- Natalie Robichaud
C'est vraiment les artistes, pour moi, que je valorise tellement. Les artistes, ce ne sont pas des métiers qui payent des gros salaires, mais on a besoin d'eux pour nous divertir, pour nous réveiller, pour nous faire prendre conscience de nos affaires. La musique, c'est de bonne façon à envoyer des messages. Les artistes, pour moi, ce sont vraiment des personnes que j'admire, qui comprennent l'importance, puis c'est un besoin pour eux de le faire. C'est quand même un besoin essentiel de créer, et nous autres, on a besoin de ça. En tant qu'humain, on a besoin d'être d'artiste. C'est pour ça que j'aime beaucoup travailler avec les arts et la culture, parce que ça m'allume, ça allume mon chemin, ça me rend très consciente de plein d'affaires. Et nos communautés sont plus fortes grâce à ça.
Bonjour et bienvenue à Phare et trajectoire. Je suis Amel Swid, je suis gestionnaire du secteur immigration économique et de la CFA de Clare pour le Conseil de développement économique de la Nouvelle-Écosse.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Notre invitée d'aujourd'hui est une bâtisseuse de mémoire et de culture. Directrice générale de la Société Acadienne de Clare, elle œuvre depuis plus de sept ans à raviver les liens entre générations, à préserver ce qui mérite d'être transmis et à innover pour faire rayonner la culture acadienne. Elle est aussi la réalisatrice d'un premier documentaire produit par l'ONF, Très Carré, qui nous invite à une immersion intime dans l'univers sonore de son enfance. Aujourd'hui, partons ensemble à la découverte de son parcours et des phares qui ont guidé sa trajectoire.
Alors bonjour, bonjour Natalie. On est ravis de t'accueillir dans ce nouvel épisode de Phares et trajectoires. Comme je le disais plus tôt, on va essayer de jaser un petit peu. Puis moi, je suis une personne très, très curieuse. Donc si tu pouvais me dire un petit peu rapidement qui tu es, qu'est-ce qui fait la Nathalie Robichaud d'aujourd'hui ?
- Natalie Robichaud
Moi, je travaille comme directrice générale de l'Association acadienne de clare. Puis l'Association acadienne de clare, c'est comme la FAN. Donc, si on prend la FAN qui est une organisation provinciale, il y a des associations membres partout à travers la province. Puis l'Association acadienne, qui était autrefois la FAN, c'est juste depuis 2001 ou 2003 que les organismes régionales sont devenus indépendants. Avant ça, moi je me rappelle quand j'étais petite, c'était la FAN. de Clare. Donc, l'organisme existe depuis plus de 50 ans dans la région. Donc, il y a toute une historique là que je trouve intéressante dans mon travail. Je travaille avec des gens qui ont travaillé avec la FAN, tu sais, il y a 45 ans. Je travaille avec des jeunes aussi. Donc, c'est vraiment intergénérationnel comme organisme. Et notre mandat, c'est vraiment les langues officielles, donc la promotion du français. Le souci se manifeste de plein de différentes façons. On parle de politique, on parle des lois, on parle des services, mais il y a aussi tout un côté artistique et culturel, parce que la langue et la culture passent par les arts, le théâtre, la musique, par exemple. Donc, c'est vraiment très large ce qu'on fait à Sous-Sacré-Dame. Et moi-même, comme Nathalie Robichaud individuelle, je suis une personne très créative. Donc, je crois que je suis bien placée pour faire ce genre de travail. Parce que ça me permet de manifester mes propres envies, de faire mes propres projets, l'entraînement sur des projets de films, par exemple. Donc, tout ça pour dire que ma vie personnelle est vraiment beaucoup mélangée avec ma vie professionnelle. Puis, tu sais, il faut faire attention, pas qu'on travaille trop là, parce que des fois, je fais des affaires, puis je me dis, est-ce que c'est le travail, est-ce que c'est le plaisir, le plaisir ? C'est ça, c'est ça. Donc, tout ce que je fais vraiment s'enligne dans mon travail, mais c'est beaucoup des choses qui me passionnent, comme le film, la danse. La musique, les projets culturels, faire du développement culturel avec des jeunes, c'est quelque chose que j'aime faire aussi, que je peux faire à travers mon travail.
- Amel Souid, CDÉNÉ
C'est très intéressant ce que tu dis. Puis moi, mes autres questions, tu me donnes l'opportunité, le pont rêvé. J'ai vu que tu avais fait une maîtrise à l'Université Sainte-Anne. Donc tu parles de la limite un petit peu entre ce que tu aimes faire à titre personnel et puis ton activité professionnelle. Je me demandais comment cette maîtrise t'avait aidée et à quel niveau elle t'avait aidée dans ton travail.
- Natalie Robichaud
C'est une très bonne question, Mel, parce que c'est pour ça que je l'ai faite, en fait. C'est pour mieux m'outiller dans mon travail. Ce développement culturel et du développement communautaire, ce n'est pas vraiment quelque chose qui a... Il n'y a pas vraiment de formation.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Absolument. Et c'est parfois très, très dur de se former sur ça.
- Natalie Robichaud
C'est ça. Ce n'est pas réglementé.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Ça demande beaucoup, beaucoup de connaissances.
- Natalie Robichaud
C'est ça. C'est un peu comme un travail social, sauf que... Sauf que tu travailles avec toute une communauté et non un individu comme des travailleurs sociaux. Moi je le vois comme ça en tout cas. J'ai voulu créer ma propre formation sur mesure. Puis, heureusement, l'Université Saint-Anne a ouvert ce programme, je pense que c'était en 2016 ou 2017. Je faisais partie de la première programme, en fait.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Tu peux nous rappeler juste comment s'appelle la maîtrise que tu as faite ?
- Natalie Robichaud
Oui, c'est le programme Espaces et cultures francophones. Une maîtrise multidisciplinaire. Donc, on peut étudier ce qu'on veut, en fait. Ça peut être l'économie, ça peut être la littérature. Moi, je fais les sciences humaines. tout ce qui part avec la francophonie, locale ou mondiale. J'ai des collègues qui ont fait des recherches sur la francophonie au Maroc, par exemple. Moi, je restais très locale. Puis je me suis posé la question sur quels sont les facteurs qui portent les gens à s'engager ou non. Donc, au lieu d'étudier les gens engagés, on a fait une étude profonde sur les personnes non engagées pour essayer de comprendre pourquoi les gens s'engagent ou pas. Il y a plein de facteurs. C'est souvent une personne qui est engagée, une personne qui parle fort, aime parler, a l'air des réunions. C'est un peu le profil comme moi, par exemple. Mais ce n'est pas du tout le cas. Il y a d'autres façons de s'engager. Il y a des personnes qui sont à la maison et qui ont des problèmes d'anxiété, mais qui s'engagent quand même. Donc, on a regardé tout ça et ça m'a beaucoup aidé dans mon travail.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Sans ces personnes engagées, le travail communautaire serait vraiment impossible. Ils sont vraiment un maillon important de la chaîne. toutes ces personnes qui s'engagent, même petit à petit, c'est un travail extraordinaire. Merci pour ta réponse. Est-ce que tu peux nous raconter une image d'enfance qui symbolise vraiment leur attachement, l'attachement plutôt à ta culture acadienne, à son niveau ?
