- Speaker #0
Hello, bonjour à toutes et bienvenue sur ce tout nouvel épisode de podcast. Aujourd'hui, j'ai l'immense plaisir d'accueillir en fait un invité spécial qui n'est autre que le docteur Stavros Karampelas. Bonjour Stavros.
- Speaker #1
Bonjour Mia, merci beaucoup pour l'invitation.
- Speaker #0
C'est un vrai plaisir de t'accueillir ici. Alors Stavros, évidemment les personnes, enfin j'imagine en tout cas qu'il y a beaucoup de personnes qui ne te connaissent pas encore. Donc tu es gynécologue, tu es spécialiste de l'endométriose et ce sera le sujet de l'épisode aujourd'hui. Est-ce que tu peux peut-être me dire tout simplement qu'est-ce qui fait aujourd'hui finalement que tu as choisi de te spécialiser dans l'endométriose ? Parce que c'est vrai que c'est pas courant et c'est pas évident de trouver un spécialiste donc j'avais envie de savoir un petit peu qu'est-ce qui t'avait amené à ça.
- Speaker #1
Bon, je pense que l'endométriose est le plus grand challenge actuellement en gynécologie. C'est une maladie qui n'est pas rare, c'est quelque chose qui est assez fréquent. Il a un impact sur 10% de la population féminine à l'âge de procréation, ce qui est vraiment assez important. C'est un challenge sur le diagnostic et c'est un challenge aussi sur le traitement. Donc c'est un double challenge.
- Speaker #0
C'est effectivement un double challenge. Donc j'imagine, et ça concerne évidemment beaucoup de femmes, 10% de femmes en âge de procréer, mais il y a aussi toutes les autres malgré tout qui continuent hélas peut-être à souffrir de cette pathologie aussi. Et aujourd'hui on a quand même l'impression que ça reste une pathologie qui est assez mal comprise. Le milieu médical commence à avoir beaucoup plus d'informations aujourd'hui. Toi, tu es spécialisé, mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Je pense à des médecins qui sont plus généralistes, peut-être même des gynécologues de ville, etc. Mais aussi le grand public, finalement.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Donc, le problème avec cette maladie, c'est que c'est très hétérogène. Il n'y a pas de symptômes qui sont vraiment spécifiques pour tous les patients. Donc, chaque patient est vraiment unique et les symptômes qu'il risque d'avoir sont différents pour chaque patient. c'est ça ce qui fait le défi de cette
- Speaker #0
maladie effectivement et c'est aussi un peu pour ça je sais qu'il peut y avoir aussi des idées reçues des choses qui ont un petit peu la dent dure avec le lendemain trios j'avais envie de te proposer de participer un petit vrai ou faux donc c'est par et des affirmations et tu vas me dire vrai ou faux rien de plus je te promets que après on pourra développer d'accord alors d'abord dis moi Est-ce qu'une femme peut avoir une endométriose sévère sans avoir quasiment aucune douleur ?
- Speaker #1
C'est vrai.
- Speaker #0
C'est vrai. Est-ce qu'une IRM qui est normale permet d'exclure complètement l'endométriose ?
- Speaker #1
Non, ça c'est faux.
- Speaker #0
C'est faux. Est-ce que toutes les femmes qui sont atteintes d'endométriose auront des difficultés à concevoir un enfant ?
- Speaker #1
Non, ça c'est faux aussi.
- Speaker #0
Est-ce que la grossesse guérit l'endométriose ?
- Speaker #1
Non, c'est faux aussi.
- Speaker #0
Et est-ce qu'il faut toujours opérer une endométriose avant une FIV ou un projet de grossesse ?
- Speaker #1
Absolument pas, c'est faux aussi.
- Speaker #0
Ok, merci pour tout ça. Est-ce que tu es ok qu'on développe un petit peu ? Parce que c'est vrai que tu as commencé à en parler, mais justement, il y a beaucoup de femmes qui peuvent avoir de l'endométriose, parfois même sévère, sans avoir réellement de gros symptômes.
