- Speaker #0
Hello et bienvenue dans Passage, le podcast qui libère les filles et leurs mamans. Moi c'est Alexandra, maman de Rose, une petite tornade de presque deux ans et demi, à l'énergie débordante et au caractère bien trempé. Et tu sais quoi ? Même si ce n'est pas toujours de tout repos, savoir sortir ses épines, c'est vraiment tout ce que je lui souhaite. Alors j'ai créé ce podcast pour moi et pour toutes les mamans qui veulent élever leurs filles autrement. Pas sage, pas modèle, pas gentille à tout prix, mais confiante, libre d'être elle-même et bien dans leur basket. Des petites filles qui savent et sauront plus tard dire non, poser leurs limites, s'aimer telles qu'elles sont, qui n'auront pas peur d'essayer d'échouer et qui sauront se faire reconnaître à leur juste valeur. Alors ici, on va démonter les injonctions, les stéréotypes et tous ces vieux réflexes qu'on pensait normaux. Tu sais les fameux « t'es pas belle quand tu fais la tête » . On va parler d'estime de soi, de confiance, de rapport au corps, aux émotions. On va parler de nos filles, mais aussi de nous. Parce qu'éduquer autrement, ça commence souvent par se libérer soi-même. Alors au fil des épisodes, je te partagerai des réflexions incarnées, des clés concrètes, et des voix d'experts. Et surtout, une grande dose de soutien et de déculpabilisation. Parce que nous aussi, on mérite mieux qu'être sages. Alors, prêtes à bousculer les règles ? Salut Clémence !
- Speaker #1
Salut !
- Speaker #0
Bienvenue dans le podcast Passage.
- Speaker #1
Merci pour ton invitation, je suis hyper contente d'être là, j'adore ton travail, donc je suis trop contente qu'on... discuter toutes les deux aujourd'hui.
- Speaker #0
Alors pour la première fois depuis le lancement de ce podcast, on va parler aujourd'hui de la relation mère-fille, mais de notre propre relation avec notre maman. On va parler des différentes dynamiques qui peuvent exister, relationnelles qui peuvent exister entre une mère et une fille, et à quel point, sans qu'on en soit bien consciente, elles ont pu être, elles peuvent être encore toxiques, ou en tout cas à quel point elles peuvent encore nous influencer aujourd'hui dans notre vie de femme, dans notre... dans nos choix de vie, dans notre bien-être en général. Et évidemment, c'est un sujet très important quand on est maman d'une petite fille, un sujet très important à creuser, puisque sans qu'on s'en rende compte, ces dynamiques, ces schémas plus ou moins toxiques qu'on a eus avec notre propre maman peuvent se rejouer dans notre relation avec notre fille si justement on ne fait pas ce travail-là que tu proposes de guérisson, de ce que tu appelles la blessure de la mère, donc tu vas nous en parler évidemment dans quelques instants. Donc je suis vraiment ravie de t'avoir ici aujourd'hui parce que c'est encore une fois un sujet très important qui me touche aussi personnellement. Moi je sais que j'ai aussi à travailler ma relation avec ma maman, je le fais d'ailleurs à travers ta formation que je trouve incroyable. Comme beaucoup beaucoup de personnes qui suivent, j'ai dévoré ton livre. Et d'ailleurs petite anecdote, il se trouve que pour la première fois aussi depuis le lancement de ce podcast, je n'enregistre pas l'épisode depuis chez moi à Bruxelles mais depuis chez ma maman parce que c'est les vacances scolaires et... Et ma maman garde ma fille et moi je télétravaille. Et il se trouve que je me retrouve même, voilà, c'était pas prévu, mais là je me retrouve dans ma chambre de petite fille. Donc voilà, je trouvais ça assez rigolo qu'on échange sur ce sujet alors que moi je me trouve dans ma chambre de petite fille. Donc voilà, encore une fois, merci d'être là. Et puis je te laisse te présenter avant qu'on rentre dans le vif du sujet.
- Speaker #1
Ouais, alors moi c'est Clémence, j'ai 35 ans. J'ai créé Become Your Own Mama en 2021. Donc, c'est un compte Instagram et c'est aussi un programme en ligne qui aide les femmes à se libérer de tous les schémas limitants qu'elles ont hérité de leur maman. Et donc, je suis aussi l'autrice du livre « Et si c'était votre mère le problème ? » qui est sorti il y a un an et demi. Et là, je suis en train d'écrire mon deuxième livre sur le sujet qui va sortir à la rentrée.
- Speaker #0
Je ne l'ai pas dit en intro, mais pour te suivre depuis un certain temps… Je ne peux vraiment que remarquer que ton travail a un très grand écho. Il a reçu un très grand écho dans les personnes qui te suivent. Évidemment, tu as beaucoup de retours de personnes qui soit ont lu ton livre ou soit juste lisent ton contenu sur Instagram. Et vraiment, c'est un sujet qui touche beaucoup les gens. Oui,
- Speaker #1
c'est vraiment un sujet universel. Le premier livre va être traduit. Il sort en chinois.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
dans quelques jours et il est sorti en espagnol il y a un mois. Et c'est vrai que quand j'ai su qu'il allait être traduit en mandarin, je me disais c'est incroyable parce qu'il y a quand même des spécificités culturelles en plus énormes en Chine par rapport à la relation par enfant. Et donc je trouve ça assez incroyable que ça puisse résonner dans autant de cultures et c'est là qu'on voit que c'est vraiment un sujet qui touche tout le monde. C'est à la fois une histoire tellement personnelle et à chaque fois c'est une histoire unique, mais il y a des thèmes. récurrents qui sont vraiment hyper intéressants et partagés à travers le monde.
