- Speaker #0
Une petite fille qui tape à l'école va être beaucoup plus vite réprimandée qu'un petit garçon. Un petit garçon, c'est « oh, il se chamaille, c'est normal » . Donc, quand elles veulent montrer leur agressivité physiquement, on les réprimande, elles vont trouver un autre moyen. Et donc, ça va être un moyen plus d'exclusion, plus de « t'es plus ma copine » , en fait, pour avoir le même résultat, c'est-à-dire l'enfant qui part, qui ne va plus être en interaction avec elle.
- Speaker #1
Bienvenue dans la saison 2 du podcast Passage, le podcast qui libère les filles et leurs mamans. Moi c'est Alexandra, maman de Rose, une petite tornade à l'énergie débordante et au caractère bien trempé. Et tu sais quoi ? Savoir sortir ses épines dans une société qui attend encore trop d'elle qu'elle soit sage, c'est vraiment tout ce que je lui souhaite. Alors j'ai créé ce podcast pour moi et pour toutes les mamans qui veulent aider leurs filles autrement. Passage, obéissante, tout gentille à tout prix, mais confiante, libre d'être elle-même. et bien dans leur basket. Des petites filles qui savent dire non, poser leurs limites, s'aimer telles qu'elles sont, qui n'ont pas peur d'essayer et d'échouer. Et qui plus tard, sauront aussi se faire reconnaître à leur juste valeur. Alors ici, on démontre les injonctions, les stéréotypes et tous ces vieux réflexes qu'on pense énormément. Tu sais les fameux « t'es pas belle quand tu fais la tête » . On parle de l'estime de soi, de confiance, de rapport au corps, aux émotions. Et on questionne aussi ce que notre société attend encore des petites filles, mais aussi de la place qu'elles laissent aux enfants. On parle de nos filles, mais aussi de nous. Parce qu'éduquer autrement, ça commence souvent par se libérer soi-même. Et parce que nous aussi, on ne mérite mieux que d'être sages. Alors, prête à bousculer les règles ? Hello Déborah !
- Speaker #0
Salut Alexandra !
- Speaker #1
Bienvenue sur le podcast Passage, enfin, re-bienvenue !
- Speaker #0
Ouais, merci, ça me fait hyper plaisir d'être de retour !
- Speaker #1
Puisqu'on avait fait une première FAQ, je crois que c'était au printemps de cette année, sur la prévention des violences sexuelles. C'est un sujet qui méritait pas mal d'attention, je crois, cette année. Et là, on est en pleine période de rentrée scolaire. J'ai reçu pas mal de questions sur ce sujet-là. Moi-même, j'en ai plein. J'en ai plein sur tous les sujets, bien sûr, mais sur celui-ci, j'en ai en particulier. Du coup, je me suis dit que ce serait cool que cette FAQ, on la dédie à ce sujet-là. Donc, je te remercie de prendre le temps encore aujourd'hui d'être avec nous et de répondre avec ton double prisme de psychologie. psychologue et de maman, puisque je rappelle qu'il y a deux enfants en plus en bas âge. Et donc on va parler de ce qui peut se jouer à l'école pour nos filles, mais bon, il y a des sujets qui vont évidemment être pertinents aussi pour les petits garçons, mais voilà, il y a des petits sujets, je spoil un peu, mais comme ça aussi les auditrices savent de quoi on va parler, mais comme les « t'es plus ma copine » , les prémices de la comparaison, qui peuvent peut-être être des sujets qui touchent plus les filles, mais t'en parleras mieux que moi.
- Speaker #0
En tout cas, on y prête plus attention.
- Speaker #1
Et puis, on va aussi parler de... Parce que nos enfants à nous sont assez petits. Moi, ma fille, elle a 3 ans. Mais je commence déjà à me poser des questions sur le harcèlement scolaire. Donc, on va aussi essayer d'aborder ça. Si on a le temps, parce que toi et moi, nous sommes très bavardes.
- Speaker #2
Ça, c'est clair.
- Speaker #1
On va essayer, en tout cas. Donc, je te remercie encore une fois d'être présente avec nous. Il y a un sujet qui est revenu pas mal pour mes abonnés, c'est le « je ne veux pas aller à l'école » . Quand notre enfant nous dit qu'il ne veut plus aller à l'école, on ne sait pas toujours comment réagir. Et à partir de quand est-ce qu'on doit s'inquiéter ? Est-ce que toi, tu pourrais nous en dire un peu plus de comment tu vois les choses à ce niveau-là ?
- Speaker #0
Oui. Première chose qui est importante, quand un enfant nous dit ça, ça ne veut pas obligatoirement dire qu'il se passe quelque chose de grave à l'école. Ça ne veut pas forcément dire qu'il n'aime pas l'école, qu'il n'est pas épanoui quand il est à l'école. Nous aussi, en tant qu'adultes, parfois, on n'a pas envie d'aller au travail. Et pourtant, ce n'est pas pour autant qu'on se fait harceler au travail, ce n'est pas pour autant qu'on n'aime pas notre travail. C'est juste que si on avait le choix, on n'irait pas. En tout cas, aujourd'hui, au moment où on se réveille, au moment où on se lève, on n'a pas forcément envie. Et l'enfant, c'est pareil. Parfois, le « je ne veux pas aller à l'école » chez l'enfant, il peut être surtout traduit, il peut être compris plus par « je n'ai pas envie de m'habiller » , « je n'ai pas envie de sortir » . Je préfère rester avec papa et maman. Je préfère jouer avec mes voitures, ma poupée, mon machin, mon truc. Forcément, aller à l'école, c'est un moment de transition. Et les transitions sont difficiles pour les enfants. Donc, l'idée, ce n'est pas de minimiser. C'est de dire, si, bien sûr, tu vas aller à l'école, c'est très bien l'école et on s'en fiche de ce que tu penses et de ce que tu me dis. Mais c'est plus essayer d'aider l'enfant à poser des mots sur qu'est-ce que ça veut dire, tu ne veux pas aller à l'école. lui dire par exemple, oui, je comprends, tu préférerais rester ici à la maison, tu préférerais rester avec papa, avec maman, avec ton frère, ta soeur, etc. Mais lui faire entrevoir aussi ce qui va être chouette. Tu vas avoir tes copains, et puis tu vas faire ça, et puis tu vas apprendre ça, et puis peut-être aussi utiliser... ce qui a été dit les jours précédents que l'enfant avait aimé pour pouvoir lui dire tu vas continuer à faire ça, etc. L'idée, c'est accueillir ce que l'enfant dit, donc ne pas minimiser, parce qu'en effet, sur le moment, il n'a pas envie d'aller à l'école, mais ne pas tout de suite extrapoler sur quelque chose de très grave et lui donner des outils et des raisons d'avoir envie d'être un peu plus motivée d'aller à l'école. Là, oui, il y a quelque chose que j'ai oublié de dire aussi, c'est que tu parlais de rentrer. Souvent, alors ce n'est pas tout le temps le cas, Mais souvent, l'enfant, quand il a une rentrée, les premiers jours se passent très bien. Et c'est quand l'enfant comprend que ça va devenir une nouvelle normalité, et qu'en fait, tous les matins, du lundi au vendredi, il va devoir aller à l'école, il va rejoindre le même groupe, il va rentrer par la même porte, etc. Là, ça commence à venir. Ah mais non, en fait, je n'ai pas signé pour ça. C'était sympa deux, trois jours, mais en fait, les grandes vacances, c'était trop bien. Je n'ai pas envie d'y retourner. Donc, ne pas se dire, oulala, mince. si avant il était content et maintenant il n'est pas content, c'est que forcément il s'est passé quelque chose pendant ces 3-4 jours et donc il faut être super vigilant. C'est aussi quelque chose de normal que l'enfant la nouveauté l'excite on va dire, et puis quand ça devient la normalité, ça retombe et comme je disais tout à l'heure il préfère rester avec ses parents et il préfère ce qui s'est passé avant qui était beaucoup plus libre au final pendant les vacances. Ce qu'on peut observer c'est comment ça se passe lorsque l'enfant arrive réellement à l'école. Si, même si tout le trajet, moi, c'est ce que mon fils a fait pendant un moment, tout le trajet, il me disait, je ne vais pas aller à l'école, je ne vais pas aller à l'école, je ne vais pas aller à l'école. Mais en fait, dès qu'il était devant l'entrée de l'école, même pas il me disait au revoir, même pas un bisou, du tout, il fonçait aller prendre son petit-déj. Et donc, moi, ça me rassurait. Parce que ce qui peut commencer à faire poser des questions, c'est si vraiment, lorsqu'il arrive devant l'école, et encore une fois, je le répète, pas dans les premiers moments, mais lorsque ça rentre dans quelque chose de constant, qu'à chaque fois qu'on arrive à l'école, il y a des explosions de pleurs, que lorsque la maîtresse arrive, le maître arrive, l'enfant commence à avoir un peu peur, à re-rentrer dans les jupes de sa mère, comme on dit, où on sent qu'il y a vraiment quelque chose de presque physique dans le fait de ne pas avoir envie de franchir cette porte. Là, on peut commencer à se poser un peu des questions. On peut se poser des questions aussi. Enfin, ce qui est, c'est... comment est-ce qu'il sort de la classe ? Est-ce qu'il est content ? Est-ce qu'il a un comportement normal, en fait ? Quand il passe la porte de l'école, comment il est ?
