- Speaker #0
Parfois de bon sens, il y a aussi beaucoup de bon sens dans notre métier. Le contrat, ce n'est pas juste un document signé, c'est vraiment un outil qui aide à faire avancer le projet. Là, ça m'est un peu apparu comme une révélation, parce que je me suis dit, ça peut être un vrai terrain de jeu. Tu gouvernes le monde, quoi ! Je me suis dit, pour Milière, parce qu'on est petit, on ne nous voit pas forcément, mais on travaille à plusieurs, d'arrache-pied.
- Speaker #1
Je suis Sébastien Miller, manager de transition, et je suis très heureux de vous accueillir dans le podcast du contract management. Bonjour à tous, chers auditeurs, je suis très heureux de vous accueillir sur un nouvel épisode du podcast Portrait de Contract Manager, itinéraire et histoire vraie, et je suis très heureux aujourd'hui d'accueillir Marie Dazigneras. Marie, bonjour !
- Speaker #0
Bonjour Sébastien, et merci pour cet accueil chaleureux, je suis honorée de participer à la tour podcast.
- Speaker #1
Je suis très heureux aussi de t'accueillir. Alors, pour rentrer dans le vif du sujet, Marie, qui es-tu ?
- Speaker #0
Alors, j'ai 28 ans, j'ai une formation de juriste en droit des contrats et j'ai commencé ma carrière en tant que juriste. Désormais, je suis contract manager depuis 4 ans.
- Speaker #1
Bien. Alors, si tu devais expliquer ton métier de contract manager ? À quelqu'un qui n'en a jamais entendu parler, et j'imagine que ça t'est déjà arrivé, qu'est-ce que tu dirais ?
- Speaker #0
D'habitude, j'utilise un exemple un peu bateau pour dire à quoi ça sert. Très schématiquement, je dis, imaginons que demain EDF veuille construire une centrale. Pour ce faire, ils vont contractualiser avec plein d'intervenants. Ce sont des projets qui coûtent super cher, qui vont durer des années. Et pour faire en sorte que le projet se gère bien, ils vont avoir besoin de quelqu'un qui s'occupe du contrat. Donc, ça va être un peu le référent de ce contrat-là, ou du projet, ou de tous les autres contrats dans le cadre du projet, qui va se charger de faire en sorte que chacun respecte les obligations du contrat, les délais, les éléments financiers, pour que tout se déroule bien. On est un peu l'intermédiaire entre tous ces intervenants, mais en fait, comme il y a tellement de gens qui interviennent sur le projet, que ça dure des années, on a besoin de ce petit garde-fou, cette petite personne qui s'occupe de faire en sorte que ça soit toujours bien respecté, que dès lors qu'il y a une question qui survient, et il y en a un paquet, qu'on puisse s'y référer pour savoir comment interpréter le contrat. Et puis, si jamais ce n'est pas écrit dans le contrat, comment on peut gérer une situation opérationnelle d'un point de vue légal, contractuel, et si ça n'est pas parfois de bon sens. Il y a aussi beaucoup de bon sens dans notre métier. Donc, c'est un peu comme ça que je le définis. C'est en donnant cette image. Oui, c'est vraiment cette image-là. Pas toujours. Ah ouais, du coup, t'es avocate ? Alors non, je ne suis pas avocate. Je ne suis pas juriste non plus. Parce qu'effectivement, on est nombreux à avoir une formation initiale de juriste, mais en fait, c'est tellement opérationnel que les frontières sont complètement floutées par rapport à cette formation initiale de juriste. Parce que c'est la preuve, il y a plein de contract managers qui sont ingénieurs de formation. Mais en fait, En fonction du projet que l'on suit en tant que contract manager, tu te spécialises à chaque fois de façon différente en fonction du secteur dans lequel tu es, de ton contrat, de tes acteurs. Donc en fait, il n'y a même pas une formation qui est actée, qui est la plus propice pour faire contract manager. Les lignes sont complètement floutées. Je dis ça, je dis aussi que je suis là aussi pour faire en sorte que le contrat, ce n'est pas juste un document signé, c'est vraiment un outil qui aide à faire avancer le projet. On est là pour donner des outils, un cadre, des méthodes, mais tout ça pour aider la gestion de projet.
- Speaker #1
Très bien. Alors, tu l'as déjà un peu dit, mais au début, tu te destinais à... À quel métier ? Enfin, tu as fait quelles études ? Avec quel objectif ?
- Speaker #0
Alors, à la base, mon objectif, c'était d'être magistrate. Donc, tu dois te dire, mais qu'est-ce que tu fous là ? Des années après, qu'est-ce qui s'est passé ? Eh bien, ce qui s'est passé, c'est qu'au moment de ma L2, donc ma licence, enfin, deuxième année de licence, je me suis dit que finalement, ce n'était plus ce que je voulais faire. Je ne voulais plus faire du droit. Donc, je me suis quand même dit, je vais aller jusqu'au bout de mon cursus. Je n'ai pas fait un an...
- Speaker #1
C'était tard dans le cursus, déjà.
