- Speaker #0
Rêve la planète ! Bienvenue dans le podcast Rêve la planète. Ici, on explore les déclics écologiques qui transforment les vies. A travers des interviews inspirantes de personnes qui agissent au quotidien, on va ensemble décrypter ce qui fait basculer leur façon de voir les choses. On va aussi partager des prises de recul sur la motivation, les doutes et les petites victoires du quotidien. ou encore vous donner des idées concrètes pour vous lancer. Bref, on parle de levée d'action et pas de culpabilité. Et on prouve que chaque geste compte. Je suis Sophie Free, formatrice en transition écologique. Mon job, vous aider à passer de l'intention à l'action avec des ateliers, des formations, parce que la planète a besoin de tous les talents et que le vôtre compte. En route pour un nouvel épisode. Bonjour à tous, alors aujourd'hui je suis ravie d'accueillir au micro Amori Benoit. J'ai rencontré Amori dans le cadre d'une association qui s'appelle We Change Corp, qui est située dans les Hauts-de-Force, et ensemble on participe à prendre soin de la planète. Et oui, on est une trentaine de facilitateurs qui intervenons sur plein de sujets autour de la transition écologique. Et justement, notre sujet commun avec Amori, c'est le déchet. Alors ensemble, on a créé un format dans le cadre de We Change Corp, qui s'appelle la capsule déchet. qui est un jeu qui permet de comprendre les enjeux sur la question du déchet tout en jouant. Donc c'est un format 100% ludique et j'ai adoré développer ce projet avec Amaury. Justement, partons à la découverte de son déclic. Bonjour Amaury, alors pour commencer, je voudrais savoir si tu peux te présenter en quelques mots, qui es-tu, où vis-tu et surtout, qu'est-ce qui te fait vibrer au quotidien ?
- Speaker #1
Alors bonjour Sophie. Je suis ravi d'être ici avec toi aujourd'hui. Alors moi, je m'appelle Amaury, j'ai 45 ans, j'habite dans un petit village qui s'appelle Chérand, dans la métropole lilloise. Et qu'est-ce qui me fait vibrer au quotidien ? Écoute, c'est d'avoir de l'impact sur mes actions, aussi bien personnelles, dans ma vie personnelle, que dans mon travail.
- Speaker #0
Et quand tu parles d'impact, qu'est-ce que tu veux dire par là ?
- Speaker #1
Alors impact, c'est vrai que c'est une bonne question parce que l'impact ça ne veut tout et rien dire moi je parle d'impact plutôt environnemental donc un impact notamment sur la réduction des déchets comme tu le sais c'est un petit peu une de mes passions le zéro déchet ou la réduction des déchets je parle d'impact sur mon empreinte carbone ok
- Speaker #0
Avant de parler écologie, est-ce qu'il y a eu un moment dans ta vie où tu as commencé à te poser des questions sur ton impact, justement, ou sur le monde autour de toi ? Alors, je dirais que ce n'est pas forcément le déclic, c'est plutôt les premières prémices, les étincelles, les choses qui ont commencé à te faire travailler cette question de l'écologie.
- Speaker #1
Oui, alors je vois tout à fait, oui. En effet, ce n'est pas forcément un déclic qui arrive comme ça du jour au lendemain. Mais je me rappelle qu'en 2018, C'est la naissance de ma fille. C'est l'année aussi où j'ai déménagé dans un quartier, dans un nouveau quartier, dans un quartier populaire de Lille. Et en fait, ces événements, lorsque ma fille est née, on m'a offert pour cet événement un livre qui est la famille Zéro Déchet et que j'ai découvert. Je ne savais pas du tout ce que c'était. Je n'étais pas du tout dans la... Dans le zéro déchet, je vivais normalement, je consommais à fond et je ne me posais pas de questions. Et quand ma fille est née et que j'ai découvert qu'il existait tout un monde, toute une multitude d'actions pour réduire son empreinte et pour consommer mieux et consommer moins, ça a fait comme un déclic. Je me suis dit que c'est ça qu'il faut que je fasse pour mes enfants et c'est ça qu'il faut que j'enseigne à mes enfants parce que nous en France, c'est notre futur, c'est le futur de notre planète. Donc, il faut leur laisser une planète pas trop dégueulasse. Alors, forcément, je me suis pris de jeu d'apprendre à toutes ces actions. Et j'ai trouvé ça vraiment super.