- Speaker #0
Et alors, pourquoi est-ce qu'on peut démarrer par ça ? Parce que moi, ça m'intéresse aussi, dans le cadre de mon projet, pourquoi la relation mère-fille est-elle si particulière ? Et pourquoi ça m'intéresse ? Parce que moi, souvent, enfin souvent, de temps en temps, ce qu'on me reproche, avec le podcast Passage et puis ma communauté sur Insta, WeAreShippy, c'est que je m'adresse aux mamans de petites filles et pas aux papas de petites filles et pas aux mamans de petits garçons. Parce qu'en fait, j'ai compris... de par ma propre expérience, mais même à travers ton travail, que la relation mère-fille est spécifique. Donc, j'avais envie de créer un espace pour que les mamans de petites filles puissent vraiment trouver écho à leurs interrogations, etc. Mais est-ce que toi, tu peux nous donner ton point de vue là-dessus ? Pourquoi elle est si particulière ? Et aussi, par quoi est-elle façonnée ? Parce qu'on peut, quand on commence à s'intéresser à tout ça, ressentir un peu une petite pression, tu vois, en tant que enfant. que nos mamans peuvent aussi ressentir un peu de culpabilité. Et je pense que tu vas nous le dire, on a notre responsabilité dans tout ça. Mais voilà, pas que. Je pense qu'il y a aussi la société, etc. Donc voilà, en quoi est-elle particulière et par quoi est-elle façonnée ?
- Speaker #1
Déjà, ce qui est hyper intéressant dans la relation mère-fille, c'est l'effet miroir. Parce que d'un côté, Talachi, qui construit toute son identité féminine en observant sa mère, Elle va observer comment est-ce que sa mère parle des autres femmes, comment est-ce que sa mère se traite en tant que femme, comment est-ce qu'elle traite son image, son corps, comment elle se positionne par rapport aux hommes. Elle va vraiment assimiler toutes les normes et les valeurs de la société autour du rôle de la femme en observant sa mère. Et du côté de la mère, la mère voit en sa petite fille un reflet d'elle-même, en fait. C'est un petit peu... inévitable et c'est ce qui est très beau mais aussi ce qui peut être un petit peu, enfin ce qui apporte des enjeux supplémentaires parce que ça réactive très souvent ses propres blessures non résolues et ça peut créer des projections inconscientes par exemple quand la fille commence à s'épanouir surtout à l'adolescence etc où la mère peut se dire mais pourquoi tu te permets les choses que moi je me suis pas permis, il n'y a pas de raison que toi tu t'épanouisses là où moi je me suis limitée et ça c'est évidemment très inconscient c'est que souvent, ce n'est pas du tout ce qu'elle se dit mentalement. Mais inconsciemment, il y a un truc qui va venir la déclencher parce que sa fille se permet de faire du bruit, de prendre plus d'espace, etc. Et donc, c'est vraiment cet effet miroir qui rend la relation émotionnellement chargée. Et ce qui la rend hyper chargée aussi, c'est que c'est une relation entre deux femmes dans une société aux valeurs patriarcales où les femmes sont socialisées Merci. pour s'effacer au profit de l'autre. Elles sont conditionnées à se sacrifier au lieu de s'épanouir. Et ça, ça crée forcément des besoins émotionnels insatisfaits qui, très souvent, se cristallisent dans la relation mère-fille. Et quand tu disais par quoi elle est façonnée, elle est clairement façonnée par ses valeurs patriarcales. Elle est façonnée aussi par cette culture de la domination où on attend du parent qui soit omniscient. qu'ils sachent toujours mieux. Et ça, c'est une pression énorme pour la mère. Enfin, je veux dire, c'est mauvais à la fois pour la mère et pour l'enfant. Pour la mère, c'est une pression énorme de se dire qu'il faut toujours qu'elle sache mieux, qu'il faut toujours que ce soit la voix de la sagesse et qu'elle soit une mère parfaite. Et pour la fille qui, du coup, ne peut pas avoir sa propre voix, ne peut pas être dans plus une collaboration et une évolution ensemble, puisque chacun est en train quand même de vivre sa première vie. Donc ça, ça impacte beaucoup, de toute façon, toutes les relations. Et puis aussi l'immaturité émotionnelle ambiante de notre société, où on doit toujours préserver le statu quo, surtout quand on est une femme. Dans les relations, quand on est une femme, il faut toujours qu'on explique le mieux possible, qu'on essaie toujours de préserver le lien, qu'on fasse des compromis. On ne doit pas être authentique dans notre société, surtout quand on est une femme. On ne doit pas être en colère, encore moins contre sa mère. On doit éviter le conflit à tout prix. On doit toujours choisir un camp. C'est les bons contre les méchants, les filles dévouées ou les filles ingrates. Et il n'y a pas du tout de nuance. Et tout ça, de toute façon, ça s'applique à toutes les relations, mais encore plus à la relation mère-fille, parce que ce sont deux femmes et qu'on attend d'elles encore plus toutes ces choses-là.
- Speaker #0
Et alors, quand on parle de blessure de la mère, de quoi parle-t-on vraiment et en quoi elle nous impacte en tant qu'adulte ? Tu sais, quand je prépare l'interview, je regardais ton livre. qui s'appelle « Et si c'est votre mère le problème ? » Et je me disais, en fait, le problème de quoi ? Est-ce que notre mère, en fait, elle a le problème de tout ?
