Speaker #0Je suis Virginie Cobert et je vous donne rendez-vous chaque vendredi avec moi, mais surtout avec vous, pour prendre soin du précieux de la vie en vous et autour de vous. Bonne écoute ! Bonjour à toi qui m'écoutes ! Bonjour de plein été ! Ça y est, il fait chaud, il fait beau ! Plus ou moins. Mais le feu, le feu de l'été est bien là. Et dans ce feu estival, aujourd'hui, j'ai envie de te poser la question suivante. Ça serait comment pour toi d'improviser ? Ça serait comment pour toi de laisser tomber la planification, l'organisation ? De t'en remettre complètement ? Allez, l'an de l'instant, à ce qui est là, dans ce moment juste spontané, à ce qui s'anime en toi, à ce vers quoi ça te porte, ça serait comment de t'en remettre au signe, sur le chemin, au rencontre, à la providence ? Ça serait comment encore d'accepter de te perdre, peut-être pour mieux te trouver ? Perdre tes repères, lâcher tes habitudes, t'ouvrir à l'inattendu, le non balisé. Mais le non balisé parfois ça confine à l'inimaginable, l'inappréhendable, l'impensable. Comment ça serait pour toi cette proposition ? Moi c'est vraiment quelque chose que j'aime beaucoup faire, en particulier pendant les moments de vacances, d'avoir des espaces comme ça où je laisse libre cours à ceux qui viennent, ceux qui se présentent. J'ai beaucoup fait ça par exemple dans des grandes villes, à partir d'un endroit Sans but, sans contrainte, juste comme ça, aller à la rencontre de ce qui se présente, choisir une rue plutôt qu'une autre pour, sans raison apparente, juste parce que, voilà, quelque part, quelque chose en moi a envie d'aller plutôt par là. Et explorer, explorer comme ça, c'est l'espace. de manière ouverte, sans a priori. Ouais, j'ai fait des belles découvertes comme ça. J'ai certainement arrivé dans des endroits que j'aurais jamais imaginé découvrir. Et jusqu'à, tiens, je me rappelle, une fois c'était à Londres, à marcher comme ça un petit peu à l'aventure. Je suis arrivée à une grande salle de concert, je ne sais plus son nom exactement, et puis c'était ouvert, et puis je suis rentrée, mais vraiment je ne me doutais de rien, je n'avais aucune idée en tête, et en fait j'ai réalisé après coup que c'était ouvert parce que c'était l'entracte, et moi je suis rentrée à ce moment-là. Et puis les gens sont allés s'installer, et puis je suis allée m'installer aussi, j'ai assisté à la deuxième partie du concert comme ça, c'était totalement incroyable. C'était une pièce de Handel, ce moment-là. Et c'était juste waouh, comment c'était possible pour moi, ça c'était la question en sortant, comment ça s'est fait que j'ai pu rentrer là, que j'ai pu assister à ce concert, qu'on m'ait rien dit, rien demandé. que j'avais rien prévu et que j'ai reçu un tel cadeau ça c'est une belle pépite d'improvisation tiens j'avais pas prévu de te parler de ça mais c'est revenu là et ouais c'est un souvenir joyeux improvisation comme ça dans l'espace Ça peut s'envisager dans d'autres dimensions en fait, dans le temps, dans la création, dans la relation aussi. Alors c'est ça ma proposition, troisième proposition estivale. Que dirais-tu d'improviser ? Et qu'est-ce que tu risquerais vraiment à renoncer au plan ? Quelles possibilités est-ce que tu pourrais ouvrir à juste faire confiance ? Quels cadeaux pourrais-tu recevoir à accéder aux imprévus ? J'aimerais bien savoir d'ailleurs si tu as déjà vécu ce genre de moments, d'impro total. Parfois c'est choisi, parfois c'est juste que la vie elle nous ramène là, parce qu'on a beau faire des plans, organiser, prévoir on sait bien que ça se passe jamais comme prévu et parfois ça se passe tellement pas comme prévu qu'on est quelque part dans cette il n'y a pas d'autre choix que d'improviser et ça peut être beau aussi ça peut être merveilleux à partir du moment où on accepte juste de dire ok, bon, allons-y Allons-y, ou comment, ou quoi, je ne sais pas, mais allons-y quand même. Alors quelque part, il ne s'agit pas non plus de se laisser baloter au gré des courants. Je crois qu'il s'agit vraiment de simplement de renoncer à définir le chemin par lequel tu vas parvenir à destination, à ce que tu as envie de vivre, accepter de vivre ce que tu désires vivre. mais sans savoir comment et sans rien fermer. Alors quelque part, c'est un vrai effort, c'est un vrai apprentissage, c'est même un apprivoisement de chaque instant, pour nous en particulier, en tout cas je parle de mon point de vue. Moi je vois dans notre culture, dans notre société, quelque part à quel point on est conditionné à planifier nos journées, nos semaines, nos vacances. voire même