- Speaker #0
Les garçons, ils voient leur pénis, ils voient leurs testicules directement dans le miroir tous les jours. Nos filles, elles ne peuvent pas le faire, c'est compliqué. Donc, offrir un miroir à nos petites filles en leur disant, voilà, ça c'est ta zone intime, du coup tu vas pouvoir l'explorer. Tu as le droit de regarder, tu as le droit de toucher, c'est chez toi. Et c'est important que tu connaisses comment ça se passe dans ton intimité.
- Speaker #1
Bienvenue dans la saison 2 du podcast Passage, le podcast qui libère les filles et leurs mamans. Moi c'est Alexandra, maman de Rose, une petite tornade à l'énergie débordante et au caractère bien trempé. Et tu sais quoi ? Savoir sortir ses épines, dans une société qui attend encore trop d'elle qu'elle soit sage, c'est vraiment tout ce que je lui souhaite. Alors j'ai créé ce podcast, pour moi et pour toutes les mamans qui veulent élire leur fille autrement. Pas sage, obéissante ou gentille à tout prix, mais confiante, libre d'être elle-même, et bien dans leur basket. Des petites filles qui savent dire non, poser leurs limites, s'aimer telles qu'elles sont, qui n'ont pas peur d'essayer et d'échouer, et qui plus tard, sauront aussi se faire reconnaître à leur juste valeur. Alors ici, on démontre les injonctions, les stéréotypes et tous ces vieux réflexes qu'on pense énormément. Tu sais les fameux « t'es pas belle quand tu fais la tête » ? On parle de l'estime de soi, de confiance, de rapport au corps, aux émotions. Et on questionne aussi ce que notre société attend encore des petites filles, mais aussi de la place qu'elles laissent aux enfants. On parle de nos filles, mais aussi de nous. Parce qu'aduquer autrement, ça commence souvent par se libérer soi-même. Et parce que nous aussi, on mérite mieux que d'être sages. Alors, prête à bousculer les règles ? Bonjour Gaëlle !
- Speaker #0
Bonjour Alexandra !
- Speaker #1
Bienvenue sur le podcast Passage.
- Speaker #0
Oui, ça me fait très plaisir d'être là.
- Speaker #1
Je suis trop contente de t'avoir, comme je viens de te dire en off, c'est la première fois qu'on parle du sujet du cycle menstruel sur le podcast. Toi, tu es la fondatrice de Kiff ton cycle, qui est une plateforme d'éducation menstruelle dont tu vas nous parler un peu plus en détail dans la suite de l'interview. Et tu es aussi autrice du livre Kiffe ton cycle, bien connaître son cycle pour mieux vivre. Donc voilà, tu es un peu la référence sur le sujet. Donc je suis trop contente de t'avoir avec nous. Je me questionnais un peu en préparant l'interview sur pourquoi j'avais envie absolument de parler de ce sujet. C'est, je crois que finalement, c'est parce que je n'ai pas envie de transmettre à ma fille, donc j'ai une petite fille de 3 ans, le même rapport que j'ai eu, mais que j'ai encore, je crois, à mon cycle menstruel. Et ce qui est très drôle, c'est que moi, je suis une formation... Alors, pas sur le cycle menstruel, c'est sur l'empuissancement féminin en général de Céline Douer, que j'ai interviewée aussi au micro de passage. Et cette semaine commence le module sur le cycle menstruel. Donc, je suis en plein dedans. Et en même temps, je me disais, il a fallu quand même, tu vois, je suis à l'aube de mes 40 ans. Il m'a fallu tout ce temps pour commencer à vraiment m'y intéresser. Ça fait un petit moment que, évidemment, je commence à comprendre certaines choses. Mais je ne me suis pas encore... Je ne peux pas te dire que je connais très bien aujourd'hui mon cycle menstruel. Et donc... j'ai pas envie que ma fille aussi à 40 ans se réveille en mode ah tiens ça serait bien que j'en sache un peu plus surtout que comme on va le voir toi tu as une vision très positive en fait que le cycle mensuel c'est même un atout pour les femmes, là où nous on a grandi en pensant que c'était plutôt quelque chose de normal mais limite sale, à cacher, etc donc voilà j'ai très envie qu'on puisse revenir sur tout ça et que à la fin de l'interview les mamans qui nous écoutent qui sont principalement des mamans de petites filles. Mais il y a aussi des mamans de petits garçons, donc on va peut-être parler un peu de ce qu'elles peuvent faire elles aussi de leur côté. Mais voilà, qu'elles aient aussi envie de peut-être revoir leur vision du cycle, de leur propre cycle et de comment elles ont envie d'aborder tout ça avec leurs filles. Est-ce que ça te va comme programme ?
- Speaker #0
Mais carrément, et puis en plus je trouve que la question de vouloir parler à ces enfants différemment, c'est souvent ce qui amène finalement le plus de passage à l'action et je suis ravie d'être là.
- Speaker #1
Ok. Alors la première question que je voulais te poser quand même, c'est d'où... Te vient cette mission, je crois que ça fait une dizaine d'années, et quand tu t'es lancée...
- Speaker #0
Ça fait 10 ans.
- Speaker #1
Ouais, 10 ans, et tu me disais quand tu t'es lancée, tu étais un peu la seule à parler de ce sujet, vous étiez peu nombreux. Donc d'où te vient cette mission de vouloir informer, et aujourd'hui mieux informer, parce qu'aujourd'hui on en parle, mais pareil, tu me disais que pas toujours de la bonne manière. Voilà, d'où ça te vient, toi, cette envie de partager sur tout ça ?
- Speaker #0
Forcément de mon histoire. Donc moi j'ai une maladie chronique du cycle qu'on appelait avant SOPK et qu'on appelle maintenant SMOP. Cette maladie faisait que j'avais trois cycles par an à peu près, donc un cycle de 100 jours à peu près à chaque fois. Et j'ai été voir des médecins, comme toute personne normalement constituée en France de mes 17 ans à peu près jusqu'à maintenant, tous les ans, je n'ai que l'écologue, et tous les ans je disais quand même j'ai pas souvent mes règles. Les premières années, on m'a dit, c'est pas grave, on va se mettre sous pilule. Donc, on m'a mis sous pilule, puis j'ai décidé d'arrêter la pilule. Et toujours pas. Et bon, oui, mais si vous voulez pas d'enfant, c'est pas grave. Et puis moi, ça m'arrangeait en vrai, parce que j'étais comme toi, Alexandra. Moi, le cycle menstruel, c'est le truc que je procèderais un peu comme galère, donc pas souvent mes règles. Le médecin me dit qu'il n'y a pas de problème, pas de souci. Sauf qu'un jour, j'ai voulu avoir un enfant, et là, les médecins ont complètement changé de discours. Ils m'ont dit, ça va être problématique quand même avec votre situation. Donc, il faut savoir que jusqu'alors, j'avais pas de diagnostic. sur ce que j'avais. À partir du moment où je souhaite avoir un enfant et que deux ans après le début, donc c'est quand même assez long, ça ne fonctionne toujours pas, j'ai enfin un médecin qui pose un diagnostic sur ma maladie et qui me dit à partir de là, vous allez bien galérer à avoir un enfant, donc on vous envoie en procréation médicalement assistée, donc en AMP. J'ai fait tout le parcours d'AMP, ça a été long, avec plein d'inséminations, enfin tout le max de ce qu'on pouvait faire, et je suis arrivée au stade où j'ai fait une fécondation in vitro. Et il se trouve que le médecin qui me faisait la five partait du centre et voulait partir avec des bonnes statistiques. Elle a poussé à fond les curseurs des hormones qui m'ont été données. J'ai fait une hyperstimulation en variane de stade 4. je suis arrivée dans le coma à l'hôpital et je suis restée plusieurs jours entre la vie et la mort d'accord alors sans être du tout informée de l'existence de cette possibilité quand on fait une procréation médicalement assistée ok on n'avait pas parlé en off donc là je découvre en même temps que tout le monde donc je me dis ok je comprends mieux donc voilà c'est mon histoire et puis ensuite j'ai quand même la chance que cette fille fonctionne, déjà je survis ensuite ça fonctionne, ça c'est la bonne nouvelle Ma fille naît et en fait j'avais pas choisi, je savais pas si c'était un garçon ou une fille jusqu'au jour de la naissance. Et donc sur cette table d'accouchement, remplie de tout ce molestrome hormonal, je réalise que j'ai mis une fille au monde. Et là, en fait ça va être un peu la deuxième épiphanie, la première c'est de me dire voilà il s'est passé quelque chose pendant l'APMA, j'aimerais m'informer pour moi-même. Et la deuxième épiphanie arrive au moment de la naissance de ma fille. où en fait sur cette table d'accouchement submergée d'hormones, je vais prendre la décision de vrai pour l'empowerment des femmes. Parce que je me dis en fait, qu'est-ce que j'ai fait de mettre au monde une fille dans ce monde-là ? Et à ce moment-là, moi je travaillais dans la banque, donc rien à voir. Et donc en fait, à partir de là, je vais commencer à accompagner les femmes en coaching sur l'empowerment. Et en fait, je réalise que mes recherches à titre perso sur le cycle menstruel, elle me montre que c'est le dernier plafond de verre qui est au-dessus de la tête des femmes et qui n'a pas encore été repéré. On a repéré les problématiques de prise de parole, l'éducation genrée. On a vraiment repéré beaucoup de choses d'un point de vue sociétal. Mais nulle part, je n'entends parler du cycle menstruel. Et moi qui ai commencé à faire des recherches à titre personnel dessus, en fait, je réalise que c'est un acteur majeur de nos vies et qu'il a été complètement passé sous le tabou. Je suis à la base quelqu'un qui est passionné en biologie. J'adore voir les gens un peu répugnés quand je leur parle de trucs tabous. Du coup, je me lance sur le sujet du cycle.
