- Speaker #0
hello et bienvenue dans passage le podcast qui libère les filles et leurs mamans moi c'est alexandra maman de rose une petite tornade de presque deux ans et demi à l'énergie débordante et au caractère bien trempé et tu sais quoi même si ce n'est pas toujours de tout repos savoir sortir ses ses épines, c'est vraiment tout ce que je lui souhaite. Alors j'ai créé ce podcast pour moi et pour toutes les mamans qui veulent élever leur fille autrement. Pas sage, pas modèle, pas gentille à tout prix, mais confiante, libre d'être elle-même et bien dans leur basket. Des petites filles qui savent et sauront plus tard dire non. poser leurs limites, s'aimer telles qu'elles sont, qui n'auront pas peur d'essayer d'échouer, et qui sauront se faire reconnaître à leur juste valeur. Alors ici, on va démonter les injonctions, les stéréotypes et tous ces vieux réflexes qu'on pensait normaux. C'est les fameux « t'es pas belle quand tu fais la tête » . On va parler d'estime de soi, de confiance, de rapport au corps, aux émotions. On va parler de nos filles, mais aussi de nous. Parce qu'éduquer autrement, ça commence souvent par se libérer soi-même. Alors au fil des épisodes, je te partagerai des réflexions incarnées, des clés concrètes et des voix d'experts. et surtout, nous vous souhaitons une bonne journée. grande dose de soutien et de déculpabilisation. Parce que nous aussi, on mérite mieux qu'être sages. Alors, prête à bousculer les règles ? Hello Louise !
- Speaker #1
Bonjour Elisabeth !
- Speaker #0
Bienvenue dans le podcast Passage, je suis ravie de t'avoir aujourd'hui avec nous.
- Speaker #1
Je suis vraiment contente d'être là, c'est un sujet qui me tient beaucoup à cœur.
- Speaker #0
Je vais te laisser te présenter dans quelques instants plus lentement, et plus justement parce que les mots comptent, c'est ce dont on va parler aujourd'hui, et donc je pense que tes mots pour te présenter sont plus justes que les miens. Mais en quelques mots quand même, tu es donc experte en psychologie de l'enfant, de la parentalité, et tu as créé un compte Instagram qui s'appelle Petites Phrases à leur dire, sur lequel, alors tu ne fais pas que ça, tu vas nous en parler. Mais c'est vrai que ta marque de fabrique, et moi, ce qui m'a attirée à toi, c'est justement le fait que tu partages beaucoup autour des phrases à dire ou à ne pas dire aux enfants, sur plein de sujets différents. Donc, ça peut être sur comment les aider à mieux gérer leurs émotions, ou pour préparer un événement, l'arrivée d'un petit frère, d'une petite sœur, la rentrée, etc. Et c'est vrai que dans ma démarche de vouloir essayer de faire en sorte que ma fille... grandissent plus confiantes, bien dans ses baskets, libres d'être elles-mêmes. Et là, je me pose beaucoup de questions, surtout depuis que je suis Insta et que je me nourris de plein de contenus, mais que du coup, parfois, je m'y perds un peu. Tu peux être un peu perdue. Voilà, ce qui serait bien de lui dire, ce qui est moins bien de lui dire. Et je trouve ça chouette, même si je pense qu'au fond, les premiers experts de la relation à notre enfance et nous-mêmes, je trouve que parfois en tant que parents, en tant que maman, on est quand même bien déboussolés de par nous, ce qu'on a entendu quand on était enfant, de par ce qu'on entend autour de nous. Et entre ce qu'il nous semblerait juste de dire et ce qu'on finit par dire, c'est pas toujours pareil. Et donc, d'abord... quand même quelqu'un qui a une certaine expertise sur le sujet, je trouve ça très chouette. Et donc, merci encore d'avoir accepté mon invitation. Alors du coup, je te laisse te présenter puis après, on va rentrer dans le vif du sujet.
- Speaker #1
Merci beaucoup. Comme tu disais, je suis la créatrice du compte Instagram Petites Phrases à leur dire. Et il faut voir ça comme un écosystème. Je suis aussi auteur, je donne des conférences. Et mon travail essentiellement, ça consiste à donner, à proposer aux parents, comme tu disais, des phrases simples. prêtes à l'emploi au quotidien, sur le moment, pour communiquer, je dirais avec bienveillance avec nos enfants au quotidien, mais surtout, en fait, je m'intéresse particulièrement à l'impact du langage parental sur le développement émotionnel et l'estime de soi de nos enfants, que ce soit filles ou garçons. Et je crois qu'aujourd'hui, ça va être intéressant d'explorer ensemble comment les mots qu'on utilise particulièrement avec nos petites filles peuvent renforcer ou déconstruire certains stéréotypes. et comment on peut peut-être adopter une communication et des petites phrases très concrètes pour qu'elles soient plus libres, plus confiantes. C'est vraiment, je pense, formidable, et les mots ont plus d'impact, on pense.
- Speaker #0
Oui. C'est la première question que je voulais te poser, mais tu n'as pas précisé que tu es aussi maman de trois filles.
- Speaker #1
Alors, je suis maman de trois filles, et donc c'est pour ça que je t'ai dit en off tout à l'heure, c'est un sujet qui me touche particulièrement, parce que je pense qu'il y a encore culturellement beaucoup de... Il y a un impact sur les filles par rapport aux garçons. Je suis maman de trois filles et j'habite à Londres depuis dix ans.
- Speaker #0
Ok, super. Alors justement, pourquoi selon toi les mots qu'on dit ou qu'on ne dit pas comptent autant ? Parce que je me disais tout à l'heure, c'est vrai qu'on pourrait se dire que c'est des enfants, ils entendent à moitié ce qu'on dit. Est-ce que vraiment on doit prêter autant d'importance ? On a déjà tellement de choses à penser. Donc pourquoi selon toi c'est fondamental ?
