- Speaker #0
Bienvenue dans Pavencast, le podcast de Pavenrod, marque de vêtements outdoor conçue pour les aventurières et les aventuriers d'aujourd'hui, présentée par Paul-Arthur et moi-même, Coralie. À travers ce format, on part à la rencontre de celles et ceux qui entretiennent un lien unique avec la montagne. Aujourd'hui, on reçoit une voyageuse, une auteure et surtout une amoureuse des grands espaces, Clara Arnaud.
- Speaker #1
Clara, tu es une exploratrice du monde et des mots. À travers tes récits, tu fais voyager, tu plonges dans l'immensité des paysages et dans la profondeur des rencontres humaines, entre montagne, désert... et senti peu fréquenté, tu as fait du voyage un véritable mode de vie et d'écriture. Aujourd'hui, on va parler de ton parcours, de tes inspirations et de ta vision du monde à travers tes livres. Bonjour Clara.
- Speaker #2
Bonjour.
- Speaker #0
Alors Clara, avant de te présenter plus largement, on aimerait bien que tu nous racontes ton premier souvenir en montagne.
- Speaker #2
Mon premier souvenir, c'est en Savoie, près de Manigault, et c'est un chalet... qui est toujours là, qui est le chalet d'une fondation qui s'appelle la Fondation Zelidja, qui accompagne des jeunes voyageurs dans des projets en solitaire, des voyageurs de 16 à 20 ans. Je vous invite, si vous avez des envies de voyage un peu en conscience et de découverte du monde plus que de consommation de voyage, de aller regarder la page de la Fondation Zelidja pour les 16-20 ans. Ça peut être pour vous, pour un neveu ou une nièce. Et cette fondation a toujours eu un chalet qui était un lieu de regroupement où ils se retrouvaient, parce qu'elle existe depuis plus de 60 ans. Et mon grand-oncle ayant bénéficié des bourses de cette fondation pour voyager, tout comme moi par la suite pour mes premiers grands voyages, on avait accès en tant que membre de l'association Zelidja à ce chalet. Et du coup, mes parents qui avaient assez peu d'argent, qui n'auraient pas pu louer un chalet en montagne, ça nous permettait avec mes parents d'aller, donc c'était plutôt des dortoirs, c'était pas du tout comme un hôtel, d'aller dans ce chalet qui était... très rustique à l'époque, il a été un petit peu amélioré mais il est quand même resté dans son jus et d'aller essentiellement faire de la rando, quelques jours de ski ça nous est arrivé mais c'était plus de la randonnée au printemps, de profiter des territoires de montagne, alors c'est un endroit où je suis retournée il y a quelques années et ça m'a beaucoup attristée parce que ça a énormément changé, en dessous il y avait des grands prés avec essentiellement des vaches et aujourd'hui il y a des chalets de luxe voire d'hyper luxe Merci. C'est assez symptomatique de l'évolution de cette partie des Alpes, malheureusement. Mais bon, le massif des Aravis, pas loin, est toujours aussi somptueux. Et donc, mes premiers souvenirs, c'est ça. C'est d'être dans ces prairies qui étaient sous le chalet, les fesses dans l'air, regarder les vaches, regarder les Aravis au loin et de contempler cette beauté.
- Speaker #1
Merci pour ce souvenir. Est-ce que du coup, tu peux te présenter aux personnes qui vont nous écouter sur ce podcast ?
- Speaker #2
Oui, je m'appelle Clara Arnaud, j'ai 38 ans, je suis romancière, écrivain, l'un ou l'autre, je n'ai pas de préférence, auteure, autrice. J'ai aussi travaillé pendant 15 ans, et je le fais encore de manière, on va dire ponctuelle, à mon compte, pour la coopération internationale, en particulier pour l'Agence Française de Développement, ce qui m'a valu de vivre. notamment en République démocratique du Congo, pendant deux ans, au Honduras, pendant quatre ans, de travailler au Mali, au Niger, au Rwanda, dans beaucoup d'autres pays, sur des projets destinés à améliorer les conditions de vie des jeunes et les systèmes éducatifs. Je fais très court, mais j'étais dans ce domaine-là. Donc voilà, comme la plupart des auteurs, j'ai eu d'autres métiers, même si aujourd'hui, mon activité principale, c'est quand même l'écriture. Donc ça, c'est une des choses qui me définit. Ce qui me définit aussi, avant tout, peut-être, c'est cette relation obsessionnelle à la fois à la montagne, aux grands espaces, et aux plateaux, aux montagnes, mais aussi aux forêts. Et donc aussi au rapport au monde vivant dans l'humain, aussi bien les animaux domestiques que le monde sauvage. Je m'en réfère aussi bien aux animaux qu'aux rivières, qu'aux montagnes, qu'aux forêts. Ça, c'est quelque chose qui est très structurant dans ma vie, mais depuis toute petite. Et puis la littérature. Avant d'être autrice, je suis aussi une grande lectrice et même par extension je dirais la poésie en fait. Quelqu'un qui est un peintre, qui est un photographe, qui est un slameur, un calligraphe, que sais-je, qui arrive à transmettre des émotions par la poésie, ça me touche. Moi je le fais avec la littérature et moi ça m'est fondamental pour faire face à la vie.