- Speaker #1
Ouais. Alors, le titre, il a vraiment été choisi pour un peu interpeller toutes ces femmes qui sont dans cette même boucle mentale depuis l'enfance qui est « C'est quoi mon problème ? » qu'est-ce qui cloche chez moi, pourquoi je me sens comme ça, pourquoi je n'arrive pas à poser des limites, pourquoi je n'arrive pas à être dans des relations saines, pourquoi je ne me sens pas légitime. Et elles sont souvent dans cette boucle mentale et du coup, elles répètent toujours les mêmes schémas parce qu'elles partent toujours du principe que le problème, c'est elles, qu'il y a un truc qui cloche chez elles. Et elles ne reviennent jamais, elles sont toujours en train de traiter les symptômes et maintenant, il y a plein d'outils, plein de thérapies différentes, plein de choses autour du soin et du bien-être. et c'est génial, mais qui traite les symptômes et qui ne reviennent jamais à la racine, à la blessure originelle. Et vraiment, quand j'ai choisi le titre de ce livre, je me disais juste, je veux parler à la femme qui est dans cette boucle mentale et un peu l'interpeller et la stopper dans cette pensée automatique. Tu me demandais, c'est quoi la blessure de la mère ? En fait, c'est l'ensemble des schémas limitants qu'elles ont hérité de leur maman. Donc, c'est les blessures... les fausses croyances, les pensées, les comportements automatiques. Tout ça, c'est un bagage émotionnel qu'on va hériter de deux façons. On en hérite au sein de la relation, c'est-à-dire ce qui nous a manqué dans la relation. Être aimé inconditionnellement, être validé, être libre d'être soi. Tout ça, ça va créer nos propres blessures. Et puis, il y a aussi ce que notre mère nous transmet juste en étant elle-même. Et c'est là que c'est... hyper inconsciente, c'est qu'on va assimiler ses peurs, on va aussi assimiler ses croyances sur le monde, sur elle-même, sur la féminité, sur les autres, et ses croyances, elles sont hyper influencées par le patriarcat, donc elles sont souvent limitantes pour une femme, et donc ça fait partie de cette blessure. Et ce qui est intéressant avec cette blessure de la mère, c'est que c'est vraiment, c'est plus qu'une blessure, c'est un mode de fonctionnement, en fait. C'est tout un mode de pensée et de comportement. Tu me disais comment ça nous impacte à l'âge adulte. Déjà, c'est souvent le sentiment de se sentir toujours coupable et redevable dans la relation avec sa mère. Ça, c'est un signal assez fort que la relation n'est pas épanouissante. C'est souvent des femmes qui ont peur de finir comme leur mère, qui ont aussi peur d'être une mauvaise fille, d'être une fille ingrate, qui se sentent à la fois étouffées parce qu'elles portent la relation comme un fardeau. et à la fois abandonnée parce qu'il y a ce sentiment de vide à cause de l'absence d'un amour maternel qui serait épanouissant et sain. C'est souvent aussi une difficulté à gérer ses émotions parce qu'on se sent toujours comme une petite fille bloquée dans un corps d'adulte. Et c'est souvent des difficultés aussi autour de l'identité parce qu'on nous a demandé de jouer un rôle depuis l'enfance. À un moment, souvent vers la trentaine, on se dit « mais du coup, je suis qui réellement ? Comment je me défais de ce rôle qui m'a aidée à fonctionner dans la société, dans la famille ? » Et il y a aussi des difficultés souvent autour de l'identité féminine parce qu'on vit dans une société où l'identité féminine est forcément blessée, sauf si on va à contre-courant et qu'on se libère de toutes ces croyances qu'on nous a impliquées. Donc, toutes ces choses, ça impacte vraiment la relation à soi-même, mais aussi la relation aux autres, ça impacte la résistance au stress. notre rapport à la réussite, à la place qu'on ose prendre, et évidemment à la maternité.
- Speaker #0
Alors ça, on va y revenir dans un instant, mais pour que ce soit encore plus concret, est-ce que tu peux nous donner des exemples de dynamiques maternelles qui créent une blessure, qui ne sont pas OK ? Et à l'inverse, j'ai presque envie de te demander finalement, donc je pense que je n'ai pas encore atteint ce niveau-là pour te poser cette question, mais c'est quoi finalement une relation saine avec sa maman ?
- Speaker #1
Oui. Dans le livre, je parle de sept types de mères toxiques, mais elles ont vraiment trois points en commun. C'est l'immaturité émotionnelle, le narcissisme, qu'il soit visible ou déguisé, et de profondes insécurités. Et en fait, très souvent, ça part surtout de... Enfin, la conséquence, c'est que la fille se sent pas libre d'être elle-même. Donc, tu me demandais, c'est quoi une relation mère-fille saine ? Déjà, l'indicateur peut-être le plus important, je dirais, c'est une fille qui se sent libre d'être elle-même.
- Speaker #0
avec sa maman ou en général ?
- Speaker #1
je m'initie un peu les deux la mère peut pas tout contrôler mais si elle l'est avec sa mère, elle l'est en général avec le reste du monde parce que sa mère représente le reste du monde pendant tellement d'années que c'est ça qui va la conditionner dans ses autres relations et ça, ça passe par la sécurité émotionnelle le fait que la fille peut exprimer ses émotions sans être vulée sans être culpabilisée sans être minimisée ça passe par Merci. La responsabilité émotionnelle aussi, une mère qui gère ses propres émotions, qui ne fait pas porter à sa fille le poids de ses émotions. Ça passe par une individualité qui est respectée. Donc la mère voit la fille comme une personne à part entière, tout simplement, et pas comme son prolongement ou comme un projet qu'elle doit superviser. Ça passe par les limites personnelles. Une mère qui respecte l'espace, le temps, l'intimité de la fille. Ça passe par l'amour inconditionnel, un amour qui n'est pas conditionné à l'obéissance de la fille, à sa réussite, sa disponibilité pour sa mère. Ça passe par une communication juste saine et simple, sans manipulation, sans culpabilisation. Et surtout, ça passe par le fait qu'il y ait assez de place pour les deux, sans que la mère soit toujours au centre. Il y a de la place pour les émotions des deux, les limites des deux, les besoins des deux. Il y a beaucoup de relations. Tu me demandais d'ailleurs les relations typiques où ça peut être un peu problématique. Par exemple, la mère victime, elle prend toute la place émotionnellement parce qu'elle se considère comme victime de la vie. Donc, elle utilise sa fille comme thérapeute. Elle déverse sur elle toutes ses émotions négatives. Du coup, pour l'enfant, les rôles sont inversés. C'est l'enfant qui se met à rassurer sa mère, à prendre soin d'elle. Et il n'y a pas de place pour les émotions de l'enfant. Et du coup, à l'âge adulte, il y a toujours le fait qu'on attire des relations où on va être dans une dynamique de sauveuse ou un peu d'infirmière, et que dès qu'on pense à nous ou dès qu'on fait passer nos besoins en premier, on culpabilise. Et ça, c'est hyper épuisant, vraiment cette dynamique victime-sauveuse qu'il y a dans beaucoup de relations mère-fille. Un autre exemple hyper répandu. Mais là, c'est parce qu'encore une fois, la société lui encourage énormément, c'est la mère contrôlante. C'est une mère qui a besoin de tout micro-gérer. Et en fait, la fille, elle la considère juste comme un projet de plus qu'elle doit superviser. Et elle va un peu lui dire « Je sais mieux que toi qui tu es, ce dont tu as besoin et ce que tu dois faire, mais je fais ça pour ton bien. » Donc, il y a aussi ce côté où la fille pense que c'est de l'amour, ce qui va impacter aussi ses relations adultes. Et surtout, ça va la priver de sa propre voix. En fait, elle ne fait plus confiance en son ressenti, en ses envies, en ses désirs. Et elle apprend que pour être aimée, il faut qu'elle se conforme à ce qu'on attend d'elle. Donc ça, à l'âge adulte, c'est souvent une incapacité à prendre des décisions sans validation extérieure. On est paralysé parce qu'on n'a pas confiance en notre propre jugement. Donc ça a un impact. énorme parce qu'on finit par vivre une vie qui n'est pas du tout celle dont on avait vraiment envie.
