- Speaker #0
L'intention de venir s'installer au Canada en Nouvelle-Écosse, il faut se poser aussi en tant que nouvel arrivant les bonnes questions de où est-ce que je veux aller, qu'est-ce que je recherche. Pour mon installation, je cherchais la nature et je me sens très bien là où je suis maintenant, proche d'une ville quand même assez grande. Mais si quelqu'un cherche la tranquillité et avoir beaucoup d'espace, il y a ça qui est possible aussi. Donc c'est vraiment chercher ce qu'on veut et partir dans cette optique-là. La connexion avec les autres parents, c'est quelque chose que je n'avais pas pensé avant d'être... Ça facilite l'intégration, ça facilite la connexion avec des gens d'ici. Et le lien à tout ça, c'est la langue française. Le lien, c'est les enfants qui vont à l'école francophone.
- Speaker #1
Bonjour et bienvenue à Phares et Trajectoires. Je suis Amel Souid, je suis gestionnaire du secteur immigration économique et de la CFA de Clare pour le Conseil de développement économique de la Nouvelle-Écosse. Aujourd'hui, notre invité est David Sévette. Il est nouvellement gestionnaire priorité stratégique pour l'Office des affaires acadiennes et de la francophonie de la Nouvelle-Écosse. Nous l'accueillons aujourd'hui à titre personnel. Il nous partagera son parcours et sa vision. David, merci d'être là. Alors bonjour David, je suis ravie de t'accueillir pour cet épisode de notre podcast Phares et Trajectoires. Ravie d'être là. Merci. Merci d'avoir répondu à l'invitation. On va essayer pendant 7 minutes. ce temps-là d'explorer ton parcours, d'explorer quelles visions tu as, quels sont tes phares et quelles ont été tes trajectoires. On va commencer par une série de questions en rafale. J'adore commencer par ça parce que j'estime que ça donne de l'énergie au podcast. Sens-toi libre de nous répondre avec ce qui te passe par l'esprit. Quel est le mot français, en français, qui guide ton engagement ?
- Speaker #0
C'est une bonne question, mais c'est difficile de résumer en un seul mot les choses. Moi, je dirais que la collaboration, c'est quelque chose qui me touche. Quand je parle de collaboration, je parle dans le fait de travailler ensemble, de travailler avec des partenaires, de travailler conjointement vers un but commun. C'est ça que j'entends.
- Speaker #1
Mettre la main dans la main pour un but commun.
- Speaker #0
C'est ça. On sait très bien que quand on travaille seul, c'est un peu plus difficile, mais dès qu'on arrive à rajouter plusieurs personnes, Les parties qui prennent part à des projets, on y arrive beaucoup mieux. Et généralement, ça fonctionne aussi mieux sur le long terme.
- Speaker #1
C'est vrai que c'est un mot qui revient tout le temps, très souvent, je l'entends, de par la mise en place de projets. Puis c'est un mot qui a l'air simple, mais qui n'est pas du tout simple à mettre en place, à réaliser. Donc, tout à fait d'accord. Quel lieu en Nouvelle-Écosse symbolise pour toi la plus belle alliance des cultures ?
- Speaker #0
C'est une bonne question. Je vais commencer par dire que je voyage pas mal en Nouvelle-Écosse aussi. Je vais dans pas mal d'endroits, dans beaucoup d'endroits différents. Et moi, les lieux que j'aime, qui symbolisent vraiment un ensemble uni, c'est vraiment les lieux où la nature prédomine. Donc je dirais peut-être, c'est au parc de Keiji Makujik, par exemple, ou au Grand Parc National, où on voit, on retrouve à la fois... la nature, mais aussi les Premières Nations, les Mi’kmaq, mais aussi un peu toutes les cultures qui s'en sont venues après, qui font un et tout le monde se retrouve dans ce lieu commun où on partage tous les mêmes valeurs de partage, de connexion avec la nature.
- Speaker #1
Quelle petite habitude d'accueil tout le monde peut-il adopter dès demain matin ?
- Speaker #0
Il y a pas mal de petites habitudes qu'on peut prendre, mais s'il y en a une que je trouve qui est vraiment intéressante et surtout qui est propre, je trouve, au Canada, c'est de rester ouvert. On parle d'accueil, mais on veut aussi penser et vivre accueil. Donc c'est vraiment garder un esprit ouvert pour essayer de ne pas juger au premier abord, de ne pas se laisser submerger par nos idées, nos idées qui sont peut-être préconçues. On a peut-être des biais aussi avec la façon dont on a été, notre éducation, nos origines. Mais vraiment de laisser la chance à tout le monde aussi, et vraiment de voir le monde avec ouverture d'esprit.
- Speaker #1
et quelle serait... La ressource que tu recommanderais à un employeur, par exemple, qui voudrait mieux intégrer les nouveaux arrivants ?
- Speaker #0
Pour les employeurs, il y a beaucoup de ressources qui sont mises en place pour aider à l'intégration de nouveaux arrivants. Et la plupart du temps, ça passe par la sensibilisation et aussi par l'information. Donc c'est vraiment important, je pense, pour les employeurs, de connecter, d'être connecté avec des fournisseurs de services d'établissement, qui permettent justement d'avoir des soutiens, des ateliers. de mieux comprendre qu'est-ce que ça veut dire la multiculturalité, de mieux comprendre l'interculturalité et de pouvoir donner des clés concrètes à comment est-ce qu'on peut adapter ça pour son business.
- Speaker #1
Tu m'offres la transition parfaite pour parler du fait que nous, en tant que fournisseurs de services, le CDÉNÉ, on offre des formations aux employeurs qui sont gratuites sur les compétences interculturelles. Je suis consciente que c'est un processus... continue de formation, c'est-à-dire que suivre une seule formation, ça ne suffit pas et ça ne suffira pas. Mais déjà, commencer par là, s'informer sur les autres cultures, s'informer sur le rapport des personnes à des piliers comme le temps, par exemple. Je sais que dans des cultures, le temps est moins important ou le rapport au temps est différent que dans d'autres cultures. Ça, c'est vraiment quelque chose de très, très important. Moi, j'aimerais m'intéresser aussi à toi en tant que David, mais à titre personnel. Après le travail, quel hobby fait partie des plaisirs que tu apprécies en Nouvelle-Écosse ?