- Speaker #1
Oui, parce que moi, si je prends ma fille, alors elle ne nous dit plus qu'elle ne veut pas aller à l'école, en tout cas, c'est occasionnel. Par contre, une fois qu'on arrive à l'école, surtout quand c'est moi, la séparation reste difficile. Donc, elle fait un peu ce que tu dis, elle reste collée à moi, etc. Mais quand on vient la récupérer à l'école... Elle est contente de nous voir, mais souvent, elle va dire au revoir aux adsems, leur faire un câlin. Du coup, je me dis, c'est encore la séparation. Et le côté, j'aimerais rester, je préfère rester avec toi, maman.
- Speaker #0
En fait, comme dans tout, pour se dire qu'il y a un problème, qu'il y a une difficulté ou une souffrance, il ne faut jamais prendre un instant T. Il ne faut jamais prendre un élément. Il faut toujours essayer de balayer plusieurs éléments, plusieurs situations. plusieurs mouvements, on va dire, et voir s'il y a un pattern. C'est-à-dire, si ta fille avait du mal avec la séparation, mais a également du mal quand elle te retrouve, et a également du mal lorsqu'elle doit s'endormir, et a également du mal les week-ends quand il s'agit de faire une activité extrascolaire, etc., là, on pourrait se dire, ouais, il y a un pattern, il y a quelque chose, effectivement, qui nous fait penser qu'il y a une difficulté. Mais le moment de la séparation est un moment compliqué chez les enfants. Le moment de la transition est un moment compliqué. Le moment de la décharge à la maison est compliqué. Mais c'est quand c'est compliqué dans toutes les situations que là, on se pose des questions.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
On peut se poser des questions en amont, mais on ne va pas tirer des conclusions, en tout cas, si on voit qu'il n'y a que juste un élément qui est problématique. On travaille sur cet élément-là. On ne le banalise pas parce que la souffrance est réelle. On ne tire pas la conclusion qu'il y a une souffrance générale et qu'il y a un problème quelque part, en tout cas à l'extérieur.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
En l'occurrence à l'école.
- Speaker #1
D'accord, trop bien.
- Speaker #0
Et puis il y a des signes aussi, j'ai envie de dire assez classiques, qui sont à observer. Si l'enfant dit souvent qu'il a mal au ventre avant d'aller à l'école, s'il a des nausées, si, comme je disais tout à l'heure, son sommeil est perturbé, si son alimentation est perturbée, s'il dit qu'il a peur, qu'il a peur d'aller à l'école, s'il parle d'un copain, on en parlera aussi, d'un copain, d'une copine qui n'est pas gentille avec lui ou avec elle. En effet, là, c'est juste des questions qu'on va lui poser. Pourquoi tu n'as pas envie d'aller à l'école ? Qu'est-ce qui se passe à l'école ? On essaye de ne pas poser des questions trop fermées non plus. Tu as un petit copain qui te fait du mal ? Parce que l'enfant... C'est pas qu'il va trouver une excuse, mais l'enfant a cette facilité à vouloir nous faire plaisir. On lui offre une réponse, il va se jeter sur la réponse. Il va être là, oui, oui, ok, c'est ça. Donc on essaye d'ouvrir quand même un petit peu, sans que ce soit trop général non plus, parce que l'enfant ne saura pas par quel bout prendre la question. Plutôt dire, est-ce qu'il y a quelque chose qui se passe mal ? À quel moment c'est plus difficile ?
- Speaker #1
En fonction de ces réponses-là, tu conseilles de... D'en parler à la maîtresse, de tout de suite consulter ?
- Speaker #0
Non, alors pas consulter tout de suite, parler à la maîtresse de ce qu'on observe et lui demander ce qu'elle, elle observe. J'ai « elle » , parce que souvent on met « maîtresse » , mais bon, maîtresse ou maître, bien sûr. Mais dans la grande majorité des cas, les maîtresses vont vous dire, dès qu'on a fermé la porte, « elle a arrêté de pleurer, il a arrêté de pleurer, tout s'est très bien passé, etc. » Et donc, effectivement, voir si c'est quelque chose... de très ponctuel, si c'est vraiment la séparation qui est compliquée. Et donc voilà, à voir aussi est-ce que la maîtresse observe que ce qui est compliqué, ça va être les moments de la cantine, par exemple, les moments où on doit manger, les moments de transition, les moments de... Bref, en fait, tout ce que la maîtresse peut observer sur notre enfant, pour ensuite nous donner des outils pour travailler ça avec l'enfant, pour lui apprendre en fait comment gérer ça.
- Speaker #1
Trop bien. Tu sais, le fameux « ça s'est bien passé à l'école et l'enfant nous dirait… » Enfin, en général, moi, par exemple, ma fille, je ne sais pas ce qu'elle fait à l'école. Heureusement qu'on a des photos et tout. Elle ne me raconte rien. Donc, c'est là où parfois, j'ai parfois la pensée qu'il me trahisse de me dire « mais ça se trouve, ça se passe mal ou… » Est-ce qu'il vaut mieux peut-être ne pas chercher à tout savoir et juste être attentif à son comportement ? Et est-ce que c'est normal pour un enfant de cet âge notamment, 3 ans, et peut-être jusqu'à quel âge, de ne pas… ne pas nous raconter sa journée en l'envers et en travers.
- Speaker #0
Alors, de chercher à tout savoir, non, en effet, de toute façon, on ne pourra jamais tout savoir parce que l'enfant est à l'école pendant huit heures, donc il n'y a pas ensuite qu'à faire un exposé de huit heures pour nous raconter tout ce qui s'est passé. Mais effectivement, la question, qu'est-ce que tu as fait à l'école ? Est-ce que tu as passé une bonne journée ? Mais c'est tellement abstrait pour un enfant. C'est-à-dire qu'il a fait énormément de choses, il est passé par énormément d'émotions. Il y a eu des moments qui ont été super chouettes, il y a eu des moments qui ont été compliqués, il y a eu des moments qu'il a oubliés. Bref, donc en fait, faire un compte-rendu concis et organisé, encore une fois, de 8 heures de vie, pour un enfant de cet âge-là, c'est impossible. Ce qu'on peut faire, déjà il y a une chose, c'est que lui poser la question juste après qu'il ait passé effectivement toute sa journée à l'école, ce n'est pas forcément le plus adéquat parce qu'en fait, il a déjà vécu sa journée, il n'a pas envie de la revivre. Il a envie d'être dans son goûter, dans son moment avec maman, dans le moment avec papa. à ce moment où en fait, ça y est, l'école est derrière lui, il a passé toute une journée à se contenir, en général, à écouter les règles, à faire sa place dans le groupe, à gérer les conflits avec les copains-copines, à apprendre, ça lui a demandé énormément d'efforts, on va pas en plus lui redemander l'effort de nous faire ce compte-rendu-là.
