- Speaker #0
Pour moi, le plus important, c'est la liberté. Elles veulent se maquiller, elles se maquillent. Mais elles ne sont pas enfermées en avoir besoin chaque jour. Et là où on sent qu'on a réussi, c'est quand ma grand-mère me dit « Tu te rends compte ? Ma copine, elle se réveille tous les jours à 6h pour aller prendre son bus. Et pourquoi elle se réveille 3 quarts d'heure avant ? Parce qu'il faut qu'elle se lisse les cheveux et qu'elle se maquille. Mais elle perd 3 quarts d'heure de sommeil par jour pour ça. » Vraiment, ça leur paraît hallucinant.
- Speaker #1
Hello et bienvenue dans Passage, le podcast qui libère les filles et leur maman. Moi c'est Alexandra, maman de Rose, une petite tornade de presque deux ans et demi, à l'énergie débordante et au caractère bien trempé. Et tu sais quoi ? Même si ce n'est pas toujours de tout repos, savoir sortir ses Ses épines, c'est vraiment tout ce que je lui souhaite. Alors j'ai créé ce podcast pour moi et pour toutes les mamans qui veulent élever leur fille autrement. Pas sage, pas modèle, pas gentille à tout prix, mais confiante, libre d'être elle-même et bien dans leur basket. Des petites filles qui savent et sauront plus tard dire non. poser leurs limites, s'aimer telles qu'elles sont, qui n'auront pas peur d'essayer d'échouer, et qui sauront se faire reconnaître à leur juste valeur. Alors ici, on va démonter les injonctions, les stéréotypes et tous ces vieux réflexes qu'on pensait normaux. Tu sais, les fameux « t'es pas belle quand tu fais la tête » . On va parler d'estime de soi, de confiance, de rapport au corps, aux émotions. On va parler de nos filles, mais aussi de nous. Parce qu'éduquer autrement, ça commence souvent par se libérer soi-même. Alors au fil des épisodes, je te partagerai des réflexions incarnées, des clés concrètes et des voix d'experts. et surtout, une grande dose de soutien et de déculpabilisation. Parce que nous aussi, on mérite mieux qu'être sages. Alors, prêtes à bousculer les règles ? Bonjour Élise !
- Speaker #0
Bonjour !
- Speaker #1
Bienvenue sur le podcast Passage.
- Speaker #0
Merci beaucoup pour l'invitation.
- Speaker #1
Alors moi, je t'ai découverte récemment sur Instagram. sous le poste de Punch Lénette, Marie-Maisco, qui est venue à mon micro il y a quelques temps, qui faisait un poste qui rappelait l'impact que notre rapport à notre propre corps en tant que maman pouvait avoir sur nos filles. Et toi, tu as mis un petit commentaire en disant notamment que tu avais quatre filles, aujourd'hui ados, et tu mets « J'ai des ados tellement bien dans leur peau que je les envie. Les remarques sur leur acné, sur leur corps, tout glisse. » J'adore les entendre rembarrer un gars ou rappeler à leur copine une de mes phrases préférées. Les humains ne sont pas des objets de déco ou mon corps, c'est pas TripAdvisor. Et puis tu donnais dans ce commentaire tout un tas de petites astuces que tu faisais, que tu fais encore avec tes filles. Et je me suis dit, il faut absolument que tu viennes sur le podcast. Parce que c'est vrai que je n'ai pas encore beaucoup de témoignages de mamans qui ont entamé ce travail-là. Il y a déjà un petit moment qui ont des filles ados et qui en voient les résultats. Et je pense que pour moi, et comme beaucoup des auditrices... ça peut nous faire du bien et nous encourager à aller dans cette voie que de voir que oui, en fait, ça fonctionne. Je te remercie beaucoup d'avoir accepté mon invitation. Je crois que c'est ta première interview en plus.
- Speaker #0
Ah oui, en podcast, je n'ai jamais fait. J'en consomme beaucoup, j'en écoute beaucoup, mais je n'ai encore jamais eu cette chance.
- Speaker #1
C'est nous qui avons la chance aujourd'hui. Je vais te présenter rapidement. Tu es de métier prof d'art plastique, mais tu as aussi une très grande activité bénévole. Tu es coach de basket, tu es vice-président d'une crèche. Tu fais aussi partie de l'association des parents d'élèves, j'en oublie peut-être. Et tu as quatre filles de 8, 11, 14 et 16 ans. Déjà, bravo !
- Speaker #0
J'ai fait ma tribu !
- Speaker #1
Bravo d'être encore en vie aujourd'hui ! On va tout de suite entamer le sujet dont on veut parler, le rapport à l'apparence et comment tu as transmis ça à tes filles. Déjà, première question, parce que c'était il y a une dizaine d'années, presque 16 ans du coup, que tu as... entamer cette réflexion-là. Comment tu as vu ce déclic ? Parce qu'il n'y avait pas, on n'en parlait pas, je pense, il n'y avait pas de... D'ailleurs, est-ce qu'Instagram existait ? Je ne crois pas.
- Speaker #2
Pas du tout. Les podcasts non plus.
- Speaker #1
Donc comment tu as vu ce déclic de te dire, bon ben, non, moi je ne vais pas dire à mes filles qu'elles sont belles, en tout cas pas tout le temps. Si tu peux nous en dire quelques mots.
- Speaker #0
Alors moi j'étais vraiment une enfant de l'éducation à la française. Il y avait un martinet à la maison, il a plus été brandi qu'il n'a servi. Mais voilà, l'éducation avec le... La carotte et le bâton, même si mes parents ont fait vraiment le maximum, c'était déjà un pas énorme par rapport à l'éducation qu'ils avaient reçue. Ils m'ont envoyée en Allemagne pour que je pratique ma première langue vivante et j'ai vécu des choses très différentes en tant qu'ado, parce que j'y suis allée en tant que collégienne et après j'y étais en tant que jeune fille au père, donc j'ai vu le rapport avec les enfants et ensuite j'y étais en stage, donc j'ai vu le rapport adulte, ce que ça faisait. À l'époque, je n'avais absolument aucun recul, mais je trouvais ça génial. Et puis, retour en France, je suis enceinte de mon aîné. Je me renseigne sur la grossesse et surtout l'accouchement, comment ça peut se passer. Et je tombe sur des blogs à l'époque. Et oui, je date. Et en me renseignant, c'était la grande époque où il y avait la loi sur l'interdiction de la fessée. Je ne voyais pas du tout où était le problème. Sauf que sur des blogs, je commence à lire des choses. et là je tilte qu'en fait mon expérience d'ado d'accompagnement d'enfants, où je peux être pendant des mois dans des familles où il n'y a pas de cri des parents. Jamais, ça n'arrive pas. Et pour autant, les enfants sont très, très cadrés.
- Speaker #1
En Allemagne, ça, tu veux dire ?
- Speaker #0
En Allemagne, voilà. Et donc, les discours politiques que j'entends rebondissent sur mon expérience en Allemagne. Et je me dis, mais donc, en fait, ce que j'ai vécu... c'est quelque chose que je peux reproduire. C'est pas juste... Voilà. Et donc, je me suis dit mais c'est ça que je veux. C'est ça que je veux comme éducation. Et c'est là où je suis partie dans l'éducation bienveillante et normalement, et évidemment, il y a notamment le rapport au corps. Quand t'en as une fille, puis deux, puis trois, puis quatre, c'est vraiment un sujet à part entière, le rapport au corps.
