- Speaker #0
Il y a notamment une enfant qui a gardé le livre avec elle, qui ne veut plus le rendre, et qui l'a dans son lit maintenant, et qui le garde très précieusement, celui de l'inceste. C'est une petite fille victime d'inceste, sauf que son père, lui, n'a pas été condamné. Et donc, par la justice, elle n'a pas été reconnue comme victime. Mais dans ce livre-là, en fait, elle se reconnaît. Elle se reconnaît, elle reconnaît son histoire, et c'est pour ça que je pense qu'elle est ici.
- Speaker #1
Hello et bienvenue dans Passage, le podcast qui libère les filles et leur maman. Moi c'est Alexandra, maman de Rose, une petite tornade de presque deux ans et demi, à l'énergie débordante et au caractère bien trempé. Et tu sais quoi ? Même si ce n'est pas toujours de tout repos, savoir sortir ses Ses épines, c'est vraiment tout ce que je lui souhaite. Alors j'ai créé ce podcast pour moi et pour toutes les mamans qui veulent élever leur fille autrement. Pas sage, pas modèle, pas gentille à tout prix, mais confiante, libre d'être elle-même et bien dans leur basket. Des petites filles qui savent et sauront plus tard dire non. poser leurs limites, s'aimer telles qu'elles sont qui n'auront pas peur d'essayer d'échouer et qui sauront se faire reconnaître à leur juste valeur alors ici, on va démonter les injonctions les stéréotypes et tous ces vieux réflexes qu'on pensait normaux, tu sais les fameux t'es pas belle quand tu fais la tête on va parler d'estime de soi, de confiance de rapport au corps, aux émotions on va parler de nos filles, mais aussi de nous parce qu'éduquer autrement, ça commence souvent par se libérer soi-même alors au fil des épisodes, je te partagerai des réflexions incarnées des clés concrètes et des voix d'experts et surtout une bonne santé. une grande dose de soutien et de déculpabilisation. Parce que nous aussi, on mérite mieux qu'être sages. Alors, prêtes à bousculer les règles ? Bonjour Charlène.
- Speaker #0
Et bonjour Alexandra.
- Speaker #1
Bienvenue sur le podcast Passage.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Je suis trop contente de t'avoir, tu es ma première fondatrice d'une maison d'édition, Maison Sans Tabou. C'est une maison d'édition toulousaine qui est assez récente, je crois que tu l'as lancée il y a un peu plus d'un an.
- Speaker #0
Oui, en 2025.
- Speaker #1
Mais qui cartonne déjà.
- Speaker #0
C'est vrai, c'est vrai, on a été trop plaisir, c'est très chouette.
- Speaker #1
Donc les quatre premiers livres sont sur le sujet de l'inceste, de l'accouchement, de la grossesse et de la mort. Et moi j'ai vraiment adoré le concept. On a échangé vite les chansons Instagram, dans la journée même j'avais acheté. Le conseiller pour les deux ans de ma fille. Oui. Voilà, donc j'ai pu lui offrir récemment. Ils ont un peu l'habitude que j'offre des trucs pas très conventionnels.
- Speaker #0
Je vois.
- Speaker #1
Je lui ai offert une bibliothèque féministe avec aussi plein de livres plutôt sur des stéréotypes de genre ou qui mettent en avant des personnages féminins. Donc, c'est trop bien qu'on est aujourd'hui sur le podcast parce que je vais pouvoir te poser plein de questions. Est-ce que tu peux nous dire déjà qu'est-ce qui t'a donné envie ? de créer cette maison qui est quand même assez originale ?