notre vie, à quel point on est conditionné à nous projeter loin devant, en permanence, et puis aussi à nous prémunir, à nous garantir, à nous sécuriser, à calculer des risques et des statistiques. Ça va loin, on est même habitué à régenter, à contrôler, à rentabiliser non seulement notre vie, mais celle aussi des autres, des humains, des non-humains, jusqu'à celle de la paix. planète et ça devient tout ça des objets de conjecture, de calcul, de plan, d'organisation et c'est dingue en fait quand on y pense. Alors ouais, improviser, ça peut être un vrai défi, ça peut être un vrai effort, ça peut être un vrai saut dans le vide. Lâchez la montre, lâchez le contrôle du temps pour revenir à un temps organique. Ce temps organique, je l'apprivoise de plus en plus après avoir longtemps couru contre la montre et tenté de dompter ce temps-là, ce temps linéaire, de le rentabiliser comme on... Voilà, comme on a tous appris à le faire finalement. Reconnecter ce temps organique, je le vois bien, ça reconnecte aussi à la sagesse de notre horloge interne. Ça, j'ai beaucoup partagé là-dessus. Ça a été aussi ce cheminement-là de relation, de transformation de ma relation au temps qui m'a... qui m'a amenée à créer la retraite naturopathique, l'art de prendre son temps. Et ouais, c'est tout un sujet à part entière, je dirais. Et ça peut être ça, l'improvisation, ça peut être lâcher la montre, lâcher le temps, le temps linéaire. Il y a quelque chose, quand je parle de ça, un souvenir qui me revient à chaque fois. C'était il y a de nombreuses années, lors de mon premier voyage dans le désert. Alors le désert c'est vraiment l'espace pour lâcher tous ces repères. Et justement on lâchait aussi le temps. Et moi j'étais arrivée comme ça dans un groupe d'une dizaine de personnes je crois. Puis on était accompagnées par toute une équipe de guides, de toirex. C'était extraordinaire ce voyage. Et je me rappelle toujours quand je parle de la relation au temps et de comment on est conditionné. des autres membres du groupe qui, dès le premier ou le deuxième jour, on devait rester là huit jours, et dès le premier ou le deuxième jour, étaient en train de se questionner à quelle heure il est et à quelle heure on mange, et qu'est-ce qui va se passer à la fin de la semaine, et comment on va rentrer chez nous, et qu'est-ce qu'on va faire après, mais ça m'avait déjà choquée alors que j'étais loin d'avoir cheminé comme je l'ai fait aujourd'hui avec le temps. Bon, il y a un peu de bruit autour de moi. J'espère que ça ne t'empêchera pas de recevoir l'essence de ce que j'ai envie de partager. De juste... L'improvisation, ça peut passer par lâcher le contrôle du temps. Et puis, d'un autre côté, lâcher aussi les cartes, les systèmes de GPS. Revenir à notre guidance intérieure. C'est ce que j'évoquais à travers ces... Ces moments de découverte urbaine, sans but, sans destination. Il y a vraiment cette idée de s'autoriser, quelque part, toutes les sorties de route, toutes les approximations, les tours, les détours, tout ce qui finalement va rendre ce voyage-là, le tien, tellement unique. de par les rencontres que ces tours et ces détours permettent, de par les surprises et les inattendus, et tout ce que tu vas découvrir et que tu n'aurais pas pu envisager. Ouais, improviser c'est s'autoriser aussi, et ça, ça revient beaucoup pour moi par rapport à la question du temps, s'autoriser l'inefficacité, s'autoriser l'inexactitude. S'autoriser l'errance. Et pour moi aujourd'hui, il y a quelque chose de très clair. On nous a beaucoup appris, en tout cas moi c'est ce qu'on m'a répété plusieurs fois. Je ne sais pas de combien de sources j'ai entendu ça, mais que le chemin le plus court d'un point A à un point B, c'est la ligne droite. Pour moi aujourd'hui, ce qui est beaucoup plus pertinent, plus ajusté, c'est de me dire que le chemin le plus vivant d'un point A à un point B, et bien c'est justement pas la ligne droite, c'est ce chemin qui se perd, qui fait des détours, qui se cherche, qui erre. Et c'est certainement le plus vivant, et quelque part ça peut être aussi le plus joyeux, à partir du moment où il y a... La possibilité de lâcher sur le résultat, lâcher sur... Ouais, j'arrive, mais quand ? Je ne sais pas. Cette notion du temps d'ailleurs, je reviens encore à ça, mais dans mon deuxième voyage dans le désert, j'étais accompagnée cette fois, j'étais accueillie par un Touareg dans son clan et il m'a emmenée en brousse. rencontrer du coup d'autres clans, différentes tribus et puis sur notre première étape donc on est parti d'un petit village du Niger qui s'appelle