- Speaker #1
Oui, parce qu'en Allemagne, t'avais déjà constaté qu'ils faisaient les choses un peu différemment aussi.
- Speaker #0
Totalement différemment. J'avais vécu cette liberté en étant ado en Allemagne, de pouvoir de voir des femmes et absolument ce n'est pas splendide, apprêtée, avec du poil aux pattes et sous les bras. Non mais moi, ça m'avait hallucinée.
- Speaker #1
Du coup, si on revient un peu sur le rapport au corps, à l'apparence, j'ai l'impression que ça a commencé par une histoire de poils un petit peu, qui t'a libérée, t'as voulu libérer tes filles de cette injonction à être peut-être belles avec les critères de la société en toutes circonstances. Et toi, tu me disais que tu essayais justement de ne pas dire à tes filles qu'elles étaient belles. Pourquoi et comment tu t'y prenais ? Qu'est-ce que tu disais à la place ?
- Speaker #0
Pour moi, c'est important de comprendre ce que c'est que la beauté. C'est le côté prof d'art plastique qui parle. Ces critères de beauté actuels n'ont absolument rien à voir avec les critères de beauté au XIXe siècle, rien à voir avec ce qui se passait à la préhistoire aussi. Quand on voit les statuettes qu'on a retrouvées, ce n'est pas du tout des formes très filiformes concernant les corps des femmes. Et de la même façon pour les corps des hommes, d'ailleurs. Quand on voit... Louis XIV en majesté avec sa perruque et ses talons et ses petits froufous, ce n'est pas du tout l'homme alpha qu'on voit actuellement. Et donc, les critères de beauté, en fait, c'est totalement aléatoire. Ça change selon la période et ça change aussi selon les lieux. Dans certains lieux, ce qui est important, c'est d'avoir le labret le plus important, le plus gros, donc avoir une lèvre très, très déformée. C'est ça, le critère de beauté. Et donc, pourquoi imposer à mes enfants des critères de beauté qui, de toute façon… vont bouger et c'est des choses qui c'est des éléments extérieurs et qui font souffrir dire on découvre une telle liberté quand on les a moins quand on subit moins leur oppression que voilà j'avais vraiment envie pour mes filles ce souffle de liberté que j'avais senti en allemagne et donc moi je voulais absolument pas leur donner une pression sachant que la société va bien s'en charger de toute façon vous leur faire vivre à la maison autre chose et puis par contre évidemment leur laisser la possibilité de prendre les décisions pour elle-même. Là, si on repart sur les poils, j'ai des filles adolescentes, pubères, j'en ai trois qui sont pubères, donc poilues tout à fait normalement. Aucune ne se pose la question de s'épiler. Vraiment, aucune. Même Cézanne, il y a les copains qui viennent à la maison, qui viennent dormir à la maison. L'épilation n'est pas un sujet. Elle ne voit pas pourquoi elle s'embêterait à faire ça alors que ce n'est pas nécessaire.
- Speaker #1
et donc je trouve qu'elles ont une liberté dont moi j'aurais tellement aimé bénéficier que je suis vraiment ravie de voir ce que ça a fait sur les ados de très jeunes avoir pu les aider à prendre un recul sur qu'est-ce que la beauté mais justement je voudrais savoir concrètement comment tu as fait parce que tu vois je me dis c'est pas quand notre fille va être ado et qu'elle va avoir des poils qu'on va lui dire mais tu sais les poils c'est ok tu vois je veux dire forcément ça se construit avant tout ça donc comment tu t'y es pris concrètement ?
- Speaker #0
Alors, toute petite, le... effectivement le fait de faire des compliments c'est déjà quelque chose que j'ai vraiment appris à faire différemment c'est pas tu es jolie c'est oh tu as mis une jolie robe ou oh tu as bien réussi à mettre du maquillage sans déborder quand elles sont plus petites puis après quand elles sont à dos oh le thread aligner super réussi bravo donc vraiment décrire ce qui est en leur pouvoir à elles parce que la forme de leur visage et de leur corps ça c'est pas de leur ressort donc il y a ce côté là il y a ce côté félicité quand même évidemment non seulement quand elles s'apprêtent mais aussi dans tout un tas d'autres situations un exemple tout simple elles vont réussir à faire un magnifique panier oh tu es magnifique ma fille quand tu réussis des belles actions comme ça panier de basket c'est réussir à le dire qu'elles sont magnifiques parce qu'elles font Et pas par des critères extérieurs. Là, on sort d'un week-end assez éprouvant avec un magnifique spectacle de danse. Il n'y a plus que les deux dernières qui font de la danse. Elles en ont toutes fait à un moment donné. Et donc là, évidemment, je leur ai dit qu'elles étaient splendides sur scène. Mais pas parce qu'elles avaient un joli juste coin, un beau maquillage et des paillettes. Je leur ai dit qu'elles étaient absolument brillantes, magnifiques, que vous voyez qu'elles étaient concentrées. Voilà, c'est bien dans le sens de la musique. Donc en fait,
- Speaker #1
elles reviennent toutes transpirantes du basket et là, tu en profites pour leur dire qu'elles sont belles.
- Speaker #0
Exactement. Et pareil, quand elles ont une belle action entre elles, par exemple, la grande qui va aider la petite, ou la petite qui va aller faire un câlin à la grande quand elle voit que la grande est un peu triste. Elle dit « Oh, vous êtes tellement belles ! » En fait, toi,
- Speaker #1
tu as fait en sorte, j'ai l'impression, d'associer le mot beauté à autre chose. Ça bug un peu dans mon esprit tellement on n'a pas l'habitude, je te jure. C'est ça. Comment tu peux... Tu vois, j'ai l'impression, est-ce que ça ne peut pas sonner faux de dire à sa fille, alors qu'elle est toute transpirante, qu'elle est belle, tu vois ? Et en fait, tu les as presque conditionnées à voir les choses sous cet angle-là, j'ai l'impression.
- Speaker #0
Tout à fait. Et c'est vraiment une volonté. Et en réalité, ça correspond beaucoup plus à la réalité. Est-ce que quelqu'un est beau quand il est totalement figé avec un maquillage et en essayant de ne pas trop bouger les... Parce que sinon, ça fait des plis sur le fond. Est-ce que vraiment on est beau dans ces cas-là ? Je ne suis pas si sûre. Et pour être tout à fait honnête, ce n'est pas un critère que j'ai moi. Quand je vois un enfant à mon cours de basket ou des gens dans la rue, je vais trouver des personnes belles parce qu'elles vont dégager. Pas forcément sur des critères physiques. Et donc, c'est vraiment ce que j'essaye. Même quand on regarde des gens dans la rue, parfois on dit... elle est belle cette dame et qu'est-ce qui pour toi la rend belle t'as vu comme elle marche ah oui elle est pas sur son téléphone c'est vrai qu'elle a l'air vraiment épanouie c'est pour ça qu'elle est belle c'est vraiment un sujet qui peut être un vrai sujet de discussion ce qui suppose de pas faire la commère au café pas critiquer les autres femmes sur leur apparence et ça me gêne pas du tout de pouvoir dire tu as vu comme cette femme est bien maquillée Bien sûr, ça fait partie des choses aussi. De pouvoir mettre en valeur son corps, c'est aussi tout un art.