- Speaker #1
C'est vrai, et c'est ça ce qui fait le plus grand... problème de cette maladie parce qu'on a des patients qui ont vraiment très peu de lésions d'endométriose ou qui ont juste de l'endométriose péritonéale, ça veut dire sur la surface de l'abdomen. Et ces patients, ils risquent d'avoir vraiment beaucoup, beaucoup de douleurs. Mais on en a d'autres qui ont vraiment d'endométriose profonde qui envahit l'intestin, qui envahit la vessie ou qui envahit d'autres organes, qui n'ont aucun mais... aucun symptôme. On les trouve juste au hasard pendant un examen d'échographie ou autre de contrôle.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai, c'est important de le dire aussi. Ça arrive qu'on les découvre un peu par hasard. Il y a certaines situations comme ça, effectivement. Par exemple, tu as répondu pour l'IRM que non, en fait, une IRM normale pouvait passer à côté, quelque part, d'une endométriose.
- Speaker #1
Mais le problème, c'est que Merci. Jusqu'à là, on a trois phénotypes de l'endométriose. Les trois phénotypes, c'est quoi ? C'est l'endométriose qu'on a dit qui est profonde, ça veut dire qui commence à envahir plus que 5 mm de profondeur de tissu. Donc ça, c'est l'endométriose profonde, ça c'est la définition de l'endométriose profonde. Par après, on a l'endométriose qui est sous la forme de kystes. Elle se trouve au niveau des ovaires. Elle s'appelle l'endométriose ovarienne. Mais on a un troisième type, qui est l'endométriose peritoneale. Ça veut dire que ça tousse à peine la surface du peritone. Et ce type d'endométriose est vraiment assez difficile à diagnostiquer par une IARM ou par une échographie. C'est là où cette maladie devient très difficile à diagnostiquer.
- Speaker #0
C'était ma question, ça aurait été de te demander justement comment on fait pour diagnostiquer une endométriose, parce qu'aujourd'hui on sait qu'il y a quand même beaucoup d'années d'errance médicale.
- Speaker #1
Mais pour le moment, ce qu'on avait à notre disposition, ça a été la laparoscopie, qu'on disait écoutez, c'est ce qu'on va faire, on va faire une laparoscopie pour diagnostiquer l'endométriose. Mais non, on dit qu'on ne va pas opérer quelqu'un juste pour lui dire que voilà, et l'adenométriose. Donc, a priori, l'asymptomatologie et uniquement l'asymptomatologie, ça peut donner une suspicion déjà de la maladie. Le seul moment, je pense, que la laparoscopie a encore un... Il peut avoir une valeur sur le diagnostic, c'est pour les patients qui ne répondent à aucun traitement. Là, il y a encore de valeur sur la laparoscopie. Sinon, on ne le fait pas. d'office pour diagnostiquer une endométriose. Bientôt, on va avoir dans notre disposition aussi d'autres outils qui vont nous aider, comme les tests salivaires, qui ont un taux de diagnostic qui est assez élevé aussi. Mais bientôt, c'est vraiment très bientôt, dans un an ou deux.
- Speaker #0
Alors, justement, c'est super intéressant. Tu parles du test salivaire. J'imagine que les personnes qui nous écoutent ne savent peut-être pas ce que c'est. Est-ce que tu pourrais expliquer un petit peu comment ça fonctionne ce test salivaire et peut-être qui y a droit aussi ?
- Speaker #1
Le test salivaire, c'est assez compliqué, les façons qu'ils l'ont fait. Donc, plus ou moins de donner une idée, ça implique un test génétique qui prend un peu de temps à faire. Ça implique des mRNA, donc plus de détails ne sont pas importants, mais ce qui est important, c'est de savoir que c'est un test qui prend plus ou moins une semaine à deux. voir les résultats. C'est tout simplement un test salivaire, donc il prend des ADN par ça, et par là il arrive d'analyser la possibilité d'avoir de l'endométriose.
- Speaker #0
Ok, Est-ce que tu sais déjà qui aura droit à ce test ?
- Speaker #1
Ça on ne sait pas encore, et on ne sait pas qui va profiter de ce test. Est-ce que c'est les personnes que... Parce que jusqu'à là, ils disaient qu'on doit déjà avoir une IRM qui donne une suspicion d'endométriose ou quelque chose d'autre. Mais là, de quoi ça sert d'avoir un test comme ça si on a déjà un diagnostic par un autre utile, qui est la radiologie ? Donc, on ne sait pas encore comment ce test va être distribué aux patients et qui aura le droit d'avoir ce test-là. Mais jusqu'à là, tout est un peu flou. Donc, on va voir.
