.
- Speaker #1
Ce qui fait que, quand on leur demande de partager, eux, ils ne sont même pas sûrs, je crois que j'avais compris ça, de toi, qu'ils vont pouvoir retrouver leur jouet. Et puis je crois qu'il y a cette notion d'eux, ils s'identifient tellement aux choses.
- Speaker #0
C'est exactement ça, oui, voilà. C'est une extension d'eux-mêmes. Donc le fait de leur enlever, de leur forcer à partager va être vécu plus comme une perte qu'autre chose. Et on pense souvent... que le fait de demander à partager, on va justement créer de la générosité, sauf qu'en fait, on va simplement déconnecter l'enfant de ses propres ressentis, de ses propres besoins, pour plaire finalement à l'adulte.
- Speaker #1
C'est pareil, j'imagine, pour la politique, est-ce qu'on tue le force à dire bonjour, alors qu'au fond de lui, il est encore un peu en train de se questionner sur c'est qui cette personne ? Est-ce qu'elle est... Est-ce que je peux lui faire confiance ? C'est aussi ces petites choses qui vont faire qu'il va finalement apprendre mécaniquement à dire bonjour, merci, mais pas vraiment à apprendre à le faire dans la confiance, l'authenticité.
- Speaker #0
Tellement, tellement, tellement. D'autant plus que les enfants, on le sait, ils sont dans une période d'observation intense et dans une période tout simplement d'apprentissage. Et on a des attentes vraiment irréalistes par rapport aux enfants, qu'ils doivent tout de suite avoir des comportements de politesse, qu'ils doivent justement partager, alors que justement, ils sont dans l'apprentissage. Ils sont en train d'apprendre, ils sont en train de renforcer les circuits dans leur propre cerveau. Au bout d'un moment, ils vont naturellement avoir ces comportements-là, à force d'être dans l'imitation grâce aux neurones, les neurones miroirs, par exemple, qui vont s'activer dans le cerveau. en nous regardant simplement faire. Donc tout cela émerge naturellement et on n'a pas besoin de forcer comme on pourrait croire aujourd'hui encore.
- Speaker #1
Ça, c'est si on était des parents de chill, qui avaient confiance, qui savaient que ça allait se faire naturellement, qui ne se sentaient pas jugés par les autres parents. Et d'après toi, qu'est-ce qui se joue en nous qui fait que dans mon cas, j'ai quand même au tout départ forcé ma fille, je lui prenais son jouet des mains pour le donner à... Aujourd'hui, ça me paraît aberrant. C'est limite, je ne sais pas si ça peut être considéré comme l'aviance éducative ordinaire, mais en tout cas, il y avait quelque chose d'un peu violent quand même là-dedans. Mais parce que cette honte sociale, elle nous fait faire des choses qu'on ne ferait pas autrement. Qu'est-ce que tu en penses de ça ? Qu'est-ce qui se joue ? Et qu'est-ce qui peut permettre de nous détendre un peu ?
- Speaker #0
C'est vraiment là toute la difficulté, je trouve, de la parentalité, de la maternité. C'est vraiment le fait qu'on est activés nous-mêmes. Dans ces situations-là, par exemple, où justement on a cette peur du jugement des autres, du regard des autres, finalement, ça va déclencher notre propre centre d'alerte. Donc, par exemple, notre enfant ne dit pas bonjour, notre enfant fait une crise dans un magasin. Alors, non seulement l'enfant, son centre d'alerte est activé, donc lui, son système nerveux est en système de survie, et finalement, le nôtre aussi. Donc nous aussi on bascule dans un système de fight or flight, donc de se battre ou... ou fuir ou même se figer. Par exemple, on se bloque complètement, on ne sait pas quoi faire, on va réagir justement avec plus d'impulsion, on va réagir même en fonction de nos anciens schémas. Notre cerveau va prioritiser des anciens schémas, notamment ceux qui ont été créés tôt dans l'enfance. Et finalement, on rejoint aussi ce qu'on disait sur l'imitation, sur l'observation, puisqu'on va re-avoir des comportements qu'enfant, on a vécu. Donc peut-être justement demander à l'enfant de se taire, ne pas pleurer, de dire, de partager le jouet, puisqu'on ressent vraiment cette pression, on est activé nous-mêmes.