- Speaker #0
Alors écoute, très simplement, j'ai vraiment voulu créer les livres que je voulais pour mes enfants. Ça peut se résumer à ça. J'ai trois enfants et l'aîné me posait quand même pas mal de questions sur l'arrivée de son petit frère à l'époque, sur la grossesse, comment ça se passait. En plus, les grossesses se voient pas mal parce que... Parce que je suis quand même très malade. Donc voilà, ça fait du mouvement, du changement pour les enfants. Et donc, elle me posait beaucoup de questions. Et aussi sur comment allait arriver ce petit frère, finalement. Comment est-ce qu'il allait sortir de ce ventre ? Donc, ça a commencé comme ça. J'ai voulu créer des livres qui pouvaient répondre à ces questions-là. Et puis, il y a aussi qu'il faut que j'avoue quand même que je suis un peu difficile, je dirais, dans les niveaux littérature jeunesse. Cette collection-là, elle répond surtout à ma manière d'avoir envie de lire des livres aux enfants. Parce que les illustrations sont quand même assez inclusives. Et les textes aussi, je les choisis vraiment d'une certaine manière.
- Speaker #1
C'est à la fois les sujets que tu ne retrouvais pas forcément à l'heure et la manière d'aborder ces sujets-là en étant notamment plus inclusif. Oui,
- Speaker #0
c'est ça.
- Speaker #1
Est-ce que tu trouves, toi, qu'il y a encore beaucoup de sujets que les adultes n'osent pas aborder avec les enfants ? Et qu'on sous-estime peut-être leur capacité à comprendre, parce que tu ne l'as pas dit, mais tes enfants sont quand même... Enfin, tes deux filles, les premières, c'est ça ? Elles sont assez petites. Donc, ce n'est pas des livres que tu as créés que pour des enfants un peu plus âgés. C'est aussi pour des petits-enfants. Et c'est vrai qu'on pourrait se dire, c'est peut-être un peu tôt pour aborder ces sujets-là.
- Speaker #0
Oui, oui, c'est vrai. Oui, oui, ma plus grande, elle a 4 ans. Ensuite, mon cadet a 2 ans. Et ma Benjamin a 6 mois. Donc, effectivement, moi, c'était vraiment pensé pour les tout-petits. Et c'est une collection qui est pour les 0-4. Justement, ça a commencé comme ça. C'est-à-dire que moi, quand j'ai cherché des livres pour ma fille, qui à l'époque avait peut-être deux ans... Oui, un peu moins de deux ans. Il n'y avait vraiment pas grand-chose qui disait, juste avec les mots simples, ce qui allait se passer. Donc c'était vraiment ça l'idée, parce que je pense que déjà chez nous, notre manière de faire est d'essayer, autant que possible, d'utiliser des mots justes pour parler un petit peu de tout, sans forcément rentrer dans des détails catastrophiques, mais juste d'essayer de dire les choses un peu comme elles sont.
- Speaker #1
Et en France en particulier, je pense qu'il y a effectivement un sujet dans ton... parle pas trop, c'est la mort. Selon toi, on a un petit peu de mal à parler de ce sujet-là, et pourquoi toi tu penses que c'est important d'en parler aux enfants ?
- Speaker #0
Quand j'ai monté la maison d'édition, j'avais une petite communauté sur Instagram et j'ai fait un sondage pour demander quel est le tabou que vous aimeriez retrouver dans l'un de nos livres. Et c'est vraiment celui qui est remonté le plus. C'était la mort. Donc je pense que c'est assez représentatif de... la difficulté qu'ont les adultes à parler de la mort avec les enfants. Déjà parce que je pense qu'en tant qu'adultes, on a du mal nous-mêmes à en parler. Très certainement parce que ça évoque des choses chez nous, des souvenirs qui sont tristes, malheureux. C'est vrai que ça amène à beaucoup de choses, la fin de notre vie à nous aussi. C'est énorme. Et donc de l'expliquer à des enfants avec des mots simples, c'est compliqué. Il y a beaucoup de livres qui existent sur la mort pour les enfants. mais qui sont des des histoires plutôt des histoires racontées sur par exemple Papi est mort ou le chat de la voisine ou enfin voilà là l'idée du livre qu'on a fait c'est que en fait on parle de personne en général, personne n'est mort dans le livre on explique ce qu'est la mort et c'est ça qui est différent des autres livres sur la mort et qui donne des mots qui sont plus simples du coup. Il y a quand même un passage dans le livre qui explique qu'on peut être vraiment très triste ou très en colère une fois qu'une personne est morte. Mais pour autant, c'est vraiment plus centré sur qu'est-ce que c'est la mort plutôt que quelqu'un est mort.