- Speaker #0
C'est vrai que c'est un dispositif qui a commencé à être mis sur le marché en France, en tout cas. Ils ont déjà commencé, mais il y a quand même des critères à respecter pour en bénéficier. Il y a des critères d'âge aussi pour pouvoir en bénéficier. Donc voilà, à voir si en Belgique ce sera le cas aussi ou pas. Ça, j'ai envie de dire, c'est l'avenir qui nous le dira, je crois.
- Speaker #1
Tout à fait. On n'a pas encore les critères. Il n'y en a pas de critères encore ici en Belgique, en effet.
- Speaker #0
Ok, C'est super intéressant de voir ça. Tu me disais aussi que quand je t'ai demandé si c'était vrai ou faux qu'il fallait toujours opérer d'une endométriose avant un projet bébé ou en tout cas une fécondation in vitro, tu as dit non, pas forcément.
- Speaker #1
Non, mais c'est ce qu'on a trouvé avec notre étude, c'est qu'opérer quelqu'un avant de proposer de fécondation in vitro, ça n'aide pas sur la... le taux de succès de fécondation in vitro. Donc, les personnes qu'on opère pour des fécondations in vitro, ce sont des cas très, très particuliers. Sinon, les patients doivent être adressés directement aux spécialistes de fécondation in vitro. Donc, ils ne doivent pas nécessairement être opérés pour cette maladie. On les opère uniquement quand il y a vraiment de, on va dire, de liquide. dans les trompes, c'est ce qu'on appelle de hydrosalpinx. Dans ces cas-là, on peut augmenter la probabilité de grossesse, mais tout ça, on le voit en avance. Mais a priori, s'il y a une patiente, par exemple, qui a de l'endométriose profonde ou de l'endométriose pétonnelle, elle ne doit pas nécessairement être opérée avant de passer dans le parcours de fécondation in vitro. Ça ne va pas augmenter sa chance d'avoir un bébé.
- Speaker #0
Et ce n'est pas parce qu'on a de l'endométriose qu'on a d'office un hydrosalpinx ?
- Speaker #1
Non, absolument pas. L'hydrosalpinx, ça peut être quelque chose comme un effet des adhérences. ou en effet d'une inflammation ou d'une infection. Mais ça ne veut pas dire que tous les patients qui ont de la nométriose, ils ont aussi de l'hydrosalpins ou de liquide dans les trompes qu'on appelle.
- Speaker #0
C'est ça, c'est ça exactement. Aujourd'hui, on en parlait tout à l'heure et c'est vrai qu'on sait à quel point le diagnostic est compliqué et qu'il y a souvent même plusieurs années d'errance médicale. On parle d'une moyenne de 7 ans souvent. pour être diagnostiqués d'endométriose. À ton avis, qu'est-ce qui fait qu'on met encore autant de temps à poser un diagnostic alors qu'en parallèle, les connaissances commencent à être beaucoup plus importantes aujourd'hui sur la maladie ?
- Speaker #1
Mais je ne suis pas sûr que les 7 ans, c'est toujours le cas. C'est juste qu'il y a très longtemps qu'on n'a pas fait le calcul de nouveau pour voir combien d'années est-ce qu'on a vraiment de délai de diagnostic. Mais juste pour savoir, pour une patiente, juste pour aller voir son généraliste au départ, ça lui prend un an avant qu'elle décide d'aller voir un généraliste. Et par après, le généraliste, il va envoyer très probablement la patiente à un spécialiste. Ça, ça prend encore six mois à un an. Et après un an, le spécialiste ou le gynécologue, il va essayer d'instaurer des traitements. Dès l'instauration des traitements, en moyenne, les patients ont besoin d'entre deux et cinq différents types de pilules jusqu'à ce qu'ils trouvent celle-là qui leur convient, on va dire, pour diminuer les premiers symptômes. Et s'il y a de la pneumothéose profonde ou ovarienne, là les choses sont un peu plus simples. Mais si, par exemple, il y a de la pneumothéose péritoneale, là les choses sont beaucoup plus complexes. et si vous comptez aussi sur l'effet que pour chaque pilule qu'on essaye de donner à la patiente aura besoin minimum trois mois à 2,2 d'essai donc là on voit que pour pour chaque patient ça prend plus ou moins un an à jusqu'à trois ans jusqu'à qu'on trouve des traitements qui lui convient c'est
- Speaker #0
ça et c'est intéressant parce que tu parles de pilule justement et tu dis moi il faut essayer trouver celle qui convient et etc. Et l'objectif, c'est de... Tu parles de diminuer les symptômes. Oui. Donc, on est d'accord que c'est aussi une idée reçue, la pilule ne guérit pas de l'endométriose.