- Speaker #1
Ah bah oui, parfait.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Mais justement, la question que je voulais poser aussi, c'est qu'est-ce que ça change concrètement dans la vie d'une femme ? Pourquoi tu dis que c'est finalement un sujet primordial à aborder, si je traduis en plus ce que tu dis, quand on veut empouvoirer, empuissancer les femmes ? C'est pas juste quand on a un problème par rapport à des problèmes de santé qu'on pourrait avoir, des problèmes de menstruation, qu'on doit s'y intéresser.
- Speaker #0
La raison de poser cette question, comme ça a été médicalisé, c'est un peu est-ce qu'il y a un problème ou est-ce qu'il n'y a pas de problème ? Et si je n'ai pas de problème, je ne vois pas pourquoi on en parlerait. Et où est le problème d'ignorer le cycle menstruel et de ne pas le connaître ? En gros, on nous sert un espèce d'idéal de ce à quoi on doit ressembler. Tu vois, moi c'est ma maman qui m'a permis de prendre conscience de ce que je vais te partager là. Parce qu'on nous sert un idéal, et cet idéal, il est « je suis toujours égale à moi-même, je suis toujours capable de tout faire et d'être à fond, d'être à bloc, etc. Et si je suis cette personne, alors je suis quelqu'un de bien. » Et on nous sert cet idéal linéaire. Déjà, le vivant n'est pas linéaire, mais les femmes, avec leur cycle menstruel, vont passer par des fluctuations d'humeur et d'énergie qui vont les faire penser que, déjà, la première chose, on doit les masquer. puisque l'idéal de la société, c'est que je sois linéaire, donc je sois toujours égale à moi-même, donc je dois masquer qui je suis. Et la deuxième chose, que je ne suis peut-être pas normale, parce que comme toutes les autres femmes autour de moi le masquent aussi, mais finalement, je me retrouve dans une situation où je me dis, suis-je normale d'avoir des moments down, des moments up, des moments... Et tu vois, quand je te parlais de ma maman, on a fait un cercle de femmes ensemble, et à la sortie de ce cercle, elle m'a confié, c'est un truc de fou, j'ai cru que ça, il fallait le... cacher toute ma vie parce que j'étais la seule à le vivre.
- Speaker #1
Et quand tu dis ça, c'est quoi en particulier ?
- Speaker #0
Les fluctuations d'humeur et d'énergie.
- Speaker #1
Ah d'accord. Ah oui. Ok. Ah oui.
- Speaker #0
Parce qu'en fait, on vit ça, et puis un jour on se réveille, et la veille on avait le sourire, et puis le lendemain on a moins le sourire. La veille on voyait que la vie était belle, et le lendemain on a envie de hurler sur tout le monde parce qu'il y a des chaussettes sales qui traînent ou je ne sais quoi. Et la veille j'avais plein d'énergie, et le lendemain j'en ai plus du tout. Enfin voilà. Et on vit ces fluctuations d'humeur et d'énergie qui sont normales et qui sont salutaires, mais comme elles ont été passées sous silence, en fait, on passe notre vie à lutter contre. Donc déjà, le premier problème, c'est qu'il y a une déperdition d'énergie folle. pour lutter contre ça. C'est-à-dire là où je pourrais finalement vivre avec cette vague et la surfer, c'est bien la proposition de KiftonCycle, en fait je suis en train de lutter contre elle. Je suis en train de me dire non, non, mais j'ai pas du tout envie d'être celle-là aujourd'hui. Moi le nombre de femmes, et j'étais la première à dire ça, le nombre de fois où je disais je suis pas moi, c'est pas moi.
- Speaker #1
Ah bah oui, oui.
- Speaker #0
Oui, mais si, c'est moi. C'est moi, mais pas dans l'énergie idéalisée que j'ai, en fait.
- Speaker #1
Oui, puis le fait de râler, de ne pas être contente d'avoir ces règles, parce que, par exemple, aujourd'hui, on enregistre un podcast, bon, ce n'est pas le cas, mais ça aurait pu, tu vois. Oui, je vois très bien ce que tu veux dire, en effet.
- Speaker #0
Voilà, et donc, je prends mon agenda, et tu vois, je vais te donner un exemple qui m'est arrivé il n'y a pas longtemps. Je suis allée dans un séminaire, j'attends depuis plus d'un an, je m'étais inscrite il y a plus d'un an à ce séminaire. Je regarde mon agenda, et je sais que mes règles vont arriver pile poil pendant le séminaire. Et bien, avant ça, je me serais dit « Oh non, bazar, non, non, non ! » Et là, maintenant, j'ai compris. Je me suis dit « Ok, qu'est-ce que je fais de ça ? Dans quelle énergie ? » Déjà, un, je vais accueillir l'énergie dans laquelle je suis vraiment et pas l'énergie que je me figure dans laquelle je vais être. Parce que déjà, voilà, c'est très changeant. Ce n'est pas parce qu'on a nos règles qu'on est forcément fatigué. Et puis deux, mais comment ça devient quelque chose de positif pour moi ? Et c'est ça. la différence. C'est-à-dire qu'avant, ça aurait été « Ah non, et puis je serre les dents, et puis ça me saoule, et puis je suis en colère finalement que ça m'arrive à ce moment-là. Faites bol, etc. » Alors que là, en fait, je vais en faire autre chose, parce que c'est moi. Et que moi, dans cette énergie des règles, moi dans cette énergie prémenstruelle, moi, eh bien en fait, tous ces mois-là, ils sont super intéressants pour ma vie. C'est-à-dire que sans eux, moi, j'aurais pas monté la boîte que j'ai faite, les deux boîtes que j'ai montées, j'aurais pas. Parce que j'utilise cette énergie-là positivement.
- Speaker #1
Est-ce que tu as peut-être d'autres exemples concrets de ce que ça peut nous apporter ? Alors peut-être sur... Parce que peut-être que pour des femmes, c'est encore un peu fou, tu vois, quand tu dis j'utilise cette énergie pour monter ma boîte. Parce qu'on a ceci, monter une boîte, il faut absolument avoir plein d'énergie, tu vois.