- Speaker #0
Est-ce que ton déménagement aussi a été un tournant ?
- Speaker #1
Oui, un petit peu, on va dire. Parce que j'ai déménagé dans un quartier de Lille qui était, comme je te disais, un peu assez populaire, dans lequel j'ai trouvé... trouver des voisins qui étaient beaucoup plus portés par un engagement écologique. Je suis très vite... lié d'amitié avec certaines personnes qui m'ont fait découvrir des associations, notamment Zero Waste France, dans laquelle je suis devenu assez vite bénévole, et qui organise toute une série d'événements autour de la réduction des déchets. Et ensuite, je me suis inscrit comme bénévole chez Super Quinquin. C'était la création qui ouvrait son premier magasin coopératif et participatif. Je ne sais pas si tu connais un petit peu le concept. Oui, explique-nous donc. C'est un concept super sympa de magasin dans lequel ce sont les clients du magasin qui vont aussi être les salariés, donc ce ne sont pas vraiment des salariés, qui vont être bénévoles et qui vont travailler tous les jours pour porter l'activité de ce petit supermarché. Et c'est un supermarché où on va trouver beaucoup de produits bio, des produits en vrac, des produits locaux. Donc, une manière de consommer qui est, à mon avis, beaucoup plus vertueuse que d'autres types de super ou d'hypermarché. Donc, j'ai trouvé ça vraiment super intéressant. Et donc, c'est comme ça que j'ai mis mon premier pied un petit peu dans l'économie sociale et solidaire.
- Speaker #0
Ok. Alors, si je ne me trompe pas, tu avais un job complètement différent de celui que tu as actuellement. Est-ce que tu peux nous raconter ce switch, ce déclic au niveau professionnel ? qu'est-ce qui fait que tu as... changer complètement de voie professionnelle ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Alors en fait, j'ai travaillé, donc moi j'ai fait des écoles, des études de commerce, une grande école de commerce, un master en marketing international. Donc à l'époque, c'était dans les années 2000, j'étais content et je me suis dit que ça allait me servir forcément pour aller travailler dans une grosse boîte quelque part et gagner beaucoup de sous. Et puis en fait, au fur et à mesure du début de mon parcours, cours professionnel, après être parti à l'étranger, tout ça, je suis revenu. J'ai intégré un incubateur pour monter une start-up. Le projet de monter une start-up en partant de zéro, j'ai trouvé ça hyper passionnant. On travaille vraiment sur toutes les facettes de développement d'une activité, et c'était dans les nouvelles technologies. Donc le projet est très intéressant, par contre, l'impact de ce projet ne faisait pas sens. Donc j'étais dans cet incubateur, on a monté le projet. On était prêts à se lancer, c'est-à-dire faire une levée de fonds auprès d'investisseurs pour se lancer sur le marché. Mais là, je me suis dit qu'en fait, le projet est très intéressant, mais le produit ne m'apportait rien en termes d'impact et ne répondait pas à mon besoin d'engagement. C'est là où je me suis dit, je pourrais peut-être faire autre chose de mes compétences. Et c'est pour ça que j'ai décidé de... de quitter ce projet, de revendre mes parts et de m'inscrire dans un autre projet qui était totalement différent. J'ai même commencé bénévolement.
- Speaker #0
Quel était ce nouveau projet qui apparemment faisait plus sens pour toi ?
- Speaker #1
C'était une petite structure qui démarrait, qui aujourd'hui est plus petite, mais qui s'appelait Haut-Lac-Ansigne et qui avait à cœur de développer la filière du réemploi dans les Hauts-de-France. donc ce sont deux personnes deux filles qui ont lancé ce projet pas forcément innovant parce que la filière du réemploi comme tu le sais, le réemploi ça se faisait déjà, nos parents, nos grands-parents le faisaient, la consigne c'est pas quelque chose qu'on a inventé mais c'est quelque chose qu'il fallait réinventer aujourd'hui dans une société où on consomme beaucoup de produits de contenants jetables, notamment les boissons. Tout est jetable, on l'achète en hypermarché, des packs, machin. Et même le verre, aujourd'hui, le verre est recyclable, il y a des filières, c'est ce qu'on nous dit, donc on y va gaiement. Mais la vérité, c'est que le verre, ça consomme énormément de ressources, en eau, en énergie. Le fait de pouvoir réemployer des bouteilles, de les laver, de les renployer plutôt que de les recycler, c'est quelque chose tout de suite qui m'a... qui m'a stimulé. Donc voilà, j'ai décidé de rentrer dans ce projet, je les ai accompagnés pendant deux ans. J'ai trouvé ça super intéressant.
