- Speaker #0
Hello et bienvenue à toutes sur ce tout nouvel épisode. Alors aujourd'hui, je ne suis pas seule, j'ai l'immense plaisir d'être avec Raissa. Salut Raissa !
- Speaker #1
Hello, hello ! Merci pour l'invitation.
- Speaker #0
Avec grand, grand plaisir. C'est un vraiment, pour moi, c'est un vrai plaisir de t'accueillir ici. On s'est rencontrées toutes les deux assez récemment, il y a quelques mois, au Parlement, à Bruxelles, où on a été...
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
porter notre voix justement pour parler des femmes atteintes de SOPK, d'endométriose et aborder le sujet de la fertilité. Et donc c'était vraiment génial de se rencontrer dans ce contexte-là. Toi, tu as une véritable communauté, tu es la fondatrice de Raïsadora, qui est une gamme complète de compléments alimentaires. Oui. qui connaît son grand succès et surtout dont l'efficacité aujourd'hui n'est plus à prouver. Et j'avais envie justement de te parler un petit peu de tout ça. Mais avant ça, est-ce que tu peux nous dire un petit peu qui tu es ? Parce qu'en plus, tu nous fais le plaisir d'être là en direct de très très loin. D'accord.
- Speaker #1
Je suis très très loin. Je suis à 20 heures de toi, je crois.
- Speaker #0
Oh là là !
- Speaker #1
Bah écoute, merci beaucoup pour cette... pour cette invitation. Je trouve ça super de pouvoir parler de ces sujets-là. Et c'est toujours un plaisir de pouvoir lever nos voix, comme tu le disais si bien, afin que d'autres femmes ou même hommes se reconnaissent dans nos mots et puissent trouver un peu de douceur et de bienveillance dans ce qu'on apporte. Écoute, pour me présenter, moi, c'est Raissa. J'ai presque 30 ans. J'ai presque 30 ans. Et j'ai été diagnostiquée du syndrome des droits polycystiques à l'âge de 12 ans. Donc ça fait très très longtemps que je vis avec cette pathologie chronique. Mais avant ça, je suis une jeune femme pleine de vie. J'aime rigoler, j'aime les voyages. Je suis très sociale. Donc je vis un peu ma petite vie comme ça, pleine de découvertes, que ce soit de personnes. J'adore lire également. et j'adore discuter avec... plein de personnes. Des fois, ça m'arrive de m'arrêter dans le métro et de parler juste avec une dame que je vois qui est émue. Donc ça, c'est un peu pour ma personnalité. Et sinon, j'aime bien me présenter en disant que j'ai le SOPK parce que mine de rien, ça fait quand même partie de mon identité parce que je l'ai su quand même lors de mes premières règles. Donc c'est vrai que parfois, on me dit « présente-toi » mais avant d'avoir le SOPK, qui étais-tu ? Je l'ai eu quand même très jeune. Donc c'est compliqué. Donc voilà, et effectivement, comme tu l'as si bien dit, j'ai grandi avec cette pathologie chronique qui a malheureusement ou heureusement, en fait, beaucoup impacté mon parcours de vie, mon parcours de femme. Et c'est pour ça, pour ne pas spoiler les auditeurs, que je suis là où je suis aujourd'hui, en fait.
- Speaker #0
Génial. Alors moi, je me remets dans la peau de la Raissa qui a 12 ans, parce que ça nous fait aussi un point commun. On te balance l'info, on te dit voilà, tu as des ovaires polycystiques, qu'est-ce qui se passe dans ta tête de la petite fille de 12 ans que tu étais ? C'est quoi la solution qu'on te propose à l'époque ? Parce que c'est ça notre point de compte.
- Speaker #1
Bien sûr. En fait, tu vois, j'ai mes premières règles. Première règle, panique, je sens quelque chose qui coule, je vais dans les toilettes, je commence à hurler, je dis « ah ! » Ma mère, elle arrive en trombe dans la salle de bain et je dis « mais ça va ma fille ? » Je dis « mais c'est quoi ça ? » Elle m'explique. « Ah, bon, ma fille, essuie-toi, on va discuter. Tu deviens une femme. Tu es désormais une femme. » Cette fameuse phrase qu'on nous dit toujours quand on est enfant. Et elle m'explique « Voilà, tu vas avoir tes règles. Voilà ce que ça implique. Voilà ce que c'est. Tu auras ça tous les mois. Voilà, voilà. » OK, bon. Le cycle d'après, je n'ai plus ces règles-là, en fait. Donc, ce que ma mère m'a expliqué, moi, je m'étais apprêtée. On avait acheté des serviettes. On avait acheté pas mal de choses, etc. Mais le cycle d'après, plus rien. Mais absolument rien. Et donc, je me dis, bon, OK. Tu vois, j'étais tellement jeune et quand on me l'a expliqué, tu sais, c'est tellement un choc pour une jeune femme de se lever et de voir du sang comme ça, que je n'ai pas retenu l'information que je devais les avoir tous les mois. Et donc, je laisse passer un mois, deux mois, trois mois. Au bout de trois mois, je me dis, c'est bizarre quand même, non ? Et donc, j'appelle ma mère, je dis, maman, écoute, tu vois ce que j'ai eu il y a trois mois ? Je ne les ai plus, je n'ai plus mes règles. Est-ce que c'est normal ? Deuxième coup de panique. J'espère que tu n'as pas vu de garçon. Qu'est-ce qui se passe ? Comment ça, tu n'as pas tes règles ? Je dis, non, maman, je n'ai pas vu de garçon. Enfin, tu sais bien, on file chez le gynécologue. Et en fait, le gynécologue, je me souviens, c'était tellement rapide. C'était tellement rapide. Je ne me souviens même pas qu'il ait eu à tâtonner. Il m'a dit, bon, allongez-vous, mademoiselle. On va vous poser deux, trois questions, etc. Il me fait l'examen. Et ensuite, il me passe, tu sais, une espèce de gel sur le bas-ventre. Et il me dit, ah, je n'ai pas le droit de vous le dire tout de suite, mais là, grosse suspicion de SOPK. Qu'est-ce que c'est le SOPK ? Ce n'est pas grave, vous allez juste avoir des difficultés à tomber enceinte. Vous reviendrez me voir quand vous voudrez des enfants plus tard. Faites ces examens-là pour pouvoir être sûr. Donc, tu vois, à l'époque, il y avait écrit suspicion de SOPK et je devais aller dans un laboratoire à l'époque qui était... tellement loin où je devais boire de l'eau. C'est des souvenirs qui me reviennent comme ça. On m'avait dit, bois deux litres d'eau pour avoir la vessie bien gonflée. Et j'étais partie effectivement à cet autre endroit avec ma maman. Et là, effectivement, lors de ces analyses, ils m'ont dit, vous avez le syndrome des horreurs polycystiques. Je repars chez le gynéco et il me dit, pilule. Il n'y a pas vraiment de solution aujourd'hui, ce n'est pas grave. Vous allez juste galérer à tomber enceinte. Mais pilule. Moi, j'ai 12 ans, tu me parles de pilule, tu me parles de tomber enceinte. Je me dis, mais qu'est-ce qui se passe ? Pour ma mère, c'était hors de question que je prenne la pilule. Pour elle, j'étais trop jeune. Et donc, en fait, on sort de chez ce gynécologue comme ça. Tu vois, avec juste ce, tu vas avoir des difficultés à tomber enceinte, tu as des kystes dans les ovaires. Et je me souviens, en fait, que ce mot, il m'avait vraiment hanté pendant très longtemps. Je me dis, ouais, j'ai des kystes dans les ovaires, quoi. Après, j'ai complètement oublié.
- Speaker #0
Mais c'est terrible à quel point ça peut s'engrammer en nous, à quel point c'est quelque chose qui peut vraiment être là et revenir, même si tu le mets un peu sous le tapis pendant quelques années. Il y a un moment où ça te revient en boomerang et je trouve ça terrible d'avoir ces mots-là vis-à-vis d'une petite fille de 12 ans.
- Speaker #1
Franchement, c'est dur. C'est dur parce que tu comprends à peine ton corps, tu comprends à peine ce que c'est qu'un cycle et en fait, on te balance cette information. Et donc, dans ta construction de jeune femme, J'ai beaucoup occulté ce diagnostic de SOPK, nouvellement SMOP. C'est vraiment quand j'ai commencé à avoir certains symptômes qui venaient que je me suis dit, mais en fait, c'est pas ça qu'on m'avait diagnostiqué à l'époque. Mais j'avoue qu'en fait, je suis sortie de là. OK, j'ai des kystes. OK, j'aurais du mal à tomber enceinte. Bon, je vois, j'ai vécu ma vie comme ça. Et après, je voyais quand même dans le regard de ma mère qu'elle était un peu très, très empathique. Et parce que quand on était sortis de cet examen, ma maman m'a dit « je suis désolée, ma fille » . Je lui ai dit « mais pourquoi tu me dis que je suis désolée ? » Elle me dit « parce que moi aussi, je l'ai eue » . Et donc, je m'en veux, il y avait une grosse culpabilité, ma mère, jusqu'à aujourd'hui. Grosse culpabilité de se dire « en fait, moi, je l'ai eue et en fait, c'est un peu, je te l'ai refilée, quoi » . Et j'ai dit « ben non, maman, ce n'est pas de ta faute » . Mais ça a conduit quand même à des discussions avec elle. Elle m'a donné du coup plein de conseils que j'ai pu mettre en place pour mieux vivre avec ce diagnostic.