- Speaker #1
Sachant que je pense qu'en plus, c'est pour nous rassurer. Moi, je pense que je la pose cette question juste pour me rassurer, tu vois.
- Speaker #0
Oui, mais après, justement, dans la grande majorité des cas, quand ça ne va pas à l'école, on s'en rend compte. Comme tu le sais, il y a quand même des signes, des signes cliniques, on va dire, qui sont beaucoup plus intéressants par rapport à ce qu'on peut en faire que réellement en poser la question. Par contre, les moments calmes, le moment du dîner ou le moment du coucher, quand on se dit qu'enfin la journée est finie et que l'enfant va dormir. En général, c'est à ce moment-là que l'enfant peut répondre plus facilement à nos questions parce qu'il est dans un moment où, justement, il se pose. Dans sa tête, tout s'est un peu réorganisé aussi dans toute la journée qu'il a passée. Encore une fois, comment s'est passée ta journée ? Question beaucoup trop large, beaucoup trop floue pour l'enfant. Mais par contre, qu'est-ce que tu as préféré aujourd'hui ? C'était quoi le moment le plus chouette, le moment le moins chouette ? Avec qui tu as joué ? Qu'est-ce que tu as mangé ? Est-ce que c'était bon ?
- Speaker #1
Et ça, tu le conseilles ? Je veux dire, c'est bien aussi d'en parler comme ça avec son enfant le soir ?
- Speaker #0
Oui, parce que ça lui donne le message qu'en fait, t'es là pour l'écouter. Donc, c'est-à-dire, si ça va pas, tu es aussi là pour l'écouter. Et dans ces moments-là, la langue se délie aussi. Et donc, si jamais il s'est passé quelque chose que même pour l'enfant, ça n'a pas été forcément problématique, Soit parce que c'est la première fois que c'est arrivé et que ça va être dans la répétition, que ça va commencer à être problématique pour lui. Soit lui, il ne voit pas le problème, mais toi, par contre, tu as trouvé que la maîtresse, ça n'a pas forcément été hyper adapté. Il y a quelque chose, ou alors, je n'ai rien mangé à la cantine. Il ne s'en fout, il n'a rien mangé, il a mangé du pain. Peut-être que ton enfant, ça lui va, mais toi, ça ne va pas. Donc, ça te permet quand même d'avoir des informations et potentiellement lui donner des outils aussi. Mais si tu n'as pas aimé, peut-être que ce n'était pas ce qu'il y avait dans l'assiette qui était problématique, mais en fait, il a l'habitude qu'on lui coupe sa viande, par exemple, qu'on lui coupe son poisson. Et là, ce n'était pas coupé. Donc là, tu auras l'information que la prochaine fois, tu pourras demander à un adulte de te couper dans l'assiette. Voilà, en fait, apprendre vraiment à communiquer et à trouver des petits outils pour que ça aille.
- Speaker #1
Trop bien. Et alors, il y a aussi la situation qui revient souvent de... À l'école, tout se passe très bien, mais une fois à la maison, l'enfant explose. Toi, comment tu expliques ça ? Et encore une fois, est-ce que c'est plutôt normal ? Ou est-ce que c'est quelque chose dont il faut s'inquiéter ? Et est-ce qu'on peut faire quelque chose pour que le retour à la maison se passe fluidement ?
- Speaker #0
Alors, c'est très fréquent. Et en fait, c'est presque logique. Parce que comme je disais tout à l'heure... L'enfant, toute la journée à l'école, il se contient. Il respecte les règles du groupe, dont il n'a pas l'habitude quand il est à la maison. Alors encore plus s'il est enfant unique, mais même s'il a un frère, une soeur, deux frères, enfin bref, il n'est pas soumis vraiment à l'effet de groupe. On doit être en rang deux par deux, on va aux toilettes quand tout le monde va aux toilettes, on prend ce stylo vert et pas le rouge et pas machin, enfin bref, c'est plein de règles dont l'enfant n'a pas l'habitude. de devoir répondre de manière aussi intensément. Et donc, l'enfant, il se contient, Et quand bien même, ce n'est pas un problème, c'est quelque chose qui lui apprend justement à se contenir, à interagir dans un groupe, etc. Mais n'empêche que c'est un effort. C'est un effort cognitif, c'est un effort émotionnel. Et ensuite, quand il se retrouve à la maison, qui est normalement son lieu où il se sent en sécurité avec ces personnes de référence qui sont ses parents, là, en fait, il décharge. C'est un signe de confiance. C'est bien. Il ne faut pas non plus trop romantiser le truc. Ce n'est pas genre, ouais, génial, il m'aime, donc du coup... Parce que c'est quand même très difficile. Donc, l'idée, ce serait éventuellement de lui proposer un peu un sas de décompression. Déjà, peut-être sur le chemin du retour, justement, en attendre le moins possible de lui. De lui ou d'elle. Je dis de lui, je parle de l'enfant de manière générale. En attendre le moins possible. C'est-à-dire, je ne sais pas moi, s'il ne veut pas monter dans la poussette et qu'il préfère marcher à côté de la poussette, bon ben ok, tu marches. Au contraire, s'il préfère être tenu dans les bras, par exemple, si c'est possible. Encore une fois, toujours dans un truc de sécurité. S'il ne veut pas mettre sa ceinture de sécurité dans la voiture, on met quand même la ceinture de sécurité, évidemment. Mais voilà, on essaie de ne pas lui poser trop de questions. On essaie aussi de subvenir à ses besoins primaires. Est-ce qu'il a faim ? Est-ce qu'il a soif ? Est-ce qu'il est fatigué ? C'est-à-dire, peut-être qu'il n'a pas envie de parler du tout. Proposer, évidemment, des contacts affectueux, mais sans lui imposer. Parce que nous, on a peut-être très envie de lui faire un câlin après huit heures de séparation.
- Speaker #1
Moi, ma fille, elle court comme ça et j'ai l'impression qu'elle va me faire un câlin. Et elle s'arrête nette et elle me dit « T'as pris à manger, maman ? »
- Speaker #0
Exactement pareil avec mon fils. On le voit, il a... Parce que je vais souvent le chercher avec mon conjoint, donc on est deux. Il y a une porte vitrée. Donc on le voit, il est comme ça à la porte vitrée, genre il veut absolument nous voir, donc on est trop contents et tout. La maîtresse ouvre la porte, il fonce, et en fait il va au niveau de la poussette pour aller prendre les biscuits. Et à ce moment-là, genre, ah bon bah ok. Et puis quand il n'y a pas de biscuits dans la poussette, il a miam Ah ouais,
- Speaker #1
c'est un drame s'il n'y a pas à manger, c'est cathartique.
- Speaker #0
Et tu vois par exemple cette histoire de miam miam, mon fils il va avoir 3 ans, ça fait bien longtemps que je lui dis qu'il ne faut plus dire miam miam. Est-ce que je peux avoir à manger s'il te plaît ? Mais là, ce n'est pas le moment. Il ne faut pas lui dire, Andrea, est-ce que tu peux me demander gentiment à manger ? Non, non. Là, voilà. Justement, je sais que c'est le moment où toutes les crises vont arriver, où les décharges sont là. Ce n'est pas le moment de lui apprendre quoi que ce soit. Encore une fois, il a passé la journée à apprendre. Là, tu veux ton cracker, tu auras ton cracker.
