- Speaker #0
Bonjour Céline.
- Speaker #1
Bonjour
- Speaker #0
Alexandra. Bienvenue sur le podcast Passage.
- Speaker #1
Enchantée, merci beaucoup pour l'invitation.
- Speaker #0
Je suis trop contente de t'avoir aujourd'hui. D'ailleurs je sens que je suis un petit peu émue, comme je t'ai dit en off, j'ai pas dormi beaucoup cette nuit parce que j'ai fait une insolation, donc voilà, je suis un peu à fleur de peau. Mais c'est aussi parce que, donc toi tu es la fondatrice du podcast Nouvelles Héroïnes, tu mets en lumière des femmes toutes les semaines inspirantes, et je pense que tu es un peu ma nouvelle héroïne en fait. C'est trop gentil. Parce que moi aussi, j'ai créé tout comme toi ce podcast passage à la suite de la naissance de ma fille. Et tu vois, dans les moments où je doute, où je fatigue, je pense beaucoup à toi. Parce que j'avais lu que pour toi aussi, au début, ce n'était pas forcément évident. Je me souviens que tu disais que tu écrivais les histoires la nuit parfois. Donc voilà, je pense souvent à toi et au fait que tu as réussi à réaliser un de tes rêves. En plus, basé sur ta relation avec tes filles et ce que tu as envie de leur transmettre. Donc je pense que tu es ma nouvelle héroïne. et je pense que tu es aussi la nouvelle héroïne de beaucoup de personnes qui ont grandi avec une différence parce que toi tu es tu es née avec une agénésie de la main gauche donc c'est à dire que ta main n'a pas grandi complètement dans le ventre de ta maman ce qui t'a valu d'ailleurs quand t'étais enfant beaucoup de moqueries je crois qu'on t'a traité de captain crochet de sorcière et tu n'as pas laissé cette différence d'ailleurs je crois que tu n'appelles pas un handicap non te définir, t'empêcher de réaliser tout ce que tu voulais réaliser. Je pense que tu inspires aussi beaucoup de petites filles, mais aussi de garçons. Tu as aussi des garçons parmi ton audience qui grandissent avec une différence. Donc voilà, nous avons une nouvelle héroïne devant nous aujourd'hui aussi. Merci,
- Speaker #1
c'est trop gentil.
- Speaker #0
Est-ce que tu veux peut-être te présenter, revenir un peu sur la jeunesse de ton podcast ? Parce que j'aurais commencé à en parler, mais je pense que tu es la personne la mieux placée pour raconter tout ça.
- Speaker #1
Exactement, donc un peu comme toi, moi c'est vraiment ma maternité qui m'a je pense un petit peu révélée. Et en fait c'était il y a six ans pendant le confinement, ma grande, mon aînée avait un an. Et en fait à l'époque tu sais les librairies étaient fermées. Et moi je me souviens que les seuls livres que j'avais dans la bibliothèque ça devait être un petit ours brun, un choupi. Et j'avais pas envie de montrer à ma fille. que le masculin l'emportait déjà sur le féminin. Et donc, le seul livre que je trouvais adéquat, qui en fait ne l'est pas du tout à cet âge-là, c'était « Les culottées » de Pénélope Bajut. C'était l'histoire de Clémentine Delay, qui est une femme à barbe, qui a vécu au XIXe siècle. Et en lisant cette histoire, je me disais, mais c'est fou en fait, on parle de femme d'hier, et on n'a pas l'équivalent de femme d'aujourd'hui. Et je sors de là et puis je dis à mon mari, moi j'ai envie de raconter des histoires de femmes d'aujourd'hui à ma fille pour qu'elle grandisse en confiance parce que le monde du 19e siècle n'est pas du tout le même qu'aujourd'hui. Et du coup, il me dit tiens, tu as un micro, vas-y, lance-toi. On avait un micro dans notre appartement parce que lui était guitariste et moi je chantais. Et du coup, je commence à prendre mon micro et en fait, je fais un post sur Instagram qui était The Futurist Female. Je fais mon compte Insta, Nouvelle Zéro Une Podcast, et c'est le premier poste. J'étais en poste, j'étais salariée