- Speaker #0
Merci maman pour le coup parce que effectivement alors moi j'ai pas eu alors j'aurais presque envie de dire c'est pas de cette chance là alors pardon maman si tu m'écoutes mais c'est vrai que j'ai quelques années de plus que toi et pour moi c'était monnaie courante tu vois de donner la pilule effectivement à un âge où on n'est pas du tout censé la prendre parce qu'on n'est pas du tout dans ce projet d'avoir des relations sexuelles. Et en fait, comme toi, alors moi, c'était pour d'autres raisons. C'était principalement pour l'endométriose. Même si moi aussi, on a découvert le SOPK dans la foulée un peu plus tard.
- Speaker #1
Ah, tu as SOPK et endométriose.
- Speaker #0
Exact, le combo gagnant. Le combo gagnant, source d'inflammation, on aura l'occasion d'en discuter. Et en fait, on m'a mis sous pilule très vite, très tôt, parce qu'évidemment, alors moi, j'avais des syncopes, tellement la douleur était forte, je ne savais plus parler. Voilà. Et donc on m'a dit la solution c'est la pilule. Alors effectivement ça a masqué tout un tas de symptômes et puis quand j'ai arrêté la contraception bien plus tard, juste 17 ans après, et bien forcément c'était compliqué de découvrir un corps qui en fait dysfonctionnait depuis longtemps mais où on avait mis tout ça sous le tapis tu vois. Et donc c'est important quand même de pouvoir en parler. Alors c'est quand même aussi ce qui a fait ta force aujourd'hui c'est de connaître cette pathologie sur le bout des doigts. et c'est de pouvoir aujourd'hui changer la vie de nombreuses femmes grâce à ça. Alors on va quand même en parler parce que je trouve que c'est un élément important et intéressant. Tu le mets d'ailleurs, tu le mets sur ton site, tu mets que tu es une femme noire et qui est donc la fondatrice de ces compléments et j'ai trouvé ça très intéressant parce que c'est une donnée qu'on ne prend pas suffisamment en compte. Est-ce que tu peux expliquer pourquoi ? On va en parler juste après.
- Speaker #1
Mais bien sûr ! Tu sais, donc à 12 ans, il n'y avait pas encore ce truc des réseaux sociaux. Je n'avais même pas Facebook, je n'étais pas du tout, moi, je suis une intello avec mes bouquins, dans ma chambre, etc. Donc, je n'étais pas du tout sur les réseaux sociaux. C'est plus tard, vraiment plus tard, dans la vingtaine. que tu vois ces symptômes reviennent. Et la barbe, et je perds mes cheveux, et les troubles de l'humeur que tu ne comprends pas spécialement, parfois une agressivité que tu ne comprends pas, de la fatigue chronique, moi c'était vraiment les troubles de l'humeur où je me réveille, je suis dans un état, j'ai l'impression, pourquoi je me lève ? Je n'étais pas dépressive, je n'ai pas été diagnostiquée, heureusement je suis une personnalité qui vraiment est joyeuse et même arrive à faire semblant en société parce que vraiment il y avait des jours où tu te lèves c'est lourd, t'as l'impression de traîner ton corps et donc en fait je me dis tiens je vais quand même aller sur internet pour voir ce qu'il en est de ce diagnostic alors je vois personne qui me ressemble peut-être aux Etats-Unis, aux Etats-Unis je vois beaucoup de femmes effectivement noires qui en parlent, mais je me sens pas proche d'elles, elles sont loin, moi je suis en France, je suis français j'ai envie de voir des femmes qui parlent aussi du fait Merci. qu'elles ont des poils, du fait qu'elles se sentent, qu'elles prennent du poids de manière inexpliquée. Je ne me reconnaissais pas et tu sais, il y a plusieurs formes de SMOP. Et donc moi, j'avais une forme où les femmes que je voyais dans mon pays, elles avaient de la pilosité. Elles avaient des poils sur la poitrine, elles avaient beaucoup de barbe, etc. Mais je me disais, mais est-ce que je suis comme ces femmes-là ? Je me posais plein de questions parce que les filles que je voyais ne me présentaient pas les mêmes symptômes que moi. Et donc je me disais, je ne suis quand même pas la seule femme noire de France. On est... en ayant été diagnostiquée dans un SOPK. Et c'est comme ça, en fait, que j'ai commencé à poster, en fait, cette première vidéo. J'ai dit, je vais en parler. En fait, tout mon parcours, je l'ai documenté. C'est fou, hein. Je ne sais pas pourquoi. Des fois, je me dis, je ne sais pas pourquoi, à chaque étape, je prenais des photos. Je prenais des photos quand j'avais une peau qui était désastreuse. Je prenais des photos quand j'avais de la pilosité. Je prenais des photos quand j'étais un peu plus... Je ne savais pas ce que j'allais en faire, mais je prenais des petites photos comme ça, comme un petit journal intime. Et un jour... C'était vraiment la pilosité qui était mon complexe le plus grand. Parce que quand tu es une jeune femme, tu essaies de te plaire déjà à toi. Et tu vois que tu as une barbe. Tu te dis, mais en fait, qu'est-ce qu'il y a ? Je n'ai pas mes règles. Je perds mes cheveux. J'ai de la barbe. En fait, c'est quoi ? Je suis une femme ou pas ? Et donc, j'ai pris toutes ces petites photos que j'avais prises. Je les ai mis dans un... J'ai fait un montage et je les ai publiées sur les réseaux sociaux. J'avais tellement honte que j'ai fermé mon téléphone. C'est le lendemain que je me suis rendue compte que la vidéo était virale et qu'elle avait fait effectivement un million de vues. Et là, j'ai eu pas mal de femmes, du coup, qui me ressemblaient et qui m'ont dit « Mais moi aussi, alors c'est ça, moi aussi on m'a diagnostiqué. » On parlait, tu sais, en plus de dysrophie ovarienne, parfois on parle de SOPK, parfois on parle de gros ovaires. Donc j'ai reçu une vague de messages de femmes qui disaient « Mais moi aussi j'ai ça, je vis à Paris, je suis venue où ? Est-ce qu'on peut créer un club ? Est-ce qu'on peut créer une réunion ? Est-ce que, viens, on fait quelque chose de cette information parce que je me sens enfin moins seule. » Et en fait, c'est là où je me suis dit, non, en fait, je ne suis pas la seule. Je ne suis pas la seule. Et c'est comme ça que je me suis dit, je vais parler de ces symptômes-là que moi, je ne voyais pas chez les autres femmes, qui peut-être sont beaucoup plus présents chez nous, les femmes noires. Je ne savais pas à l'époque. Et effectivement, lorsque j'ai commencé à vouloir m'intéresser à la naturopathie, à prendre soin de moi, je me suis dit que j'allais le mettre en avant parce que j'étais vraiment, quand j'ai créé ma marque, la seule femme noire avoir une marque de compléments alimentaires en France. Et donc, je me dis que c'est important de mettre ça en avant parce que la Raissa qui avait 12 ans ou qui avait 16 ans, quand elle ne voyait personne qui lui ressemblait à avoir ces symptômes-là, se sentait un peu différente, se sentait très, très différente, très exclue. Tu sais, moi, je suis arrivée à faire l'école à distance. Moi, après le bac, j'ai arrêté d'aller à l'école. Et en fait, c'était important pour moi de mettre ça en avant pour dire « On est là, on existe » . Et nous aussi, on a ces symptômes-là. Et c'est peut-être intéressant de mettre sur la table ces discussions-là, que ce soit auprès de professionnels de santé. Un truc tout bête, moi, j'ai du mal à me faire piquer, par exemple. Ça, ça paraît bête, mais à chaque fois que je dois aller faire des examens, c'est un cauchemar. Je me dis, est-ce qu'elle va savoir me piquer ? Est-ce qu'elle va voir ma veine ? Ce n'est pas tant la difficulté de se faire piquer, c'est les petites remarques qui vont avec. Ah là, on ne voit pas vos veines. Ouf, je sens que ça va être difficile avec vous. On ne voit pas vos veines. Ah, c'est compliqué. Et donc, en fait, tu te dis, voilà. Et donc, c'est ces sujets-là, en fait, que j'avais envie qu'on mette sur la table pour qu'on puisse entendre parler de ça et que ça puisse peut-être faire bouger le débat d'une autre façon.
- Speaker #0
Alors entièrement d'accord et tu vois alors moi je suis pas, j'ai une peau mat mais je suis pas noire mais tu vois je pourrais te montrer on ne voit absolument pas mes veines non plus. Ah non plus tu vois. C'est une vraie galère aussi à chaque fois alors petit partage quand même, tu le sais on a la maison, la première maison de fertilité qui a ouvert ses portes en Belgique et là on a un labo, on a des praticiens qui piquent, qui arrivent à piquer mais alors d'une façon extraordinaire donc même moi. Super. pas mes prises de sang là j'ai toujours une praticienne qui arrive à me piquer mais alors je n'ai pas d'hématomes elle cherche pas trois heures elle prépare juste bien le terrain et une fois que c'est préparé hop elle y va c'est fait et c'est tout facile et ça change tout parce que moi aussi alors moi de mon côté tu le sais il ya eu un parcours pma donc les injections je te laisse imaginer combien il y en a eu la grossesse je t'en parle même pas donc j'avais l'impression d'être une toxico tu sais avec les hématomes de partout alors L'hiver, tu as des longues manches, tu arrives encore à les cacher. Mais alors en été ou au printemps, c'est une horreur. Et tu vois, ces petites remarques maladroites, je trouve ça terrible. Et en fait, ça unit finalement toutes les femmes. Parce que, et c'est en ça que je trouve nos messages très porteurs, c'est que finalement, quelle que soit notre couleur de peau, à partir du moment où on est confronté à ce type de pathologie, clairement, on va avoir des remarques maladroites. Quand on est confronté à l'infertilité, on va nous dire que c'est dans notre tête, qu'on est trop stressé, que c'est parce qu'on y pense trop, alors que jamais on ne dirait ça à un homme dont le spermogramme est mauvais, par exemple. Mais nous, on s'en fout plein la tête, tu vois.