- Speaker #0
Alors, la première chose, moi, il y a maintenant 17 ans, j'ai fait un burn-out. dans la banque. Et par exemple, si j'avais compris mon cycle menstruel, je n'aurais pas fait de burnout. Pourquoi ? Parce que le burnout, il nous propose d'avoir des temps... Pas le burnout, le cycle ! Le cycle menstruel nous propose d'avoir des temps où on va se ressourcer. En fait, quel meilleur programme dans la vie que d'avoir des moments où on peut y aller pleine balle et des moments où on va se ressourcer ? C'est un peu notre... Notre assurance anti-burnout d'avoir ce système-là. En fait, ce que j'aimerais te permettre de comprendre, c'est vraiment à quel point le processus est parfait et à quel point on l'a piraté. Je compare le cycle menstruel aux vagues. Et donc, à chaque vague succède une autre vague et on va en avoir à peu près 500 dans notre vie. Et on peut choisir d'apprendre à surfer ces vagues. Et le cycle menstruel fonctionne comme une session de surf. Je commence le cycle menstruel, je suis posée sur ma planche, la période des règles. C'est le moment de ressourcement et c'est aussi le moment des choix. Je vais décider en quelle direction je vais. Ensuite, je sens l'énergie qui remonte, c'est les oestrogènes qui sont en train d'accélérer. Et là, je passe dans la prise d'élan, c'est le moment où je me mets à ramer. Et ça, pour le coup, c'est le moment de l'action. Je me mets en mouvement, je fais. Puis ensuite, je sens que la vague me porte et je vais me mettre debout sur la planche. Ça, c'est la période de l'ovulation dans le cycle. C'est le moment où on va rayonner, on va pouvoir interagir avec les gens, dire « Ah, coucou, on va se prendre un café après, la session de surf, etc. » Et à ce moment-là, on a un petit pic de testostérone qui nous booste l'envie d'aller vers les autres et de nourrir les relations. Et puis ensuite, on va arriver dans le tube de la vague, la phase prémenstruelle. Le tube de la vague, c'est la période où on va avoir deux hormones antagonistes qui vont être présentes. Les oestrogènes qui fonctionnent comme la pédale d'accélérateur. et la progestérone qui fonctionne comme la pédale de frein. Les deux sont présents. Donc on est vraiment secoué entre frein accélérateur, frein accélérateur. On dit oui à quelque chose l'après-midi, le soir on n'a plus du tout envie de le faire. Et cette période-là, ça va être une période où, tu vois dans le tube de la vague, je vois moins le soleil. Il arrive moins, moi j'ai moins besoin de rayonner vis-à-vis des autres. Je suis en lien avec moi. Et là je vais aller regarder un peu comme un auditeur de ma vie tout ce qui ne va pas. Je critique tout ce qui ne va pas. Et je repère. Ça me saute aux yeux, tu vois. Vraiment, ça me saute aux yeux. Ça, ça ne me va pas. Ça, ça ne me convient pas. Ça m'agace. Et ensuite, c'est génial parce que c'est un cycle. Et du coup, de nouveau, je me pose sur ma planche. Et de nouveau, je vais pouvoir me ressourcer et prendre des décisions. Si je le résume rapidement, je prends des décisions. Je me mets en action. Je communique avec les autres et j'interagis avec le monde pour faire connaître les actions que j'ai mises en place. Je regarde ce qui ne va pas, je reprends des décisions, je me remets en action. Ce n'est pas magique, ça. C'est un chef de projet génial, on l'a à l'intérieur de nous. Naturellement, c'est ça qu'on nous propose de faire.
- Speaker #1
Mais sauf que quand la troisième semaine, où tu n'es pas censée prendre des décisions à ton travail, on te demande d'en prendre plein. Comment tu fais ?
- Speaker #0
Alors, ce n'est pas tant que tu n'es pas censé prendre des décisions, c'est qu'il faut avoir une lucidité sur de où je prends ma décision.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
C'est-à-dire que si je prends ma décision d'un état émotionnel hyper critique, voire dévalorisant, c'est problématique. Mais en fait, moi, j'aime bien quand même rappeler qu'on est capable de tout faire à tout moment.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Vraiment. Enfin, je veux dire, il n'y a rien. Il y a des études qui ont été faites, même au niveau sportif, etc. Il n'y a pas de baisse de performance en compétition. Il n'y a pas d'incapacité. Donc, on est capable de tout faire à tout moment. Seulement, il va y avoir des moments où il va falloir avoir plus de vigilance de où part ma décision. Parce que tu parles de la période où on est dans le tube, donc la période frémenstruelle, où effectivement, dans l'idéal, il faudrait éviter de prendre des grandes décisions, en tout cas si elles partent de l'émotionnel. Mais il y a une autre période où on prend des décisions qui sont potentiellement sacrément plus délétères pour nous sans s'en rendre compte, parce qu'on le fait avec le sourire, c'est la période où on est dans l'ovulation. Moi, ma fille m'emmène en cours. course au moment de l'ovulation, je lui achète le petit cerceau made in China tout pourri que j'aurais refusé bien avant. Tu vois, parce qu'en fait, j'ai envie de nourrir le lien. Et donc, dans la période de l'ovulation, on peut souvent dire oui à des choses qui ne nous conviennent pas parce qu'on veut nourrir le lien. Et c'est là où c'est génial d'avoir ces alternances-là parce que là où dans l'ovulation pour nourrir le lien, je vais dire oui à des choses, bah en fait, dans la période prémenstruelle après... Je vais avoir l'opportunité de réaliser que ça ne me convient pas ce qui se passe. Et donc je vais pouvoir faire des mises à jour. Si j'étais en permanence en prise d'élan et donc en permanence dans l'action ou dans le fait de nourrir les liens, qui sont les deux phases qu'on a tendance à valoriser socialement, en fait je vivrai une vie à côté de mes ponts parce que je vivrai la vie que les autres ont en vie que je vive. Je me conformerai à leur référentiel et pas au mien. Et ensuite je m'épuiserai. Tu vois le problème ?
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #0
ouais. C'est ça, moi, qui m'embête dans notre structure de linéarité. C'est un système de faire, Mais si je fais tout le temps, non seulement je m'épuise, mais surtout, je n'ai pas de temps de prise de décision, je n'ai pas de temps de créativité. Et donc, je vais faire bêtement quelque chose que j'aurais pu faire sacrément plus intelligemment si j'avais pris ces temps. Et c'est ça, en fait, la... La proposition du cycle, c'est à quel point, en faisant varier les points de vue, je crée une complétude géniale de modes d'action.
- Speaker #1
J'adore. Et donc, en fait, on se rend bien compte que ça peut impacter tous les domaines de notre vie, finalement.
- Speaker #0
Ça impacte tous les domaines de notre vie.
- Speaker #1
Ça impacte tous les domaines de notre vie.
- Speaker #0
Et si on en est consciente, on peut vivre avec, en rire, que ça soit joyeux et en profiter. Et si on n'en est pas consciente, on se fait juste balayer par la vague tous les mois.
- Speaker #1
Ok. Et j'allais te demander en quoi ça nécessite une éducation, parce qu'on pourrait se dire que c'est quelque chose de naturel. Comment tu expliques qu'aujourd'hui, tu es obligée d'éduquer les femmes sur ce sujet-là ?
- Speaker #0
Parce qu'il y a eu une perte, on ne sait pas exactement la situer dans l'histoire, mais comme on nous a fait oublier le clitoris dans les livres de médecine, clairement, il y a eu... En fait, à un moment, et on peut le situer autour de la période de l'Inquisition, mais il y a eu d'autres moments, mais il y a eu un moment où, effectivement, il y a eu de moins en moins de transmission de femmes à femmes.
- Speaker #1
Aussi, oui.
- Speaker #0
Et parce qu'elle a été rendue plus compliquée, il y a eu des savoirs qui se sont perdus. Et puis, ensuite, est arrivé l'ère industrielle, dans laquelle, en fait... Alors, au début, les femmes ne travaillaient pas, elles étaient à la maison, etc. Et puis, sont arrivées les guerres. et notamment la Seconde Guerre mondiale, où les femmes ont commencé à travailler. Puis les grandes revendications féministes avec lesquelles je suis en total accord, qu'on soit bien clair avec ça, parce que je les remercie énormément. Et en fait, pour pouvoir faire passer les messages des féministes, elles ont dû annoncer les femmes sont un homme comme les autres. Et c'est génial qu'elles l'aient fait, parce que si elles ne l'avaient pas fait, on serait... pas à se poser les questions qu'on se pose aujourd'hui, on sera encore sur d'autres problématiques. Mais en fait, c'est ça, c'est que pour arriver au moins à cette égalité de droit, même si on n'est pas encore dans l'égalité sociétale, il a fallu enfoncer des portes et il a fallu qu'il y ait des femmes qui disent mais arrêtez de nous essentialiser, de nous ramener à l'essence de ce que doit être une femme pour nous mettre dans une société dans laquelle tout est possible. Et heureusement qu'elles ont fait ça. Et maintenant qu'on arrive... à peu près à ça, je prends plein de pincettes quand je sais parce que je vois exactement où on est mais maintenant qu'on arrive à peu près à ça finalement on peut réaliser grâce à celles qui nous ont précédées qu'on a manqué le coche du cycle menstruel et moi je suis sur les épaules de toutes les féministes qui nous ont précédées en disant si vous n'aviez pas fait le boulot avant on ne serait pas là aujourd'hui à pouvoir se dire que le cycle finalement en le réhabilitant on regagne de nouveau La possibilité de repasser un plafond.