- Speaker #0
Je l'ai déjà parlé, j'ai déjà dit de la nature. Donc, c'est vraiment une des choses que j'aime et qu'on aime pratiquer en famille aussi. Donc, on va aller marcher à l'extérieur, faire des randonnées. L'été, on profite bien sûr d'aller faire un peu de camping en extérieur, toujours en tente. Et vraiment d'être à l'extérieur le plus possible, de profiter de la nature. Des plages, des sentiers, des côtes, des lacs.
- Speaker #1
C'est vrai que la Nouvelle-Écosse, ça nous offre vraiment cet avantage d'être toujours au plus près de la nature, avec un côté urbain aussi.
- Speaker #0
Tout à fait. On est assez proche de pas mal de choses. Et l'eau, je trouve que l'eau est assez importante ici. On est entouré d'océans atlantiques, mais il y a beaucoup de lacs aussi. Donc il y a vraiment une possibilité de bien s'amuser à l'extérieur.
- Speaker #1
Je disais à un de mes invités dans une session de phares et trajectoires que... Je trouve que le fait en été de terminer à 16h30 le travail et d'aller pouvoir faire du kayak ou du paddle au lac à 5 minutes de chez soi, c'est vraiment un avantage. On ne s'en rend pas compte jusqu'à ce qu'on le vive.
- Speaker #0
Absolument, vraiment. Ça permet un effet de déconnecter complètement, de se sentir en vacances.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
On est en vacances en fait à la maison.
- Speaker #1
Merci David pour ces réponses. Merci à toi. Je pense que c'est une bonne introduction. On va passer au prochain bloc de questions. J'aimerais m'intéresser à ton arrivée au Canada. Si tu devais résumer ton arrivée au Canada en une seule image ou une anecdote, à laquelle tu penserais ?
- Speaker #0
Mon arrivée au Canada, ça s'est fait déjà il y a un petit moment. Il faut savoir que ça va faire 13 ans que j'habite ici maintenant en Nouvelle-Écosse. Donc ça commence à dater un peu. Ce n'était pas la même... Les circonstances n'étaient pas les mêmes, la situation économique n'était pas la même, les situations géopolitiques n'étaient pas les mêmes non plus. Donc mon installation en Nouvelle-Écosse a été vraiment faite dans un objectif d'aventure. Quand je suis venu, c'était pour vivre ailleurs, pour travailler ailleurs et pour habiter dans un endroit que je ne connaissais pas forcément, dans un endroit où je voulais découvrir la culture. J'avais bien sûr, comme tout le monde, entendu parler du Canada, des espaces, des grands espaces, la nature. C'est ça qui m'avait peut-être attiré au pays. Après, Halifax, ça s'est fait un peu par hasard. Et j'en suis très content parce qu'au final, je me suis installé ici. On est très contents, c'est un très bon choix.
- Speaker #1
Je sais que tu es arrivé en tant que permis vacances-travail, PVT.
- Speaker #0
Alors j'étais, à l'époque, ça s'appelait... Alors le nom, c'était à travers le programme de mobilité internationale. C'était un permis jeune professionnel. Donc je venais de terminer mes études, je venais de terminer mon master en français langue seconde. Donc j'ai été instructeur de français langue seconde et j'ai commencé avec un permis de travail de 18 mois pour travailler ici à Halifax, à l'Alliance française d'Halifax.
- Speaker #1
Donc ta première expérience était à l'Alliance française à Halifax. C'est ça.
- Speaker #0
Et j'y étais déjà venu en fait, à la base. Avant de venir dans une optique d'immigration, j'étais venu dans une optique d'apprentissage de la langue. Donc ma toute première expérience, ma tout première expérience avec le Canada, c'était en 2004, quand je suis venu en tant qu'étudiant d'échange pour venir apprendre l'anglais. Ok, et tu es venu à Halifax ? Non, quand je suis venu en 2004, c'était un peu particulier. J'étais au Nunavut. J'ai habité pendant huit mois au Nunavut. J'avais 18 ans à l'époque, donc j'étais à l'école secondaire. En douzième année, l'objectif, c'est vraiment d'apprendre l'anglais. Donc j'étais en immersion totale, dans une famille d'accueil, pour apprendre l'anglais.
- Speaker #1
On comprend maintenant pourquoi ton anglais est aussi, je dirais, développé. Bravo, bravo, bravo.
- Speaker #0
C'est toujours quelque chose qui se travaille. Je pense que, bon, peut-être on va en parler un peu plus tard aussi de la langue, mais c'est C'est vraiment quelque chose qui est en constante évolution et qu'il faut toujours s'améliorer, travailler, pratiquer.
- Speaker #1
Mais vraiment en avant ça, parce que beaucoup de nouveaux arrivants ou beaucoup de personnes qu'on rencontre à l'international dans le cadre de Destination Canada, par exemple, ne sont pas conscients comme ils le devraient du fait que le bilinguisme, c'est vraiment la compétence qui va être recherchée par les employeurs. Je veux mettre en avant ça parce que tu es vraiment un exemple de quelqu'un qui s'est donné les moyens, qui a investi sur lui-même et qui a réussi. Donc bravo.
- Speaker #0
Merci. Comme tu le dis, la province est majoritairement anglophone. Donc la connaissance de l'anglais est un atout majeur, voire primordial, pour entrer sur le marché du travail.
- Speaker #1
Si on veut avoir accès à des opportunités comme on le souhaite.
- Speaker #0
Tout à fait. Le fait de parler français, le fait d'avoir ce bilinguisme ouvre plus de portes, certes. Mais la maîtrise de l'anglais reste quand même essentielle.
- Speaker #1
Mais ce n'est pas la maîtrise de l'une ou l'autre. C'est vraiment, si on veut performer, c'est vraiment les deux en tant que nouvel arrivant qui vient d'un contexte francophone. Ne pensons pas que maîtriser uniquement le français va suffire.
- Speaker #0
C'est ça. Il faut partir sur une optique de j'ai besoin des deux langues. Et ça va vous faciliter et nous faciliter. Ça va faciliter la vie à tout le monde d'avoir les deux langues.
- Speaker #1
Quel a été le jour le plus difficile de ton parcours d'installation ? Et qu'est-ce qui t'a aidé à... traversé cette difficulté ?