- Speaker #1
C'est terrible.
- Speaker #0
Donc, messieurs, vous êtes, ce n'est pas la question. Juste, c'est hyper, hyper compliqué. Et toutes ces remarques maladroites, c'est génial que tu puisses aussi en parler et les mettre en avant parce que c'est ce qui t'a permis de... De fédérer une véritable communauté autour de toi. Bien sûr. Génial.
- Speaker #1
Mais tu sais, c'est parce qu'en plus, sans te couper, il y a beaucoup de tabou chez nous. C'est-à-dire que non seulement, effectivement, c'est compliqué parce que j'avais l'impression que j'avais des symptômes que les autres femmes n'avaient pas. En tout cas, j'avais des symptômes en plus. Mais en plus de ça, c'est super tabou. Donc, en fait, quand j'ai commencé à parler de ça, au sein même de ma propre famille, il y avait des remarques du genre, oh là là, pourquoi tu t'affiches ? Pourquoi tu en parles ? Pourquoi tu t'affiches ? Et donc, c'était très, très difficile. Je me suis dit, en fait, à un moment donné, il y a ça dans ma famille. Ma mère, elle en a. Moi, j'en ai. Mes cousines, elles ont toutes le SOPK. En fait, à un moment donné, on coupe un peu ce truc de honte, de tabou. Parce que non seulement on est la culture où on a quand même beaucoup de pathologies chroniques, métaboliques, des fibromes, des SOPK. Et en plus de ça, on est celle où il y a le plus de tabou. et en plus de ça, on est celle où on a le plus de... D'injonction, il faut que tu tombes enceinte. Tu te maries, tu dois être enceinte. Donc, en fait, si on ne parle pas de tout ça, comment on fait ? Et donc, j'ai essayé de faire fi, tu vois, de toutes ces remarques-là et de me dire, OK, je vais m'afficher. Et aujourd'hui, je suis contente de m'être affichée finalement parce qu'il y a des milliers et des milliers de femmes qui se sont reconnues dans mon parcours et j'en suis vraiment très fière aujourd'hui.
- Speaker #0
Et elles aussi, elles sont contentes que tu te sois affichée.
- Speaker #1
Oui, je pense que oui.
- Speaker #0
C'est ça qui est important. Et tu vois... point ce parcours. Alors, il est super dur et en même temps, je me dis, ça peut être une vraie source de motivation pour changer la vie des autres, quelque part, tu vois. Pour continuer, j'avais envie de te proposer un petit quiz, juste un petit vrai ou faux. Et comme ça, ça nous permettra après de développer les sujets. Mais si t'es OK, bien sûr, on ne développe rien maintenant, juste vrai ou faux. Avec grand plaisir. Alors, c'est parti. Est-ce que, alors on va quand même juste préciser, parce qu'on a parlé de SOPK et de SMOP, le SMOP c'est la nouvelle appellation, c'est la nouvelle nomenclature depuis le mois de mai dernier, c'est ce qui a changé. Donc comme ça si on nous entend parler de SOPK ou de SMOP, tout le monde saura de quoi il s'agit, c'est la même chose. Alors, est-ce que cette pathologie, le SOPK ou le SMOP, touche environ une femme sur dix en âge de procréer ? Est-ce que c'est vrai ou est-ce que c'est faux ?
- Speaker #1
C'est vrai.
- Speaker #0
C'est vrai. Est-ce qu'on peut littéralement réapprendre le corps à ovuler après un déséquilibre hormonal ?
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
Est-ce que le SOPK ou le SMOP, c'est une pathologie qu'on garde à vie sans espoir d'amélioration ?
- Speaker #1
C'est faux.
- Speaker #0
Est-ce que le fait que le SOPK, SMOP, ait changé de nom ? depuis mai dernier. Est-ce que ce changement de nomenclature change aussi la prise en charge ?
- Speaker #1
C'est difficile de rester sur vrai ou faux. Je vais dire faux pour l'instant, malheureusement.
- Speaker #0
Une question sur un autre sujet, mais qui, je sais, te tient à cœur aussi. Est-ce que les femmes qui ont des fibromes doivent obligatoirement passer par la case opération ? faux. Ok, merci de prêter au jeu. J'avais envie. Je sais que je t'ai titillée sur certaines, je sais.
- Speaker #1
C'était dur, je me suis dit, ah là là ! Je sais,
- Speaker #0
je sais. Il y a des questions,
- Speaker #1
il y a des débats.
- Speaker #0
Voilà, c'est pour susciter le débat, justement. Donc, les filles, restez avec nous, on va parler de tout ça. Alors, tu as dit que, effectivement, le SOPK, le SMOP, touche approximativement une femme sur dix. On pourrait peut-être même parler d'une femme sur huit.
- Speaker #1
Bien sûr. En fait, il fallait dire oui parce que c'est vrai que c'est la définition que l'on a, même quand on regarde un peu les chiffres de l'OMS. Mais on se rend compte, je pense toi comme moi, qu'on est tellement plus nombreuses à être touchées par ça. Et justement, tu vois, ça vient avec la question du changement de nom. Je pense que maintenant que le nom a changé, on va se rendre compte qu'il y a beaucoup plus de femmes qui sont touchées par le SMOP. Tout simplement parce qu'on découvre aujourd'hui que ce n'est pas une maladie gynécologique, mais que ça peut toucher tellement d'autres choses. Tu vois, pendant longtemps, la preuve, à 12 ans, on me dit « tu ne pourras pas avoir d'enfant » . Non. En fait, il y a des femmes Sopéka, on va le dire dans ce podcast, qui sont fertiles, qui arrivent à tomber enceintes. Et elles, leur Sopéka, ça… Et très facilement, et même des grossesses multiples, des jumeaux. Moi, j'ai des triplés, des jumeaux. Mais elles, leurs symptômes, ça va juste être peut-être la pilosité. Ça va juste être peut-être la barbe. Ça va être la chute de cheveux, ça va être la fatigue chronique, ça va être d'autres choses que la fertilité. Donc, c'était pour ça que j'étais « Ah oui, 10% ! » Mais je suis persuadée qu'il y en a tellement. Et c'est pour ça, je pense, qu'on dit que ça touche une femme sur dix, mais c'est parce que, comme il y en a beaucoup qui sont tombées enceintes, on les exclut un peu. Comme il y a des femmes SOPK qui sont minces, on les exclut. On dit « Ah ben non, t'es mince, tu ne peux pas avoir le SOPK. » Moi, j'en ai plein, des femmes qui me disent « Mais Raissa, est-ce que j'ai le SOPK ou pas ? » On n'arrive pas à me dire « Mais c'est parce que je suis mince. »
- Speaker #0
C'est exactement ça. Tu sais que moi, pendant mon parcours PMA, on a refusé de prendre en compte ce diagnostic. J'avais des règles aussi bien tous les 40 jours que tous les 120 jours. C'était complètement anarchique et il y avait plein d'autres symptômes. Mais on m'a dit non, mais comme vous êtes mince, chez vous, c'est que ça ne doit pas être très fort. Et donc, du coup, ils n'ont absolument pas tenu compte du SOPK, ce qui a notamment donné lieu à une hyperstimulation assez sévère après le protocole du FIV. Donc pour celles qui ne savent pas, c'est de l'eau qui monte dans l'abdomen après un protocole de fécondation in vitro. Et ça, c'est une urgence gynécologique. On peut aller en soins intensifs pour ça. C'est vraiment, vraiment problématique. Ça m'a quand même valu trois semaines d'arrêt complet. J'étais alitée pendant trois semaines, je ne pouvais plus bouger, je ne pouvais quasiment pas boire, juste une petite gorgée à la fois, je ne pouvais pas porter plus d'un kilo. Donc c'est juste pour te dire à quel point ça a été quand même assez sévère. J'ai frôlé vraiment l'hospitalisation et encore d'après d'autres médecins. ils m'ont dit moi j'aurais pas chipoté je te réhospitaliser directement donc voilà ça dépend quand même et donc tout ça pour dire que ben voilà on n'en a pas tenu compte parce que j'étais mince alors que en réalité les effets sur le corps ils sont bel et bien là et là aussi c'est ce qu'on t'a dit c'est ce qu'on m'a dit c'est alors déjà on parle de kyste alors que c'est absolument pas vrai et puis surtout on te dit bah c'est pas grave tant que vous ne voulez pas d'enfants c'est pas grave mais en fait ça occulte complètement ce que tu disais c'est que ce n'est pas une pathologie uniquement gynécologie
- Speaker #1
génicologique. C'est exactement ça.
- Speaker #0
C'est comme l'endométriose.