- Speaker #1
Ok. Super, et on va reparler tout à l'heure aussi de comment notre propre rapport, nous en tant que maman, à notre cycle peut influencer celui de notre fille. Mais déjà, avant ça, la question que je voulais te poser, c'est, nous, on a bien compris, les femmes comme moi, il est peut-être temps de commencer à s'éduquer. Et tu vas nous dire aussi tout ce que tu proposes pour nous y aider. Mais à partir de quel âge on peut commencer avec notre fille ? Et est-ce que l'arrivée des règles, ça se prépare ? Parce que moi, en fait, le jour où j'ai découvert que les règles existaient, c'est le jour où j'ai eu mes règles, tu vois ?
- Speaker #0
Complètement. Complètement. Alors, moi, j'ai envie de dire dès le plus jeune âge. Mais alors, souvent, on le fait au plus jeune âge. Parce que les enfants, quand ils nous suivent dans les toilettes et qu'ils voient du sang, des choses comme ça, en fait, on a tendance à leur dire. Et alors, le nombre de mamans qui ont dit « Non, mais moi, j'en ai parlé ! » Et après, moi, je les ai... à l'école, les gamines qui disaient « Ah non, on n'en a jamais parlé. » Parce qu'en fait, il faut se souvenir que comme tout le reste dans la vie, si ce n'est pas remis à notre esprit, on ne s'en souvient pas. Oui. Et donc, ce dont on a parlé à notre enfant qui avait deux ans et demi, trois ans, en fait, elle ou lui, d'ailleurs, pour les petits garçons, ne s'en souvient pas. Mais nous, par contre, on se souvient très bien avoir fait la démarche d'en parler parce que pour nous, c'était coûteux. puisqu'on ne nous en avait pas forcément parlé étant enfant. Donc déjà, je pose ici, qu'il va falloir faire des petits reminders au fur et à mesure de la vie de l'enfant. Mais je dirais que oui, vraiment, dès le début, c'est-à-dire pouvoir expliquer aussi qu'on est fluctuante et qu'on a des humeurs différentes. Moi, j'ai un petit magnète qui est sur mon réfrigérateur où j'ai les positions de la surfeuse. Et du coup, je peux le tourner en fonction du jour où je suis et l'énergie dans laquelle je me sens.
- Speaker #1
Excellent.
- Speaker #0
Eh bien, j'ai offert ce magnète à ma fille quand elle avait 4-5 ans. Et donc elle aussi, chaque jour, elle se dit « Ah tiens, dans quelle énergie je me sens ? » Et du coup, elle mettait sa petite surfeuse et tu vois, ça permet de commencer à se poser cette question-là, que tous les êtres humains auraient intérêt à se poser. Un cycle menstruel ou pas cycle menstruel, on a le droit d'avoir des fluctuations d'humeur et d'énergie. Et déjà, de pouvoir proposer ça dès le plus jeune âge, de dire à un enfant « Bah oui, finalement, maman, papa, le chat, on n'est pas tous toujours égaux. » Il y a des jours où on a plus d'énergie, des jours où on en a moins, des jours où on a envie d'être de câlins, des jours où on en a moins envie. Et pouvoir commencer à parler ces fluctuations-là, déjà, c'est le premier pas vers une forme de conséhension de soi qui va permettre après de planter les graines. Mais déjà, ça permet de s'autoriser ça. Je me souviens que du coup, ma fille, à 4 ans, quand elle sentait que je m'agacais un petit peu, elle jetait un coup d'œil dans la cuisine, comme ça, tu vois, elle passait, elle regardait le frigo et elle disait « Ah, maman est dans le tube ! »
- Speaker #1
Excellent, j'adore.
- Speaker #0
Ceci dit, c'était un super moyen pour moi aussi de me rappeler que j'étais effectivement dans le tube de la vague et que du coup, ça ne servait peut-être à rien de déverser émotionnellement les choses. Voilà, déjà cette possibilité de parler ce qui se passe tranquillement dans les fluctuations d'humeur et d'énergie, dans le fait que, tiens, j'aimerais, qu'est-ce que ça veut dire ? Je saigne.
- Speaker #1
Ce que j'allais dire, c'est la première fois où notre fille... Évidemment, notre garçon aussi. Je parle beaucoup des filles parce que c'est un podcast pour les mamans de petites filles, mais on va peut-être reparler aussi des petits garçons. Mais la première fois qu'on va dire que notre enfant réalise qu'on a nos règles, comment on en parle ? Est-ce qu'on va sur un discours scientifique ? Est-ce qu'on fait une métaphore ?
- Speaker #0
C'est une super question. Déjà, moi, je vous conseille d'utiliser, pour tout ce qui parle de l'anatomie et notamment de l'anatomie intime, les vrais mots. Vraiment. Je sais que c'est dur à prononcer. Moi-même, je forme des éducatrices menstruelles qui s'entraînent à prononcer les mots parce qu'au début, on ne les a pas dans la bouche. C'est une réalité. Mais le mot vulve, le mot vagin, le mot anus, le mot clitoris, c'est des mots que les enfants doivent connaître exactement comme on leur parle de nos oreilles, de nos sourcils et de nos épaules, etc., sans se poser de questions. Il faut qu'ils les connaissent pour une raison, déjà une toute première raison. J'espère que ça va motiver en vous entendant dire ça. S'il se trouve que malheureusement votre enfant subit des attouchements, une agression ou je ne sais quoi, la plupart des enfants aujourd'hui qui arrivent dans les instants judiciaires vont dire « il m'a touché en bas » . Ça ne veut rien dire, ça n'explique rien de ce qui s'est passé. pour l'avoir vécu de près, un enfant qui connaît les mots, une enfant en l'occurrence qui connaît les mots. Elle va être capable de dire, il m'a touché la vulve, il est rentré ou pas dans mon vagin, il m'a touché mon anus. Et je vous assure que ça change absolument tout, dans la façon, ne serait-ce que la capacité d'appréhender ce qui s'est passé, pour les adultes qui reçoivent l'information, et aussi pour la possibilité ensuite de caractériser ce qui s'est passé. Donc c'est tout bête, mais déjà la première chose, c'est que les mots protègent. l'enfant. Et je vous recommande fortement d'investir dans un miroir. Un miroir qu'on offre à notre enfant, à notre fille, parce que les garçons, ils voient leur pénis, ils voient leurs testicules directement dans le miroir. Tous les jours, vous verrez, ils tirent dessus, ils regardent, ils tournent le truc dans tous les sens, etc. Nos filles, elles ne peuvent pas le faire, c'est compliqué. Donc, offrir un miroir à nos petites filles en leur disant, voilà, ça c'est ta zone intime. Du coup, tu vas pouvoir l'explorer. On peut leur montrer des petits livres.
- Speaker #1
Et ça, tu dirais à partir de...