- Speaker #1
Là, tu sais ce qui n'est pas évident aussi, c'est moi par exemple, à la sortie de l'école, tout de suite, on va juste en face, il y a une petite aire de jeu. Donc, les parents se retrouvent là. Donc, tu es quand même... Avec ton enfant et les autres enfants, et donc les autres parents, et donc tu as la pression sociale aussi de comment ils se comportent, est-ce qu'ils se disent merci et tout. Et de ce que j'entends, peut-être que je me trompe, mais je me dis que ce n'est pas le moment non plus de lui apprendre la politesse, le partage, mais tu as les autres parents qui te regardent. Donc limite, il faudrait éviter ça.
- Speaker #0
Oui, c'est bien, tu commences à faire le lien avec ce dont on va parler tout à l'heure, de la comparaison. Il faut se dire que tous les parents passent toujours, enfin on passe par les mêmes problèmes avec nos enfants. les mêmes problématiques. C'est-à-dire, effectivement, parfois, je vois des enfants qui se jettent dans les bras de leurs parents et je me dis, j'aimerais tellement que mon fils me fasse pareil. Mais en même temps, juste après, je vois l'enfant qui... Bah justement qui se roule par terre parce que sa maman lui avait apporté la gourde bleue au lieu de lui apporter la gourde rouge et je me rappelle qu'en fait on est exactement tous pareil et...
- Speaker #1
Je pense que ce serait peut-être de passer le mot tu vois de moi dire comme une fois il y avait une maman qui m'avait dit devant moi à Rose mais j'ai entendu ton merci t'as pas obligé de me le dire de chaque fois tu vois et moi ça m'avait enlevé un poids et je me dis c'est peut-être de passer le mot tu sais un peu comme ça mais pour que tous les parents se... saute cette pression et qu'on puisse justement créer ce cadre sans les laisser faire n'importe quoi. Mais tu sais, ils sortent de l'école et donc c'est peut-être un moment où on lâche prise un peu sur certaines choses.
- Speaker #0
Je suis d'accord, mais je pense, tu vois, que là, c'est culturel. Parce que moi, j'habite à Londres et ça, on l'a pas mal, tout justement. Quand un enfant est en pleine crise émotionnelle, je trouve que nous, parents, on s'échange des regards beaucoup plus « I feel you » , quoi. Soit c'est des enfants, soit c'est des parents qui ont des enfants plus grands et qui peuvent nous dire une petite phrase genre « J'ai connu ça, ça va passer, tout passe » , ce genre de choses. Soit on a les enfants littéralement qui sont dans la même classe et on a ce petit regard un peu complice du style « Oui, oui, voilà, it's a fact, c'est un fait, ça arrive, c'est comme ça » . J'ai l'impression qu'en France et en Belgique, du coup, tu viens en Belgique, en tout cas dans les pays francophones, il y a tellement cette nouvelle mouvance de l'éducation dite positive. ça ne devrait pas exister l'éducation positive, ça devrait être une éducation normale, mais il y a tellement une fracture dans la société entre les personnes qui font cette éducation-là, mais qui se sentent jugées comme étant des parents laxistes, et est-ce d'autres parents qui, du coup, eux, ont une méthode d'éducation un peu plus coercitive et qui vont juger justement les parents dix laxistes, bref. Et du coup, je me demande s'il n'y a pas un peu ce regard de « mince, je fais comme ça, mais je vais être jugée, et est-ce que je fais bien ? » Alors que... J'ai l'impression que dans les pays anglophones, on est tous à peu près alignés. Alors, je ne dis pas qu'on fait les choses très bien et tous très bien et tous parfaitement, loin de là. Mais c'est moins... On est peut-être un peu moins dans le jugement. Donc oui, je sais que quand mon fils se roule par terre devant d'autres parents, ici en Angleterre, je n'ai aucunement le poids du regard des parents. Et c'est vraiment quelque chose qui ne m'importe pas du tout. Par contre, lorsque je rentre en France, Merci. alors que je ne l'ai peut-être pas forcément mais je me crée l'idée que un parent doit me regarder mal ok, ça sera à creuser dans un autre épisode sinon on ne va pas réussir à parler de nos sujets on parlait de ce moment de décharge donc en effet, il y a des choses qu'on peut faire pour essayer de les limiter c'est pas grave quand ça arrive mais par contre Là où ça peut un peu nous mettre la puce à l'oreille, un peu en lien avec ce que je disais tout à l'heure, c'est est-ce qu'il se passe quelque chose à l'école ou ailleurs qui est difficile et que du coup l'enfant exprime de manière très intense à la maison ? C'est si on sent vraiment que les crises sont hyper intenses, extrêmement répétées. C'est vraiment tous les soirs, avec n'importe de ce qu'on peut mettre en place, ça ne change pas. Qu'en plus de ça, il y a un peu tous les signes dont je t'ai parlé tout à l'heure. et que ça ne passe pas. Ça ne passe pas avec le temps. Donc là, en effet, on peut se poser la question de pourquoi est-ce que c'est si intense, et donc en parler à la maîtresse, savoir est-ce qu'il se passe quelque chose à l'école, et potentiellement, si personne n'a d'explication, ou alors il y a une explication, mais il n'y a pas d'outil qu'on connaît, là, on peut aussi aller consulter.
- Speaker #1
Trop bien. On va passer à l'autre sujet, mais j'avais juste envie de rebondir sur ce que tu as dit tout à l'heure, sur les choses qu'on peut peut-être faire. Moi, ce qui me vient aussi, c'est que ce n'est pas pour ça aussi qu'ils ont absolument besoin de choisir. Quand elle veut écouter, admettons en ce moment, elle est sur Boucle d'or. J'ai redécouvert cette histoire, ce n'est pas foufou. Mais bon, elle est sur Boucle d'or. Et donc, elle veut choisir quelle boucle d'or sur le téléphone. Et je me dis, là, c'est là où il faut aussi lâcher. Ok, vas-y, choisis,
- Speaker #0
je suis complètement d'accord avec toi encore une fois l'enfant il a passé 8h à rien choisir et donc ça peut être intéressant de lui redonner un peu ce saut du pouvoir de pouvoir choisir à sa hauteur certaines choses qui ne le mettent pas en danger qui mettent en danger personne mais oui comme je disais choisir de marcher ou d'aller dans la poussette de monter tout seul dans la voiture ou d'être aidé, de passer par ce chemin plutôt qu'un autre mais ne pas non plus tomber dans un extrême qui peut mettre l'enfant un peu en court-circuit de « on me donne trop de choix, je ne sais pas quoi faire, je ne sais pas quoi choisir » ou avoir un peu cette impression de responsabilité. de voilà après dans les limites de respect de la limite personnelle du parent qui vient de passer la journée au travail aussi c'est pour ça que ça n'a aucune incidence si c'est choisir un chemin qui fait faire dormir des cours non ok trop bien alors le
- Speaker #1
sujet que je voulais absolument aborder avec toi parce que là je le vis je suis en plein dedans c'est le fameux t'es plus ma copine justement j'en parlais avec des parents des copains et copines de Rose et notamment une maman d'un garçon qui disait, mais moi, son petit garçon, il a 6 mois, 9 mois plus que Rose. Mais voilà, elle n'a pas l'impression d'avoir vécu ça, d'avoir entendu dire avec ses copains à lui, tu n'es plus mon copain. Peut-être que ça arrive aussi. Donc, une des questions que j'avais pour toi, c'est est-ce que c'est un truc un peu plus de fille, ça, et pourquoi ? Mais déjà, est-ce que c'est normal encore, ça ? Ça fait partie de l'apprentissage des relations ? ou pareil, on doit s'en inquiéter. Puis alors, comment on réagit ? Je te dis, moi, comment je réagis ? Tu me diras si c'est bien. Moi, je te dis que c'est pas bien. Tu vas me dire que c'est pas bien, peut-être que c'est moi.