- Speaker #0
C'est une belle présentation, je trouve. Au tout début de cet épisode, tu parlais justement de tes premiers voyages. D'après ce que j'ai pu voir, tu as traversé l'Europe en train à 16 ans, c'est ça ?
- Speaker #2
Oui, avec un cousin. On avait pris un pass interrail. C'était le début du pass interrail qui permettait de payer un forfait de voyager illimité dans X pays. Et on était allés de France à l'Italie, puis de l'Italie à la Suède, en passant par l'Allemagne, l'Autriche. et le Danemark. Et voilà, c'est la première expérience d'un voyage en autonomie. Enfin, on était deux jeunes, je ne sais pas, adolescents encore, on pourrait dire. Et d'improviser chaque soir, d'essayer de trouver des places en auberge de jeunesse avec très, très, très peu d'argent, vraiment. Donc, on essayait de trouver les endroits. Il y avait un petit déjeuner inclus suffisamment consistant pour tenir jusqu'au soir où on mangeait un truc, quoi. C'était vraiment un budget hyper réduit, au point qu'à Venise, on a dû frauder et pas payer le bateau, le vaporetto, je ne sais plus comment ça s'appelle, parce qu'on était sur une île isolée du centre-ville et ça coûtait 10 euros l'aller simple et nous, c'était notre budget nourriture de la journée. Donc si on faisait un aller-retour, c'était deux jours de budget alimentaire, donc on avait super peur de se faire prendre. Ouais, c'est le premier voyage.
- Speaker #0
Et moi, je me demande, à 16 ans, qu'est-ce qui te... poussent à partir ? Et puis, même tes parents, ils t'ont laissé, tu leur as dit, je veux faire ça, et ils étaient OK ?
- Speaker #2
Moi, j'ai toujours voulu partir loin. Donc, je suis d'abord partie pas très loin en Europe, mais assez vite, je suis partie beaucoup plus loin. Ça remonte même à l'enfance. Alors, d'où ça vient, c'est compliqué à expliquer, parce que j'ai un frère qui est casanier, par exemple, et assez peu voyageur. J'ai une sœur qui vit en Équateur, mais qui n'est pas non plus spécialement une voyageuse. Elle s'est installée loin de la France, mais elle est aussi sénantère à sa manière dans un territoire dans lequel elle s'est ancrée, donc elle s'est expatriée. Je ne sais pas, je pense que j'ai tout de suite intuitivement été fascinée par ce qui était lointain, différent de moi. Ça m'a toujours stimulée. J'ai fait aussi des études de mandarin, par exemple, d'essayer de comprendre. d'autres langues, d'autres cultures, d'autres manières de vivre. Et par extension, c'est aussi ce qui me motive à comprendre les animaux, les montagnes, d'autres formes de vie si je vais encore plus loin, d'autres cultures humaines et puis d'autres formes de vie non humaines. Ce qui m'est différent, ce que je ne comprends pas m'intéresse. J'ai toujours eu cet appétit-là. Et un goût du mouvement aussi certain et que je continue de cultiver, que ce soit d'aller marcher longuement autour de chez moi ou de prendre des trains pendant des jours et des jours.
- Speaker #1
Du coup, est-ce que tu estimes qu'il y a finalement eu un moment marquant dans ton expérience de vie où justement tu as eu envie de transmettre tes expériences à travers l'écriture ? Ou alors finalement, c'est plutôt le cheminement de justement de ton enfance jusqu'à l'adolescence avec un premier grand voyage en solitaire, enfin en duo, mais sans...
- Speaker #2
Il y a des étapes, mais il y a le premier voyage aussi vraiment lointain, qui est un voyage à l'âge de 19 ans, un été, que je passe avec une bourse de cette fondation Zelija, que je citais au début, c'est pour ça que je me réfère à eux, qui m'aide à financer un projet de vie avec les bergers nomades kirghiz pendant un été, durant lequel j'ai dessiné, écrit des textes sur leur mode de vie, etc. Et puis après, j'y suis retournée pendant cinq ans, donc ça a été une histoire... assez importante dans ma vie avec le Kyrgyzstan, petit pays d'Asie centrale, très très montagneux. Estéa aussi c'est un peuple de cavaliers donc toujours les chevaux. Et là c'est là où je commence à écrire en voyage aussi pour les besoins du rapport que je devais rendre à cette fondation. Et puis après il y a cette étape quand même déterminante qui est le grand voyage que j'ai fait dans l'ouest de la Chine pendant six mois avec deux chevaux et durant lequel j'ai beaucoup écrit qui a été une expérience. très intense et assez radicale à sa manière de solitude, d'altérité. Je me suis retrouvée pendant des semaines et des semaines sur le plateau tibétain, sans aucun moyen de communication, ni avec le reste du monde, ni avec mes hôtes, parce qu'on ne parlait pas la même langue. À la vie, avec des chevaux, dans un milieu assez quand même extrême, parce que j'étais tout le temps entre 4000 et plus de 5000 mètres d'altitude. Donc même si on s'acclimate, ça reste un autre degré de conscience, quoi, qu'on a à cette altitude-là. Cette expérience-là m'a littéralement jetée dans l'écriture, parce que c'est là où j'écris de manière plus construite, plus longue. C'est ce texte-là qui a rencontré un éditeur par l'entremise d'un ami qui a envoyé mes carnets. J'ai été publiée un peu par hasard, c'est assez rare. Et je me suis retrouvée à 22 ans avec un contrat d'édition, chose inespérée et inattendue. Et j'ai eu des lecteurs à 23 ans et donc j'ai compris que les histoires que je pensais partager avec 5 personnes, elles pouvaient l'être avec quelques centaines, voire milliers de personnes, voire plus aujourd'hui. Et que c'était quand même assez extraordinaire de pouvoir faire ce que je faisais gamine avec mes frères et sœurs, raconter des histoires, mais en m'adressant à autant de gens.