- Speaker #0
Et quand tu décris ces schémas-là, d'un point de vue extérieur, ça paraît évident que ce sont des schémas toxiques, des comportements toxiques. Mais c'est vrai que quand on est nous-mêmes dedans, surtout quand nos mamans n'ont pas eu vraiment des comportements évidents, très marqués de violences physiques, verbales... de manipulation. Et d'ailleurs, c'est souvent le cas. Mais c'est là mon point. C'est qu'il y a des fois où c'est pour soi-même, c'est vraiment très difficile de repérer ces schémas-là. Mais pour autant, même quand notre maman n'a pas été vraiment maltraitante au sens où on l'entend habituellement, ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas eu de relations toxiques, de comportements toxiques ou en tout cas qui ont un impact aujourd'hui sur nous. Est-ce que tu peux en dire plus un petit peu sur ça ? Est-ce que... Je pense que ça peut être bien de rappeler aux auditrices que ce n'est pas parce qu'il n'y a pas eu des comportements maltraitants très visibles, très marqués, ou en tout cas dont elles se souviennent de manière très claire qu'il n'y a pas eu de relations toxiques.
- Speaker #1
De ce qui rend la relation hyper complexe avec la mère, c'est parce que très souvent, une mère est juste pleine d'amour et pleine de bonnes intentions en tout cas. Et dans le livre, toutes les mères dont je parle sont des mères qui peuvent être pleines de bonnes intentions. En fait, ce n'est pas du tout lié à une mère maltraitante, c'est lié à une mère qui ne s'est pas aimée de manière appropriée. Donc, ce n'est pas une question d'intention, c'est une question de capacité. Une mère peut ressentir un amour profond pour sa fille, mais ne pas savoir l'aimer comme sa fille en aurait besoin. Tout simplement parce qu'elle-même n'a pas eu un modèle d'amour sain et parce que ses propres blessures, ses propres insécurités ont beaucoup plus de pouvoir sur son inconscient et donc sur ses comportements. que ses bonnes intentions. Et moi, c'est vraiment ça qui m'a intéressée sur le sujet, c'est que quand j'étais enfant, j'étais vraiment entourée d'adultes qui avaient des rêves, qui étaient pleins de bonnes intentions, qui étaient pleins d'amour, mais complètement prisonniers de leur conditionnement et de leurs blessures de l'enfance. Et c'est ça qui m'a complètement fascinée, mais depuis l'adolescence, parce que je suis très éprise de liberté, donc les prisons mentales, c'est quelque chose qui me... C'est mon combat, tu vois. et en fait c'est ça, c'est que même s'il y a de l'amour et des bonnes intentions il y a une histoire d'inconscient et une histoire de capacité derrière et c'est aussi pour ça que c'est compliqué parce qu'effectivement comme tu le dis quand tu as une mère qui crée une relation qui n'est pas épanouissante pour toi mais que tu vois qu'elle n'a aucune mauvaise intention c'est hyper difficile de dénoncer des comportements qui sont en plus hyper insidieux qui quand on était plus jeune n'étaient pas... autant expliquer, identifier. Maintenant, on met des mots sur tout ça, mais c'est assez récent. Et donc, ça crée encore plus de culpabilité parce que c'était très compliqué de nommer les choses de manière très pragmatique.
- Speaker #0
Et alors, comment est-ce que c'est possible même de guérir de cette blessure de la mère ? Est-ce qu'on peut en guérir, même si finalement sa maman ne change pas ? Parce que ça, c'est une des problématiques qu'on a aussi, notre génération, c'est que nous, on va voir des thérapeutes, on suit des programmes comme le tien, etc. Mais nos mamans, nos parents en général, ne font pas forcément toujours ce travail-là. De leur côté, ça ne bouge pas toujours. Est-ce qu'on peut quand même guérir de la blessure de la mère, en l'occurrence ?