- Speaker #0
Je dois avouer aussi que je n'ai pas eu un parcours qui soit difficile. J'ai eu beaucoup de chance. J'ai eu la chance d'avoir eu certains privilèges et de pouvoir ne pas avoir eu autant d'embûches que certains nouveaux arrivants auxquels ils pourraient se confronter. Donc j'ai quand même eu pas mal de chance à ce niveau-là. Et une des choses qui a été, je pense, difficile, mais en même temps, je relativise aussi, c'était peut-être les délais de traitement de la résidence permanente au niveau fédéral. Parce que ma résidence, à l'époque, c'était encore en version papier, quand j'ai fait les demandes, et que ça a duré deux ans. Mais au final, oui, d'un côté, ça peut être perçu comme une difficulté, mais de l'autre côté... On avait un permis de travail valide en même temps, donc on pouvait travailler de toute façon. J'étais en train d'acquérir l'expérience canadienne et on construit ton réseau, tu parles avec des gens, tu travailles, tu vois avec les gens de la communauté. Au final, c'est un mal pour un bien parce qu'on est ici de toute façon et on crée les contacts pour le futur.
- Speaker #1
Ça me rappelle le fait qu'une partie des personnes qu'on rencontre en permis de travail nous expriment ce stress. lié à la fin du permis de travail et au fait qu'on doit trouver une solution pour le renouveler ou pour lancer une procédure de résidence permanente. Donc c'est vrai que c'est une période qui est très anxiogène, qui est très stressante. Je comprends tout à fait.
- Speaker #0
C'est sûr que c'est sujet au stress parce que, bien sûr, quand on a les papiers qui arrivent à expiration bientôt ou que c'est difficile de voir un peu la suite, Mais il faut savoir que la meilleure chose à faire, ça reste quand même d'aller chercher l'information et d'aller chercher l'information à la source. Absolument. Les francophones ont aussi beaucoup d'avantages à venir au Canada. Donc, c'est vraiment aller sur le site web d'IRCC, regarder un peu.
- Speaker #1
L'information est sur le site web, absolument.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Donc, tu es arrivé dans ton rôle actuel. Tu vas nous parler de ton métier actuellement. Après un parcours centré sur la formation. Qu'est-ce qui t'a orienté vers l'immigration francophone ? Qu'est-ce qui t'a fait sauter le pas ?
- Speaker #0
C'est un bon lien pour ce que je veux dire. Le Canada, c'est une terre d'opportunités. Et c'est là que je veux en venir. De là d'où je viens, généralement, il y a une certaine compréhension que tu étudies dans un domaine et que tu vas travailler dans ce domaine. Si on veut changer de domaine professionnel, il faut refaire des formations, repartir aux études pour pouvoir se réorienter professionnellement. Ce que j'apprécie vraiment énormément au Canada, et en Nouvelle-Écosse particulièrement, c'est qu'on voit les compétences transversales, on voit les compétences professionnelles, et le marché du travail, les employeurs aussi voient l'adaptabilité. Donc c'est aussi une question qu'on peut se poser en tant que travailleur, en tant que nouvel arrivant aussi, c'est quelles sont les compétences que j'apporte, et comment est-ce que je peux mettre à profit ce que j'ai apporté, comment je peux...
- Speaker #1
Quelles sont les compétences transférables ?
- Speaker #0
C'est ça. Comment est-ce que je peux transférer les compétences ? Quelles sont les compétences transférables ? Comment est-ce que je peux transposer ce que je sais d'une façon à une autre ? Et ce qui fait que j'ai... En fait, c'est vraiment... Je suivais, comme beaucoup de personnes, je suivais les sites de recherche d'emploi. Et je voyais les annonces passer. Et puis j'ai vu une annonce qui est passée pour un travail, justement, à l'Office de l'immigration de La Nouvelle Écosse à l'époque. Pour un agent de liaison bilingue, j'ai toujours essayé de faire des postes bilingues où la maîtrise des deux langues officielles était nécessaire. Et j'ai eu la chance de pouvoir commencer comme ça. Et c'est dans ce travail d'immigration qui est venu, par le biais de mon bilinguisme, l'implication dans l'immigration francophone.
- Speaker #1
Donc grâce à cette compétence qu'est le bilinguisme, tu as eu accès à... à ce travail-là, et puis tu es resté là-dedans, puisque tu as évolué. Là, aujourd'hui, tu occupes quel poste ?
- Speaker #0
Alors aujourd'hui, je viens de changer, en fait, la semaine dernière, donc c'est tout récent, c'est tout prêt. Là, maintenant, je suis gestionnaire de priorité stratégique à l'Office des affaires acadiennes et de la francophonie de la Nouvelle-Écosse. Mais avant, ça faisait trois ans que je travaillais, presque trois ans que je travaillais comme spécialiste principal de la mobilisation au ministère des Travails et Compétences et de l'Immigration en Nouvelle-Écosse, notamment en immigration francophone. Une autre chose qui fait que je me suis lancé, que j'ai un peu continué ce travail en immigration francophone, c'est qu'on fait partie de la communauté. Donc je suis francophone et je fais partie de la communauté justement acadienne et francophone de la Nouvelle-Écosse. Et c'est ça qui me pousse et qui m'a incité à me dire, OK, de là où je suis maintenant, comment est-ce que je peux soutenir la communauté dans laquelle je vis ?
- Speaker #1
Comment tu peux contribuer de manière effective ?
- Speaker #0
C'est ça. Comment est-ce que je peux justement utiliser mes compétences pour mettre à profit les compétences que j'ai pour soutenir le développement et l'essor de la communauté de la Nouvelle-Écosse ?
- Speaker #1
Je t'entends parler, c'est vraiment l'histoire de nous tous. C'est que quand on arrive, on essaye vraiment de se dire comment est-ce que nos compétences, notre vécu, peuvent être mis à profit pour l'intérêt finalement de la communauté. Et puis, en toute modestie, si on peut rentrer dans le parcours d'un nouvel arrivant et lui donner peut-être une information à un tenté qui va lui permettre. d'aborder une situation, de prendre une décision éclairée, je pense qu'on dormira plus tranquille.
