- Speaker #0
Hello et bienvenue dans Passage, le podcast qui libère les filles et leur maman. Moi c'est Alexandra, maman de Rose, une petite tornade de presque 2 ans et demi, à l'énergie débordante et au caractère bien trempé. Et tu sais quoi ? Même si ce n'est pas toujours de tout repos, savoir sortir ses... ses épines, c'est vraiment tout ce que je lui souhaite. Alors j'ai créé ce podcast, pour moi, et pour toutes les mamans qui veulent élever leur fille autrement. Pas sage, pas modèle, pas gentille à tout prix, mais confiante, libre d'être elle-même, et bien dans leur basket. Des petites filles qui savent, et sauront plus tard dire non. poser leurs limites, s'aimer telles qu'elles sont, qui n'auront pas peur d'essayer d'échouer et qui sauront se faire reconnaître à leur juste valeur. Alors ici, on va démonter les injonctions, les stéréotypes et tous ces vieux réflexes qu'on pensait normaux. Tu sais, les fameux « t'es pas belle quand tu fais la tête » . On va parler d'estime de soi, de confiance, de rapport au corps, aux émotions. On va parler de nos filles, mais aussi de nous. Parce qu'éduquer autrement, ça commence souvent par se libérer soi-même. Alors au fil des épisodes, je te partagerai des réflexions incarnées, des clés concrètes et des voix d'experts. et surtout, une bonne santé. une grande dose de soutien et de déculpabilisation. Parce que nous aussi, on mérite mieux qu'être sages. Alors, prête à bousculer les règles ? Bienvenue sur le podcast Passage, je suis ravie de t'avoir aujourd'hui avec nous. Alors je vais te laisser te présenter dans un instant, mais sans te tromper, puisque c'est comme ça que tu te présentes sur les réseaux sociaux, on peut dire aujourd'hui que tu es une pédagogue par le vivant et que tu invites les enfants et les parents du coup aussi à retrouver un peu ce lien essentiel avec la nature et tu organises concrètement des ateliers dans la nature pour les enfants. J'avais vraiment envie d'avoir ton expérience de terrain. et vraiment que tu puisses nous dire à quel point selon toi c'est important pour les enfants de sortir dehors et encore plus dans la nature et évidemment tu t'en doutes aussi en particulier pour le petit-fille toi qui es proche des enfants dans la nature à travers tes ateliers j'avais vraiment envie de savoir si toi tu voyais des différences entre les petits garçons et les petites filles dans leur manière d'aborder la nature de grimper, de se salir ou si au contraire la nature c'est un espace où tout ça, toutes ces différences s'effacent Ou bien encore, est-ce qu'on peut même se servir de la nature pour rééquilibrer un petit peu certaines choses entre les garçons et les petites filles ? Donc peut-être nourrir un peu plus d'empathie, de sensibilité chez les garçons, plus de prise de riz chez les petites filles. Donc voilà, tout plein de choses que j'avais envie de te poser comme question. Je te remercie vraiment beaucoup d'avoir accepté mon invitation.
- Speaker #1
Merci à toi pour l'invitation. Je suis ravie de passer ce moment avec toi et tu as plutôt bien résumé effectivement ce que je fais au quotidien.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous en dire peut-être un petit peu plus ? Et aussi, ce qui m'intéressait, c'était de savoir d'où vient ce lien que tu as à la nature. Est-ce que c'est quelque chose que toi, tu as reçu enfant ? Ou est-ce que c'est quelque chose que tu as redécouvert en étant maman ? D'où vient un peu cette initiative de ce projet ?
- Speaker #1
Alors oui, le lien à la nature, moi, il me vient de mon enfance, puisque j'ai passé toutes mes vacances scolaires, vraiment de mes zéros à mes 18 ans, chez mes grands-parents. en Auvergne, au fin fond du Cantal. Et la chance que j'ai eue, outre le fait qu'ils habitaient dans une maison avec un immense jardin, et moi j'ai des souvenirs où à 6-7 ans on partait à des kilomètres de la maison, dans un milieu très rural, à explorer tous ensemble. Et en plus de ça, ma grand-mère m'a transmis plein de connaissances, notamment sur la flore. Je passais beaucoup de temps au jardin avec elle. Et voilà, donc il y a quelques années, avant que ma fille ne naisse, j'étais déjà à me former à la pédagogie par la nature. Et après, tout ça s'est mis en place petit à petit.
- Speaker #0
Et alors du coup, qu'est-ce que tu ressens justement ? Qu'est-ce que tu perçois de l'impact que la nature peut avoir sur les enfants ? Pourquoi c'est si important selon toi ?
- Speaker #1
Déjà, pour moi, le premier... La première chose qui est positive, ce que va permettre l'extérieur, c'est une liberté de mouvement que les enfants n'ont pas en intérieur. En intérieur, il y a beaucoup de contraintes qui s'exercent sur les enfants, à la maison ou à l'école. Il y a plein d'études scientifiques qui montrent bien l'impact qu'a cette sédentarité sur notre santé, à la fois physique et psychique. Il y a un déficit de l'attention qui est très fort. qu'il y a un taux de maladie cardiaque qui est élevé. Il y a plein de conséquences. Il y a tout ce qui a trait aussi à la dépression, tout ça. Et l'autre intérêt que je trouve, c'est tout l'impact sur le bien-être psychique et toute la régulation émotionnelle que permet le contact en nature. Et là, c'est en tant que maman, quand on passe du temps dehors et qu'on rentre à la maison après, Généralement, on est sur une soirée qui est plutôt cool, plutôt calme. Elle arrive à exprimer ses besoins sans passer par ce fameux tunnel de l'enfer qu'on peut parfois rencontrer. Et à l'inverse, les soirs où on rentre direct, en fait, la décharge, elle se fait à la maison et c'est beaucoup plus violent pour elle et pour moi. Et donc là, pour moi, c'est un peu la démonstration quand même que l'extérieur a quelque chose de... a un impact très fort sur cette régulation émotionnelle et sur cet apaisement que permet l'extérieur et surtout la forêt.