- Speaker #1
Donc en fait, on a beau être dans une démarche bienveillante, si notre système d'alerte s'active à ce moment-là, il y a des chances que notre cerveau aille chercher comme réponse des choses qu'on a vécues enfant qu'on ne veut justement pas transmettre. et bon
- Speaker #0
c'est le bordel totalement totalement et puis il y a d'autres mécanismes qui rentrent en jeu aussi le fait qu'il y a l'épuisement aussi la surcharge cognitive l'épuisement émotionnel toutes ces choses là vont fragiliser un petit peu notre système nerveux vont faire en sorte qu'on va réagir beaucoup plus rapidement et c'est dans ces moments là que voilà parfois on a l'impression de ne même plus se reconnaître
- Speaker #1
Donc on va revenir à la fin de l'interview sur ce que toi tu proposes concrètement, pour un peu sortir de tout ça. Mais je pense que la première clé, c'est déjà d'avoir conscience de ça. Donc conscience qu'en fait, c'est normal s'il réagit comme ça. Comprendre que nous, pour se déculpabiliser un peu, peut-être arriver à prendre un pas de recul, c'est aussi peut-être un peu normal qu'on réagisse comme ça. Ça, c'est un peu la première clé. Je voulais aussi qu'on aborde tout ça sur une autre thématique. C'est un peu encore une attente sociale qu'on peut avoir vis-à-vis des enfants aujourd'hui, qu'ils soient vite indépendants, autonomes. On n'encourage plus trop, je trouve, l'allaitement long. Moi qui allaite ma fille, qui allaitait longtemps, je peux dire que je me suis sentie souvent jugée. J'ai tenu quand même, j'ai tenu, mais ça m'a bien activée à certains moments.
- Speaker #0
C'est difficile, ouais.
- Speaker #1
On entraîne les enfants à s'endormir seuls dans leur chambre. J'ai aussi, moi, vécu un peu ce jugement. perception que d'autres me semblent honteux, peut-être je peux être un peu trop fusionnelle avec ma fille. Donc en général, j'ai l'impression qu'il y a un peu cette envie que l'enfant soit le plus vite possible autonome. Est-ce que là aussi, tu aurais un autre regard à apporter ?
- Speaker #0
C'est vraiment une peur culturelle. Je pense qu'il y a deux peurs. La peur de la dépendance à l'adulte et la peur que du coup, il y ait une part que les enfants ne deviennent pas autonomes. Mais c'est le lien d'attachement qui est vraiment toute la base de... Toute la base de la sécurité intérieure pour l'enfant, c'est vraiment la fondation de tout.
- Speaker #1
En fait, c'est presque l'inverse. Plus on va sentir qu'on peut compter sur son parent, plus on va avoir finalement développé une certaine confiance en plus tard adulte qui fait qu'on ose faire des choses qu'on a peut-être plus de mal à oser qu'en enfant. Finalement, ça peut paraître paradoxal, on a voulu qu'on soit indépendant trop tôt.
- Speaker #0
Exactement. Et je pense qu'il y a aussi autre chose de super important, c'est que ces premières années, on le sait, avant 5-6 ans, Et avant 3 ans, surtout, un enfant n'a pas du tout les capacités de s'apaiser quand il vit des grandes émotions. Donc il a aussi besoin de la proximité avec sa figure d'attachement ou des figures d'attachement. Mais il a besoin de cette fusion avec sa maman puisque c'est vraiment ce qui lui permet de se réguler. Quand un enfant vit des situations de stress, et un enfant vit énormément de situations de stress au quotidien puisque tout est nouveau, il découvre tout. Il y a son système d'alerte active et le cortisol va être libéré dans le cerveau. Et grâce à sa proximité physique, il y a une co-régulation qui se fait, une synchronisation des systèmes nerveux, ce qui permet d'apaiser, mais aussi d'apprendre et renforcer les circuits de régulation émotionnelle dans le cerveau de l'enfant. C'est grâce à ces expériences-là que justement lui-même, il va devenir capable de gérer ses émotions, capable de croire en soi, capable de soutenir sa propre estime.
- Speaker #1
Et je trouve que sur ce sujet, c'est là où on comprend aussi toute l'importance d'avoir ces notions-là, parce que culturellement, on nous endoctrine très vite à vouloir... à se détacher de notre enfant. Si tu n'as pas ces notions-là à côté, je pense que tu peux vite te faire emporter. Et moi, c'est vrai qu'il me suffit parfois, sans que je comprenne tous les tenants aboutissants, il suffit juste que je lise une chose. C'est pour ça que j'aime bien ton conte, tu le vulgarises, toutes ces choses-là simplement. Ah, OK. Ah oui, autre façon de voir les choses. Ça me semble aller plus dans ce que j'ai envie de faire au fond de moi. Et voilà, j'oublie après les injonctions. Donc je trouve que c'est un bon exemple pour montrer tout ça. Autre thématique aussi qui se trouvait intéressante, tu en parles pas mal sur ton compte, et en plus tu apportes une autre perspective sur la gestion des crises de nos enfants, quand nos enfants débordent. C'est vrai qu'on parle beaucoup de ce qui se passe dans le cerveau de l'enfant, mais un peu moins de ce qui se passe dans le corps et dans le cerveau du parent. Qu'est-ce qui se joue chez les parents et peut-être encore plus chez les mamans quand un enfant déborde ?