- Speaker #1
Je pense qu'il y a vraiment deux points. En une phrase que je dirais, c'est qu'on sous-estime à quel point les mots que l'on dit à nos enfants deviennent leur petite voix intérieure. Parce qu'ils nous regardent pour se construire et ça, les neurosciences même, on peut le prouver, le montrent. Alors évidemment, il y a les mots et puis après, il y a notre posture, notre ton. On peut dire les mêmes mots mais avec un ton différent et il y aura un impact qui ne sera pas le même. Donc on peut séparer les deux. Mie ! essentiellement, pour aider à avoir une posture, il faut déjà avoir les mots, je pense. Et donc, à vrai dire, même les paroles bienveillantes vont sécréter dans leur cerveau des hormones qui vont leur permettre d'être sécurisées, apaisées, et du coup de mieux apprendre, de grandir, de développer leur confiance en eux. Donc c'est ça, essentiellement ça devient leur petite voix intérieure et ils nous regardent.
- Speaker #0
Et là, ce que tu viens de dire, si j'ai bien compris, que je trouve intéressant aussi, c'est que ça aide à faire à adopter une meilleure posture, parce qu'on pourrait penser l'inverse. On pourrait penser qu'il faut d'abord travailler sur sa posture, ensuite le langage va s'aligner à notre posture, tu vois. Et toi, tu dis que ça peut être dans l'autre sens aussi ?
- Speaker #1
Alors, je pense que c'est vrai ce que tu dis. Idéalement, il faudrait d'abord travailler sur soi, travailler sur sa posture et son ton. Mais, soyons honnêtes, au quotidien, c'est très dur à faire. Ça demande un travail énorme. Et les parents, en fait, au début, ils ont besoin de s'accrocher à quelque chose de simple. Et d'avoir un petit truc. une petite phrase à se répéter. Et en fait, moi, au début, j'ai commencé comme ça dans ma maternité. J'écrivais des phrases sur un post-it parce que je voulais devenir... Je n'étais pas la maman que je voulais être. Je voulais mieux parler à mes enfants. Et je les répétais dans la glace. En fait, c'est un entraînement devant la glace. Et en fait, on la répète et on se rend compte, oh, le ton est un peu moyen là. Et je pense vraiment que c'est un entraînement.
- Speaker #0
et c'est une nouvelle façon de voir la parentalité on est d'accord par rapport à la génération et en fait je trouve que parfois une phrase résume un concept qu'on pourrait apprendre en théorie mais qui en fait pour nous vraiment je sais pas par exemple tu as le droit de pleurer je suis là Cette phrase-là résume le fait que, et tu vas en parler plus longuement, je pense, par la suite, mais que c'est mieux de leur apprendre à exprimer leurs émotions, etc. Et du coup, peut-être qu'effectivement, à travers ces phrases-là, on peut, sans forcément apprendre toute la théorie, appliquer des choses qui sont plus alignées, juste.
- Speaker #1
Les clés, ensuite, ça ouvre après, comme tu dis, des portes. Moi, je commencerais par les phrases. Parce que ça nous donne quelque chose sur lequel s'appuyer.
- Speaker #0
Oui, j'adore ce que tu dis. Super. Alors, toi qui t'intéresses au langage des parents, qu'est-ce que tu entends souvent dans la bouche des parents de petites filles ? Est-ce qu'il y a une différence ? Est-ce que tu dirais qu'on parle de la même manière aux filles qu'aux garçons ? Je me souviens d'une copine qui me disait « Mais moi, tu sais, je lève ma fille de la même manière que mon garçon. » Et je pense que son intention est louable. Mais je ne suis pas sûre que vraiment concrètement, Merci. pas quand même des fois des choses qui ressortent de par, encore une fois, les injonctions qu'elle a pu entendre, etc., et qui font qu'elle va parler quand même différemment à sa petite fille qu'au garçon. Mais est-ce que toi, c'est quelque chose que tu constates ?
- Speaker #1
C'est quelque chose que je constate, et même si on regarde dans le domaine de la psychologie sociale, on met souvent l'accent encore aujourd'hui pour les petites filles sur l'apparence. Par exemple, on parlait de « tu es belle, t'es mignonne » . On valorise aussi encore malheureusement beaucoup la docilité et la conformité, donc soit sage, soit gentil. On limite plus encore l'exploration physique, grimper sur les aires de jeu, ne pas se salir. On dit souvent aux filles, ne salis pas ton joliot. Et puis, on étiquette beaucoup, alors ça semble positif, mais ça ne l'est pas selon moi, on étiquette beaucoup leurs réserves, comme un trait de caractère, tu vois. Fais pas ta timide. C'est des petites phrases. Tu es belle, sois sage, ne te salis pas. Fais pas ta timide qui me dérange encore aujourd'hui et qu'on constate, même s'il y a des changements.
- Speaker #0
Ok. Du coup, tu as déjà commencé là sur le partage de ces petites phrases, même anodines, qui peuvent renforcer ce côté trop sage. Est-ce que tu en vois d'autres ?
- Speaker #1
Je pense que ce que je peux dire, c'est qu'aux garçons, on encourage encore aujourd'hui plus, on met l'accent plus sur l'action, la prise de risque et la conquête. Alors après, je pense qu'il faut garder quand même à l'idée qu'on a tous, j'y crois profondément, en nous une partie d'énergie masculine et féminine, qu'on soit de sexe masculin ou féminin. Mais c'est ce que je pourrais dire. On voit un peu ces deux différences,
- Speaker #0
garçons et garçons. Ok, super. Alors, on va jouer un petit jeu.
- Speaker #1
Dis-moi, dis-moi.
- Speaker #0
On va jouer un petit jeu, si tu veux bien. Le jeu des petites phrases. Je l'ai appelé comme ça. Donc, je vais commencer par dire des phrases et je vais te proposer de les compléter. Ça va ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Alors, la première, c'est ne dis pas, tu es capricieuse, dis.
- Speaker #1
Je vois que tu as besoin de quelque chose. Est-ce que tu veux me dire quoi ? Alors ça, je dis pourquoi. Est-ce que tu veux que j'explique pourquoi ? Oui, bien sûr. Et en fait, tu es capricieuse, déjà c'est une étiquette. Plus on le dit, plus l'enfant va avoir ce comportement qui n'est pas agréable à ressentir. Quand un enfant se plaint, jeûne, tout ce qui nous irrite, derrière il y a toujours un besoin. Ça ne veut pas dire qu'on va le cautionner ou qu'on va donner la chose, mais le reconnaître souvent, ça aide à apaiser les choses. Et en fait, ça peut être bien. de poser la question, mais pourquoi tu gênes comme ça ? Est-ce que tu as besoin de quelque chose ? Et souvent, l'enfant va nous dire. Donc, on valide au lieu d'étiqueter le comportement négatif. Ça va nous aider sur le long terme.