- Speaker #0
3 ans 2 ans et demi, 3 ans au moment où on parle d'intimité et l'idée ça va pas être d'explorer cette intimité avec elle, mais plutôt de leur présenter un livre regarder ton miroir,
- Speaker #1
c'est ça je vous ai bien précisé quand tu parlais d'explorer avec elle alors c'est, elle elle peut tu lui montres quand même avec le miroir mais tu vas pas forcément moi je considère que pour le coup sauf à ce que l'enfant le demande et ça peut arriver
- Speaker #0
Et là, dans ces cas-là, on y va, on dit, voilà, c'est la zone intime, je te rappelle que personne n'aille toucher, etc. Mais on peut lui montrer, ou alors, souvent l'enfant va toucher, et puis il va nous dire, est-ce que c'est bien ça, etc. Ça c'est possible, mais c'est vraiment sur demande de l'enfant. Moi,
- Speaker #1
ma proposition,
- Speaker #0
je lui offre le miroir, je lui dis, il y a un endroit, en fait, entre nos jambes, qu'on n'arrive pas à voir. On a beau se tordre dans tous les sens, cet endroit-là, on n'arrive pas à le voir, et pourtant il existe. Et du coup, c'est notre zone intime, après vous mettez les mots aussi. vous voulez. Et là, tu vas pouvoir trouver la vulve à l'intérieur. Et puis, tout en haut de la vulve, il y a un petit capuchon et il y a le bout du clitoris. Et puis, tout en bas, tu vas retrouver l'anus. Et du coup, l'anus, c'est par là que sort le caca. Et puis, tu vas trouver aussi l'urètre. Enfin, vraiment pouvoir poser les mots. Et il y a des planches qui sont bien faites. Il y a le petit... le petit de l'intimité. Attends. Le petit illustré de l'intimité, par exemple, qui est un livre super bien fait, qui est fait pour cet âge-là et qu'on peut offrir à notre enfant. Et donc lui dire, ben voilà, moi je t'offre un miroir parce que un, t'as le droit de regarder, t'as le droit de toucher, c'est chez toi. Et c'est important que tu connaisses comment ça se passe dans ton intimité. Et c'est le bon moment pour en plus dire que les autres n'ont pas à y toucher. Donc ça c'est la première chose, tu vois, au début on leur parle de ça. Ce qui fait que nous ensuite, quand on se saigne, ben en fait ça va être facile de reprendre les mots qu'on a déjà expliqués sur l'heure propre, tu vois. Et donc on peut dire qu'effectivement ben, au niveau du ventre, moi j'adore. tu vois tu mets le nombril entre les deux pouces et on fait un triangle qui va vers le bas et on a à peu près la zone où se situe l'utérus en dessous et bien juste en dessous il y a une petite poche qui s'appelle l'utérus et c'est la poche dans laquelle les bébés ont grandi alors si c'est un enfant qu'on a eu naturellement on peut lui dire que c'est là où il ou elle a grandi mais si c'est un enfant qui a été adopté par exemple, c'est la poche où les bébés grandissent, c'est là où toi aussi tu as grandi mais du coup pas dans mon ventre à moi c'est aussi le moment où on peut Rappelez ces choses-là. Et ça s'appelle l'utérus. Et l'utérus, c'est un muscle un peu magique parce qu'il est capable d'avoir un grand bébé à l'intérieur de lui. Mais alors, tous les jours, il fait la taille d'une poire à peu près. Là, on peut aller chercher une poire si on en a une dans la cuisine. Voilà, on peut illustrer les choses. Et à l'intérieur de cette poire, il y a un peu comme la chambre du bébé. C'est l'endroit où il va grandir. Cette chambre-là, tous les mois, elle se prépare pour potentiellement accueillir un nouveau bébé. Et quand il n'y en a pas, eh bien... il va couler du sang, puisqu'en fait, elle se prépare en mettant du sang tout autour, sur les murs. Et donc, quand il n'y a pas le bébé, en fait, il y a du sang qui va couler. Et alors, ce qui est génial, on peut le dire à nos enfants, parce que moi, je trouve ça quand même extraordinaire de leur raconter, c'est de leur dire que c'est quand même génial parce qu'en fait, je saigne, mais je ne suis pas blessée.
- Speaker #1
Ah, excellent.
- Speaker #0
Mais oui, parce que souvent, mais maman, tu saignes, c'est-à-dire que t'as mal. Parce que quand on saigne dans la vie de tous les jours, c'est qu'on a mal en général. Donc on peut leur dire, non, non.
- Speaker #1
Tu veux un pansement, maman ? Ah oui, mais tu vas même être capable de me dire ça.
- Speaker #0
Ah bah clairement, le nombre d'enfants qui l'ont sorti, vraiment, c'est... Non, et puis c'est surtout, mais maman, mais du coup, t'es blessée. Et c'est normal, et c'est génial de leur dire que ça, c'est un processus magique qu'on a à l'intérieur de nous qui est vraiment top, qu'on saigne sans être blessée. Parce qu'en fait, c'est pas... C'est le seul saignement du corps humain qui n'est pas un saignement qui dit qu'on est blessé. C'est juste un saignement qui dit bon, il n'y a pas eu de bébé, on recommence. Et si on présente ça comme ça à nos enfants, c'est joyeux pour eux aussi d'entendre ça. Après, il y a des moments où on est douleur. Et donc c'est là où ça devient effectivement complexe. Donc c'est super intéressant de rappeler qu'on saigne sans être blessé. Et par contre, ce qu'on peut dire à notre enfant, c'est peut-être que tu me vois parfois, moi, me tordre J'ai mal, etc. Et en fait, ce n'est pas normal d'avoir mal. C'est parce qu'il y a quelque chose qui est déréglé ou une maladie, si c'est de l'endométriose. En tout cas, expliquer avec ces mots ce qui se passe à l'enfant. Mais c'est super important de lui rappeler que ce n'est pas normal d'avoir mal.
- Speaker #1
Oui, mais ça, il faut déjà déconstruire là-dessus parce que je pense qu'il y en a beaucoup qui nous écoutent là, qui disent « comment ça, ce n'est pas normal ? »
- Speaker #0
Oui, c'est vrai, tu as raison. Complètement.
- Speaker #1
Mais on va en reparler, c'est pour ça que ce que tu fais existe. C'est ça.
- Speaker #0
Et donc en fait, on peut en parler dès le plus jeune âge, on peut faire en sorte que ce soit pas tabou. On peut, et alors, petit garçon comme petite fille, vraiment. Vous savez, les protections périodiques que vous utilisez souvent, c'est le truc que les enfants n'ont pas le droit d'utiliser. Nous on le voit parce que quand on intervient notamment en école primaire, et qu'on propose de toucher les protections périodiques, de mettre de l'eau dessus, etc. Les gamins sont là, j'ai enfin le droit d'y toucher ! C'est vraiment le coffre-fort qu'on savait parce qu'il y avait des dons et que ça a l'air trop bizarre. et vraiment à nos enfants on peut je veux dire ça ne vous coûte rien, vous sortez un tampon ou vous sortez une serviette et puis vous mettez un peu d'eau avec de la grenadine à l'intérieur ou avec un peu de de colorant rouge à l'intérieur et vous vous amusez à verser dessus à voir tiens comment ça se comporte et d'un seul coup boum le tabou tombe en fait, que ce soit pour les petits garçons comme pour les petites filles ah oui je mets de l'eau sur la serviette Et puis en fait, juste après, je retouche, c'est plus sec. Ça a absorbé. Ils adorent. Et nous aussi, en vrai. Les adultes aussi, puisqu'on ne l'a jamais fait. On est là en train d'utiliser le truc avec le bout de nos doigts, etc. Et pareil avec un tampon, si c'est des tampons qu'on utilise, les faire tremper dans un verre d'eau, voir comment ils gonflent, voir la forme qu'ils ont, comment ça se passe, etc. Et c'est hyper précieux en fait pour nos enfants de pouvoir leur raconter c'est quoi la vie d'une personne menstruée.
- Speaker #1
Ok, trop bien. Et j'imagine que c'est ce qui peut peut-être aussi expliquer qu'après, dans la cour d'école, il y a peut-être moins de remarques. En général, quand on brise un tabou, après, il y a quand même ces répercussions-là qui sont moindres.
- Speaker #0
Oui, à la maternelle, pas trop. Par contre, en primaire, il y a quand même de plus en plus de puberté précoce. Il y a de plus en plus même de jeunes sans être dans la puberté précoce qui ont leur règle en CM2. Pour avoir discuté avec des instituts, elles nous disent que ça a changé en quelques années. Elles, elles le voient évoluer. Là où elles avaient une enfant par classe à peu près, qui avait leurs règles en CM2 actuellement, il y en a en CM1, il y en a en CM2. Donc ça veut dire que nous aussi, on doit prévenir les enfants assez tôt, leur permettre d'avoir assez tôt une trousse de règles avec elles. Et effectivement, plus c'est parlé, moins c'est tabou, plus c'est facile de demander aux copines, etc. Moi, ma fille, elle avait sa trousse de règles et elle demandait à leurs copines si elle avait besoin, etc. Et ça, effectivement, plus on en fait quelque chose de naturel, plus c'est facile d'en parler après.
- Speaker #1
Et donc justement, là tu parles de trousse de règles, ça veut dire quoi ? À partir de quel âge on prévoit d'avoir ça ? Et quand on achète la trousse de règles, c'est peut-être le moment aussi de commencer à dire que ça peut arriver ou on l'a déjà dit bien avant ça ?