- Speaker #1
Est-ce que tu me disais que tu ne les empêchais pas pour autant de mettre du maquillage, des robes ?
- Speaker #0
Pas du tout. Chez nous, ça dépend vraiment des familles, mais chez nous, le jeu qui a le plus fonctionné vraiment, pour toutes mes filles et depuis toutes petites, c'est les déguisements. et donc des robes de princesse avec des paillettes et des accessoires, alors là il y en a vraiment beaucoup, il n'y en a plus que de poupées et de peluches et donc elles aiment ça, elles aiment se faire belle, mais ça reste quelque chose qui est c'est pas l'unique critère, c'est à dire que pour moi c'est important qu'elles puissent en tant que femmes après, si elles veulent s'apprêter et se maquiller et elles le font pour sortir les plus grandes sans aucun problème C'est aussi beau à voir, ça, le fait de savoir jouer avec ses codes. Mais elles peuvent aussi sortir dans la rue avec directement le jogging et les crocs. Et elles sont très à l'aise comme ça et elles ne se sentent pas moches dans ces circonstances. Et pour moi,
- Speaker #1
c'est ça l'important. J'ai encore du mal, tu vas voir. Mais moi, j'ai vraiment le truc de me dire si ma fille... Alors, j'ai prévu d'ailleurs de lui acheter des déguisements de princesse, mais avec aussi des déguisements de docteur, de ceci, de cela. Mais je me dis, si... Si elle joue souvent à la princesse, à se sentir belle, je n'arrive pas à voir comment après, justement, ça ne va pas l'impacter à voir la beauté comme un critère important. Enfin, tu vois, vas-y. Il faut que tu m'expliques plus encore.
- Speaker #0
Pour moi, l'important, c'est de pouvoir trouver la beauté partout. Un ciel magnifique, c'est beau. Donc, quelque chose de 100% naturel, c'est beau. On traverse un parc tous les jours pour aller à l'école. Parfois, il y a une lumière magnifique. « Regarde comme c'est beau ! » Et la beauté, c'est plus dans l'impression qu'on va avoir, que ça va nous apaiser, ça va nous grandir. La beauté, c'est vraiment quelque chose, c'est une émotion qui élève. Et on peut ressentir cette émotion qui élève, ressentir cette brillance sur des critères qui ne sont pas… pas figées en fonction des injonctions de la société. Et c'est vraiment vers là que je veux les emmener, et très clairement, ça fonctionne. Vraiment, ça fonctionne. Ça ne veut pas dire qu'à partir du moment où une femme est apprêtée, elle est moche. Je veux absolument faire, je fais très attention à ça, que mes filles ne finissent pas par avoir des réactions putophobes, par exemple. Vraiment, non. Et je trouve ça important qu'elles puissent jouer avec tous ces codes sans se sentir enfermées. Pour moi, le plus important, c'est la liberté. Elles veulent se maquiller, elles se maquillent. Mais elles ne sont pas enfermées en avoir besoin chaque jour. Et là où on sent qu'on a réussi, c'est quand ma grand-mère me dit « Tu te rends compte, ma copine, elle se réveille tous les jours à 6h pour aller prendre son bus. » Et pourquoi elle se réveille 3 quarts d'heure avant ? Parce qu'il faut qu'elle se lisse les cheveux et qu'elle se maquille. Mais elle perd 3 quarts d'heure de sommeil par jour pour ça. Vraiment, ça leur paraît hallucinant. Vraiment. Autant elles aiment s'apprêter, autant ce n'est pas… Ce qui va guider leur choix et leur façon de se considérer elle-même dans la vie.
- Speaker #1
Oui. Et donc,
- Speaker #0
elles se sentent belles quelles que soient les circonstances.
- Speaker #1
Parce que tu leur as aussi appris à choisir leurs vêtements en fonction aussi du contexte, de la situation, à peut-être opter pour des vêtements confort, c'est ça ? Tu me disais aussi ?
- Speaker #0
Alors ça, j'ai toujours fait très attention, petite. C'est aussi en ayant été sensibilisée quand je les ai emmenées à la crèche par le fait que les vêtements de filles emprisonnent les mouvements des filles et les limitent beaucoup. Quand on marche à quatre pattes et qu'on a une petite robe, on se prend les genoux dans la petite robe, on va tomber sur le visage, on va perdre confiance en soi. Quand on a des petites chaussures qui ne nous tiennent pas bien au pied quand on a 3-4 ans, en fait, on ne peut pas grimper comme les garçons. Quand on a une robe ou une jupe, on peut difficilement escalader les arbres, les agrés, etc. Et donc, j'ai toujours vraiment expliqué à mes filles, une activité et une météo correspondent à des vêtements. Donc, on met les grandes robes à froufrou, les belles tenues à la maison, quand on loue, au bal, quand on se déguise. Et donc, elles s'en sont rassasiées, ce qui permet de, quand on va à l'école, déjà, je ne mets pas de robe et de jupe longue dans les vêtements à portée de main, comme ça, au moins, c'est plié. et puis elles ont des vêtements qui sont normalement on doit pouvoir faire du sport tous les jours à l'école donc on a des habits forcément compatibles des chaussures compatibles et c'est aussi notamment des institutrices qui m'ont sensibilisé à ça en disant mais regardez là-bas cette petite fille elle peut pas courir, elle peut pas grimper parce qu'il y a des chaussures qui tiennent pas aux pieds donc ça pour moi c'est vraiment important pour que les enfants se sentent bien dans leur corps pour que les filles se sentent bien dans leur corps C'est important qu'elles aient des vêtements dont le critère principal n'est pas la beauté. Ça n'empêche pas qu'il y ait des paillettes sur le t-shirt et qu'il y a un legging rose à froufrou sous une jupe courte. Ce n'est pas un souci, ça. Mais en revanche, ça ne peut pas être le premier critère. Parce que sinon, ça les limite beaucoup trop. Et donc, c'est toujours ce petit équilibre entre leur permettre d'avoir des habits qui leur plaisent et qui leur permettent d'être bien en société. quand même, qui leur permettent aussi de pouvoir explorer tout ce dont leur corps a besoin. Et d'ailleurs, en fonction des enfants, il faut savoir s'y adapter. Mon aînée, elle était beaucoup moins attachée à ses vêtements à partir du moment. Alors, il fallait toujours qu'elle soit confort dedans et surtout pas trop chaud. Elle disait, bon, je vais prendre un pull parce que ma maîtresse a froid. Mais voilà, pour elle, c'était vraiment, le confort était important. Ma deuxième, elle a toujours eu une idée très précise de ce qu'elle voulait. Donc elle dé faisait les paires de chaussettes pour mettre une très longue chaussette rose à un pied, une toute petite soquette bleue à l'autre. Elle avait montré ça à la maîtresse, elle a vu maîtresse quand je suis belle, et puis elle avait un t-shirt à carreaux, une jupe à poids, un pantalon et rayures. Et je ne me voyais absolument pas lui dire, non mais ce n'est pas possible, les chaussettes ça va par paire. Et puis forcément avec son regard d'enfant, pourquoi ? Je n'ai pas de bonne réponse. C'est comme ça, ça n'a jamais été une réponse qui m'a satisfait quand j'étais enfant, et donc je ne peux pas m'en contenter quand je réponds à mes enfants. Et puis c'est rigolo d'ailleurs, parce qu'à l'institutrice, c'était formidable, elle m'a dit « oh, je vais quand même regarder si elle ne se fait pas embêter » . Et donc ma petite deuxième qui arrive et qui montre à ses copines comme elle est fière de sa tenue farfelue, et puis la maîtresse m'a raconté qu'il y a un enfant qui lui dit « mais c'est n'importe quoi » , et puis elle lui a répondu « oh, je me trouve tellement belle comme ça » . Elle ne peut pas être embêtée en fait. et c'est cette même demoiselle au CMA elle m'a demandé à lui couper les cheveux courts mais vraiment vraiment courts garçons et puis en sixième elle est arrivée avec la moitié de la tête rasée donc en fait elle se relaisse pousser les cheveux elles ont un peu appris à définir leurs propres critères de beauté exactement c'est ça et donc ça les empêche pas de dire t'as vu comme je suis belle maman parce que ma
- Speaker #1
fille elle me dit ça maintenant elle me dit quand justement elle s'est mis un nouveau t-shirt un truc t'as vu comme je suis belle papa t'as vu comme je suis belle maman et j'ai toujours un peu peur je me dis ah mince ça y est tu vois alors qu'en fait non, il ne faut pas que j'ai peur de ça ah non,
- Speaker #0
au contraire, moi je trouve ça important qu'elles se sentent belles, et quand un enfant dit ça enfin elle me le dit souvent t'as vu maman, t'as vu belle, qu'elle soit petite ou grande ou ado maintenant t'as vu, regarde ma belle coiffure je me trouve trop belle, regarde mes cheveux sont incroyables et dans ces cas là ce que je réponds en général, c'est soit je décris ah oui tu as mis ta belle robe, ton motifur, tu t'es bien maquillée ou je réponds vraiment ce que je ressens, c'est à dire qu'est-ce que j'aime t'entendre te parler à toi comme ça.