- Natalie Robichaud
C'est drôle que tu dis ça, parce que je n'y pense pas à la fin de semaine. Quand on grandit ça à la Bessette-Marie, surtout pendant les périodes du festival acadien, c'était très... normal de porter le costume acadien. Ce n'est pas vraiment un costume acadien, apparemment. On a deviné que c'est ça que les Acadiens portaient. Et c'est des habits de fête, en plus. Les Acadiens, c'était des paysans. Et ils n'auraient pas porté comme un beau costume. C'est vraiment un costume de dimanche, on va dire. Mais pendant le festival acadien, on portait ce genre de costume. Et moi, j'ai beaucoup de souvenirs. Tous les ans, ma mère, elle avait une couturière. elle m'a raccourci mon costume. Je me rappelle de ne plus vouloir le porter. C'est quand on a 10, on commence à ne plus vouloir, c'est plus cool. Je parle de ça à la fin du mois parce qu'il y a quelqu'un qui m'a dit qu'ils veulent porter leur costume au Festival Acadien cette année. Ça m'a rappelé parce que je portais mon costume. Beaucoup de fierté. C'est St-Néville, Bessin-de-Marie. St-Néville, c'est vraiment un endroit central à Clare. Il y a une grosse église, il y a beaucoup de commerce. C'est vraiment, selon moi, la capitale de Clare, mais il y a d'autres mots qui diront autrement. Puis j'ai beaucoup de souvenirs d'avoir des drapeaux, porter mon costume, beaucoup de fierté pendant l'été, beaucoup de festivité. Ma famille, c'est une famille très engagée, avec beaucoup de fierté, et puis on a toujours participé à toutes les activités.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Je sens la transmission de ces valeurs via la famille, donc justement un lien intergénérationnel.
- Natalie Robichaud
Oui, tout à fait.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Tu parlais justement de ta maman qui te cousait ton costume. Est-ce qu'il y a des personnes ou des expériences qui ont allumé cette flamme de transmission de la culture ? Ta maman, certainement.
- Natalie Robichaud
Oui, certainement ma famille. Certainement ma famille. Quoique ma famille, ce n'est pas une famille très, très engagée comme moi, par exemple. Ils ont toujours resté moins actifs sur les conseils d'administration. Au niveau fierté, ils étaient engagés, mais moins. au niveau gouvernemental ou organisationnel, on va dire. Mais ils m'ont toujours supportée parce que j'ai toujours participé à des affaires que c'était la baie en joie, des activités de jeunesse. C'est beaucoup grâce à ma famille qui me conduisait là, qui payait pour des activités, ça coûte cher, ça coûte cher, c'est impliqué dans des affaires. Donc, ma famille a joué un rôle à ce niveau-là de soutien, on va dire. D'autres personnes, je dirais, qui ont vraiment joué des rôles importants pour moi, c'est des enseignants à l'école secondaire. Certainement. À l'époque, je ne veux pas vraiment dénoncer le présent, mais on dirait que les enseignants sont moins disponibles pour être à l'écoute des élèves maintenant dans des activités extra-curriculatives, donc après l'école. Maintenant, il y a moins de clubs. Comme nous, on avait des clubs, des conseils étudiants, plein d'affaires, puis c'était les enseignants qui faisaient ça. Puis j'ai des enseignants qui m'ont vraiment accompagnée. Tout le monde, mon école secondaire. qui m'ont encouragée, que ce soit le journal étudiant ou la danse, qui m'ont vraiment encouragée à poursuivre des choses qui m'intéressaient.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Je m'interrogeais sur les valeurs qui t'ont permis, qui t'ont guidée à travers ton parcours professionnel et qui t'ont menée à la direction de la Société acadienne de classe.
- Natalie Robichaud
Là, j'ai une équipe, j'ai des étudiants d'été, j'ai une adjointe. Je trouve que c'est important de parler des valeurs. J'apprécie que tu me poses la question parce que souvent, quand on regarde les statuts et règlements d'un organisme, il y a des valeurs, mais c'est rare qu'on les... mais en jeu, ou qu'on en parle. Mais pour moi, c'est vraiment important, une valeur super importante pour la société acadienne, pour moi, c'est bien communiquer. Communiquer de façon impeccable, de bien utiliser ses mots, je trouve que c'est difficile de communiquer dans une région comme Clare. Tu sais, on a un journal, mais c'est pas tout le monde qui le lit, on a une radio, c'est pas tout le monde qui l'écoute, donc je suis beaucoup focusée sur... bien communiquer parce qu'on veut que tout le monde ait accès à la même information. Ça en vient avec la démocratie en fait, pour moi. C'est vraiment important, évidemment, la démocratie. C'est super important. Puis, il faut être bien outillé. Je parle d'être bien outillé, mais de pouvoir bien communiquer, pour moi, c'est un outil pour avoir un pied d'égalité avec tout le monde, qu'on ait tout accès à la même information pour pouvoir avancer dans nos affaires et dans notre travail.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Et c'est quoi tes bonnes pratiques, alors ? À part les médias classiques, tu parlais du journal ou de la radio communautaire.
- Natalie Robichaud
Bonne pratique, si j'avais le temps, c'est d'appeler tout le monde.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Donc la bonne vieille méthode.
- Natalie Robichaud
La bonne vieille méthode. Quand on prenait le bottin téléphonique, puis on appelait tout le monde. Moi, j'utilise encore le bottin téléphonique. Les gens, ils se moquent de moi. Il n'y a pas beaucoup de numéros dedans. Il y a plein de gens qui ne sont pas dans le bottin. J'aime ça quand je peux utiliser mon bottin et trouver le numéro à quelqu'un. Moi, je... J'appelle les gens quand je peux. Les plus jeunes générations, au moins. C'est plutôt texte ou courriel, ou ils évitent de parler au téléphone. Mais moi, je trouve qu'il y a quelque chose d'important. Tu fais une vraie connexion avec une personne.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Totalement d'accord.
- Natalie Robichaud
Ça prend un peu plus de temps.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Mais le résultat est meilleur.
- Natalie Robichaud
Oui, c'est ça. Puis sinon, moi, je suis une fan de l'infolette. Une infolette, c'est pas tout le monde qui va l'ouvrir dans ta boîte, mais au moins, c'est un email direct. connecter avec ton courriel, puis lire, puis mettre les informations là-dedans. Mais il n'y a pas de solution magique. On pourrait rejoindre tout le monde.
- Amel Souid, CDÉNÉ
J'aurais espéré que tu nous donnes la solution magique parce qu'on fait tous face à ces défis. Mais j'aime beaucoup ce que tu dis parce que la vraie connexion, c'est vraiment de prendre le temps d'appeler quelqu'un. Puis parfois, on a juste une adresse courriel et puis ça ne veut rien dire. La personne derrière ne vous connaît pas vraiment. Mais quand on prend le temps d'avoir une vraie conversation avec elle, la suite change.
- Natalie Robichaud
Oui. Puis une autre méthode que j'utilise, c'est parler à des gens dans la communauté. Comme si je vais faire mes courses, c'est un samedi après-midi, je vais quand même travailler. Parce que je vais quand même voir des gens et leur parler de des dossiers importants, d'une activité qui s'en vient la semaine prochaine. En fait, c'est ça le développement communautaire. On travaille tout le temps.