- Speaker #1
Quand ça change. Bah honnêtement, c'est souvent la seule option. De toute façon, ta mère ne peut pas te donner ce qu'elle n'a jamais reçu sans avoir entamé, comme tu le disais, un travail thérapeutique de son côté. Et ça, ça demande des outils, ça demande des prises de conscience, ça demande du courage. Et tant qu'il n'y a pas ce travail sur soi, reconnaître qu'on a eu des comportements toxiques, ça menace en fait toute ta construction psychique. Pour ces mères-là, qui sont comme ça depuis 50, 60, 70 ans, c'est tout leur sentiment d'identité et de sécurité qui serait complètement bouleversé si elles se remettaient en question, surtout que souvent, elles n'ont pas les bons accompagnements comme nous, on a peut-être plus facilement. Donc, il ne faut surtout pas, c'est la première chose, ne pas espérer que notre mère change. La bonne nouvelle, c'est que guérir, ce n'est pas réparer la relation avec ta mère, c'est réparer ta relation avec toi-même. Donc très souvent, guérir, c'est justement accepter que cette relation ne sera jamais ce qu'on espérait. C'est faire le deuil de la mère dont on avait besoin. Donc quand je dis faire le deuil, c'est juste accepter qu'on n'a pas eu l'enfance dont on avait besoin, qu'on n'aura pas la maman dont on avait besoin, et construire sa vie épanouie malgré cette blessure. Et c'est tout à fait possible. Dans le livre, vraiment, les étapes... C'est d'abord évidemment la prise de conscience des dynamiques toxiques, parce que comme tu le dis, c'est hyper insidieux, c'est hyper subtil. Et surtout, déjà, on va avoir tendance à normaliser et à justifier parce que c'est notre maman, que notre cerveau archaïque pense encore que notre survie dépend de notre maman et qu'on a besoin de rester en lien avec elle pour survivre. Donc déjà, on a tous ces mécanismes psychologiques individuels qui sont à l'œuvre. Mais en plus, c'est des comportements qui sont complètement normalisés par la société. Donc, avoir cette prise de conscience, c'est déjà un gros boulot. Et encore une fois, une fois qu'on a cette prise de conscience, il y a tout un tas de mécanismes psychologiques, socioculturels, donc le besoin d'approbation, les loyautés familiales, les conditionnements culturels, ce syndrome de la gentilfie qu'on a développé et qui est complètement devenu notre identité, qui fait que... Tout ça vient nous dire, non, non, mais attends, laisse tomber. Tu te prends la tête, tu cherches des problèmes, il n'y en a pas. Reste bien tranquille, reste dans ton rôle. Tout ça nous pousse à rester sous emprise. Donc, il faut aussi un peu se déconditionner de tout ça. Et puis, de toute la manipulation inconsciente de l'entourage, mais à coup de culpabilisation après tout ce qu'elle a fait pour toi, ta mère en en a qu'une, comment tu peux lui faire ça, elle a fait de son mieux, etc. Il faut se rééduquer. Il faut se rééduquer sur le plan des relations, des émotions, des limites, des besoins, parce que ça aussi, dans une relation mère-fille pas hyper épanouissante, souvent, on n'a pas appris à valider nos propres émotions, à accueillir nos besoins et à y répondre, à poser des limites. Donc, il faut se rééduquer sur tout ça. Et ensuite, l'étape magique, c'est le processus d'individuation. Donc là, c'est se dire, OK, sans... les rôles de l'enfance, sans les masques que je porte depuis l'enfance, sans tous les mécanismes de défense que j'ai utilisés depuis toujours, qui je suis et cette personne que je suis au fond, quelles sont ses décisions, quelle vie elle construit, quelles limites elle pose. Et ça, pour moi, c'est la phase la plus magique et c'est la première grosse étape, on va dire. Donc tout ça, c'est ce dont je parle dans le livre. Et après, pour aller encore plus loin... pour vraiment guérir cette blessure originelle. Là, on passe à un niveau un peu plus costaud où il va falloir aller débloquer un peu toutes les émotions qu'on a refoulées dans le corps depuis l'enfance, qu'on n'a pas pu exprimer quand on était enfant, faire le deuil, comme je disais tout à l'heure, et se reconnecter à sa petite fille intérieure pour devenir sa propre maman et se donner toutes les permissions qu'on nous a jamais accordées. Ça, c'est plus inconfortable. Et c'est ce qu'on fait dans le programme du Comme Your Own Mama. Mais c'est hyper puissant. Vraiment, la notion de deuil, elle est incroyable et hyper libératrice.
- Speaker #0
Moi, je ne suis pas finie de ce travail, pour être honnête. Mais j'ai quand même bien avancé. On disait qu'on ne peut pas forcément changer sa maman. Mais par contre, j'ai l'impression que le fait de soi changer, changer sa perception, etc., ça fait bouger un peu la dynamique. Et tu vois, moi, cette semaine-là, chez ma maman, je suis arrivée avec un peu d'appréhension. Et finalement, en tout cas les premiers jours, même encore aujourd'hui, j'ai senti qu'il y avait quelque chose qui était différent. Parce qu'en fait, je suis moins sensible à certaines remarques, notamment sur comment j'élève ma fille. Tu vois, je suis moins sensible. Il y a un truc qui a bougé déjà. Du coup, elle n'a peut-être pas bougé. Enfin, elle n'a peut-être pas fait ce travail-là, mais du fait que moi, je me place différemment, je me positionne différemment, forcément, elle va aussi... Tu vas beaucoup mieux l'expliquer que moi. Mais c'était juste pour dire que j'ai l'impression quand même que les choses vont quand même changer dans la relation avec sa maman, en partie en tout cas.
- Speaker #1
Oui, ça me fait sourire ce que tu racontes parce que tu sais que j'ai failli appeler mon deuxième livre « Et si c'était toi le problème ? »
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et j'avais envie justement d'expliquer qu'évidemment, on n'est pas responsable de ce qui s'est passé quand on était enfant. On était en position complètement de vulnérabilité et on a hérité de tout un mode de fonctionnement qui nous pourrit la vie à l'âge adulte, mais qui n'est pas notre responsabilité. Mais effectivement, comme tu le dis, du coup, on est dans une position très souvent défensive. On a plein de mécanismes de défense qu'on utilise parce que c'est ce qui nous a permis de survivre. mais qu'on continue à utiliser à l'âge adulte. Et souvent, on pense que c'est le mode de fonctionnement à garder pour maintenir le lien et pour pas que ce soit le chaos. Mais en fait, du coup, on danse aussi dans cette dynamique. Une fois qu'on est adulte, il faut être deux pour danser le tango, pour être dans une dynamique toxique. Et sans s'en rendre compte, on cultive cette relation, cette dynamique toxique, en restant dans cette position de petite fille sur la défensive avec sa maman. Et c'est hyper important de... Souvent, tu vois, dans le livre, j'explique que t'es pas du tout obligée de couper le lien avec ta mère, mais t'es obligée de poser des limites pour faire ce travail et pour avancer dans la relation. Il y a quand même un statu quo à bouleverser à un moment et ça peut créer un peu de chaos. Quand tu poses tes premières limites, ça peut créer de la résistance de la part de ta mère, ça peut créer des conflits, des désaccords. Mais souvent, les filles me disent « je ne pourrai jamais faire ça, je ne pourrai jamais dire non, je ne pourrai jamais lui dire ce que je pense et tout, ça va être un drame, etc. » Et parfois, il faut...