- Speaker #1
J'adore.
- Speaker #0
Vraiment. Je veux dire, tu as un seul corps dans ta vie et je trouve ça formidable que tu te sentes bien dedans. Je te trouve lumineuse quand tu as confiance en toi comme ça. C'est un vrai bonheur. Vraiment. Donc, je le tourne autrement, en fait, et c'est vraiment plus ce que je ressens. Moi, j'aime que mes filles se sentent belles.
- Speaker #1
Oui. Tu ne vas pas leur dire « Ah oui, c'est vrai, tu es la plus belle petite fille du monde. »
- Speaker #0
Non. Et d'ailleurs, j'ai une anecdote rigolote là-dessus. Et... J'ai une cousine avec qui j'ai 20 ans d'écart. Et c'est un petit peu bébé miracle, arrivée sur le tard, et puis fille unique. Et donc sa maman, qui elle a beaucoup manqué de valorisation, disait toujours à sa fille, t'es la plus belle, t'es la plus belle. Cette petite fille arrive à l'école et les autres enfants se moquent d'elle et la rejettent en disant, arrête de croire que t'es la plus belle, de te prendre pour la plus belle. Et donc elle revient. en pleurant, et c'était un moment où je la gardais beaucoup parce qu'elle était en galère de nous. On m'a dit, mais c'est pas de ma faute si je suis la plus belle. Et cet enfant, du coup, d'avoir été tellement valorisé en ayant « mais tu es belle, tu es la plus belle, etc. » , ne comprenait pas que pour les enfants, pour les autres, ce soit pas la même réalité que pour les parents.
- Speaker #1
C'est la deuxième fois qu'on raconte une anecdote similaire. Je l'avais partagée sur mon compte, ça a fait un million de vues. Donc je vais partager la tienne pour avoir un autre million de vues.
- Speaker #0
on n'a pas l'impression que ça peut avoir un impact comme ça donc c'est chouette que tu puisses en reparler mais c'est dingue c'est important que les enfants puissent à la fois se sentir beaux et puis à la fois trouver d'autres enfants beaux, d'autres gens beaux sans que ce soit le fait de s'apprêter en fonction des critères majoritaires, des injonctions actuelles il ne faut pas que ce soit ça le critère unique, par exemple on peut trouver très beau un petit garçon qui est juste... en train de sauter dans les flaques et de s'amuser, d'éclater de rire. Regarde comme il est beau ce petit garçon, il respire la joie de vivre. La beauté, pour moi, c'est vraiment quelque chose qui élève. Et je suis ravie que mes filles se sentent belles. Mais ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas répondre à des injonctions sociétales qui fait qu'on est beau, qu'on rayonne vers l'extérieur et que les gens vont nous trouver beaux.
- Speaker #1
Ça va, j'ai mieux compris. J'ai trop envie de me mettre en action pour Rose. Autre sujet intéressant aussi, c'est que tu me disais que tu avais, toujours autour du corps, que tu avais eu très tôt des conversations autour du corps, de la sexualité. J'ai l'impression qu'il n'y avait pas trop de sujets tabous non plus chez toi. Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus ?
- Speaker #0
Alors, pour le coup, j'avais vraiment identifié que la lutte contre la pédocriminalité, ce n'était pas un petit sujet. Et que la majorité des enfants victimes, c'est avant l'âge verbal. Donc avant qu'ils se mettent à parler. Donc vraiment, on commençait très très tôt. Et pour ça, une des choses les plus simples, c'est vraiment le rapport au corps, leur rapport à leur propre corps et à ce que les adultes ont le droit de faire. Et c'est très facile quand on commence tout petit, dès la maternité, les premières selles, le méconium qui colle partout, j'ai pu dire à mon aîné, je suis désolée ma petite chérie, il y en a un petit peu du côté qui est rentré dans le vagin, je sais que ce n'est pas très agréable, mais il va quand même falloir que je nettoie cet endroit-là. Et je nettoie avec un coton, je fais tout doucement, etc. Donc déjà utiliser des mots très précis, anatomiques. pour parler du corps. On ne cache pas derrière au foufou, nos petites fleurs, j'entends pas trop de trucs. Et donc, on parle de manière tout à fait normale. Pareil, forcément, notre tout petit bébé, notre nourrisson, on lui fait des bisous, nos enfants ont envie de leur faire des bisous. Assez vite, on fait un bisou et on voit si l'enfant, il en fait encore. Encore un bisou ? Et on pose la question, même si au début, l'enfant n'est pas capable de répondre. Et très vite, on va arriver avec le langage des signes. Donc là, ça commence très vite. À neuf mois, ils sont déjà capables de faire encore Ça va très vite. On fait des petits bisous et on fait le geste encore. L'enfant va faire oui ou non. On continue les petits bisous. Pareil pour les petits guilis, les petites chatouilles. Les enfants sont très vite capables de dire encore avec le langage, avec les mains, avant de pouvoir le dire réellement. Parfois, ils vont pouvoir réclamer des bisous ou des chatouilles quand ils sont plus grands. À ce moment-là, ça va être l'adulte qui va dire. Je n'ai pas trop envie. Est-ce que ça te va si on fait ça plus tard ? C'est important aussi au début pour le tout petit. Ils ont du mal à vivre ce qu'ils peuvent vivre comme un rejet, le fait que les parents mettent un petit peu de distance, n'ont pas envie d'être collés, etc. À partir du moment où il commence à verbaliser, il dit « Tu sais, tu m'as dit non tout à l'heure. » Là, c'est moi qui te dis non maintenant, mais gentiment, vraiment sans rejeter, juste pour créer une petite distance de quelques minutes. Puis ça y est, c'est bon, j'ai fini mon bon verre d'eau. Maintenant, je suis prête pour un petit câlin. et très vite introduire le fait qu'on est d'accord et on n'est pas d'accord sur le fait qu'on touche son corps et qu'est-ce qu'on a le droit de faire et là cette simple éducation au consentement, j'en ai vu les bénéfices mais mon aînée elle avait fait peut-être 3-4 ans quand elle a regardé pour la première fois je ne sais plus si c'était la belle au beau dormant ou Blanche Neige mais en tout cas un prince qui fait un bisou à une princesse et je me souviens d'elle avec ses petites couettes son Petit point levé, on disait, si un garçon me fait un bisou quand je fais dodo, je lui mène un coup de poing. Meilleure réponse du monde.