- Speaker #0
Enfin, ou bien avancé. Oui, c'est ça. En L2, tu me diras, on n'avait fait que deux ans. Mais je me suis dit, je me suis continuée la première année. Je ne vais pas m'arrêter là. Puis, il y en a ce truc de se dire, avec du droit, c'est un bagage qui t'aide à tout faire. J'avais envie de voir finalement ce que je pouvais faire avec ce bagage. Donc, je suis allée jusqu'au bout, même si ça ne me plaisait plus trop. Et jusqu'au moment, L3, une année après, où j'ai découvert le contrat. Donc là, ça m'est un peu apparu comme une révélation parce que je me suis dit, ça peut être un vrai terrain de jeu. Et d'ailleurs, je me rappelle d'une phrase de mon oncle, « François, si tu passes par là, la dédicace est pour toi » , qui me disait que, en gros, toute relation est érigée soit par la loi, soit par le contrat. Donc en fait, à partir du moment où tu maîtrises les deux, tu gouvernes le monde, quoi. Je me suis dit, intéressant comme philosophie, j'ai envie d'en savoir plus. Donc c'est comme ça que j'ai continué dans cette voie-là. Après, j'ai découvert que le terrain, les projets, les délais, Le contrat, il n'est souvent pas respecté. Il faut surtout bien le suivre parce que sinon, il fait sa vie sans toi. Mais du coup, c'est à ce moment-là que je me suis dit, bon, finalement, c'est vraiment cette dynamique-là que j'ai envie de poursuivre.
- Speaker #1
Qui t'a fait basculer.
- Speaker #0
Qui m'a fait basculer, exactement.
- Speaker #1
Tu as déjà donné pas mal d'éléments, mais est-ce qu'il y a des éléments complémentaires ou des moments complémentaires ? Tu as basculé vers le contract management, c'est-à-dire ça il y a Eureka, c'est ce que je veux faire.
- Speaker #0
Effectivement, il y a des fois où je me suis dit, en fait là c'est pas possible. En fait j'avais un besoin d'opérationnel, j'en avais marre de me dire, quand j'étais juriste j'en avais marre de dire aux personnes qui venaient me voir pour que je les aide, que je les conseille, de leur dire, ben non c'est illégal, c'est non contractuel. Et voilà, stop, ça s'est arrêté là. Ça s'arrête là. Voilà, donc en fait...
- Speaker #1
Mais ça donne pas beaucoup de solutions ça.
- Speaker #0
Pas trop, non, effectivement, c'est vraiment le genre de réponse qui n'est pas... personne. Donc, j'avais vraiment besoin de trouver un intérêt, un espèce de prisme au travers duquel je pouvais exercer ma pratique de droit. Et ce prisme, c'est tout simplement le projet. Donc, j'ai découvert le contract management parce que c'était un peu la fin de mes études. Il y avait quelqu'un qui était venu faire une intervention. Donc, j'avais eu ça dans un coin de ma tête. Et après, je me suis dit, non, mais en fait, c'est ça, c'est ça, mon tremplin pour retourner vers l'opérationnel, pour trouver quelque chose de très concret. En fait, c'est le contract management. Comme ça, je peux réutiliser mon bagage juridique, mais en le mettant au service de quelque chose qui bouge, qui suppose qu'on échange tout le temps avec des gens différents, qu'on puisse intervenir dans des domaines à chaque fois très variés. Donc, c'est vraiment ce besoin d'opérationnel et de dynamiser ma pratique du droit qui a fait que je me suis tournée vers le contract management.
- Speaker #1
Donc, tu recommandes... Tout le contract manager, d'aller parler de son métier à des étudiants et d'ainsi de pouvoir recruter des gens de qualité.
- Speaker #0
Ah mais complètement, allez-y, parlez de votre métier et surtout des études, parce qu'en plus ça aide tellement les étudiants à savoir que quand t'es dans le droit, t'es pas forcément destiné à être notaire, huissier, avocat ou juge. Franchement, qu'est-ce que c'était salvateur d'entendre...
- Speaker #1
Il y a des métiers plus intéressants.
- Speaker #0
Plus intéressant et surtout différent, auquel on ne pense pas forcément parce que... Voilà,
- Speaker #1
qui correspond mieux à des aspirations.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, exactement.
- Speaker #1
Alors, aujourd'hui en tant que contract manager, à quoi ressemble une de tes journées ?
- Speaker #0
Alors, tu vois, une journée de contract manager, c'est vraiment celle qu'on a prévue. Ça, c'est sûr que c'est la seule constante dans une journée de contract manager, c'est qu'elle ne se passe jamais comme prévue. Tu commences en disant, ok, je vais prendre de l'avant, je vais faire du... Je vais faire de la traçabilité, je vais essayer de faire de l'anticipation de sujets qui pourraient survenir et en tout cas qui pourraient se corser. par la suite et en fait tu repars et tu rassures les gens que personne n'avait anticipé un contrat que tout le monde redécouvre ensemble. En gros c'est ça. Après bien sûr il y a des journées qui se ressemblent plus que d'autres parce qu'en tant que contract manager on instaure une forme de routine contractuelle, des espèces de réunions qui permettent de faire le point sur ce qui s'est passé d'un point de vue opérationnel. Donc là par exemple je suis avec mon chef de projet, il me dit aujourd'hui ce qui s'est passé ici, ce qui s'est passé là. la grue est tombée sur le chantier. Ah bon, moi, en tant qu'entendant de manager, je me le note. J'ai tout un tas de petits outils qui me permettent de suivre tout ça. Je me le note et derrière, je vais aider ce chef de projet à dire, écoute, tu vois ça, comment est-ce que tu vas le gérer d'un point de vue opérationnel, d'un point de vue contractuel ? Donc, c'est vraiment des choses... C'est pour ça qu'on part avec une liste de courses bien plus importante que celle au départ. C'est qu'en fait, en échangeant avec les gens du projet, un problème qui paraît soit anodin, Soit les gens pensent qu'en fait, il a une seule finalité qui est opérationnelle. Pas du tout. Ce n'est pas forcément le convertir autrement, mais c'est juste mettre le doigt sur cette problématique et dire que ça peut avoir des conséquences et les aider dans ces conséquences.