- Speaker #0
Alors, est-ce que toi, dans tes ateliers ou même en dehors, est-ce que tu observes une différence entre les filles et les garçons dans leur manière d'aborder la nature, comme je disais tout à l'heure, peut-être de grimper, de salir, de prendre des risques ? Peut-être même aussi, je ne sais pas si dans tes ateliers, les parents sont là, et s'ils t'observent du coup des différences, là aussi. Ou voilà, est-ce qu'au contraire, quand tu accompagnes tes enfants dans la nature, les différences qu'on peut peut-être constater dans d'autres espaces, plus contraints justement, s'effacent ? En tant que pédagogue par la nature, sur les 0, 3, jusqu'à 4 ans pour certains enfants,
- Speaker #1
je ne vois pas de différence. Garçons, filles, ils crapahutent de la même façon, ils se salissent pareil, ils mènent de la terre dans la bouche pareil, ils jouent au même jeu. Il y a autant de garçons que de filles qui jouent à la cuisine debout. À partir de 4 ans, oui, il y a une différence quand les enfants arrivent pour la ou les premières fois en forêt, parce qu'il faut quand même que je... pose un contexte pour qu'on comprenne bien que je sois dans un accueil en extra-scolaire, c'est-à-dire le mercredi pendant les vacances scolaires, ou quand j'accueille des écoles ou des centres de loisirs, ce sont toujours des groupes que je vais accueillir pendant un certain nombre de séances. Et donc quand les enfants, en début d'année, quand je découvre des groupes d'enfants, souvent, ce que je vois c'est effectivement Des garçons qui souvent prennent beaucoup d'espace. Les garçons, ils font du bruit. D'ailleurs, le matin, quand ils arrivent en forêt, je les entends. Je ne les vois pas encore que je les entends. Tu sais, ils crient, ils sont là.
- Speaker #0
À partir de 4 ans, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, à peu près. À peu près 4-5 ans. Donc voilà, ils occupent quand même pas mal d'espace. On sait qu'ils sont là. Et puis, ils vont avoir tendance très vite à aller... investir un peu ce qu'il y a, toucher à tout. Moi, je fais toujours des propositions. Je mets en place deux, trois trucs suivant la thématique de l'atelier. Souvent, ils y foncent tout de suite. Alors que les filles vont être plus discrètes. Quand elles arrivent, par exemple, elles vont plutôt s'asseoir autour du feu et puis attendre que l'atelier commence. Et puis elles vont aussi se positionner souvent... comme des personnes plus responsables. Et c'est notamment flagrant dans les fratries. Quand il y a garçons et filles, très souvent les filles, qu'elles soient petites sœurs ou grandes sœurs, c'est elles qui vont dire « Mais arrête de faire ça à leurs frères ! » Alors que les garçons ne font pas avec les filles. Et donc ça, ça fait partie des choses que je peux observer. Dans les activités aussi, dans le lème. Les activités que les enfants choisissent, par exemple, il y a un espace de lecture que je mets toujours en place, un coin lecture, c'est un plaid avec des livres. C'est un espace qui, bien souvent, est plus investi par les filles que par les garçons. Les filles, je vais souvent les retrouver autour de la table créative à faire. des petites créations avec la nature. Et les garçons, eux, dès que je vais sortir les outils, les couteaux, les scies, ils vont devenir comme des dingues et ils vont absolument avoir envie d'aller toucher ça. Alors que les filles, il y en a. Je fais vraiment des généralités parce qu'évidemment qu'il y a des exceptions dans tout ça. Mais généralement, les filles, elles vont moins y aller vers ce genre de choses. Donc oui, il y a des différences. Mais ces différences-là, elles s'effacent. en forêt, dans ce cadre-là, en tout cas ce que moins j'observe, parce qu'on va justement travailler sur... Il y a plein de choses qui vont permettre d'effacer ces différences-là. Par exemple, sur les outils, puisque j'en parle. Les outils, moi, au bois, ils ne sont pas réservés uniquement aux garçons. j'incite autant les filles que les garçons à faire telle ou telle activité, tu vois, une couronne de fleurs, par exemple, dans l'esprit collectif, on pourrait dire que c'est plutôt destiné aux filles, alors que non, pas du tout. Les garçons prennent autant de plaisir à faire leur couronne. En ce moment, c'est l'automne, faire des couronnes de feuilles mortes. Tout le monde, enfin, garçons comme filles, aiment ça. Mais ça demande parfois, effectivement, quelques séances pour effacer un petit peu tout ça et puis adapter aussi au groupe évidemment ça varie suivant le groupe mais voilà chez des filles moi j'arrive à avoir des filles, j'ai pu voir l'évolution de filles qui arrivent notamment les adolescentes où on est sur une période un âge durant lequel La question de l'esthétique est très forte. Les filles, elles sont jolies, il ne faut pas qu'elles se salissent. Quand il s'agit de s'asseoir sur un rondin de bois, je sens qu'elles ne sont pas à l'aise, elles regardent où est-ce qu'elles s'assiedent, tout ça. Puis elles n'ont pas trop envie de se tâcher. Et en fait, par tout un tas de choses, séance après séance, j'arrive à les emmener. vers de la manipulation d'outils. Elles vont apprendre à faire du feu, donc à se mettre de la crasse sur les mains. Mais ça ne se fait pas en une séance et surtout, ça se fait dans ce cadre-là.