à l'époque, et donc j'ai laissé un petit peu de côté. Début avril 2021, je me dis, bon, allez, maintenant il faut que je lance, parce que je vais accoucher dans un mois. Il faut que je lance au moins 10 heures. Donc j'ai lancé la bande-annonce, je l'ai publiée sur Apple Podcast. Et après, bien sûr, je me suis retrouvée avec deux petites filles de moins de deux ans. C'était compliqué à gérer. Je l'ai vraiment repris en fin 2022, quand j'ai décidé vraiment de sauter le pas, de me dire, bon, allez, Céline, là, maintenant, Nouvelles Héroïnes, il faut que tu te lances à fond dedans, dans ce projet, à 100%. C'est maintenant, en fait. C'est pour ça que Nouvelles Héroïnes, pour moi, c'était vraiment, qu'est-ce que je veux qu'elle garde ? Soit avec le livre Nouvelles Héroïnes, parce qu'il a été adapté en livre. Soit avec le podcast, quand Madeleine, on va lui dire, est-ce que tu peux me donner le nom d'une scientifique ? Elle ne va pas te dire Marie Curie, parce que nous, on l'a dit pendant toute une génération qu'elle vous dit Marie Curie. Elle va peut-être dire Sophie Hanno, elle va peut-être dire Jane Goodall, elle va peut-être dire Déborah Pardo, elle va peut-être dire Heidi Sevestre. Quand on va lui parler de sportives, elle va dire Wendy Renard, Coco Goff, tu vois. Et en fait, c'est ça que je voulais leur laisser. j'emmène avec Nouvelles Héroïnes qui pour moi en fait c'est un podcast d'histoires vraies de filles et de femmes parce que je raconte aussi des histoires de filles parce qu'elles ont besoin de s'identifier aussi à des jeunes filles qui sont proches en âge d'elles qui ont osé pour des filles qui vont oser. Tu vois, il y a vraiment cette transmission, ce passage de relais de ces nouvelles héroïnes à ces futures nouvelles héroïnes.
- Speaker #0
Et justement, tu dis que ça les aide à grandir en confiance. Selon toi, pourquoi ça les impacte là, dès maintenant, tu vois, aujourd'hui ? Parce qu'il y a effectivement le fait qu'elles puissent se projeter et donc peut-être faire des choix de parcours scolaire et professionnel différents qu'elles ne l'auraient fait si elles n'avaient pas pu se projeter. Mais là, tout de suite, maintenant ? C'est quoi, selon toi, l'impact ? Pourquoi c'est si important pour toi de raconter ces récits-là ?
- Speaker #1
Je vais te donner un exemple très concret. Nos enfants, jusqu'à encore 3-4 mois, quand on parlait d'astronautes, ils n'avaient à la bouche que Thomas Pesquet. Et il s'avère qu'il y a 3 mois, il y a une jeune femme, Sophie Anneau, qui rêvait d'aller dans l'espace depuis qu'elle était toute petite. qui va dans l'espace. Donc, mes filles, elles avaient écouté l'histoire et c'est à l'air que l'histoire, elle est aussi dans le livre. Et donc, mes deux filles sont allées avec ce livre à l'école, en classe. Et lors du décollage, la maîtresse leur a dit « Ben venez, on va lire l'histoire de Sophie Endo. » Donc, maintenant, elles disent très simplement qui va dans l'espace, Sophie Adno, c'est devenu la référence. Dans leur tête, la référence, c'est Sophie Adno, une femme. Et ce que ça montre aussi, c'est que les petits garçons de l'autre côté, ils voient aussi, ah ben c'est une femme qui va dans l'espace. Et ça, c'est hyper important, parce que peut-être que tu ne vois pas sur les effets tout de suite, mais ça, plus ça, plus ça, une femme peut le faire, moi aussi je peux le faire, et ce n'est pas seulement sur les métiers. C'est dans le livre, dans Nouvelle Zéro Huit, je raconte l'histoire de Maud Pruvot qui a grandi avec une prothèse et qui, en fait, l'a toujours cachée. Elle a fait de la danse, mais en fait, sa jambe, elle l'a cachée avec la mousse, avec un collant. Donc, en fait, tu ne pouvais pas t'en rendre compte. Et donc, elle a caché sa