Speaker #0Je m'appelle Martine Allaire, je suis historienne et j'ai longtemps été professeure en classe préparatoire aux grandes écoles, notamment l'école des Chartes. J'étais aussi éditrice chez Gallimard, où je m'occupe de la collection Folio Histoire pour les inédits. J'ai aussi écrit des ouvrages, par exemple chez Talendier, où j'ai écrit un livre sur Jeanne Lanvin, la créatrice de mode. Et pourquoi je l'évoque ? Parce que c'est par elle que j'ai rencontré Madeleine Clémenceau. J'ai décidé de faire une enquête et de retrouver l'histoire des filles Clémenceau. En effet, j'avais l'impression qu'on parlait tout le temps, évidemment, de Georges Clémenceau. Je savais dans mon cours qu'il avait des enfants, mais point, c'est tout. On ne sait jamais rien d'autre. Donc là, je suis allée... Au musée Clémenceau, j'ai découvert un certain nombre de choses et j'ai eu envie d'approfondir. Georges Clémenceau avait épousé une Américaine qui... qu'il a rencontré aux Etats-Unis lorsqu'il était professeur de français dans un collège de jeunes filles. Et en 1869, il revient avec cette très jeune femme qui s'appelle Marie Plumeur. Il revient en France et il installe Marie dans sa famille au château de l'Aubray en Vendée, qui est le fief familial. Et tout de suite, Marie est enceinte et elle a un premier enfant, une fille Madeleine. qui naît en juin 1870, puis deux ans plus tard, Thérèse, en 1872, puis son troisième enfant, Michel, en 1873. Donc, en l'espace de trois ans, cette jeune femme, lorsqu'elle arrive en France, elle n'a même pas 20 ans, se retrouve avec trois enfants, en Vendée, tout seul, pendant que son mari fait de la politique à Paris, puisqu'on est dans une conjoncture et un contexte politique complexe. C'est la guerre de 1870 et bientôt la Commune. La jeunesse de ces trois enfants se déroule en Vendée, dans ce château qui est très beau, qui existe toujours aujourd'hui et qui appartient toujours à la famille. Cette enfance est une enfance heureuse en fait. plus grande joie d'enfants, c'est quand leur père arrive. Là, dans la correspondance de Clémenceau, mais particulièrement de Michel Clémenceau, le fils, on voit que les enfants s'ennuyaient un petit peu dans le château. Ils adorent à la fois être dans cette propriété, mais en même temps, ils s'ennuient de leur père. Ils vont aller à Paris retrouver leur père et la vie mondaine de cet homme. pas simplement mondaine, la vie engagée de Clémenceau dans ces années 1880 puis 90. Madeleine Clémenceau se marie très tôt, elle a 19 ans, comme sa mère, et elle épouse un avocat qui a une certaine renommée qui s'appelle Numa Jacquemère. Ce Numa Jacquemère travaillera bien. Bientôt, pour le journal de Clémenceau, La Justice, il sera l'avocat, un des avocats de ce journal. Donc Clémenceau introduit ses enfants dans les milieux mondains, particulièrement les filles, et elle fréquente la famille des Hugos. Jean-Hugo sera leur ami, un ami d'enfance, la famille surtout de la grande bourgeoisie. républicaines parisiennes les ménards d'orient qui habite rue de la faisanderie à paris là il ya des salons républicains qui se tiennent et qui vont jouer un rôle notamment dans les années 1890 au moment de l'affaire Dreyfus. Madeleine, à ce moment-là, comme toutes les femmes de l'époque, elle n'apparaît pas sur la scène politique. Elle n'est pas encore journaliste, elle va le devenir. Donc Madeleine Clémenceau, jeune mariée, va fréquenter ces salons et elle-même, elle va bientôt ouvrir un salon mandat. Elle reçoit toutes les sommités de l'époque et notamment Proust qui raconte dans ses lettres être allée chez Madeleine Clémenceau. à la Belle Époque, au