- Speaker #0
j'aime bien cette phrase, la maternité elle nous confronte profondément à soi-même donc en fait elle nous confronte à nos schémas hérités à nos blessures inconscientes, à nos peurs, à toutes nos limitations donc dans ce moment là qu'on est activé on agit en pilote automatique malheureusement et d'où l'importance de ramener de la conscience au quotidien puisque c'est vraiment la conscience qui change tout en fin de compte de prendre conscience de ce que l'on pense parce que nos pensées viennent donc de nos viennent de nos croyances, de nos croyances, de nos blessures. Et donc, ce sont nos pensées qui créent nos émotions, et nos émotions créent nos comportements et nos réactions finalement.
- Speaker #1
Pour donner un exemple concret, ma fille déborde, je peux avoir tout un tas de pensées qui sont « je ne suis vraiment pas une bonne mère » , ou alors effectivement, si c'est en public, « qu'est-ce que vont penser les autres ? » Ça, c'est la pensée initiale. Et cette pensée-là, ce que tu dis, c'est qu'elle va créer une émotion. Du coup, ça peut être de la frustration, ça peut être de la colère envers soi-même, peut-être de la tristesse. Et ça, ça nous met dans un état émotionnel qui ensuite va nous pousser à faire des choses comme peut-être justement si on ressent une forte colère, même si c'est vis-à-vis de soi-même. Parce que moi, j'ai vécu ça de sentir qu'en fait, j'ai l'impression que je suis en colère contre elle. Mais si je réfléchis bien, je suis en colère contre moi. Je me dis qu'il y a un truc que j'ai mal fait. Et c'est cette colère qu'en plus, je peux lui renvoyer en criant, etc. C'est ça que tu dis, c'est ce schéma-là qu'il faut réussir à casser dès le départ en fait.
- Speaker #0
Oui, il y a plusieurs choses que l'on peut faire. C'est un outil que je partage gratuitement via le lien de ma bio sur Instagram. Et donc, c'est les trois étapes vers plus de calme. Et donc, la première étape, c'est qu'on va interrompre ses pensées parce que le plus qu'elles vont perdurer, le plus qu'on va s'empêtrer dedans, le plus qu'on va se laisser emporter. Et donc, vraiment, on interrompt le pilote automatique. Et ça, c'est tout simple. Avec ce qui a été popularisé par Mel Robbins, c'est tout simplement, on fait un décompte, donc 5, 4, 3, 2, 1 dans notre tête et on va venir interrompre. ces automatismes là et du coup on va créer un espace et ce petit espace qui va nous permettre de reprendre un peu le pouvoir de reprendre ces esprits et c'est là qu'on a besoin de revenir dans notre corps ce sont des outils que moi j'ai créé pour moi-même c'est ce qui m'a aidé et m'aide encore énormément, donc la deuxième étape je dirais c'est vraiment revenir dans notre corps parce que c'est via le corps qu'on accède à notre système nerveux donc là pour une personne ça peut être de respirer pour moi ça peut être revenir à mes sens. Une fois que j'ai fait le décompte dans ma tête, je vais revenir à trois choses que je vois ou trois choses que je ressens. Mais ça peut aussi être prendre deux, trois grandes inspirations, vraiment revenir s'ancrer dans le corps. Et la troisième étape, c'est de faire une action alignée. Donc une action alignée, ça va être quelque chose qui va nous... nous rapprocher de le parent que l'on a envie d'être. Et donc cette action alignée, ça peut être se répéter une mantra. Et les mantras, ça, ça marche très bien parce que ça va aller à l'encontre de nos croyances limitantes. Par exemple, on va aller contrer cette pensée que je dois toujours être parfaite, que je dois venir contrer avec une affirmation positive, ce que j'appelle un mantra parental. Moi, celle que j'ai beaucoup utilisée, par exemple, je suis l'espace... sécuritaire de mon enfant. Je suis son cocon de sécurité. Puisque, pareil, mes pensées que j'avais dans ces moments difficiles où mon enfant faisait une crise, c'était, c'est trop, c'est qu'il fait exprès, c'est qu'il n'a pas le droit de ressentir ses émotions comme ça. Puisque moi, j'avais appris à les réprimer. Il y a ces outils-là et il y a aussi ce qu'on peut faire en dehors de ce moment même où on se sent déclenché.
