- Speaker #0
N'oubliez pas de vous abonner à la chaîne pour ne manquer aucune de mes vidéos ! Bienvenue dans le podcast Rêve la planète. Ici, on explore les déclics écologiques qui transforment des vies. A travers des interviews inspirantes de personnes qui agissent au quotidien, on va ensemble décrypter ce qui fait basculer leur façon de voir les choses. On va aussi partager des prises de recul sur la motivation, les doutes et les petites victoires du quotidien. Ou encore vous donner des idées concrètes pour vous lancer. Bref, on parle de levée d'action et pas de culpabilité. Et on prouve que chaque geste compte. Je suis Sophie Free, formatrice en transition écologique. Mon job, vous aider à passer de l'intention à l'action avec des ateliers, des formations, parce que la planète a besoin de tous les talents et que le vôtre compte. En route pour un nouvel épisode. Bonjour à tous, aujourd'hui j'ai le plaisir d'accueillir Gaëlle Bayeul. Gaëlle, c'est une militante jusqu'au bout des ongles. J'ai eu la chance de la rencontrer dans le cadre de mon travail, de l'animation sur le sujet des déchets. C'est une personne qui est passée d'un statut de cliente à un statut d'amie. En effet, on a ce sujet en commun qui nous a finalement réunis. Au fil des années, j'ai remarqué que Gaëlle fait vraiment bouger les choses, autant dans son travail, dans sa famille et même dans son village. Finalement, elle utilise tous les leviers à sa disposition pour œuvrer dans tous les secteurs de sa vie. Je trouve que Gaëlle a une belle capacité de réflexion et ce qui la pousse à agir, c'est qu'elle prend conscience des enjeux, mais aussi qu'elle les partage généreusement autour d'elle. Partons à la découverte de ces déclics. Gaëlle, bonjour. Alors pour commencer, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ? Qui es-tu ? Où vis-tu ? Et surtout, qu'est-ce qui te fait vibrer au quotidien ? Bonjour, alors je suis Gaëlle Bayeul, j'habite dans le Pével, à Pont-à-Marc.
- Speaker #1
et dans la vie je suis chargée de mission développement durable. Ce qui me fait vibrer, c'est de pouvoir convaincre, ou en tout cas aider à cheminer vers des gestes de transition, que les gens puissent adapter leur mode de vie à un bien commun, à ce qu'on puisse bien vivre ensemble avec la nature, avec ce qui nous entoure, et que ce soit tous ensemble.
- Speaker #0
Ok, donc l'humain et la nature.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Chouette. Avant de parler écologie, est-ce qu'il y a eu un moment dans ta vie où tu as commencé à te poser des questions ? Ton impact sur le monde autour de toi, ce n'est pas forcément vraiment un déclic, mais quelque chose qui a été un terreau, une étincelle qui t'a amené à amener de l'écologie dans ta vie quotidienne ?
- Speaker #1
C'est surtout pendant mes études que je me suis posé ces questions-là. D'abord, j'ai fait des études sur la biologie, le cheminement, le process biologique m'intéressait beaucoup. et donc tout ce qui était embryogénèse, habitat, qu'est-ce qui faisait du lien, ce qu'on appelle aussi la chaîne alimentaire, voilà tout ça. Et puis après j'ai fait des études en milieu industriel, et donc là aussi il était toujours question de process, mais là on parlait de matière, de matériaux, de fabrication, de production, et notamment j'ai été responsable qualité, donc efficacité de la production, donc réfléchir. à ce que ces process soient efficaces, qu'est-ce qui les rend pertinents. Et alors toutes ces questions-là, aussi bien biologiques que production industrielle, elles m'ont amenée à réfléchir sur nos impacts. Qu'est-ce qu'on modifie quand on agit ? Qu'est-ce qu'on modifie dans la nature ? Qu'est-ce qu'on modifie dans nos process industriels ? Et tous les impacts que ça a. Et en fait, j'avais déjà un terreau intéressant qui m'aidait à réfléchir à ça, c'est que je viens d'un milieu assez populaire, le bassin minier. Et donc, en fait, des réflexes d'économie, des réflexes de « on fait avec ce qu'on a » , j'en avais plein, parce que ça avait été mon quotidien depuis mon enfance, avec mes grands-parents, avec mes parents. Donc, les toilettes sèches, ça fait longtemps qu'on connaît. Et donc, associer les deux, c'était simple pour moi, en fait. Et ça me paraissait bien naturel qu'on puisse associer les deux et de revenir, c'est pas le bon mot. mais en tout cas d'évoluer vers ce qu'on connaissait d'avant avec le confort d'aujourd'hui. Et ça, je crois vraiment en ça.