- Speaker #0
Et c'est aussi, je pense que c'est important de mentionner, c'est que tout prend du temps. Ce n'est pas quelque chose qui se fait, qui se décide même avant l'arrivée au Canada, c'est quelque chose qui prend du temps à bâtir, ça prend un réseau à construire, ça prend aussi de l'implication personnelle, ça prend du temps d'aller connecter avec les gens. Ça ne se fait pas du jour au lendemain en fait.
- Speaker #1
Une fois qu'on a connecté avec ces gens-là, je pense qu'il y a vraiment un tournant qui est pris. Moi-même, je l'ai vécu. Quand les gens ne vous connaissent pas, c'est difficile d'approcher les personnes. Mais une fois que vous avez justement pris le temps de connecter, je pense qu'il y a des portes qui vont s'ouvrir. Meilleur investissement, effectivement, c'est sur le réseautage, sur soi-même.
- Speaker #0
Tout à fait, absolument.
- Speaker #1
En 30 secondes, comment tu expliquerais ton rôle à une personne de la communauté ? Même si je sais qu'aujourd'hui, on te reçoit à titre... personnel David ?
- Speaker #0
Oui c'est vrai qu'aujourd'hui je parle à titre personnel mais généralement si je vais expliquer mon rôle c'est vraiment un rôle de liaison, un rôle d'essayer de voir, d'avoir une vue un peu d'ensemble pour essayer de faire en sorte que les bonnes personnes puissent se connecter au bon moment pour mettre en place les projets et qu'on s'associe vers un but commun. Qui apporte quoi, à quel moment ?
- Speaker #1
C'est comme ça, c'est quand on met la main dans la main. À quel moment tu es passé de la phase « je m'installe » à la phase « je contribue » ?
- Speaker #0
Je crois que cette transition s'est faite vraiment quand j'ai commencé à travailler pour le gouvernement provincial de Nouvelle-Écosse, où je suis passé dans un endroit où j'avais beaucoup plus accès à la communauté, j'étais beaucoup plus présent dans la communauté, j'ai rencontré beaucoup plus d'acteurs de la communauté et c'est là où je me suis rendu compte du rôle que je pouvais avoir et comment est-ce que je pouvais utiliser. ce rôle pour le bien et le développement de la communauté acadienne et francophone.
- Speaker #1
Dans ce sens-là, quel message, toi, tu porterais aux communautés, notamment aux communautés acadiennes rurales, dans un sens où on sait tous qu'on est en train de faire la promotion de tous les jours, que ces communautés-là sont un lieu accueillant pour les nouveaux arrivants francophones ?
- Speaker #0
On parle beaucoup des zones rurales. On parle beaucoup, surtout, des régions traditionnellement acadiennes. En Nouvelle-Écosse, on se trouve situé en zone rurale ici. je crois que j'en ai déjà un peu parlé quand je parle d'ouverture d'esprit et je pense que ça c'est un peu un point clé de garder, de rester ouvert de ne pas juger de vraiment faire le premier pas parce que c'est souvent très compliqué l'information je trouve que c'est quelque chose qui a le mérite d'être plus développé et de pouvoir à la fois chercher l'information, mais aussi recevoir de l'information, et en faisant bien sûr attention aux sources de l'information qu'on reçoit.
- Speaker #1
C'est ne pas faire appel à des intermédiaires alors qu'on peut aller chercher l'information à la source ?
- Speaker #0
Par exemple, mais aussi quand on parle de communauté rurale, quand on parle de la communauté en tant que la zone dans laquelle on vit, on est très souvent pris dans sa routine. On est très souvent pris du « le matin je me lève, je dépose les enfants à l'école, Je vais au travail, je reviens. Entre temps, ça part aussi avec la planification de tout ce qu'il y a avec la vie, les activités, les repas, etc. Mais c'est là où on peut se poser la question, comment est-ce que je peux faire pour que quelqu'un puisse se sentir à l'aise ici ? Ça peut être un geste très simple. Au Canada, on parle beaucoup de bénévolat. Peut-être que ça peut être juste une activité de bénévolat. Sachant que le bénévolat, c'est aussi considéré comme du développement professionnel. C'est des compétences qu'on peut acquérir, qui sont après transférables au niveau professionnel. Ça passe dans la bienvenue de l'autre aussi. Si on prend l'exemple de l'Université Sainte-Anne, avec le campus à la pointe de l'église à Anclard, il y a beaucoup d'étudiants internationaux qui font leurs études là-bas. Est-ce que c'est intéressant de voir comment la communauté réagit ? Il y a des fêtes multiculturelles qui sont organisées. Je pense que c'est bien d'aller voir ce qui se passe ailleurs avant de revenir chez soi aussi. Comment est-ce qu'on peut intégrer certains éléments ? d'une culture, d'une autre culture, dans la nôtre, dans la sienne.
- Speaker #1
Est-ce que tu penses que participer aux activités fait partie de cet élan d'ouverture ? Les activités de la communauté ?
- Speaker #0
Ça y contribue. De toute façon, je pense que ça y contribue. C'est sûr que tout le monde ne peut pas participer à toutes les activités. Ça se comprend, on est tous occupés dans nos vies. Je pense que c'est intéressant d'aller participer à certaines activités, au moins de sélectionner celles qui pourraient t'intéresser.
- Speaker #1
Parce que moi, je discute beaucoup avec les nouveaux arrivants, nos clients. J'ai beaucoup cette réflexion qui revient. Si j'avais su, je serais venue. On ne prend pas le temps, je trouve, assez. Puis je sais qu'on est tous occupés. Je sais que, comme tu dis, on a tout un tas de choses à planifier. La vie devient de plus en plus... Ces tâches de planification sont chronophages. Mais si on ne prend pas le temps d'aller rencontrer la communauté, je pense qu'on rate, on manque vraiment quelque chose d'important.
- Speaker #0
Bien sûr, il y a des événements récurrents aussi qui se passent. On voit la fête du 15 août, c'est quelque chose qui revient chaque année au 15 août. Pour les nouveaux arrivants, il existe déjà des calendriers communautaires ou des calendriers d'événements communautaires qui sont, je pense, assez faciles d'accès. Et comme tu as dit, il y a aussi... les fournisseurs de services d'établissement donnent aussi ces informations pour pouvoir se connecter ou être connecté avec la communauté. Mais j'aimerais regarder aussi à l'opposé, regarder de l'autre côté, prendre le point de vue de la communauté vers les nouveaux arrivants. C'est aussi ça, de prendre le temps de faire des choses, d'aller rencontrer des personnes. Ça peut être lors des événements. Si on se concentre sur les employeurs, on peut dire aller à des événements de sensibilisation, des événements d'information, ne serait-ce que... pour découvrir les programmes, découvrir les bassins de talent, etc.