- Amel Souid, CDÉNÉ
On travaille tout le temps, oui. C'est soit on est passionné, soit on ne l'est pas. En général, les gens qui sont ici sont passionnés. C'est ça. Le titre du podcast est « Phare et trajectoire » . Alors, je m'interroge sur tes phares à toi. Quels sont tes phares ? À part le phare que tu as à la baie Sainte-Marie,
- Natalie Robichaud
j'ai beaucoup de phares.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Pour moi,
- Natalie Robichaud
c'est les arts. Les arts et la culture. On a tendance à mettre ça un peu de côté parce que c'est comme... moins important. Je l'ai vu parce que j'ai travaillé en développement économique, puis là, je suis allée en développement culturel. J'ai beaucoup vu mes expériences dans les deux, c'est pour ça. Mais je vis à quel point on valorise plus l'économie, le business, les entreprises, tout ça. Et c'est important. On a besoin des emplois, on a besoin de tout ça. Mais les arts et la culture, c'est aussi important.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Et pourquoi on devrait séparer les deux ?
- Natalie Robichaud
Bien, c'est ça, c'est des questions que je me pose. On est moins subventionnés, mais je suis toujours en train de se trouver de l'argent pour faire des petits projets culturels. Je vois des budgets qui sortent dans le développement économique, c'est pas du tout comparé. Puis du développement culturel, c'est du développement économique.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Absolument. On ne devrait pas séparer les deux.
- Natalie Robichaud
C'est ça. Je me retrouve à les séparer. Quand je parle avec la PECA, par exemple, c'est un engin. Ça amène des gens à regarder des spectacles, ça paye des artistes, ça paye des...
- Amel Souid, CDÉNÉ
Ça crée des emplois, ça crée des entrepreneurs, ça nous permet d'avoir des employeurs qui vont prospérer et qui vont recruter.
- Natalie Robichaud
C'est ça, puis c'est... Je me loigne un petit peu de la question de comment faire, mais je reviens parce que c'est vraiment les artistes, pour moi, que je valorise tellement. Tu sais, les artistes, ce ne sont pas des métiers qui payent des gros salaires, mais on a besoin d'eux pour nous divertir, pour nous réveiller, pour nous faire prendre conscience de tes affaires. La musique, c'est une bonne façon d'envoyer des messages. On a besoin de tout ça. déjà il y a beaucoup moins de personnes qui font de la musique, là je te parle juste de Clare tu sais on n'a pas une relève assurée on a très peu de musiciens qui jouent ou ils sont forcés à aller faire d'autres travails, ils sont moins disponibles pour jouer de la musique, donc toutes ces choses sont maquettes, puis les artistes pour moi c'est vraiment des personnes que j'admire qui comprennent l'importance c'est un besoin pour eux de le faire. C'est pas « Oh, aujourd'hui, j'ai envie de jouer de la musique. » Ils ont besoin de le faire. C'est comme un besoin essentiel de créer des musiques. On a besoin de ça en tant qu'humain. On a besoin d'artistes. C'est pour ça que j'aime beaucoup travailler avec les arts et la culture parce que ça m'allume. Ça allume mon chemin. Ça me fait prendre conscience de plein d'affaires. Et nos communautés sont plus fortes grâce à nos artistes.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Quand j'ai un peu lu un petit peu à droite à gauche ce que tu faisais, ton parcours et tout, Quand j'ai réfléchi à cette question, je me suis dit que peut-être tu répondrais aussi l'innovation. Je te vois comme quelqu'un qui aime toujours aller explorer des choses en dehors de ce qui a déjà été fait. Tu aimes faire autrement. J'ai raison ou tort ?
- Natalie Robichaud
Non, tu as absolument raison. Une de mes valeurs, je dis que c'est plutôt mon slogan, c'est qu'il y a des choses intéressantes et importantes qui arrivent quand on est à l'extérieur de son zone de confort. Puis j'encourage, surtout moi, j'ai beaucoup de stagiaires, puis je les encourage toujours à aller au-delà de leur zone de confort. Parce que c'est lorsque il y a des choses intéressantes qui arrivent, parce qu'on se pousse à faire des choses qu'on n'aurait pas fait, puis ça ouvre toute une autre porte. Il y a tout un autre monde qu'on découvre. Puis tu penses à faire des affaires différemment, d'innover justement. Un exemple, par exemple, c'est la danse traditionnelle. Donc, moi, je suis fan de danse traditionnelle. Je danse toute ma vie et j'essaie de faire les jeunes continuer cette tradition. Donc là, j'ai commencé à faire des danses communautaires. J'invite les jeunes. J'invite des jeunes musiciens. J'essaie de changer le parcours que normalement les jeunes ne vont pas continuer. Mais j'y arrive. parce que je trouve des façons intéressantes et innovantes à les faire venir. Soit que je les inclue comme des formatrices, soit qu'on fait des prélèvements de fonds pour leurs troubles de danse. Je trouve des différentes façons. C'est drôle parce qu'il y a des photos qu'on a sorties la semaine dernière de ma dernière danse et tout le monde dit « Oh wow, il y avait des jeunes » Oui, parce que j'ai fait des démarches pour les faire, pour assurer qu'ils allaient venir. Ils n'ont pas juste venu comme ça. Donc, il faut trouver des manières.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Il faut y réfléchir et faire en sorte que tout le monde y voit un intérêt. Tu parlais tout à l'heure de sortir de sa zone de confort. Moi, en tant qu'immigrante en Nouvelle-Écosse, je fais partie de ceux, les immigrants, immigrantes, qui sortent très loin de leurs zones de confort, qui viennent voyager de très très loin en espérant, en ayant des... Je vais utiliser mon expression que j'aime beaucoup, des étoiles dans les yeux. en espérant rencontrer de nouvelles personnes, en espérant avoir des opportunités professionnelles, de l'éducation pour leurs enfants. Puis je me demandais, qu'est-ce que la culture acadienne t'a transmis à toi et que tu voudrais transmettre à une immigrante ou à un immigrant, une migrante comme moi, par exemple ?
- Natalie Robichaud
C'est difficile parce que la culture acadienne, de façon générale, c'est une culture de confort. Puis il faut comprendre le contexte historique. Pour ça, parce qu'on s'est fait déporter. Donc, l'Hongistre court, les Aquitains sont venus, ils ont créé leur paradis, ils étaient bien, puis là, les guerres ont commencé, la déportation, tout ça, et ils se sont vraiment isolés. Et on a été isolés, de façon exprès. Donc, la Couronne britannique nous a mis dans des régions, ils se sont séparés pour déluer le pouvoir, puis ils... Les régions où les Acadiens ont été placés, c'est des régions rocheuses.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Les terres n'étaient moins bonnes. Oui,
- Natalie Robichaud
c'est des agriculteurs. Finalement, ils ne peuvent plus se nourrir, ils ont besoin d'apprendre à pêcher. Donc, c'est une culture qui s'est repliée sur eux-mêmes. pour ne pas faire trop de bruit, pour ne pas se faire redéporter une autre fois, pour... ils ont dû apprendre, réapprendre à se soutenir eux-mêmes. Donc il faut quand même garder ce contexte quand on pense à tous les immigrants qui arrivent, s'installer en Acadie. Les Acadiens, de façon générale, à cause du contexte historique, peuvent être perçus comme pas très accueillants, parce que pendant très longtemps, on avait besoin de rester. Tu sais, moi j'ai des histoires, ma grand-mère me contait une histoire que sa grand-grand-mère lui contait une histoire qu'elle gardait toujours les rideaux fermés parce qu'ils avaient peur que les Britanniques allaient revenir. Donc, c'est pas si loin que ça. Tu sais, 1755, c'est loin, mais c'est pas si loin que ça. Donc, il y a quand même une mémoire collective qui fait en sorte que les Acadiens, surtout les plus vieilles générations, sont peut-être encore un peu... Tu sais, moi je dis souvent l'exemple d'un chat. Tu sais, un chat, souvent, il veut se faire flatter. Mais là, tu vois pour le flatter, puis là, non, je ne vais pas me faire flatter. Tu vois ce que je veux dire ? Oui, oui. C'est un peu ça. Je ne sais pas comment, en Acadie, on est mort, un chat est mort. C'est-à-dire qu'il est méfiant. Méfiant un petit peu. Je peux voir que, encore une fois, les plus vieilles générations acadiennes.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Mais je peux comprendre, parce que moi, étant arrivée en Nouvelle-Écosse, ne connaissant pas l'histoire de l'Acadie, quand j'ai lu un petit peu, j'ai compris les traumatismes liés à la colonisation. Et puis, c'est des enjeux qui sont assez similaires à ce qu'on a vécu dans d'autres pays, y compris le mien.