- Speaker #1
Ni la pilule, ni la chirurgie non plus. Ça veut dire que, parce qu'on a parfois des patients qui disent, écoutez, moi je ne veux pas la pilule, je préfère être opéré. Mais l'opération, ça ne va pas guérir la patiente non plus. Et ça, c'est quelque chose que la patiente doit être au courant, elle doit savoir ça. Ça veut dire qu'après 3 à 5 ans après une chirurgie, elle a une... Donc, une probabilité que le symptôme revient qui est assez importante. C'est presque 30 à 40% qui est assez élevé.
- Speaker #0
Ok. C'est super intéressant parce que c'est vrai qu'on s'imagine, encore une partie du grand public en tout cas, pense qu'il y a des traitements, des solutions en tout cas, pour guérir de l'endométriose. Aujourd'hui, malheureusement, ce n'est pas le cas.
- Speaker #1
Mais il faut considérer cette maladie comme une maladie. chroniques, comme le diabète par exemple, c'est ça qu'il faut faire. Donc il faut comprendre que cette maladie, ce n'est pas quelque chose qu'on va se débarrasser immédiatement après une chirurgie ou après la prise d'une pilule. Et pas seulement ça, pour les pilules, pour l'hormonothérapie, ça c'est quelque chose qui nous convient aujourd'hui, mais après deux ans, trois ans, cinq ans, peut-être cette pilule, ça ne nous convient plus et on doit le changer. Il faut compter sur ça aussi.
- Speaker #0
Alors c'est super intéressant. Est-ce que tu pourrais expliquer quel est le rôle justement de la pilule sur l'endométriose ? Pourquoi est-ce qu'on propose aux femmes de prendre la pilule quand on a de l'endométriose ?
- Speaker #1
La pilule, c'est ce qu'elle fait, elle met les ovaires en repos. Le but, c'est de diminuer la production de l'estradiol. L'estradiol, c'est une hormone qui nourrit l'endométriose. Ça, c'est le but de prendre une pilule. En effet, c'est quoi ? C'est de diminuer le taux d'estradiol. dans le corps d'une femme. On a quelques pilules, soit avec des estroprostatifs, soit avec des prostatifs seuls. Et il y a quelques prostatifs seuls qui ont démontré qu'ils ont un bon effet pour aussi freiner la maladie, comme la diénogeste, par exemple. Voilà, mais le problème, c'est que ce n'est pas toutes les pilules pour tout le monde. Ça veut dire qu'il y a quelques pilules qui, parfois, peuvent provoquer des effets secondaires sur le patient. Et ça ne les convient pas. Donc là, on doit adapter le traitement. Ce n'est pas seulement de traiter l'anométriose, mais c'est plutôt d'améliorer la qualité de vie de la patiente.
- Speaker #0
Oui, tu mets le doigt sur une problématique qui est vraiment très intéressante. C'est vraiment la p... personnalisation finalement du protocole que tu proposes.
- Speaker #1
Tout à fait, oui. On doit personnaliser le traitement selon le besoin de la patiente et aussi les effets secondaires sur le traitement qu'on lui donne.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Tout à fait. Je trouve ça vraiment très intéressant parce que, de manière générale, je crois que les femmes ont vraiment l'impression d'être impuissantes quand elles sont atteintes de cette maladie. Est-ce que, d'après toi, il y a des choses qu'elles peuvent mettre en place pour... améliorer finalement leur santé et l'impact sur l'endométriose ?