- Speaker #1
Ok, trop bien. On peut aborder deux autres livres que tu as écrits sur le sujet de la grossesse et de l'accouchement. Pareil, pourquoi tu as voulu aborder ces sujets-là ? Est-ce que tu trouves aussi qu'il y a encore beaucoup de tabous autour du corps, particulièrement du corps féminin ?
- Speaker #0
Là, en l'occurrence, la grossesse et les accouchements, c'était vraiment, comme je te disais, pour répondre aux questions de ma fille. Et en l'occurrence, j'ai vraiment saisi l'opportunité pour montrer ce que c'était vraiment un corps de grossesse et des accouchements différents. je suis vraiment partisane de montrer beaucoup de diversité et surtout ce qui peut vraiment se passer sur le corps quand on est enceinte. Parce qu'en fait, une fois qu'on a été enceinte, on le sait, que le corps change, qu'il se passe plein de choses et qu'il ne faudrait pas en créer un tabou. Il y a énormément de femmes qui passent par là et que c'est la réalité de ce qui se passe quand on est enceinte.
- Speaker #1
Oui, mais surtout que moi, j'ai l'impression que d'en parler à nos filles en particulier, ça peut être un moyen de leur montrer que le corps d'une femme, c'est quand même quelque chose de puissant. Oui. tout petites, elles peuvent commencer à intégrer cette idée-là. Parce que souvent, les femmes, elles disent que quand elles ont accouché, elles se sont senties hyper puissantes. Ce n'est pas mon cas. Je me suis sentie très vulnérable. Apparemment, j'étais celle qui criait le plus dans l'hôpital. Bon, mais ça, c'est un autre sujet. C'est vrai qu'il y a quand même beaucoup de femmes, et je peux le comprendre quand même, qui disent que, voilà, au moment de l'accouchement, pour elles, ça a été révélateur de la puissance de leur corps. Et c'est important quand même que nous, les femmes, parce qu'on a tendance à vouloir, justement, qu'on se sente impuissante, à nous rapetisser, tu vois. On souhaite toutes les femmes, toutes les filles, pour se sentir toutes petites. Et justement, je me dis, c'est une manière peut-être, et il y a plein d'autres bénéfices, mais celui auquel je pensais là, de montrer à nos filles que le corps des femmes est puissant.
- Speaker #0
C'est vrai, c'est vrai. C'est vrai et en l'occurrence, je pense que c'est vraiment la partie féministe de notre approche dans les livres. C'est effectivement de montrer... aussi les super pouvoirs des femmes notamment Trop bien,
- Speaker #1
et puis celui sur l'inceste c'est celui avec lequel j'ai eu un petit peu plus de mal quand j'étais avec les enfants de mon amie et donc ma fille elle aussi Oui Je n'ai jamais parlé d'inceste à ma fille justement mais je lui ai parlé de consentement, du respect du droit de dire non donc je pensais que ça allait être facile J'ai reçu un bouquin qui dit il y a un petit garçon sur les genoux d'un d'un monsieur et le livre explique que si l'enfant n'a pas envie, il se sent mal à l'aise, alors il a le droit de s'éloigner de ce monsieur. Hyper facile pour moi parce que je pense à l'inconnu. Maintenant, la même histoire avec papy, je pense que c'est plus compliqué. Est-ce que tu as une appréhension, une peur que tu peux retrouver chez d'autres personnes qui ont pu te contacter ou avoir tes livres ? Comment tu répondras, en tout cas, à ces parents qui pourraient avoir un petit peu de l'appréhension à lire un livre sur l'inceste ? C'est ça, ma question.