- Speaker #1
Les implications contractuelles, financières, toutes les dimensions.
- Speaker #0
Oui, exactement.
- Speaker #1
Alors tu es contract manager depuis quelques années, alors on entend que tu es toujours motivée par ce métier, qu'est-ce qui te motive toujours aujourd'hui ?
- Speaker #0
Eh bien c'est le fait que j'apprenne tous les jours. Alors je vous vois venir les seniors, vous allez me dire que c'est parce que je suis en début de carrière, bien sûr, bien sûr que j'ai encore plein de choses à apprendre.
- Speaker #1
Tu sais les seniors, tu me regardes en disant les seniors, tu as raison, mais on en apprend aussi tous les jours.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. C'est que tu en apprennes tout le temps plus en fonction de ton projet, tes interlocuteurs, tes besoins. Parce qu'en vrai, je trouve que c'est encore plus symbolique dans notre métier. Mettons que tu es spécialiste du secteur BTP. Tu te dis, allez, je roule ma bosse. Ça fait quelques années, je commence à maîtriser le domaine de la construction. Mais demain, tu interviens avec un chef de projet qui veut te donner plein de choses à faire. Il t'inclut énormément dans... dans sa gestion de projet à lui, tu vas apprendre plein de trucs. Tu as la possibilité d'être immergé à des endroits que tu ne pouvais pas du tout espérer toucher du doigt en étant, j'allais dire simplement juriste, un peu réducteur, mais la fonction de contract manager, ça te permet d'intervenir à des points névralgiques du projet et ça, du coup, ça change en fonction de ton projet, ça change en fonction de tes interlocuteurs. Et c'est ce qui fait qu'en fait, tu apprends tout le temps. Tu apprends tout le temps parce que notre métier, il évolue. En plus, il est jeune encore, il a 15 ans. Donc, on a encore plein de choses à découvrir. Et c'est vraiment super intéressant. Il faut être très curieux pour faire ce métier. Mais quand tu as envie de t'éclater, je trouve que c'est la meilleure façon d'en apprendre tous les jours. Donc, c'est ça qui me motive. Très intéressant. C'est ça qui me motive plus le fait d'échanger avec plein de gens. C'est un métier d'équipe. On ne travaille pas du tout tout seul dans sa yourte au fin fond de je ne sais quoi. On est impliqué au même titre que tous les autres. Et ça aussi, c'est un truc qui est intéressant. C'est que je me suis dit, mon Dieu, en tant que juriste de formation, je vais travailler sur des projets complexes d'ingénierie, du nucléaire, des énergies, etc. Je n'y connais rien. Je ne sais pas comment se compte une chicane d'extraction. Je ne sais toujours pas comment on le fait. Par contre, ce qui est super intéressant, c'est que tu travailles avec des gens qui t'expliquent en gros quels sont les enjeux, à quoi ça correspond. Du coup, c'est tout le temps des conversations comme ça où les gens t'apprennent leur métier et toi, tu montres comment tu peux les aider. Tu as tout le temps de valeur ajoutée. Ça, c'est tellement intéressant, je trouve. Encore plus quand, forcément, au début de carrière, tu te dis, je ne sais pas trop comment je peux aider les gens dans leur projet. C'est tellement complexe, c'est tellement énorme. Comment je peux avoir une valeur ajoutée à ça ? Et en fait, tu en as une parce que Ils ne pensent pas forcément à ce genre d'enjeux contractuels que toi, tu vas leur apporter. Donc, c'est vraiment une collaboration, un travail d'équipe. Et c'est ces échanges quotidiens, cette relation humaine qui se crée autour du projet qui me plaît et qui me motive.
- Speaker #1
C'est intéressant ce que tu expliques, Paris, puisque si je l'exprime autrement, finalement, être contract manager, ce n'est pas être une fonction support et donc être autour des projets, mais c'est vraiment être au cœur. des moments clés de la vie d'un projet, de la vie d'une relation avec un client, d'une entreprise, et tu te sens vraiment au cœur du réacteur et ça aide à te faire. Oui,
- Speaker #0
c'est exactement ça, tu es énergé.
- Speaker #1
Et puis en tant que senior, je vais me permettre de repartir. Mais je t'en prie, Sébastien ! Tu as raison, le métier se structure depuis 15 ans, mais avant on faisait déjà du contract management. Mais on ne l'appelait pas comme ça ! On l'appelait référent contractuel ! Oui, ou le rôle en tout cas était porté par quelqu'un d'autre, sans ces termes-là. Ne serait-ce que pour construire les édifices à Rome, Il y a certains métiers qui existaient dans la romantique qui ressemblent énormément au rôle du contract manager aujourd'hui. Mais bon, je m'égare un peu, mais c'est ta réflexion qui me faisait penser à cela. Alors sur ton périmètre actuel, où est-ce que tu penses que tu as le plus d'impact ? Est-ce que c'est avant la signature, en cours d'exécution, en fin de projet, voire en réversibilité ?