- Speaker #1
C'est hyper intéressant parce que c'est vrai qu'il y a des fois Ah ! On peut essayer d'intégrer des méthodes éducatives que beaucoup de comptes généreusement nous partagent. Et ça peut très bien fonctionner. Mais il y a des fois où ça ne fonctionne pas, on ne va pas se mentir. Et j'ai l'impression que c'est parce que si, comme tu l'as bien expliqué tout au long de cette interview, on est activé et nos anciens schémas se rejouent, on ne va pas y arriver en fait. Donc j'ai l'impression que ta proposition, elle est vraiment super. Donc tu nous as parlé de ces trois étapes à suivre au moment d'une crise, tous ces mantras peut-être aussi à intégrer en dehors. Est-ce qu'il y a d'autres choses que tu proposes ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Je dirais aussi que dans cet outil, il y a quelque chose que je n'ai pas précisé, c'est une question d'autorégulation. Puisque, comme on le sait, pour coréguler, on a besoin de s'autoréguler. Et finalement, ces étapes-là vont nous permettre aussi de s'autoréguler. Et ça, c'est un apprentissage que l'on peut faire en dehors aussi des techniques de respiration, des techniques de méditation toutes simples. On n'a pas besoin de faire trop. Souvent, on se met une pression, on se dit, il faut que je fasse toutes ces choses. Et on se sent vite dépassé. Mais en prenant un temps de respiration chaque jour, un temps de mouvement, parce que le mouvement aussi, c'est important pour les enfants, mais pour notre corps à nous, c'est important. Se reconnecter à soi-même, à ses ressentis, à ses émotions.
- Speaker #1
Ça peut faire la différence. Parce que je me dis, il y en a qui nous écoutent peut-être et qui se disent « Ouais, ouais, ouais, moi c'est parce que je vais faire de la méditation que quand mon enfant va faire une grosse crise... » J'ai un exemple qui me vient en tête, c'est si tu rentres du travail et que tu es hyper activée par le travail, parce qu'en plus toute la journée, tu n'as pas respecté tes besoins, tu as dit oui à ton chef, et à tes collègues pour tout. Tu arrives, tu es sur le point de déborder, et que là, ton enfant... te demande encore un truc et que t'as tellement dit oui toute la journée que là t'as pas envie de dire oui, bah tu peux vite t'enflammer. Peut-être que si tu prends un temps même juste avant de rentrer du travail pour un peu calmer ton système nerveux, ta réaction va être totalement différente.
- Speaker #0
Oui, parce que si on reprend avec le fonctionnement du cerveau, il a besoin d'entraînement aussi. Par exemple, moi je pratique une méditation toute simple. C'est au moment où je couche mon enfant, ou pour les siestes, le soir. Dès que mes pensées s'emportent, je reviens à mon corps. Et en fait, ce que l'on fait, c'est qu'on muscle notre capacité de conscience. On muscle cette capacité-là qui, dans les moments difficiles... va nous permettre de créer cet espace de plus de conscience, de dire, ok, là, je viens d'avoir une pensée, c'est pas vrai. Là, à ce moment-là, je vais pouvoir reprendre un peu de conscience pour me dire, ok, là, je vais prendre juste trois grandes inspirations avant de réagir. Et ça, ça vient plus naturellement, finalement, avec des petits entraînements, les petites choses du quotidien.
- Speaker #1
Oui. Toi, tu muscles tout ça le soir quand tu couches ton fils, c'est-à-dire, il est sur le banc de s'endormir, t'es à côté, tu lui caresse les cheveux, et toi, t'es là... On ne pense pas, t'as tout doux du lendemain.
- Speaker #0
Oui, et c'est d'autant plus puissant, et c'est d'autant plus puissant, puisque lui, il s'endort, mais beaucoup plus rapidement. Je pense qu'on est beaucoup à avoir vécu ça, parce que souvent, quand on va coucher nos enfants, pour la sieste ou autre, on anticipe, on est tellement dans l'anticipation d'avoir un peu de temps pour soi, de faire un peu ce qu'on avait prévu de faire, ou alors, on a l'anticipation de se dire, j'ai plein de choses à faire, justement, donc on commence à stresser. Et notre enfant, il le sent, parce qu'il se calque sur nous. Et donc l'endormissement finalement il dure beaucoup plus longtemps. Donc j'ai remarqué en pratiquant moi-même, en faisant ce petit exercice-là pour avoir l'intention au début initial de me muscler le cerveau, finalement en fait lui il se calquait à ma respiration et il s'endormait beaucoup plus rapidement. Waouh ! Ça permet de faire deux choses à la fois, c'est vraiment double puissance pour le coup.