- Speaker #0
Ça fait plusieurs semaines que je dis ça.
- Speaker #1
Bon, voilà. En gros, je dis, non, mais je dis, oh, ben, t'es plus ma copine. Ça, c'est des mots méchants. Qu'est-ce que tu peux lui dire à la place ? Peut-être que tu peux lui dire, ben là, tout de suite, j'ai pas envie de jouer avec toi ou je suis fâchée.
- Speaker #0
Alors ? Alors, plein de questions dans ta question. Comment peut-être ? essayons de comprendre au départ pourquoi est-ce qu'une petite fille dit t'es pas ma copine les enfants dans leur apprentissage de la relation c'est très basé dans l'ici et maintenant tu n'es pas ma copine, t'es plus ma copine ça veut pas dire que tu seras plus jamais ma copine je ne te parlerai plus jamais très souvent c'est là maintenant j'ai pas envie de jouer avec toi à ça et donc ça se traduit par t'es pas ma copine ça veut pas dire que ça ne blesse pas l'autre enfant qui est en tant que elles sont très blés à chaque
- Speaker #1
fois on voit bien que ça les impacte Oui.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, c'est parce que ça les impacte que ça se rejoue. Du coup, le « t'es pas ma copine » , il naît aussi du fait que l'enfant, il n'a pas le vocabulaire émotionnel pour dire « là, maintenant, je suis fâchée. Ce que tu m'as dit ne m'a pas plu. Tu ne joues pas de la façon dont j'ai envie de jouer avec toi. Donc, ce que je vais faire, c'est que je vais prendre ma voiture, ma poupée, mon agent et je vais me mettre de mon côté. Et toi, tu pourras revenir quand j'aurai fini. » Impossible, mais jamais.
- Speaker #1
C'est vrai que nous, on n'y arrive pas.
- Speaker #0
Donc, ce que tu fais, c'est très bien. Il y a juste une nuance que je mettrais. C'est que je dirais pas que c'est un mot méchant.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Parce que, encore une fois, les enfants font des raccourcis. Donc, tu dis un mot méchant, ça peut vouloir dire pour un enfant, tu es méchant. Il faut pas du tout qu'elle ait cette idée.
- Speaker #1
Après, j'ai un bouquin, j'ai un livre qui dit, tu sais, tu n'as pas le droit de me faire de mal et qui explique qu'il y a des mots qui font du mal. C'est ça. Je pense qu'elle a compris la nuance, mais peut-être pas. Donc, il faut faire attention.
- Speaker #0
mais c'était plus parce que j'avais lu ça et je me suis dit tiens l'autre jour on a parlé des mots méchants alors après effectivement si ça fait écho à d'autres discussions que vous avez eu avant tu connais ta fille, tu connais sa sensibilité sa compréhension des mots sa compréhension des émotions donc évidemment chaque cas est singulier et voilà mais je veux dire de manière générale dire à quelqu'un tu dis des mots méchants j'ai peur que le mot qui serait le plus retenu dans cette phrase c'est méchant et en plus
- Speaker #1
Tu peux peut-être rappeler pourquoi c'est important ? Parce que là, je pense qu'il y a plein de parents encore qui disent à leurs enfants qu'ils sont méchants ou méchantes. Tu n'as pas l'air d'être d'accord avec ça.
- Speaker #0
Non, non, non. Ce n'est pas dire à l'enfant qu'il est méchant. Alors, en effet, c'est toujours mieux de dire tu as eu un mauvais comportement. Tu n'as même pas besoin de dire le mot méchant. Tu as eu un mauvais comportement. Ce que tu as fait n'était pas bien. Voilà. on essaye d'éviter comme ça les mots valides on va dire où l'enfant peut mettre des étiquettes peut l'associer à sa valeur mais par contre proposer des alternatives alors déjà effectivement essayer de travailler l'empathie de l'enfant qu'est-ce que tu penses que ta copine a senti à ce moment-là qu'est-ce que tu as voulu lui dire quand tu as dit ça comment tu aurais pu faire différemment et ne pas que poser des questions mais aussi proposer donc de lui dire tu peux dire là maintenant que tu n'avais plus envie de jouer avec elle à ce jeu là mais que plus tard vous pourrez rejouer ensemble voilà essayez de lui apporter des outils et en fait c'est génial parce que ça te donne un terrain incroyable pour lui apprendre les conflits, la résolution de conflits la place dans soit le groupe, soit dans le binôme, gérer les émotions, parce que ce qui est important aussi de faire passer comme message. à l'un comme à l'autre, donc à la personne qui le dit comme à la personne qui le reçoit, c'est on n'est pas obligé d'aimer tout le monde et on n'est pas obligé d'être aimé de tout le monde. Et on n'est pas obligé de vouloir jouer avec tout le monde et on ne peut pas obliger quelqu'un à vouloir jouer avec soi. Alors, ne pas mettre la responsabilité sur celle qui a reçu l'autre et pas ma copine, du style là, tu aurais dû comprendre qu'elle ne voulait pas jouer. Non, ce n'est pas à elle de gérer ça. Mais voilà, de dire, tu sais, parfois... Si elle n'a pas envie de jouer avec toi à ce moment-là, ce n'est pas grave. Tu peux lui proposer de jouer à autre chose, à un autre moment. Trouver des résolutions de conflits, des outils de résolution de conflits.
- Speaker #1
J'ai juste une petite parenthèse que j'aime bien ce que tu dis parce que ça me fait me dire... Moi, j'ai appréhendé ce moment-là. Je ne sais pas ce qu'il joue en moi, on ne va pas parler de ça aujourd'hui. Je vais aller voir ma psy. Merci à moi. Mais en gros, tu vois, j'appréhendais et je me dis, de le voir comme ça, de me dire, mais non, c'est juste une opportunité de lui apprendre des choses. On s'est transformé en maman coach, mais voilà, c'est une opportunité. Déjà, moi, ça me, ça me, ça me enlève un poids et puis ça me donne envie, quoi.
- Speaker #0
Mais ce que tu dis, ne pas se transformer en maman coach, je suis pas, je suis pas d'accord dans le sens où, enfin, je suis pas d'accord. Je mettrais la nuance qu'en fait, en tant que maman, on est coach. Parce que notre enfant, l'enfant n'est qu'apprentissage. Il n'y a que... toute situation peut être une situation d'apprentissage. Donc, une situation de conflit, une situation qui te met un peu le focus sur là, il s'est passé quelque chose sur lequel je dois un peu porter mon attention, utilisons-le pour en faire quelque chose de positif.
- Speaker #1
C'était plus dans le sens aussi, on a une autre journée de travail, on est un peu fatigué, il y a des fois, si on n'utilise pas la situation comme une opportunité,
- Speaker #0
c'est bon. Évidemment, on ne va pas passer toute notre... Et puis, ce serait horrible pour l'enfant aussi. Vas-y.