- Speaker #0
Ok. Et puis, tu savais d'ailleurs, parce que j'avais fait un peu sur le sujet, que le mot caprice vient du latin capriccio. En plus, je te mets mon plus bel accent italien, qui veut dire frisson soudain, et qu'à l'origine, caprice, ça désignait plutôt un élan spontané imprévisible. Et ce qui est ironique, c'est qu'aujourd'hui, en fait, on va utiliser ce mot pour juger quelque chose qui est en fait naturel chez l'enfant, puisqu'un enfant est presque par nature spontané, imprévisible, tu vois. Donc, c'est chouette aussi parfois de revenir un petit peu, je trouve, à l'origine des mots et leur historique, et de se rendre compte que dans le passé, ça ne voulait pas du tout dire ce qu'on utilise maintenant, quoi.
- Speaker #1
Et là, en fait, il faudrait bien me voir qu'est-ce qui ne va pas. C'est tout. Et après, ça ne veut pas dire qu'on va... C'est des ou tout donner. Il ne faut pas confondre les deux.
- Speaker #0
Peut-être que l'enfant, ça peut arriver aussi, je pense que l'enfant ne sache pas vraiment ce qui se passe en lui, mais juste de lui dire ça, c'est une... Peut-être qu'à force d'ailleurs, il va prendre ce réflexe-là d'essayer de chercher ce qui se passe chez lui aussi.
- Speaker #1
Et puis sur les petites filles tuées capricieuses, tu vois, ça renforce cette cage un peu dorée où la petite fille apprend qu'elle doit être agréable, discrète et surtout ne pas déranger. Ça, je pense, ça veut dire beaucoup de choses. Et donc, là, c'est comment on peut lui montrer qu'avec la limite de ne pas déranger les autres, évidemment, elle peut exprimer en fait ce qu'elle ressent, même quand c'est désagréable à entendre. Voilà, j'apprends.
- Speaker #0
Trop bien. Alors, deuxième phrase. « Ne dis pas « c'est pas grave, arrête de pleurer » » dit ?
- Speaker #1
Tu as le droit d'être triste. Ou alors, tu as le droit de pleurer. Moi, souvent, je dis « tu peux pleurer si tu veux » . Quand je vois que mes filles se retiennent, parce qu'encore une fois, culturellement, je leur apprends à se retenir parce que ça va déranger, embarrasser l'autre, le mettre mal à l'aise, c'est souvent ça. On ne devrait jamais s'excuser de pleurer. On ne devrait jamais s'excuser de pleurer. Et donc, quand moi, je sens qu'il y a quelque chose qui ne va pas et qu'elles se retiennent un peu, je leur dis « tu peux pleurer si tu veux » .
- Speaker #0
Mais tu vois, c'est marrant parce que ma mère débarque aujourd'hui sur Bruxelles pour regarder ma fille. C'est vrai que quand ma fille pleure, elle a ce réflexe de dire ne pleure pas. Parce que je pense qu'elle est elle-même débordée par ce qui est en train de se passer. Tu vois, ça lui fait de la peine.
- Speaker #1
Oui, ça part toujours d'une bonne intention. Et ça, c'est ne pleure pas ou arrête de pleurer qu'on retrouve beaucoup dans les générations de nos parents. Et ça part d'une bonne intention. Et ça peut être… d'essayer de comprendre derrière aussi.
- Speaker #0
En fait, je pense que parfois, ça part d'une intention qui... Bon, ça va, t'en fais des caisses. Et il y a des fois où ça part plus du problème que soi-même, ça nous rend... Ça nous remue, en fait. Je pense que ça fait de la peine à ma mère. Et donc, son premier réflexe, ça veut dire « Mais non, ne pleure pas. Tu vois bien, je suis là. » Et en fait, il suffirait juste qu'elle dise la même chose, mais sans le « ne pleure pas » . « Tu peux pleurer,
- Speaker #1
tu peux pleurer. Je suis là. »
- Speaker #0
Ok, alors un autre, dont tu as parlé un petit peu tout à l'heure d'ailleurs, tu ne dis pas, tu fais, tu as timide, dis.
- Speaker #1
Alors là, j'aime beaucoup l'expression de dire, une partie de toi hésite et a peur d'y aller et une autre partie a envie. Et si on décidait d'écouter la partie qui a envie d'y aller ? Ou alors, tu as le droit de prendre ton temps. Tu as le droit de prendre ton temps. Et j'insiste sur cette côté des parties parce que Ça aide beaucoup d'un point de vue psychologique à aider l'enfant à comprendre que c'est normal d'avoir plusieurs voix dans notre tête. Et qu'on a toujours une partie qui a envie, une partie qui a moins envie, et après on décide d'écouter la partie qui nous appelle le plus, et parfois on peut avoir un peu de courage et essayer d'écouter la partie qui a envie mais qui n'ose pas encore. Mais là-dessus, peut-être que tu as le droit de prendre ton temps. Encore une fois, c'est toujours « je suis là, prends ton temps hier » . On n'est pas pressé. On n'est pas pressé. Enlevez la pression.
- Speaker #0
Et tu vois, je pense à une anecdote. Moi, ça m'arrive de le dire, ça, parce que Rose, c'est quelqu'un qui, de prime à bord, va être réservé. Et elle ne va pas, tu vois, quand elle voit quelqu'un, même quelqu'un qu'elle connaît... moins maintenant, mais elle ne va pas forcément sourire, elle va être un peu dans une forme de retenue. Et souvent, j'expliquais aux gens ça en disant « elle fait ça timide » . Donc, je pense que ce n'est pas très bien de dire ça.
- Speaker #1
Tu lui colles une étiquette, effectivement. Ce n'est pas hyper.
- Speaker #0
Et tu penses que je peux dire… Dans ce cas-là,
- Speaker #1
tu peux dire « Rose, je la connais, elle a besoin d'un peu de temps avant de se lancer, elle a besoin d'apprivoiser les gens. N'est-ce pas, Rose, tu as besoin d'un peu de temps ? »
- Speaker #0
C'est vrai que je commençais à le dire, mais vraiment, le premier réflexe que j'avais, c'était de dire ça. Elle fait cette idée. Oui,
- Speaker #1
parce que c'est ce que tu as entendu. C'est ce que tu as entendu. Et du coup, les mots automatiquement qu'on dit à nos enfants sont ceux qu'on a entendus. Et c'est très puissant de s'en rendre compte. Et ça demande beaucoup d'efforts, en fait, de reprogrammer ça. Et c'est un peu la mission de mon compte aussi.