- Natalie Robichaud
Oui.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Je comprends la peur, la méfiance. Puis, l'immigration, la culture acadienne a été aussi influencée par de l'immigration à travers les siècles.
- Natalie Robichaud
C'est ça qui est intéressant. Je pense que si on pense un peu plus, on verra qu'on a plein de choses en commun dans certaines cultures. Surtout des cultures quand on est réfugié. Les Acadiens, essentiellement, c'était des réfugiés aussi à l'époque. Je pense qu'il y a beaucoup de pas à faire. Mais ça prend du temps. Je pense que c'est une affaire de temps. Les plus jeunes générations, y'a plus la mienne parce que je me considère jeune quand même, là on a moins de problèmes. On a voyagé beaucoup, on a l'habitude de rencontrer des étrangers, des immigrants, des gens qu'on ne connaît pas. On est habitué à d'autres cultures. Justement, ça nous fait du bien. Moi, une des raisons que je vis à Clark, je dis que je... Je suis bien en clair, c'est parce qu'il y a Saint-Anne, ça amène des gens de l'extérieur, c'est des soirées de poésie, des professeurs d'autres pays, des cultures d'autres pays. Sinon, Clare serait vraiment plate si on n'avait pas... Je ne dis pas que c'est une métropole méticulturelle, mais ça s'en vient quasiment grâce à l'Université Saint-Anne.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Mais c'est cosmopolite.
- Natalie Robichaud
C'est ça.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Je voudrais revenir sur ton parcours. En 2017, tu prends la direction générale de la SAC. la Société acadienne de Clark. Quel défi est-ce que tu as rencontré dans la gestion de l'organisme ? Et puis, c'est très intéressant parce que moi, je ne savais pas que l'ancêtre de la FAN était vraiment la SAC. Je l'ai entendu dans ton documentaire très carré, mais je n'avais pas compris le lien. Donc, merci de l'indiquer.
- Natalie Robichaud
Oui, c'est ça. Je trouve ça vraiment intéressant parce que moi, j'ai une agrafeuse dans mon bureau qui s'est indiquée FAN. C'est l'agrafeuse de la FAN. Puis, je sais. J'aime beaucoup cette agrafuse parce que déjà elle est vieille et comme elle est bien fabriquée là. Mais en même temps, j'aime que ça dit FAN dessus parce que ça me rappelle l'historique de l'époque. La FAN a été créée en 68 suite à la loi sur les langues officielles. La loi sur les langues officielles a été signée. Puis tout d'un coup, il y avait des enveloppes d'argent. Donc pour recevoir ces enveloppes d'argent-là, la FAN s'est créée et a mis des antennes, on va dire, ou des satellites. des bureaux satellites dans les régions traditionnelles, c'est-à-dire Clare, Argyle, Chetikon, puis Ilmada. Donc, les employés de la FAD avaient affaire à différents dossiers du développement culturel, en fait, qui était nouveau à l'époque. Personne ne savait ce que c'était. Puis, faire intéressant, que j'aime discuter avec les gens, parce que je pense que Amin, tu vas trouver ça intéressant aussi, la FAD avait développé un institut. C'était intitulé l'Institut de développement communautaire. Puis ça existait à l'Université Saint-Anne dans les années 70. Puis ça a duré à peu près 10-15 ans. Ces années-là, c'était le tout début. Puis ça avait été créé pour outiller justement cette formation de rêve que je ramène faire, que finalement j'ai dû faire à travers ma maîtrise. Les gens qui ont passé à travers cette formation dans les années 70 travaillent encore dans la communauté. C'est des noms comme Dave LeBlanc, Jocelyne Comandé, Hélène Timothée, des gens qu'on connaît qui sont $80. Ils sont bien dans leur retraite et ils travaillent encore dans la communauté. C'est juste pour dire à quel point la flamme de l'époque a eu un impact important encore aujourd'hui. Il y en a dans d'autres régions aussi. Les gens viennent d'autres régions à l'Institut de développement communautaire pour se faire former, pour travailler dans les régions. Je pense que j'aurais adoré aller à l'Institut. J'ai encore une tasse. Je trouve une tasse de café sur l'Institut de développement communautaire. parce que tellement je suis fan de cet institut que j'aimerais de recréer un jour genre un institut de leadership et de développement communautaire et économique avec le CEDENEC on voit là une excellente idée c'est ce que j'aimerais faire c'est un de mes gros projets plus tard on parlera de ça dans un autre podcast pour revenir à l'histoire de la FAN puis mon travail les défis c'est qu'à l'époque quand la FAN a été créée il y avait une masse critique on parle des baby boomers qui étaient à leur Merci. pique, là, qui était comme sur le marché de travail, puis qu'il y avait beaucoup de gens. Clare avait 10 000 personnes, ou plus même. Donc, il y avait beaucoup de monde. Les gens sortaient, les gens participaient. Tu sais, il y avait plusieurs équipes de baseball, par exemple. Maintenant, on en a zéro. C'est juste pour dire que, comme, démographiquement parlant, il y a beaucoup moins de gens. C'est ça, le défi. C'est comment, même si le numéro est plus petit... Comment avoir encore le même montant de vitalité et de dynamisme dans notre région ? Sur nos conseils d'administration, c'est difficile de trouver des gens. Puis là, je parle pas que à Clare, je parle de partout. C'est souvent les mêmes, toujours les mêmes. Ça, c'est le défi, c'est toujours les mêmes. Ces gens-là méritent de prendre un break. Moi, je connais des gens qui sont sur le même conseil d'administration, ça fait plus de 20 ans. C'est normal, c'est normal, c'est ça. Je ne veux pas que c'est normal.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Et puis quand tu es engagé sur trois à quatre conseils d'administration, ça donne que tu es en fait désengagé parce que ton cerveau a des limites.
- Natalie Robichaud
Oui, c'est ça.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Tu ne peux pas.
- Natalie Robichaud
Puis un autre lien à faire, en partant avec la religion, comme plusieurs communautés comme Claude, il y avait une grosse communauté religieuse, il y avait plusieurs églises, tout le monde allait à l'église. Puis tout le monde était impliqué dans la communauté à travers l'église. L'engagement pensait par l'église. Soit on s'engageait parce que c'est ce que Dieu voulait, ou c'était bien vu. Maintenant, on va plus à l'église, on a perdu cette habitude. Et en plus, on se voyait à l'église. L'église, c'est un lieu où tu croises les gens. Puis tu te dis, « Hey, comment ça va ? J'ai entendu dire que ta mère est malade. Ah, bien, OK, je vais t'apporter un repas, par exemple. » Maintenant, on n'a plus vraiment autant de lieux de rassemblement comme ça, puis je crois que ça, c'est un détriment de notre communauté.