- Speaker #1
Donc aujourd'hui, je pense qu'en tant qu'ado, c'est aussi forcément des réflexes qui vont la protéger.
- Speaker #0
Tout à fait. Et pour faire ça, une des choses que j'ai trouvées le plus facile et le plus efficace, c'était vraiment de faire le tri dans ce que mes enfants voient. C'est-à-dire que chez nous, il n'y avait pas la télé avant qu'il y ait des enfants. Je ne vais pas jeter une quand elles sont arrivées pour faire nounou. donc il y avait assez peu d'écran et du coup les moments où on regardait des films c'était sur l'ordinateur ou avec le vidéoprojecteur et je choisissais ce que j'en montrais j'ai toujours préféré montrer des Ghibli où le rapport au corps est beaucoup plus sain les dessins sont beaucoup plus naturels, beaucoup plus proches du corps naturel que les Disney et donc en fait elles les ont découvert que en gros pour moi c'était contrainte et forcée quand elles allaient chez les copines et qu'elles les voyaient Et du coup, en général, on les revoyait à la maison et on en parle. Et je me souviens qu'on a été chez des amis qui ont mis ce dessin animé. Et alors, la réaction de ma petite, j'ai trouvé ça génial. Parce que pour elle, elle ne voit pas ça du tout comme quelque chose de romantique. Les autres enfants, elle la regardait en disant, ne comprenons pas qu'on puisse trouver ça pas romantique. Parce que les adultes autour montrent que ça, oh, c'est tellement beau le baiser du prince. Ben non, c'est pas beau. Quand on dort, c'est pas beau.
- Speaker #1
Ouais, donc tu les as... Donc, éduquer au consentement dès le plus jeune âge, tu as beaucoup communiqué autour de ces sujets-là, et notamment quand elles étaient confrontées à ces Disney-là.
- Speaker #0
En fait, les enfants ont très envie d'en discuter, ils sont très contents d'en discuter, et le plus simple, c'est souvent de poser la question. Qu'est-ce que tu en penses, toi, de ce dessin, de cette action, de ce personnage ? Ça marche très bien, les enfants sont ravis d'en discuter en général.
- Speaker #1
Oui, justement, tu as beaucoup communiqué et partagé des connaissances. avec tes filles, des études, etc. Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus sur comment tu t'y prends par rapport à ça ?
- Speaker #0
Clairement, pour moi, le savoir, c'est le pouvoir. Et donc, plus on a connaissance de la physiologie, de ce que les adultes ont le droit de faire ou pas, de la société, comment fonctionne la société. Oui, dans la société, les femmes, on leur impose très souvent d'être jolies, mais les femmes ne veulent plus de ça maintenant. Avant, tu vois, quand moi je suis née, ma maman, elle ne pouvait pas avoir un compte en banque à elle toute seule. Elle s'encarnait de chèques à elle toute seule. Maintenant, moi, je peux. Voilà, donc expliquer des choses en plus très, très récentes, parce que c'est mine de rien, les derniers acquis des femmes sont très, très récents. Exactement comme il n'y a pas si longtemps, on avait le droit de taper les enfants. Maintenant, on n'a plus le droit. Donc, le savoir, c'est le pouvoir. Et c'est pour ça que j'ai toujours voulu beaucoup leur aider. expliquer, sachant que c'est...
- Speaker #1
Et toujours sur les conversations, par rapport au corps, aux normes de beauté, il me semblait que tu m'avais donné un exemple aussi d'une copine de ta fille qui commençait à avoir des troubles alimentaires, quelque chose comme ça. Et là, pareil, il me semble que les conversations jouent un rôle important pour toi.
- Speaker #0
C'est très important. Là, ça va un petit peu avec la façon dont on gère les écrans, la relation au réseau, etc. Il n'y a pas de... Mes filles n'ont pas de téléphone au collège. Mon aînée l'a eu en troisième. Je pense qu'on fera peut-être pareil pour ma deuxième. C'est elle qui l'a demandé parce qu'un copain voulait lui en offrir un pour son anniversaire. Elle était très raisonnable. Elle me semblait assez mature, mais elle continue à avoir un lien second. Elle a toujours la surveillance contre-parentale. On y tient. Et pour les autres, et puis plus jeunes, c'est sur mon téléphone que ça se passe. Donc, c'est un contrat moral entre mes filles et moi. Je ne vais pas voir leurs conversations. En revanche, les notifications s'affichent. Et donc, si jamais il y avait 283 messages avec des insultes, je tilterais quand même. Et il y a un message qui me paraît un peu curieux. Et du coup, je vois avec mon nez, comment elle va, ta copine ? Elle me dit, écoute, ça tombe bien que tu en parles, parce que ça m'embête un peu. Elle a eu un malaise en sport parce qu'elle ne mange pas assez, parce qu'elle se trouve trop grosse. Et donc, on a pu en discuter. Elle a fait attention parce que la copine va la soeur alimenter comme il faut. Et la copine sont très très fans des animés, des mangas, etc. où les personnages sont vraiment extrêmement fins. Et elles ont exploré le fait que dans ces pays-là, il y avait une pression énorme sur les Japonais pour être très très fins. Il y avait énormément de troubles alimentaires. Que même en ayant une constitution un petit peu favorable chez eux par rapport à ce qu'ils pouvaient y avoir chez nous, c'était dramatique et que eux-mêmes là-bas commençaient à... prendre des décisions pour essayer de lutter contre ce fléau, etc. Donc, la campagne a l'air d'avoir compris. Mais j'ai trouvé ça chouette de se rendre compte que mes filles sont alertes là-dessus. On parle du fait que la taille moyenne c'est plutôt 42-44 et évidemment, c'est jamais ce qu'on nous montre. Je leur dis, pourquoi à votre avis ? Et puis, la réponse, c'est que c'est ça qui fait vendre. Si on nous représentait comme norme la réalité, ça ferait moins vendre de produits minceurs, ça ferait moins vendre de pilules anticellulites, ça ferait moins vendre de crèmes miracle, ça ferait moins vendre de programmes pour maigrir, avoir le summer body avant l'été, etc. Donc, c'est juste fait pour nous créer des complexes. L'objectif, c'est que nous ayons des complexes pour que nous devions des consommateurs. Et donc, ce n'est pas fait pour nous.