jambe jusqu'au jour où elle voit une jeune athlète paralympique qui s'appelle Tiffany Soldé et elle voit cette fille qui a une prothèse métallique et quand elle la voit, elle a dit « Oh, waouh ! » Elle est belle, je veux être comme elle. Ça a été un vrai déclic. Et en fait, c'est une somme de déclics. C'est-à-dire que plus tu vas montrer de modèles féminins auxquels tu peux t'identifier physiquement, par tes activités, par ta passion, plus tu vas infuser à tes enfants, à tes filles, moi aussi, je peux le faire. Ah, mais elle, elle a réussi à le faire, donc je peux le faire. Et ce n'est pas je... la fameuse le fameux truc si tu veux tu le peux c'est en fait se dire bon ben si elle elle a pu le faire avec parce que souvent t'as tendance à dire moi je peux pas parce que à cause de ça là non elle a pu le faire cette
- Speaker #0
fille me donne des ailes me donne de l'élan en fait ce que j'entends j'ai l'impression que c'est aussi je peux le faire en étant moi-même tu vois moi quand j'étais petite j'adorais Sailor Moon Et j'ai lu l'autre jour un article qui disait que c'était un des premiers dessins animés à briser des stéréotypes de genre. Mais enfin, franchement, pour s'identifier à Sailor Moon, c'est compliqué quand même, tu vois. Donc, je me dis que c'est aussi ça. Et d'ailleurs, une des questions que je voulais te poser, c'est pourquoi tu as choisi des histoires de personnes réelles ? Et comment d'ailleurs tu les choisis ? C'est quoi une nouvelle héroïne pour toi ?
- Speaker #1
Alors oui, c'est des histoires vraies, ça c'est hyper important. même si je sais que ça peut aussi passer dans la fiction j'ai écrit quelques fictions qui sont diffusées sur le podcast pendant les vacances scolaires comment je les choisis ? moi je mixe beaucoup, tu vois même des personnalités extrêmement connues quand tu vois Lady Gaga, quand tu vois Zendaya, quand tu vois Dua Lipa moi ce que j'adore c'est explorer leur enfance et comment en fait elles se sont construites dès l'enfance le rôle des parents Parce qu'en fait, je sais que Nouvelles Héroïnes est écoutée aussi par les parents. Donc ça te donne à toi, parent, des outils de transmission, de parentalité. C'est hyper important. Le rôle des parents, il est clé. Il faut aussi que je mette en avant des figures qui sont plus publiques et d'aller creuser. pourquoi, quels ont été leurs obstacles. Ce n'est pas parce que tu es aujourd'hui Céline Dion que tu n'as pas eu des phases de doute, d'obstacles, que tu n'en as pas bavé. Évidemment, tu en as bavé. Donc, en fait, je n'ai pas de dénoms de critères. Je me dis à chaque fois, est-ce que j'ai envie que ma fille entende cette histoire ? Il y a toujours, en fait, dans chaque histoire que je raconte, il y a quelque chose que tu peux transposer. Il y a les aventurières où, tu vois, évidemment... tout le monde ne va pas traverser l'Atlantique à la nage ou tout le monde ne va pas gravir l'Everest mais il y a toujours quelque chose que tu peux retenir de ces aventures qui vont t'aider toi rien qu'à faire le spectacle de la carmesse l'autre jour ma fille me disait mais maman tu sais j'ai le trac j'ai dit mais comment ça tu as le trac qu'est-ce que ça veut dire t'as le trac mais oui mais pour aller toute seule j'ai dit mais t'es jamais toute seule il y a des gens autour Merci beaucoup. Et donc, en fait, je sens qu'il y a vraiment besoin de trouver ces modèles qui ont eu le track.
- Speaker #0
Et là, tu as écrit, je crois, plus de 150 histoires. Est-ce qu'il y a des points communs que tu retrouves et peut-être même des ingrédients magiques ? Est-ce que ces ingrédients diffèrent de peut-être ce qu'on pourrait retrouver dans des récits de héros masculins ? Ou est-ce que finalement, c'est un peu les mêmes selon toi ?