- Amel Souid, CDÉNÉ
C'est plus difficile d'aller chercher les gens.
- Natalie Robichaud
Et de les voir, aller voir comment ils vont.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Tu as réalisé donc Très Carré. Je l'ai regardé ce week-end deux fois et puis je pense que je vais encore le regarder. J'ai beaucoup, beaucoup aimé. Vraiment, félicitations Nathalie. C'était vraiment 30 minutes où on ne décroche pas de l'écran. Comment est-ce que cette aventure, cette idée était venue ?
- Natalie Robichaud
Ça a pris longtemps. Il y a cinq ans, on a commencé à travailler sur le concept et le concept était vraiment large. C'était vraiment juste la musique des musiciens de Clare, de façon générale. Mais on s'est rendu compte que c'était trop, qu'il n'y avait pas d'histoire. On avait comme les noms des musiciens, on avait le nom des groupes, mais on n'avait pas l'histoire. Puis lorsque, comme je l'explique dans le film, je tombe sur un article qui explique le tricoré. C'est là que l'histoire pour moi a tout... C'est comme si j'étais tout minable dans le ton noir, puis ça tombe dans le tricoré. Puis là, j'avais l'histoire, j'avais le cadre pour raconter l'histoire. C'est quand même fascinant. On s'est toujours dit qu'il y avait quelque chose de spécial à l'Abbaye Sainte-Marie. Il y avait beaucoup de musiciens. C'est pas normal que je me rende en France et que le genre me dise « Ah, tu viens de l'Abbaye Sainte-Marie » Je trouve ça quand même fascinant. Donc, j'ai voulu raconter cette histoire-là. Justement parce que, comme je disais tout à l'heure, il n'y a pas beaucoup de relève musicale. Donc, je ne souhaite pas, mais peut-être dans soixante ans, il n'y aura aucun musicien à Montclair.
- Amel Souid, CDÉNÉ
On ne le souhaite pas.
- Natalie Robichaud
On ne le souhaite pas. au moins le documentaire très correct pour nous rappeler de quand il y avait beaucoup de musique dans le clair. Et je crois que mon documentaire a influencé des gens parce que juste depuis que je suis sortie très correcte, j'ai des jeunes qui viennent me voir pour faire des projets musicals. Je crois que ça a réveillé un petit peu et encouragé des gens de jouer de la musique. C'est ce que je souhaite en tout cas.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Donc tu le vois vraiment comme un acte de transmission.
- Natalie Robichaud
Oui. Moi, je trouve beaucoup les archives. Les archives, en revenant... à ta question de quel sommet fort. Tes archives pour moi, c'est des forts, ça nous rappelle. Tout ce que je fais, Comme là, ce podcast d'aujourd'hui, c'est des archives pour plus tard. Donc, j'ai toujours cette optique-là dans ma tête. Ce qu'on fait aujourd'hui, les photos qu'on prend aujourd'hui, c'est des archives pour plus tard. Quand on regarde des photos d'il y a 50 ans, mais dans 50 ans, on va regarder les photos d'aujourd'hui, puis se dire, oh, wow, regarde ce qu'il porte là. Oh, wow, regarde le couple de cheveux. On n'a pas tendance à penser à ça dans la présence. On pense juste à ça quand on regarde les vieilles photos. Et comme tu as vu dans tes corps, tu sais beaucoup des archives aussi. J'ai beaucoup cherché des vieilles archives, des vieilles photos, des vieilles vidéos. Et c'était un gros plein d'heures au passé, en fait. S'il y a de la musique aujourd'hui, c'est grâce aux musiciens qui ont beaucoup joué dans le passé.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Donc, tu expliques le cheminement. Et ça, j'ai beaucoup aimé aussi toutes les scènes intergénérationnelles, les familles, les relations, la transmission de cet amour de la musique et cette fierté acadienne à travers les générations. Donc... Tu penses qu'il y a de l'entrepreneuriat culturel qui va naître de ça ? Les jeunes ont envie d'entreprendre dans le domaine ?
- Natalie Robichaud
J'en suis certaine. Je peux te dire parce qu'il y a un jeune musicien dans le film. Comme tu as vu, il y avait quatre jeunes au tout début. J'ai recréé, en fait, ce qui est intéressant, si tu me permets d'expliquer la première scène, lorsqu'ils sont dans la grange entre les jeux de la musique. Ça, c'est une scène que j'ai recréée des années 40, qui est vraie, en fait. J'ai tiré ça des archives. J'ai trouvé une thèse de maîtrise des années 2000 par Georgette Leblanc qui avait fait des entretiens avec des aînés. Puis il y a une madame qui s'appelle Muriel Sonnier qui expliquait à moi quand j'étais jeune, mon frère n'a démonté, on allait se cacher dans les eaux pour jouer à la musique. Puis un jour, quelqu'un m'a appelé. En fait, je n'ai pas inventé cette scène-là. Ce n'est pas mon parlement, mais je me suis inspirée de cette scène-là.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Mais on le comprend. on le comprend, même si tu ne me l'avais pas dit, on comprend que c'est vraiment tiré de l'histoire. Puis moi, je m'interroge sur la voix off de la personne qui commence le documentaire. C'est une artiste, j'ai vu que c'était une artiste de la région de Clare.
- Natalie Robichaud
C'est Nadine Béliveau, oui. C'est Nadine Béliveau. Donc, c'est très fun d'inclure des artistes de la région. Puis justement, c'est quatre jeunes que je repasse à la fin du film en entretien. Ce sont ces quatre jeunes de l'école secondaire de Clare et trois de quatre... veulent devenir des musiciens professionnels et jouent beaucoup maintenant. Le jeune qui ne parle pas du tout, il s'appelle Nicholas McLean, il joue tout le temps. Et c'est ce qu'il veut faire, il veut devenir un musicien professionnel. Je trouve ça intéressant. Est-ce que c'est très correct qu'il a lancé ça ? Peut-être pas, mais ça a certainement aidé. Est-ce que ça va créer de l'entrepreneuriat culturel ? Oui, parce qu'ils vont certainement faire des projets, jouer des spectacles, développer leur carrière.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Moi, je le vois vraiment comme... quelque chose qui peut créer non seulement de l'emploi, mais des opportunités économiques au sens plus large et puis également promouvoir le tourisme.
- Natalie Robichaud
Bien, ça c'est intéressant. Le tourisme, c'est tout un autre monde. Pour moi, c'est du développement économique, mais c'est aussi du développement culturel. Puis c'est là où il y a l'intersection en fait, qu'on parlait tout à l'heure. Sans parler de la musique et des arts de scène traditionnels, c'est tous les arts culinaires.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Absolument.
- Natalie Robichaud
C'est super important. On a tendance à ne pas vraiment associer ça avec les arts. Mais en même temps, c'est de l'art culinaire. Les gens viennent ici pour manger de la chaudrée et de la râpure.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Puis la tradition orale aussi.
- Natalie Robichaud
Aussi. En fait, c'est très large. Et puis on a tendance à se perdre un peu dans tout ça. C'est pour ça que moi, je m'intéresse à justement mettre de l'ordre dans tout ça, développer des programmes, créer des intervenants. Développer des intervenants qui, comme Nicholas Maclean, mon petit violonnet, qui va... non seulement gagner sa vie, mais à contribuer au développement de notre culture.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Tu nous as donné, je pense, de bonnes vibes pour la suite. Je m'interroge beaucoup sur l'insécurité linguistique. Comment est-ce que... Comment ça va affecter la transmission de la culture, des arts en règle générale ?