- Speaker #0
Il faut le réactiver. Donc il ne faut pas se demander si on l'a dit bien avant,
- Speaker #1
on le redit.
- Speaker #0
En fait, il faut voir qu'à partir des tout premiers signes de la puberté, qui sont en général les mamelons qui commencent à pousser, après ça peut être les poils au niveau du pubis c'est les deux signes qui sont souvent les plus précoces il y a à peu près deux ans entre les premiers signes de la puberté et l'arrivée des premières règles donc là j'ai envie de vous dire à vous de cocher la chose si votre fille est très pudique et qu'elle ne se montre pas et que du coup vous ne les voyez pas c'est pour ça que c'est intéressant de l'avoir informée de ça ma fille par exemple j'ai absolument pas vu les premiers signes de la puberté parce que ma fille ça faisait très longtemps qu'elle fermait la salle de bain et qu'il n'était pas question qu'on la voit et c'est complètement ok avec ça par contre moi je lui avais dit Tu vois, à partir du moment où tu vas avoir peut-être soit les seins qui poussent, soit au niveau des poils, etc., n'hésite pas soit à me le dire, soit à le noter quelque part, parce que c'est à peu près deux ans après que tes règles vont arriver. Donc quand on lui a dit ça, du coup dès qu'elle a vu, la première chose qu'elle est venue voir, maman tu peux noter, parce que du coup dans deux ans c'est dans loin. Et donc c'est intéressant parce qu'on sait qu'on a à peu près deux ans pour faire en sorte qu'elle arrive à peu près préparée sur l'arrivée de ses premières règles. Donc c'est ça que je vous recommande de faire, c'est de noter aussi pour elle et puis de repérer ses premiers signes là. si ça, ça arrive trop tôt, si la puberté commence à se présenter vers 8-9 ans par exemple, ou avant même, ça peut arriver, là pour le coup c'est important d'aller en parler à un médecin, donc c'est important aussi de suivre ses premiers signes de puberté, mais à partir du moment où ça démarre vers 9 ans, on est bon en fait, on est sur le calendrier classique. Et c'est jeune, on n'est pas préparé vraiment. La plupart des mamans me disent « Mais non, mais c'est beaucoup trop jeune pour en parler à ma fille. » Non, non, vraiment, ça arrive vite, quoi.
- Speaker #1
Ça arrive vite. Ok. Peut-être juste un dernier sujet, là, sur la transmission mère-fille. Au-delà de tous les bénéfices qu'on a vus, là, de pouvoir parler du cycle menstruel, de pouvoir s'en informer, etc., moi, je me questionnais sur qu'est-ce que ça peut changer aussi. Quand on lève le tabou, on en voit aussi tous les bénéfices dont tu as parlé au début sur notre propre rapport au corps et sur ce qu'on peut transmettre à nos filles sur leur corps et sur le corps féminin en général. Là où j'ai grandi en me disant les règles, c'est sale. Aujourd'hui, qu'est-ce que ça peut permettre de voir par rapport au corps féminin ?
- Speaker #0
Moi, j'ai envie de dire que ça peut tellement changer de choses que j'aurais du mal en cinq minutes à résumer. Non, mais parce que je le vois, c'est dingue. Tu vois, ne serait-ce que les rapports aux compulsions alimentaires, par exemple.
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #0
Si on comprend son cycle menstruel, quand on voit les pourcentages de jeunes qui ont des troubles du comportement alimentaire, moi j'en ai eu pas mal, et quand je vois ce que je suis capable d'expliquer à ma fille sur justement cette notion, le fait qu'on puisse avoir des envies plus sucrées juste avant les règles, comment ça se présente à nous, qu'est-ce qu'on en fait, et tout ça parce que je me suis comprise et comment je peux le transmettre à mon enfant. Et c'est vraiment ça la différence. En fait, il y a un moment où je lutte et je suis dans un tabou, et je passe à « je me comprends » et je trouve ça joyeux de le vivre. Ça change absolument tout. Je vais te donner un exemple. Il n'y a pas très longtemps, on discutait avec une jeune fille qui me disait « je vais avoir mes règles » , et du coup, elle sentait que ça crispait un peu à l'intérieur du ventre. « Ah oui, du coup, tu as ton utérus qui est en train de danser la samba. » Et mon regard, je lui dis « bah oui, tu sais, l'utérus, pour décoller la paroi interne, en fait, il se secoue comme ça et ça nous fait des petites crispations. » Elle m'a regardée. Et vraiment, on ne lui avait jamais dit ça comme ça. Et c'est ça, ce que ça peut faire, le changement du rapport à notre corps. C'est que moi, j'étais la première, avant, à faire « Ah ! » Et puis je me refermais, et puis c'était mes douleurs de règles. Et puis, je passe de ça à « Ok, j'ai l'utérus qui danse la samba, ça me donne une information. » Et donc, je le vis différemment. Et à partir de là, je le transmets aussi différemment. Et même si on a une maladie chronique, je pense l'endométriose, la dénomiose ou d'autres maladies qui font vraiment des douleurs, on peut justement décorréler les deux avec notre enfant, une fois qu'on a compris. L'espace du cycle normal, qui est un espace joyeux, qui nous empouvoire, qui nous permet d'être au mieux de notre forme dans une dynamique positive pour nous. Et puis l'espace de la maladie. Il ne nous viendrait pas à l'idée, si on a un ulcère à l'estomac, de dire à notre enfant, ah ouais, ça fait extrêmement mal de manger, ça fait vraiment très mal de manger, ah, ça fait mal de manger. Parce qu'on sait que c'est notre ulcère qui nous fait mal. Et là, dans notre société, en fait, on a mélangé les deux, et on a dit, puisqu'il y a des femmes qui ont mal, les autres, elles font pas trop partie des femmes, du coup, moi, le nombre de femmes que je vois qui me disent, mais moi, en fait, j'ai pas mal, mais j'ose pas le dire parce que ça a l'air tellement universel d'avoir mal. Et donc, on a mélangé tout ça dans un gloobie vulga, et non. Ça n'est pas normal d'avoir mal. Si on a mal, on doit avoir une explication à ces douleurs, on doit comprendre ce qui se passe. Et on peut, notamment par l'accompagnement du mode de vie, permettre de sortir de ces douleurs de règle. Et si c'est la maladie, on doit être accompagné pour cette maladie. Mais on peut aussi séparer dans la transmission à nos enfants qu'est-ce qui fait partie du cycle et qu'est-ce qui fait partie de ma maladie. moi j'ai Un smop, il est toujours là, il est toujours présent. Il y a des moments où il a des impacts sur moi. Eh bien, j'exprime ces impacts, mais c'est les impacts de la maladie, ce n'est pas les impacts du cycle.
- Speaker #1
Je vois. Trop bien. On a du coup pas mal parlé du rôle des mamans, enfin des mamans en tout cas, mais je n'ai pas envie de faire passer le message que ça repose un peu tout sur nous. Est-ce que les papas aussi ont un rôle à jouer là-dedans ? Et d'ailleurs ? Il me semble, si je ne me trompe pas, que toi, tu organises ou les professionnels que tu formes organisent des ateliers avec des duos. Et ça peut être des duos père-fille ou je me suis peut-être trompée.