- Speaker #1
Alors tu vois, bizarrement, maintenant je ne lis plus beaucoup de héros masculins, donc je ne les ai plus. C'est sûr que leur super pouvoir, tu vois, le héros Marvel, on est très éloigné de nouvelles héroïnes. Ce qui est assez intéressant, c'est qu'en fait, oui, les nouvelles héroïnes, contrairement aux héros masculins, il n'y a pas la force. Tu vois, tu ne joues pas sur la force, tu ne joues pas sur qui a la plus grosse, tu joues pas sur des... critères un petit peu toxiques de mâle, t'es pas là-dedans. Maintenant, tu me demanderais de me raconter un héros masculin, cinq, que j'ai envie de raconter à mes filles. Je serais pas capable, en fait, parce que t'aurais toujours, en fait, le mâle sauveur de la femme épleurée qui va sauver le village en feu. La nouvelle héroïne, elle ne va pas sauver le monde. Ce n'est pas sa première caractéristique. Déjà, je pense qu'il y a toujours une rencontre qui va déclencher quelque chose chez elle, que ce soit une passion pour un instrument de musique, que ce soit la passion pour un sport. La nouvelle héroïne n'attend pas la permission où tu as les applaudissements des autres. J'ai l'impression que le héros masculin, à ce besoin de reconnaissance du public, reconnaissance d'une audience, de l'agora, tu vois, quand tu regardes des héros Marvel. Alors que non, c'est une satisfaction d'être sortie toute seule de cette zone, d'être allée au bout, de sa condition, d'être allée beaucoup sur elle. Suivre sa joie.
- Speaker #0
Suivre sa joie aussi, peut-être. Parce que dans les codes masculins de la Russie, il y a aussi beaucoup ce qu'on appelle le no pain, no gain. Donc, tu ne peux pas réussir sans souffrance. Je pense que tu montres des récits où les filles, comme tu disais, en ont bavé, mais ce n'est peut-être pas ce qui est au cœur de leur histoire.
- Speaker #1
Non, ce n'est pas la souffrance. Alors, ça peut être des souffrances physiques, parce qu'il y a eu un accident, etc. Mais c'est souvent d'autres. Oui, ils suivent sa joie. Et ça, c'est Victoria Guillemont qui le dit, en fait. Ou sa liberté, tu vois. C'est des femmes qui ont cherché à être libres, qui se sont détachées de tous les codes de la société, qui les enfermaient, qui se sont dit à un moment donné, non, moi, j'en veux pas de ce CDI, de la tour à la défense, de travailler pour un homme ou de travailler dans une entreprise qui ne fait pas du bien à la planète. C'est souvent un chemin très personnel d'être libre euh... Oui, de suivre sa joie qui est un peu différente du héros masculin.
- Speaker #0
Je voulais te proposer un petit jeu que tu mettes aujourd'hui en lumière. Alors, ça va être très difficile parce que je pense que tu auras envie de mettre en lumière tout le monde, mais certains récits que tu as proposés sur le podcast et qui vont mettre en avant aussi certains de ces ingrédients magiques dont je parlais tout à l'heure. Donc, quand tu penses aux femmes dont tu as raconté le récit, laquelle t'évoque le plus la prise de risque ?
- Speaker #1
À l'espace. Oui, l'espace. Parce qu'en fait, c'est... tu n'as plus les pieds sur terre, tu es loin de tout, tu es loin de ta famille, tu es loin de tes enfants et tu as eu tellement d'imaginaire de rester dans l'espace. Je trouve que la prise de risque est énorme.
- Speaker #0
C'est là où on voit concrètement que même si notre fille n'a pas ce rêve de devenir astronaute, ça peut l'impacter à ce niveau-là. Tu peux utiliser cet exemple pour... À un moment donné où ta fille a le trac, parce qu'elle va sortir de sa zone de confort et prendre un risque, en fait. C'est ça qui est trop chouette. Quel t'évoque le plus le courage d'oser, malgré le regard des autres ?
- Speaker #1
Il y en a beaucoup. Il y en a beaucoup. Je vais peut-être dire Jeanne Métivier, qui est une jeune journaliste qui est née avec une trisomie 21. Parce qu'en fait, elle a quelque chose, elle m'a dit, moi, mon handicap se voit avant même que j'ouvre la bouche. Et en fait, elle dit, il y a tous les préjugés autour de ce handicap qu'elle ne dit pas. Elle ne prononce pas le mot handicap. Et du coup, en fait, avant même de me connaître, de savoir le son de ma voix, les gens... vont me juger. Et aujourd'hui, elle est journaliste. Donc en fait, elle va interviewer. C'est elle qui va donner la parole à d'autres.
- Speaker #0
À quelle t'évoques, on en vient d'en parler, une autre vision de la réussite que celle masculine traditionnellement mise en avant, donc peut-être qui a suivi son élan, sa joie, ce qui t'inspire ?