- Speaker #0
donner l'opportunité à l'autre en fait de réagir comme elle a envie de réagir et sans projeter parce qu'il y a plein de relations et beaucoup plus qu'on ne le pense oui ça crée du chaos au début quand la fille commence à s'affirmer mais après ça crée aussi un nouvel équilibre et ça pousse aussi la mère à se responsabiliser parce qu'il y a encore une fois cet effet miroir et donc elle va peut-être pas tout d'un coup te prendre autour d'une table pour te dire toutes les erreurs qu'elle a faites et qu'elle sera complètement différente, mais ça va créer forcément un nouvel équilibre et souvent, ça ne se passe pas aussi mal qu'on se l'imagine. Ce n'est pas autant le drama qu'on s'imagine. Après, il y a des mamans qui sont trop enlisées dans leur schéma et au contraire, elles vont du coup persister à violer les limites de leurs filles, ce qui du coup souvent oblige les filles à couper les ponts ou à couper le lien en tout cas de manière temporaire.
- Speaker #1
parce que de toute façon une relation saine ça se construit à deux mais voilà parfois il faut laisser l'autre nous surprendre tu me disais quand je t'avais contacté pour cette interview que toi tu as beaucoup de mamans de petites filles qui viennent te voir parce que justement elles ne veulent pas reproduire les schémas toxiques qu'elles ont vécu avec leur maman donc c'est vraiment une des choses qui les motive le plus finalement c'est leur relation aujourd'hui avec leur petite fille Merci. Est-ce que c'est possible de ne pas reproduire ces schémas toxiques ? Et notamment, même si on n'a pas encore complètement guéri sa relation avec sa maman. Et j'ai une autre question aussi, mais c'est peut-être à répondre ultérieurement. Est-ce qu'il y a un risque aussi d'utiliser sa fille pour réparer sa blessure et quelle forme ça peut prendre si c'est le cas ? Est-ce que... Est-ce que même quand on est encore en train de faire ce chemin, on peut ne pas reproduire ces schémas toxiques ? Ou alors, c'est vraiment une condition sine qua non de guérir sa relation avec sa maman pour espérer pouvoir créer une relation saine avec sa fille ?
- Speaker #0
Oh là là, quelle angoisse ! Non, non, ne vous inquiétez pas. Spoiler ! Absolument pas. Mais alors, déjà oui, j'ai beaucoup, souvent de jeunes mamans qui ont un déclic parce que, alors autant elles se sont dit, il y a déjà des années, qu'elles ne voulaient pas surtout pas ressembler à leur mère et ne rien faire comme leur mère. Mais c'est en faisant qu'elles se rendent compte que, en fait, la peur de finir comme ta mère, ça ne t'éloigne pas d'elle, ça te rapproche d'elle. Parce que même si tu ne transmets pas les mêmes actes du quotidien, en fait, tu vas quand même transmettre la même insécurité, la même pression invisible, le même vide et une même énergie blessée. Donc, la bonne nouvelle, c'est que... Quand tu te rends compte déjà qu'il y a une dynamique toxique avec ta mère, tu as fait 50% du chemin. Mais l'autre moitié, c'est de guérir et de guérir suffisamment, tout simplement, pour ne plus réagir à sa propre blessure. Donc, ce n'est pas de juste ne pas faire comme sa mère, mais c'est de devenir soi-même, en fait. C'est là que tu peux transmettre à ta fille ce que toi, tu n'as jamais reçu, c'est-à-dire la permission pour elle d'exister juste telle qu'elle est. Donc, c'est complètement possible. de ne pas reproduire le même schéma. Et la façon la plus efficace, c'est d'abord de créer une relation saine avec soi-même. Ça demande du courage, de la patience, de l'honnêteté. Mais ce qui est génial, c'est qu'effectivement, on peut le faire en parallèle. On n'a pas besoin d'avoir tout guéri. De toute façon, c'est impossible. Encore une fois, le mot suffisamment est hyper important. L'important, c'est de guérir suffisamment pour ne plus réagir à partir de ta blessure. Mais guérir en même temps que de faire l'expérience de la maternité, c'est ce qu'il y a de mieux, en fait. C'est la meilleure façon de le faire parce que devenir mère, ça réactive tout. Toutes les blessures que tu croyais en fouille remontent. Et l'expérience de la maternité, en fait, elle te permet de voir où est-ce que tu es encore blessé, où est-ce que tu réagis à partir de tes peurs d'enfant. Et c'est exactement ce dont tu as besoin pour guérir. Et il ne faut pas oublier qu'on reproduit surtout ce qu'on ne voit pas. Donc déjà, si on observe nos réactions, si on s'excuse quand on déborde, si on se demande... est-ce que là je suis en train de répondre vraiment aux besoins de ma fille ou est-ce que je suis en train de projeter pour réparer quelque chose en moi,
- Speaker #1
le cycle est déjà en train de se transformer après l'autre question c'est est-ce qu'il y a un risque d'utiliser sa fille pour faire sa propre blessure oui,
- Speaker #0
un risque énorme de chercher réparation à travers sa fille et il y a deux façons un peu inconscientes de le faire La première, c'est quand on cherche à donner à notre fille tout ce dont nous, on avait besoin et qu'on n'a pas reçu, au lieu de se focaliser sur ce dont elle a besoin. C'est un peu une façon de... de vivre une enfance différente que ce qu'on a vécu, mais à travers notre fille. Donc là, c'est de se demander régulièrement est-ce que là, je suis en train de répondre à son besoin ou est-ce que je suis en train de réparer quelque chose en moi ? Et tu peux tout à fait réparer des choses en toi à travers la maternité, mais il faut être lucide et pas te dire que... être honnête avec soi-même et pas te dire que tu es en train de répondre aux besoins de ta fille, parce que quand tu verras que ça répond pas du tout à ses besoins, ça va créer une colère en toi. Et du coup, c'est là que tu lui fais porter une charge invisible quand tu n'es pas honnête avec toi-même.