- Speaker #1
J'ai l'impression que finalement tu as martelé ce message régulièrement qui fait prétexte à rappeler ça parce qu'à mon avis on peut quand même vite tomber de l'autre côté et j'ai l'impression aussi que moi quand j'étais jeune et que je pouvais avoir des complexes je ramenais toujours au fait que c'était moi le problème c'est moi qui n'arrive pas à être mince c'est moi j'avais pas encore cette conscience Merci. Je l'ai eu plus tard, mais c'était trop tard. C'est-à-dire que quand tu... Ça fait déjà une dizaine d'années que tu essayes de maigrir. Quand tu commences enfin à comprendre que c'est juste le système patriarcal et capitaliste qui est derrière tout ça, c'est déjà tellement ancré en toi que c'est un peu tard. Peut-être que d'ici rapidement, tu as conscience de ça et qu'en fait, ce n'est pas à toi le problème. Et qu'en plus, tu as une maman qui t'a transmis que la beauté, c'était... dans plein de choses et pas forcément ce qu'on voulait imposer, ça fait le job.
- Speaker #0
Oui, en fait, c'est pas... Martelé, c'était un peu fort parce que je veux pas labourer le mot non plus. Il faut faire attention avec ça de pas être dans l'excès parce qu'on se le prend dans les moments de crise, d'un peu d'opposition, on peut se le prendre en retour de boomerang assez violemment. Et donc l'idée, c'est pas d'être dans l'excès, mais par contre, on peut rebondir sur plein de choses au quotidien. Un truc tout simple, pendant les JO, mais la diversité des corps ! les athlètes, hommes comme femmes, mais on avait des personnes extrêmement massives, comme d'autres qui sont extrêmement fines et élancées. Et ce sont toutes des athlètes de haut niveau. Il n'y a pas de hiérarchie entre quelqu'un qui va être championne de judo et quelqu'un qui va être championne de trail, enfin à un moment donné. Et c'est intéressant de se dire, tous les corps existent, ils sont tous différents, et ça leur donne des compétences différentes. C'est sûr qu'il n'y a pas l'un... mieux que l'autre, c'est juste des personnes extraordinaires, elles sont toutes et souvent je fais aussi attention à bien montrer qu'être puissant être puissante pour une femme c'est quelque chose de valorisant quand elle porte quelque chose oh t'es forte ma chérie, bravo c'est aussi des choses qu'il faut apprendre aux filles qu'elles peuvent développer des compétences autres que juste être jolie être forte c'est important, être débrouillarde c'est important être autonome, être joyeuse être Merci. habile, avoir de l'équilibre, avoir de l'endurance, tout un tas d'autres capacités physiques qui sont vraiment très importantes. C'est important qu'elles puissent voir leur corps comme autre chose qu'un support de beauté. C'est d'abord un support de vie, un support pour bouger, un support pour créer, un support pour agir, un support pour s'amuser, un support... Et pas juste que le corps soit le support. On n'est pas des portementaux concrètement. Justement,
- Speaker #1
il y a des phrases comme ça que tu leur as aussi transmises, des petites punchlines et qu'elles répètent. Tu en as quelques-unes ?
- Speaker #0
Ah oui, alors on n'est pas des objets de déco, ça je ne sais pas combien de fois je l'ai dit, mais c'est vraiment quelque chose qui revient souvent. On n'est pas départementaux, c'est les habits qui doivent nous aller, ce n'est pas nous qui doivent rentrer dans des habits qui nous font mal, qui sont inconfortables, on n'est pas censé avoir mal aux pieds dans nos chaussures, non. Voilà, mon corps, c'est pas tripadvisor, personne n'a à faire des commentaires dessus. C'est d'argent. Vraiment, personne n'a à faire des commentaires. Ce qui veut dire que soit en tant que parent, on n'est pas censé faire des commentaires non plus. sur les corps des autres. Et quand ça vient dans la conversation entre copines et qu'il y a mes filles autour, j'essaie toujours de dévier la conversation. Ça, c'est quelque chose que j'ai trouvé formidable dans le fait d'essayer de conscientiser mon éducation à mes filles. C'est que ça m'a obligée, moi, à complètement modifier ma façon de parler et ma façon d'être. Ma façon de me parler à moi et de parler de mon corps. Mais ça, c'est primordial aussi.
- Speaker #1
Parce que ça, c'était quelque chose que tu n'avais pas forcément déconstruit avant. Tu as dû déconstruire au fur et à mesure.
- Speaker #0
Oui, c'est un peu au fur et à mesure. Quand on est en post-partum, qu'on a encore un gros bide flasque là, alors qu'avant, on avait un ventre si tendu avec notre bébé dedans, franchement, parfois, on se regarde, on est déprimé. Ça peut arriver d'avoir le réflexe de tenir la couenne. Et puis, ça, quand je me rends compte qu'une de mes filles me regarde quand je fais ce geste-là, je dis, tu te rends compte que là-dedans, il y avait un bide. bébé, mon ventre a créé la vie, plutôt que me dire, oh là là, qu'est-ce que j'ai encore tous ces apparements ? Et ça aussi, c'est important, la façon dont on se parle. Par exemple, ça arrive que quand mes filles me disent, je suis belle, c'est normal, t'as vu ta mère ? Badass de mère en fille ! Et je me dis, même en train, normal, on est badass, nous, dans la famille. Donc le fait de se dire ça aussi et pas de se le dire seulement au moment où nous-mêmes on est arrêtés. Et ça m'a dit très longtemps, ma petite, elle a 8 ans, j'ai arrivé à prendre mon gros bidon encore tout mou là. Ah bah dis donc maman, t'as encore des réserves et tout ça. Elle me dit, eh ouais, t'as vu comme je suis puissante. Tu te rends compte comme mon corps est puissant, comme mon ventre est puissant. Tu te rends compte que c'est grâce à ce ventre-là que toi tu es là. Et c'est une chance tellement extraordinaire d'être avec toi, ma chère Inarit. Et du coup, parler avec douceur de son corps.