- Speaker #0
Donc on a parlé étincelle, moi j'entends qu'il y a un terreau favorable, autant dans ta façon d'avoir été nourrie dans tes études, autant sur ton terrain familial. Mais à un moment donné, j'ai l'impression que tu as eu quelque chose qui t'a vraiment fait switcher, qui représente, je dirais, un déclic écologique. Est-ce que tu peux nous raconter quel a été ce moment ? tu t'es dit, là, il faut que j'y aille. Là, il faut que j'agisse. Il faut que je change les choses.
- Speaker #1
En fait, quand j'ai commencé à travailler, j'ai travaillé sur une certification les impacts sur l'environnement d'une société. Et j'ai trouvé que c'était bien sympa et qu'on faisait des économies aussi. Donc je trouvais ma place dans ce monde d'entreprise, en apportant quelque chose et en fait avec beaucoup de difficultés, à convaincre les gens que finalement, ils voyaient plutôt gagner de l'argent par de la vente et pas gagner de l'argent en faisant de l'économie, en étant plus productifs. c'est un terme qui est compliqué. Du coup, je n'étais pas nourrie par ça dans mon entreprise, et donc je me suis tournée vers le monde associatif, et notamment les déchets, c'est là-dessus que je travaillais. Et donc, j'ai commencé à faire des actions au niveau de l'association. Et là, j'ai été nourrie par ça, en fait. Donc ça, c'est devenu très intéressant de rencontrer des gens qui étaient convaincus aussi, qui voulaient passer à l'action, un territoire qui voulait y réfléchir. Et ça, c'est devenu... passionnant. Et après, on est découlé d'autres choses, parce que des déchets découlent plein de choses. On se rend compte d'un coup de l'intérêt sur la santé, on se rend compte aussi de comment on gère nos déchets, et aujourd'hui on n'en parle presque plus, mais on parlait encore d'enfouissement, et de tous les impacts que ça a sur la biologie, et sur la nôtre surtout, parce qu'en fait, défendre la faune-flore, c'est défendre nous aussi, on respire la même chose, on mange la même chose.
- Speaker #0
Donc si je comprends bien, ton déclic c'était lors de ton premier job quand tu as travaillé sur le lien environnement et bien-être et qualité si j'ai bien compris. Et ensuite ça t'a fait aller vers la création d'associations pour pouvoir agir plus concrètement si je comprends bien.
- Speaker #1
C'est ça. J'ai fait partie du conseil citoyen. Je ne savais pas trop encore comment je pense. que le service public peut vraiment impacter beaucoup collectivement. Notre action à chacun elle est intéressante mais elle est quand même minime, ça nous prend du temps et donc je me suis tournée vers les instances publiques qu'on avait et notamment le Conseil citoyen. Et dans ce Conseil citoyen, j'ai rencontré des gens qui avaient envie de travailler sur les mêmes thématiques que moi. Et comme on était un peu les ambassadeurs de notre territoire, on était un peu privilégiés pour... regrouper des gens et dire, ben voilà, on cherche à avoir votre avis, et on ira la retransmettre au Conseil citoyen, et donc à nos élus. Et donc à partir de là, on a fait des réunions, et on a rencontré des gens qui avaient envie de bouger, et puis des gens informés aussi, donc des gens qui nous ont expliqué comment étaient traités les déchets, quels impacts ça avait, et donc ça a amené de la compétence à chacun sur ce domaine-là. Et en fait, l'association, elle est née du fait qu'on avait acquis ces compétences-là, et qu'on se retrouvait en position de pouvoir expliquer. quels étaient l'intérêt et quels étaient les impacts et ce qu'on pouvait faire aussi. Et c'est devenu de plus en plus quelles solutions on a mis. Et notamment, après on s'est rapproché de Zero Waste France qui a des compétences certaines sur le sujet et donc ça nous a renforcés dans cette position de pouvoir apporter des solutions aussi ou en tout cas de faire des choix. Parce que c'est la grande question des gens, qu'est-ce qui est mieux ? Une voiture électrique, un vélo électrique ? électriques, se déplacer, pas se déplacer, prendre le train. C'est toujours très compliqué à démêler. Donc, ils sont en demande de ça, en fait. Quelle est la meilleure solution ?
- Speaker #0
Donc, si je comprends bien, tu as créé une association zéro waste, mais locale, pour pouvoir agir. Et concrètement, quelles sont les actions que vous mettez en place avec l'assaut ?