début du XXe siècle. Madeleine était réputée pour être une des plus belles femmes de Paris. Donc, elle n'a pas encore vraiment un engagement politique, mais petit à petit, elle existe. Madeleine Clémenceau rentre dans le jeu de son père. Madeleine a un véritable engagement à ce moment-là. Elle est une battante, une combattante, une femme qui est dans l'action. Thérèse n'a pas fait ce choix, mais il faut dire à la défendre. Elle est tout le temps malade, ce qui inquiète beaucoup son père. Son père la renvoie au château de l'Aubray. Thérèse est mariée aussi, mais elle a beaucoup de déboires conjugaux. Elle a un fils, Georges, qui est élevé en même temps que René, Jacques-Mère. Donc les deux cousins seront très souvent ensemble. Elle représente en permanence la famille, c'est une mondaine, elle connaît le tout Paris, elle va dans tous les salons, elle est reçue, elle a une haute idée de son nom Clémenceau qu'elle voudra toujours mettre en avant. Donc Thérèse n'a pas du tout le même parcours que sa sœur et que leur frère Michel qui lui s'est engagé aussi. Lorsque la guerre de 14 éclate, Clémenceau vient de commencer un journal qui s'appelle l'Homme libre. On ne sait pas très bien ce qui va se passer en août 14. Il part à Bordeaux pour continuer son journal. Madeleine le suit et à ce moment-là, Clémenceau voit ses amis et notamment son petit-fils, donc René, s'engager dans la guerre. C'est lui qui a fait le premier film. qui, en 1917, épousera la fille de la couturière Jeanne Lanvin. Et ce fils s'engage comme infirmier militaire, puis il deviendra médecin, pour partir au front. Il sera d'ailleurs blessé plusieurs fois pendant la guerre. Alors elle décide, elle aussi, de partir. Clemenceau n'est pas très content parce qu'il est lui-même médecin. Et puis il connaît bien l'armée, il sait bien que ça va être très dur. Il n'a pas envie de la voir partir là-bas. Il interdit à Madeleine de partir. Elle n'en a que faire. Elle s'engage dans l'Union des femmes de France. Et lorsqu'elle part, elle est journaliste, traductrice. Mais elle n'est absolument pas infirmière. Pour sa fille, il va vite l'aider à comment pratiquer les premiers secours. Et ça, c'est assez formidable parce que cet homme est tellement occupé. On pourrait penser qu'il néglige sa famille. Pas du tout. L'engagement de Madeleine va apparaître très nettement au moment de la guerre de 1914. Elle part donc comme infirmière. Quand elle arrive sur le front, elle va être parachutée, si je puis dire, à Verdun très tôt. On les jette comme ça dans la mêlée. Elles n'ont rien, elles n'ont pas de formation, rien. Elle raconte qu'elle arrive dans le froid, il pleut, dans la boue, des tranchées, enfin pas loin. Et donc on lui dit, rejoignez tel lieu. Elle y va, elle trouve d'autres femmes comme elle gelées, etc. Il n'y a pas de lumière, il n'y a rien. Elles ne peuvent pas se laver, elles n'ont pas de chambre vraiment individuelle. C'est pour les officiers supérieurs. Et le lendemain matin, elle doit commencer à s'occuper des blessés. Et puis bientôt, elle va comprendre que les blessés ne sont pas assez rapidement évacués. Donc elle va se proposer pour être ambulancière. Elle raconte très bien que certains des blessés les voyaient comme des anges au moment où ils allaient mourir, ces femmes qui sont là avec de jolis visages, ou tout du moins elles essayent de les réconforter. Elles apportent une certaine douceur, une certaine paix, et ça c'est totalement refusé par les hommes. Elle est très mal accueillie par les médecins militaires, par les infirmiers, par les hommes, et ça correspond au fait qu'elle gênait les hommes. qui étaient là et