- Speaker #0
Mais tu vois, moi concrètement, si j'emmène Rose dans la nature, j'ai bien compris que l'idée, ce serait de le faire régulièrement. Mais tu aurais peut-être des idées, des conseils ? On peut évidemment les inscrire à tes ateliers, mais au-delà de ça, comment tu pourrais nous encourager à accompagner nos petites filles dans la forêt ?
- Speaker #1
Pour moi, la première étape, c'est déjà juste de sortir. Et en fait, on ne mesure pas sur le moment. Des fois, on se dit, mais enfin, à quoi ça sert de sortir ? Mais parce que nous sommes dans une culture et notamment à une époque Merci. où tout ce qu'on fait doit produire quelque chose et doit avoir un intérêt. On doit voir dans l'immédiat l'impact que ça produit. Tu vois, je te racontais un peu mon enfance tout à l'heure. Moi, il y a eu plein de moments. Enfin, j'avais pas, comme je te le disais, j'avais beaucoup de liberté. Certes, j'avais des moments au potager avec ma grand-mère, mais tout le reste du temps, c'est moi qui me le suis créé. mon univers, c'est moi qui ai créé mes aventures. J'ai passé des fois des journées entières à m'ennuyer et à me dire mais qu'est-ce que je fais ici, j'en ai trop marre. Mais ça a débouché aussi sur plein de choses. Donc, moi j'aurais tendance à dire que en tant qu'adulte, parfois il faut aussi se dire qu'on n'est pas là pour animer les enfants. Amener des enfants en extérieur et leur laisser juste la possibilité de découvrir l'environnement, c'est déjà une première étape. On n'a pas besoin de proposer un jeu, une activité pour que la sortie, elle ait un intérêt, pour qu'elle ait du sens. Maintenant, ça peut rassurer et ça peut aussi être des portes d'entrée que d'aller, de proposer des activités, tout ça. Donc, on peut s'appuyer sur des jeux. on peut, moi ce que je trouve d'assez facile et qui en plus amuse généralement autant les enfants que les parents. C'est par exemple d'introduire des petits objets comme une loupe. Tu achètes une loupe même en plastique. Chez les plus jeunes d'ailleurs, je recommande. Ce n'est pas les loupes avec lesquelles on voit le mieux parce que le plastique il s'abîme très vite, ça se règle. Il vaut mieux des loupes en verre. Mais chez les plus jeunes, il y a une réalité, c'est que ça, Ça casse aussi facilement les objets. En tout cas, si on les laisse seuls tenir les objets, il peut y avoir de la casse. Mais une loupe, par exemple, tu amènes une loupe en extérieur, déjà, ça va être une sacrée aventure qui, derrière, va éveiller une curiosité et petit à petit, on va aller vers des sorties qui vont se faire toutes seules. Moi, quand je sors avec ma fille, je ne suis pas pédagogue par la nature. Je suis maman qui va se balader en forêt et on se balade en forêt, dans les parcs publics, je vais dans les parcs où il y a des jeux pour les enfants, il y a des fois où on fait des randos, de temps en temps je mets un truc dans mon sac mais la plupart du temps juste on sort. et je sais que ça lui fait du bien et elle fait ses petites histoires en grandissant là maintenant elle est à un âge où elle se crée ses petits mondes et ben moi je me pose dans un coin Et puis, elle vit sa vie d'aventurière. Je joue avec elle. Et puis, elle fait des moments seule. On n'a pas besoin d'être parent animateur, en fait. Qu'on soit pour des filles ou des garçons.
- Speaker #0
Ce qui me vient là, tu vois, c'est qu'en fait, c'est limite peut-être ma fille qui va m'accompagner. C'est-à-dire que, ouais, c'est passé ce cap de, ok, je vais en forêt. Je ne sais pas ce qu'on va faire. Mais en fait, je vais la laisser faire. Et je vais voir où ça va nous mener, en fait. Et moi, c'est aussi un peu mon message avec mon projet. C'est qu'en fait, nos petites filles vont aussi libérer des parts en nous. Moi, j'ai ce que tu as dit. J'ai vraiment ce côté à essayer d'optimiser tout. Mon temps, ma créativité. Ce qui m'émancie, c'est qu'en fait, je pense, en faisant ça, ça peut être intéressant de voir ce qui se joue en nous. Qu'est-ce qui se joue en nous ? Est-ce que là, j'ai peur pour elle ? Est-ce que j'ai tendance à la surprotéger ? Est-ce que je la laisse prendre des risques ? Est-ce que je la laisse sortir du cadre ? Ça, c'est un autre sujet que je voulais voir avec toi. Parce que ma fille, il se trouve que... Et tu en parlais sur ton compte et ça m'avait vraiment libérée. Parce qu'il se trouve que Rose, elle aime bien monter le toboggan à l'envers. Et la première fois qu'elle l'a fait, je ne savais pas comment me positionner. Parce qu'il y avait une partie de moi qui me disait... Je ne sais pas, je ne trouvais pas ça dangereux. Elle avait l'air d'éclater, je voyais qu'elle s'amusait à se dépasser, à se tester. Et en même temps, il y avait les parents autour de moi, d'autres petits-enfants. Je me disais, mince, peut-être qu'elle montre un mauvais exemple. Donc, ce qui me vient, c'est en allant dans la forêt avec ma fille, c'est peut-être elle qui va montrer le chemin, qui va me guider et qui va aussi me permettre de voir ce qui se joue en moi. Et c'est peut-être par là, en tout cas, que moi, je peux commencer. Et du coup, quand même, est-ce que tu peux... Est-ce que tu peux nous dire en quoi pour toi c'est quand même important, et peut-être même plus chez les petites filles ou pas, de les laisser prendre des risques et de les laisser sortir du cadre, en quoi la nature peut nous y aider justement ?