- Speaker #0
J'utilise une image, moi, souvent. Pour expliquer ma manière d'envisager ça, c'est que, tu vois, par exemple, en France, chaque année, il y a 280 victimes qui sont piétons et qui sont percutées par une voiture. Il y a 160 000 enfants qui sont victimes par an de violences sexuelles. On s'entend, ce n'est pas comparable tout ça. C'est juste pour comparer notre approche sur un danger. C'est-à-dire que le danger de se faire écraser quand on est piéton, on l'aborde très très tôt. Même parfois, nos enfants sont en poussette et on s'arrête, on dit on regarde à gauche, on regarde à droite. Avant de traverser, c'est important. Et on peut vraiment aborder ce sujet-là, qui est du coup un sujet de prévention. Et dans le même ordre, les automobilistes sont... prévenus qu'ils n'ont pas le droit de percuter des piétons. Et ils sont même condamnés véritablement quand ils le font. Alors que quand on prend le cas des violences sexuelles sur les enfants, eh bien, on n'en parle pas ou très très peu. On commence à le faire, notamment grâce au super ouvrage que tu as derrière toi de Mélanie Chapiron. qui a vraiment ouvert la porte sur le sujet, je trouve. On peut aussi se dire que malheureusement, en France, on juge très très très peu les violences sexuelles sur les enfants. Par exemple, dans le cas de l'inceste, c'est 1% des personnes qui sont condamnées. C'est quand même un chiffre qui fait froid dans le dos. Et le nombre d'enfants qui sont victimes d'inceste et de violences sexuelles est énorme en France. C'est un danger qui est réel. Et moi, je dirais qu'on rend beaucoup plus service à nos enfants en les prévenant qu'en fait, ça existe. Et ce n'est pas tous les adultes, mais ce sont les adultes. C'est pareil avec les automobilistes. On n'a pas créé chez l'enfant une phobie des automobilistes. On n'a pas créé une peur des adultes qui conduisent les voitures. On parle du danger. Le danger, il existe, il est là. Et on ne se pose pas la question non plus de faire perdre l'insouciance des enfants quand on leur dit de traverser la route et qu'avant de traverser la route, il faut bien regarder. Je pense que c'est surtout que ça nous touche à nous.
- Speaker #1
On projette nos peurs, en fait.
- Speaker #0
Nos propres peurs. Et puis, ce sont des tabous. C'est vraiment quelque chose qui est... C'est très difficile d'en parler. C'est très difficile. Aujourd'hui, on commence à avoir des chiffres grâce à la civisme. Je veux dire, ça fait quelques années, mais c'est compliqué de mettre le nez dedans et de se dire... Ça existe vraiment. Ça peut être mon mari, ça peut être mon père. C'est quand même difficile pour nous, les adultes, de faire ce chemin-là. Mais à l'heure actuelle, ça devient très, très important de commencer à en parler avec eux, juste au moins pour qu'il y ait une porte, une discussion. Et puis moi, mes livres, ils sont pensés pour les adultes aussi. C'est un guide et pour l'un et pour l'autre. C'est-à-dire, si mon enfant me rapporte quelque chose... J'en fais quelque chose. Je ne me dis pas juste, c'est mon enfant, ça arrive de raconter des histoires. Non. L'idée, c'est de croire son enfant et de faire quelque chose de sa parole et de le protéger.
- Speaker #1
Tu veux dire que dedans, par exemple, on voit un adulte accueillir la parole d'un enfant et du coup, ça peut nous aider à le faire pareil ? C'est ça ? Oui.
- Speaker #0
C'est ça l'idée. C'est vraiment un livre qui est fait pour que l'enfant sache quoi faire. si ça lui arrive. Et a fortiori que l'adulte voit aussi que c'est possible de faire quelque chose d'une parole d'enfant qui est aussi difficile à entendre, quoi qu'il en soit.