- Speaker #0
Alors ça, c'est super intéressant. Merci de me poser cette question. En fait, il y a eu des demandes de papas qui se sentaient exclus. Parce qu'en général, c'est plutôt des duos mère-fille ou marraine-fille ou tante-fille. C'est plutôt des duos en non-mixité choisie. Puisqu'on est en train de se parler de ce qu'on vit et de ce qu'on va vivre. et il y a des papas qui se sentent en exclu on dit ah mais je voudrais absolument un atelier etc et j'ai des éducatrices monstres et plusieurs qui ont fait l'expérience de mettre en place ces ateliers et jamais aucun papa ne s'est inscrit à ces ateliers parce que entre je ne veux pas être exclu de quelque chose et je dois payer pour participer et me mobiliser mettre du temps dessus il y a une grande différence c'est quand même vraiment intéressant de voir entre les velléités et ce qui se passe il y a quand même un schisme Pour autant... Moi, j'ai des emails qui, quasiment à chaque fois, me mettent les larmes aux yeux de papas, notamment des papas solo ou des papas dont la maman, dont la femme a de l'endométriose ou des couples de papas qui ont des enfants, des filles, qui me demandent comment je fais. Et clairement, à ce moment-là, ils ont un vrai rôle à jouer aussi. Potentiellement, ils peuvent choisir de s'informer et de transmettre. Après tout, on n'est pas obligé de vivre un mécanisme pour le transmettre. Ils peuvent aussi choisir d'échanger par exemple avec une marraine ou avec une tante qui voudrait avoir ce rôle-là. Vraiment, tout est open là-dedans. Mais moi, je trouve génial que les hommes en général, papa ou papapa d'ailleurs, se saisissent du sujet, ne serait-ce que parce qu'en tant que potentiel manager, en tant que personne qui va vivre dans un écosystème où 50% de la population, c'est des femmes, et bien je trouve que c'est super intéressant de comprendre ce qui se passe et de pouvoir être capable de l'entendre avec bienveillance, sans dévaloriser la parole des personnes qui sont concernées. Donc, moi, je dirais qu'en tant que papa, les petites choses qu'on peut faire, si c'est nous qui devons informer, on s'informe, on transmet. Il y a des livres, nous, il y a le programme Kif tes premières règles, il y a pas mal de papas, pour le coup, qui ont choisi d'offrir ça à leurs enfants et de le suivre avec. Je trouve ça très sympa. Ou alors, encore une fois, de faire appel à d'autres d'autres personnes ou de participer à des ateliers qui font des premières règles par exemple il y en a avec juste les enfants de faire en sorte que leurs enfants participent et puis ensuite la deuxième chose ça va être de s'informer sur les fluctuations d'humeur et d'énergie et par exemple quand on a notre pré-ado qui commence à avoir son cycle et qui un jour réagit de façon très très bizarre émotionnellement et bien de pas aller la défoncer en essayant de la rabaisser etc Mais plutôt d'être dans l'accueil et de se dire, tiens, peut-être que dans quelques jours, elle va avoir ses règles et peut-être que je pourrais être dans la douceur avec ça. Ça peut être aussi quand elle a ses règles. Par exemple, si elle est fatiguée, de pouvoir lui dire, tiens, ce soir, tu ne débarrasses pas de la vaisselle. Je le fais.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Non, mais c'est tout bête. C'est vraiment ce genre de choses où on peut avoir...
- Speaker #1
Et puis même si, je me disais, même s'il y a donc dans le couple un papa et une maman, que la maman est très proactive, c'est peut-être d'être aussi proactif. peut-être si... On a acheté un livre pour parler de ce sujet. Que le papa aussi s'en empare. Qu'il soit vraiment actif à ce niveau-là. Même s'il y a une maman qui est déjà active sur ce sujet.
- Speaker #0
Moi, je pense que tout est OK. Du moment que tout le monde est d'accord, en fait, et que personne n'est mal à l'aise. Moi, je pense que dans le couple, la meilleure personne pour en parler, c'est la personne qui a le plus envie d'en parler et qui a la moins mal à l'aise par rapport à ça. Après, on ne pourra pas remplacer l'expérience. Tu me dis,
- Speaker #1
si un papa est très mal à l'aise, c'est ok aussi qu'il soit peut-être plus en retrait alors ?
- Speaker #0
Clairement. Et alors, moi, ce que j'encouragerais fortement, je le fais beaucoup avec ma fille, c'est à expliquer pourquoi ce malaise.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
En fait, il n'y a rien de pire. Les enfants sentent le malaise. Mais même nous, en fait, quand on veut leur parler d'un truc et on est malade, moi, je me souviens la première fois que ma fille m'a dit comment on fait les bébés, je ne suis pas prête à répondre à cette question. Elle était à l'arrière de la voiture, elle devait avoir 3 ans. J'ai vraiment fait un bug total. Et en fait, il y a cette... Ce truc de métacommuniquer sur ce qui se passe dans ce malaise, c'est génial. Moi, je dis beaucoup à ma fille, tu sais, quand on était petits, moi, papi et mamie ne m'ont pas parlé de ça. J'essaye de faire en sorte d'être à l'aise pour t'en parler, mais je vais être sincère avec toi, c'est pas si facile. Et là, l'enfant d'un seul coup, il fait, je comprends le malaise de mon parent. Du coup, ok, je suis en empathie avec lui ou elle, et du coup, je comprends ce malaise. Tu vois ? Si un papa dit... Tu sais, après, j'aimerais bien t'en parler, j'aimerais bien être à l'aise, mais moi, la maison, je sentais que c'était l'endroit où j'avais pas le droit d'aller, et vraiment, ça me terrifiait. Et donc là, je suis toujours dans cet état-là. D'un seul coup, ça va s'apaiser. L'enfant va dire, ok, je comprends le malaise de mon parent. Parce qu'il n'y a rien de pire que de lui ou elle voir le malaise. Et puis c'est pas parlé. C'est là que se forme le tabou. C'est « Ah oui, non mais quand je parle de ça, papa, ça n'a pas l'air d'aller, quoi. » Et s'il est capable de dire « En fait, ça ne va pas. » En vrai, c'est vrai que ça ne va pas. C'est vrai que ça ne va pas parce que, voilà, parce que ça c'est quelque chose dont on ne parlait pas, parce que c'est quelque chose qui moi, c'était les femmes, elles en parlaient entre elles et elles chuchotaient. Et c'est ça mon vécu d'homme là-dedans. J'aimerais que ça bouge. C'est déjà une manière,
- Speaker #1
finalement, de le dire comme ça. C'est déjà une manière de faire un peu bouger les choses.
- Speaker #0
C'est ça. Et ça peut être pour la maman comme pour le papa. Soyez sincères avec vos enfants. Ils ressentent, quand ils perçoivent une dissonance, c'est là que ça hurle à l'intérieur d'eux. Danger, danger, danger. Quand on est capable de leur dire juste... Wow, attends, quand tu me dis ça, là, ça... Je vais avoir besoin de réfléchir à ma réponse parce que là, c'est pas naturel du tout. Ça vient taper plein de trucs à l'intérieur de moi. L'enfant est, encore une fois... il est en empathie, il comprend notre malaise et tout ça pèse à l'intérieur de lui excellent,
- Speaker #1
trop bien pour conclure juste avant de passer tu nous parles un petit peu plus de ce que tu proposes avec Yves Ton Cycle s'il y a des mamans de petits garçons qui nous écoutent je pense qu'il y a énormément de choses que tu as dit qui s'appliquent, peu importe mais s'il y a des choses peut-être à faire en plus avec les petits garçons donc eux on ne va pas leur préparer une trousse de règles j'imagine mais par contre on peut leur dire que c'est ils ont l'âge ou c'est le moment où les copines vont aussi avoir leurs règles ? Ou est-ce qu'ils devraient quand même avoir deux, trois tampons avec eux pour dépanner les filles ?
- Speaker #0
Des tampons, je ne dirais pas forcément le plus jeune âge, parce qu'en général, les filles ne portent pas de protection interne non plus. Mais pour autant, nous, quand on intervient dans les écoles primaires, on va dire du CM1 jusqu'à la 5e, quand on intervient, bien souvent, à la fin de ces interventions au milieu scolaire, les garçons, parce que c'est toujours des interventions mixtes, qui s'appelle Kiff ton corps et les garçons qui sont là nous disent, ah mais du coup, qu'est-ce que je peux faire ? Et certains proposent, parce que nous on fait rebondir les questions. Et du coup, certains proposent. Et donc, il y en a qui disent ah mais moi je peux peut-être demander à ma maman si elle est d'accord pour que j'ai deux serviettes que je mets dans mon sac et je les ai au cas où pour les copines. Il y en a d'autres qui disent, ah bah par exemple, si moi je vois une fille qui a une tâche, bah je vais pouvoir lui proposer mon pull. Et en fait, c'est eux aussi qui élaborent ça. C'est comment ils peuvent devenir des alliés de ça. C'est comment ils peuvent, par exemple, les délégués de classe, peut-être les garçons, se battre un petit peu plus pour qu'il y ait des poubelles dans les toilettes des filles et que les toilettes soient vraiment propres. Parce que pour eux, c'est important, mais pour les filles qui ont leur règle, c'est encore plus compliqué. Tu peux en fait vraiment leur proposer une position d'allié. Moi, j'aime bien rappeler, et j'en fais systématiquement en classe, que 100% de l'humanité est venue de ce mécanisme. que s'il n'existait pas, il n'y aurait aucun être humain sur cette Terre. Et donc, quelque part, on est tous et toutes responsables que ça se passe bien pour les personnes qui le vivent.