- Speaker #1
Et alors du coup, aujourd'hui, quand tu regardes tes filles, tu as commencé à dire, mais qu'est-ce qui te fait dire qu'elles sont bien dans leur peau ? C'est quoi peut-être la chose ? Oui,
- Speaker #0
oui. Le grand basique, c'est le fait d'observer leur comportement vis-à-vis d'elles-mêmes et vis-à-vis des autres. Donc le fait de se dire, mais les poids, ça n'a rien à faire. L'acné, gros sujet, l'acné, quand on est ado. Et ça s'est arrivé. Il y a encore l'autre abruti qui m'a traité de calculette et je lui ai répondu ceci, cela. Elles peuvent se faire moquer par leur acné. Ça m'est arrivé de leur dire qu'est-ce que tu en penses ? Est-ce que tu souhaites qu'on prenne un rendez-vous chez le Dématode, qu'on essaye de voir ? Sachant que, c'est dit, il n'y a pas de remède miracle. Elle dit on sait que ça va passer, on s'en fiche, toi tu n'en as plus. C'est comme ça. En plus, ceux qui le disent, ce n'est pas parce qu'on en a le moins. Ce n'est pas parce qu'ils sont complexés qu'ils viennent me critiquer là-dessus. On s'en fout. Je vois que ça glisse vraiment assez facilement. Et si jamais elles peuvent avoir des petits complexes, il y a ma troisième qui trouvait qu'elle avait les oreilles légèrement décollées. Et pendant un temps, je voyais que ça les complexait parce qu'elle plaquait ses cheveux. Toujours sur le dessus des oreilles pour qu'on ne les voit pas. Et maintenant, elle va se faire le plaquage où on voit beaucoup ses oreilles. Donc c'est là qu'on voit que ça ne dure pas. Et c'est ça, c'est effectivement certainement un sujet... que j'adresserais avec elle si jamais je voyais qu'elle avait un complet qui s'installe durablement. Mais pour l'instant, ça n'a jamais été le cas, aussi parce qu'on valorise autre chose. Et je pense qu'il y a aussi quelque chose d'important en tant que parent, vraiment, je pense qu'avoir différents milieux. Donc, elles font des activités et malheureusement, il y a de plus en plus de... Les filles, en général... diminuent les activités au collège et les arrêtent quand elles arrivent au lycée, grave erreur. Vraiment grave erreur. Parce que si jamais ça ne va pas trop bien au lycée, il y a à côté la danse, il y a à côté la musique, il y a à côté le cirque, il y a à côté le sport, il y a à côté les copines, pouvoir sortir avec les copines, il y a à côté la famille, il y a à côté... Voilà, si ça ne va pas dans un domaine, il y a tous les autres domaines où elles sont valorisées. Parce que ça arrive qu'il y a des moments où ça ne va pas. Ma deuxième, elle a beaucoup été, et même encore maintenant, dans des classes pas agréables, quoi. Vraiment. Des classes pénibles. Mais à côté de ça, Elle dessine, elle fait du cirque, elle est excellente au basket, elle sort avec les copines, elle fait plein de choses. Et donc, en fait, oui, il y a des moments en classe où ce n'est pas très agréable, mais il n'y a pas que ça. Ce n'est pas son unique univers. Et je trouve que pour les enfants, essayer de créer un village, essayer surtout de diversifier leurs relations, ça leur évite d'être enfermés dans des relations toxiques, en fait, parce que très, très vite, il ne faut pas se leurrer. L'influence des pères, P-A-I-R, ils sont le plan. ça va les influencer forcément par rapport à ce que nous on peut dire et le fait qu'elles aient beaucoup d'autres choses qui peuvent les rassurer sur bah oui là dans ta classe t'as quelqu'un qui est vraiment très focalisé sur le fait que t'es trop grande mais ailleurs non quoi au basket tout le monde s'en fout au contraire le fait que tu sois grande c'est vachement bien moi j'ai été très très longtemps la plus grande et moquée pour ça donc voilà c'est important d'être valorisé pour cette même chose ailleurs
- Speaker #1
Ça leur arrive de te dire quand elles ne vont pas bien. Oui.
- Speaker #0
Hier, ma grande est sortie en pleurant de son match. Elle avait fait 5 minutes de match de basket. Parce qu'elle a été nulle. Et puis, du coup, tout de suite, j'essaie d'évaluer sur une échelle. OK. Déjà, où est-ce que tu en es de ton cycle ? Je reviens avec la semaine prochaine. OK. Tu te souviens ? SPM, pas de panique.
- Speaker #1
Ah oui, je dirais que tu leur transmets aussi là-dessus.
- Speaker #0
Ah bah bien sûr. Bah oui, mais moi je le dis, quand je suis en SPM, je dis alors là, je vais avoir mes règles la semaine prochaine. Ce n'est pas le moment. Voilà, il faut essayer de être transparent. On est quand même quatre menstrués sur les cinq femmes de la famille. Il y a quand même intérêt à ce qu'on sache. Voilà.
- Speaker #1
C'est vrai qu'on n'en a pas encore parlé, mais tu l'auras aussi très tôt appris. à traverser leurs émotions, ça, ça aide aussi dans le rapport au corps.
- Speaker #0
Dans le rapport au corps, c'est fondamental. Déjà, ça permet de comprendre aussi ce qui se passe dans son corps. Comprendre son corps, comment fonctionne son corps. C'est super important. Quelles sont les sensations qu'on a quand on est en colère ? Parfois, chez d'une, ça va surtout être la mâchoire. D'autre, ça va sortir comme s'il y avait un feu intérieur. D'autre, ça va être les poings qui se serrent. On est tous différents. Donc, c'est important de reconnaître ça. Et surtout, de savoir qu'on a du pouvoir pour ressentir telle ou telle émotion. Là, tu as ressenti ça. Qu'est-ce que tu aurais aimé ressentir à la place ? Comment tu peux faire pour modifier ça ? Contrairement à ce qu'on a souvent tendance à croire, c'est nos pensées qui créent nos émotions, et pas l'inverse. C'est un truc que je dis souvent aux élèves que je peux avoir en classe. Imaginez un tas de Lego au milieu d'une pièce. Un enfant arrive. Quelles vont être ses émotions ? L'enthousiasme, la joie. Un adulte arrive dans la pièce. Quel va être son ressenti ? Oh, énervé qu'il y ait du bazar partout, de la colère devant tout ranger, une personne âgée qui a du mal à marcher, qu'est-ce qu'elle va ressentir en arrivant dans la même pièce ? Ah ben elle va avoir peur. Vous vous rendez bien compte que ça peut être une même personne qui a différents âges de la vie, dans différentes situations, va ressentir toutes ces émotions pour la même chose d'être égo par terre dans une pièce. Donc ce sont nos pensées sur la situation qui créent l'émotion, et c'est pas l'inverse. Et donc personne ne peut vous énerver, c'est impossible. Vous décidez de vous énerver. Et ça peut être important. Moi, j'en dis, je veux continuer à être en colère quand je vois qu'il y a un enfant qui se fait taper dessus, quand j'assiste à des injustices. Je veux continuer à être en colère. Je ne veux pas que ça glisse sur moi, hors de question. C'est mon choix. Moi, je veux être en colère si quelqu'un me met une main aux fesses. Vraiment, je veux être en colère. Je veux pouvoir réagir. En revanche, je veux que quand elles font une crise, une crise émotionnelle, je veux être zen avec ça. Ça m'a appris à penser autrement, donc à vivre leurs émotions différemment, pour les aider à réguler leurs émotions, puis pour leur apprendre à les vivre différemment.
- Speaker #1
Et tu trouves qu'aujourd'hui, c'est aussi quelque chose qu'elles vivent mieux que peut-être d'autres ados, leurs émotions ? C'est un âge où ça explose aussi.