- Speaker #0
Ne dis pas tu es belle, dis. Ou est-ce qu'on a le droit de dire ? C'était ça, c'est ma question. Est-ce qu'on a le droit de dire tu es belle ?
- Speaker #1
Je pense qu'il n'y a pas non plus de mots qu'on ne peut pas dire. Surtout quand c'est positif comme ça. Moi, ce que j'aime bien dire en plus, c'est aller un peu plus loin que tu es belle, qui est un peu générique. Et dire des choses, je t'en parlais précédemment, tu es vraiment rayonnante avec ce sourire. Qu'est-ce que tu es ? Tu es une petite fille solaire. j'aime ta gentillesse ou bien on peut dire autre chose. C'est par exemple quand on veut complimenter une jolie tenue, tu vois, dire oh tu as l'air heureuse dans cette tenue.
- Speaker #0
Ah oui, si vous allez te dire ça,
- Speaker #1
tu as l'air de te sentir bien dans ces vêtements. Qu'est-ce qui te plaît ? C'est la couleur, c'est la forme. Et discuter là-dessus, oh là là, vraiment tu es rayonnante quand je t'ai vu passer la porte. Voilà, un peu plus de détails, tu vois.
- Speaker #0
Ouais, parce que c'est vrai que là encore, mes premiers réflexes, ça va lui dire « Oh, t'es belle ! » De lui avoir dit quelque chose.
- Speaker #1
On peut dire « Tu es belle ! » et puis après,
- Speaker #0
détailler un peu. Ouais, ouais, ouais. Ok, trop bien. Ne dis pas « Fais un effort » , dis.
- Speaker #1
Je te demande de ton mieux à toi. De faire ton mieux à toi. Alors, tu fais un effort. Je pense que ce n'est pas une phrase qui est mauvaise en soi, ça dépend avec quel ton on l'utilise. Si on lui dit, fais un effort quand même. Ce n'est pas pareil que est-ce que tu veux, je ne peux pas accepter ce travail bâclé, est-ce que tu veux bien faire un petit effort ? Tu vois, le ton est complètement différent. Donc voilà, c'est plutôt insister sur, attention au ton là-dessus, insister sur l'effort plutôt que le résultat, demander à l'enfant de son mieux, qu'on voit qu'il essaie, et c'est ça qui compte, et comment on peut l'aider.
- Speaker #0
Mais est-ce que c'est ok, d'après toi, que parfois ils ne fassent pas de leur mieux ?
- Speaker #1
Alors, ça c'est un débat hyper intéressant, parce que dans ma philosophie parentale, je pars toujours du principe qu'un enfant fait de son mieux à un moment dit, et que nous, en tant que parents. Et ça, d'avoir ce changement, dans son état d'esprit en tant que parent, ça change tout. C'est-à-dire que, parce qu'on peut aborder les choses et poser des limites et encourager nos enfants avec l'état d'esprit de « il ne cherche pas à m'embêter, ce n'est pas un mauvais garçon, une mauvaise fille, et il fait de son mieux. » Ça, c'est très important. Je pense que c'est ça. Je pense qu'ils font toujours de leur mieux. Avec la fatigue qu'ils ont un jour, au moment donné, la faim, la frustration, comme nous en fait.
- Speaker #0
Oui, parce que moi, c'est vrai que c'est un des messages que j'ai, c'est aussi pour les mamans qui nous écoutent, c'est de par mon expérience, parfois je ne fais pas de mon mieux, mais c'est ok, dans le sens où parfois je ne suis pas dans les conditions pour pouvoir faire de mon mieux. Je suis plutôt dans les conditions pour pouvoir faire ok, parce qu'effectivement je suis fatiguée. Et donc, peut-être que si c'est à bientôt De l'autoriser à son enfant.
- Speaker #1
Je sais que, idéalement, j'aimerais être comme ça dans telle situation. Et là, j'ai fait de mon mieux avec les circonstances qui étaient difficiles et j'étais fatiguée. Tu vois la nuance.
- Speaker #0
Ouais, ouais, ouais. Trop bien. Merci beaucoup. Et ne dis pas, tu veux toujours avoir raison, dis... Ça, c'est un truc qu'on peut entendre quand même beaucoup.
- Speaker #1
Ouais, ouais, ouais. Tu as un avis et c'est important. Explique-moi. ou pourquoi tu dis ça, j'aimerais comprendre.
- Speaker #0
Mais du coup, tu vois, concrètement, si l'enfant s'entête dans quelque chose, qu'il l'exprime ou qu'il le fait, tu vois, est-ce que tu penses que de lui dire, écoute, tu as un avis, explique-le-moi, ou j'essaie de comprendre ce qui se passe ?
- Speaker #1
Alors, ça dépend. Si c'est dans un contexte d'opposition, Ça devient même inacceptable, l'enfant répond ou nous parle mal, etc. Là, c'est un autre cas, et dans ce cas-là, j'estime qu'il faut dire stop et dire je ne suis pas d'accord. Je ne suis pas d'accord que tu parles comme ça. Pourquoi est-ce que tu me dis ça ? Mais... Je pense que si tu veux toujours avoir raison, tu vois bien que dans l'énergie, on rentre tout de suite en confrontation. Donc, soit on pose une limite et là, on arrête, ou alors on essaye de retourner le dialogue. Si nous, on est ouvert à la discussion, et si nous, on est trop… Si c'est trop, dans ce cas-là, là, est-ce que je peux supporter à des limites ? Et là, j'ai besoin de souffler, donc on va en parler après. Ça dépend peut-être du contexte.
- Speaker #0
En tout cas, on a le droit de dire en tant que parents qu'on n'est pas d'accord.