- Speaker #0
Est-ce que tu as toujours écrit avec cette volonté de partager ce que tu vivais ou partager tes écrits ou il y a des choses que tu comptes pas publier ?
- Speaker #2
J'ai toujours écrit avec cette volonté de partager. C'est pas le cas de tous les auteurs, déjà parce que j'ai eu la chance, la grande chance d'être publiée très jeune. Et que j'ai toujours eu l'envie d'écrire, même d'être écrivain quand j'étais gamine, mais j'écrivais pas. C'était un peu une sorte de fantasme. Je lisais énormément, mais je ne fais pas partie de ces enfants qui écrivaient des romans ou plein de carnets. Je n'écrivais que dans un cadre scolaire. J'avais toujours les meilleures notes en rédaction et tout, mais j'avais un appétit pour ça, mais je ne pratiquais pas. Et de fait, je n'ai toujours pas de pratique de l'écriture dans ma vie quotidienne, ni quand je traverse des choses difficiles, ni joyeuses. Je n'écris que quand j'ai un projet de livre, ce qui est souvent le cas, mais pas tout le temps. Là, ça fait deux ans que je n'écris plus, par exemple. Depuis que j'ai terminé l'écriture de « Et vous passerez comme des vents fous » , je suis en train de m'y remettre. Donc j'ai des phases où j'écris à rien du tout, enfin j'écris deux articles pour des ouvrages collectifs, mais très peu. Et effectivement, depuis ce premier ouvrage publié l'année mes 23 ans, j'ai toujours eu un éditeur qui a suivi mes projets. Donc j'ai toujours su que je serais lue, même si peut-être par quelques dizaines de personnes. Un livre, on ne sait jamais comment il va être reçu, mais effectivement...
- Speaker #0
une dimension de partage j'écris pas en cherchant à plaire mais j'écris en sachant que je vais partager ok mais est ce que justement moi je trouve des fois quand on écrit en sachant qu'on va être lui on peut avoir tendance un peu à se censurer ou quelque chose ou peut-être pas être bas on écrit probablement pas la même chose c'est à dire que notamment
- Speaker #2
dans les récits de voyage les gens pensent qu'on débat de toute sa vie parce qu'on écrit un récit on dit je on choisit ce ce qu'on va mettre. Très clairement, si je sais que je vais être relue... Il y a des choses, ou alors que je vais enlever à la réécriture, mais il y a des choses que je n'ai pas envie de partager, donc je ne vais pas les écrire. En revanche, dans le roman, et c'est pour ça que j'adore le roman, et que c'est ce que je fais aujourd'hui essentiellement, non, je trouve qu'il n'y a quasiment aucune limite, parce que finalement, comme on se planque, entre guillemets, derrière des personnages, on peut mettre absolument tout, même le plus inavouable, entre guillemets, derrière un personnage, enfin, sous les traits d'un personnage qui ne nous ressemble pas du tout. Et généralement, les gens pensent qu'on... Ils diront « Ah, mais toi, tu es tel personnage ! » Ils ne vont jamais s'imaginer qu'on a pu mettre des choses très intimes dans le personnage d'un vieux gars, alors qu'on est une jeune femme, enfin voilà. En réalité, comme c'est de la fiction, on peut exprimer des choses très intimes en se cachant, en se camouflant derrière les personnages. Et de ce point de vue-là, il n'y a de ma part aucune autocensure.
- Speaker #1
Et comme tu l'as justement cité juste avant, un de tes derniers livres qui a particulièrement touché tes lecteurs, « Et vous passerez comme des vents fous » , Il a reçu le prix du roman d'écologie en 2024. Justement, ce livre, donc là, tu as parlé d'inspiration. Est-ce qu'il y a une inspiration principale qui ressort de cette volonté de ce livre, avant du coup, au début de l'écriture de celui-ci ?