- Speaker #1
Alors justement, c'est hyper intéressant parce que tu vois, moi j'ai été élevée dans cette réussite que tu as réussi ta vie. si t'as fait une grande école que t'as un salaire dans une grosse boîte, que t'as ton CDI que t'as tes enfants et que t'es mariée parce que moi j'étais biberonnée au ils vécurent heureux se marièrent et n'ont plus d'enfants et un CDI avec 5 chiffres et en fait moi je suis en admiration devant cette génération de filles qui quittent tout ça qui quittent ce que... ce cocon, ce confort. Pour soi, elle est au bout du monde. Elle n'est pas encore sur le podcast, mais elle va l'être. On est en discussion. Elle est brésilienne. Elle s'appelle Tamara Klink. Et elle a hiberné sur la banquise au Groenland pendant huit mois. En fait, son bateau est resté sur la glace pendant huit mois et toute seule. Et elle a 24 ans. Elle avait déjà fait Yeah. pas mal de sorties comme ça. Mais là, c'était vraiment huit mois au milieu de nulle part. Et elle dit, ce n'est pas l'ours blanc qui me faisait le plus peur, c'est l'homme. Tu vois, le seul homme qui va être aux alentours. Et toutes ces figures-là, comme Juliette Hamon, qui était partie pour travailler chez Microsoft. En fait, elle a tout quitté à 23 ans pour partir en stop, faire le tour du monde. En Australie, elle était en Inde. Là, maintenant, elle a fait le Chili à vélo. Et chaque fois, elle a des missions de volontariat. Elle essaye de comprendre le monde, la nature, d'œuvrer pour la biodiversité, de sensibiliser via son compte Instagram. Et moi, je trouve que c'est des figures. auxquels nous, on n'avait pas accès, parce qu'à la télé, tu voyais Nicolas Hulot et Ushuaïa, c'était notre seul regard sur le monde. Et là, on a vraiment un accès à des filles qui vont vraiment sur le terrain, qui nous racontent ce qui se passe. Et je trouve que ça donne une autre vision de la réussite capitaliste, financière et autre. Et c'est des filles qui vivent loin de tout, loin de leur famille. et qui sont foncièrement heureuses, qui ont trouvé ce que tu disais, cette joie, cet épanouissement, une sorte de réussite autre que celle qu'on essaye de nous apprendre d'LCP.
- Speaker #0
Ça me fait un peu la transition parfaite avec les dernières thématiques que je voulais aborder avec toi, parce que je m'en reconnais un petit peu dans ce parcours, parce que moi aussi, du coup, j'ai quitté un CDI, une carrière toute tracée pour me lancer à mon compte. Il y a quelques années, et puis là, je lance ce podcast sans garantie de succès, tu vois. Toi, tu as fait pareil, mais toi, ça y est, tu en vis aujourd'hui. Mais pour les personnes comme moi qui sont encore en chemin, il y a des fois où je me dis peut-être que je ne vais pas y arriver. Et alors si je n'y arrive pas, qu'est-ce que je vais transmettre à ma fille ? Et puis il y a aussi toutes ces mamans qui n'ont pas réalisé leurs rêves, qui les ont même parfois mis de côté. Est-ce que tu penses qu'on peut quand même, sans avoir réalisé ses propres rêves ou sans avoir réussi, encourager nos filles à suivre les leurs ?