- Speaker #1
C'est comme l'endométriose. Et je pense qu'effectivement, on se trompe sur le diagnostic parfois parce qu'il y a des femmes aussi SOPK qui n'ont pas autant de follicules et qui ont tous les autres symptômes.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Et donc, effectivement, si on se concentre uniquement que sur l'aspect génicologique, on verrait qu'il y a beaucoup plus, je pense qu'il y a beaucoup plus de femmes qui en souffrent. Beaucoup, beaucoup, beaucoup plus. Et c'est pour ça, comme tu le dis, qu'il est dommage parce que... Il y a beaucoup de risques d'hyperstimulation quand on a le SOPK slash SMOP. Et donc, si la prise en charge n'est pas faite avant, on se retrouve avec des femmes qui font des hyperstimes. Et ça peut aller... Tu as été soft, il y a des femmes qui peuvent mourir, on peut le dire, on n'a pas peur des mots. Ça peut être grave.
- Speaker #0
Ça peut être grave, effectivement, parce qu'aussi, après un parcours pareil, souvent on se dit, j'ose pas aller voir, c'est normal d'avoir mal au ventre. On minimise un petit peu ses symptômes et on serre les dents, mais on risque une torsion de l'ovaire, on risque quand même des choses qui sont vraiment très très graves. Et donc c'est important d'oser aller aux urgences, d'oser dire qu'on a mal et de pas passer ça sous silence en jouant les guerrières, parce que c'est pas le but dans ce parcours. Mais j'aime bien le préciser parce que je sais qu'il y en a beaucoup qui le font. Et moi, parmi mes patientes, j'ai plein de femmes où je dis non, maintenant tu vas aux urgences. C'est maintenant. C'est ça. Effectivement, dans la foulée, on diagnostique une hyperstime. Je me dis, ah ! Mais... C'est important d'en parler en amont, si on peut, comme ça on est plus à l'écoute des symptômes et on peut réagir plus rapidement. Tu m'as dit aussi que tu as répondu vrai à la question, quand je t'ai demandé s'il était d'après toi possible de réapprendre au corps à ovuler après un déséquilibre hormonal. C'est quoi ton avis là-dessus ?
- Speaker #1
En fait, pour moi, ça montre vraiment qu'il y a un vrai défaut dans la prise en charge des femmes. Parce que oui, effectivement, quand on entend parler de SOPK, c'est direct anovulation, cycle irrégulier, etc. Mais encore une fois, il y a des femmes SOPK qui ont un cycle régulier, mais effectivement qui est anovulatoire. Mais si on n'explique pas, déjà c'est quoi un cycle anovulatoire, c'est quoi un cycle anovulatoire, c'est quoi l'ovulation ? C'est ce qu'on nous a appris à l'école, cycle de 28 jours, hop, au 14e jour, on ovule. Et puis du coup, si on ovule pas au 14e jour, ça veut dire qu'on ne sait pas ovuler. Pas du tout. Il faut réapprendre aux femmes qu'est-ce que c'est qu'un cycle réel. Moi, c'est récemment, quand je me suis intéressée à tous ces jeux, je me suis rendue compte, ah, j'ai un cycle de 35 jours, c'est un cycle normal. Jusqu'à 35 jours, c'est un cycle normal. Et moi, pendant très longtemps, je ne savais pas ça, tu vois. Donc, c'est important vraiment de vous rassurer aussi, chers auditeurs et auditrices, là-dessus. Un cycle de 35. 30 jours, 32 jours, ce n'est pas un cycle anormal, c'est qu'on se dira encore qu'on était en cycle normal. On peut effectivement avoir des troubles de l'ovulation qui sont liés au SOPK ou à d'autres pathologies chroniques. Simplement, en fonction justement de tes symptômes, et c'est là où c'est important d'en discuter avec des professionnels et de parler de son cas à nous, et non pas forcément parfois de se comparer aux autres et de mettre sur un papier, ok, moi, mes symptômes, c'est ça, Et ensuite, on va se rendre compte que, ok, bon, qu'est-ce que j'ai ? Est-ce que j'ai du surpoids ? Est-ce que j'ai de la cantocysme y, les taches brunes qu'on a au niveau de la nuque ? Est-ce que j'ai tendance à être ballonnée après les repas ? En fait, vraiment noter quels sont les symptômes qui nous pourrissent un peu la vie. On essaye d'apprendre à réguler ces symptômes. Le premier médicament, c'est quand même l'alimentation. Et après, ce sont des femmes qui… Moi, tu vois, ce qui m'avait vraiment perturbée dans ce parcours, c'est que quand j'ai commencé à prendre du poids, on m'a dit « tu ne fais pas d'efforts, tu prends du poids, c'est parce que tu vas tout le temps au McDo » . Je t'assure que j'étais tellement sportive. Moi, je suis sportive. Et donc, c'était tellement frustrant quand le gynécologue m'a dit ça. Il m'a dit, mais vous avez pris 10 kilos en même pas six mois. Là, il faut arrêter le McDo. Je dis, mais je ne mange pas le McDo. Et en fait, c'est très culpabilisant. Ce n'est pas que les femmes, elles ne veulent pas faire attention à l'alimentation. C'est qu'on ne leur a pas dit quelle était l'importance de l'alimentation quand on a un SMOP, quand on a un SOPK. Et tout simplement, quand on apprend à réguler, en fait, ce qu'on a dans l'assiette, qu'on doit manger différemment que les autres, on doit faire un peu plus attention que les autres. C'est des femmes qui voient leur règles qui réapparaissent. « Ah, je sens que là, j'ovule. » Quand on apprend que le sommeil a une importance, quand elles apprennent à mieux dormir ou à se créer des routines avant de dodo, elles se rendent compte qu'elles ovulent. Ou bien, tout simplement, quand on leur dit « Arrête de te focaliser sur le 14e jour, écoute ton corps sur les autres parties de ton cycle et dis « Ah, mais Raissa, tu as raison, le 20e jour, je sens ça, j'ai des seins qui sont tendus, est-ce que c'est ça ? » Et en fait, C'est important de dire qu'on peut avoir des cycles ovulatoires ou inovulatoires, mais sur 12 mois d'une année, d'un cycle à l'autre, on aura vraiment des symptômes qui seront différents. On peut ovuler en janvier, février, mars, ne pas ovuler en avril, mai, juin, réovuler en… Et c'est important aussi de passer ce message parce que parfois, ça crée de la culpabilité. Les femmes se sentent coupables, elles se disent « je n'ovule pas, je ne suis pas une femme » . Mais en fait, on ne leur dit pas que tu peux ovuler, ça s'apprend. On peut réapprendre, on peut rebooster ton corps, on peut lancer. le métabolisme pour que ton corps réapprenne à ovuler. C'est vrai que ça prend du temps, mais ce n'est pas impossible.
- Speaker #0
C'est super important de dire ça, parce que c'est vrai qu'il y a un côté définitif comme ça. On se dit, je ne ovule pas. Et en fait, sous-entendu, je n'ovulerai jamais. Alors qu'en fait, c'est faux et archi-faux. Un cycle n'est pas l'autre. Il y a plein de chamboulements, que ce soit alimentaire, que ce soit des carences, que ce soit émotionnel aussi, qui peuvent circuiter. Bien sûr, mais trop mal, bien sûr. Il y a plein de choses qui amènent ça et c'est important aussi d'identifier l'ovulation et de se dire en fait toutes les femmes n'ovulent pas à J14, tu peux très bien ovuler à J10 comme tu peux ovuler à J18. Ce qui est important c'est la durée de la phase butéale, de la phase post ovulation, mais pas forcément le jour auquel tu ovules, que ce soit à J10, J14 ou J17, on s'en fout quoi. L'essentiel c'est d'ovuler parce que, on peut peut-être le rappeler aussi ici, mais l'ovulation c'est pas juste important pour faire des bébés. C'est sûr que c'est important pour faire un bébé. Mais ce n'est pas uniquement pour ça. En fait, l'ovulation finalement, c'est un peu... Chez une femme, ça équivaut quelque part à la tension artérielle, au rythme cardiaque. Tu vois, c'est vraiment un signe de santé féminine que l'ovulation. C'est ça. C'est super important de le dire.
- Speaker #1
Et on n'en parle pas suffisamment aussi de ce que ça engendre que de ne pas ovuler. Je pense notamment à des risques d'ostéoporose, parce qu'en fait quand on ovule, ça va nous permettre de sécréter de la progestérone. Et si on manque de progestérone, ça nous expose à tout un tas de pathologies, certaines plus légères, d'autres beaucoup plus graves. Et donc c'est vraiment compliqué pour la santé de la femme au sens large, pas uniquement dans le cadre de la reproduction. C'est ça qui est important aussi de le dire. Tu nous as dit aussi que forcément ça pouvait s'améliorer, on le voit ici dans tout ce qu'on dit. Et en parlant d'amélioration, alors on a dit, tu as dit, mais c'est un avis que je partage, j'ai envie de dire hélas, comme on le dit depuis le début, le SOPK a changé de nom, aujourd'hui c'est le SMOP. C'est le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien. C'est un nom plus compliqué, mais plus complet. Aujourd'hui, ça a changé de nom, mais on est d'accord pour dire que ça ne change pas encore la prise en charge.
- Speaker #0
Non, ça ne change pas encore la prise en charge. Mais je pense que c'est un bon début. Je pense que c'est un bon début, le fait qu'il y ait vraiment ce terme métabolique. Je pense qu'on va avoir vraiment cette transition, cette prise en charge. Et je pense que merci les réseaux sociaux, à ces femmes qui ont eu le courage d'en parler, qui ont eu le courage de partager leurs symptômes. Moi, ce qui m'impressionne toujours, c'est quand elles partagent, par exemple, les endogurdes, les endobélies, les choses comme ça. Je pense que c'est important de montrer ça pour que même les professionnels de santé puissent se dire, ah ouais, en fait, voilà en fait certaines femmes, comment elles souffrent pendant leurs règles. Voilà en fait ce que ça cause, une fatigue chronique. Et c'est important d'avoir ce mot métabolique dans cette définition. Même si aujourd'hui la prise en charge ne change pas encore, on a bon espoir. On se dit bon, c'est un petit pas.