- Natalie Robichaud
C'est intéressant parce que nos jeunes musiciens, je parle de petits bénévoles sur deux, ont point d'assurer. et la sécurité linguistique. Ils parlent, ils chantent comme ils parlent et des fois, comme ils lâchent des choses dans les médias sociaux que même moi j'ai de la misère à comprendre. Je me dis comment est-ce que quelqu'un de Montréal va comprendre ? Mais il s'empêche pas du tout, il change pas du tout son accent sur scène et ça je trouve ça intéressant parce qu'il y a plusieurs années, moi je le connais, quand il commençait dans la musique, il osait pas chanter en français. pour cette crainte de pas bien parler ou... Tu sais, je trouve que c'est malheureux quand même, en fait, ça... On parle encore du bon français. C'est quoi le bon français ? Tu sais, j'ai entendu, il n'y a pas très longtemps, il y a quelqu'un qui m'a dit, oh, c'est un bon français. Qu'est-ce que c'est que le bon français ? Tu sais, il faut qu'on sorte de ça, puis tout ça, ça fait partie de l'insécurité ou la sécurité linguistique. Mais il y a quand même, pour moi, une ligne. Il faut quand même qu'on parle pour se faire comprendre. Donc, c'est vraiment en fonction de à qui tu parles. Comme là, je parle à Amel, donc je parle, tu sais, j'ai un certain... Je ne vais pas te parler comme si je parlais à ma grand-mère. Mais moi,
- Amel Souid, CDÉNÉ
je te rassure, si je parlais à ma grand-mère en arabe, je ne lui parlerais pas de la même manière que je parle avec un jeune. Donc, c'est dans toutes les langues.
- Natalie Robichaud
Une bonne manière de parler fait partie de cette sécurité linguistique. Tu peux parler à Parisien de France comme je peux parler à ma grand-mère, comme je peux parler à Amel. C'est important de savoir comment. Après, tu choisis quel niveau ou quel registre. qu'on utilise en fonction de la personne. Mais c'est important d'apprendre les bases du français et comment correctement conjuguer. C'est important.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Moi, je pense que c'est important de pouvoir dire « je n'ai pas compris, excusez-moi » , ce que vous pourriez répéter dans la bienveillance. Moi, je sais que le français n'est pas ma langue natale. C'est l'arabe, ma langue natale. Et puis, quand je suis arrivée ici, en Nouvelle-Écosse, j'ai expérimenté les différents accents. il y a des mots que je ne comprends pas à date. Puis je prends des fois le téléphone, j'appelle des collègues et puis je pose la question. Je pose la question à la personne concernée. Je trouve qu'au contraire, c'est un signe d'intérêt que la personne a envie d'apprendre. Par exemple, le documentaire, il y a des mots que je n'ai pas compris qui sont dits. Puis j'ai demandé à des personnes et voilà, j'ai compris. Je pense qu'au contraire, il faut... qu'on arrête de penser que demander à la personne de répéter ou de reformuler, c'est pris négativement.
- Natalie Robichaud
Il y a une certaine confiance. Je comprends que ce n'est pas tout le monde qui a de la confiance. C'est délicat, la confiance. Il ne faut pas avoir peur et être curieux. Je trouve ça important. Ce n'est aucun être curieux. Ça te fait être encouragé d'être curieux. Qu'est-ce que tu veux dire quand tu veux dire ce mot-là ? Justement, poser cette question. Pourrais-tu développer ça un petit peu ? On a tendance à juste avoir honte de point à comprendre.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Alors que la personne en face de toi, peut-être qu'elle a peur aussi ?
- Natalie Robichaud
Bien, c'est ça. Je ne sais pas comment on sait remettre. Je ne sais pas ce qu'on remet pour ça. Je crois que c'est important d'en parler beaucoup. Maintenant, il y a des chercheurs qui font beaucoup de recherches sur l'insécurité et la sécurité linguistique. C'est important d'en parler dans nos écoles, surtout. C'est un concept. Assez difficile, je crois, pour des personnes plus âgées.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Oui, c'est assez récent. Les personnes plus âgées.
- Natalie Robichaud
Comment les rejoindre, je ne suis pas certaine. Dans les écoles, on en parle, les jeunes ont plus de confiance. Ils ont des exemples comme T-Bellyville, des modèles, des mentors. Mais justement, il faut faire attention. Pour moi, je reviens sur les différents registres de français. C'est important de parler comme on parle. Mais c'est important aussi d'avoir une certaine maîtrise.
- Amel Souid, CDÉNÉ
D'avoir l'aptitude de communiquer avec tout le monde.
- Natalie Robichaud
Oui, surtout dans le milieu de travail. Comme là, c'est pareil pour tout, j'imagine. Si on parle avec des gens de France, on parle avec des gens du Québec, on parle avec des gens d'Abbé Saint-Marie. C'est tous les différents registres et accents de France. Donc, c'est important de, au moins, les entendre.
- Amel Souid, CDÉNÉ
De bien prendre garde à tout ça, oui. Je m'interroge aussi sur, tu parles beaucoup de liens, de connexions. Quels sont les liens que tu as pu créer avec des personnes issues de l'immigration, de cette diversité culturelle qu'a justement Clare grâce à l'Université Sainte-Anne ?
- Natalie Robichaud
C'est presque tout grâce à l'Université Sainte-Anne. Et dans mes différentes expériences de travail aussi, j'ai croisé et travaillé avec des gens de plusieurs différentes origines. Ce que je trouve le fun pour Clare, c'est qu'on a des immigrants qui habitent ici depuis très longtemps. des fois je vais essayer de... encore les appeler des immigrants. C'est des personnes comme Yala Sangaré qui est ici depuis plus de 30 ans, je crois, et qui, tu sais, a des enfants, qui sont intégrés dans la communauté. Je trouve ça vraiment, vraiment intéressant. Je parle souvent de désintersection. Je suis une personne qui aime désintersection. Une culture acadienne, puis une culture étrangère, puis quand ça s'intersecte, puis comme le fils de Yala, par exemple, qui agrandi comme moi, parle comme moi, mange la rancure. Puis cette grande question de est-ce qu'il est acadien ? Oui, il est acadien. Pour moi, être acadien, c'est... Il y a des gens qui ne sont pas d'accord avec moi. Mais être Acadien, c'est tu te nommes. Si tu te sens Acadien, tu es Acadien ou Acadienne. Ce n'est pas une histoire de lignée de sang qui vient d'un certain pays. Quelqu'un comme le fils de Yalad, comme Moussa Sangaré, qui est artiste, qui fait du rap, qui fait de l'humour, du stand-up. Est-ce qu'il s'identifie comme Acadien ? Absolument, oui. Et je pense qu'on devrait le considérer Acadien, parce qu'il a grandi ici. Et autant Acadien que moi, dans ce sens-là.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Peu importe ses origines.