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que je parle souvent de l'importance de laisser les enfants prendre des risques, mais c'est indissociable de l'importance de les éduquer aux risques. Parce qu'il ne s'agit pas de dire, vas-y ma grande, Fais ce que tu veux, t'apprendras de tes erreurs, si tu te prends une énorme gamelle, c'est pas grave. Les enfants peuvent s'exposer à de vrais dangers et c'est évidemment notre rôle en tant qu'adultes de les protéger de ces dangers-là, de certains dangers. Mais à l'inverse, si on les met sous une cloche de verre, si on les empêche en permanence de grimper, de courir, de... Voilà, de... de bouger, en fait, de prendre des risques. On les prive d'une part essentielle de leur développement, on les empêche notamment de développer la conscience de leur corps, de connaître leurs limites, et surtout, on les empêche de développer leur capacité à évaluer le danger. Et pour en revenir aux différences entre les filles et les garçons, C'est vrai qu'en grandissant, les filles, elles ont tendance à moins être confrontées au risque, à moins se confronter au risque, pour tout un tas de raisons. Par exemple, si je reparle des outils dans l'imaginaire collectif, dans les représentations qu'il y a, c'est généralement aux hommes qu'on confie toutes les activités de bricolage, toutes les activités manuelles. C'est plutôt les garçons qui vont aller les faire. C'est plutôt des aventuriers et non des aventurières qu'on va montrer dans la nature. Les robins des bois et tout ça, c'est principalement des représentations masculines. Et les filles, c'est vrai qu'elles sont plutôt dans la retenue et elles vont moins oser prendre des risques. Donc pour moi, éduquer les enfants et particulièrement éduquer les filles à la prise de risque, C'est leur donner l'occasion de prendre leur place, de renforcer leur confiance et de se dire j'en suis capable. Je suis capable de grimper dans un arbre, je suis capable de me muscler parce que moi aussi en tant que fille, j'ai des muscles. Les garçons qui sont tout le temps à nous montrer, tu vois, les filles aussi. Donc tout ça, c'est quelque chose qui apporte... Enfin qui... La prise de risque, Elle apporte du positif d'un point de vue physique, mais aussi sur la confiance en soi. Et ça, les filles en ont quand même besoin parce qu'on a tendance, en grandissant, à être toujours dans une posture, effectivement, de fille sage, j'ose pas, je reste dans mon coin, je risque de me faire mal, moi je suis là pour faire joli et pour être gentille, voilà.
- Speaker #0
Mais ça, là encore, je pense que ça demande un travail sur soi pour... les mamans qui peuvent justement être encore dans ce schéma-là d'elles-mêmes ne pas prendre de risques, d'avoir peur, d'être angoissées à la moindre prise de risque de leur enfant. Donc j'ai l'impression que c'est encore une fois un peu un miroir et un double travail.
- Speaker #1
J'ai un exemple qui me vient en tête. Ces derniers jours, ma fille, elle est tombée trois fois à trottinette. Elle a fait une sortie, elle est tombée deux fois, et le lendemain, elle est retombée. Là, actuellement, elle a les genoux qui sont en sang. Elle a des pansements partout. Aujourd'hui ou demain, si elle veut remonter sur la trottinette, je vais continuer, je ne vais pas l'en empêcher. Parce que même si, oui, sur le moment, ça me fait mal pour elle qu'elle se soit blessée, je relativise un petit peu en me disant que ce sont des genoux écorchés. C'est pas... Elle ne s'est pas faite renverser par une voiture. Ce n'est pas un bras qui lui a été coupé. Donc, il y a quand même une échelle dans la gravité des accidents qu'il peut y avoir. Et c'est peut-être là-dessus, en tant que parent, que déjà, on peut s'interroger. Si mon enfant tombe à vélo quand il roule dans l'herbe, est-ce que vraiment la blessure va être grave ? Est-ce qu'elle va être importante ?
- Speaker #0
Par rapport, je pense, aux bénéfices. Moi, ce que j'entends, tu vois, c'est qu'en fait, je pense qu'il faut bien garder en tête quels vont être les bénéfices. à ce que mon enfant fasse telle ou telle activité, même s'il y a un petit risque qu'il se laisse, par rapport à la petite blessure. Évidemment, évaluer quand même les dangers, ce que tu as dit. Et l'autre chose, c'est que je pense qu'en fait, c'est un entraînement. Parce que je crois que, tu vois, en fait, c'est des réflexes, des automatismes qu'on a de dire, attention, attention, tu vas tomber, alors qu'effectivement, il est sur 20 cm et qu'autour, il n'y a que de la mousse, tu vois.