- Speaker #1
Alors, il y a deux types d'actions. On est toujours dans le plaidoyer fort vis-à-vis de nos élus. On leur dit qu'il n'y a pas que des gens qui râlent. qui ont des déchets, mais qui ont aussi toute une partie de la population qui a envie que ça change, qui a envie de faire des efforts. Alors, lesquelles ? Toujours avec bonheur, mais qui sentent qu'elle doit les faire. Et puis, après, il y a toute une partie sensibilisation, parce qu'il faut bien accompagner ces moments parfois pas drôles, ou juste qui manquent d'informations. Et donc, effectivement, on n'est pas tous à lire le magazine de sa communauté de communes, et donc il faut accompagner. les gestes d'explication. Et finalement, quand les gens sont informés, ils comprennent bien plus et ils acceptent bien plus facilement les gens.
- Speaker #0
Donc c'est des ateliers, des ateliers de sensibilisation, c'est des actions autres ? Alors,
- Speaker #1
on a fait beaucoup d'ateliers au début, mais finalement les gens qui viennent, c'est des gens qui sont déjà convaincus. Donc ça, c'est intéressant quand même parce qu'ils y trouvent des solutions. Et ça, on l'a fait pendant un temps. Maintenant, d'autres s'en emparent et nous, on continue vers aller chercher les gens là où ils sont. Donc aller au forum des associations du coin, on a fait des belles journées avec des clubs de foot aussi. Donc on va rencontrer les gens là où ils sont, sur les marchés. dans leurs associations pour leur montrer qu'il y a moyen d'évoluer dans leur pratique, que ce n'est pas forcément si compliqué et que ça peut leur faire faire des économies, et souvent même.
- Speaker #0
Trouver les leviers de motivation.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Au quotidien, ça se traduit comment dans ta vie, l'écologie, concrètement ?
- Speaker #1
Alors, personnellement, c'est un engagement très fort. Mais parce que j'ai été bercée dans... des actions de réduction. Donc ça, ça ne me pose pas de problème. Après, il a fallu embarquer la famille, mais c'est pareil. On est tant inventifs sur des solutions adaptées à chacun. Parce qu'au sein de son foyer, on n'est pas tous pareils, on n'a pas tous la même histoire. Mais des solutions, il y en a plein en fait. Des fois, on a l'impression que c'est compliqué parce qu'elles ne sont pas parfaites ou parce qu'il y en a trop. Mais en fait, non. C'est qu'il y en a une adaptée à chacun. dans ce qu'on mange, dans ce qu'on rejette, dans la façon dont on consomme, on peut se faire plaisir. Et nous, on y arrive plutôt bien, plutôt de manière économique. Donc ça, c'est toujours très intéressant. Et voilà. Ça prend parfois du temps, pensent certains. En tout cas, mes amis, mon entourage. Et en fait, il faut démontrer que le temps qu'on a pris à un endroit, c'est du temps indirect, en fait. Il a été gagné ailleurs. Donc voilà, quand on cherche un objet, quand on cherche quelque chose, quand on va en ressourcerie et qu'on fouille, en fait, on a peut-être été plus près de chez soi, et donc ça prend moins de temps. Pas là que à la caisse, en tout cas pour l'instant. Donc ça prend moins de temps, etc.
- Speaker #0
Donc tu trouves un certain nombre de bénéfices. Alors justement, qu'est-ce que ça t'apporte comme bénéfice dans ta vie quotidienne, de vrai, pour l'écologie, ou de consommer de manière un peu plus écologique ?
- Speaker #1
Je me sens en adéquation en tout cas avec ce que je suis. Je n'ai pas de culpabilité, je n'ai pas d'éco-anxiété, alors un peu globale, mais pas pour moi-même. Je me sens autonome aussi. Et donc ça, voilà, je n'ai pas la peur de ce qui va arriver. Là, je vois en ce moment beaucoup de gens chauds, mais en fait, il y a plein d'astuces qui ne coûtent pas cher et qui rendent le logement agréable. Donc ça, ça me rassure en fait. Je me dis que famille, elle est à sa place dans son territoire, dans ce qu'elle vit, et aussi dans sa société. Elle n'a pas d'impact sur les autres. Elle ne coûte pas cher à la société, elle ne pollue pas. Elle n'impacte pas sur la santé des autres. Ça, ça me rend plutôt sereine en fait. Et je me dis qu'on peut tous y arriver en fait. Il n'y a pas de raison. Si des petits peuvent y arriver, si des ados peuvent y arriver, si des hommes, des femmes peuvent y arriver, il faut juste réussir à impliquer tout le monde et on va s'en sortir.