- Natalie Robichaud
Oui, et c'est ce qui apporte la couleur à notre culture. À cause de ses origines, à cause de son historique, à cause de différentes choses. C'est comme, eux vont peut-être pas manger de la râpule, ou je sais pas ce qu'ils mangent à des fêtes, à des fêtes familiales. Ça aussi, maintenant que ça se passe en Acadie, ça devient acadien. Et ça, par osmosis, ça change notre culture. Un autre exemple intéressant, c'est qu'il y a des Coréens en Clare maintenant. Ça fait assez long. Tout le monde mange du kimchi. Je dis tout le monde. Généralisme. Beaucoup de monde ont du kimchi dans leur frigo maintenant, grand sasso. Ou du gamba ou de la Louisiane. C'est ce qui est beau de la culture acadienne. On adopte. On adopte des affaires et ça devient acadien.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Tu es plutôt adepte de la définition de l'Acadie inclusive. Tout à fait.
- Natalie Robichaud
Je pense qu'on a fait le choix.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Je suis probablement une Acadienne de cœur, puisque c'est une... une culture que j'affectionne particulièrement. Qu'est-ce qu'on pourrait faire de mieux, selon toi, pour la promotion de la culture acadienne, mais envers les immigrants quand ils arrivent ?
- Natalie Robichaud
C'est une bonne question. On se pose cette question-là il n'y a pas très longtemps au niveau de la culture, parce que quand un immigrant arrive, principalement, il faut se loger, puis il faut trouver du travail.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Absolument.
- Natalie Robichaud
Je comprends, ça, c'est primordial.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Je dirais que c'est le travail d'abord, et ça, ça va déterminer où est-ce qu'il va s'en aller.
- Natalie Robichaud
Oui. c'est ça. Mais après, cette personne a besoin de se divertir, puis se sentir bien, puis trouver des choses en commun. Puis peut-être cette personne-là, c'est un artiste. Peut-être qu'il fait de la musique, peut-être qu'il fait du chant, de l'art visuel. Donc, qu'est-ce qu'il y a en place pour le situer à ce niveau-là ? On arrive, on trouve un emploi, tout de suite, la machine commence. Mais dans cette machine, j'ai l'impression qu'il n'y a pas... rien en place pour l'intégration culturelle de la personne selon ses besoins. Est-ce qu'il y a des choses qu'on pourrait créer, une nouvelle structure, des nouveaux mécanismes ? Où est-ce qu'on entend que la personne s'installe ? Et ensuite, est-ce qu'il y a de l'intervention ? Ça, c'est intéressant. Souvent, il y a de l'intervention directe pour des services d'emploi, par exemple. Mais pour tout ce qui est intégration culturelle, on attend qu'il n'y ait personne qui vienne à nous. Est-ce qu'il y a quelque chose qu'on pourrait mettre dans le genre de package de bienvenue au Canada, emploi, tout ça, tout ça, mais aussi intégration culturelle ?
- Amel Souid, CDÉNÉ
Alors là, tu me donnes l'occasion parfaite de mentionner que nous, avec la CFA de Clare, avec l'équipe Marcel et Sandrine, on essaye vraiment de connecter les nouveaux arrivants avec tout l'écosystème. toutes les options possibles et on a des partenariats avec toi notamment Nathalie pour des activités culturelles pour leur permettre de juste connecter avec les gens parce que comme tu l'as dit parfois tu rentres dans la logique de travail maison, travail, maison et puis tu oublies qu'il y a toute une dimension artistique une dimension nourriture de l'âme qui est indispensable Merci.
- Natalie Robichaud
Je reviens à l'art culinaire. Généralement, les humains, ils adorent manger. C'est vraiment un endroit de lieu commun et de rencontre. C'est de la nourriture. Par expérience, à l'époque, CFA organisait des repas. CFA organisait des repas multiculturels. Les gens venaient. Les gens venaient parce qu'il y avait de la nourriture. Moi-même, avec mes activités que j'organise, que ce soit des conférences. Les gens, s'ils savent qu'il y a de la nourriture, vont venir. C'est peut-être ça une solution, c'est autour de la nourriture, développer des genres d'activités autour de ça, parce que les gens sont curieux, ils veulent goûter. Puis là, après, tu goûtes, tu discutes, puis là, tu crées des liens. Tu sais, même à Yarmouth, Yarmouth, c'est une ville un peu plus loin dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. En ce moment, il y a beaucoup de restaurants qui ouvrent. C'est des... C'est plus multiculturel. Les gens y vont. Les gens aiment la nourriture. Ils veulent sortir de leurs « fish and chips » habituels. Ils veulent goûter des nouvelles choses. C'est vraiment une occasion. assez aisées, je crois, de la nourriture.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Si on parle de connexion, justement, avec ces immigrants et immigrantes, on remarque, même s'il y a une ouverture, même s'il y a de plus en plus de personnes qui viennent s'installer, on remarque en parallèle un sentiment anti-immigrant qui est présent, malheureusement. Alors, l'immigration est essentielle, est un des leviers du développement économique. Ce n'est pas le seul, mais il est... Maintenant, c'est prouvé que c'est vraiment quelque chose d'essentiel. Comment est-ce que tu penses que nous, acteurs du communautaire, devons agir justement pour briser ces perceptions, parfois d'informations qui ne sont pas exactes, qui sont dites sur les immigrants et qui font que des stéréotypes se construisent et qui ont la vie longue ?
- Natalie Robichaud
C'est difficile. Ça devient mon point de communiquer, une valeur importante sur la communication. Parce que la médiinformation, qui existent dans nos réseaux, je crois que ça va venir de pire en pire. Et c'est pas qu'ici, c'est un phénomène mondial. Absolument,
- Amel Souid, CDÉNÉ
c'est mondial.
- Natalie Robichaud
Et je ne sais pas comment. Et je crois qu'une des solutions, c'est en personne. C'est créer des occasions, que ce soit la fête du Canada, que ce soit le festival acadien, des occasions publiques où les gens peuvent venir ensemble, se rencontrer, c'est être ensemble en personne. Parce que de juste se fier sur ce qu'on voit dans les médias, c'est...
- Amel Souid, CDÉNÉ
Pour déconstruire, finalement,
- Natalie Robichaud
des précautions. C'est difficile. Puis cette polarisation des médias...
- Amel Souid, CDÉNÉ
Ça n'aide pas.
- Natalie Robichaud
C'est très présent. Il y a pas très longtemps, il y avait des médias en public dans le clair, puis au sujet de la planification stratégique, puis les médias ont révélé, puis ils se sont fait jeter devant. Moi, ça me fait peur. Pour moi, les médias, c'est essentiel. C'est un outil, c'est comme ça qu'on est informé. Puis si les gens ne les laissent même pas rentrer dans des rencontres publiques, c'est inquiétant tout ça. Comment reconstruire cette confiance aux médias et donner le rôle important, accorder le rôle important aux médias qu'ils ont, c'est un gros travail.
- Amel Souid, CDÉNÉ
À notre côté, le média doit... Il y a une éthique du journalisme, il y a la vérification des sources, il y a... Il y a une manière de travailler qui est importante aussi.
- Natalie Robichaud
Et dans nos écoles, je ne veux pas trop donner de travail aux écoles, parce que je sais qu'ils sont surchangés déjà. Mais c'est là qu'il faut apprendre la pensée critique.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Absolument d'accord.
- Natalie Robichaud
La pensée critique, c'est essentiel. Puis, tu sais, on voit de moins en moins, on dirait.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Puis, nos jeunes sont très, très exposés aux médias sociaux, à différentes sources d'informations qui ne sont parfois pas fiables.
- Natalie Robichaud
C'est ce que je peux même concevoir.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Oui.