- Speaker #1
Mais de dire attention à un enfant et juste de s'arrêter là, déjà, ce n'est pas l'éduquer au risque. parce que « Attention, tu vas tomber, mais pourquoi ? Qu'est-ce qui peut faire que tu vas tomber ? »
- Speaker #0
Je voudrais quand même qu'on revienne un peu sur cette vision utilitariste de la nature. Donc toi, tu mettais en garde sur ça, le fait de faire attention à ne pas toujours voir la nature comme un espace pour nous, enfin tu vas en parler mieux que moi, mais pour nous, adultes, pour nous, enfants. Mais moi, ce qui m'avait parlé quand tu avais dit ça, c'est aussi le côté... Comme je t'ai dit tout à l'heure, moi je suis quelqu'un qui a un peu une vision utilitariste de ma propre vie. Et je me dis que c'est peut-être un truc aussi des petites filles sages, les petites filles bonnes élèves, appliquées, qui ont du mal en général à faire les choses sans objectif, qui veulent absolument faire les choses pour apprendre quelque chose, pour bien faire. Et donc peut-être dans la nature, qui vont avoir du mal aussi à vagabonder sans but. Et du coup, ma question c'était est-ce que justement, les emmener en nature peut leur permettre aussi d'apprendre ça, à explorer sans objectif.
- Speaker #1
Moi,
- Speaker #0
j'observe assez peu de différences entre les garçons et les filles sur cette attitude un peu de bonne élève.
- Speaker #1
En fait, je le vois un peu au début, mais c'est plus... Je le vois pas tellement sur les genres, en fait. C'est plus sur les enfants qui sont habitués ou non. à rester sans rien faire. Et aujourd'hui, on est sur une génération d'enfants qui ont des emplois du temps qui sont surchargés. Là où nous, on avait une activité sportive et éventuellement, on faisait une activité artistique comme de la musique. Aujourd'hui, il est très fréquent de voir des enfants qui font deux, trois activités sportives, qui ont vraiment les mercredis et les week-ends sont blindés tout le temps. Et donc, quand ils se retrouvent là, en nature, et qu'on dit, on se balade, il y a un peu un vide qui peut être très déstabilisant. Et en fait, ils vont avoir tendance, et peut-être les filles un peu plus, effectivement, À attendre finalement qu'on leur dise quoi faire, parce que c'est comme ça que les enfants se construisent, grosso modo, ils sont toujours dans une posture d'attente qu'on leur dise quoi faire. Et donc c'est le cas en nature, quand on passe d'un quotidien où on nous dit « tu vas faire ça, ça, ça, ça, ça » et puis non, tu ne peux pas faire ça, Là, tu te retrouves dans un espace où tout d'un coup on te dit « bah écoute, tu es libre d'explorer, de te balader, fais-toi plaisir » . Ça peut déstabiliser les enfants et peut-être effectivement un peu plus les filles, bien que pour moi c'est quelque chose quand même qui s'efface assez rapidement. Comme je le disais un peu tout à l'heure, ça c'est un truc qui se déconstruit à force d'aller en extérieur. Oui, les premières fois, les enfants vont dire « bah on fait quoi maintenant ? » Mais petit à petit, alors on fait quoi maintenant ? Quand au début on sent que c'est difficile, on ne va peut-être pas passer une heure et demie dehors. On va commencer par 15-20 minutes. Et puis petit à petit, les enfants, parce qu'ils vont avoir envie de s'occuper et puis parce que l'imaginaire va aussi prendre une certaine place et parce que la curiosité va aussi prendre de la place. Ah tiens, regarde, il y a un champignon là ! Oh mais je n'ai jamais vu un champignon comme ça ! Ça va se développer. à force d'aller en nature. Et puis nous, adultes, pour le coup, là, on peut avoir une posture, j'ai directement pris un exemple où on observe quelque chose. L'émerveillement, c'est vraiment une porte d'entrée qui est intéressante pour amener les enfants à s'intéresser à ce qui se passe autour d'eux sans passer par du jeu ou un objet ou quoi que ce soit. C'est de dire... « T'as vu cette fleur ? Elle est jaune, elle a combien de pétales là ? » Et les enfants vont s'intéresser si on ne leur montre pas effectivement qu'il se passe tout un tas de trucs autour de nous et qu'en plus tous ces « trucs » sont vivants, on va petit à petit les aider à construire cette relation avec le vivant sans que ce soit pour quelque chose en fait. C'est juste « Ah bah tiens, c'est là, je m'intéresse à ça. » Qu'est-ce que c'est ? Pourquoi ça apparaît maintenant ? Etc. Mais ça, à mon sens, ça implique juste d'y aller souvent. Et c'est comme ça que petit à petit, les enfants vont prendre l'espace et vont aller s'intéresser à ce qui se passe autour d'eux sans qu'on leur dise... Pourquoi et comment ?
- Speaker #0
Trop bien. Et tu me disais quand même aussi, en off, que selon toi, encourager les filles à aller en nature, ça peut quand même aussi ouvrir des intérêts pour des carrières scientifiques. Est-ce que tu peux plus là-dessus ?
- Speaker #1
En fait, les filles ont un rapport aux sciences et aux mathématiques qui aujourd'hui est vraiment... différent de celui des garçons. Et tout ça, c'est de la construction sociale. Ça vient de stéréotypes à l'école, à la maison, partout. Et en fait, le fait de passer du temps en forêt, moi, les enfants, des tout-petits, je leur mets du matériel scientifique, puisque c'est du matériel naturaliste, entre les mains. Des loupes, des jumelles, même s'ils ne savent pas comment les utiliser. Un enfant de deux ans, la loupe, il va la mettre sur ses yeux plutôt que de le mettre sur la fleur, par exemple, ou sur le champignon. Mais c'est une occasion pour moi d'initier les enfants aux sciences du vivant et de continuer en grandissant. Par exemple, dans les autres outils que j'ai, il y a un microscope. Qu'il y ait un microscope, c'est pareil, c'est comme les loupes. Il n'est pas d'une qualité incroyable. Je l'ai trouvé à 5 euros à la ressourcerie. Donc, ce n'est pas un parent ou pro, peu importe. C'est des petits outils qu'on peut avoir. Et en fait, ça place les filles et les garçons.