- Speaker #1
Tu as dit que c'était pour les 0-4 ans. Mais est-ce que toi, tu préconises d'attendre qu'un sujet se présente dans la vie de l'enfant pour en parler ou au contraire, peut-être de préparer le terrain ou même peut-être que ce n'est même pas préparer le terrain. C'est-à-dire que tu vois, moi, là, je ne vais pas accoucher. Je peux quand même... prendre le livre sur l'accouchement parce que justement je sais aussi que c'est un sujet dans tous les cas dont elle va entendre parler et pour les raisons aussi qu'on a dit tout à l'heure que ça peut lui faire prendre conscience que maman elle a déjà accouché et donc elle est vraiment super forte tout
- Speaker #0
à fait je suis vraiment partisane d'aborder tous les sujets même avant que ça arrive vraiment par exemple le livre sur la mort si on prend la quatrième de couverture c'est papa c'est quoi la mort et si on en parlait avant qu'elle n'arrive. Bien sûr qu'on peut l'utiliser une fois que quelqu'un est mort dans notre entourage, mais... L'idée, c'est au contraire de ne pas faire de ça un tabou. Quand on en parle en amont, ça devient un non-sujet. Ça fait partie de la vie, il y a la mort, l'accouchement, la grossesse. Malheureusement aussi, les violences sur les enfants existent. Ça en fait partie. C'est aussi quelque chose qui est pensé pour les autres enfants. c'est à dire que le livre sur l'inceste On est un guide aussi pour savoir que ça existe dans l'entourage des enfants. Il y a quand même énormément d'enfants qui sont touchés par les violences sexuelles. Pas forcément l'inceste, mais c'est quand même trois enfants par classe. C'est énorme. Donc nous, on en côtoie au quotidien. Les enfants en côtoient au quotidien d'autres personnes qui sont confrontées à ça. Et de savoir que ça existe, ça permet aussi potentiellement pour nos enfants de repérer les signaux, pour les autres adultes aussi. Et donc moi, je suis vraiment partisane d'en parler tôt, en fait, que ce n'est pas obligé d'en parler tous les soirs. C'est juste un livre qui est dans notre bibliothèque et que l'enfant peut choisir de regarder grâce aux illustrations de Lou Gilles, qui est une illustratrice merveilleuse, je tiens à le dire. Eh bien, on a vraiment des illustrations qui sont hyper colorées, qui donnent envie, en fait, d'ouvrir le livre. C'est presque l'enfant qui va amener le livre. Et on va créer ce moment où, tiens, allez, brisons un tabou.
- Speaker #1
On va serrer les fesses un peu au début, puis après, on va se décoincer. Voilà. Est-ce que justement, tu as eu des retours peut-être de parents ou d'enfants ou de maîtresses ? Qu'est-ce qui ressort le plus ? Qu'est-ce qui t'a peut-être le plus touchée, toi ?
- Speaker #0
En fait, moi, j'ai eu la chance d'avoir pas mal de témoignages qui sont venus à moi. Il y en a beaucoup qui m'ont... tous me touchent énormément, forcément. Je vois vraiment l'utilité du livre de la grossesse et des accouchements, comme tu disais, aussi. Il y a beaucoup de personnes qui vont l'acheter juste pour raconter la naissance, en fait, de leur enfant à leur enfant. Et ça, c'est aussi une autre manière d'envisager le livre. C'est de dire ce qui s'est passé avant. Et après, sur le livre de la grossesse, il y en a un qui m'a vraiment... que j'ai toujours en mémoire, qui me touche vraiment énormément, c'est celui qui m'a été rapporté par une éducatrice qui travaille pour l'aide sociale à l'enfance et qui accompagne des enfants et en fait, elle est amenée à les avoir, par exemple, dans sa voiture pour les emmener quelque part, pour leur faire une sortie, quelque chose qui change de leur quotidien. Et dans sa voiture, elle a nos livres. Donc les enfants peuvent les feuilleter. Et il y a notamment une enfant qui a, je ne sais plus si elle a 10 ans, 10-11 ans, qui a gardé le livre avec elle, qui ne veut plus le rendre, qui l'a dans son lit maintenant et qui le garde très précieusement, celui de l'inceste, et qui a dit à cette éducatrice qu'il lui a demandé qui a fait ce livre. Elles en ont parlé et tout ça, et l'enfant lui a dit tu lui diras merci. Et ça, voilà. C'est une petite fille victime d'inceste. L'éducatrice m'a expliqué qu'en fait Merci. C'est exactement son histoire, sauf que son père, lui, n'a pas été condamné. Et donc, l'éducatrice a utilisé ces mots qui sont que, par la justice, elle n'a pas été reconnue comme victime. Mais dans ce livre-là, en fait, elle se reconnaît. Elle se reconnaît, elle reconnaît son histoire. Et c'est pour ça que je pense qu'elle y est si attachée.