- Speaker #0
Ah oui, tellement ! Mais un truc tout bête, est-ce qu'elles peuvent sortir ou pas ? Et puis quand on va les chercher, est-ce que je mets une demi-heure à les récupérer, ou est-ce que c'est instantané ? Ça, vraiment, ça se joue petit. On va au parc, il faut que j'en demande 50 fois de partir et on part en braillant. Sur le moment, parfois, c'est difficile. Une fois que la tempête est partie, c'est compliqué. Mais petit peu à petit peu, au début, j'étais vraiment très en échec avec ma grande qui était, on l'appelait colérique à l'époque, je ne le vis plus comme ça maintenant, mais c'était l'image qu'elle avait, l'étiquette qu'on lui collait sur le front. J'ai appris déjà à prévenir avant, déjà dire à l'avance, on va rester tant de temps. Point, parce qu'après, etc. À dire, au lieu de dire, allez, on y va, prévenir un peu à l'avance. Qu'est-ce que tu veux faire en dernier ? Qu'est-ce que tu as envie de faire avant ? Parce que là, avant de partir, parce que là, on part dans sa maison. J'ai perdu tout le moment. Eh bien, j'ai perdu tout le moment. Donc ça, c'est quand on est petit, on peut faire ça. Et puis après, apprendre, leur apprendre à, une fois qu'ils sont en colère, une fois que la colère est sortie, en disant, OK, moi, par contre, si à chaque fois qu'on s'en va du parc, on perd une demi-heure. et que toi, tu vis une émotion négative, tu es triste, tu es en colère pendant une demi-heure, quel est l'intérêt d'aller passer trois quarts d'heure au parc ? Donc, en fait, je te propose qu'on n'y aille plus. Ah ben non ! Ah ben oui, mais tu as passé trois quarts d'heure joyeuse, puis après, trois quarts d'heure à pleurer, ça ne va pas. Ah ben non, ce n'est pas ce que je veux. Ok, donc du coup, tu ressens de la frustration, mais tu es bien d'accord que plus tu fais monter cette vague de ce n'est pas juste, tu es dans tes pensées, tu nourris le loup noir. c'est pas juste, je voulais rester plus longtemps je m'amusais trop bien, plus tu vas faire monter ta vague de colère et plus toi tu vas vivre une grosse topette émotionnelle plus tu vas te dire, ah ouais c'est vrai on doit partir machin, mais c'est pas grave on revient demain,
- Speaker #1
la semaine prochaine etc oui bien sûr tu l'as appris à quel âge parce que le parc l'écrit toute petite, ça là ce que tu me dis et ça a marché assez vite ça a marché en fait sur tes étages alors ça marche,
- Speaker #0
ça marche, vite non à chaque fois non ça c'est sûr que non mais en revanche je vois bien la facilité que ça peut donner plus tard avec les tempêtes émotionnelles des ados en disant rappelle-toi l'émotion c'est une vague si tu nourris des pensées négatives qui vont nourrir l'émotion négative ça peut durer longtemps comme ça et
- Speaker #1
ce que tu voulais montrer c'est qu'aujourd'hui dans quelles circonstances tu retrouves ça quand elles sortent et que tu leur dis de ne pas rentrer trop tard c'est ça
- Speaker #0
C'est ça. là je vais les chercher maintenant oh non ! ça je ne l'ai pratiquement pas alors que je vois que d'autres parents galèrent à récupérer leurs enfants moi c'est on y va là maintenant ok je dis au revoir à tout le monde, j'arrive Je fais le tour, j'arrive. Ok, je dis au revoir et on y va. Elles ont appris que c'était normal de ressentir de la frustration.
- Speaker #1
Donc là, dans ce moment-là, elles vont ressentir de la frustration.
- Speaker #0
C'est ça. Elles vont ressentir ces émotions. C'est des émotions qu'elles connaissent.
- Speaker #1
Oui, c'est comme tout ado, quoi, à son part.
- Speaker #0
C'est ça. Elles avaient trop envie de rester. En plus, en ce moment, c'est le grand amour avec machin. Elles ont vraiment envie de rester. Oui, c'est de la grande frustration. mais elles savent que si elles nourrissent cette... cette émotion par leur pensée, ça va créer une crise dont les conséquences ça va être qu'on va moins reproduire cette situation donc elles ont beaucoup moins de chance que je fasse le trajet pour l'emmener à Tatawin pour voir le copain chéri et puis dans la voiture on peut dire je vais être très aimée, je vais rester plus longtemps qu'est-ce que t'as vraiment spécialement adoré et du coup pour que ça se reproduise et en plus ça permet à elles de connaître elles-mêmes ce qu'elles aiment, ce qu'elles ont envie de reproduire, ce qu'elles ont envie d'avoir plus souvent dans leur vie et ça c'est quand même chouette aussi parce que pouvoir parler, discuter avec elle des émotions, de comment se créent les émotions ça permet non seulement d'apprendre à les réguler mais ça permet aussi de savoir ce qu'on aime ce qui nous procure de la joie ce qui nous procure des émotions positives pour savoir, moi c'est ça que je veux dans ma vie et maman j'aimerais bien revoir cette copine ou refaire des fêtes comme ça parce que ça vraiment c'est génial, j'adore on peut s'organiser pour ça et donc ça vraiment ça se fait toute petite Merci.
- Speaker #1
On arrive doucement à la fin de cette interview, très riche. Avec le recul, parmi tout ce que tu as essayé, qu'est-ce que tu crois qui a le plus d'impact ?
- Speaker #0
Ce qui a le plus d'impact, franchement, c'est de commencer par me changer moi. Parce que mine de rien, une fois qu'on a conscientisé ce qu'on veut pour nos enfants et tout le chemin qu'il y a à parcourir, la première étape à faire, c'est soi-même. le travail qu'on va faire sur notre régulation de nos propres émotions, comment est-ce qu'on se parle à nous-mêmes, comment, voilà, typiquement concernant le corps humain, le corps des autres, on ne critique pas le corps des autres femmes, on parle avec douceur du sien, etc. Déjà, le changement commence par soi, on le dit souvent, mais le changement commence par soi. Et la deuxième chose, c'est quand même essayer de créer un village et de diversifier aussi les relations des enfants, que nos enfants aient un environnement suffisamment avec une grande diversité pour qu'elles puissent choisir leur propre voie. Parce qu'en fait, je n'essaie pas de devenir un mini-moi. Moi, c'est moi. Mes filles ne sont pas moi. Pour qu'elles puissent se sentir libres, il faut aussi à la fois mettre un cadre mais laisser ce cadre ouvert. Pour qu'elles puissent choisir leur voie.
- Speaker #1
Je pense qu'on va conclure là-dessus, parce que c'est un beau message. En tout cas, je te remercie beaucoup. C'était passionnant, très riche. Et voilà. Bravo encore une fois parce que tu as été un peu précurseur. Et là, tu es en train de nous montrer la voie, en tout cas, de nous encourager à suivre celle qu'on est en train de prendre. Donc voilà. Merci beaucoup, énormément. Et bravo à toi encore.
- Speaker #0
Merci beaucoup. C'était vraiment le sens de mon petit message, mon petit commentaire tout simple. C'était vraiment de dire aux mamans que je sens bien dans la difficulté que moi, j'ai eue il y a quelques années. Et moi, j'avais cette... chance d'avoir vécu en Allemagne, d'avoir vécu autre chose, donc de savoir où j'allais, de savoir le résultat que je voulais, d'avoir cet objectif, et je savais que c'était possible. Et je pense que c'est important pour les mamans qu'elles sachent que c'est petit, mais en fait, c'est vraiment un kiff. Après, tous les efforts qu'on fait avec nos enfants petits, et on récolte vraiment les graines quand elles sont plus grandes, et vraiment vivre avec des ados, comme j'ai, bien dans leur peau, je vous souhaite ça à toutes. Très bien, merci encore. À bientôt.