- Speaker #2
Oui, c'est un livre que j'ai écrit depuis l'Ariège. J'ai commencé à l'écrire quand je m'y suis installée, donc dans les Pyrénées-Centrales, là où je vis aujourd'hui. Et depuis que je suis rentrée en France, après toutes ces années à l'étranger. Et très clairement, il y avait plusieurs volontés, mais il y avait principalement une double volonté. Une qui était de raconter ces montagnes, dont la trajectoire est complètement aux antipodes de la plupart de territoires de montagne en France. C'est-à-dire que c'est une montagne très sauvage, qui s'est même ré-ensauvagée, parce qu'il y a beaucoup moins d'habitants qu'il y a un siècle, très peu d'infrastructures. Un territoire de montagne qui vit complètement en dehors de l'industrie du ski, ou du tourisme, ou encore plus du luxe. En même temps qui est très dynamique, très résilient, donc j'avais vraiment envie de raconter cette montagne-là et de partager ça, parce que je crois que c'est un laboratoire pour tous les territoires de montagne pour demain. Et puis j'avais aussi envie d'initier une sorte de réflexion, non sous la forme du roman, mais de réflexion sur qu'est-ce que c'est le sauvage, qu'est-ce que c'est notre rapport au sauvage dans des sociétés qui se veulent aussi civilisées que les nôtres, qui se croient aussi civilisées. Et notamment en explorant la relation à l'ours qui est très présent dans les vallées où j'habite et qui est évidemment une figure emblématique.
- Speaker #0
Et justement, le focus sur l'ours, pourquoi tu as choisi ce sujet-là en particulier ? Est-ce qu'il y a des moments dans ta vie qui t'ont amené vers ce sujet ?
- Speaker #2
Je pense que c'est... Une série de faisceaux d'intuition, déjà des ours j'en ai croisé en Asie centrale, j'en ai croisé dans le Caucase. Ils sont beaucoup revenus dans les récits des bergers kirghiz ou géorgiens que j'ai pu fréquenter. Et quand je suis arrivée dans les Pyrénées centrales, où la plus grande partie des ours se concentre, des ours qui sont en France, dans le territoire pyrénéen, à peu près 70 sur les 100, c'était aussi un sujet omniprésent en fait, cette cohabitation possible ou impossible selon les uns et les autres. Et donc c'était à la fois un sujet très évident, en même temps peut-être trop évident, donc comment la bander sans tomber dans le cliché, ça c'était un autre sujet. Et puis l'ours, c'est évidemment un animal très charismatique et tout, mais surtout si on l'aborde d'un point de vue biologique plus que fantasmagorique, c'est un animal qui est hyper intéressant parce qu'il est totalement omnivore, et du coup il s'alimente aussi bien dans le sous-sol, il va chercher des larves, que de fruits, que de fruits secs, que de charognes, que de quelques proies parce qu'il chasse un petit peu. Et donc, il est en connexion avec tout, avec le sous-sol, avec les arbres, avec les buissons. Il circule dans différents étages de la montagne. Il est calqué aussi sur le rythme des saisons, puisqu'il hiverne. Les scientifiques ne disent pas hiberner, parce que ce n'est pas un sommeil complet, surtout que maintenant que les hivers se réchauffent, mais en tout cas, tout son métabolisme est ralenti l'hiver. C'est un animal qui est intéressant aussi pour parler des milieux et des écosystèmes de montagne au-delà de sa seule existence.
- Speaker #0
Moi je trouve qu'en lisant ton livre, c'est pas un livre militant, j'ai pas l'impression en tout cas, peut-être que je me suis trompée. Et du coup tu fais appel à plusieurs personnages qui ont une diversité de points de vue. Et du coup ça permet vraiment de comprendre la complexité de la situation aussi je trouve. Pourquoi est-ce que tu as fait ce choix de faire appel à... à ces personnages différents ?
- Speaker #2
Parce que pour moi, le roman, c'est aussi le lieu de la polyphonie, c'est-à-dire un lieu où on peut entendre différentes voix. En effet, moi, si c'est pour juste partager ma vision du monde, j'ai créé un essai militant, je dis je. Je pense qu'il y en a déjà beaucoup. Je n'ai pas l'impression que ça va forcément avancer les causes auxquelles je crois. Par ailleurs, comme je le disais aussi précédemment, j'aime bien ce qui m'est différent, donc ça m'intéresse d'essayer de comprendre ce qui n'est pas moi, ce qui ne pense pas comme moi. Et le roman, c'est un bon exercice pour ça. Et aussi, on est dans une société où, globalement, on consomme de l'information très polarisée, à longueur de journée, pour, contre, ci, ça. Pour moi, le pour ou contre, c'est jamais une bonne manière d'aborder un sujet. Et dans un roman, tu as la possibilité de... restituer toute la complexité d'un enjeu, d'un sujet, d'un territoire. Et ça, il n'y a pas beaucoup de formes qui le permettent. Donc moi, je l'utilise vraiment comme ça, le roman. Et donc effectivement, ce n'est pas un livre militant. En revanche, c'est un livre engagé, et notamment déjà en premier lieu physiquement, parce que mon engagement dans ces montagnes, il est quotidien. Et voilà, il est aussi moi qui... qui vit dans ces montagnes. Donc c'est au propre et au figuré un livre engagé. Mais militant, non. Je trouve qu'il y a d'autres endroits, il y a d'autres supports, et ça m'arrive de militer par ailleurs sur tel ou tel sujet, mais pas dans mes romans en fait.