- Speaker #1
Je pense déjà d'améliorer la nutrition, ça c'est quelque chose qui joue un énorme rôle. Et on voit ça souvent sur les patients parce que la majorité des patients qui ont l'endométriose, ils ont aussi des ballonnements, ce qu'on appelle des météorismes. Ça c'est le terme scientifique. Mais qu'est-ce qui se passe ? Donc ils se sentent un petit peu ballonnés. Chaque fois qu'il essaie, par exemple, de boire de l'alcool ou de manger du fast-food ou de manger des choses qui sont des nourritures pré-préparées. Donc, toute cette nourriture qui est un peu inflammatoire, ça peut provoquer un déballonnement, deux, de douleur. Donc, ça, c'est déjà quelque chose qu'une femme, elle peut faire elle-même. donc sans avoir sans besoin de l'aide d'un médecin, on va dire.
- Speaker #0
Oui, c'est génial, je trouve ça hyper intéressant, parce qu'on a tendance à sous-estimer finalement l'impact qu'on peut avoir nous-mêmes sur notre santé et sur certaines de nos pathologies, dont l'endométriose. Tu as parlé du diabète tout à l'heure, mais c'est pareil, il y a quand même, que ce soit pour la résistance à l'insuline, que ce soit pour l'endométriose, il y a des choses qu'on peut mettre en place simplement avec l'alimentation. Donc toi tu as vraiment une... Un regard, alors je sais qu'on a eu l'occasion d'en discuter quand on s'est rencontrés, mais tu as un regard quand même assez précis sur l'alimentation anti-inflammatoire. Tu es vraiment favorable à ça ?
- Speaker #1
Je suis très favorable parce que je vois les résultats. Donc, je vois par exemple que mes patientes, après une chirurgie, elles se sentent bien. Donc, la majorité de leurs symptômes, ils vont mieux. Mais par contre, les ballonnements, ils persistent. Et qu'est-ce que je peux faire pour les ballonnements ? Donc, la chirurgie ne fonctionne pas. Donc, d'instaurer des traitements d'une hormonothérapie, ça ne fonctionne pas non plus. Donc, la seule manière où on peut traiter cette patiente-là pour ce problème, pour ce type de symptômes qu'elle a, c'est d'améliorer la nutrition, d'adapter, si tu veux, la nutrition de la patiente.
- Speaker #0
Oui, je trouve ça vraiment génial. Quand on parle de nutrition, on parle évidemment d'alimentation, mais on pourrait parler aussi d'hygiène de vie de manière générale ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Donc, le sport, ça aide énormément aussi. Et ça, on a des études sur ça. Donc, il diminue la perception de la douleur. Donc, de dormir plus, ça aide énormément. Donc, en général, tout ce qu'on peut améliorer sur notre vie de tous les jours, ça va avoir un impact favorable sur la maladie de l'endométriose aussi.
- Speaker #0
Oui, on peut rappeler que l'endométriose, il y a vraiment une origine. ou une conséquence qui est inflammatoire. Et donc, plus on va réduire tout ce qui est source d'inflammation, mieux on va se sentir finalement.
- Speaker #1
Tout à fait, Mia. Je suis d'accord avec toi.
- Speaker #0
Je trouve ça super important de le rappeler, parce qu'on sous-estime vraiment le rôle qu'on peut jouer. On se dit, bon, c'est un peu la faute à pas de chance. Il y a une partie qui est vraie, c'est comme ça. Mais en même temps, on peut quand même tellement agir de notre côté pour changer les choses et souffrir beaucoup moins, finalement, de cette pathologie.
- Speaker #1
Tout à fait. Et on voit la différence par rapport aux patients qui sont compliants et partant sur le fait qu'ils doivent changer quelques modes de vie qu'ils ont. Et je vois vraiment la différence maintenant. Mais les femmes, elles commencent à comprendre ça. Et maintenant, je vois de plus en plus de patients qui sont demandeuses. Est-ce que je peux avoir un rendez-vous avec un diététicien ? Est-ce que je peux améliorer quelque chose sur ma qualité de vie ? Comment est-ce que je peux faire ça ? et tout ça, ça aide énormément génial,
- Speaker #0
génial quelle serait l'erreur que tu pourrais voir le plus souvent justement dans ce parcours dans les femmes qui viennent te voir, est-ce que tu dis il y a quand même une erreur qui revient souvent
- Speaker #1
Je pense que l'erreur qui vient souvent, c'est que les patients sont négatifs d'essayer différents types de traitements. En tout cas, du côté médical, j'estime que le patient doit être plus avec un esprit ouvert d'essayer différentes choses. Parce qu'on ne sait jamais ce qui peut vraiment améliorer sa qualité de vie. Et je pense qu'elle doit être plutôt ouverte. d'essayer plusieurs choses.