- Speaker #0
Ben en fait... Je vais un peu prêcher pour ma paroisse, mais je vais dire un peu à tout moment, parce qu'on intervient en phase pré-contractuelle, en phase d'exécution, et au moment justement de la réception et des éventuelles réclamations qui peuvent s'en suivre. Mais du coup, l'impact du contract management, il est essentiel à toutes les phases du contrat. Au moins, à chaque cycle de sa vie, il faut que le contract manager soit présent, parce qu'en phase pré-contractuelle, on va sensibiliser sur les risques. L'objectif, ce n'est quand même pas d'avoir un contrat qui soit complètement à l'ouest par rapport au projet. C'est de le teinter, c'est de lui donner les armes qu'il faut pour justement piloter le projet de la meilleure façon possible. Donc, c'est pour ça qu'on est vraiment pertinent en phase pré-contractuelle. En phase d'exécution, c'est super important parce qu'un projet, déjà, ça se passe rarement comme c'est souhaité. Il y a toujours des dérives, que ce soit en termes de planning, que ce soit de coûts ou juste techniques. Donc il faut toujours que quelqu'un soit là pour tracer, pour dire ah bah non, moi je me rappelle très bien ce jour-là, il y avait telle chose qu'on avait soulignée et derrière ça permet de refaire l'histoire comme elle l'est réellement et pas de réinventer la roue et que ça soit finalement en lisant pour tout le monde. Donc très important en phase d'exécution et au moment de la réception et des réclamations, là aussi primordial parce que finalement... je me mets à la place d'une entreprise qui a pris dans la vue trois ans de retard sur son projet, il faut quand même qu'elle puisse récupérer, retrouver ses petits, pardon, sa expression, à la fin du projet parce que finalement, d'un point de vue financier, ça a eu de très lourdes conséquences pour elle. Donc vraiment sur toutes ces phases, je trouve qu'on est super important. là où on est présent le plus longtemps et je trouve qu'on a le plus... L'occasion de voir les effets de ces actions, c'est vraiment la phase d'exécution. Parce qu'en fait, il y a des choses qu'on vient tracer en janvier 2026. On va pouvoir en valoriser les impacts et traiter peut-être des sujets qui sont devenus conflituels de par ce premier fait de janvier en novembre. Et on va pouvoir aider aussi aux négociations à ce moment-là. Donc je pense que c'est à ce moment-là, c'est à cette phase de vie du contrat qu'on a une vraie valeur ajoutée.
- Speaker #1
Très intéressant. Alors, est-ce que tu pourrais nous raconter un cas concret vraiment où le contract management a fait la différence sur un projet ?
- Speaker #0
Alors, un cas concret, j'ai en tête là tout de suite une situation, donc on est dès une maîtrise d'ouvrage dans un secteur dans le secteur du nucléaire, dans le cadre d'une négociation avec son titulaire. En fait, on avait face à nous un titulaire qui mettait à mal le projet depuis déjà deux ans. Et en plus, là, il venait en négociation avec une réclamation financière hyper importante en menaçant de suspendre leur exécution, sachant qu'ils étaient en plus sur le chemin critique. C'était un gros, gros risque. pour le projet. Donc, on est venu à ce moment-là en aide, en support au projet pour mener à bien ces négociations. Et là où c'était vraiment bénéfique, et on l'a vu immédiatement, c'est qu'on a préservé les intérêts, bien sûr, de la maîtrise d'ouvrage qui nous sollicitait, mais on a aussi protégé les intérêts du projet parce qu'en en en apportant des éléments très objectifs, très contractuels et un regard nouveau sur la situation, ça a permis d'assainir les discussions, de revenir à des choses beaucoup plus... Beaucoup plus orientés sur le projet, dépassionnés peut-être le débat par rapport aux animosités qui avaient pu se créer. Et en fait, ça a permis de... Mais vraiment, je n'allais pas dire de sauver le truc, parce que quand même, on n'arrive pas avec une quête de super-héros, mais de sortir la tête de l'autre, se poser, de redéfinir un objectif commun. Et en fait, même si forcément, on n'a pas donné entière satisfaction à la partie qui nous réclamait, parce que ce n'était absolument pas justifié, on a quand même réussi à contenter chacune des parties. Est-ce qu'elles repartent ? Mains dans la main et mobilisées et motivées pour continuer le projet. Donc ça, c'est une vraie victoire. Parce que c'est souvent qu'on pense que le contract manager, il est là pour dire non, il est là pour taper du poing sur la table, dire ce qui ne plaît pas. Mais qui pense cela ? Je vous le demande. Donc c'est vraiment ce truc... On nous voit un peu comme ceux qui viennent taper du poing sur la table, mais en fait, c'est souvent salvateur. Oui, effectivement, on dit des choses qui ne sont pas forcément agréables à être entendues, mais au final, c'est ce qui permet d'avancer. Et puis, une fois que c'est dit, il n'y a plus de non-dit, on avance et on sait sur quelle place on avance.
- Speaker #1
Ça assainit la situation, ça permet de repartir du bon pied.
- Speaker #0
Oui, vraiment.
- Speaker #1
bien et Et à l'opposé, est-ce que tu as connu une situation vraiment compliquée, contractuelle, où tu t'es dit, waouh, là, c'est vraiment chaud ?
- Speaker #0
Oui, c'était une fois où, en fait, je réalisais... Bon, on avait tous lu le même contrat, mais en fait, personne n'avait compris la même chose. Donc, je me suis dit, OK...
- Speaker #1
Ça n'arrive jamais, ça n'arrive jamais. Oh, ben non,
- Speaker #0
jamais. Là, je me suis dit, OK, on va partir de très, très loin. Et on a dû se... Mais vraiment c'était terrible parce que c'était qu'une question d'interprétation et là où tu te dis cette virgule aurait dû être à cet endroit là pour que ton interprétation soit valable, tu te dis que ça va partir vraiment un peu de choses. Mais on a dû partir dans des interprétations de l'intention des parties au moment de la construction du contrat. Donc c'est fun, c'est très très fun mais par contre... De revenir au basique.