- Speaker #1
Hyper important. Alors, ça, c'est moi, c'est ma phrase. S'il y a, si je devais dire, 10 phrases qui sont très importantes de dire, je ne suis pas d'accord et je ne changerai pas d'avis. Ce sont deux phrases très, très importantes. Parce que nos enfants ont aussi besoin de limites. Et... poser avec fermeté et bienveillance en partant du principe que l'enfant fait de son mieux et que s'il nous parle mal etc, c'est que lui aussi il ne gère plus tu vois, que ce n'est pas une mauvaise personne ou un mauvais enfant mais par contre, stop, je ne suis pas d'accord pour tout comportement qui sont inacceptables ou qui enfreignent des règles c'est hyper important moi souvent,
- Speaker #0
je rajoute la phrase je t'aime, je t'aime mais je ne suis pas d'accord, je ne sais pas ce que tu en penses dans le sens de, c'est pas parce que je ne suis pas d'accord, c'est pas parce que tu Merci. tu ne te comportes pas comme je le souhaiterais que je ne t'aime pas, en fait. Tu n'as pas besoin d'être sage, parfaite, etc. et de faire tout ce que j'attends de toi pour être aimée. C'est aussi un peu l'idée.
- Speaker #1
Absolument. Oui, et tu peux remplacer le mais par et. Je t'aime et je ne suis pas d'accord parce que si tu dis mais, ça invalide le je t'aime.
- Speaker #0
Ah, ok. Super bien. Ah, très bien. Ok, je vais l'apprendre par cœur.
- Speaker #1
Je t'aime et je ne suis pas d'accord, c'est très puissant comme phrase.
- Speaker #0
Trop bien. Et le meilleur pour la fin, ne dis pas soit gentil ou soit sage, parce que souvent c'est un peu la même chose, dis.
- Speaker #1
Alors ça, j'ai un peu plus de mal. Je pense qu'il faut absolument le bannir ça, complètement. Donc je ne sais pas vraiment, tu vois, d'autres options. Je pense que ça, il ne faut pas le dire. Soit mignonne, allez, soit gentille. « Sois sage pour faire plaisir en sage » .
- Speaker #0
Tu sais que moi, c'est une demande qu'on m'a faite, qu'une péricultrice de la crèche de ma fille m'a faite. Elle m'a demandé de lui dire que ça serait bien qu'elle soit plus sage à la crèche.
- Speaker #1
Alors ça, dans ce cas-là, il faut comprendre. « Sois sage » , qu'est-ce qu'on met derrière ? C'est-à-dire que c'est au moment des repas, où il y a des comportements qu'il faudrait peut-être l'aider à mettre des limites et l'aider, toi, à la maison. Mais cette... ce grand étiquette d'être sage, et d'ailleurs, en anglais, l'équivalent n'existe pas. Dans plein d'autres cultures et langages, il n'y a même pas l'équivalent de l'expression. Donc là, c'est comprendre où est-ce que j'ai besoin d'éduquer ma fille sur peut-être certains points, le repas, je n'en sais rien, mais comprendre d'où ça vient et là, le prendre point par point.
- Speaker #0
Et pourtant, qu'est-ce qu'on entend ? Et même moi, je crois que je l'ai dû le dire alors que j'ai lancé le podcast passage, mais j'ai dû le dire au moins une fois, Tu seras sage quand papi et mamie seront là. C'est ouf.
- Speaker #1
C'est très français par contre. C'est vraiment très français. Ah,
- Speaker #0
hyper intéressant. Je ne savais pas. Alors du coup, si tu devais choisir trois phrases qu'une petite fille devrait entendre souvent, ce seraient lesquelles selon toi ?
- Speaker #1
Alors, la première, première, première, qu'on peut répéter très souvent, c'est tu n'as pas besoin d'être parfaite pour être aimée. Moi, rien que l'entendre, je pense que si j'aurais aimé l'entendre petite, ça me...
- Speaker #0
Et dans quel contexte tu le dis à tes filles, tu vois ?
- Speaker #1
Alors, je le dis... Il y a plusieurs contextes qui sont possibles. C'est vrai que ça arrive plus, par exemple, avec les devoirs, ou quand il commence à y avoir un peu des échecs ou des déceptions, où l'enfant se dit « je ne suis pas à la hauteur et je déçois la maîtresse, mes parents, etc. » et leur enlever cette idée de la tête. Donc, c'est l'idée, je t'aime pour ce que tu es, pas ce que tu fais. Et ça peut même commencer à l'ère de jeu où l'enfant, je ne sais pas, réussit pas. Ou, tu vois, où un autre enfant, une frère et soeur se moquent un peu. Et ça, arrêter tout de suite ce genre de comportement. Tu vois ? Une autre phrase qui est importante, surtout pour les filles, c'est « Sois toi seule et dans ton corps et sais ce que tu aimes » . Alors ça, c'est une phrase qui apprend le consentement très jeune, mais on ne l'utilise pas pour cet objectif petit. On peut commencer notamment autour de la nourriture. Moi, j'insiste beaucoup là-dessus. Ou on respecte, en fait, quand on force un enfant à manger quelque chose qu'il n'aime pas, etc., c'est vraiment une violation de son intimité. Et donc, de lui apprendre très jeune qu'on est tous différents, dans notre corps, on écoute nos sensations et on réagit différemment. Donc ça, on peut le dire, ces chaussettes, elles grattent. j'avais pas cette impression mais c'est ton corps toi seul sais des petites choses comme ça au moment de la douche au moment des repas si son frère dit moi j'adore ça et toi pourquoi t'aimes pas c'est très bon moi mes filles aujourd'hui disent c'est mon corps et ça j'en suis très très fière
- Speaker #0
Qu'est-ce que c'est ?
- Speaker #1
Je ne sais pas.
- Speaker #0
J'adore parce que tu vois moi le réflexe que j'avais c'était de lui dire qu'est-ce que tu as envie de faire toi, qu'est-ce que tu aimes toi mais j'avais pas encore ce réflexe de l'associer un peu au corps de vraiment je commence à je lui ai un livre sur le consentement qui lui apprend que c'est son corps que son corps lui appartient mais c'est vrai que c'est encore autre chose que tu proposes il me semble, c'est vraiment d'être à l'écoute de son corps et de ses sensations en fait corporelles Oui.