- Speaker #1
Puis aller à la rencontre des personnes qui vont venir présenter ces programmes-là, parler avec eux, poser des questions, se présenter, parce que si on manque ces opportunités-là, ça va être plus compliqué d'aller les rejoindre, alors que là, ils viennent vers vous, ils viennent dans la communauté, c'est vraiment une opportunité.
- Speaker #0
C'est ça, surtout dans le contexte actuel où les choses changent assez rapidement. Donc c'est important d'aller rencontrer les acteurs pour être tenu au courant et être au courant des informations les plus à jour.
- Speaker #1
Justement, on parle des employeurs, on va aller plus en détail dans ce côté-là. Pour toi, en tant qu'immigrant, si un employeur dans un contexte rural veut recruter, veut embaucher un talent francophone, quelles seraient les trois étapes qui changent tout entre une bonne intention et... pour passer d'une bonne intention pour arriver à une intégration vraiment réussie ?
- Speaker #0
Alors je suis là, je vais répondre vraiment à titre personnel. Je pense que tout est important, toutes les étapes sont importantes. C'est pas l'objectif pour embaucher quelqu'un qui vient de l'étranger, ça doit être quelque chose de réfléchi. On va pas forcément se donner un objectif de remplir un poste, de combler un poste et c'est tout. Je pense que là, on est dans un contexte où la connexion communautaire, la contribution de l'employeur à l'établissement fait une grosse différence dans la rétention aussi.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
Et de vraiment s'informer en avant et de partir avec l'idée, en tant qu'employeur, de partir avec l'idée que ce ne sera pas forcément quelque chose de facile. Mais après, j'ai envie de poser la question aussi, quelle décision entrepreneuriale est facile ? Parce qu'il y a vraiment... peu de décisions qui sont faciles. Donc, de le prendre comme une décision de business, avec tous les angles que ça implique, pour avoir le plus d'informations possibles, de voir si on a besoin de soutien, qui peut offrir de soutien. Comme tu l'as mentionné, il y a certains services qui sont gratuits, qui sont disponibles, d'autres qui sont payants. Donc on peut avoir aussi où se trouvent les besoins ou qu'est-ce que je suis prêt à faire en tant qu'employeur pour combler mon poste et pour obtenir le soutien nécessaire. Et c'est vraiment un parcours qui accompagne. Il faut le voir pas comme juste je poste une offre en ligne, je reçois des candidatures, je fais l'entrevue, j'embauche et c'est fini. Non, il y a aussi plusieurs étapes. qu'il faut faire, sachant qu'en immigration et en immigration francophone, quoi qu'il arrive, c'est toujours basé sur il faut d'abord que l'employeur ait cherché de façon locale, donc épuiser le bassin local de talent avant de pouvoir aller chercher à l'extérieur. Et si effectivement, c'est une personne il n'y a pas de... On ne peut pas recruter localement, alors à ce moment-là, se tourner vers le côté de l'immigration ou de l'immigration francophone.
- Speaker #1
C'est pour ça que, par exemple, au Conseil de développement économique de la Nouvelle-Écosse, on offre trois paliers de soutien, que ce soit à un niveau vraiment local, donc en Nouvelle-Écosse, puis on offre aussi aux employeurs qui veulent recruter des options au niveau national, donc pour aller chercher dans le bassin canadien, dans d'autres provinces, au Québec. Pour les gens qui sont intéressés, on offre aussi un soutien et un accompagnement gratuit, merci de le préciser, pour les gens qui souhaitent recruter à l'international. Et je voudrais rebondir sur ce que tu as dit, recruter à l'international, ce n'est pas comme recruter localement, dans le sens où il y a beaucoup d'accompagnement, il y a vraiment un engagement et une implication de l'employeur dans ce processus-là. Les employeurs ont parfois peur... de ne pas pouvoir retenir, mais d'un autre côté, ils ne sont pas conscients de ce qu'ils pourraient faire comme action simple pour favoriser la rétention. Tu en penses quoi ?
- Speaker #0
La rétention, c'est primordial. C'est quelque chose qui est sur toutes les bouches en ce moment. On parle beaucoup de rétention, à la fois rétention dans les communautés, dans les zones rurales, dans les villes aussi, et rétention aussi avec les employeurs. Et rétention, ce n'est pas uniquement par rapport à la rétention des employés issus de l'immigration, c'est la rétention en général. Globalement. globale de toute l'entreprise. Les employeurs peuvent se poser des questions. Est-ce que j'ai un plan de rétention en place ? Est-ce que j'ai une stratégie de rétention par rapport à tous mes employés ? Qu'est-ce qui a été mis en place pour que tous mes employés restent avec moi ? Est-ce qu'il y a une norme qui existe ? Est-ce que la vision de l'emploi est une vision pour toute la vie ou pas ? On sait que, en tout cas de l'époque de mes parents, c'était plus on entrait dans une entreprise puis on faisait sa carrière entière ici alors que maintenant on est plus dans la mobilité professionnelle un peu de voir aussi quelles sont les personnes qu'on va recruter quels sont les talents dont j'ai besoin et ce qui est vraiment important c'est la formation continue des employés on peut très bien embaucher quelqu'un à un poste XYZ et ensuite découvrir que cette personne a des compétences et que cette personne a de l'expérience et qui permettrait justement de... d'amener l'entreprise vers un autre niveau.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
J'ai parlé déjà des opportunités au Canada. Je pense que c'est vraiment important de continuer dans cette vision-là, de voir comment est-ce que je peux donner, quels outils je peux donner aux employés pour qu'ils puissent se former et aller voir autre chose.
- Speaker #1
Et performer.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
La majorité de notre tissu économique en Nouvelle-Écosse, c'est des petites et moyennes entreprises. Donc, peu de ressources. en grande majorité, mais aussi un schéma des fois d'entreprise familiale. Dans ce contexte, des plans de recrutement, des plans de rétention sont des choses qui sont un peu, pas abstraites, mais un peu lointaines dans les esprits des entrepreneurs. Néanmoins, il y a des choses simples, comme par exemple agir sur l'information. Agir sur l'installation de ces nouveaux employés, le guider, pas prendre en charge financièrement son installation, mais le guider avec de l'information, avec le connecter avec la communauté. Ça, c'est des choses simples que l'employeur peut faire et qui vont être bénéfiques pour lui.