- Speaker #1
de revenir au vrai.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. C'est exactement ça. C'est se mettre dans la position de... de gens qui ont essayé les contrats alors que ces gens ne sont plus là. C'est fragile comme tout, franchement. C'était une galère. Mais après, ça ne m'étonne pas parce que c'est souvent dans ce genre de situation que tu dis que déjà, c'est sûr qu'un contrat est rare quand il prévoit absolument tout. Chose qui arrive que tu ne pouvais pas prévoir. Mais par contre, ce que tu écris... Il y a des choses, des grandes clauses, des grands temps forts du projet. Il faut les rédiger dans un contrat que ce soit limpide pour tout le monde. Je repense à Ryan qui parlait dans le podcast numéro 1 sur ta chaîne de Legal Design. Je trouve que ça s'insère parfaitement. Legal Design, c'est vraiment super intéressant de passer par le dessin pour expliquer des choses très claires. Mais quand tu les rédiges, ça ne l'est pour personne. quand tu fais un schéma Là, ça devient tout de suite limpide et c'est absolument pas sujet à débat.
- Speaker #1
C'est intéressant et ce que tu dis me fait penser aussi à une remarque de Sophie Ducourtil dans l'épisode 2 du podcast où elle expliquait, elle, que les clauses auxquelles elle faisait particulièrement attention étaient les définitions dans les contraintes. Parce que son expérience... Voilà, derrière un mot, on pouvait mettre... Enfin, chacun mettait une chose différente. Et donc, finalement, avoir des définitions claires et partagées en avant-vente pouvait résoudre beaucoup de conflits qui seraient apparus sinon en après-vente.
- Speaker #0
Mais carrément. Justement, c'est ce que tu vas venir regarder quand tu ne sais pas comment interpréter une clause. Tu vas regarder comment ça a été défini pour essayer d'affiner un peu ta lecture. Mais bon, il y a des fois où tu as la clause de définition qui, à l'intérieur des mots, devraient eux-mêmes être définis. Donc, après, ça fait la définition de la définition. On ne s'en sort plus.
- Speaker #1
Je vois tout à fait de quoi tu parles, Marie. Alors, dans ces situations un peu compliquées de crise, est-ce qu'il y a un soft skill qui t'a vraiment servi ou même qui t'aurait peut-être même sauvé ?
- Speaker #0
Je dirais l'écoute. L'écoute parce qu'en fait, effectivement, on a rarement les mêmes opinions quand deux parties s'opposent dans le projet. La partie titulaire, la partie maîtrise d'ouvrage, on ne protège pas les mêmes intérêts, donc ce ne sont pas les mêmes positions. Du coup, on s'offre ce qui est vraiment l'écoute parce qu'à un moment de crise où personne ne s'entend, tout le monde crie au effort sa position, ses préjudices et compagnie, c'est vraiment le moment où il faut dire stop. On dit ok, on va revenir à quelque chose de simple. Quel est notre objectif ? Et en fait, recaler sur un objectif commun, c'est souvent quand on écoute l'autre, qu'on se rend compte qu'on a le même. On a le même objectif, c'est le projet, c'est que ça avance. Une fois qu'on a établi qu'on avait le même objectif, mais derrière, je ne dis pas que tout est joué, il y a encore plein de choses à négocier, mais c'est déjà tellement un grand pas de fait que je pense que c'est vraiment l'écoute qui aide à ce moment-là. Alors, toujours un peu d'humour, parce que ça aide à, là aussi, décrisper certaines situations. Mais notre rôle au sein d'un contract manager, c'est... Dire les choses quand il faut les dire, mais aussi savoir mettre le haut là et dire là maintenant on stoppe. Être vraiment le, pas l'arbitre, mais le...
- Speaker #1
Revenir aux essentiels.
- Speaker #0
Et le revenir aux essentiels, c'est dire ok, on se calme tous et on redéfinit notre objectif commun et c'est souvent là en fait, on se rend compte qu'on a le même.
- Speaker #1
Entendu, je pense que... Cette suggestion, cette vision des choses va avoir beaucoup d'écho chez les contract managers expérimentaux. Alors si tu devais convaincre un décideur qui est un peu sceptique à propos de la valeur du contract management et que tu avais 30 secondes avec lui dans un ascenseur pour le convaincre, quel serait ton argument principal ?
- Speaker #0
Je lui dirais, signer c'est facile, exécuter c'est un métier. Hop là, c'est terminé. Ça dure des secondes. C'est pas mal,
- Speaker #1
c'est une belle formule.
- Speaker #0
C'est une belle formule. Je dirais surtout que la plupart des interlocuteurs, ils n'ont pas envie de regarder le contrat. Ils le voient comme une contrainte. Ils le voient comme des gros mots dans un truc de 300 pages qui est juste absolument illisible. Donc je dirais... Pas de problème, fais appel à nous, fais appel à un contract manager, on est là pour le rendre accessible, on est là pour le rendre vivant, on va faire en sorte que tout le monde en ait bien connaissance. Dès lors qu'il y a des problématiques, on sera là aussi pour donner des clés de lecture par rapport à ce que le contrat prévoit, ou comme je disais tout à l'heure, si le contrat ne le prévoit pas, on a plein d'autres méthodes pour gérer des problématiques, Mais on va faire le métier, finalement, que... Personne n'a envie de faire dans le sens où le contrat, c'est un peu le mal-aimé du projet parce que c'est synonyme de conflit, de litige, de grandes phrases parce que c'est du droit. C'est un peu le problème des préjugés qu'on peut avoir sur le contrat. Alors là, pour le coup, j'ai dépassé les 30 secondes, mais je dirais tout ça.