- Speaker #0
Là, on parle des filles, en l'occurrence, dans une posture de chercheuse et de scientifique. Et pour moi, tout ça, ça sème des petites graines. Et d'ailleurs, j'ai souvent entendu des filles me raconter, en forêt, des rêves de métiers qu'elles veulent faire et qui sont clairement des métiers d'ingénieurs. À dire, moi, je vais trouver une solution pour... Je ne sais plus, je n'ai plus d'exemple en tête parce que ça... Il y en avait une vraiment qui m'avait raconté un rêve absolument incroyable. Mais voilà, qui ont ces rêves-là. Et en fait, là, elles ont ces rêves-là parce qu'on est en forêt et qu'elles se disent, non mais attends, ça ne va pas du tout là ce qui se passe dans le monde. On piétine comme pas possible le vivant. Moi, je vais faire de la recherche et moi, je vais trouver une solution pour protéger tout ça. Et je pense, alors, je n'ai pas trouvé de... Je n'ai pas connaissance d'études là-dessus, mais j'ai la conviction, franchement, qu'une fille qui, pendant toute son enfance et son adolescence, va avoir la possibilité de s'intéresser au vivant, va pouvoir explorer, va ouvrir des livres, va utiliser du matériel. Pour moi, c'est ouvrir une petite porte dans la tête de se dire, ah tiens, ouais, en fait, moi aussi, je peux comprendre ce qui se passe autour de nous. Et peut-être qu'une filière scientifique, c'est aussi fait pour moi et pas que pour les garçons. Je suis tout autant légitime à y aller qu'un garçon.
- Speaker #1
J'adore, ça me donne des frissons. Là, j'ai juste envie d'acheter une loupe. Non, pas que je sois absolument capable d'une filière scientifique, ce sera son choix. Mais en tout cas, de pouvoir ouvrir cette possibilité-là, ça me donne trop envie. Pour conclure aussi, parce qu'encore faut-il peut-être qu'on dépeigne la forêt autrement que comme on le fait dans l'histoire du loup et du petit chaperon rouge. Parce que dans le loup, dans cette histoire-là, elles sont avec leur petit chapeau rouge, leur petit manteau, et elles vont se faire dévorer par le loup, donc ça ne donne pas très envie d'y aller. Et pourquoi je voulais aborder ça avec toi, c'est aussi par rapport à une publication que j'ai vue que tu as faite, mais parce que moi, il se trouve que j'ai acheté ce livre. Je ne l'ai pas acheté, je l'ai trouvé, enfin, je l'ai acheté d'occasion, aussi à une sorte de ressourcerie, et il me semblait qu'elle aimait bien cette chanson, qu'elle avait dû entendre à la crèche, donc je me dis, ok, je l'achète. Et en fait, elle a eu une obsession pendant un moment où elle voulait qu'on lui dise que ça. Son papa ou moi, on faisait le loup. On alternait, tu vois, pour faire le loup. Mais au bout d'un moment, elle a commencé à me dire qu'elle avait peur du loup. Mais même quand on ne lisait pas l'histoire, tu vois. Donc, j'ai peur du loup, j'ai peur. Donc, ça correspondait à une phase aussi, tu vois, où elle commençait à avoir des peurs. Mais du coup, je me questionnais parce que j'avais l'impression que... Il me semble avoir entendu que c'est bien aussi de leur... enfin qu'ils aient peur, qu'ils commencent à appréhender leur peur tu vois et en même temps par rapport à la publication que tu fais par rapport à ce que tu disais toi j'ai l'impression que je suis en train de lui apprendre que le loup est méchant et puis c'est pas une peur en plus qui est réaliste là où on vit à Bruxelles donc il n'y a pas de loup mais du coup voilà qu'est-ce que tu penses de ça est-ce que tu crois qu'on peut juste tout simplement revisiter ces histoires ou il faut mieux les bannir en proposer d'autres ouais moi je Hum...
- Speaker #0
J'adore la littérature jeunesse et je trouve que les livres sont des objets magiques parce que ce sont des outils hyper puissants pour faire passer des messages à la fois à travers des récits et des illustrations, puisqu'il y en a beaucoup dans la littérature jeunesse. Alors sur les histoires qui font peur, moi très clairement je ne comprends pas, je n'arrive pas à avoir l'intérêt d'écrire et de lire des histoires qui font peur. à des jeunes enfants. Parce que la peur, on y est tôt ou tard dans notre vie confrontée et même assez jeune. Pour moi, le livre, c'est un... Surtout quand on est chez les jeunes enfants, ça doit être un bon moment. Ça doit amener quand même quelque chose de positif. Si on a envie derrière de lire des histoires qui font peur, moi, par exemple, je suis une grande fan de polars et de thrillers très... très sombre, voire macabre. Je ne sais pas ce que ça veut dire de moi, mais j'aime bien lire ça. Mais à l'inverse, il y a dans mes proches des gens qui adorent les policiers, mais par contre, beaucoup plus soft, quoi. Et on fait le choix en tant qu'adulte, on choisit les livres qu'on veut lire. Alors que les enfants, souvent, c'est quand même nous qui choisissons les livres pour eux.
- Speaker #1
Juste pour compléter, quand c'est elle qui redemande à chaque fois, et j'ai l'impression qu'on dit, dans ce que tu disais tout à l'heure, un peu ce... Ce mix entre la peur et le plaisir, tu vois. Mais bon.