qui avaient surtout un sentiment de supériorité. Eux étaient médecins, elles n'étaient qu'infirmières. Et même celles qui ont été médecins n'ont pas été accueillies comme médecins. Elles ne pouvaient pas rivaliser avec eux. Ils avaient les meilleures chambres, ils avaient les meilleures popotes. Et certains vont même, elle le raconte très bien dans son ouvrage, vont même penser que les femmes qui sont là, c'est parce qu'elles cherchent des maris ou des aventures sexuelles. Ce qui est absolument sidérant. Elles sont vraiment maltraitées. Et le regard masculin les rabaisse en permanence. Ça, c'est très fort et elle ne l'oubliera jamais. En 1919, près l'armistice de novembre 1918, elle écrit un livre qui s'appelle « Les hommes de bonne volonté » . Ce récit a eu du succès en son temps. Et ce récit est quasiment testimonial, c'est l'histoire de Madeleine et des femmes engagées au moment de la guerre de 1914 sur le front. Et la manière dont elles ont eu du mal à travailler et surtout la manière dont on les traitait. Madeleine, dans les années 1920, elle décide de partir aux Etats-Unis. Madeleine Clémenceau vit une vie de voyage, de rencontre. d'échanges. Elle est toujours journaliste, elle prend le bateau, on sait que l'Atlantique est encore bourrée de mines partout, donc elle n'a pas peur. Et elle arrive à New York et elle va partir sur les traces de la famille de sa mère, puisque je disais que sa mère était américaine. Elle va essayer de retrouver des traces de la famille Plumer, qu'elle va retrouver d'ailleurs, et elle va donner des conférences sur l'Europe. et particulièrement la France. Donc elle va échanger avec le public qui vient l'écouter et qui est très contente d'entendre le récit de ce qui a pu se passer pour leurs soldats américains, les Samis, comme ils disent, qui sont arrivés en France avec les troupes. Elle va préparer en quelque sorte le voyage que son père fera l'année suivante. Lui aussi repartira aux Etats-Unis avec un succès fou. La réception pour Clemenceau a été formidable, mais aussi pour Madeleine. Entre 1920 et 1930, elle travaille beaucoup pour son père. Ce sont les dix dernières années de la vie de Clemenceau. Madeleine va quasiment tous les jours rue Franklin l'aider, alors qu'il est en train de rédiger des ouvrages importants, notamment par rapport à l'armée et à Foch. elle-même va écrire, elle va rédiger des ouvrages sur la Vendée. Lui sera toujours mécontent, il ne veut pas qu'on parle de lui, donc elle travestit le nom de Clémenceau, elle en fait un seigneur républicain, etc. Mais finalement, elle raconte un petit peu sa vie dans ses ouvrages. Donc Georges Clémenceau meurt en 1929, et puis malheureusement en 1931, Relais-Jacques-Mer qui est devenu... Médecin puis chirurgien, en opérant un enfant, il n'y avait pas d'antibiotiques à l'époque, il se coupe et il reçoit du pus de la plaie de l'enfant et 15 jours après il est mort. Il a fait une septicémie géante. Pour Madeleine c'est un choc parce qu'elle a perdu tous les hommes de sa vie en fait, tous ceux qui la soutenaient et qui la protégeaient. Cette femme seule, eh bien, va continuer son chemin dans le milieu littéraire, continuer à écrire et, oui, à exister. Sur les monuments aux morts de toute la France, il n'y a jamais le nom des infirmières qui sont mortes. Et il y a un monument à Reims qui a été érigé à la mémoire des femmes infirmières qui ont joué un rôle, c'est le sol. toutes les autres, on n'en parle jamais. En 1931, Madeleine publie ses Hommes de Mauvaise Volonté. Elle reprend son témoignage de 19, mais avec beaucoup plus de violence. C'est un brûlot absolument extraordinaire contre