- Speaker #0
Je te rejoins à 300% parce que tu sais, ça vaut pour d'autres principes. Moi, quand je conseille, par exemple, de pratiquer une activité sportive, tu en as parlé parce que c'est important, certaines vont me dire « Ah oui, mais moi, je n'aime pas courir. » Ok, mais peut-être que tu aimeras le yoga, peut-être que tu aimeras le pilates, peut-être que tu aimeras la natation, peut-être que... Voilà, c'est juste pratiquer une activité sportive et puis on voit laquelle... t'intéresse, laquelle te convient. C'est pareil dans l'alimentation, il y a peut-être des aliments que tu supportes, d'autres que tu supportes moins, mais voilà, on va tester, on va adapter. Et donc, je te rejoins sur l'idée de se dire, restons ouverts et essayons. Et puis, peut-être qu'on sera agréablement surpris aussi.
- Speaker #1
Tout à fait, je suis tout à fait d'accord avec toi.
- Speaker #0
S'il y avait, parce qu'on l'a dit, il y a quand même pas mal d'idées reçues sur l'endométriose, On a dit, tiens, je pense... L'endométriose empêche absolument d'avoir des enfants, on a dit que la grossesse guérit l'endométriose, tout ça ce sont des idées reçues. Toi, s'il y en avait une que tu aimerais complètement voir disparaître, ce serait quoi ?
- Speaker #1
Quel symptôme que je voulais voir disparaître ?
- Speaker #0
Non, quelle idée reçue, tu vois, ce serait quoi l'idée reçue ? C'est vraiment une idée ou une croyance que les gens peuvent avoir sur l'endométriose, que tu aimerais vraiment voir disparaître.
- Speaker #1
L'idée que je voulais qu'ils disparaissent, c'est le fait qu'ils vont avoir la même douleur pour toute leur vie. Parce que le patient devient vraiment désespéré quand je le vois à la consultation. Je vois beaucoup de patients qui ont vu déjà beaucoup de monde, qui commencent à avoir vraiment des impacts sur des nerfs spécifiques ou des problèmes vraiment assez complexes. Donc, c'est ce qu'on doit dire aux patients, c'est qu'il y a d'espoir. Donc, ils ne vont pas avoir la même douleur pendant toute leur vie. On va essayer de les aider. On les aide et on a les moyens maintenant de plus en plus de les aider. Voilà, donc, il y a d'espoir pour la douleur. C'est ça ce que je voulais leur dire.
- Speaker #0
J'adore, Oui, tu fais bien de le souligner parce que c'est vrai qu'on… Vu de cette façon-là, tu peux t'imaginer que ce que tu ressens aujourd'hui, tu vas le ressentir tous les jours de ta vie. Alors, pas forcément. Une fois qu'on est accompagné, qu'on est pris en charge, qu'on est guidé, on va petit à petit trouver ce qui nous fait du bien et ce qui permet de réduire aussi cette douleur.
- Speaker #1
Tout à fait. Et ça, c'est le but, je pense, du côté médical. C'est d'essayer d'améliorer la qualité de vie, de diminuer la douleur, de vraiment faire sentir la patiente. mieux que ce qu'elle se sent actuellement. Et voilà, c'est ça ce qu'on essaie de faire.
- Speaker #0
C'est génial. Et justement, puisque tu parles du côté médical, si tu pouvais changer une chose dans la prise en charge, ce serait quoi ?
- Speaker #1
Je pense que ça va dans les deux sens, c'est ce que je dis. Parce que... Merci. Le côté médical doit être un peu plus souple aussi d'écouter et d'être prêt à changer et d'adapter.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça ce que je pense que c'est le plus important.