- Speaker #0
Et surtout qu'en tant qu'employeur, généralement, même petite moyenne entreprise, même entreprise familiale, souvent sont des personnes déjà implantées dans la communauté ou qui font déjà partie de la communauté ou qui sont issues de cette communauté. qui ont déjà les connexions qui ont pris du temps. Donc on revient à cette idée aussi, ça prend du temps de bâtir un réseau. Et c'est vraiment, oui, de mettre à profit tout ce qu'on connaît, toutes les informations qu'on a pour... à favoriser la rétention. Ça peut être des choses très simples. Ça peut être des choses très simples. Je ne sais pas si tu savais, mais ce restaurant, tous les mardis, il y a un dîner spécial qui ne coûte pas très cher, qui est très bon. Ça passe aussi par mes enfants vont à l'école à tel endroit. Le bus, c'est ça la route du bus. Là, c'est un arrêt de bus pour que les enfants puissent y monter.
- Speaker #1
Ou il y a un camp d'été à tel endroit si tu veux mettre tes enfants pendant la période. Oui, je suis tout à fait d'accord.
- Speaker #0
Les petites astuces du quotidien aussi, de voir... Ne serait-ce que, je pense, la circulation, il n'y en a pas énormément quand même, mais on sait que parfois partir à cinq minutes, ça peut faire une différence.
- Speaker #1
Mais c'est vrai qu'il y en a plus qu'il y a quelques années déjà. C'est la preuve que Halifax se développe vite.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
C'est bien. Donc ça, ça ferait partie, David, de la mini-checklist qu'on pourrait donner aux employeurs qui souhaitent recruter à l'international pour justement veiller à ce que les gens qui sont embauchés... se sentent bien et se sentent accueillis et qui désirent rester dans les communautés et chez l'employeur. Tu l'as dit, la rétention, ce n'est pas que dans la communauté.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Et vraiment, ce qui est vraiment important, je pense que le point numéro un de la checklist, c'est vraiment de considérer ceci comme une décision de business. Et bien sûr, en tant qu'entrepreneur, quand on prend ce type de décision, on essaie de regarder à toutes les options possibles avant de pouvoir se diriger vers une option A, B ou C. Même chose, c'est s'informer pour vraiment voir quels sont les soutiens gratuits ou payants qui existent pour pouvoir nous aider, les aider à prendre les bonnes décisions.
- Speaker #1
Dans cela aussi, tu parlais de bien inconscient au début de la conversation. Il y en a. Et puis, je pense que, par exemple, les organismes d'établissement qui sont mandatés pour accompagner les employeurs en recrutement. sont des bonnes portes auxquelles il faut aller toquer pour démystifier des idées préconçues, des biais inconscients, même si on n'est pas conscient d'avoir ces biais.
- Speaker #0
On peut aller toquer, mais aussi ces organismes viennent vers les employeurs directement. C'est vraiment garder les yeux et les oreilles ouverts.
- Speaker #1
Ouverture d'esprit, oui. Tu parlais d'Halifax tout à l'heure. Entre Halifax et un petit village acadien, Ce n'est pas le même contexte. Est-ce que tu adapterais l'accueil par rapport aux deux contextes ? L'accueil pour toi, ce qui serait différent ?
- Speaker #0
L'accueil, je pense que ce serait différent. Il y a des similitudes. Quoi qu'il arrive, il y a des choses qui seront les mêmes. Il y aurait quelques différences, mais je pense que ça, ça se décide avant même de venir. Donc l'intention de venir s'installer au Canada en Nouvelle-Écosse. Il faut se poser aussi en tant que nouvel arrivant les bonnes questions de où est-ce que je veux aller, qu'est-ce que je recherche. Moi j'ai parlé de pour mon installation, je cherchais la nature, l'accès à la nature. Et je me sens très bien là où je suis maintenant, proche d'une ville quand même assez grande, mais avec un accès facile à la nature. Mais si quelqu'un cherche la tranquillité et avoir beaucoup d'espace et avoir très peu de circulation ou très peu de... comment je pourrais dire, d'urbanisme, il y a ça qui est possible aussi. Donc c'est vraiment chercher ce qu'on veut et partir dans cette optique-là. C'est sûr, si on part avec l'optique de s'installer au Canada avec l'idée d'une grande ville et qu'on se retrouve dans une zone rurale, malheureusement, ça augmente les chances d'être déçu et de partir, justement. Donc, bien s'informer, de bien avoir en tête son idée pour ensuite trouver les clés pour le réaliser.
- Speaker #1
Puis clarifier les attentes aussi. On rencontre pas mal de gens qui nous disent que ce n'est pas grave, je suis prêt à aller. S'il y a un emploi dans une zone rurale, je suis prêt à y aller. Je me pose souvent la question, et je leur pose la question, de se dire, est-ce que vous êtes conscient ? Qu'est-ce qu'une communauté rurale ? Par exemple, tu mentionnais le transport. Il faut prévoir un transport à soi parce que le transport en commun va être moins accessible que dans une zone urbaine. adapter son mode de vie parce que les grands magasins ne vont pas être à 5 minutes de chez soi. Ça ne veut pas dire qu'il n'y en a pas, mais ça veut dire que ça prend une organisation de la planification, on en parlait plus tôt, pour vivre dans ces communautés. Ça a son charme, on s'entend, mais il faut que les gens qui arrivent sachent bien à quoi s'attendre.
- Speaker #0
Oui, c'est vraiment ça, c'est le doigt, t'as mis le doigt dessus avec... Il faut se poser la question de son projet de vie, voir où est-ce que ça peut être réalisable avec les défis que ça apporte, mais aussi avec les opportunités que ça apporte.
- Speaker #1
Et quelles sont nos attentes ?
- Speaker #0
Oui, quelles sont les attentes et comment est-ce qu'on va s'installer ? Généralement, quand on vient, on vient en tant que famille aussi. Donc, il faut aussi se poser la question aussi, comment ça fonctionne ? Absolument. Que nos conjoints et conjointes et les enfants, quelles sont les opportunités ?