- Speaker #0
Et comment est-ce que tu as fait pour récolter cette diversité de points de vue ? J'imagine que toi tu avais ton point de vue, mais pour vraiment être, vraiment bien refléter ces différents points de vue, j'imagine que tu as rencontré du monde. Comment est-ce que ça s'est passé ce processus ?
- Speaker #2
D'abord, j'écoute et je regarde autour de moi, puisque là, on parle d'un territoire où je vis, donc tout ce qui se passe dans les cafés, dans la rue, partout, dans les journaux, chez mes voisins, les conversations que je grappille. Après, évidemment, je rencontre des gens aussi de manière plus volontaire, en leur écrivant, en disant que je travaille sur tel sujet, que j'ai envie de les rencontrer. Je passe du temps avec les gens qui s'occupent du programme Ours, notamment à l'OFB, je passe du temps avec des bergers, je m'immerge. Et puis il y a aussi une part d'imagination qui n'est pas non plus négligeable et dans laquelle moi je projette des choses sur des personnages.
- Speaker #1
Justement sur cette question de la création, est-ce qu'aujourd'hui tu as une routine d'écriture avec un processus qui du coup est plutôt spontané à la suite des rencontres que tu fais, de l'immersion que tu passes, le temps que tu passes dans ces espaces-là ? Ou alors c'est quelque chose que tous les jours tu vas chercher à... Peut-être à temps posé ou non ? Comment aujourd'hui tu...
- Speaker #2
Ça dépend des livres. Il y a La verticale du fleuve, un livre précédent, je l'ai écrit en travaillant à temps plein, donc j'écrivais le soir. Voilà, j'avançais lentement. Ce livre-là, j'ai écrit... J'ai construit un peu une première idée de trame narrative, et puis après j'ai avancé sur mes recherches de terrain, mes rencontres, mes immersions, en avançant en parallèle dans l'écriture du roman, en revenant en arrière. Il y a des semaines où j'étais plus, on va dire, sur le terrain, dans les prises de notes, après je revenais trois jours à la maison, j'écrivais plus, donc il n'y a pas une routine fixe, parce qu'en fait je n'écris pas tous les jours à partir d'un bureau pendant des mois. En revanche, dans les phases où je suis... plus à mon bureau, ce qui arrive aussi, notamment vers la fin. Grosso modo, j'aime bien avancer. Depuis que j'ai le loisir d'organiser mieux mon temps, avancer beaucoup le matin, parce que déjà, je pense que je suis plus efficace. Et puis, quand j'ai bien avancé le matin, quelque part, j'ai fait ma journée. Après, il faut voir aussi que l'écriture, elle se fait beaucoup malgré soi. Parce que tout d'un coup, on n'y arrive plus, alors on va se balader, ou on va peler des carottes, ou on va au marché en pensant se changer les idées, puis tout d'un coup, il se passe quelque chose qui va intégrer le livre. Donc il faut... Je ne pense pas qu'on puisse écrire un livre comme je les écris moi, en tout cas. Moi, je ne peux pas écrire un livre en étant 10 heures par jour clouée à mon bureau, ou alors c'est vraiment les dernières corrections, des phases très intensives sur le texte. Mais sinon, le texte, il doit se produire aussi en contact avec la réalité.
- Speaker #0
Et là, ton dernier roman, il a vraiment connu un grand succès. Est-ce que ça a eu un impact sur ta vie ? Qu'est-ce que ça a changé ?