- Speaker #1
Moi, justement, c'est vrai que c'est une prise de risque. Après, on n'est pas sur un fil en haut entre deux montagnes et avec le précipice en bas. On peut faire d'autres choses. Moi, en fait, ce que je veux montrer à mes filles, et c'est le projet Nouvelles Héroïnes avec elles, et ce que je leur montre, c'est que je le fais, que j'essaye. Ça prend du temps. ça peut se planter, il y a des réussites il y a des échecs, évidemment mais au moins je montre que c'est possible parce que moi j'étais dans une famille où mon père était un entrepreneur maudit tu vois tout ce qu'il l'entreprenait il disait j'ai foiré, ça a pas marché il le prenait sur lui j'y arrive pas Euh... je suis voilà il avait vraiment ce côté un peu maudit et moi j'essaye de non je veux pas donc toute petite réussite que j'ai et qui n'est pas une petite réussite qui est une réussite, qui est une grande réussite sortir le mot petit arrêtons de réduire ce qu'on fait elle leur montre que ben voilà tu peux le faire en fait et tout ce que t'entreprends est une sorte de réussite parce que t'es sortie de ta zone de confort parce que t'as tenté quelque chose, parce que t'es allée au bout, et en fait je suis même pas au bout, parce que moi je rêve d'avoir une émission en télé, une émission à la radio, de faire des rencontres, tu vois, j'ai une ambition d'être une espèce de Dorothée des années 2020, mais du coup, voilà, de leur montrer, bon ben, elle me voit travailler, elle le voit, et il y a beaucoup de culpabilité là-dessus, parce que, voilà. Mais d'un autre côté, j'aime tellement ce que je fais, il y a tellement de passion que je ne suis pas ce parent qui lui dit, mon travail c'est un c'est de la souffrance je fais ce que j'aime faire, ce que j'aime profondément maman a construit le métier qui n'existait pas, elle l'a construit parce que c'est quelque chose qui la passionne et pour lesquels elle peut se lever le matin sans dire je veux travailler, je ne veux pas leur montrer cette image là
- Speaker #0
Et si tu es dans cette situation-là, ce que j'entends, c'est que tu peux aller valoriser les réussites qu'il y a à d'autres endroits de ta vie.
- Speaker #1
Oui, voilà. Et puis moi, mes filles, je pense qu'elles sont très heureuses. Donc, c'est aussi une grande valorisation de dire, bon, mes filles sont heureuses. C'est déjà, à 5 et 7 ans, dans ce monde-là, c'est déjà très compliqué quand on est parent.
- Speaker #0
Et peut-être alors une dernière question pour conclure. toi, le fait d'avoir lancé ce podcast, on en a déjà parlé, mais comment ça t'influence ? Ça influence la manière d'élever tes filles ? Est-ce qu'il y a des choses que tu fais différemment ? Je crois que tu as commencé à parler des mots que tu utilises qui sont différents. Est-ce qu'il y a d'autres choses comme ça ? Ou est-ce que tu as peut-être des anecdotes d'autres auditrices ?
- Speaker #1
Je pense que depuis que je fais Nouvelles Héroïnes, je me révolte beaucoup plus. Je pense que je n'aurais pas été aussi révoltée et par rapport à tout le système éducatif, par exemple, ou le pays scolaire, tout ce qu'on pourrait faire. Et qu'en fait, tu vois, typiquement en maternelle, j'avais proposé à la directrice, aux enseignants, de raconter, moi, mon histoire en classe. Parce qu'en fait, les copains de Madeleine me demandaient « Mais pourquoi ta maman, elle n'a pas de main ? » Et donc, je m'étais proposée. J'ai dit « Autant elle racontait mon histoire. » Et elle me dit « Non, mais c'est cool. » Non, il n'y a rien de compliqué à tout ça. Ça prend cinq minutes, on va en classe. D'autres parents peuvent aussi le faire. Et je peux vous dire que vous gagnez en empathie, vous gagnez en confiance, vous gagnez aussi à des enfants qui ont des différences. Et franchement, c'est le bien pour le vivre ensemble. Et donc, en fait, il y a beaucoup plus de révoltes. Les mots... Alors, en fait, je culpabilise beaucoup plus. Parce que comme je me nourris de beaucoup de récits, je ne suis pas parfaite, je ne suis pas une maman parfaite. Raconter des histoires de nouvelles héroïnes, ça ne rend pas parfait ma parentalité, ma maternité, pas du tout. Et tu vois, je me rends compte que je fais beaucoup d'erreurs dans les mots que j'emploie. Mais après, par contre, c'est que j'ouvre le dialogue avec mes filles. J'ouvre le dialogue avec ma grande. Je dis, voilà, maman, elle a dit un mot. J'aurais pas dû l'employer, mais j'aimerais qu'on comprenne un petit peu pourquoi toi, qu'est-ce que t'as éprouvé en ayant cette note, ou pourquoi t'as pas voulu faire ci, parce que c'est important de le faire. Donc je pense que ça m'a ouvert plus le dialogue, alors que moi j'avais eu zéro dialogue avec mes parents quand j'étais petite. Jamais, jamais mes parents se sont venus dans ma chambre en me disant « bon, qu'est-ce qui te tracasse ? J'ai vu que t'es rentrée, t'étais fatiguée » . t'as mal réagi à ça donc je pense que ça m'a appris moi sur ma propre mon propre rôle de maman et oui ça me nourrit beaucoup ça me nourrit beaucoup et maintenant je sais que je rentre dans l'âge où elles vont pouvoir commencer à rencontrer ces nouvelles héroïnes,
- Speaker #0
qu'elles vont pouvoir commencer à leur poser des questions donc ça c'est hyper important faire leur part du chemin parce que tu peux pas tout contrôler mais par contre Comme tu dis, tu ouvres des possibilités. Et après, c'est elles qui vont construire quelque chose sur ces bases-là.