- Speaker #0
Oui, mais alors effectivement, après, les histoires, elles sont aussi là, ça vient nourrir tout un imaginaire. Ce qu'il y a, c'est que chez les jeunes enfants, quand même, l'imaginaire, jusqu'à 3-4 ans, il est difficile pour eux de faire la part des choses entre la réalité et l'imaginaire. C'est à partir d'un certain âge, à partir d'une certaine maturité cérébrale, que les enfants comprennent vraiment. Ah oui, mais là, ça, ça n'existe que dans les histoires. Et même quand ça n'existe que dans les histoires, je pense qu'on l'a toutes et tous vécu. Il y a des films, des livres qui ont marqué notre peur. Bon, moi, voilà, sur les histoires qui font peur, à titre personnel, autant en tant que maman qu'en tant que pédagogue par la nature, j'évite chez les jeunes enfants toutes les histoires avec des récits qui sont inquiétants ou des images qui sont inquiétantes. Parce que des fois, il y a même des livres Merci. où l'histoire est plutôt mignonne, mais alors par contre, on te dessine des personnages qui sont assez effrayants et on le voit quand même assez vite quand on observe l'enfant, ce qui peut étonner ou qui va poser 15 fois la même question et pourquoi il a des dents comme ça. Maintenant, sans parler de... Pour sortir des livres qui font peur, moi, sur la littérature jeunesse, il y a deux points. sur... lesquelles je porte une attention particulière. La première, c'est l'image du vivant qui est véhiculée dans les histoires, et j'en parle parce que tu prends l'exemple du loup et du petit chaperon rouge. Ce n'est pas la seule histoire dans laquelle le loup est un animal terrible, il y en a plein d'autres, donc c'est l'accumulation de tous ces récits, de toutes les chansons qui font que dans l'esprit de beaucoup d'enfants et du coup après d'adulte Le loup est un animal problématique. Et pour moi, c'est important de faire attention à la façon dont les animaux et les végétaux, peu importe, à la façon dont le vivant est présenté dans les histoires. Parce que oui, ça peut, surtout encore chez des jeunes enfants, ça peut mettre... Ça peut se transformer en fait en vérité pour les enfants. Ah bah oui, le loup est un animal dangereux, alors que tu le disais. Pour le coup, c'est un animal, il y a assez peu de personnes qui peuvent être confrontées un jour au loup. Donc c'est fou que cette peur-là occupe autant de place dans l'esprit des enfants et chez un grand nombre d'enfants. Donc moi, je fais très attention à la façon dont est présentée dont sont présentés les animaux. Je me souviens d'un ouvrage, c'était un petit livre documentaire sur les animaux du monde. Et il y avait une rubrique « Les animaux beaux et les animaux laids » . Et donc, ça présentait les poissons dans les animaux laids. Tu avais des poissons qui vivent au fin fond de la mer qui, effectivement, sont des animaux qu'on ne croise jamais et qui ont une esthétique avec laquelle on...
- Speaker #1
On n'est pas habitué.
- Speaker #0
On ne connaît pas. Mais dire à un enfant, il est vachement moche ce poisson, c'est lui donner une interprétation, une image du vivant qui derrière peut le marquer. Et qui va faire qu'on va derrière segmenter, on va partager le vivant entre ceux qui sont bons et ceux qui sont mauvais, ceux qui sont nuisibles et ceux qui ne le sont pas. Donc l'image du vivant est importante. et puis les personnages. aussi. Je l'ai un peu évoqué tout à l'heure, mais dans les livres qui tournent autour de la nature, on est très souvent, même si heureusement ça change et aujourd'hui on a d'autres propositions, mais on est quand même beaucoup sur des références masculines. En tant que petite fille, c'est pas évident de trouver des héroïnes, tu vois, qui vivent dans la forêt, des aventurières, qui... C'est souvent des garçons, les robins des bois les trappeurs, voilà tout ça c'est, et quand il y a des représentations de filles bien souvent c'est au jardin dans le potager en petite robe à fleurs alors que clairement quand tu vas en forêt il vaut mieux ne pas être en petite robe à fleurs sinon tu peux pas faire grand chose voilà donc pareil une attention sur le personnage et là le petit chaperon rouge Merci. Bon, on est sur une petite fille qui est bien jolie, qui est toute mignonne, qui est toute gentille, toute innocente. Voilà, c'est une image pour...
- Speaker #1
J'ai envie de lui jeter maintenant !
- Speaker #0
Non mais tu vois, après, c'est vraiment quelque chose à questionner et en fait, je pense que ça fait partie de notre culture, de la littérature avec laquelle on a toutes et tous grandi. Mais c'est vrai que... Alors, il y en a qui s'offusquent, tu sais, c'est un peu comme l'écriture inclusive où on dit mais non, mais surtout ne modifiez pas la langue française, enfin, quelle horreur, on ne touche pas à ça. Mais en fait, on peut évoluer aussi, les époques avancent, notre culture avance, il y a des choses aujourd'hui qu'on sait, qu'on ne savait pas il y a 150 ans. Bon, peut-être que les contes de Charles Perrault, on peut se dire que ça se lit un peu plus tard. et qu'à côté de ça, il y a plein d'autres histoires qui peuvent être lues. Et en plus, vraiment, quand on rentre dans une librairie ou dans une bibliothèque et qu'on va dans les rayons jeunesse, il y a des livres absolument incroyables. Il y en a plein, il en sort tous les jours. Donc, il y a plein de belles histoires à aller chercher plutôt que d'aller là-dessus, qui sera de toute façon, tôt ou tard, une histoire que les enfants connaîtront parce que oui, ça fait partie des classiques. c'est des objets magiques mais Moi, je considère qu'il est important quand même de faire attention au message. Alors, je le fais avec ma fille, pas en forêt. Mais si jamais je lis un livre, s'il y a deux, trois petits trucs qui me gênent, c'est le cas souvent au niveau des adjectifs ou ce genre de choses, moi, je me donne la liberté de modifier. Au moment de raconter l'histoire, je mets un autre verbe ou un autre adjectif à ce qui est écrit.