- Speaker #1
Très bien, très bien, très bien. Mais comme tu le dirais avec le sourire, il te laisserait aller jusqu'au bout même si ça ne dure que 30 secondes. Dans les domaines dans lesquels tu interviens, tu placerais où aujourd'hui la maturité du contract management ?
- Speaker #0
Alors initialement, je pensais qu'on était à une phase de transition, c'est-à-dire qu'on commence petit à petit à l'intégrer en cours d'exécution. Ça, c'est vrai que je le remarque de plus en plus, mais je pense que c'est encore un peu fragile. On est reconnu comme utile, mais pas encore toujours intégré assez tôt, ni assez systématiquement. C'est plus dans « on le verra plus tard quand il y aura un problème, on fera appel à un contract manager » . C'est pour ça qu'on nous appelle souvent en tant que pompiers, parce qu'on a rarement le réflexe contract manager dès le départ. C'est lié aussi au projet, comme je le disais tout à l'heure, c'est qu'en fonction de la complexité des projets, là, ça tombe un peu sous le sens de faire appel à un contracte majeur pour gérer ces montants financiers, soit astronomiques, la pluralité d'acteurs. Mais en fait, si on intervenait dès le départ, on aurait déjà la possibilité de solder des potentiels sujets Oui. Dès le départ, on tue dans l'œuf les litiges à venir. Et en plus de ça, on a connaissance de tout l'historique dès le départ. Et ça, c'est vraiment... Mais ça fait tout, en fait. Celui qui détient la vérité, c'est celui qui fait l'histoire. Donc, en fait, quand on a réussi à tracer dès le départ, c'est super. C'est super simple derrière de pouvoir aller réclamer telle ou telle chose parce qu'on a tous les éléments. Donc maturité nuancée encore. On n'est pas encore assez présent, faites appel à nous.
- Speaker #1
Alors, est-ce qu'il existe un cliché à propos du contract management que tu aimerais voir disparaître ?
- Speaker #0
C'est un peu le cliché de « de toute façon le contract manager c'est juste un juriste » . Bon, non, effectivement il y a une base juridique, mais le métier va beaucoup plus loin, c'est de la compréhension business, opérationnelle, de la gestion de projet. C'est trop réducteur de nous cantonner à une fonction de juriste, parce qu'on passe à côté de la vraie valeur, qui est de faire le lien entre le contrat et la réalité du terrain. On pense aussi que le contract manager est là pour dire non, pour bloquer les projets, alors qu'on est là pour dire oui, mais dans les bonnes conditions.
- Speaker #1
Bien. Alors, dans le même ordre d'idée, peut-être, et c'est une question qui m'a été suggérée par un lecteur sur LinkedIn de mes postes. Il m'a suggéré de poser cette question à ceux que j'interviewerai. Merci, Bénédicte. Oui. Si tu avais une baguette magique, qu'est-ce que tu transformerais aujourd'hui dans le métier ou dans l'écosystème du contract management ?
- Speaker #0
Je ferais en sorte que le contrat soit plus perçu comme une contrainte, mais vraiment comme un outil de confiance. Ça doit être très sécurisant pour tout le monde de se dire que quoi qu'il arrive, j'ai quelque chose, j'ai les règles du jeu quelque part qui vont me dire comment réagir en fonction de tel ou tel pépin sur le projet. Donc c'est vraiment ça que j'aimerais faire si j'avais cette fameuse baguette magique. C'est qu'on ne perçoive plus le contrat comme quelque chose de, encore une fois, de contraignant, mais quelque chose qui vient t'aider, quelque chose qui vient te simplifier la vie aussi, franchement. Parce que j'ai envie de te dire, si jamais ce n'est pas écrit dans ton contrat, il faudrait que tu ailles ouvrir ton code, soit de la commune publique, code de commerce ou code civil. Ce n'est pas la même histoire. Donc au mieux vaut faire ton contrat, je t'assure.
- Speaker #1
Je te confirme que quand tu ouvres les autres codes de loi, tu es contente d'avoir juste un contrat, même s'il fait 300 pages à gérer. Donc, si je le reformule dans mes termes à moi, tu changerais la perception qu'ont les gens du mot contrat dans leur esprit si tu en avais la possibilité, une baguette magique.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, exactement.
- Speaker #1
Bien. Alors, pour parler d'un sujet complètement différent, est-ce qu'aujourd'hui, tu utilises des outils d'intelligence artificielle dans ton quotidien de contract manager ? Et si oui, pour faire quoi ?