- Speaker #1
C'est exactement ça. C'est un premier petit pas. C'était un premier petit pas important. Maintenant, ce qu'il faut, c'est effectivement avoir une meilleure connaissance du sujet et surtout une prise en charge qui soit plus adaptée. Moi, ça fait plus de... ça va faire 13 ans maintenant que j'exerce et ça fait 13 ans que je crie haut et fort qu'il y a quatre formes de SOPK. Et en fait, alors aujourd'hui, ça a changé de nom, c'est super, mais en général, quand je pose la question aux femmes qui sont diagnostiquées, je lui dis mais quelle forme est-ce que tu as ? Personne ne sait répondre parce qu'en fait, le médecin s'est contenté de dire vous avez un SOPK, madame, point.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Et donc, on n'a pas expliqué et on va traiter un peu tout le monde de la même manière, sauf que... Si tu as un SOPK qui est plutôt avec une résistance à l'insuline, ça ne devrait pas être traité de la même manière que si le tien est, j'invente, mais d'origine inflammatoire par exemple.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et donc c'est hyper important de pouvoir identifier les différentes formes et de pouvoir agir en fonction. Qu'est-ce qu'il faudrait d'après toi pour une meilleure prise en charge ?
- Speaker #0
L'écoute des patients. Pour moi c'est très important l'écoute des patients. Ne pas invalider en fait leur douleur, leurs symptômes, ne pas leur dire c'est dans ta tête. Parce qu'en fait, c'est des femmes qui vont se retourner chez elles et vont se dire, c'est dans ma tête. Et c'est des femmes qui vont intérioriser ça, ça va leur créer des traumas. Tu sais, j'en parlais hier avec mon mari, on était en train de dîner. Et en fait, on s'est posé 15 questions. Et dans ces questions-là, il y avait vraiment une question qui était, qu'est-ce qui te passe par la tête et que tu n'as jamais osé dire ? Et en fait, j'ai dit, mais chérie, est-ce que tu te souviens quand on était... faire des examens par rapport à mon SOPK pour commencer à entamer un parcours bébé pour l'année prochaine. Tu te souviens quand le gynécologue m'a dit « Ça fait quand même huit ans que vous êtes en couple, vous n'êtes pas tombé enceinte, même pas une fausse couche. » Bon, en même temps, avec les kystes que vous avez dans les ovaires. Et en fait, je lui dis « Tu te souviens de cette phrase-là ? » Ben moi, je ne l'ai pas oubliée. Je ne l'ai pas oubliée. En fait, j'ai l'impression que ça contribue à peut-être ce désir de maternité que je repousse, que je repousse, que je repousse. Et je suis persuadée que c'est à cause de ces mots. qu'on a pu me dire quand j'avais 12 ans, dans d'autres, voilà, quand j'avais 20 ans, 21 ans, et là, l'année dernière. Et tu vois, c'est important qu'on puisse écouter ces femmes-là et apporter d'autres mots. Tu vois, moi, on m'a toujours dit, t'as des gros ovaires. Ça veut dire quoi, j'ai des gros ovaires ? Donc, en fait, qu'est-ce qu'il faut que je fasse pour ne plus avoir des gros ovaires ? En fait, on se pose pas mal de questions et ça peut emmener à de l'automédication, à de l'autosupplémentation plus tard. Parce qu'en fait, on se sent tellement mal qu'on se dit, on va aller taper sur Internet comment faire pour avoir des petits ovaires. Et là, tu vas tomber sur tous les charlatans du monde qui vont te dire, prends ça, prends ci, prends là. Et là, ça peut aggraver ton SOP. En fait, on ne se rend pas compte qu'une mauvaise prise en charge, ce sont ces femmes-là qui, effectivement, vont aller se documenter toutes seules. Et pour en parler souvent avec certains professionnels de santé qui disent « Vous savez, vous y connaissez plus que moi, moi, mon métier, il ne sert à rien. » Mais en fait, on est tellement mal accompagnés, on est tellement invalidés par rapport à ce qu'on ressent que oui, on va peut-être aller utiliser les intelligences artificielles qui, eux, ne vont pas nous dire « Tu as des gros ovaires. » C'est peut-être terrible d'en arriver là. Mais pour moi, il faut de l'écoute, peut-être des cellules dans chaque hôpitaux. Je sais qu'il y en a, par exemple, en Belgique, si je ne me trompe pas. Je sais qu'il y a à l'UZ, non ? Il n'y a pas une espèce de cellule SOPK ?
- Speaker #1
Il y a des choses qui existent, effectivement.
- Speaker #0
Il y a des choses qui existent.
- Speaker #1
Dans certains hôpitaux, mais on est encore loin. On est encore loin.
- Speaker #0
Mais pour moi, vraiment, c'est le temps, vraiment laisser la patiente s'exprimer. Et qui est très important, de peut-être l'orienter vers d'autres professionnels de santé. Un psychologue, un diététicien. Un diététicien qui connaît le SOPK. Parce que moi, les diététiciens que j'ai eus, c'était « Ah, tu ne manges pas jusqu'à 16h. 16h, tu te fais un smoothie protéiné et ça va. » mange ma femme. Donc en fait, il n'y a rien qui va.
- Speaker #1
Et puis surtout, je ne te dis pas tes hormones, vraiment. Alors les femmes en ECBB, surtout vous, déjà les femmes tout court, mais surtout si vous êtes en ECBB, le jeûne intermittent, vous m'oubliez ça, d'accord ? C'est n'importe quoi. Non, on ne fait pas ça. On ne fait pas ça. Mais tu vois, c'est fou et c'est vrai qu'on veut bien faire parce qu'on cherche des solutions et finalement, on va croire que ce qui s'applique à la voisine s'applique pour nous. On va chercher, on va faire des des amalgames et finalement, on va se tromper aussi dans la complémentation ou alors on va prendre des dosages qui ne sont pas adaptés. Moi, j'ai tous les jours des femmes en consultation qui me disent « Ah, mais pourtant, je prends telle ou telle multivitamine. » Ce n'est pas que le multivitamine en soi, il est mauvais, c'est juste qu'il n'est pas adapté ou en termes de dosage ou en termes de quantité, de durée, de plein de choses. Et donc, c'est vraiment important de pouvoir être accompagnée et d'avoir justement un vrai suivi dans la prise en charge. C'est ça.
- Speaker #0
C'est trop important. Et tu sais, parfois, il y a des femmes qui nous contactent, qui nous écrivent au service client et me disent, tu sais, ça m'a juste fait du bien d'en parler. Elles nous appellent et disent, je ne veux vraiment pas tout de suite acheter, je ne sais pas trop, j'ai juste besoin de parler. Et elles parlent, elles parlent, elles parlent, elles s'expriment. Eh bien, j'ai ça. Elles racontent ces traumas. En fait, quand mes parents ont divorcé, c'est à partir de là que mes règles se sont coupées. « Ah, quand mon père est tombé malade, c'est à partir de là que j'ai plus eu mes règles. » En fait, elles expriment ça à la fin de notre appel. Ah, Raissa, je n'ai même pas commencé tes compléments ou ce que tu as mis en place pour moi. J'ai mes règles. Parce qu'elles se sont exprimées. J'ai des femmes qui n'ont jamais pris mes produits, jamais. Mais parce qu'on a échangé, parce qu'elles ont eu l'espace de parler, qu'on a validé en fait ce qu'elles ressentaient. J'ai dit, mets juste ça en place dans ton alimentation. Va marcher le soir avec ton mari. Tenez par la main, vous allez marcher après le repas. Raissa, ça fait dix ans que je suis en SCBB. J'ai juste consommé un peu plus de sardines, comme tu m'as dit. J'ai fait attention à ça et ça, je suis enceinte. Et c'est des femmes parfois qui avaient commandé chez moi. La commande, elle est en train d'arriver, elle est déjà enceinte en fait. Mais parce qu'elle s'est exprimée, je ne sais pas si on se rend compte en fait, et on a besoin de créer des espaces où les femmes puissent parler, puissent s'exprimer et que personne ne les juge. Et parfois, en fait, c'est juste ça dont elles ont besoin. Et ça débloque plein de choses.
- Speaker #1
Parce que c'est hyper compliqué, tu le disais, alors toi, tu le disais par rapport à ta famille, tu as eu du mal de t'exposer, etc. Mais c'est aussi pareil quand on est dans ce parcours de fertilité. Quand on commence à en parler, les gens tout de suite autour de nous vont nous dire « Ah, mais c'est parce que tu y penses trop, ah, mais tu n'as qu'à adopter. »
- Speaker #0
Comme si c'était facile d'adopter.