- Speaker #1
Là, tu viens un peu de répondre à ma prochaine question, mais je voulais te poser la question. Pour toi, quels sont les indicateurs de succès ? Tu parlais de la famille, pour moi, c'en est un.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y en a d'autres ?
- Speaker #0
Je pense que les indicateurs de succès, certains sont personnels et d'autres sont plus professionnels. Donc, au niveau professionnel, je pense que c'est assez clair de voir le succès si on est heureux dans son travail. qu'on apprécie et qu'on a des opportunités de mobilité professionnelle, de monter dans l'entreprise ou d'avoir un job similaire. Mais aussi avec les enfants, de voir l'intégration dans la communauté. Est-ce que le sport, c'est quelque chose d'important ici aussi, je trouve ? Comment ça fonctionne avec les inscriptions par rapport aux activités sportives ? L'accueil dans la communauté aussi ? C'était une des questions que tu avais avant. À quel moment est-ce qu'on passe de j'arrive jusqu'à je contribue ? Peut-être que ce déclic-là a fait que si je commence à contribuer, ça veut dire que je me sens quand même bien dans la communauté et que je peux contribuer à son développement.
- Speaker #1
Moi, je me rappelle qu'une des choses qui m'a rendu le plus impliquée, c'est quand justement les gens faisaient appel à moi de plus en plus. Et ça, ça me mettait implicitement sur le dos une responsabilité de me dire... On a besoin de moi, je ne peux pas dire non à cet appel. Donc je m'impliquais de plus en plus.
- Speaker #0
Ça touche vraiment au bilinguisme canadien et néo-écossais. Et ça touche à la fois à des compétences fédérales et des compétences provinciales. C'est un peu de jargon que j'utilise, mais vraiment, c'est la réalité. Oui, le Canada est un pays qui a deux langues officielles, mais le Canada est séparé en provinces et territoires. Donc chaque province et chaque territoire a des responsabilités. bien définie. Et la Nouvelle-Écosse est une province qui n'est pas bilingue. Donc c'est une province majoritairement unilingue anglophone.
- Speaker #1
Combien d'anglophones selon les dernières statistiques ?
- Speaker #0
Moi je vais prendre le côté inverse, on va parler des francophones plutôt, mais il y a à peu près 10% de la population qui peut parler le français. Et un peu plus de 3% ont le français comme langue maternelle. Donc ça donne un peu une idée de ça. Donc la majorité de la langue de travail, ça sera en anglais. Vraiment une grosse majorité, c'est la langue de travail en anglais. Après, on peut voir le contexte change. Le contexte fait que ça peut développer une ouverture soit vers d'autres provinces, vers le Québec ou le Nouveau-Brunswick qui sont nos voisins, ou plus vers les pays francophones. Mais le côté bilinguisme, c'est intéressant parce que c'est à la fois un droit reconnu par la charte canadienne des droits et des libertés. Notamment à l'éducation en français. Donc nos enfants bénéficient d'un système scolaire francophone avec une éducation en français langue première. Et l'anglais reste quand même une langue de travail. D'où l'intérêt, on en avait déjà parlé, de la connaissance et de l'utilisation de l'anglais pour s'intégrer professionnellement et pour faciliter l'arrivée et l'installation. Mais aussi de la promotion du français et du bilinguisme. pour continuer à faire rayonner les cultures francophones et la langue française.
- Speaker #1
Donc on en aura parlé plusieurs fois, puis ça va être notre mot de la fin quand on va clôturer, mais vraiment c'est le bilinguisme qui va vous ouvrir des opportunités, c'est pas juste penser que francophone ou que anglophone. On va revenir à l'intégration des nouveaux arrivants. Quand toi tu accompagnes à titre personnel une personne... qui arrivent, nouvellement arrivés en Nouvelle-Écosse. Quels sont pour toi les trois piliers hors travail, hors vie professionnelle, que tu regardes en premier ?
- Speaker #0
L'information par rapport aux services d'établissement qui sont disponibles, c'est la chose numéro un. Je pense de connecter avec les personnes dont c'est le travail, d'accompagner les nouveaux arrivants et nouvelles arrivantes.
- Speaker #1
Donc ne pas se substituer à ces personnes-là ?
- Speaker #0
En tout cas, complémenter. Parce que... Ils ont accès à un réseau qui est peut-être plus développé que d'autres. Donc, l'utilisation de ces services aussi montre qu'on a besoin de ces services. Donc, c'est pour ça que c'est important de les utiliser. Après, souvent, quand je parle avec des gens qui sont nouvellement arrivés, très souvent, on tourne, personnellement en tout cas, on tourne très rapidement au niveau culturel. Donc, où est le meilleur restaurant ? Où se trouve la meilleure... boulangerie quelle route est-ce qu'on fait moi je fais pas mal de vélo aussi donc c'est aussi voir à quelle route est-ce que tu prends un vélo pour aller jusqu'à l'école
- Speaker #1
L'école aussi est un élément important. Oui,
- Speaker #0
l'école est un élément important. L'école et les garderies, parce qu'on parle beaucoup d'école, mais là aussi, il y a beaucoup d'enfants en bas âge, des enfants d'âge préscolaire qui peuvent aller en garderie. Donc ça aussi, ce sont des discussions. Mais ce que je retiens de pas mal de conversations que j'ai, c'est que c'est surtout de donner de l'information et de donner des contacts d'autres personnes qui ont peut-être des accès plus faciles ou des compétences ou des réseaux plus développés.
- Speaker #1
Si je devais partager, moi, une expérience personnelle, je dirais que la bibliothèque a été un lieu important dans mon intégration, parce que ça m'a permis d'avoir accès à la communauté, puis justement d'avoir un lien intergénérationnel avec des aînés. Ça, j'ai beaucoup apprécié au début de mon arrivée, et ça m'a permis d'avoir des informations, parce que c'est des personnes qui sont justement intégrées dans la communauté, qui ont une connaissance, qui ont une expertise. Ça m'a vraiment aidé pour comprendre l'écosystème, comprendre les règles du jeu.