- Speaker #1
On arrive à la fin de cette interview mais quand je dis que mon objectif c'est de libérer deux générations à la fois est-ce que tu y crois ? Tout ce que tu viens de dire ça va dans ce sens là il me semble c'est-à-dire que si on suit notamment ta proposition on va ressortir vraiment grandis est-ce que toi tu y crois beaucoup à ça aussi ?
- Speaker #0
J'y crois beaucoup aussi, complètement et c'est pour ça que ton compte est aussi fabuleux et donc je dirais que pour si j'avais une fille vraiment ce que je voudrais c'est ne pas lui transmettre mes peurs, mes limitations Merci. pour qu'elle puisse garder cette connexion avec elle-même.
- Speaker #1
En fait, tout ce que tu es en train d'apprendre là, ou de désapprendre, c'est de pouvoir lui transmettre toute petite. En tout cas, c'est même pas lui transmettre, j'ai l'impression, c'est parce qu'ils l'ont en fait. Ils l'ont déjà cette connexion encore. Il y a des choses peut-être qu'effectivement il y a à transmettre, mais il y a aussi des choses où c'est plutôt les laisser être ce qu'ils sont. Exactement. Ok, trop bien. Est-ce qu'il y a autre chose que tu voulais rajouter pour cette première interview ? Peut-être aussi ton actualité, évidemment, parce qu'il me semble qu'il y a une petite news.
- Speaker #0
Je vais avoir un livre qui va sortir d'ici fin août. Et ça va justement parler de tout ce qu'on vient d'aborder en plus aujourd'hui. Donc, les comportements de l'enfant, comprendre le fonctionnement du cerveau, mais aussi se comprendre soi-même, se reconnecter à soi-même, devenir un parent qui évolue et qui grandit avec son enfant.
- Speaker #1
Excellent. Et on peut donc retrouver sur ton compte Instagram. et on peut aussi accéder à des outils, ces mantras. Est-ce que tu veux nous en dire un petit peu plus sur ce que tu proposes en ce moment ?
- Speaker #0
Oui, donc comme tout à l'heure je disais, il y a le petit cadeau gratuit. C'est un petit e-book que j'ai créé. Et ensuite, j'ai le journal, le journal du parent Aliné et Apézé. Et là, vraiment, j'ai à peu près 70 questions qui vont vraiment me permettre de rentrer dans une introspection, se poser les bonnes questions, trouver ses croyances limitantes pour petit à petit Merci. à son rythme, se réaligner. Et il y a également aussi, je parle aussi de co-régulation, d'auto-régulation, et j'en rentre plus en détail justement sur ce que j'ai mis dans mon e-book gratuit. Et si les personnes veulent aller encore plus loin, je propose la méthode neuro. Et donc là, étant hypnothérapeute de base, j'ai vraiment associé l'hypnose, mes connaissances en méditation, en neurosciences, pour créer quelque chose qui va permettre... de venir travailler sur les schémas inconscients, sur les blessures inconscientes, et la libération émotionnelle, autant dans le passé que dans le présent, et pour profiter davantage de sa parentalité. Parce que je pense que c'est ce qu'on recherche tous. Ouais,
- Speaker #1
trop bien. Merci pour tout ce travail. En tout cas, c'est vraiment super. Et on a hâte de suivre la suite de tes aventures, du coup.
- Speaker #0
Merci. Merci beaucoup. Ça m'a fait très plaisir de te parler et d'avoir eu cet échange avec toi.
- Speaker #1
Avec plaisir. Peut-être à une prochaine fois ?
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
À bientôt.
- Speaker #0
À bientôt.
- Speaker #1
C'est déjà la fin de cet épisode. J'espère qu'il t'a plu et surtout qu'il t'a donné envie de réveiller un petit grain de rébellion en toi et de révéler celui de ta fille. Si tu penses qu'il pourrait inspirer une autre maman autour de toi, partage-le lui. Et si tu veux me donner un coup de pouce pour faire grandir cette démarche, tu peux laisser 5 étoiles et un petit mot doux. Ça compte énormément. À très vite.
- Speaker #0
Hi hi hi