- Speaker #2
Je ne peux pas dire que ça n'a rien changé, parce que ça me donne plus de liberté encore que j'en avais. Je me sentais déjà libre avant, parce que j'ai toujours fait des choix qui n'étaient pas dictés par des injonctions de carrière ou de schéma de réussite pré-tracé. Mais ça m'a donné encore plus de liberté de faire ce que je veux. Après, c'est aussi un peu intimidant d'avoir un texte qui a autant circulé, parce que quelque part, on se dit qu'il y a des attentes pour le prochain potentiellement, mais je pense qu'il ne faut pas trop y penser. C'est ce que j'essaie de faire aujourd'hui, il faut s'en émanciper. Le souci de rester intègre et de ne pas chercher à plaire, il est récurrent chez moi. Je n'écris pas des livres en me disant que ça a marché, que ça a connu un succès. de manière totalement inattendue, et par le fait du bouche-à-oreille, du soutien des libraires, etc. Donc c'était très beau que ça survienne, mais j'essaye de ne pas non plus ni considérer que c'est ça le régime normal de vie pour un livre, parce que ce n'est pas le cas aujourd'hui dans le marché du livre, ni d'être entre guillemets prisonnière de ça et de me censurer, parce que peut-être que j'écrirais des choses qui plairont moins ou qui seront moins consensuelles. Celui-là, je n'ai pas cherché à ce qu'il soit consensuel, mais d'une certaine manière, il l'a été. Voilà, donc c'est plus... Oui, ça a changé un peu ma vie, parce qu'il y a une sorte de reconnaissance, notamment des pères, etc. Mais après, en vrai, moi, je vis au fin fond de l'Ariège, dans un coin où, bon, maintenant, les gens savent que j'écris, mais ça ne fait pas partie de mon quotidien, quoi. Moi, je ne vis pas entourée de gens qui sont dans le milieu littéraire ou de gens des médias. J'ai été beaucoup en déplacement pendant un an et demi avec ce livre, et relativement exposé, etc. Enfin, tout est relatif, mais pour quelqu'un qui écrit des livres qui étaient jusque-là confidentiels. Mais j'ai vraiment vécu comme une parenthèse, même qui parfois m'a un peu dérangée, plus que comme quelque chose qui était désirable, en fait. Et autant je suis super heureuse que le livre ait touché des gens, autant je suis très contente de retrouver... Ma vie dans les montagnes, perdue, cachée. Et voilà, je ne suis pas tous les soirs dans des dîners en ville à parler de mon prochain projet d'écriture avec des gens qui écriraient. Parce que les gens que je fréquente au quotidien, ils sont éleveurs de chèvres, charpentiers, retraités, que sais-je. Mais ils sont complètement étrangers à ce monde-là.
- Speaker #0
Et pourquoi est-ce que tu as choisi d'habiter en Ariège ? Parce que ça fait une dizaine d'années que tu es là-bas, maintenant ?
- Speaker #2
Non, ça fait même trois ans. Ami ?
- Speaker #0
Pourquoi ce lieu-là en particulier ?
- Speaker #2
Je suis rentrée fin 2020 en France et j'ai mis un an à trouver une maison en Ariège que j'ai achetée, une toute petite maison en pierre et l'os que je restaure. Parce que, pour le dire de manière très brève, pour moi, j'avais identifié dans mes nombreux voyages dans différents massifs en France que c'était un des derniers territoires de montagne sauvage qui ne vivait pas soit de la logique touristique, soit de la logique Oui, qui ne vivaient pas du tourisme ou du ski et en même temps qui étaient dynamiques, avec des nouveaux arrivants, avec une vraie vie sociale. Donc voilà, ça m'intéressait d'explorer un peu la vie dans ce territoire de montagne qui restait très sauvage, très préservé, très peu anthropisé, tout en étant quand même en France occidentale au XXIe siècle. Et surtout, ça fait un retour en arrière parce que je pense clairement, je suis à peu près convaincue que notre avenir, de gré ou de force, Ça sera la sobriété, ça sera l'autonomie, et que l'Ariège a déjà pris ce chemin depuis très longtemps. Que ce soit les choix des gens individuellement, mais aussi collectivement, des gens et des communautés. Enfin, pas au sens de gens qui vivraient en collectif, mais les communautés villageoises et tout. Mais ça se traduit aussi dans les maires qui s'élisent, etc. Enfin bref, la manière dont la politique se fait à un niveau très local. Et pour moi, c'est aussi une source de joie et d'optimisme que de voir que... ça existe, même si c'est très minoritaire à l'échelle de tous les territoires, mais ça existe et j'ai envie de raconter aussi ce monde-là, j'ai envie de montrer que c'est possible d'être un territoire de montagne qui vit, qui bouge, qui pulse avec pourtant très peu de moyens et financiers, j'entends, mais beaucoup d'inventivité, beaucoup de résilience. qu'il y a une manière d'aborder la montagne comme un milieu et pas juste comme un terrain de jeu qui est possible. Qu'on peut, comme société, avoir un autre chemin que celui qu'on a voulu nous imposer, notamment pour les territoires de montagne.
- Speaker #1
Là, justement, tu évoquais la sobriété. Est-ce que c'est peut-être quelque chose que tu retrouves aussi finalement dans les expériences que tu as eues, les différents voyages que tu as pu aller, les rencontres que tu as pu faire dans des pays comme le Kyrgyzstan, où j'imagine que forcément, c'est des pays qui peuvent être moins développés que la France. France, à un certain point. Est-ce que c'est des choses qui ont amené ton choix aussi de ce choix de vie en France ?