- Speaker #0
C'est un positif. Alors justement, je trouve que ces derniers temps, on a quand même d'autres priorités que l'écologie, que ce soit dans les médias, que ce soit dans la société. Ce que j'entends, c'est que... ta motivation à œuvrer pour l'écologie, elle date de plusieurs dizaines d'années. Qu'est-ce qui t'aide à œuvrer dans la durée ? Qu'est-ce qui te motive ? C'est quoi ton terreau, en fait, pour continuer à œuvrer sur le si long terme ?
- Speaker #1
Il y a eu la phase où finalement, ça n'intéressait personne parce qu'on a l'impression que ça baisse en ce moment, mais il y a aussi eu une phase où les gens n'avaient même pas conscience, et ça, on l'a un peu oublié maintenant. Et ça, c'était parfois la plus dure, parce que moi, je savais derrière... processus industriel, ce qui se passait. Après, les gens ont pris conscience, ou en tout cas un certain nombre de gens, et là, ça a fait vraiment du bien. Je pense que ça m'a repoustée pendant 5 ans. Et puis après, en fait, c'est devenu indispensable. Je fais partie des gens qui pensent que c'est indispensable. Alors, il y a le fait de vivre moi-même en adéquation, mais ça, c'est pas lourd, c'est pas un souci, c'est juste que ma vie s'est adaptée pour qu'on n'ait pas d'impact. Et après, au quotidien, c'est devenu Une mission, parce que je pense que c'est hyper important. Je vois des gens tomber malades, je vois des conditions de vie plus dures, et je pense qu'on n'a pas les plus dures, nous, en France, dans le Nord. Et donc, je pense à tout ça, et notre place, quand on peut, elle est aussi de vraie pour tous. Donc maintenant, c'est ça qui me fait perdurer. Je vois les conditions de vie qui changent, et je me dis... Il y a un aspect important aussi, c'est qu'en fait, quand on fait de l'écologie, on fait beaucoup de liens sociaux, énormément. Et ça, c'est très agréable. Parce que finalement, on passe du temps à rediscuter. Ce n'est pas une appli qui nous fait changer de vie ou qui nous convainc d'un sujet, finalement. Et donc, c'est toujours des moments sympas. C'est des moments où on se rend compte qu'il se passe des choses. Moi, j'aime beaucoup les gens qui réfléchissent. Et je me dis, quand ils se posent des questions, quand ils sont là en atelier, quand on est sur un forum et qu'on discute, quand on cherche une solution dans mon quartier pour mettre un composteur collectif, ça fait toujours du bien aux gens.
- Speaker #0
Bon, bravo. En tout cas, c'est très inspirant de t'entendre. Pour finir, quel est le mot, la phrase ou le conseil que tu pourrais donner à quelqu'un qui hésite encore à se lancer ?
- Speaker #1
De tester. Vraiment. Vraiment, il faut tester. Je connais quelqu'un de bien qui a dit qu'il fallait tester pendant trois jours. Et j'ai fait appliquer ça à des gens même réfractaires. Et c'est vrai que ça marche.
- Speaker #0
21 jours.
- Speaker #1
21 jours, ça marche.
- Speaker #0
Trois semaines.
- Speaker #1
Mais vraiment, voilà. J'ai vu plein de gens tester des choses. pour me faire plaisir. Alors voilà, vous trouvez cinq personnes autour de vous qui ont envie de vous faire plaisir, vous leur demandez de tester et ça marche bien mais on l'applique sur plein de choses. Là où je travaille, on fait des essais en gestion différenciée, on fait des essais de zone de protection, on fait des essais. Alors il y a toujours des gens qui nous renvoient des choses négatives mais c'est avec cela qu'il faut discuter parce qu'ils n'ont peut-être pas l'info et c'est important.
- Speaker #0
Donc voilà, la force du test. Testons, testons. Merci beaucoup Gaëlle pour cet échange très intéressant. Je souhaite une bonne journée. Merci beaucoup. Avec plaisir. Rêve la planète. Merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Rêve la planète. Si ce que vous avez entendu vous a inspiré, soutenez ce podcast. Un 5 étoiles sur votre plateforme musicale. Un commentaire ou un partage, c'est comme ça qu'il est bon. Retrouvez tous les épisodes et nos interventions sur la transition écologique sur le site ecotransitionoboulot.fr Et souvenez-vous, le déclic écolo, c'est souvent juste une question de premier pas. Au plaisir !