- Speaker #1
Voilà, et c'est complètement occulté les difficultés que le couple traverse. Tu vois, c'est « Vous avez perdu le mode d'emploi. » Les remarques maladroites, je peux t'en citer, mais alors des dizaines. Je pense qu'en quatre ans et demi de parcours, je les ai toutes entendues ou presque. mais les femmes que j'accompagne aussi et on a parfois même du mal de s'exprimer même avec une amie parce qu'en fait elle comprend pas forcément ce qu'on vit et que même sans le vouloir elle va nous sortir des phrases qui sont un peu des phrases bateau qu'on dit partout c'est arrête d'y penser ça va venir tout seul pas en vacances pas en vacances ça va venir tout seul et en fait toi tu restes là avec cette émotion qui n'est pas exprimée et tu repars même en plus avec un sentiment peut-être de colère d'injustice de culpabilité Tu vois, tu as tout un mélange d'émotions qui est hyper compliqué à exprimer parce que tu ne sais pas finalement tout ce que tu ressens. Oui,
- Speaker #0
c'est ça.
- Speaker #1
Et je trouve ça tellement dur de se sentir seule, tu vois.
- Speaker #0
C'est tellement dur. Parce que déjà, tu te dis, je suis peut-être la seule femme qui n'arrive pas à avoir des enfants. Déjà, tu dis ça. Et après, quand tu vas auprès de certains professionnels de santé, ils te font bien comprendre qu'il y a un petit problème. On te met un peu dans un parcours PMA. Vous avez le SOPK ? Moi, tu sais, quand j'ai dit, je ne suis pas en projet bébé. Ah, mais il faudrait y penser. Ça fait huit ans que vous êtes en couple. Il faudrait y aller. J'ai dit, mais je ne suis pas en projet. Est-ce que vous pouvez juste m'aider à gérer mes règles, mes douleurs, mes symptômes, mon manque de libido ? Ah, OK, bon, rentrez quand même dans le parcours. C'était l'une heure, cette conversation. Et en fait, parfois, comme tu le dis si bien, ce sont des femmes, quand on leur dit, est-ce que tu as essayé ça, Je peux vous assurer qu'une femme qui en a essayé bébé, elle a tout essayé.
- Speaker #1
Même des choses où il ne faut pas essayer,
- Speaker #0
elle a tout essayé. Et donc, l'infantilisant lui disant, vous avez essayé ça, vous faites bien, en fait, tu repars de là, tu te dis, OK, je n'ai plus à les consulter, je vais me débrouiller toute seule.
- Speaker #1
C'est dommage. Et pire, Non seulement tu peux aggraver ta situation en prenant des choses qui ne sont pas adaptées ou en ne prenant rien, parce que les deux sont possibles en réalité. Donc il y a vraiment cette problématique-là. Mais il y a aussi le fait d'avoir peur finalement de consulter à nouveau même quelqu'un d'autre, même dans une autre discipline, parce qu'on sait qu'on va être jugé et qu'on va nous réduire finalement à cette capacité reproductive. Et que quand tu n'es pas dans ce parcours-là, à ce moment-là, ou que juste tu es en pause, tu n'en peux plus, tu en as marre, en fait, on ne solutionne pas ton problème. Et pire, on va parfois même mettre un pansement sur une plaie ouverte. Parce que, hélas, si la PMA est une piste, en tout cas aujourd'hui, pour devenir parent, elle ne solutionne absolument pas le SOPK ou le SMOP. Ni l'endométriose, ni l'insuffisance ovarienne, ni rien de tout ça, évidemment. C'est important de le dire aussi, bien sûr que la PMA, ça aide, ça permet d'obtenir dans certains cas, même si les taux de réussite sont encore bien trop faibles par rapport à ce qu'on aimerait, on est qu'autour de 20% de réussite, c'est pas non plus énorme, donc c'est vraiment très très faible comparativement au nombre d'essais, etc. Aujourd'hui, malheureusement, on est encore à 59%, donc autant dire 60% de personnes qui ressortent de ces parcours PMA. sur huit années sans enfants donc on est encore loin d'avoir des taux satisfaisants à mon sens on n'a pas évolué depuis les années 70 les taux sont assez comparables donc c'est quand même triste de se dire en autant d'années finalement les taux de réussite ne sont pas tellement plus conséquents alors que la médecine a progressé alors qu'on fait des choses aujourd'hui extraordinaire mais c'est un domaine quand même encore très à la traîne et tout ça pour dire que que quand bien même, pour les couples pour qui ça fonctionne. La pathologie, elle est toujours là et on n'a pas trouvé de solution, en fait. Certes, on est devenu maman ou papa entre-temps, mais pour celles qui souffrent de cette pathologie, on ne les a pas aidées.
- Speaker #0
Mais tu as complètement raison. Et tu vois, ce sont des femmes qui venaient après, quand elles arrivaient à tomber enceintes, me dire « En fait, Raissa, je m'en veux, parce que j'étais tellement embêtée pour avoir mon bébé. Maintenant, bébé est là, mais je me sens toujours mal. J'ai toujours mes cils qui sont irréguliers. » J'ai toujours ça qui ne va pas. Et en fait, c'est des femmes qui, en fait, elles ne sont pas écoutées avant, pendant et après. Et après, il y a beaucoup de dépressions postpartum parce qu'en fait, elles se disent, OK, j'ai mon bébé, j'ai mon miracle, mais en fait, mes symptômes sont encore là. Et c'est pour ça que c'est important ce que tu dis, parce qu'après des longs parcours comme ça, et heureusement, comme je dis toujours, que la PMA existe pour certains couples, c'est la solution, simplement. Il faudrait qu'on parle aussi peut-être des échecs. Moi, j'ai beaucoup de femmes qui partent, surtout chez nous, là où il y a le tabou. OK, on n'y arrive pas. On y va en PMA. Je vais avoir mon bébé. On va en FIV. Je vais avoir mon bébé. Du coup, en FIV, elles sortent de là. Un échec, deux échecs, sept échecs. Elles se disent, attends, je ne comprends pas. Je ne suis pas capable d'avoir un enfant naturellement. Je ne suis même pas capable d'avoir un enfant, oui, par insémination. Et en plus de ça, je pars en FIV. L'ultime procédure où je suis sûre de sortir de là avec un bébé, je ne l'ai pas. Qu'est-ce qui se passe ? Parce qu'on ne leur explique pas qu'en fait, il y a une possibilité d'échec. pourquoi il y a l'échec, etc. Donc, heureusement qu'il y a, on en parle de plus en plus et je suis vraiment tellement contente que, autant les réseaux sociaux, il y a beaucoup de choses qui ne sont pas top, autant ça, le fait que certaines femmes puissent mettre un peu de côté leur honte, leur tabou pour en parler au service d'autres femmes, je trouve ça extraordinaire parce que ça casse un peu le tabou de qu'est-ce qui se passe réellement dans une PMA, tu vois. Comment est-ce que les couples sortent de là ? Il y a même des couples qui ne tiennent pas, qui divorcent, qui se séparent, parce que c'est trop lourd. pour le couple. Et parfois, en fait, moi, quand elle me dit, va dans un parcours, qu'est-ce que ça comporte ? Pourquoi j'y vais ? Quelles sont les solutions que je vais avoir ? On va commencer par quoi ? On ne m'a pas assise pour me dire ça, Ça peut faire peur.
- Speaker #1
Et je trouve ça terrible parce que, tu vois, finalement, alors moi, je fais partie de la team compréhension, tu vois. Moi, je me dis que vraiment, vraiment, ce qui est important, c'est de comprendre. Je sais que toi aussi, parce que c'est ce qui nous permet du coup de ne plus subir, mais bien de choisir. Et quand on est face comme ça à l'inconnu, que ce soit le parcours PMA, que ce soit la pathologie, etc. Mais en fait, comme on ne sait pas et qu'on est, avec toute la bienveillance du monde, des ignorants en la matière, mais du coup, on n'est pas... On n'est pas à même de pouvoir faire des choix qui sont éclairés, des choix qui sont en conscience, tu sais, où on va vraiment peser le pour, le contre, etc. Et en fait, on va remettre complètement les clés de nous, de notre santé, dans les mains de quelqu'un d'autre, alors que finalement, le corps, c'est nous qui le connaissons. Bien sûr que la personne en blouse blanche, elle a fait des années d'études et qu'elle est bien placée, la question n'est pas là, mais c'est quand même toi, ton corps, ton ressenti. Et je trouve qu'on devrait avancer main dans la main et pas l'un contre l'autre. Absolument, je suis d'accord. Tu vois, c'est toute la différence.
- Speaker #0
c'est vrai
- Speaker #1
absolument je suis d'accord expliquer ça c'est sûr que ça change complètement la donne si on parle maintenant tant qu'on est dans le médical on peut parler des fibromes et t'as répondu que non finalement la case d'opération elle n'était pas toujours nécessaire c'est quoi ton expérience sur le sujet ?