- Speaker #1
Ok. Bon, je vais le garder quand même, parce que je me dis au mieux qu'elle lise avec moi et que peut-être je lui donne une certaine interprétation, plutôt qu'elle le découvre dans un autre contexte. Mais effectivement, ce que je retiens aussi, c'est qu'il y a peut-être un autre âge aussi, tu vois, parce qu'elle a la tête pas là. Ok, trop bien. Et alors, dernière question, avant peut-être que tu me parles aussi un peu de ton actu. Donc, si tu devais résumer en une phrase, là, c'est un challenge que je te donne. Bon courage. Qu'est-ce qu'une petite fille apprend ? profondément, selon toi, au contact du vivant ?
- Speaker #0
Je dirais à prendre sa place. Parce que quand on apprend que finalement il n'y a pas de hiérarchie dans la valeur d'une vie, qui est quelque chose qu'on apprend au contact du vivant quand on est dans une approche sensible et quand on permet cette exploration, finalement on apprend que notre propre existence est tout aussi importante que celle de... Du voisin et de la voisine. Mais encore plus du voisin.
- Speaker #1
J'adore. Trop bien. Merci énormément. C'était passionnant. Où est-ce qu'on peut te retrouver ? Tu as un compte Instagram ? Est-ce qu'il y a d'autres endroits où on peut te retrouver ? Et surtout, quelle est ta forêt actuellement ? Où peut-on se joindre à tes ateliers ?
- Speaker #0
Oui. Alors, moi, effectivement, on peut me retrouver sur Instagram. Le compte, c'est Pédagogie du Vivant. J'ai aussi un site internet sur lequel je mets à disposition gratuitement des supports. Donc il y a des outils, des jeux qui peuvent être utilisés. Donc voilà, il y a des petits jeux notamment très faciles. Il suffit de les imprimer si ça peut aider un peu à sortir et à démarrer en tout cas ces immersions en nature. Il y a aussi, aujourd'hui je suis invitée de podcast, mais depuis deux ans j'anime un podcast qui s'appelle Enfance en nature. Et c'est un podcast dans lequel je reçois principalement des professionnels de l'éducation, de l'enfance, mais il y a aussi eu quelques parents. Et ce sont toutes des personnes qui, du coup, dans leur cadre professionnel ou familial, accompagnent des enfants en nature où l'extérieur occupe une place importante. J'ai beaucoup ralenti le rythme des épisodes, mais on est quand même à une cinquantaine d'épisodes disponibles actuellement qui durent en moyenne une heure, avec des sujets très très variés. Et je sais que pour avoir eu des retours, pas uniquement de collègues, mais aussi de parents, de familles, puisqu'il y en a parmi les personnes qui me suivent et qui écoutent le podcast, que ça en a inspiré, ça en a motivé un certain nombre. de passer plus de temps en extérieur. Donc, voilà. Le podcast permet vraiment d'aller creuser tous ces sujets-là.
- Speaker #1
Ok. Super. Merci beaucoup. Je mettrai toutes ces infos de toute façon sous l'épisode du podcast. Et puis, voilà. Vraiment, moi aussi, ça m'inspire. J'ai hâte d'être ce week-ender parce que je pense que je vais l'emmener en forêt. Vraiment.
- Speaker #0
Je ferai une petite story pour le prouver. Oui. Mais cool, tant mieux en fait. Peut-être que le petit truc que je peux dire à la fin, c'est juste en tant que parent, il faut commencer simple, petit et il n'y a aucune pression à se mettre. C'est vrai qu'on martèle beaucoup un message aujourd'hui qui est, oh là là, les enfants passent trop de temps à l'intérieur, ils sont trop sur les écrans, c'est terrible, ça nuit à leur développement. Et ça peut faire beaucoup culpabiliser, sauf que quand on est adulte et que soi-même, notre quotidien est principalement à l'intérieur, ça demande de sortir de sa zone de confort que d'aller dehors. Et il ne s'agit pas de passer de zéro à tout, de « je ne sors pas du tout » à « il faut absolument que je passe toute une journée dehors » . On commence quand il fait beau, quand c'est le week-end, quand on n'a pas une liste longue comme le bras dans la tête. juste se dire allez je me prends on se prend une demi-heure trois quarts d'heure pour sortir et plus on sort plus on a envie de retenter l'expérience parce qu'on sent que ça fait du bien à soi et à nos enfants donc commencer petit et puis sans trop se mettre de pression même si en matière de parentalité c'est toujours très difficile mais voilà trop bien je te remercie encore et puis je te dis à bientôt Ouais, merci Alexandra. A bientôt.
- Speaker #1
C'est déjà la fin de cet épisode. J'espère qu'il t'a plu et surtout qu'il t'a donné envie de réveiller un petit grain de rébellion en toi et de révéler celui de ta fille. Si tu penses qu'il pourrait inspirer une autre maman autour de toi, partage-le lui. Et si tu veux me donner un coup de pouce pour faire grandir cette démarche, tu peux laisser 5 étoiles et un petit mot doux. Ça compte énormément. A très vite.