- Speaker #0
Oui. Écoute, j'en utilise. J'utilise notamment un outil en particulier qui s'appelle Jedi. C'est un outil qui a été développé par Sébastien Favre, qui est un contract manager américain. un directeur chez Piment Exécutive, qui a développé ce... Donc, c'est un contract manager qui a développé cet outil pour les contract managers qui aident, du coup, à piloter des contrats complexes. Donc, tu as un suivi en temps réel avec un registre des risques, des événements, des écarts contractuels, un aperçu rapide des informations relatives au marché, le pilotage des livrables contractuels. Tu as aussi un onglet. C'est super bien fait de reporting optimisé. Donc, tu as une espèce de dashboard personnalisable euh... qui t'aide à faire des résumés contractuels facilement exportables pour tout le monde, pour toi, pour tes clients. C'est vraiment super. Et petite nouveauté, mais finalement, n'en ai pas une, je l'ai juste découverte il y a peu, c'est qu'il y a une analyse intelligente qui est faite. Donc, en fait, très simplement, quand tu rentres un mot dans ta base de données, il va te sortir toutes les correspondances, tous les éléments contractuels qui traitent de ce sujet. Je te dis n'importe quoi. arrêt de chantier, tu vas taper ça dans cet outil-là et il va te sortir les dispositions contractuelles qui traitent de ce sujet-là, les courriers, les emails qui ont également traité de ce sujet-là, mais il est capable aussi de comprendre la sémantique qui va autour. Donc il ne va pas vouloir chercher bêtement et méchamment la notion d'arrêt de chantier, mais tout ce qui aurait pu survenir et allonger le projet, de toute nature que ce soit, mais il va Bien sûr, en lien avec la recherche chantier, mais c'est vraiment une recherche intelligente qui est faite. Et en plus de ça, ça sécurise nos données. Donc, on n'a pas ce souci de dire « mon Dieu, je rentre des données sensibles » . C'est un grand risque. Non, là, en plus, on fait ça en toute confiance. Donc, voilà ce que j'utilise comme outil. Et ça m'aide tous les jours dans mon pilotage de contrat.
- Speaker #1
Très intéressant, très intéressant. Et en regardant un peu l'avenir, comment tu vois l'évolution du métier à 10 ans ? Comment tu vois les choses évoluer ? dans le rôle, les pratiques, le métier de contract manager ?
- Speaker #0
Eh bien, je pense que le métier va vraiment se diversifier. Tu vois, on dit aujourd'hui, on est plus dans les projets CAPEX, les projets industriels. Mais en fait, je pense que demain, on aura des contract managers pour tout et n'importe quoi. Mais je me faisais la réflexion, je me dis, mais en vrai, un wedding planner, il fait du contract manager en vrai. Du contract management, pardon. Il fait du contract management. C'est un petit projet qui gère. Et en fait c'est peut-être... C'est peut-être ça, vraiment, c'est la diversification du métier, le fait de décliner à tout type de projet et pas seulement sur l'industriel.
- Speaker #1
Ok, très intéressant, très intéressant. Alors, pour basculer sur un sujet qui me tient à cœur, si le contract management était un écosystème naturel, lequel tu choisirais ? pour décrire soit ta façon de travailler, soit le contract management de façon plus large. Et pourquoi choisis-tu cet écosystème ?
- Speaker #0
Ben, j'aurais dit une fourmilière parce qu'on est petit, on ne nous voit pas forcément. Alors, on travaille à plusieurs d'arrache-pied, parfois dans l'ombre, effectivement. Pour traiter des sujets souvent complexes, j'ai l'image de la fourmi qui transporte un truc qui est beaucoup plus gros qu'elle. J'ai l'impression que parfois c'est un peu nous. On a des historiques projets de trois ans à récupérer en quelques semaines pour faire un réclamatif. C'est un travail titanesque, mais qui est fait en équilibre. C'est vraiment l'image que j'en ai.
- Speaker #1
Donc la fourmilière.
- Speaker #0
La fourmilière,
- Speaker #1
oui. Et pour rebondir sur ton exemple, moi j'utilise régulièrement l'exemple des fourmis aussi, qui laissent des traces derrière elles pour gérer l'accès à la nourriture et tout un système d'hormones, qui ont d'ailleurs donné un modèle pour un certain nombre d'algorithmes de routage dans Internet, mais c'est une autre histoire. Et je trouve que c'est un beau parallèle avec les contrats de managers qui gardent les traces. et qui gère les traces laissées par les projets, puisque les traces, et tu l'as évoqué à plusieurs reprises, sont assez essentielles dans le rôle du contract manager. Donc, je fais le lien entre ces idées que tu as développées et puis l'écosystème que tu as choisi.
- Speaker #0
Oui, complètement. Et puis même, comme tu dis, c'est à la fois le fait de faire de la traçabilité et aussi le fait de bénéficier du retour d'expérience constant. d'un projet à un autre, d'un contract manager à un autre. En fait, on le s'auto-alimente constamment et c'est ce qui fait qu'on a souvent des visions hyper optimales de problématiques et qu'on peut tout le temps s'enrichir de notre pratique.
- Speaker #1
Bien, alors ça me fait penser à une autre question. Aujourd'hui, quel signaux faible tu... Tu observes à quel signe faible tu es particulièrement attentive. Ou là, quand tu vois ces signaux, tu dis, c'est un pas encore dérapé, mais il faut vraiment faire attention parce que là, il y a vraiment des risques.
- Speaker #0
Un signal faible qui est très parlant pour moi, c'est quand on commence à dire que le contrat actuel ne va plus entraver l'aspect technique. On commence à dire, non, mais on va parler des sujets techniques sans évoquer le contrat. Là, je commence à me dire qu'il y a un souci pour deux raisons. Déjà, ça veut dire que l'autre gros loup du contract manager n'est pas allé se faire un café. Et c'est souvent son blague l'opérationnel qui commence à dire qu'on pourrait revenir à une façon de faire plus à l'ancienne, où on se mettait d'accord autour d'un bon repas et que c'était géré. Ça, c'est la première chose. Et la deuxième chose, c'est que ça veut souvent dire que le contrat, la réalité du projet, commence à se désaligner. Et je ne sais pas si c'est toujours le problème du contrat en soi. Mais c'est vraiment le fait qu'il soit pas en phase avec ce qu'il se passe ou comme les parties le voient. Alors que c'est juste là pour donner les règles du jeu. Donc ça, c'est vraiment les signaux qui m'alertent parce qu'on perd de vue le projet alors que c'est vraiment notre... Prisme, et c'est pour moi une alerte rouge, un red flag comme on dit.