- Speaker #0
Et depuis, si je ne me trompe pas, tu as à cœur d'avoir un job qui soit aligné avec tes convictions ? Oui,
- Speaker #1
tout à fait. Oui, je me suis dit par la suite de cette aventure que quand on a la conviction, quand on a envie de s'engager, quand on n'a pas peur de prendre quelques risques, Je me suis dit justement qu'il était possible de suivre une voie dans laquelle on pouvait avoir un impact. Moi, forcément, comme je te l'ai dit, je n'ai pas fait d'études spécialisées dans l'ingénierie écologique, dans l'environnement, tout ça, mais j'ai appris par moi-même. J'avais des compétences sur d'autres choses et la passion sur la réduction des déchets. Donc c'est comme ça que je me suis lancé. Je me suis dit, oui, je peux tout à fait essayer d'aller chercher un job qui va répondre à mon engagement et essayer d'en vivre. Forcément, il ne faut pas avoir peur de s'engager, de prendre des risques. Il faut avoir l'envie et rencontrer les bonnes personnes. Parce que je pense que c'est quand même... aussi beaucoup une histoire, une aventure humaine dans laquelle on va rencontrer des personnes qui sont aussi convaincues. Comme nous deux, on se rencontre, on s'est rencontrés et on sait que on est tous les deux, on a un fort engagement et on a envie d'avancer. Donc c'est tout à fait possible.
- Speaker #0
Et alors je dirais, quelles seraient les personnes qui ont été un peu décliques dans ta vie, que tu rencontrais et qui ont fait déployer des projets, des compétences ?
- Speaker #1
Il y a beaucoup de... Personnes que j'ai rencontrées qui m'ont permis d'avancer. Soit ce sont des personnalités publiques au travers des émissions ou des livres que j'ai pu découvrir, qui m'ont donné envie d'aller plus loin. Ensuite, des personnes qui étaient déjà engagées au quotidien et qui m'ont inspiré. Il y a toi, Sophie, par exemple, qui est une petite source d'inspiration quand même dans le zéro déchet. Ensuite, j'ai rencontré pas mal de... de personnes. Alors, à la suite de, comme je te disais, après mon aventure chez Ola Consigne, j'ai été contacté par une personne qui s'appelle Heather Norin et qui avait cofondé, qui a cofondé l'association WeChange. WeChange, c'est un programme éducatif autour des thématiques de la transition écologique pour les enfants dans les écoles primaires, mais aussi un peu plus largement pour les collectivités et aujourd'hui, même les entreprises. Heather m'a contacté en disant qu'on aimerait bien avoir Alors tes compétences sur la partie zéro déchet, sur la partie communication, marketing, pour développer notre association. Et donc moi, ni une ni deux, je leur ai dit, Banco, votre projet me plaît à fond. C'est pour les enfants. Donc moi, comme je te l'ai dit, j'ai à cœur de pouvoir éduquer mes enfants, mais aussi tous les autres enfants sur ces thématiques qui sont super importantes. Et en plus, si je peux y trouver une activité. une activité professionnelle, qu'elle soit bénévole ou semi-bénévole, parce que financée quand même, j'ai tout à y gagner.
- Speaker #0
Depuis, toutes les actions que tu mets en place au niveau pro, au niveau perso, quels seraient les bénéfices que tu as constatés dans ta vie, que ce soit pour la planète, pour ta famille, pour ton entourage, ton travail ? Qu'est-ce que tu en retires de positif ?