- Speaker #0
J'adore. Oui, je crois que ça va vraiment dans les deux sens, on est bien d'accord ?
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
On est bien d'accord. Et pour toi, ce serait quoi alors la prise en charge idéale d'une femme qui est atteinte d'endométriose ? Quels seraient les professionnels qui devraient s'unir ? autour de la table pour l'aider finalement.
- Speaker #1
Mais maintenant, je t'explique un petit peu ce qui se passe. Pour avoir une clinique, par exemple, de nommé trio, ce n'est pas une seule personne qui fait la différence. C'est plusieurs professionnels en même temps. Donc, on a besoin de... Je ne veux pas le dire à l'ordre d'importance. Je vais juste le dire avec l'ordre qui vient dans ma tête. Mais je veux dire que... Le gynécologue est là juste comme coordinateur, mais par après on sait qu'on a besoin par exemple de kinés, on a besoin de nutritionnistes, on a besoin par exemple d'autres spécialités de la médecine comme les chirurgiens digestifs ou neurologues ou neurologues. On a besoin de la clinique de la douleur qui doit être à côté de nous. Ça, c'est assez important aussi. On a besoin de psychologues. On a besoin, vraiment, ça dépend de quel type de symptômes est-ce que la patiente a. C'est ça que chaque patiente, comme je dis, c'est unique, complètement unique. Donc, on a besoin, par exemple, d'autres, ils ont besoin d'aller directement en fille parce que leur projet, c'est plutôt d'avoir un enfant. Ils n'ont pas mal. Donc, il me dit, écoutez, mon seul problème, c'est que je n'arrive pas à avoir un bébé. Docteur, qu'est-ce que je fais ? Donc, dans ce cas-là, il doit avoir un autre trajet de soins. Là, moi, je ne peux pas l'aider. C'est une autre spécialité qui va l'aider. Mais moi, comme coordinateur de cette équipe, j'essaie de coordonner tout ça et de voir qui va faire quoi dans l'équipe. Voilà, c'est ça ce qu'on fait.
- Speaker #0
J'aime beaucoup cette idée d'esprit d'équipe et d'avancer ensemble, tu vois, pour personnaliser l'équipe sur base de la patiente finalement, et te dire bon ben voilà, quelqu'un qui est en désir d'enfant n'aura pas les mêmes besoins que quelqu'un qui n'en veut pas, selon le stade, selon, voilà, il y a plein de choses qu'on peut mettre en place et des approches différentes, et j'aime beaucoup, je trouve ça vraiment génial. Et si... Imaginons maintenant que les femmes qui nous écoutent, certaines d'entre elles, viennent de recevoir un diagnostic et que ce diagnostic est encore tout frais. Quel serait le message d'espoir que tu aurais envie de leur transmettre ?
- Speaker #1
Mais on doit leur dire que c'est une maladie qui est chronique, donc elles doivent avoir de la patience et les choses vont s'améliorer avec le temps. les nouveaux médicaments qui arrivent, ils arrivent qui sont de mieux en mieux. Donc, les spécialistes qui entrent dans cette maladie, qui sont intéressés par cette maladie, ils commencent à augmenter le nombre. Avant, il n'y avait qu'un ou deux personnes qui étaient ici en Belgique, qui étaient spécialisées à cette maladie. Maintenant, on commence à avoir de plus en plus de gens qui sont intéressés. Je trouve que c'est une maladie plutôt passionnante. Il y a de plus en plus de personnes qui sont intéressées à faire des recherches sur cette maladie aussi. Donc, il y a de l'espoir et sur la majorité des patients, les symptômes, au lieu de s'aggraver, vont de mieux en mieux. Et pour ce qu'on n'a pas de solution, on arrive toujours à trouver quelque chose pour améliorer la qualité de vie. Donc, il y a toujours quelque chose qu'on peut faire. C'est ça ce que je veux dire. Il y a tellement de gens qui sont impliqués dans cette maladie qu'au final, il y a toujours quelque chose qui donne l'espoir, qui aide à la fin.