- Speaker #1
éventuellement t'as un exemple concret de ce à quoi ça peut ressembler c'est aussi simple que je sais pas,
- Speaker #0
toi on a jamais voulu que t'ailles à Disneyland et du coup t'amènes ta fille à Disneyland et c'est genre le truc pour toi qui va la rendre trop heureuse et genre elle va te trouver incroyable maman t'es géniale et tout sauf qu'en fait elle son vrai besoin c'est que tu l'emmènes faire du poney et du coup tu l'emmènes à Disneyland à la place elle tire la gueule et elle est pas, sa réaction n'est pas à la hauteur de tes attentes, donc là t'es en train d'attendre d'elle qu'elle soit quelque chose qu'elle n'est pas alors qu'en fait tu peux tout à fait l'amener à Disneyland et l'emmener faire du poney, mais juste tu sais que Disneyland tu le fais plus pour toi enfin après si elle traîne les pieds c'est un peu dommage mais tu vois, c'est juste avoir cette conscience de là c'est un truc qui me répare vraiment moi qui me fait du bien à moi, et là je suis vraiment en train de répondre à un besoin ou une envie de sa part, c'est aussi simple que ça ok Et il y a une autre façon inconsciente de chercher réparation qui peut être encore plus problématique, c'est quand tu essaies d'obtenir de ta fille ce que tu n'as pas reçu de ta mère, c'est-à-dire l'amour inconditionnel, la validation, l'attention. En fait, un enfant, ça prend tellement de place que la tentation est très grande de juste laisser combler le vide laissé par ta mère ou par l'absence d'un amour maternel épanouissant. Et ça, il faut absolument y résister. Absolument.
- Speaker #1
Et ça, pareil, pour donner un exemple concret, est-ce que ça peut être, par exemple, un peu le chantage affectif que tu peux peut-être faire vis-à-vis de ton enfant ? Ou est-ce que tu as d'autres exemples ?
- Speaker #0
Quand tu attends de ton enfant, l'amour inconditionnel l'a validé. Oui, c'est tout à fait ça. C'est quand, en fait, tu es tout le temps, sans t'en rendre compte, en train de lui mettre ton besoin émotionnel insatisfait sur les épaules. Et c'est là qu'il y a quelque chose d'hyper important pour les mamans. de filles, c'est qu'un énorme service qu'elles rendent à leurs filles, c'est d'être un modèle d'autonomie émotionnelle. C'est-à-dire, toi et moi, on est en lien, je t'aime énormément, mais je prends soin de moi aussi, et j'ai mes propres espaces, j'ai mes propres ressources, j'ai mes propres amitiés. Et du coup, c'est une manière d'apprendre à sa fille qu'on peut aimer l'autre sans se dissoudre dans la relation.
- Speaker #1
Et du coup, t'as déjà un petit peu répondu alors à mon avant dernière question c'est tu vois au delà de la guérison avec sa mère qu'est-ce qu'on peut faire là tout de suite en tant que maman ce sur quoi on peut être vigilante ce qui me rassure c'est que dans toutes les choses que tu as dit c'est beaucoup de choses que je partage et beaucoup de choses que je partage parce que je me suis nourrie de beaucoup de comptes Instagram sur l'éducation positive bienveillante ou juste d'autres propositions d'éducation que ce qu'on a pu vivre nous notre génération hum Et du coup, tu vois, est-ce que si on résume un petit peu, ce serait quoi, toi, les points de vigilance à avoir en tant que maman de petite fille ? Tu en as déjà évoqué quelques-uns, mais peut-être que ça peut être bien de les résumer parce que je trouve que ça... En tout cas, moi, ça m'a fait du bien de t'entendre. Je me suis dit, ah ouais, ça, je fais,
- Speaker #0
Oui. Comme on se l'est dit déjà plusieurs fois, c'est faire attention à ses projections. Est-ce que je suis en train de faire ça pour répondre... à son besoin ou pour réparer quelque chose en moi. Ensuite, c'est la différenciation. Hyper important. Laisser de la place à ses goûts, à ses émotions, à son intimité, à ses autres relations, à ses limites. De toute façon, si tu veux qu'elle sache poser des limites à l'âge adulte, c'est qu'elle doit pouvoir le faire avec toi maintenant. C'est encourager son autonomie même si tu as envie de la garder près de toi parce que le rôle d'une mère, c'est vraiment de la... préparé à s'envoler pas à rester comme je le disais c'est ce modèle d'autonomie émotionnelle et du coup ça passe par le fait de pas la charger avec tes émotions donc de ne pas dire là j'enfonce des portes ouvertes mais de ne pas dire tu me fais de la peine quand tu fais ceci ou cela, certaines mamans pensent que ça c'est apprendre l'empathie à la fille un animal a de l'empathie et il ne comprend pas quand on lui dit tu me fais de la peine quand tu fais ça ne pas dire à cause de toi je suis stressée,
- Speaker #1
en colère parce que t'as fait ça avec vous.