- Speaker #1
C'est une bonne question. Quels sont les bénéfices ? Kuchaaaaa Beaucoup de bénéfices. Ça part toutes ces actions. Alors si je te parle un petit peu plus de la thématique dans laquelle je me suis spécialisé, qui est plutôt, comme toi, le zéro déchet, l'économie circulaire, je pense qu'on a tout à y gagner. Au départ, il y a quelques contraintes, forcément. Il faut changer ses habitudes. Mais une fois qu'on a changé ses habitudes de consommation, on y gagne économiquement. parce qu'on n'est plus... On peut acheter sans arrêt de neuf et essayer de trouver des solutions pour réutiliser, pour réemployer, réparer. On y gagne assurément. Et ensuite, les bénéfices pour la planète, ça, je ne parle même pas. On sait très bien qu'il n'y a forcément que des bénéfices à diminuer son empreinte carbone. Et les bénéfices aussi sur la partie humaine, sur le fait de pouvoir influencer. diffuser ces messages à son entourage. C'est super exaltant, je trouve. Notamment quand on a la chance de pouvoir animer des ateliers, des fresques ou des ateliers sur le zéro déchet et d'aller chercher des nouveaux publics et de montrer aux jeunes et aux moins jeunes qu'il existe mille et une manières de consommer différemment et d'y gagner.
- Speaker #0
Là, en ces derniers temps, je trouve qu'on entend beaucoup que l'écologie c'est difficile, des gens qui qui baissent les bras, qui se sentent démunis. Toi, de ton côté, je sens que cette action perdure depuis longtemps. Tu parlais de 2018, donc au moins une douzaine d'années. Qu'est-ce qui fait que ces actions perdurent depuis tout ce temps-là ?
- Speaker #1
Parce qu'honnêtement, je pense qu'une fois qu'on se lance dedans et qu'on se lance vraiment avec une réelle conviction, on ne revient pas en arrière. On ne peut pas être écolo un jour et le lendemain dire « Ah ben non, j'arrête d'être écolo » . Une fois qu'on a découvert… Toutes ces astuces et toutes ces choses qui font qu'il peut avoir un impact déjà personnel sur son entourage ou sur sa vie personnelle, mais aussi un impact au niveau professionnel, donc vraiment beaucoup plus large, on se dit que c'est vraiment chouette. On a tout à y gagner de continuer dans cette voie-là, de rester positif. Il faut forcément rester positif, malgré, comme tu le dis, le contexte économique, le contexte politique, toutes les personnes qui n'y croient pas et qui vont te dire « mais non, ça ne sert à rien » . Moi, je pense qu'on devrait tous agir comme des petits colibris et chacun faire notre part, peu importe ce qui se passe autour.
- Speaker #0
J'entends que tu veux nourrir le côté lumineux de la force pour continuer dans le temps. je te propose de clôturer tout doucement pour finir quel serait le mot la phrase ou le conseil que tu donnerais à quelqu'un qui hésite encore à se lancer j'ai envie de te dire je vais utiliser une citation connue une
- Speaker #1
référence d'un film oublie que t'as aucune chance mais oublie que c'est compliqué au départ sur un malentendu tu peux tout y gagner à consommer différemment et à apprendre Je te parle du zéro déchet, mais tout sur le climat, sur la mobilité, le numérique, l'alimentation. Il y a 10 000 choses à faire. Donc, il faut se lancer un petit peu au niveau personnel. Et puis après, voir si on peut essayer de diffuser auprès des autres.
- Speaker #0
Oublie que c'est difficile et lance-toi. Oui,
- Speaker #1
ce n'est pas si difficile que ça, en fait. Il faut découvrir des bons podcasts comme le tien. Il y a plein de bouquins aussi qui en parlent, des émissions sur YouTube. YouTube. Il y a des associations qui œuvrent pour montrer tous les week-ends, pour faire des ateliers, pour faire découvrir ces actions. Donc non, il faut se lancer. Il faut rechercher un petit peu autour de soi. Et il y a forcément une manière de mettre un pied dedans. Et d'avancer.
- Speaker #0
Merci beaucoup Amaury pour cet échange très inspirant.
- Speaker #1
Merci à toi Sophie.
- Speaker #0
Je te souhaite une belle journée.
- Speaker #1
Merci également.
- Speaker #0
Au plaisir.
- Speaker #1
Salut.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Rêve la planète. Si ce que vous avez entendu vous a inspiré, soutenez ce podcast. Un 5 étoiles sur votre plateforme musicale, un commentaire ou un partage, c'est comme ça qu'il compte. Retrouvez tous les épisodes et nos interventions sur la transition écologique sur le site ecotransitionoboulot.fr Et souvenez-vous, le déclic écolo, c'est souvent juste une question de premier pas. Au plaisir !