- Speaker #0
Je trouve ça juste génial à entendre parce que c'est vrai. Et tu en es un parfait exemple. Je veux dire, tu as à la tête une clinique qui est spécialisée dans l'endométriose. C'est quand même pas courant, je veux dire, on n'a pas partout des cliniques spécialisées en endométriose, soyons clairs. C'est encore nouveau quelque part comme concept.
- Speaker #1
C'est nouveau et ça prend énormément d'énergie de coordonner une équipe qui est si grande et si différente, parce qu'il y a les kinés, les nutritionnistes, on n'a jamais, les gynécologues n'ont jamais travaillé avec un nutritionniste avant dans une autre... maladie, je veux dire que ok, peut-être à l'oncologie, mais pas dans la gynécologie bénigne. Et je trouve ça aussi un challenge de savoir travailler, collaborer avec des différentes personnes qui pensent de façon différente aussi, avec leur côté.
- Speaker #0
Oui, bien sûr, chaque discipline va avoir son regard. C'est super intéressant de coordonner toute l'équipe et de voir comment on avance le mieux main dans la main. C'est vraiment passionnant. Je crois que ce que tu fais est juste extraordinaire parce que des cliniques telles que ça, on en a besoin. Il y a énormément de femmes qui sont touchées par l'endométriose, tu en as parlé. On a vraiment besoin d'avoir des équipes comme celle que tu as. Imaginons que les femmes qui nous écoutent maintenant se disent « J'ai adoré ce podcast, j'ai trop envie de... » de pouvoir découvrir la clinique qui est spécialisée dans l'endométriose, on fait comment ?
- Speaker #1
Tout simplement, il peut téléphoner pour avoir un rendez-vous ou il prend un rendez-vous à l'internet directement de notre équipe. C'est ce qu'il faut savoir, c'est que pour chaque nouvelle patiente qui arrive à la consultation d'une clinique d'endométriose, on passe d'office la patiente par un com multidisciplinaire. Ça veut dire que tout le monde de notre équipe
- Speaker #0
de la clinique, il doit savoir ce qui se passe avec cette patiente-là. Et tout le monde donne son propre avis par rapport à ce qu'il faut faire. Donc, à part la consultation qu'ils ont avec moi ou avec un autre spécialiste de mon équipe de l'endométriose, ils vont d'office, on va demander d'office un avis dans la réunion multidisciplinaire qu'on a deux fois par mois. Donc, c'est quelque chose de complexe, qui prend du temps, mais... au final on arrive à avoir des meilleurs résultats comme ça.
- Speaker #1
Tu parlais de personnalisation du process par rapport à la patiente, on est en plein dedans.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
On est vraiment en plein dedans, c'est génial. C'était un immense plaisir de te recevoir ici sur le podcast. Est-ce que tu aurais envie d'ajouter quelque chose pour conclure cet épisode ? Dis-moi.
- Speaker #0
Non, c'est juste qu'il faut vraiment garder un esprit ouvert. et d'être prêt à essayer et à tenter différentes méthodes pour essayer de trouver la solution à cette maladie. Donc voilà, c'est ça ce que je pense qui est le plus important. Dans tous les côtés, du côté patient, du côté médecin, c'est ça ce que je voulais donner comme message.
- Speaker #1
Merci infiniment Stavros, c'était un vrai plaisir. Réussi à démêler un peu le vrai du faux par rapport à l'endométriose. Je trouve que ton message est hyper encourageant, hyper porteur d'espoir.
- Speaker #0
Merci beaucoup pour cette invitation. Merci.
- Speaker #1
C'était génial de pouvoir partager ça avec toi. Donc merci en tout cas d'être venu. Les filles, si ça vous intéresse, bien sûr, je vous mettrai toutes les coordonnées de la clinique qui est spécialisée dans l'endométriose en dessous, dans la description de cet épisode de podcast. Je vous invite vraiment. à aller faire un tour, à regarder sur le site internet, à voir comment faire, mais surtout ne pas hésiter à être accompagné et à mettre en place une approche globale, parce qu'on l'a vu, c'est ça qui fait toute la différence. Encore un immense merci Stavros pour ta présence aujourd'hui.
- Speaker #0
Merci à toi, Mya.
- Speaker #1
Merci beaucoup, à bientôt.
- Speaker #0
A bientôt.