l'armée, contre les hommes et sur la manière dont toutes ces femmes, dont celles qui sont mortes sur le front, etc., ont été Maltraité. J'ai compris qu'à ce moment-là, c'est une hypothèse, ce n'est pas la preuve, que Clémenceau n'avait pas voulu qu'elle le publie parce qu'il est en train lui-même de signer le traité de Versailles à ce moment-là. Et il ne peut pas laisser publier une telle diatribe contre l'armée, c'est impossible. Donc il a fait promettre à sa fille de ne publier cet ouvrage qu'après sa mort. C'est vraiment une somme qui fait rentrer Madeleine Clémenceau sur la scène littéraire pendant les années folles, qui la rend intéressante. Elle rouvre son salon littéraire à Paris, qui est beaucoup moins mondain qu'il ne l'était à la Belle Époque et qui est beaucoup plus politique. Elle reçoit, oui, le tout Paris intellectuel. Petit à petit, elle fait son chemin et elle est tellement reconnue qu'elle est cooptée par un groupe de femmes qui, à ce moment-là, représentent le jury du Féminin. Le prix Féminin a été créé à la Belle Époque. C'est l'autre pendant du prix Goncourt. Ces femmes, ces dames du Féminin, elles, elles acceptent de donner aussi bien des prix aux hommes qu'aux femmes, alors que le Goncourt ne donnait des prix qu'aux hommes. Elle est membre du jury. Donc elle voit tous les ouvrages, elle lit tous les ouvrages qui passent chaque année. Et comme la présidence est tournante, elle devient même à un moment, dans les années 30, présidente du Féminin. Donc elle côtoie un cercle intellectuel de femmes qui sont toutes sur le devant de la scène littéraire, mais pas forcément bien acceptées toujours par les hommes. Mais elles le sont beaucoup mieux qu'elles ne le seront. après 1940. J'ai trouvé à la bibliothèque de l'Arsenal à Paris, 450 lettres, de Madeleine à un de ses amoureux qui s'appelle Ferdinand Bach. Lui, à ce moment-là, il est réfugié dans les Pyrénées, dans les Pyrénées-Orientales. Et au début, ils arrivent à faire passer le courrier et après, une fois que la zone est occupée, c'est beaucoup plus compliqué. Le courrier, les réponses de Bach n'arrivent pas toujours. Elle s'en inquiète, mais elle persévère, elle continue à écrire. Et là, j'ai découvert la vie d'une femme de 1937-38. La première, c'est un peu flou. Jusqu'à sa mort, je n'ai pas les lettres de Bach, puisqu'elles ont été brûlées. Mais j'ai les lettres de Madeleine à Bach. Et elle raconte. La vie d'une femme à Paris et au château de l'Aubray dans la famille où elle va de temps en temps quand elle peut passer la ligne de démarcation. Elle raconte le quotidien, la faim, le froid dans son appartement, les gens qu'elle ne voit plus, les mauvaises nouvelles qu'elle a, son frère Michel qui est déporté. Mais ce que j'ai trouvé très intéressant aussi c'est que dans ses lettres elle est profondément républicaine. On peut retrouver des éléments de la vie, puis... des éléments d'une française, d'une grande bourgeoise républicaine pendant l'occupation allemande. C'est absolument formidable d'avoir ce témoignage. Madeleine a été honorée de son vivant par de nombreux prix, mais en 1949, lorsqu'elle meurt, on constate que son œuvre tombe dans l'oubli. Il n'y a pas qu'elle, toutes les femmes littéraires vont être invisibilisées. Je pense qu'il y a plusieurs raisons à cela. C'est d'abord qu'on n'écrit plus du tout de la même manière. Avec 1950, c'est le nouveau roman qui arrive, et ce n'est plus le récit, les histoires de Madeleine, c'est le récit de la Vendée. Ça pourrait ressembler à des histoires « folkloriques » . Ce n'est pas vraiment du folklore, mais ethnographique, dirions-nous. Et en fait, le nouveau