- Speaker #0
en fait tu sais on s'est rendu compte qu'il y avait beaucoup plus de femmes noires qui étaient touchées par les fibromes c'est vraiment au début comme tu le disais moi je suis plutôt experte dans le SOPK Merci. Et quand j'ai commencé à accompagner ces femmes avec cette pathologie, je connais maintenant par cœur, comme j'aime bien le dire, il y a d'autres femmes qui me disaient, mais non, Raissa, moi j'ai des fibromes, j'ai l'ESOPK et des fibromes, j'ai l'ESOPK et l'adénomyose. Je me suis dit, je vais retourner encore dans les petits papiers pour étudier, pour voir un peu ce qu'il en est. Et j'étais choquée des statistiques du nombre de femmes qui sont touchées par les fibromes. On n'en parle pas parce que c'est encore un autre tabou. C'est-à-dire qu'encore tu as l'ESOPK, tu te dis, bon, mais d'avoir des boules dans le ventre, pour certaines femmes, c'est... C'est vraiment traumatisant. C'est vraiment traumatisant. Et donc, effectivement, on a vraiment toujours dans cette mouvance de « bon ben, c'est symptomatique, t'as des fibromes, on l'enlève » . En fait, on n'explique pas que derrière, il peut y avoir des solutions alternatives pour contrer ça. Je sais que c'est dur à entendre, mais pour être sur le terrain et pour avoir accompagné des femmes qui avaient « ah, ça, j'ai 12 fibromes » . Je lui dis, viens, on essaye de regarder dans ton bilan hormonal ce qu'il en est de ta progestérone, ce qu'il en est de tes oestrogènes, ce qu'il en est de ta carence en déterminé, qu'est-ce que tu manges le matin. Parce qu'on ne leur explique pas que… C'est pour ça que je dis, ce n'est pas qu'elles ne sont pas volontaires. Mais quand on ne t'explique pas pourquoi est-ce que tu dois bien manger. Et en fait, moi, ces femmes-là, quand je leur dis, tu sais que ce que tu manges, ça va dans ton sang et donc ça nourrit ton fibrome. Donc, ça l'aide soit à grossir, soit à le stabiliser à bon… Du coup, là, la question de le petit déjeuner salé et non pas sucré, elles l'entendent mieux. Mais quand c'est accusateur, tu ne dois pas manger sucré parce que tu dois faire… En fait, elles ne comprennent pas pourquoi. Mais quand tu prends le temps de leur expliquer, elles disent « Ok, oula ! » Et moi, c'est des femmes maintenant qui disent « Ok, j'ai compris l'importance de manger salé, de m'exposer un peu plus au soleil, par exemple, de faire en sorte que ma progestérone ne soit pas trop basse. » Et c'est des femmes qui, je l'ai vu, le fibroma disparaît et je suis la première surprise de ça. Quand j'ai eu la première femme qui m'a dit « mais Ressa, je suis allée faire une échographie, je n'ai plus de fibromes » , j'ai dit « ah bon, c'est possible ça ? Je ne crois pas » . Et puis j'en ai eu une, dix, une centaine qui m'ont dit la même chose. Après, bien évidemment, comme je le dis toujours, il y a des femmes qui ont des très gros fibromes, ça déforme la vessie, c'est à l'intérieur de la cavité utérine. On n'est pas en train de dire qu'il ne faut pas aller se faire opérer. Attention, je suis la première à dire que c'est important de consulter et de se faire opérer lorsque c'est nécessaire. Ça appuie sur ta vessie, ça te déforme le ventre, on l'entend. Mais il y a des femmes qui ont des tout petits fibromes qui sont simplement liés. à une mauvaise alimentation, à un manque complet de supplémentation. Et quand on remet les choses dans le contexte, elles arrivent à hésiter l'opération. Même si le fibromne ne s'élimine pas ou ne réduit pas, on ne leur apprend pas que tu peux vivre avec un fibromne. On n'est pas obligé de l'opérer. S'il ne t'embête pas, s'il ne te provoque pas des saignements hyper importants, il n'empêche pas le bébé de grossir si tu es dans un parcours. un parcours bébé par exemple mais en fait tu peux vivre avec ah bon ? parce que t'as des femmes, elles ont des fibromes de moins d'un centimètre qui me disent, on m'a demandé de me faire opérer mais est-ce qu'on t'a parlé des risques après ? est-ce qu'on t'a parlé des adhérences ? est-ce qu'on t'a parlé de la synéchie ? est-ce qu'on t'a parlé de ça ? et donc c'est important aussi de dire que l'opération permet, c'est une opération de confort mais derrière, on ne t'explique pas que le fibrome peut revenir et donc ce sont des femmes qui sont surprises parce qu'elles ont des récidives de fibromes parce qu'en fait la cause Merci. du fibromes n'a pas été mis sur le sujet. Et donc, j'ai des femmes qui ont vécu cinq opérations de fibromes, qui se retrouvent avec des synéchies totales, où il n'y a même plus de règles qui s'écoulent. Et donc là, il faut repasser par une autre opération pour aller sectionner les cicatrices. C'est lourd.
- Speaker #1
Alors les sinechi, on va peut-être expliquer ce que c'est, parce que je me dis que les personnes qui nous écoutent peut-être ne savent pas. Les sinechi, c'est vraiment quand on a des parois qui viennent se coller, ça crée des adhérences. Et il faut venir justement, alors on peut avoir ça après un curtage aussi, quand on a un arrêt de grossesse, que ce soit un arrêt hélas spontané ou que ce soit même dans le cadre d'un avortement. Eh bien, on peut avoir des sinechi et c'est pas toujours identifié, donc c'est quand même important d'aller vérifier ça. Mais c'est vrai que ce que tu dis me fait penser à un podcast que j'ai enregistré avec un médecin spécialiste dans l'endométriose, Stavros, si tu nous écoutes, un petit coucou parce que Stavros Karampelas, qui est le docteur Stavros Karampelas, qui est un médecin qui est vraiment gynécologue spécialisé dans l'endométriose, il a la tête de la première clinique spécialisée dans l'endométriose en Belgique. Et en fait, on discute avec Stavros, et c'est ce qu'il m'expliquait, c'est que... Il a des patientes qui se sont déjà fait opérer plusieurs fois. Et quand il commence même à les reprendre en charge, etc., l'une des premières choses qu'il leur demande de faire, c'est de modifier leur hygiène de vie et leur alimentation. Et en fait, c'est ce qu'il me disait, c'est que lui voit vraiment une différence de récidive entre les personnes qui ne changent rien et les personnes qui appliquent les conseils. En fait, il me dit, dans plus de 80% des cas, pour les personnes qui appliquent mes conseils, il y a... je ne dois plus revenir, on ne doit pas réopérer, alors qu'il y a d'autres personnes à d'autres endroits, et j'en vois tous les jours des patientes comme ça, qui me disent, je me suis déjà fait opérer d'endométriose 3, 4, 5 fois, et on me reparle à nouveau d'une opération, etc. Mais parce qu'en fait, on ne leur explique pas que ce qu'elles font, et qu'elles pensent parfois même faire bien, en tout cas ne pensent pas faire mal, bien alimenter, bien aggraver les symptômes. Que des carences viennent aggraver les symptômes, mais parce qu'on n'explique pas. Et comme tu le dis, le fait de leur expliquer, ça change tout, et souvent sur du long terme aussi.
- Speaker #0
Mais sur du long terme, comme tu l'as si bien dit. Parce que, et c'est important, et en fait, moi j'ai des parcours qui m'ont vraiment scotché. Des femmes qui, à cause de ces niches totales, parce que, bah vraiment parce qu'opération sur opération, bah elles pour le coup, pour avoir un bébé, ça devient difficile.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Et donc, la récidive, et je suis complètement d'accord avec le docteur, pareil, les femmes qui ont appliqué les conseils sur l'hygiène de vie, qui connaissent leurs carences, qui se sont supplémentées en conséquence, dans les cas où effectivement, ce n'était pas encore arrivé, où ça déforme l'utérus, comme on en a parlé, des résultats incroyables. Ça réduit, dans certains cas extraordinaires, on n'entend plus parler, il n'y a plus de fibromes. Et effectivement, surtout, surtout, Il n'y a pas de récidive, il n'y a pas d'otibromes qui poussent après l'opération. Et c'est important, effectivement, d'en parler pour que ces femmes-là puissent se dire « Ah, en fait, c'est vraiment à ce point-là important l'alimentation ? » Oui, à ce point-là, c'est important l'alimentation et l'hygiène de vie de manière générale.
- Speaker #1
Et la complémentation aussi, du coup.
- Speaker #0
Et la complémentation aussi.
- Speaker #1
Parce que toute l'alimentation, même la plus saine, hélas, ne suffit pas. Dans certains cas, on a besoin d'alimentation. Surtout aujourd'hui. Voilà, qui sont trop importantes. Alors, tu dis « surtout aujourd'hui » . C'est quoi ton avis sur le sujet ?
- Speaker #0
J'ai l'impression qu'il n'y a plus d'oméga-3 dans les poissons. J'ai l'impression que les fruits ne contiennent plus autant de dinos et tol qu'avant. En fait, j'ai vraiment l'impression qu'il y a une déperdition de qualité au niveau des aliments. Et c'est effectivement là où on rentre en compte la supplémentation. Moi, je sais que je culpabilisais beaucoup parce que j'ai toujours été carencée en fer. Je me butais aux légumes verts. C'est-à-dire que moi, les épsinards, c'était tout le temps, Parce que justement, quand j'allais, on me disait qu'il faut que je mange plus de verre. Je mangeais du verre à tous les repas, etc. Et je vais faire des bilans. Mon fer, il est toujours bas. Donc, je n'ai jamais été anémiée. Donc ça, c'est important de le dire. J'ai toujours été carencée en fer. Et en fait, depuis que je me supplémente, malgré, en plus effectivement de mes légumes verts, ma carence, elle s'est complètement effacée. Et donc, c'est dans ces cas-là que la supplémentation est importante.