- Speaker #2
Ce qui est certain, c'est que le voyage à pied, oui, c'est une expérience de sobriété parce qu'on se déplace avec le minimum d'équipement et en dormant sous la tente, etc. C'est une expérience de la lenteur et de la sobriété. Et puis effectivement, j'ai vécu et voyager dans des pays qui sont euh... plus pauvres, où les gens ont des modes de vie plus frugaux, alors parfois de manière subie, et on parle aussi de misère, par exemple dans la République démocratique du Congo, mais dans d'autres territoires, j'ai aussi vu des gens qui avaient des modes de vie, on va dire, paysans, assez robustes, qui vivaient avec peu, mais relativement bien. Et donc effectivement, oui, c'est ce que je retrouve un peu en arrêt, je te propose de garder, parce que c'est infiniment plus riche que certains territoires où j'ai pu vivre. En tout cas, je pense que c'est peut-être un bon juste milieu entre la grande misère qu'on peut trouver dans certaines régions du monde, qui est d'ailleurs souvent induite par l'exploitation des ressources pour l'exportation, que ce soit les minéraux, le bois, etc., plus que par les modes de vie des gens. Et puis le mode de vie très dispendieux qu'on a en moyenne en Europe occidentale et qui, clairement, n'est pas compatible avec les ressources planétaires, par A plus B, selon tous les constats scientifiques. Là, ce que je vis dans les montagnes où je vis, et surtout ce que je vois des gens autour de moi, c'est une sorte de voie médiane qui est quand même celle d'une vie que moi je trouve suffisamment confortable, mais frugale, oui. Et une frugalité choisie, et ça c'est important aussi. Oui, effectivement. Parce que si on attend que la sobriété nous soit imposée par la contrainte extérieure, ça va être violent.
- Speaker #1
Oui, ça va être violent, parce que le retour en arrière du confort, c'est quelque chose où nos sociétés aujourd'hui, ce serait très compliqué d'avoir un retour soit en arrière ou de l'imposer. Effectivement, en Occident, ça risque d'être compliqué. Là, du coup, aujourd'hui, tu nous disais que ça faisait un an et demi après que tu sois retourné en France pour présenter ton dernier ouvrage. Est-ce que tu as pris aujourd'hui le temps peut-être pour réfléchir à une prochaine aventure, un prochain voyage ? ou alors peut-être un prochain livre ? Est-ce que c'est des choses qui, aujourd'hui, sont en cours ou justement tu laisses plutôt le temps de vivre de prochaines expériences ?
- Speaker #0
Là, je suis ici à la Gère pour les glaciers, puisque je m'intéresse à la cryosphère, au territoire anglacé, la fonte des glaciers. Peut-être dans la perspective d'un roman qui ne bordera pas que cette thématique-là, mais qui la prendra en compte. Mais voilà, pour l'instant, c'est un chantier qui en est au tout début, donc ce sont des ébauches. Et puis, je suis aussi engagée... À plus long terme, sur un projet de livre qui, à mon avis, va se faire dans un peu longtemps, parce que je veux justement laisser du temps passer, sur la question de l'extractivisme. Mais là, ce ne sera pas un roman. J'ai travaillé deux mois en Colombie avec des communautés qui se liguent contre un projet d'exploitation minière d'un mégaprojet dans la région d'Antioquia, qui est une région des Andes où il y a la plus grande biodiversité au kilomètre carré de la planète et qui risque d'être détruite pour... paie de la montagne tout un tas de minéraux qui servent notamment aux batteries de nos voitures et appareils électriques, etc. Donc c'est pour ça que ça nous concerne aussi et que moi, les Colombiens, en fait, m'ont appelé ces collectifs pour venir travailler avec eux en me disant cette histoire, il faut la raconter aussi en Occident parce que c'est vous qui consommez ces matériaux, en fait. Et par ailleurs, en commençant ce livre, je me suis rendue compte concomitamment que le territoire où je vis... Avec toutes les guerres qu'il y a, la France voulant se réarmer, Macron est en train d'autoriser l'exploration de potentielles mines de tungstène dans la Riège, non loin de chez moi, qui servent entre autres choses à faire des obus et ce genre d'objets extrêmement de première nécessité. Et donc, en fait, je me dis, mais voilà, la question est la même. Et on nous vend la même soupe en nous disant, mais ce sont des ressources économiques pour la région. Peut-être dix ans de... d'emplois pour détruire une montagne à jamais. Donc ça, c'est un sujet que je suis en train d'explorer, mais comme ces deux projets-là vont se développer sur le long terme, j'ai envie de suivre ces deux combats-là, parce qu'en fait, c'est de part et d'autre qu'il y a des communautés qui luttent contre ces projets. J'ai envie de suivre sur le long terme et de voir quelle forme pourrait prendre une sorte de reportage au long cours croisé comme ça, qui pose aussi une autre question de fond. extractivisme.
- Speaker #1
C'est hyper intéressant. Moi, je me demandais est-ce que tu aurais un conseil à donner à quelqu'un qui aimerait faire un peu comme toi, mais les voyages, écritures, quelqu'un, je ne sais pas, si tu devais revenir en arrière à la Clara de 16 ans qui voyage en train en Europe, qu'est-ce que tu dirais ?