roman, ce n'est pas ça du tout. Ce qui est intéressant, c'est l'écriture. Et Madeleine, elle, son écriture ne s'apparente pas du tout à la forme que veut le nouveau roman. Toutes ces femmes, là où elles disent « je » , où elles racontent des histoires de femmes, etc., ça n'intéresse personne. La deuxième raison serait peut-être aussi une espèce de revanche que vont prendre les hommes. Donc ça serait un retour de la masculinité. de la virilité, ces hommes qui ont été bafoués quand même au moment de l'étrange défaite, dont parle Marc Bloch, au moment de la défaite, je crois que c'était une grande vexation, plus que ça pour les hommes. Donc c'est une revanche, les femmes, on n'en parle plus, les hommes sont là de nouveau, maintenant c'est la quatrième république, elle est faite par eux, on oublie les femmes, on les évince de la vie politique. Et la troisième raison, peut-être, je dirais que c'est à cause de son père. Son père Clémenceau est tellement connu. C'est à la fois un médecin, un député, un sénateur, un président du conseil, un écrivain. Donc, à cause de ça, on n'a gardé que le nom de Clémenceau. Pourtant, elle a gagné quelque chose qu'on voit apparaître dans ses lettres. Si on la présente au début du XXe siècle, on pourrait la montrer engagée comme infirmière ou comme ambulancière. Elle a conduit des blessés et elle le raconte très bien dans des conditions absolument épouvantables. Et puis si on la montre en 1944-1945, elle rejoue un rôle dans la vie politique et notamment elle vote, alors que son père était opposé au vote des femmes. Donc elle, elle va voter, elle le raconte dans ses lettres à Ferdinand Bach, elle dit qu'elle va voter de Gaulle, elle joue réellement maintenant un rôle politique et elle en est très contente. Mais malgré tout, cette femme a été oubliée et Madeleine Clemenceau, moi j'ai un peu voulu la réhabiliter parce qu'elle a vraiment joué un rôle. Elle a vraiment eu une action et elle a cherché à être autonome et elle a cherché à être une femme libre et elle a réussi sur tous ses plans avec son père en arrière-plan qui certes parfois... La géné, mais en même temps, a très bien supporté ses filles tout le temps. Le regard de leur père a beaucoup aidé les filles Clémenceau. Il les a aidées à garder leurs valeurs, les valeurs qu'il a transmises, jusqu'à la fin de leur vie à l'une et à l'autre. Pour moi, l'engagement, c'est une action. D'abord, c'est s'impliquer. S'impliquer dans la vie citoyenne, sous le regard des autres, en fait. C'est aussi agir, le dire, le faire savoir. Et en fait, chercher à donner du sens à l'action que j'ai entreprise. et essayer que celle-ci... aboutissent à quelque chose et une signification. Donc l'engagement, c'est quelque chose d'essentiel aujourd'hui, mais surtout qui serait en lutte contre l'individualisme. L'engagement doit être forcément collectif. Madeleine, elle, donc, elle s'est véritablement engagée en politique, en littérature, comme citoyenne. Et jusqu'à la fin de sa vie, elle a transcendé le nom Clémenceau, elle a voulu aller au-delà, elle s'est donnée des défis et elle a tenu ceci. C'est une femme remarquable parce qu'elle ne s'est pas contentée d'être la fille d'eux. Elle apparaît dans toutes les grandes crises. Elle apparaît en soutenant son père, en existant dans ses salons, en s'engageant sur le front, en écrivant malgré le fait que les femmes à l'époque n'écrivaient pas. en faisant partie d'un jury de femmes à côté de celui des Goncourt, en ayant toujours l'idée que les femmes peuvent jouer un rôle et doivent jouer un rôle, parce que je crois qu'en matière d'égalité, comme disait son père, il n'y a pas de sexe.