- Natalie Robichaud
Pas de solution. J'aime pas avoir des solutions.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Mais moi, ce que tu dis, j'entends parce que personnellement, j'ai des enfants. Donc je vois comment ils sont exposés aux médias. Parfois, des informations qui sont fausses, on leur dit... Exemple, là, je caricaturise, mais on leur dit que demain, le soleil sera bleu. Ça va être ça. Et ça va être très difficile à déconstruire. Donc, notre dernière partie, ça va être quelques questions comme ça où on va te demander des réponses très spontanées. Un lieu en Nouvelle-Écosse où tu te sens vivante ? Ça va être très difficile à répondre.
- Natalie Robichaud
Particulièrement. Non, au Cap-Breton. C'est intéressant parce que c'est l'autre côté de la province, mais à chaque fois que j'y vais, je me sens comme si je suis au paradis.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Et pourtant, c'est loin de chez toi.
- Natalie Robichaud
C'est loin, mais c'est joli.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Une chanson qui t'accompagne souvent ?
- Natalie Robichaud
Ouf, tout le monde qui travaille beaucoup dans la musique, il y en a beaucoup. Mais une chanson qui m'accompagne en ce moment, c'est une chanson de T.B.Lévo qui s'appelle « Église de Saint-Bernard » .
- Amel Souid, CDÉNÉ
Je ne la connais pas, j'irai écouter.
- Natalie Robichaud
Ah, tu iras écouter. Moi, je passe devant l'église de Saint-Bernard tous les jours. On a le travail. Puis, tu sais, à la baie Sainte-Marie, tu connais, nos églises sont gigantesques. Donc, elles prennent beaucoup de place dans notre folklore.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Un artiste que tu aurais aimé interviewer toi-même ?
- Natalie Robichaud
Moi, j'ai un artiste que j'écoutais beaucoup dans ma jeunesse, un artiste anglophone qui s'appelle Annie DeFranco. Puis, c'est vraiment une féministe. Puis, c'est elle qui m'a accompagnée tout le long de mon adolescence. Puis, elle a vraiment... Je dirais qu'il m'a beaucoup influencée sur mes pensées en termes de l'euro de la femme dans la société. Encore aujourd'hui, je suis connue comme assez féministe. Je suis grosse fan d'Annie DeFranco. Je l'ai vu en spectacle plusieurs fois, mais je ne l'ai jamais pensée.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Une cause qui t'anime profondément, je pense que le féminisme est une partie de la réponse, non ?
- Natalie Robichaud
Oui, tout à fait. Quand je vois des jeunes filles s'enligner à un futur qui n'est pas très stable, ça m'inquiète énormément. Parce que là, ils vont devenir vraiment dépendants sur une situation de... de conjoint, puis il perd son indépendance un petit peu, surtout au moment où tu as des enfants, puis tu n'as pas de situation stable, ça me préoccupe beaucoup et je vois beaucoup ça, en fait, dans Clare, des jeunes filles qui ne se prennent pas vraiment en main, puis qui ne se stabilisent pas leur situation, puis j'ai envie d'intervenir, mais on ne peut pas toujours intervenir.
- Amel Souid, CDÉNÉ
C'est vraiment un phénomène mondial, je te rejoins. Moi, je dirais qu'il y a autant de féminisme que de femmes sur Terre, mais... Pour moi, l'éducation est vraiment la colonne vertébrale. Puis cette façon d'être heureuse par toi-même, ne pas attendre que quelqu'un rentre dans ta vie pour te rendre heureuse.
- Natalie Robichaud
Ou avoir des enfants juste pour être heureuse. C'est ça. On est d'accord là-dessus.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Un projet que tu n'aurais pas encore osé faire, que tu aimerais faire ?
- Natalie Robichaud
J'aimerais écrire une comédie musicale.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Oh, wow Oui,
- Natalie Robichaud
j'adore les comédies musicales. Souvent, je vais à New York en voir. Puis pour moi, ça m'a aidé la danse. La musique plaide aux disciplines. Et je pense qu'on a du talent, c'est donc clair, pour faire une comédie musicale. Mais c'est quand même un gros projet. J'ai des idées. J'aimerais créer une comédie musicale sur la bataille des écoles. Le conseil scolaire acadien et le conseil scolaire anglophone. Parce qu'il y a toute une histoire que les non-jeunes ne connaissent pas. C'est l'Ondaire de la Cour suprême du Canada. C'est pas par hasard qu'on a un conseil scolaire francophone. Donc toute cette histoire-là, j'aimerais raconter l'histoire en chanson. peut-être dans 20 ans ça sera sorti peut-être même avant,
- Amel Souid, CDÉNÉ
vu ta volonté Nathalie et puis un message que tu aimerais transmettre aux générations futures ça rejoint ce qu'on vient de dire d'être heureux d'abord avant de rendre les autres heureux et de ne pas attendre que ça soit quelqu'un qui vienne te rendre heureux un mot en acadienne ou en acadien qui mériterait d'être sauvé
- Natalie Robichaud
Il y en a plusieurs. On est en train d'essayer de sauver tout le lexique, le dictionnaire qui existe, qui avait été écrit dans les années 80 par Félix Thibodeau. Et puis, il n'est plus disponible du tout. Puis, en fait, on est en train de travailler avec sa fille pour essayer de faire une réédition de ce dictionnaire. Parce que c'est tous des mots acadiens qui méritent d'être sauvés. Mais, je dirais que mon mot préféré, je l'ai appelé il y a pas très longtemps, c'est Sron. C'est S apostrophe R O N N E. Le sron, c'est cette humidité qui arrive en fin de journée. Donc, par exemple, nous, à la baissette marée, on met notre linge sur une corde pour s'acheter. Puis, il faut rentrer avant telle heure parce que sinon, le sron, ça dépend de quelle région dans l'air, le sron va arriver. Oui, il va arriver et tes vêtements vont... se réhumidifier et pas sécher.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Merci d'avoir partagé ce point avec moi que je ne connaissais pas.
- Natalie Robichaud
Je ne le connaissais pas non plus. On apprend. Parce que là,
- Amel Souid, CDÉNÉ
si je dis à mon père, je dis,
- Natalie Robichaud
qu'on a ce mot-là ? Il dit, oui, je l'utilise tous les semaines. Moi, je ne sais pas.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Il ne l'utilise pas devant toi peut-être.
- Natalie Robichaud
Non,
- Amel Souid, CDÉNÉ
c'est ça. Si je devais résumer ce qu'on s'est dit, c'est qu'honnêtement, il y a beaucoup de projets à lancer. Ça mériterait plusieurs podcasts supplémentaires. Puis surtout, ce que je retiens, c'est qu'il y a vraiment des intersections. Puis il faut qu'on se mette autour d'une table et qu'on discute des potentialités.
- Natalie Robichaud
Oui, les intersections, c'est lorsqu'il y a des choses intéressantes.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Moi, j'ai bien entendu. Tu peux être sûre que non seulement je vais transmettre, mais on va explorer ensemble.
- Natalie Robichaud
Tout à fait.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Je voudrais vraiment te remercier, Nathalie. C'était un très bon moment.
- Natalie Robichaud
Merci beaucoup.
- Amel Souid, CDÉNÉ
Phare et trajectoire est produit par le CDN avec un soutien de Immigration réfugiée Citoyenneté Canada. Si vous avez dans votre entourage un employeur, un immigrant, une personne nouvellement arrivante, n'hésitez pas à lui partager. Si vous avez une histoire intéressante à nous raconter, contactez-nous. À bientôt.