- Speaker #1
Et donc, à la maison, si moi j'ai un garçon, c'est peut-être plutôt d'essayer de lui montrer comment, d'essayer de voir avec lui comment il peut être un allié sans forcément lui apporter les réponses, mais que lui-même...
- Speaker #0
En fait, lui expliquer le mécanisme, lui dire que c'est vraiment important que ça prenne la place dans la vie des filles et des femmes qui le vivent, Et que... peut-être un jour, il sera amené à apporter son aide. Ça peut être dans son travail, en se mobilisant pour qu'il y ait des protections périodiques. Ça peut être plein de choses. Mais en fait, un enfant qui va avoir compris, compris qu'il vient de ce mécanisme-là, compris qu'il est partie prenante même s'il ne le vit pas, ce sera de toute manière un allié.
- Speaker #1
D'accord. D'où l'intérêt d'en parler, de briser le tabou à la maison, chez tout le monde. Les choses vont changer. Ok. Super. Alors, comment... Qu'est-ce qu'on peut... Il y a tellement de choses, j'ai vu sur ta plateforme, je me suis dit, c'est incroyable tout ce que tu proposes. Donc moi, je ne vais pas résumer ça. Qu'est-ce que toi, tu as envie de partager sur ce que tu proposes ? Quelle est l'actualité peut-être de Kif ton cycle en ce moment ? Et voilà.
- Speaker #0
Déjà, il y a plus de 300 articles de blog, qui sont des articles sourcés et scientifiquement référencés. Donc, il ne faut pas hésiter à aller les voir si on se pose des questions, parce que parfois, quand on cherche sur Google, on peut arriver un peu n'importe où. Il y a... un petit agent qui s'appelle Uti, qui a une IA qu'on a nous-mêmes codée, qui répond aux questions sur le cycle menstruel à hauteur d'enfant. Donc, il ne faut pas hésiter à aller voir. Parce que pour le coup, ça peut permettre d'avoir des façons de répondre à l'enfant. Encore une fois, uniquement basé sur notre base de données et pas sur l'Internet en général. Et puis, on peut choisir aussi d'agir, de passer à l'action. Si on accompagne notamment déjà des femmes ou pas et si on veut en faire son métier. On peut devenir conseillère en bien-être menstruel. Les conseillères en bien-être menstruel, ce sont celles qui vont recevoir en cabinet et qui vont accompagner sur le mode de vie. Donc, ce n'est pas du tout un remplacement d'un médecin, c'est en parallèle de la médecine. On parlait tout à l'heure des douleurs de règles, du syndrome prémenstruel, des choses comme ça. Tout ça n'est pas normal, on ne devrait pas le vivre. Et il y a des moyens, en agissant sur son mode de vie, de pouvoir diminuer, voire faire disparaître ces problématiques-là. Et donc ça, les conseillères en bien-être menstruel peuvent accompagner ça. On est en train de former la toute première promotion en ce moment. Et donc, on va continuer à en former d'autres. On forme, pour le coup, beaucoup plus qu'on a la treizième promotion des éducatrices menstruels. Elles, ce sont des personnes qui vont faire des ateliers d'éducation menstruel, des ateliers dont on parlait tout à l'heure, en milieu scolaire, auprès des clubs sportifs, en entreprise, auprès des particuliers. Le nombre d'endroits où on intervient est infini, tellement l'imagination est au pouvoir. Et là, l'idée, c'est de transmettre ce que je viens de transmettre. Par exemple, aujourd'hui, dans des ateliers qui sont expérientiels, des ateliers où on s'amuse, où on manipule, mais en même temps où on apprend à transmettre à des adultes, à des enfants, pour que le tabouton monte. Mon rêve, c'est qu'on n'ait plus besoin de kiffer ton cycle d'ici quelques décennies.
- Speaker #1
Et tu as fait une enquête aussi récemment ?
- Speaker #0
La grande enquête du cycle menstruel, on va diffuser les retours. Là, il y en a plus de 4000 et quelques personnes qui ont répondu. C'est moins que les années précédentes. On voit bien qu'il y a de moins en moins de tabous et du coup, les gens se mobilisent de moins en moins. Mais malgré tout, ça nous permet de savoir un petit peu où en sont les personnes par rapport à ça, de quoi elles ont besoin actuellement. Donc, on ne va pas tarder à faire les dépouillements de l'enquête. à les transmettre, notamment aux médias qui sont intéressés par le sujet.
- Speaker #1
Ok, super. De toute façon, je mettrai quelques petites références en légende du podcast. Mais en tout cas, vraiment, c'était hyper chouette de t'avoir. Merci, merci beaucoup. Est-ce qu'il y a autre chose que tu voulais rajouter avant de conclure ou... C'est moi de ton côté.
- Speaker #0
Ce que je vous propose aussi sur les réseaux sociaux, parce que la plupart d'entre nous y sont, n'hésitez pas à aller voir. Donc, c'est Kif ton cycle sur votre réseau social préféré. Il y a un E à Kif. Et et et en fait, oui, allez-y parce qu'on est sur tous les réseaux sociaux, donc n'hésitez pas à vous abonner. Et puis, j'ai envie de vous dire, faites passer le mot. Nous, on veut changer le monde, vraiment. On veut que le cycle menstruel ne soit plus du tout un tabou, là, d'ici très, très peu. Mon but, c'était avant les 18 ans de ma fille, elle en a 12 ans et demi, tu vois.
- Speaker #1
Et tu vas faire quoi après, du coup ? Tu vas t'attaquer à un autre tabou ?
- Speaker #0
En fait, on va continuer, parce que déjà, on se rend compte que même si on aura bien avancé, on n'aura pas terminé. Je ne sais pas. On verra. Mais ce que j'ai envie de vous dire, là, vous avez écouté ce podcast jusqu'à là, jusqu'à la fin, peut-être passe à l'action aussi. Voyez si dans vos écosystèmes, il est possible de faire intervenir une éducatrice menstruelle. Voyez, saisissez-vous des sujets. Dites-vous que c'est un sujet, plus on est informé, mieux ça se passe. On vit à peu près 500 cycles dans une vie. C'est plus OK de se dire qu'on va attendre que ça passe.
- Speaker #1
Et c'est peut-être, concrètement, ça veut dire quoi ? peut-être En parler dans notre école, à l'école de notre fille.
- Speaker #0
Ça peut être ça, exactement. Dans les mairies aussi, dans les médiathèques, parce que parfois, c'est elles qui font intervenir. Les centres sociaux aussi. Et puis, oui, faire passer le message que ce métier, il existe, que c'est un vrai métier, on se forme pendant six mois, on a une évaluation finale à la fin. En fait, c'est ça, c'est que beaucoup de personnes pensent, comme tu le disais au tout début, ça devrait être naturel, on devrait savoir. Sauf que moi, je vois quand je fais des formations, Les femmes se prénotent au début de la formation en disant voilà ce que je pense savoir. Et puis à la fin de la formation, elles disent là où elles en sont. Et ce qui est très drôle, c'est que ça m'est arrivé plusieurs fois qu'il y en a qui me disent je peux reprendre ma fiche du début. Parce que vraiment, je me suis surévaluée, j'avais absolument pas compris l'étendue de ce que je savais pas. C'est ça le problème, c'est qu'aujourd'hui on nous fait croire qu'on sait et en réalité on sait pas.
- Speaker #1
Ok. Bon bah on va faire passer le mot alors. Super, bah merci énormément et puis peut-être une prochaine fois sur un autre sujet. Ou avant ça, tu reviendras peut-être avant ça, j'espère. À très vite, ciao. C'est déjà la fin de cet épisode du podcast Passage, un podcast animé par moi-même, Alexandra Lacroix, fondatrice du compte Instagram et de la communauté de mamans WeAreChippy. J'espère que cet épisode t'a plu et surtout qu'il t'a donné envie de réveiller un petit grain de réveillon en toi et de révéler celui de ta fille. Si tu penses qu'il pourrait inspirer une autre maman autour de toi, ou un papa aussi, partage-le lui. Et si tu veux me donner un coup de pouce, tu peux laisser 5 étoiles et un petit mot doux, ça compte énormément. A très vite !