- Speaker #1
Et pourquoi c'est très important ? Parce que nous, adultes, on est beaucoup dans notre mental, parce qu'on a beaucoup nié nos émotions, etc. Donc, on est monté au cerveau. Et aujourd'hui, tu vois énormément surtout des femmes qui ne savent même plus ce qu'elles veulent, ce qu'elles aiment, et qui ne sentent même pas les émotions dans leur corps parce que c'est complètement déconnecté. Et ça, il y a un gros effort, un gros travail à faire, je pense, et ça se fait... beaucoup aujourd'hui sur les émotions aussi avec nos enfants, mais le corps et leur faire nommer leurs sensations. Ah, t'as faim ? Comment tu sais que t'as faim ? Ah, tu sens des petits, un petit quelque chose dans ton ventre ? Montre-moi où c'est. Et leur faire parler sur leurs émotions corporelles. T'as peur ? Où est-ce que tu sens la peur ? Ah oui, ou alors écouter leur intuition. Ah oui, là la personne, tu veux changer de trottoir parce que cette personne-là, tu la sens pas. Oui, oui. Eh bien, c'est très important. On écoute toujours son intuition.
- Speaker #0
Tu vois, je pense aux personnes qui nous écouteraient Merci. aux mamans qui pourraient se dire moi je n'en suis pas à l'âge je ne sais pas écouter vraiment je pense que c'est aussi l'approche que j'ai avec Passage et mon compte Instagram c'est de dire en fait votre fille va être aussi un levier pour vous pour essayer d'aller apprendre un certain nombre de choses et pourquoi pas se dire qu'en même temps que je vais essayer de lui apprendre à être à l'écoute de son corps, je vais aussi essayer de faire ce travail pour moi Oui.
- Speaker #1
Et ça nous transforme. Ça, j'ai dit profondément.
- Speaker #0
Trop bien. Est-ce qu'on a dit les trois phrases, là ?
- Speaker #1
Non, je n'ai dit deux. Peut-être une dernière, et là, pour qu'elles comprennent qu'elles ont une voix et que leur opinion compte, ton opinion compte. Et quand elles prennent la parole, ça vient un petit peu plus tard, ça, je pense. Ah oui, c'est intéressant ce que tu dises. Et ça compte, ça compte. Elles se sentent entendues et que... Parce qu'encore une fois, quand on regarde dans le monde du travail, aujourd'hui, encore les femmes sont trop en retrait. Et elles pensent que... Oui, ma loi compte pas, personne...
- Speaker #2
Dans le monde du travail, au repas de frêle, à plein d'endroits, je pense.
- Speaker #0
Oui, oui, ou au repas de famille.
- Speaker #1
Et alors, à l'inverse, trois phrases que, selon toi, tu en as déjà données deux. Sois sage, sois gentil, mais qu'on devait bannir le vocabulaire.
- Speaker #0
Sois sage, sois gentil. Pitié. Bannissez ça. Et bon. Tu es trop sensible, arrête de pleurer. On en a mentionné. Donc ça, voilà. Et... euh... Et tout ce qui est, auquel je pense les filles sont encore très sensibles, c'est des choses autour de toutes les menaces d'abandon. Si tu ne fais pas ci, si tu n'es pas sage, en gros, je vais te faire comprendre, je ne t'aimerai plus, je t'aimerai moins. Ou je n'aime pas les petites filles qui font ça, Parce que là, la petite fille, elle entend. J'avais fait un poste récemment. Je n'aime pas les menteuses, je n'aime pas les petites filles qui mentent. Ça, une génération de nos parents dit souvent, je n'aime pas les menteuses, je n'aime pas les... Elle entend, maman ne m'aime pas. Et donc, c'est sur les étiquettes en général, notamment très négatives, je n'aime pas les petites filles jalouses, qui donnent une émotion inconfortable et qui la bélise à un enfant. Parlez plutôt du comportement ou en parlez autrement.
- Speaker #1
Ok. néanmoins quand on est parent je pense qu'on fait quand même pas mal d'erreurs j'ai été vulnérable, j'en ai partagé un certain nombre comment quand on s'en rend compte on répare ça quand on dit quelque chose peut-être qu'on regrette comment on répare ça alors ça c'est un des outils je pense les plus importants à avoir dans
- Speaker #0
sa boîte et tu en as mentionné moi-même qui crée des petites phrases tous les jours, c'est un sujet qui me passionne, tous les jours je dis des choses quasiment que je regrette. Je veux que aussi tout le monde l'entende. Et parfois mon mari me dit « mais c'est pas toi la spécialiste des petites phrases, là ? Tu n'as pas dit la bonne chose ? » Et en fait, réparer nos erreurs, ce n'est pas un signe de faiblesse. Au contraire, l'enfant ne se souviendra même pas de ce que vous avez dit. Par contre, il se souviendra de comment il s'est senti. M-M-M-M-M-M Par contre, si vous allez après réparer et dire pardon, tout ça s'est effacé, voire amplifié. Et ça crée de la connexion. Donc, comment on fait ? On reconnaît l'erreur et on s'excuse sincèrement. C'est-à-dire, on ne dit pas, si tu n'avais pas dit ça, je ne me serais pas énervée.
- Speaker #1
Ok ?
- Speaker #0
C'est, je suis désolée de t'avoir parlé comme ça ce matin. Ce n'était pas juste. Je n'aurais pas dû te parler comme ça. Tu as dû avoir hyper peur. Ce n'était pas normal, ce n'était pas juste. Et après, on peut en rediscuter et dire, tu sais, moi aussi, parfois, ça déborde, ça explose et j'apprends à mieux gérer mes émotions. Et je fais des efforts là-dessus. On peut aussi expliquer la démarche éventuellement. Mais s'excuser sincèrement et ne jamais remettre la faute, ça, on a tendance à beaucoup le faire. Tu sais, si tu n'avais pas renversé tel truc, je ne me serais pas énervée. Ça, c'est terrible. C'est encore pire, en fait. Donc, c'est revenir vers l'enfant en disant je suis désolée.
- Speaker #1
Ça, pour le coup, je pense que ça demande un peu d'entraînement dans le sens où moi, la première fois que je l'ai fait, je me suis sentie... Ça m'a remuée, en fait, tu vois. Je pense qu'il y avait plein de choses qui jouaient, mais est-ce qu'en fait, elle va prendre le dessus ? Enfin, tu vois, il y a plein de choses qui se sont jouées. Et plus je le fais, plus ça devient naturel et juste. Et je pense qu'il ne faut pas s'arrêter à la première fois. Oui.