- Speaker #1
Très intéressant. Mais je retiens aussi que même si ce n'est pas là que les solutions se trouvent, tu n'es pas contre un bon repas néanmoins.
- Speaker #0
Jamais, jamais, jamais. Mais ce ne sera pas pour traiter un sujet contractuel. Après, oui. Avant aussi, mais jamais pendant.
- Speaker #1
Bien. Alors, si tu pouvais laisser un message au toi d'il y a quelques années, quand tu débutais dans le rôle de contract manager, si tu pouvais lui laisser un message de 30 secondes à Marie qui débute, qu'est-ce que tu lui dirais ?
- Speaker #0
Je lui dirais de ne pas chercher à être parfaite tout de suite. De lire les contrats, bien sûr, mais surtout d'écouter les gens, d'apprendre et comprendre les composantes de leur métier. Il faut poser des questions et se rappeler que le rôle, ce n'est pas toujours d'avoir raison, mais c'est d'éviter que les problèmes deviennent des conflits. Bon, accessoirement, toujours garder une trace écrite. Mais voilà ce que je veux dire. Je dirais, ne t'inquiète pas, mais inquiète-toi un peu quand même.
- Speaker #1
Tu me dirais que, voilà, de ne pas s'inquiéter dans le sens où c'est un métier passionnant, mais qu'il faut toujours être un peu paranoïaque ou schizophrène pour se dire qu'est-ce qui peut partir de travers pour réussir à bien le gérer.
- Speaker #0
Ouais, c'est exactement ça, c'est vraiment de tracer, comme je disais, un effet, quelque chose d'anodin peut devenir par effet boule de neige, quelque chose de très gros qui peut bloquer le projet. donc c'est C'est ce côté un peu scénario catastrophe. Attention, on trace tout et on verra derrière ce que ça devient.
- Speaker #1
Très intéressant. Aurais-tu un livre, une ressource, un contenu de façon plus large que tu recommanderais à quelqu'un qui veut en savoir plus sur le contract management ou à un contract manager qui veut progresser en contract management ?
- Speaker #0
Je n'ai pas vraiment de livre en tête qui pourrait justement aider à progresser dans la pratique. Par contre, ce qui m'aide personnellement, c'est d'échanger avec mes pairs. C'est de participer à des rencontres du contract management, d'échanger justement avec plein de contract managers qui interviennent dans différents secteurs. Et je trouve que c'est vraiment ça qui aide. à progresser, à évoluer. À progresser. Ah ouais. Ouais, parce que c'est un métier qui est très opérationnel. Donc, en fait, ça ne prend pas dans des livres, ça ne prend pas dans la lecture d'outils théoriques qui pourraient s'appliquer. C'est vraiment... Mais toi, tu fais comment, en fait ?
- Speaker #1
On partage avec ceux qui ont de l'expérience et qui ont du vécu sur des situations similaires.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. Tu fais comment, toi, pour gérer un problème comme ça ? Moi, je fais comme ci, comme ça. OK, ben top, je le serai la prochaine fois. Enfin, c'est vraiment le partage de... de bonnes pratiques finalement qui aident à progresser.
- Speaker #1
Merci pour cette recommandation, Marie. Et enfin, la dernière question que je te poserai, qui aimerais-tu entendre dans ce podcast après toi ?
- Speaker #0
Je l'ai cité tout à l'heure, je parlais de Sébastien Favre. Je pense que sa vision du contract management qui est très opérationnelle, avec quand même une bonne vision du métier. Elle est très intéressante et en plus, il touche à tout, il adore, il est curieux de tout. Donc en fait, il cherche tout le temps à apprendre davantage. C'est lui qui a créé l'outil Jedi. Je trouve qu'il s'inscrit parfaitement dans ta vision portrait et itinéraire de contract management. Et je pense aussi à Céline Moreau, qui est aussi contract manager, ingénieur de formation. Déjà parce que c'est quelqu'un d'exceptionnel et en plus parce que Elle a une fraîcheur qui fait qu'elle peut nous parler de son métier. Et je suis sûre que ça convaincra tout le monde à l'écouter.
- Speaker #1
Et bien, commandation Marie, je les contacterai à coup sûr. Vraiment un grand merci Marie à toi pour cet échange. Plein de vie, plein de passion. Tu es jeune dans le métier. Tu es une jeune contracte. manageuse, mais tu as déjà une expérience aboutie avec plein de choses vraiment très intéressantes à partager. Donc, je veux vraiment te remercier d'avoir accepté de participer à ce podcast. Vraiment, merci à toi, Marie.
- Speaker #0
Merci beaucoup, Sébastien, et hâte d'écouter la suite de tes épisodes.
- Speaker #1
Merci, chers auditeurs. Nous voilà arrivés au terme de cet épisode de du podcast Portrait de Contract Manager, Itinéraire et Histoire Vraie. Et je vous donne rendez-vous pour le prochain épisode. Si ce podcast vous a plu, n'hésitez pas à mettre des pouces, des étoiles et tout ce que vous voulez sur vos plateformes d'écoute favorites et à le diffuser autour de vous. Et à bientôt pour le prochain épisode.