- Speaker #0
vraiment travailler sur ses propres besoins émotionnels insatisfaits parce que tous les besoins émotionnels qu'on a et qui ne sont pas satisfaits, qui sont inassouvis, vont se répercuter sur les gens très proches de nous, donc en général nos enfants, notre partenaire et notre fille, c'est vraiment la personne qui risque de prendre le plus très souvent. Donc, essayez juste de faire ce travail régulièrement, de se dire en ce moment, est-ce qu'il y a un besoin qui n'est pas satisfait ? Parce que même si tu ne te rends pas compte, que tu n'as pas du tout l'impression que ça a d'impact sur ton entourage, ça en a, c'est obligé. La réparation aussi. Là, je suis désolée, je me suis emportée. Je vais essayer autrement les prochaines fois. J'ai dit ça, mais ce n'était pas juste. Et puis, simplement l'acceptation, accepter que nos enfants n'auront pas une enfance parfaite. De toute façon, ça n'aurait pas vraiment d'intérêt. Qu'ils auront des blessures. Et que le plus important dans tout ça, je pense que c'est... que l'enfant ait toujours le droit d'avoir sa propre voix, qu'il n'ait jamais peur de venir nous parler et qu'on ait la volonté juste de grandir en même temps que son enfant, sans se sentir au-dessus de son enfant.
- Speaker #1
Super, ça résume bien. Et donc pour conclure, en quoi selon toi, quand on transforme notre relation avec notre maman, quand on guérit notre relation avec notre maman, le travail qu'on fait avec notre propre fille, là, qu'on vient d'évoquer, en quoi on transforme plus qu'une relation, mais une histoire collective. Et j'ai l'impression, universelle, vu ce que tu disais tout à l'heure même.
- Speaker #0
En fait, la société patriarcale nous a fait croire que les femmes doivent se faire toutes petites pour être aimées. Et les mères ont transmis ça à leurs filles, par survie, tout simplement pour les protéger du système. Donc, chaque femme qui guérit de cette identité féminine blessée, c'est une fille qui ne va pas reproduire et c'est du coup toute l'unité derrière qui est libérée. Quand tu deviens une femme authentique plutôt que conforme, quand tu t'épanouis de te sacrifier, quand tu prends de la place plutôt que de t'effacer, tu cesses de transmettre à ta fille les valeurs patriarcales. Ça sert d'être une norme dans son monde. Et c'est simple, en fait, les femmes libres élèvent des filles libres qui... elles aimeront des filles libres et ça, le patriarcat ne va pas y survivre.
- Speaker #1
Donc...
- Speaker #0
C'est ça qu'on adore. Donc oui, c'est pour ça que c'est plus qu'un acte de guérison personnelle, c'est vraiment un acte de guérison collective et c'est un acte politique aussi.
- Speaker #1
Excellent. Franchement, merci beaucoup, c'était passionnant.
- Speaker #0
Un plaisir, j'ai adoré.
- Speaker #1
Est-ce que tu veux peut-être, je ne sais pas si tu veux parler un peu de ton actu, on en a déjà un petit peu parlé. En tout cas, on peut te retrouver sur Instagram.
- Speaker #0
principalement mais voilà s'il y a d'autres espaces pour réagir n'hésite pas toujours sur Instagram become your own mama mon premier livre est toujours dispo et c'était votre mère le problème le deuxième sort à la rentrée j'ai très hâte ça va être beaucoup plus sur tu vois le premier livre c'était vraiment sur l'empreinte maternelle donc finalement même si t'as plus de lien avec ta maman même si ta maman est décédée qu'elle fait plus partie de ta vie ça concerne toutes les femmes là on est plus sur le deuxième livre sur... comment gérer la relation quand justement t'as peut-être une fille qui est en lien avec sa mamie, que du coup t'es en lien avec elle souvent plus quotidiennement et comment en fait tu réussis à gérer sans devenir complètement folle donc c'est beaucoup plus des cas concrets, j'ai eu énormément de témoignages qui m'ont aidé à écrire ce livre donc c'était génial la chance d'avoir une aussi grosse communauté Et donc, c'est beaucoup plus mode d'emploi, tu vois. Voilà. Et après, le programme Become Your Mama, il ouvre à peu près deux fois par an. Donc, il faut rester connecté. Et puis, quand ce sera votre moment, ça tombera comme il faut.
- Speaker #1
Moi, j'ai vraiment mon audience à s'y intéresser parce qu'en plus, il est vraiment accessible. Voilà. Je pense que... Enfin, il me semble qu'il est quand même très accessible, je veux dire financièrement. Et je le prie de même. Parfois, tu sais, on peut s'imaginer, ce que je m'étais un peu imaginée aussi, parce que c'est tellement riche ce que tu proposes comme travail. Et voilà, il est vraiment hyper, hyper... Il est riche, mais en même temps, c'est très bien construit. Je le fais un petit peu chaque semaine, je n'ai pas fini. J'essaie de le faire un petit peu chaque semaine. Et comme je disais tout à l'heure, je vois déjà aussi des résultats. Vraiment, j'invite toute personne qui a envie de faire ce travail-là à te suivre et à être attentive à la prochaine sortie du programme.
- Speaker #0
Yes.
- Speaker #1
Merci beaucoup. Et puis peut-être que tu reviendras pour nous parler de ton deuxième livre alors.
- Speaker #0
Avec plaisir. On a encore tellement de sujets à aborder. C'est tellement sans fin qu'on va se régaler.
- Speaker #1
Merci énormément et très belle continuation.
- Speaker #0
Merci à toi aussi.
- Speaker #1
C'est déjà la fin de cet épisode. J'espère qu'il t'a plu et surtout qu'il t'a donné envie de réveiller un petit grain de rébellion en toi et de révéler celui de ta fille. Si tu penses qu'il pourrait inspirer une autre maman autour de toi, partage-le lui. Et si tu veux me donner un coup de pouce pour faire grandir cette démarche, tu peux laisser 5 étoiles et un petit mot doux. Ça compte énormément. A très vite !