- Speaker #0
Vraiment, un autre aspect aussi que je découvre récemment, mes enfants vont à l'école maintenant, donc ils sont en âge d'aller à l'école, ils sont encore jeunes, mais la connexion avec les autres parents. C'est quelque chose que je n'avais pas pensé avant d'être parent. Ça facilite l'intégration, ça facilite la connexion avec des gens d'ici. Et le lien à tout ça, c'est la langue française. Le lien, c'est les enfants qui vont à l'école franco-française. Quelque chose à ne pas oublier. D'aller rencontrer ses voisins, d'aller leur parler, de montrer un certain esprit d'ouverture à la communauté. Là où j'habite, par exemple, l'école fait... L'école juste à côté fait des foires, une ou deux fois l'année. Donc une foire d'automne, une foire de printemps, ce qui permet à beaucoup de gens d'aller se rencontrer. Les centres communautaires locaux... aussi, des activités qui permettent d'aller rencontrer des gens de la communauté.
- Speaker #1
Activités sportives et activités culturelles ?
- Speaker #0
Activités sportives, culturelles, ça peut être aussi des événements où ça met en valeur les membres de la communauté par rapport à, je ne sais pas, si quelqu'un fait du tricot, si quelqu'un fait de la poterie, si quelqu'un fait du dessin.
- Speaker #1
Si tu avais carte blanche, David, pendant 12 mois, quel projet tu lancerais pour amplifier l'accueil et la rétention des nouveaux arrivants francophones ?
- Speaker #0
En partenariat, on a compris. Oui, déjà, c'est la collaboration et le partenariat avec les gens. Et moi, ce que j'aime bien faire, j'aime bien prendre un peu une vue d'ensemble, un peu essayer de regarder, de se sortir la tête de l'eau, pour essayer de regarder. Et on parle de continuum de l'immigration. On parle de, il y a le moment où quelqu'un décide de partir pour s'installer au Canada. Au même moment, peut-être un employeur décide qu'on a besoin de recruter. une personne avec des compétences bien spécifiques pour un travail bien spécifique. Et on voit un peu un parcours en alterné, comme ça, pour de la recherche, de l'information, à postuler ou soumettre une offre d'emploi, à passer des entrevues, à venir déposer une demande de permis de travail, à venir s'installer en Nouvelle-Écosse, à inscrire les enfants. Il y a beaucoup, beaucoup d'étapes qui passent par là. et je pense que Ce n'est pas forcément compris, ce continuum de l'immigration. Si j'avais carte blanche, je pense personnellement, en tout cas, que j'aimerais bien réunir beaucoup de gens de tout ce continuum et des gens extérieurs à ce continuum, montrer qu'on a tous une influence dessus aussi, de voir un peu quel est notre rôle à jouer, comment est-ce qu'on peut travailler ensemble pour favoriser l'établissement réussi, et surtout en zone rurale. Je pense que c'est important d'aller chercher, de voir comment est-ce qu'on peut se serrer les coudes tous ensemble, faire un but commun.
- Speaker #1
Donc on l'aura compris, la rétention et ton KPI, ta mesure de rendement.
- Speaker #0
C'est assez facile de vendre un produit, mais c'est plus difficile quand les personnes ont le produit de voir comment ils l'utilisent. C'est un peu une métaphore, mais disons que c'est un peu similaire. Au niveau de ces... Quand on fait des missions de recrutement internationales, donc on a été tous les deux en mission, ce n'est pas simple, je ne vais pas non plus simplifier les choses non plus, mais on a quand même des beaux arguments. au niveau des paysages, au niveau de la culture, au niveau de la qualité de vie. Mais il faut qu'ensuite, les personnes, il faut que ça puisse s'intégrer à la vie des personnes qui choisissent ceci. Donc, comment est-ce qu'on peut ensemble travailler pour faire ça ?
- Speaker #1
Ce qui m'amène à ma dernière question pour toi, quelle serait ta vision de cette Nouvelle-Écosse dans dix ans ? Comment tu la vois ?
- Speaker #0
Moi, je vois une Nouvelle-Écosse inclusive. Tout le monde peut venir, où il y a des opportunités pour chacun. Sans oublier, bien sûr, d'où est-ce qu'on vient. Donc ça peut être à la fois les nouveaux arrivants qui arrivent ici, mais c'est aussi lié par rapport aux Premières Nations, aux Mi’kmaq, mais aux Acadiens, aux Gaeliques, à toutes les personnes qui participent au tissu multiculturel néo-écossais, de voir comment tous ensemble, est-ce qu'on peut créer cette nouvelle culture inclusive dans laquelle on vit tous.
- Speaker #1
C'est joliment dit. Donc si je devais retenir quelques points de notre conversation. Je retiens beaucoup le côté multiculturel. Tu inclues avec grande justesse les Premières Nations et toutes les autres cultures, les Acadiens, les cultures gaïliques, irlandaises aussi. Il y a beaucoup de germanophones qui ont immigré aussi en Nouvelle-Écosse. Il y a la culture africaine. Je viens de découvrir, moi, depuis pas très longtemps, que ça a eu un vrai impact sur la culture acadienne. Je noterais un deuxième mot qui nous a guidés tout au long de cette conversation, c'est vraiment la collaboration entre les organisations, entre les individus, mettre la main dans la main vers un but commun. Est-ce que tu as d'autres choses que j'aurais oublié quelque chose ?
- Speaker #0
Je pense les opportunités. On ne peut pas oublier que moi je suis ici en tout cas personnellement grâce aux opportunités qui ont été présentées et que j'ai saisies aussi. Donc, ça va des deux côtés. C'est aller chercher les opportunités, mais aussi saisir celles qui s'offrent à nous. Sachant que ce ne sera pas simple. C'est un parcours qui prend du temps. Il y a certaines barrières qu'il faut essayer de faire tomber. Mais le jeu en vaut la chandelle.
- Speaker #1
Merci, David. Je rappelle que tu travailles pour l'Office des Affaires Acadiennes et de la Francophonie depuis une semaine. Voilà, depuis peu. Et qu'on te reçoit aujourd'hui avec grand plaisir à titre personnel. Voilà, merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci encore, Amel. Merci David,
- Speaker #1
Phares et Trajectoires est produit par le CDÉNÉ avec un soutien de mmigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada. Si vous avez dans votre entourage un employeur, un immigrant, une personne nouvellement arrivante, n'hésitez pas à lui partager. Si vous avez une histoire intéressante à nous raconter, contactez-nous. A bientôt.