- Speaker #0
En fait, il y a cette croyance que quand on dit de moins en moins pardon à nos enfants, qui dans notre esprit, dans notre génération, sont en dessous des adultes, on se rabaisse et du coup, ça mine notre autorité. Et moi, je pense que c'est tout le contraire. C'est tout le contraire. Alors, par contre, attention à ne pas se confondre en excuses pendant 10 minutes, en faire des tonnes, etc. Mais avec sa posture encore d'adulte, on dit... Comment on ferait à un autre adulte ? Là, ça a dépassé ma pensée. Je suis désolée, ce n'était pas juste. C'est assez utile, cette petite phrase. Je ne te demande pas non, ce n'était pas juste. Je n'aurais pas dû te parler comme ça.
- Speaker #1
Mais là encore, c'est justement tout l'intérêt d'avoir des phrases un peu toutes faites dans des situations où, en fait, on n'est pas encore hyper à l'aise et confortable et d'avoir un point de départ et quelque chose auquel se raccrocher, comme tu disais. Absolument. Je voulais aussi te poser cette question parce que j'ai vu que tu avais fait un post par rapport à une petite fille qui s'était critiquée sur son apparence. Donc c'était « je suis grosse » , je crois. Donc que dire à nos filles quand elles se critiquent ?
- Speaker #0
C'est le poste qui a fait le plus de vues de mon compte depuis toujours. Plus de 4 millions de personnes l'ont regardé. Il y a énormément de commentaires. Donc ça, c'est un sujet. Et je pense que c'est pour ça que ton travail est aussi important. C'est un sujet crucial et qui touche encore une fois sur l'apparence, plus les filles que les garçons. Là, il est très important de ne pas dire, mais qu'est-ce que tu racontes ? Bien sûr que non, tu n'es pas grosse.
- Speaker #1
C'est un aspect, évidemment.
- Speaker #0
On est tellement blessé, on se dit « Oh, ma petite fille, elle me dit ça ! » Et en fait, on se dit « Mais non, mais non ! » Et donc, on veut qu'elle se sorte ça de la tête. Tu vois, ça part d'une bonne intention. Le problème, en fait, quand on fait ça, c'est que l'enfant se dit « Mais maman, elle ne comprend pas là, elle ne comprend rien, et puis voilà, je ne le sens pas entendu. » Ce genre de propos, ça peut arriver dès 7 ans. Et donc, en fait, ce qu'il faut faire, c'est se retenir d'avoir cette impulsion de dire « mais non, mais non, qu'est-ce que tu racontes ? » et essayer de comprendre en disant « ok, est-ce qu'il s'est passé quelque chose aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'il s'est passé aujourd'hui pour que tu me dises ça ? » Et puis, valider en disant « tu sais, parfois, on ne se sent pas forcément bien dans son corps. » Et là, on revient au corps. Et puis, ça arrive à plein d'autres gens. Moi aussi, parfois, ça m'arrive. Ce n'est pas le moment de questionner les normes de notre société. Qui décide qui est beau ou gros ? Est-ce que tout le monde doit se ressembler ? Et puis les filles sur les pubs sont trop parfaites. Ce n'est pas le moment de faire ce genre de discours. Sur le moment, en fait, votre fille, elle vient, elle n'est pas bien. Elle a besoin d'être entendue. Donc, je t'écoute, c'est super important qu'on parle de ça. Et de lui dire, est-ce qu'il s'est passé quelque chose aujourd'hui qui fait que tu dises ça ? Ça, c'est une bonne première question. Et puis après, laissez-la parler. Si évidemment, il y a des considérations où vous-même vous dites, oui, ma fille est peut-être un peu en surpoids, de manière médicale, là, on peut explorer des choses, aller voir le pédiatre, le nutritionniste, etc. Je pense que là, ce n'est pas la question. Donc, c'est juste écouter. Est-ce qu'il s'est passé quelque chose aujourd'hui qui fait que tu te dis ça ? Et puis, reparler du corps. Et parfois, on se sent... moyen et qu'on peut se sentir atteint par les remarques des autres et ouvrir la discussion là-dessus. Mais il n'y a pas beaucoup à dire, en fait. Plus à questionner.
- Speaker #1
Et donc, c'est là plus à questionner, là, aujourd'hui par rapport à leur âge et plus tard, plus à dire ou c'est toujours plus à questionner et jamais...
- Speaker #0
Alors, je pense que c'est important d'avoir cette discussion sur les normes, la culture, la société, peut-être un peu plus tard. Moi, j'adore avoir des discussions tous les soirs au moment du coucher avec mes filles. Et ça, depuis toute petite. Ou soit à l'époque, je racontais ma journée ou elles me racontent leur journée. Mais surtout, je reviens sur des moments peut-être un peu tendus de la journée, soit avec moi, soit des choses qui se sont mal passées à l'école. Et refaire un petit débriefing, c'est un très bon moment pour le faire. Et là, on peut instiller des petites graines et des petites leçons pour coacher. C'est là où on a notre casquette de parents coach. pas de parent qui intervient pour poser une limite ou qui écoute et a de l'empathie je pense qu'on a tous trois casquettes on a la casquette écoute et empathie on a la casquette limite et sécurité protéger son enfant et les autres et on a la casquette plus coach où là on instille des choses j'aime beaucoup voir les choses comme ça et ma casquette parent coach l'est souvent le soir c'est un bon moment je trouve trop bien,
- Speaker #1
j'adore et puis la dernière question pour conclure, peut-être sur une note plus inspirante. Enfin, tout était hyper inspirant, mais je veux dire une nouvelle note inspirante. Donc, tu l'as très bien dit, d'ailleurs, tout à l'heure, les mots qu'on emploie deviennent les voix internes de nos enfants. Toi, quelle voix tu aimerais que les petites filles entendent dans leur tête plus tard ?
- Speaker #0
Ces questions, tu vois, ça me donne des frissons.
- Speaker #1
C'est tellement important.