- Speaker #1
alors attends je prends mon carnet on va analyser les choses mets toi sur le divan ok trop bien je crois que tu as fait à 18h17 on ne s'était pas trop bien et alors du coup est-ce que c'est plutôt genré cette histoire de t'être plus ma copine la
- Speaker #0
phrase t'es plus ma copine serait plus genré un peu c'est la société qui nous fait voir ces choses là de cette manière là Déjà, les amitiés chez les filles se construisent beaucoup plus au niveau... C'est beaucoup plus structuré et beaucoup plus dans le one-to-one, beaucoup plus en binôme. Il y a beaucoup plus de côté... Il y a une graduation dans l'amitié. J'ai une meilleure amie ou deux meilleures amies, et j'ai d'autres amies, et j'ai des copines, et voilà. Donc une fille... elle construit un peu plus ses amitiés de manière structurée les garçons c'est plus des clans, des groupes et donc à part ça, en parallèle une petite fille, je pense que tu es très bien placée pour le savoir vu le nom de ton podcast on lui apprend à être sage on lui apprend à être douce on lui apprend à communiquer sur ses émotions de manière adaptée la dernière chose est très très bien mais une enfant, une petite fille qui... tapent à l'école, va être beaucoup plus vite réprimandée qu'un petit garçon. Un petit garçon, c'est « Oh, il se chamaille, c'est normal. » Ici, à Londres, on dit « boys, boys » . C'est des boys, boys. En gros, c'est des garçons qui jouent à la bagarre, qui jouent aux garçons. Génial. Mais donc, les petites filles, elles vont, vu que lorsqu'elles veulent montrer leur agressivité ou leur colère, on va dire, parce qu'en fait, le... le « t'es plus ma copine » , c'est une agressivité relationnelle. Donc, quand elles veulent montrer leur agressivité physiquement, on les réprimande, elles vont trouver un autre moyen. Et donc, ça va être un moyen plus d'exclusion, plus de « t'es plus ma copine » , en fait, pour avoir le même résultat. C'est-à-dire l'enfant qui part, qui ne va plus être en interaction avec elle. Les garçons, ils vont aussi avoir cette agressivité relationnelle, mais eux, ça va être plus du coup de la bagarre. Ou alors, exclure le garçon du groupe. On ne va pas jouer avec toi. Tu ne seras pas dans notre équipe de foot. Tu ne vas pas jouer avec nous. Enfin, voilà, c'est plus quelque chose de plus physique. Alors que chez les filles, ça va être plus dans la relation.
- Speaker #1
Ok, mais on ne va pas forcément vouloir que nos filles se battent pour autant. On va faire tout. Non,
- Speaker #0
mais vous avez dit que c'était pour apprendre. Parce qu'en fait, le résultat est le même. C'est-à-dire qu'il y a une exclusion de l'enfant, il y a une blessure chez l'enfant qui exclue, il y a des difficultés relationnelles. Donc on doit traiter cette problématique avec des outils. qui au final sont quasiment les mêmes, que ce soit lorsqu'on tape ou quand on dit t'es plus ma copine.
- Speaker #1
Alors il y a autre chose que moi je vois apparaître, chez ma fille en tout cas, qui me font penser, comme je te disais, un peu aux prémices de la comparaison. Donc là actuellement, c'est pas tant, moi j'ai jamais entendu me dire elle fait les choses mieux que moi, mais alors elle cherche l'attention, donc si sa copine fait un truc, elle va vouloir faire pareil. Et regardez-moi, regardez-moi. Donc voilà. Voilà, je sens qu'elle regarde un peu ce que font les autres. Et je me demandais, tiens, est-ce que ça commence... Parce que moi, c'est un truc que, comme je t'ai dit, j'ai un peu souffert de la comparaison une bonne partie de ma vie. Donc, je pense que j'ai un scan, un laser en mode « Oh là, elle est peut-être en train de commencer à se comparer ! » Donc, est-ce que ça, c'est les prémices de la comparaison ? Pas du tout. Puis la comparaison, justement, ça va venir. Ça, c'est aussi un truc. Est-ce que c'est genre ? Parce que ça, c'est peut-être un truc aussi qu'on apprend au fil, à mon avis, dans les dessins animés. Par exemple, Cendrillon, ses sœurs, il y a cette histoire de comparaison, de jalousie, etc. Donc est-ce que, parce que là, je suis encore partie sur dix questions en une, on va commencer par la première. Est-ce que ça, ça pourrait être les prémices de la comparaison, les comportements que je te décris ? Et est-ce que c'est normal ?
- Speaker #0
Alors, je ne dirais même pas que c'est les prémices de la comparaison, je dirais que c'est la comparaison. Mais la comparaison, ce n'est pas du tout négatif.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
La comparaison, ça fait partie du processus normal chez un enfant de pouvoir explorer tout ce qui est possible de faire. C'est-à-dire que les autres, les copains, copines, peuvent aussi être des points de repère, des modèles pour faire certaines choses et découvrir qu'il est possible de faire d'autres choses, qu'il est possible de les faire différemment, qu'il est possible de les faire mieux, etc. Donc, se comparer... De base, c'est un processus complètement normal et même profitable pour l'enfant. Et en fait, ce qui est génial, c'est que les petits-enfants ont en général une vision assez optimiste de leurs compétences et de leurs capacités. Donc, ils ne partent pas du tout du principe qu'ils n'y arriveront pas. Ils partent du principe qu'ils y arriveront et ils essayent, Et en fait, après, c'est dans le regard qu'on va mettre sur elle, dans la... Je dis elle, là, je parle des petites filles, mais... dans le retour que les adultes vont faire. Et ensuite, en grandissant aussi, les enfants vont se rendre compte qu'en effet, il y a des enfants qui sont plus doués pour faire certaines choses que d'autres, soit parce qu'ils ont eu l'expérience, l'activité extrascolaire qui fait qu'eux, ou même une prédisposition. Et donc, là, il va y avoir peut-être une comparaison un peu plus difficile qui va se faire, mais c'est à nous d'accompagner ça. Et c'est à nous de montrer qu'en fait, L'idée, ce n'est pas de dire que tout le monde est égo, tout le monde est pareil, tu peux réussir exactement tout pareil que les autres, mais c'est de montrer que chacun a ses compétences spécifiques et surtout, ce qui est très intéressant à montrer, c'est qu'il faut faire la différence entre le mouvement, par exemple faire la roue, le mouvement que l'enfant voit qui est fini et bien réalisé par ce qu'il y a eu derrière. beaucoup d'essais-erreurs et la petite fille qui essaye pour la première fois et qui du coup fait une erreur ou en tout cas ne le fait pas très bien. C'est-à-dire qu'elle va comparer son moment à elle qui est l'essai 1 à l'essai 38 de l'autre petite fille. Donc il faut lui montrer que la comparaison parfois ce n'est pas forcément envers l'autre, c'est aussi envers soi. Tu l'as fait une fois, tu l'as fait deux fois, tu l'as fait trois fois, tu as vu, la troisième fois était meilleure que la première. Donc tu te compares à toi-même et c'est là où tu te rends compte que tu réussis de mieux en mieux.
- Speaker #1
Mais quand elle, par exemple, sa copine fait une roue, elle fait une roue. Donc voilà, là on comprend que c'est trop bien, elle est en train de miroir un peu, elle est en train d'acquérir une nouvelle compétence. Mais quand elle te regarde en mode, regarde, t'as vu maman ? Ou même parfois ma fille, elle appelle carrément les parents des autres enfants. Vous avez vu ? Est-ce que là, c'est OK ou ma fille, elle est déjà trop dans la valorisation par le regard des autres ?
- Speaker #0
Non, c'est peut-être une recherche d'attention. Parce que potentiellement, elle a vu cette petite fille qui faisait la roue et une maman qui l'a applaudie. Donc du coup, elle va rechercher la même chose. C'est peut-être un petit peu à creuser pour voir en effet, est-ce que le regard de l'autre est très important pour elle ? Pourquoi ? Qu'est-ce que ça lui apporte quand elle l'a ou quand elle ne l'a pas ?
- Speaker #1
En l'occurrence, Rose, elle adore les gens. Elle adore les parents de ses copains. Donc, après, je me dis juste que c'est aussi une manière pour elle de nourrir la relation, etc. Exactement,
- Speaker #0
de rentrer en communication.
- Speaker #1
OK. Et puis, peut-être d'être vigilante, nous aussi, à nos réactions. Aussi, peut-être de survaloriser, toujours leur dire bravo, bravo ou des choses comme ça.