- Speaker #1
J'ai des frissons parce que je me disais, tiens, qu'est-ce qui... Est-ce que c'est parce que c'est porteur d'espoir ? Mais c'est plutôt parce que ça fait effet miroir et du coup, peut-être qu'elle se sent moins seule. Elle se sent, comme tu dis, reconnue dans sa souffrance. C'est incroyable. Il faut l'avoir partout, en fait. Alors là, je les ai offerts à ma nièce, mais je vais bientôt les offrir à ma fille aussi. J'imagine que toutes les auditrices et auditeurs ont envie de les acheter aussi. Eh bien, soyez un peu patient parce qu'on est en train d'organiser un jeu concours sur Instagram qui va vous permettre de gagner un livre. Donc voilà, venez nous suivre. ton compte à toi, c'est... At Maison Sans Tabou.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Voilà. Et donc, moi, c'est at WeAreChippy. Et quelle est la suite ? Alors, pour Maison Sans Tabou, est-ce que tu vas aborder d'autres sujets ? Est-ce que tu vas aussi varier les âges ?
- Speaker #0
Alors déjà, nos quatre premiers titres, ils sont en réimpression parce qu'on a écoulé tout le stock en quelques mois. Donc, c'était trop chouette. Et ils arrivent là, mi-juillet. Ils arrivent à la mi-juillet, les nouveaux. Et en même temps, que nos quatre premiers, qui sont donc la grossesse, les accouchements, la mort et l'inceste, arrivent aussi de nouveaux... De nouveaux albums de la même collection, la vraie vérité sûre, et qui sont Les Poils...
- Speaker #1
J'allais dire que j'avais les poils.
- Speaker #0
Les Poils et l'Allaitement.
- Speaker #1
Trop bien !
- Speaker #0
Les Poils et l'Allaitement arrivent là, ils sont déjà disponibles d'ailleurs sur le site internet en précommande pour les avoir le plus rapidement possible, mais officiellement en librairie au mois d'octobre et via notre site un peu plus tôt. dans l'été moi j'adore cette collection pour le moment donc c'est vrai que il y a tellement de sujets tabous c'est difficile presque de sélectionner les prochains sujets tellement on a envie de tous les aborder mais voilà donc on continue notre lancée avec la collection de la vraie vérité sûre pour les 0-4 ans et après en même temps on est en train de monter un autre projet pour des un peu plus grands Alors... qui sont plutôt des histoires du soir, plutôt pour à partir de 4-5 ans. Ok,
- Speaker #1
trop bien. Écoute, on a hâte de suivre tes aventures. Bravo, parce que je ne sais pas si les auditrices, auditeurs ont compris que tu avais trois enfants en dessous de 4 ans. Ça aussi, ce n'est pas très sage.
- Speaker #0
C'est vrai que c'est intense.
- Speaker #1
Ce n'est pas évident, mais on sent que c'est quelque chose qui te tient à cœur et je suis trop heureuse pour toi aussi que tu aies déjà tous ces retours. Ça doit être tellement, comme tu l'as dit, touchant et que ça doit être pour la suite. Merci beaucoup d'avoir accepté cette interview. Merci à toi de m'avoir invitée. On se retrouve sur Instagram pour notre petit jeu concours et pour suivre tes aventures, justement.
- Speaker #0
Merci beaucoup. A bientôt.
- Speaker #1
C'est déjà la fin de cet épisode. J'espère qu'il t'a plu et surtout qu'il t'a donné envie de réveiller un petit grain de rébellion en toi et de révéler celui de ta fille. Si tu penses qu'il pourrait inspirer une autre maman autour de toi, partage-le lui. Et si tu veux me donner un coup de pouce pour faire grandir cette démarche, tu peux laisser 5 étoiles et un petit mot doux. Ça compte énormément.
- Speaker #0
A très vite !