- Speaker #1
Oui et puis c'est vrai que alors on peut le tourner comme on veut et c'est une végétarienne qui le dit donc attention c'est important. Clairement le fer non éminique n'est pas aussi bien absorbé par l'organisme que le fer éminique, il faut en parler. Donc clairement c'est vrai que tout ce qui va être fer contenu dans la viande sera beaucoup plus assimilé par l'organisme que le fer qui... qui pourrait être contenu dans certains végétaux, en tout cas.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Et puis les épinards, c'est un mythe aussi, on peut en parler. Un énorme mythe. Depuis Popeye, merci le dessin animé qui a tissé. Un énorme mythe. Mais en fait, c'est un mythe, un mythe énorme. Il y a plein d'autres choses qui contiennent du fer et qui ne sont pas forcément dans les légumes verts. Mais c'est important d'en parler, tu sais, parce qu'on a beaucoup de croyances comme ça, où on se dit « ah ben pour être plus classe, je vais faire ça » , et en fait on galère pendant des années, c'est de remonter péniblement un taux qui stagne, voire même qui chute encore plus. Et le faire, tu fais bien d'en parler, parce que c'est hyper hyper important pour l'hormonologie, pour la thyroïde, pour la fertilité, pour tellement de choses, donc je sais qu'il y a beaucoup de femmes qui nous écoutent et qui sont concernées par le sujet, donc c'est essentiel. Qu'est-ce que tu aurais envie de dire, si tu avais un conseil à donner aux femmes, et peut-être à leurs chéries aussi qui nous écoutent, qu'est-ce que tu aurais envie de leur dire ?
- Speaker #0
J'ai envie de leur dire que le parcours bébé, c'est un parcours, c'est un réel projet. Il faut vraiment le prendre comme ça, parce que tu ne sais pas si tu vas être confronté à l'infertilité jusqu'au moment où tu l'es. Et on peut se dire que parfois, pourquoi quelque chose d'aussi naturel que de faire un bébé, c'est-à-dire je suis avec mon partenaire, on s'aime, on a des rapports au bon moment et ça ne vient pas. Pourquoi est-ce que cette chose aussi naturelle devient compliquée pour certains couples ? Et donc, ça peut poser des questions, ça peut, même au sein d'un couple, créer des fictions. Parce que parfois, au début, c'est tellement violent quand on annonce une infertilité dans le couple que tu cherches qui est le responsable. C'est toi, mais tu sais, c'est toi, chérie, c'est à cause de ton SOP. Ah ben non, c'est à cause de ton nasospermie. Ça peut créer, et c'est important de dire qu'on parle d'un couple infertile et non pas de madame infertile ou monsieur infertile. Moi, souvent, c'est très important pour moi d'utiliser ces mots-là. Vous êtes un couple infertile, l'infertilité est réversible. Ça paraît bête, mais c'est tellement important de le dire. L'infertilité, c'est réversible. On peut essayer de trouver des solutions naturelles. Parfois, ça fonctionne, parfois, ça ne fonctionne pas. Et on se fait accompagner de manière médicalisée, et c'est OK. Et pour moi, vraiment, le mot que j'ai envie de transmettre, c'est ne vous en voulez pas de quelque chose qu'on ne peut pas, entre guillemets, pas changer, parce qu'on a abordé tout dans ce podcast, le fait qu'on pouvait améliorer certaines choses. En fait, à un moment donné, on ne peut pas lutter contre son corps. On ne peut pas lutter, on ne peut pas faire la bagarre avec un diagnostic. On essaye de faire de notre mieux, de ne pas se culpabiliser. Et de vraiment, en fait, si tu as l'impression de bien manger, de faire assez d'activités, de te supplémenter comme il faut, d'être accompagnée par un corps médical, c'est déjà bien. C'est déjà très, très bien. Et je sais que c'est très, très dur de... tous les mois, voir ces cycles qui reviennent ou pas. En plus, dans le cadre d'un SOPK, ça qui est terrible, c'est que du coup, tu essaies, mais parfois tu dis « Ah, je suis peut-être enceinte. Ah ben non, c'était juste mon cycle qui a fait 45 jours ce mois-ci. » Donc, c'est lourd, c'est très, très dur et j'ai vraiment envie de leur apporter du courage pour leur dire que vous n'êtes pas seul. Je sais que ça paraît banal, mais il y a beaucoup de couples, je ne sais pas si tu as des statistiques, c'est rare aujourd'hui d'avoir un couple, même qui n'a pas de diagnostic de pathologie chronique ni d'endométriose, ni de SOPK, ni rien. Aujourd'hui, un couple qui n'a rien, Pour avoir un bébé, ça peut mettre aujourd'hui un an, un an et demi, deux ans. Donc c'est important vraiment de ne pas vous en vouloir, d'être « be gentle with yourself » . Vraiment, soyez bienveillant envers vous-même, votre corps n'est pas cassé, vous ne faites rien de mal, vous faites juste de votre mieux et on espère qu'un jour, vous verrez ce petit plus apparaître sur ce test.
- Speaker #1
C'est tellement important de le rappeler, de rappeler qu'on est un couple, que c'est ensemble et que c'est ensemble qu'on avance. Et aussi de rappeler que, ben oui, il y a des choses à faire, qu'on peut changer les choses, qu'il faut s'accrocher, même si parfois c'est long et on n'a pas envie. Mais c'est aussi qu'il y a quelque chose de positif qui va ressortir de tout ça, même si là, à l'instant T, on ne voit pas ce qu'il y a de positif. Je peux vous promettre qu'après coup, on se dit, ah, en fait, ce parcours, il m'a quand même appris telle et telle et telle chose. Et que ça change parfois aussi notre parentalité, ça peut changer plein de choses.
- Speaker #0
Absolument.
- Speaker #1
Et donc... Voilà, c'est d'apprendre. Et j'avais envie de rebondir sur un élément que tu as dit, c'est qu'on fait tout ce qu'on peut, on essaye de manger sainement, etc. Et donc, c'est déjà génial. Et en même temps, manger sainement, ce n'est pas forcément manger pro-fertile. Mais comme il n'y a personne qui vous l'explique, c'est difficile d'imaginer qu'en fait, on peut faire les choses autrement, différemment. Peut-être, ce n'est pas forcément plus, mais c'est juste mieux ou en tout cas plus adapté à soi. Et donc, il n'y a zéro culpabilité à avoir parce qu'il n'y a personne qui nous explique ça au départ. Donc, c'est important. Mais bien sûr. Merci.
- Speaker #0
Mais bien sûr, mais surtout, moi, j'aime bien toujours rigoler parce que j'ai quand même beaucoup de femmes depuis 35 ans qui m'écrivent. Et j'aime bien leur dire, vous savez, les filles, il y a plus de chances qu'on tombe enceinte avec un SOPK très tardivement parce que du coup, avec la réserve ovarienne et les follicules, etc. Voilà, parfois, j'aime bien faire cette joke pour leur donner un peu d'espoir parce que figure-toi que j'ai beaucoup... Mais je pense que je devrais vraiment faire avec mes équipes des statistiques. J'ai beaucoup plus de femmes que j'accompagne de plus de 35 ans, de 40, 42 ans, 44 ans qui arrivent à tomber enceintes. Là où il y a des femmes qui nous contactent pour un accompagnement qui ont 20, 25 ans, j'ai plus de mal. Je me dis, c'est des paroles, je le doute. Et on a ces femmes-là de 44 ans qui ont leur adjénétique à SOPK il y a 20 ans, qui arrivent à avoir leur premier bébé. Donc, c'est aussi important de dire qu'on a plus de chances quand même d'avoir un enfant aussi plus tard. Ce n'est pas fini, même si c'est plus compliqué. Et aussi des grossesses gémellaires, j'aime bien le rappeler. pour dire on n'est pas les femmes exopéricas, on s'accroche on y croit Oui, je trouve ça génial et c'est vrai que ce n'est pas parce que c'est difficile aujourd'hui que ça le sera toujours. Il y a un moment où on passe de l'autre côté et voilà ce qu'il faut, c'est entre-temps, c'est surtout s'accrocher, continuer à espérer et avancer un pas à la fois avec beaucoup de bienveillance, tu l'as dit et c'est ça qui est important. C'était un vrai plaisir pour moi de t'accueillir ici, en tout cas Raissa, sur ce podcast. Si nos auditrices veulent en savoir plus, veulent découvrir tes compléments, veulent découvrir tout ça, où est-ce qu'elles peuvent te retrouver ? Dis-moi.
- Speaker #1
Moi, je suis très active sur les réseaux. Elle tape simplement Raissa Dora pour me retrouver. C'est pareil, mon site internet raissadora.com. Qu'elle n'hésite pas à nous écrire si elles ont juste besoin d'échanger, nous envoyer un mot. On est là pour ça. Moi, j'ai vraiment mis en place une équipe qui est là pour écouter. On n'est pas psychologue, donc il y a des fois où je suis obligée de rediriger parce que c'est tellement lourd parfois des femmes qui me disent « Raissa, même des cas, si je peux le dire, qui veulent se ôter la vie. » tellement c'est difficile. Et je dis, waouh, là, c'est plus moi, c'est d'autres cellules. Mais en tout cas, notre numéro est toujours ouvert pour nous envoyer un petit message, pour nous envoyer un petit mail. On sera toujours là pour vous écouter avec bienveillance.
- Speaker #0
C'est génial. Merci à toi d'avoir répondu à tout ça. Merci de nous avoir partagé ton vécu, ton expérience. Et puis de faire découvrir aussi ta gamme de compléments alimentaires. Je suis sûre que ça va en intéresser plus d'une. Merci beaucoup, Mia. Mais avec grand plaisir. On se retrouve la semaine prochaine, les filles, pour un tout nouvel épisode de podcast. Et d'ici là, prenez soin de vous. Prends soin de toi.
- Speaker #1
Prends soin de vous. Merci, bye bye.