- Speaker #0
Non, dire bravo, bravo, c'est très bien. En fait, je pense que ce qui serait un petit peu problématique, c'est parce qu'en fait, les enfants ne sont pas dupes. Donc, si Rose voit une petite fille qui fait une roue parfaite, et qu'elle, elle fait une roue qui n'est pas parfaite, et elle le sait, et que toi, tu es là, « Waouh, mais c'était extraordinaire ! » Mais non, c'était aussi bien que l'autre petite fille, ne t'inquiète pas, t'es aussi... Là, ce n'est pas ouf parce que du coup, elle pense que tu lui mens. Enfin, elle comprend que tu lui mens, donc déjà, ce n'est vraiment pas bien que l'enfant puisse se dire que son parent lui ment. Mais en plus de ça, elle va se dire que toutes les deux, vous n'avez pas le même objectif, que tu n'as pas compris son objectif. Son objectif, c'est de faire une roue parfaitement, ou en tout cas, dans sa manière de percevoir la perfection. Et donc, tu peux l'accompagner, comme je disais tout à l'heure, si tu continues à refaire le même mouvement, tu y arriveras de mieux en mieux. Tu peux lui montrer comment placer ses mains. Regarde, observe comment est-ce qu'elle place les mains, cette petite fille, comment est-ce qu'elle a jeté ses jambes, enfin bref. Et lui apprendre à voir des repos. de motivation chez l'autre, plutôt que de comparaison négative.
- Speaker #1
Ah j'adore ! Ah bah ça j'ai trop envie de l'apprendre ! Moi j'ai découvert ça à 30 ans, tu vois, qu'on pouvait s'inspirer des autres, pas juste se comparer.
- Speaker #0
Mais justement, il y a aussi un truc que je trouve hyper intéressant, quand tu disais est-ce que c'est les prémices de la comparaison, comme je te disais, se comparer chez les enfants c'est top, mais je pense que là où ça commence à devenir problématique, Ce n'est pas à cause des enfants, encore une fois, c'est à cause des adultes. C'est souvent à la rentrée à l'école. Parce qu'à l'école, on commence à avoir des groupes de niveau, des groupes de niveau de sport, des notes, des appréciations des profs, en disant « ça c'est très très bien, bravo » et qui va dire à l'autre « je pense que tu devrais encore relire ta leçon » . Donc il a dit très bien à elle, il n'a pas dit très bien à moi. en fait On ne va pas pouvoir l'annuler, ça. Mais nous, en tant que parents, on peut essayer de l'amoindrir et surtout de faire en sorte que l'enfant ne se dise pas que parce qu'il arrive moins bien quelque chose, c'est quelque chose qui parle de sa valeur.
- Speaker #1
Trop bien. Dernière question, tant que j'ai encore toute ton attention et énergie. Oui, on avait dit, tu vois, à partir de quand aussi, on doit commencer à s'inquiéter de ce que notre fille vit dans une relation amicale et qui peut être, là, pour le coup, les prémices du harcèlement ? À partir de quand ? Toi, c'est plus seulement des disputes ou des amitiés qui se font, qui se défont, mais quelque chose de plus préoccupant. Et puis, ça vaut pour les filles et pour les garçons, d'ailleurs.
- Speaker #0
Oui. Alors, ça vaut pour les filles et pour les garçons, mais souvent, comme je disais, ça va revêtir des...
- Speaker #1
Formes différentes.
- Speaker #0
Des comportements un peu différents. Oui. Mais voilà, le fond est le même. On peut commencer à parler de harcèlement entre tous. Même en maternelle, on peut parler de harcèlement. Et en fait, la chose qui serait à faire attention, c'est la différence entre le conflit et le harcèlement. Le conflit, il est ponctuel et l'enfant le traverse avec plus ou moins de souffrance, de difficultés, de larmes. Mais ils le traversent. Le harcèlement, c'est quelque chose qui va être répété. Ah oui, et surtout aussi dans le conflit, il y a comme une espèce d'équilibre. Un jour, c'est Rose qui n'est pas copine avec Tartampion et un jour, c'est du coup Tartampion qui n'est pas copine avec Rose. Il y a un peu ce côté un peu plus équilibré. Alors que dans le harcèlement, c'est toujours le même enfant qui est visé, c'est répété, c'est souvent... une personne va commencer à utiliser le groupe pour exclure la personne concernée. Donc, ce n'est pas juste, je n'ai pas envie de jouer avec toi, tu es plus ma copine. C'est dire aux autres, si tu joues avec elle, je suis plus ta copine. Si tu lui donnes ce jouet, je suis plus ta copine, etc. Donc, c'est vraiment utiliser l'effet de groupe. Et dans l'effet de groupe, il va y avoir des personnes qui vont être vraiment acteurs. de la situation. Il va y avoir des personnes qui vont suivre au bout d'un moment et des personnes qui vont être spectateurs mais qui ne vont rien faire de peur d'avoir des répercussions. Mais il y a, en général, un enfant qui en est la victime. Donc là, c'est vraiment du harcèlement. Peut-être que la différence entre la maternelle et plus tard, c'est qu'à l'âge de maternelle, les enfants n'ont pas cette notion d'empathie, cette notion de vraiment... détruire, c'est un peu fort le mot, mais je veux détruire l'autre, je veux détruire psychologiquement l'autre. C'est juste un comportement ne m'a pas plu, donc je vais arriver à mes fins de plein de manières différentes. Mais n'empêche que la réalité, c'est que l'enfant est harcelé, l'enfant est exclu, l'enfant a peur, et l'enfant surtout ne sait pas comment s'en sortir. Et donc ça, c'est vraiment la différence entre le conflit et le harcèlement. Donc le « t'es pas ma copine » , au début, encore une fois, il n'est pas à banaliser. On en parle, on essaye de résoudre les choses. Mais ça peut glisser au bout d'un moment sur du harcèlement lorsqu'on voit que c'est répété.
- Speaker #1
ça arrive toujours à la même personne ou aux mêmes personnes du moins s'il y en a quelques unes et il y a cet effet de groupe et comment je pense que tu nous as déjà un peu dit tu vois mais comment on réagit si on commence à sentir qu'il y a peut-être notre fille est peut-être victime de harcèlement,
- Speaker #0
là c'est pareil on va avoir la maîtresse ouais alors donc déjà comment est-ce qu'on s'en rend compte Ce que je disais un peu tout à l'heure, ça vaut aussi pour ça. Par exemple, à la maternelle, il va y avoir des signes du style l'enfant refait pipi au lit, l'enfant a peur d'aller à l'école, est craintif avec les autres enfants de manière générale, même quand on l'emmène au parc, ce genre de choses, on sent qu'il y a un comportement différent d'avant. Alors évidemment, dans ces moments où, quand on parlait au début de soir, de dîner, où on pose des questions, on voit s'il y a des choses qui émergent. Lorsqu'on se rend compte qu'il y a quelque chose qui ne va pas et on suspecte du harcèlement ou en tout cas une situation problématique à l'école, le plus important, je pense, c'est d'en parler à la maîtresse. Il faudrait éviter de prendre les parents à partie. Déjà parce que ce n'est jamais agréable pour un parent d'avoir une accusation d'un autre parent. donc entre deux poussettes je pense pas que ça va créer une situation bénéfique mais en plus de ça, ça risque de devenir un conflit d'adultes où l'enfant est un peu instrumentalisé dans ce conflit d'adultes donc ça met une responsabilité même sur la victime parce que du coup maman elle s'est engueulée avec la maman de machin c'est à cause de moi encore une fois les enfants sont pas adultes quand même on leur dit pas, ils entendent, ils comprennent voilà et ils absorbent tout ça donc vraiment en première instance on va voir la maîtresse et on lui demande ce qu'elle observe non seulement on lui demande ce qu'elle observe mais en plus on lui demande comment sont gérés les conflits quels outils ils mettent en place si la maîtresse n'a pas réalisé lui demander du coup Merci. quelles choses vont être mises en place pour qu'il y ait plus de vigilance, pour qu'il y ait plus d'outils, pour qu'il y ait... Comment ça se fait que je ne t'en ai pas rendu compte ? Et aussi demander un suivi. OK, on refait le point dans trois semaines. Ce n'est pas genre, oui, oui, OK, c'est bon, tu vas gérer. Et même trois semaines, c'est beaucoup. On fait le point la semaine prochaine pour voir ce que tu as observé, pour voir ce qui est mis en place, etc. Si vraiment on sent que malgré tout ça, Et malgré une maîtresse qui veut prendre les choses en main et qui est coopérative, etc., ça continue à être compliqué pour l'enfant, pour notre enfant, on peut aller consulter. Mais ensuite, aussi, en parallèle, et même avant d'aller consulter, on en parle à l'enfant. Essayer de lui poser aussi des questions, non pas pour le responsabiliser, genre tu aurais dû dire ça, tu aurais dû répondre comme ça, non mais c'est vrai que si tu fais ça, c'est normal, quand tu développes la thérapie. Pas du tout, absolument pas. mais vraiment de qu'est-ce qui s'est passé ? Est-ce qu'il y avait des gens autour de toi ? Est-ce qu'il y avait un adulte qui a regardé ? Comment tu t'es sentie ? Qu'est-ce que tu as fait après ? Est-ce que tu as pu en parler avec quelqu'un ? Voilà, c'est vraiment toutes ces informations vont nous donner un peu cette indication de est-ce que c'était un conflit ou est-ce que c'est quelque chose... Est-ce que ça s'est déjà passé auparavant aussi ? Pour un peu plus nous donner cette indication de OK, c'est vraiment une problématique de... potentiel harcèlement ou si c'est un conflit qu'on va gérer différemment.