- Speaker #0
Une, vraiment, qui... qui peut-être prend le dessus sur les autres et on ne l'a pas encore mentionné, c'est « je suis capable » . Encore une fois, plein de choses montrent que les filles décrochent en maths plus vite que les garçons. Pourquoi ? Parce qu'elles s'autocritiquent. Et ça, tu l'as sûrement entendu. Et en fait, c'est... Dès que notre fille nous dit « je ne sais pas, je ne suis pas sûre » , tu es là à dire « ne dis pas, je ne sais pas » . On trouve une solution. Tu vas trouver. Tu sais. Tu sais et tu es capable. Et je suis là pour t'aider et on va cheminer ensemble. Donc, dès qu'il y a un peu des doutes qui s'instillent, c'est bien d'être là et de faire le parent-coach et d'intervenir sur le moment. Et je suis capable. Je crois en toi. Tu as tout en toi, tout ce qu'il faut en toi pour réussir. Et rappelle-toi que le plus important, c'est de faire ton mieux à toi. Et le mieux à toi, c'est... ce n'est pas le mieux à toi de la première de la classe ou de telle personne ou tel ami. et c'est ça avec tu as le droit d'avoir une opinion tu as le droit de prendre ta place et que toutes les émotions sont valides aussi donc c'est peut-être ces trois aspects,
- Speaker #1
se sentir capable sur la confiance en soi qu'on a le droit à une voix une opinion et puis des émotions aussi donc dans leur tête c'est d'être capable d'entendre cette voix qui leur dit je suis capable ouais
- Speaker #0
je suis capable, je suis je suis sur la place parce que c'est beaucoup sur la confiance en soi je pense avec les filles qui et on l'a montré sur les réseaux sociaux c'est les filles qui empathisent le plus souvent en termes d'exposition parce que de manière inhérente elles sont très sensibles on leur a appris à être plus sensibles aux liens et du coup comment Mouh ! les aident à se construire, pour se protéger aussi parfois. Et que les critiques coulent comme de l'eau sur un parapluie. C'est une image que je prends, par exemple.
- Speaker #1
Tu prenais l'exemple des maths, mais les études montrent aussi que c'est aussi la vision des professeurs, justement le fait qu'ils aient une vision stéréotypée que les garçons soient meilleurs en maths, qui en fait creusent l'écart entre les garçons et les filles. Et il y a tellement d'autres exemples où c'est le cas que si... On leur apprend à penser qu'elles, elles sont capables, elles vont pouvoir aussi peut-être contrer ça, même s'il faudrait aussi que l'environnement... Oui,
- Speaker #0
il y a un travail à faire de formation. Il y a plein de choses qu'on pourrait faire aussi dans les écoles. Absolument d'accord. Et comment on peut équiper nos filles pour compenser, comme tu dis, entre-temps ? C'est peut-être, à partir de 7 ans, leur dire ça aussi, ce genre de choses, parce qu'ils sont absolument... Ils sont bien plus capables de comprendre qu'on le pense aussi. Et nous, en tant que parents, toujours partir du principe aussi, que ma fille est capable. Elle n'a pas toujours besoin de moi. Elle sait faire face. Et une phrase importante, c'est quoi qu'il arrive, je sais que tu sauras faire face. Quoi qu'il arrive.
- Speaker #1
Ça demande de croire ça aussi à l'intérieur de soi. Ce que j'ai compris dans un podcast, c'est qu'il faut aussi, en tant que parent, en être... en être convaincu. Même si soi-même, on a vécu des épreuves et qu'à des fois, on a l'impression qu'on ne saurait pas faire face aux épreuves futures de notre fille, il faut aussi s'en convaincre pour pouvoir leur transmettre ça.
- Speaker #0
Parce qu'ils sentent notre doute, sinon aussi. Mais tout ça, ça demande... Ce n'est pas facile. Ça, j'entends bien.
- Speaker #1
Ce n'est pas facile, mais on conclura. Je conclurai là-dessus. Comme tu le dis, Parfois, on peut être un peu noyé sur tout ce qu'il faudrait, il ne faudrait pas faire, et de pouvoir se raccrocher, comme tu le dis, à ces petites phrases. Moi, je trouve que c'est génial. Et donc, je te remercie encore d'être venue et de tout ton travail parce qu'on a besoin de ça, en fait. On a vraiment besoin de pouvoir se raccrocher à ces choses-là, d'autant plus quand on a aussi une charge mentale assez importante, de pouvoir se dire, je ne sais pas, moi, cette semaine, je prends cette phrase et je vais... C'est cette phrase que je vais intégrer, tu vois, que je vais essayer d'intégrer.
- Speaker #0
Ce que je recommande, prenez une phrase. C'est ce que je faisais moi-même tous les lundis. J'écrivais une phrase sur un post-it et c'était la phrase que je m'entraînais seule et avec mes filles à dire au moins quelques fois. Et sinon, on n'est noyé par les outils, les tips et on se sent dépassé. Et du coup, on se met en échec. Je pense que c'est la force effectivement de ces petites phrases, c'est qu'on peut s'accrocher à quelque chose de concret et le dire sous différentes formes et se sentir capable de se sentir capable aussi, tu vois, ça aide. Et avec cette capacité-là, on va pouvoir grandir sur plein d'autres choses qui sont en vérité, finalement, peut-être optionnelles au final.
- Speaker #1
Ok. Merci beaucoup. Est-ce que tu peux nous en dire peut-être un peu plus sur ton actualité ? Déjà, où est-ce qu'on peut te retrouver ? J'ai parlé de ton compte Insta, je ne sais pas s'il y a d'autres endroits où on peut te retrouver.
- Speaker #0
Alors, il y a mon compte Instagram, petite phrase à leur dire, petite phrase avec un S. pour me suivre. Et sinon, la meilleure façon de rester en contact avec moi et de recevoir mes actualités, c'est de s'abonner à ma newsletter. Donc ça, vous pouvez la trouver en lien. Voilà, tu pourras mettre le lien et je vous envoie tous les lundis, comme ça, on en a parlé, la petite phrase du lundi, un email à lire en trois minutes qui vous donne une petite phrase pour la semaine à pratiquer avec vos enfants sur un sujet spécifique. Voilà, donc je vous encourage Ciao ! à souscrire c'est bon on a notre plan d'action alors d'action et d'inspiration merci beaucoup encore merci Alexandra pour cette conversation à bientôt au revoir
- Speaker #1
C'est déjà la fin de cet épisode, j'espère qu'il t'a plu et surtout qu'il t'a donné envie de réveiller un petit grain de rébellion en toi et de révéler celui de ta fille. Si tu penses qu'il pourrait inspirer une autre maman autour de toi, partage-le lui et si tu veux lui donner un coup de pouce pour faire grandir cette démarche, tu peux laisser 5 étoiles et un petit mot doux, ça compte énormément. A très vite !