- Speaker #1
Oui. En fait, ce qui est important dans Nouvelle Zéroïne, tu as tous les parcours, tu as tous les profils. Je n'idéalise pas du tout. Tu vois, j'ai très, très peu de profils, justement comme moi, très linéaires. Tu vois, prépa, grande école. Je ne valorise pas du tout. Je valorise pas ces parcours linéaires. Donc, sur d'autres podcasts, tu peux avoir ce genre de profil qui, je trouve, peut vite te complexer. Moi, j'aime bien montrer qu'il y a plein d'autres chemins qui sont possibles, etc. Mais c'est aussi à nous, parents, de l'accepter. Tu vois ? Parce que nous aussi, il faut qu'on déconstruise notre propre rapport à l'enfant parfait. Parce que c'est souvent ça aussi. Tu vois ? Merci. Les parents, moi, mes parents, comme ils n'ont pas réalisé leurs rêves, ils ont rêvé, ils ont projeté sur nous leurs propres rêves, à mon frère et moi. Moi, je ne veux pas projeter sur mes filles. Je veux qu'elles trouvent leur chemin. Je veux qu'elles s'épanouissent dans ce qu'elles savent faire le mieux, dans leur zone de génie. Et tout mon rôle, c'est justement de préserver cette zone de génie, cette créativité qu'elles ont. et d'accepter qu'il y a peut-être des matières qui sont peut-être plus pédagogiques, plus scolaires, auxquelles on va dire non, en fait, on va le faire autrement. Et je pense qu'on a beaucoup à nous à déconstruire en tant que parents, de parents très dans ces... C'est à nous les premiers de dégommer ces stéréotypes. Je veux qu'elles soient bien, qu'elles trouvent leur propre chemin, c'est ce que je dis en fait. Et tu peux le trouver d'un million de façons.
- Speaker #0
Il suffit d'écouter ton podcast, du coup, pour le savoir. Oui.
- Speaker #1
Il n'y en a pas encore à Mion d'Histoire. Il y en a 100.
- Speaker #0
Bientôt.
- Speaker #1
Pourtant, il y a une bonne personne. C'est une personne.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
c'est déjà énorme.
- Speaker #0
Écoute, merci beaucoup. C'était passionnant. Merci d'avoir partagé aussi sur ton expérience de maman. Est-ce que tu veux nous en dire un peu sur ton actualité du moment ? On peut te retrouver évidemment sur Instagram, sur le podcast, évidemment.
- Speaker #1
Alors il y a le podcast Nouvelles Héroïnes, le livre Nouvelles Héroïnes, je ne sais pas quand va être posté cet épisode, mais c'est un merveilleux cadeau pour l'école, que ce soit à la rentrée ou en fin d'année, pour glisser dans le sac de voyage pour les vacances, pour lire aux plus jeunes. C'est une lecture accompagnée pour les plus jeunes, pour les maternelles et plus, et puis après en lecture seule. Et en fait, sur toute l'année 2026, il y aura plus de rencontres en réel avec les nouvelles héroïnes. Les filles, les garçons, on disait ici, effectivement, il y a beaucoup d'auditeurs garçons qui écoutent Nouvelles Héroïnes. Donc ça, c'est une super nouvelle. Et en fait, voilà, et après, il y a d'autres choses. Moi, mes rêves, voilà, ce que je te dis, c'est un livre, beaucoup plus de livres. un nouvel Zéro-Inne 2, je l'espère. Mon histoire aussi, mais j'aimerais la raconter de façon différente. En tout cas, que ce soit raconté par le prisme de l'enfant et des yeux, du regard de l'enfant, plutôt que par le prisme de l'adulte.
- Speaker #0
et voilà écoute on a hâte de découvrir la suite de tes aventures alors de nouvelles héroïnes de nouvelles héroïnes exactement merci beaucoup en tout cas avec plaisir