- Speaker #1
Trop bien. Allez, dernière question, mais j'ai la réponse qui m'est peut-être venue en tête.
- Speaker #0
Tu vas me dire.
- Speaker #1
Franchement, ça fait peur parfois quand on voit ce qui se passe à l'école, ce qu'on entend, ce qui peut se passer. Moi, c'est un truc qui me fait peur quand même. Je me dis, voilà, comment je peux équiper Rose au mieux ? Qu'est-ce que je peux faire aujourd'hui, même si elle n'en est pas victime maintenant ? Et j'ai l'impression que ce qui me venait, c'était déjà tout ce dont on a parlé. Tu vois, de savoir, déjà, de lui donner, d'apprendre à communiquer avec elle au bon moment, tu vois, le soir, poser des questions pas fermées mais plutôt ouvertes. L'apprentissage de l'empathie, comme tu disais. Parce que si on lui apprend à être empathique, je pense qu'elle peut s'attendre aussi à ce que les autres soient comme ça. Et si c'est pas comme ça, c'est peut-être pas normal. Tout ce dont on parle finalement sur le podcast, tu vois, l'apprentissage du consentement, des limites, tout ça. Tout ce qui va lui donner confiance en elle. Mais est-ce que... Voilà. Parce que du coup, on pourra repartir sur 40 minutes, mais... Tu vois, j'ai l'impression que je me suis dit peut-être que je fais du bon boulot, déjà.
- Speaker #0
Tu fais du bon boulot ? Tu me poses la question, vraiment ?
- Speaker #1
Non, non, mais... En tout cas, il n'y a peut-être pas besoin de choses plus... Je ne sais pas si justement, toi, tu avais des réponses plus spécifiques à comment on peut équiper notre enfant à ce que si ça se passe, ça se passe moins violemment ou à ce que ça ne se passe pas même, tu vois ? Parce que ça sera un enfant qui sera...
- Speaker #0
Est-ce que tu as le coeur que Rose devienne plutôt harceleuse ?
- Speaker #1
Alors les deux. Je t'avais dit un peu en off, comme c'est un peu une lideuse déjà. Parfois, je me dis, oh merde, est-ce que ça, c'est aussi caractéristique ?
- Speaker #0
L'idée, ça ne veut pas forcément dire potentiel harcelage. Non,
- Speaker #1
voilà. Merci. J'avais bien juste d'entendre ça. Tu vois, c'est bon. On peut passer à la question d'avant, donc. Mais en tout cas, est-ce qu'il y a des choses qu'on peut faire pour que notre enfant ne devienne pas une proie facile ? Peut-être que c'était ça, ma question. Et voilà.
- Speaker #0
Oui, lui apprendre à poser ses limites. Parce que... Tout harcèlement commence soit par un conflit, soit par une difficulté de communication ou des situations désagréables pour l'un comme pour l'autre, enfin. Et donc, il y a à prendre, à poser les limites. Ce que tu m'as dit, c'est « je suis en colère, je suis triste » . Et aussi, peut-être justement cette idée de « tout le monde n'est pas obligé d'être ta copine et toi, tu n'es pas obligé d'être la copine de tout le monde » . Je pense que c'est quelque chose qui, même en tant qu'adulte, on a envie d'être aimé de tout le monde, etc. Mais non, en fait. Parce que parfois, le fait de vouloir absolument appartenir à un groupe chez un enfant, ça va un peu le rendre... Même s'il y a des gros red flags, ils vont vouloir quand même continuer à être copains, copines avec une personne parce que ça leur permet de pouvoir appartenir à un groupe. Donc de dire non, en fait, t'as pas besoin de ça. en fait vraiment lui apprendre les bases de la communication et de la résolution de conflits comme on peut le faire en fonction de l'âge de l'enfant donc les apprendre pour soi déjà ? comment ? les apprendre pour soi déjà ? et les mettre en place avec elle et en fait nous sommes en tant que parents les modèles de nos enfants et donc si lorsqu'il y a un conflit entre notre enfant et nous parce qu'il y en a plein, on apprend à régler les choses et on lui apprend à parler posément et à trouver des solutions, fatalement ça va aussi s'exporter Merci. dans leur relation avec leurs copains, copines. Et si tous les parents faisaient ça avec tous leurs enfants, du coup, il n'y aurait plus de harcèlement.
- Speaker #1
Ouais ! On va balancer le podcast à tout le monde.
- Speaker #0
Voilà, exactement. Mais surtout aussi, surtout lui dire si à quoi que ce soit, tu m'entends. Je ne serai jamais en colère, je ne vais jamais te juger. Et surtout, je vais t'aider à traverser ça.
- Speaker #1
Ok. Je pense qu'on aurait pu faire un épisode entier. Donc, je te remercie d'être prêtée au jeu et de m'avoir répondu à cette question immense en quelques minutes. Mais tu nous as donné un déjeuner. C'est trop kishite.
- Speaker #0
J'ai vraiment kishite.
- Speaker #1
Merci beaucoup. C'était passionnant. Franchement, j'ai adoré ce moment avec toi. J'ai trouvé ça hyper intéressant. Et en même temps, tu nous as donné plein de choses très concrètes à mettre en œuvre. Donc, c'est tout ce qu'on aime sur Passage.
- Speaker #0
Donc, à bientôt peut-être. À très bientôt, j'espère, oui.
- Speaker #1
Ciao. C'est déjà la fin de cet épisode du podcast Passage, un podcast animé par moi-même, Alexandra Lacroix, fondatrice du compte Instagram et de la communauté de mamans WeAreChippy. J'espère que cet épisode t'a plu et surtout qu'il t'a donné envie de réveiller un petit grain de réveillon en toi et de révéler celui de ta fille. Si tu penses qu'il pourrait inspirer une autre maman autour de toi, ou un papa aussi, partage-le lui. Et si tu veux me donner un coup de pouce, tu peux laisser 5 étoiles et un petit mot doux, ça compte énormément. A très vite !
- Speaker #2
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