- Speaker #0
Il ne faut pas se censurer d'abord, il faut s'autoriser, c'est un peu cliché de dire ça, mais il faut s'autoriser à vivre ses rêves, ça, ça me paraît une certitude. Mais il ne faut pas non plus se laisser dicter ses rêves par l'extérieur. C'est-à-dire qu'il ne faut pas s'imaginer que son rêve, c'est d'aller au bout du monde 15 jours, parce qu'on l'a vu sur Instagram. Il faut faire attention à ça. Je pense vraiment qu'il faut faire fi de toutes les barrières qu'on nous impose. Et après, quelqu'un qui voudrait vivre une vie de voyager d'écriture, je vois des gens parfois qui veulent en faire une sorte de destinée professionnelle assez tôt. C'est pas la voie que j'avais prise, moi je me suis assurée d'avoir un autre métier, d'autres compétences. Et d'ailleurs je trouve ça très intéressant, être capable d'évoluer dans différents mondes, qu'on soit par ailleurs artisan, consultant. Je conseillerais pas forcément à quelqu'un de tout de suite vouloir être une sorte d'influenceur, voyageur, auteur. Au risque, justement, mais peut-être c'est une vision un peu puriste que j'ai, de pervertir ce rapport à ses rêves, au voyage, à l'écriture. Si on arrive à en vivre un jour très bien, mais vouloir en faire un gagne-pain, c'est peut-être aussi transformer un petit peu ses motivations. Donc, je ne sais pas, j'inciterais les gens à se donner les moyens de vivre leurs rêves et puis à se donner les moyens d'être... de quelque chose qui n'est pas très valorisé en France, mais qui l'est beaucoup plus dans d'autres sociétés. Je pense à la Colombie, que je connais assez bien, d'avoir plusieurs cordes à son arc. Nous, on a tendance à nous demander d'être monotaches, d'être scientifiques ou littéraires, ceci ou cela. En fait, ce serait super beau, une société où on pourrait à la fois faire un mi-temps chez un boulanger, savoir faire du levain et être photographe l'après-midi. Et là, je me réfère à la boulangère de ma vallée, qui est aussi photographe. et voilà ils sont mon compagnon qui est DJ et boulanger et qui font un pain magnifique à l'espier joyeux je les salue mais en fait ça, ça me paraît aussi être un modèle d'avenir moi en ce moment, effectivement essentiellement j'écris, mais j'ai fait beaucoup d'autres choses et je ne le regrette pas du tout et peut-être que dans le futur j'apprendrai à travailler le bois ou que sais-je
- Speaker #2
Et tu le fais peut-être déjà avec la rénovation du coup de la maison que tu as acheté ?
- Speaker #0
Ouais, alors je ne fais pas grand-chose moi-même, je ne me pourrais pas être tout à fait franche.
- Speaker #2
Est-ce que tu aurais quelque chose que tu as découvert récemment, une recommandation peut-être, alors littéraire ou dans d'autres domaines ? Tu as l'air de nous parler de poésie ou de photographie, est-ce que tu aurais quelque chose à partager en tout cas aux personnes qui nous écoutent ?
- Speaker #0
Il y a un livre là que je viens d'acheter qui est très beau, et donc je n'ai pas encore eu le temps de le contempler à ma guise, mieux. C'est Nastasia Martin, cette anthropologue fantastique, spécialiste des peuples de l'Arctique, qui vit dans les écrins et qui travaille sur la relation au sauvage, qui écrit le texte introductif d'un ouvrage de photo d'Olivier de Cépibus sur les glaciers, je crois que ça s'appelle « Les sources de glace » . C'est chez Karim Bolsen, ça vient de paraître, et je trouve l'ouvrage est magnifique. Donc ça, c'est un livre que je pourrais recommander, ouais.
- Speaker #2
Merci pour cette recommandation. Dernière petite question, où est-ce qu'on peut te retrouver ? Ou alors où est-ce que par exemple ton livre est publié ?
- Speaker #0
Mes livres, on peut les commander s'ils ne sont pas disponibles sur les tables dans toutes les librairies parce que ma maison d'édition Actes Sud est bien diffusée. Les livres n'étant plus des actualités, ils ne sont pas forcément chez votre libraire, mais j'en profite pour dire que... quand vous achetez un livre, il y a 30% du prix du livre qui va à la personne qui vous le vend. Donc si cette personne, entre guillemets, c'est Amazon, vous donnez sur un livre de 20 euros, vous donnez 7 euros à Amazon qui, comme chacun sait, ne traite pas très bien les gens et la planète et ne défend pas forcément l'indépendance des auteurs. Donc en France, on a des libraires indépendants, il faut aller chez eux quitte à mettre un peu plus de temps à avoir le livre. Voilà. Et mes livres, ils sont accessibles en librairie.
- Speaker #2
Super. Merci beaucoup Clara pour cet échange. On repart avec une envie furieuse d'explorer le monde et les mots. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le partager et à nous laisser un commentaire. Vous pouvez retrouver Clara Arnaud sur les réseaux sociaux ou directement chez les libraires. Et pour ne rien manquer du Pavancast, suivez-nous sur Instagram, Facebook et LinkedIn. Vous pouvez aussi nous retrouver sur pavanroad.fr pour découvrir nos produits made in France ainsi que nos autres contenus. Notre prochain épisode sort dans deux semaines. A bientôt !