Adderbissinat, on est parti avec un âne et puis une charrette et puis ça nous a pris je sais plus exactement un jour et demi peut-être pour arriver à un point de rendez vous et là il y avait un Un Touareg qui nous attendait. Et en fait, en discutant avec lui, c'était incroyable. C'était tellement inattendu pour moi. En discutant avec lui, il a partagé que il savait qu'on allait arriver. Il ne savait pas si ce serait hier, aujourd'hui, demain. Il nous attendait et c'était tout. Il n'y avait pas de soucis à ça. Et c'était tellement incroyable, j'ai trouvé ça tellement beau aussi, cette liberté par rapport à l'arrivée, au résultat, à la... L'exactitude et la précision du rendez-vous. Donc l'improvisation, ça peut être ça aussi. C'est dire ok, on y va. Comment ? On verra bien. Quand est-ce qu'on arrive ? On verra bien aussi. Où est-ce que ça va nous emmener ? Surprise et youpi ! Et dans ces errances, dans ce chemin non balisé, il y a, avec cette idée de lâcher les systèmes de GPS, c'est vraiment s'autoriser ou se laisser guider, non pas par un calculateur d'itinéraire extérieur, mais par notre boussole intérieure. Notre boussole intérieure qui est cet espace de nous qui est conscient au-delà de ce que notre mental peut appréhender. Cette part de là, elle est là. On n'y a pas toujours accès facilement, mais elle est bien là. Peut-être que pour y accéder, il y a besoin de nettoyer un petit peu les antennes pour capter avec plus de clarté les impulsions du vivant en nous, cet élan, cette petite voix intérieure qui sait. Peut-être qu'il y a besoin de dépoussiérer un petit peu les écoutilles subtiles, de décoloniser nos imaginaires. Rien que cette expression qui n'est pas de moi, mais j'ai voulu chercher qui l'avait employée en premier, et puis j'ai vu qu'elle a été tellement reprise que je n'ai pas trouvé qui a employé cette expression au préalable. Mais rien que cette expression décolonisait nos imaginaires, moi ça m'emmène dans quelque chose de très vaste, de très... Très vaporeux aussi. Quelque chose où il y a plein de possibles nouveaux qui se révèlent. Je pourrais encore partager ou questionner comment les histoires qu'on se raconte et les mythes, ce qui nourrit notre imaginaire vient aussi étayer, façonner, déterminer. la manifestation de notre réalité. Il y a beaucoup de personnes qui se sont intéressées à ça. Et bon, ce n'est pas l'objet de cet épisode, mais peut-être une prochaine fois, j'approfondirai ça. Là, j'ai vraiment envie aussi, c'est ça qui est venu quand je me suis laissée traverser pour aller un peu plus loin que juste l'idée d'improviser. J'ai envie de... de revenir sur cette part de nous, cette part consciente de nous, qui sait parfaitement, qui sait quel est le chemin. Si cette part de nous, si la clé, elle était là, juste, je ne vais pas dire à portée de main, je vais dire plutôt à portée de cœur. Parce que là, il y a quelque chose aussi d'extrêmement intéressant au sujet du cœur. Est-ce que tu sais par exemple que le cœur possède des neurones ? Quand on n'a pas fait des études de physiologie, on n'est pas toujours au courant de ça. Notre cœur, il possède des neurones. Des neurones comme le cerveau, comme l'intestin d'ailleurs. Des neurones qui sont là pour échanger des informations et à la fois recevoir des informations de l'extérieur et envoyer des informations pour... Réagir à l'extérieur. Et alors, de quelle manière le cœur intervient dans cette idée de guidance intérieure ? Eh bien, ça me renvoie au phénomène de préconition. Ces phénomènes de préconition, ils sont connus, ils ont été étudiés à de multiples reprises dans différents centres de recherche, universités. dans différents pays du monde. Et je trouve ça juste fascinant. Qu'est-ce que c'est un phénomène de préconition ? C'est la chose suivante. Quand vous êtes confronté à une situation, à un stimulus à l'extérieur qui entraîne une réaction émotionnelle significative, c'est-à-dire que ça va te toucher et que ça va te faire réagir. Soit par de la joie, soit par de la peur, soit par de la colère, quelle que soit l'émotion, il y a cet impact. Actes émotionnels signifiants, significatifs. Donc il y a un stimulus à l'extérieur qui déclenche ça. Et en fait, ce qui se passe, ce que vraiment les mesures d'activité au niveau des neurones ont montré, c'est que les neurones, le corps, réagissent avant que le stimulus n'ait lieu. Mais quand je dis avant, c'est plusieurs secondes avant. Ça peut être 4-5 secondes quand on n'a pas d'entraînement. Et pour des personnes qui sont un peu plus entraînées à cette écoute intérieure, ça peut être jusqu'à 13-14-15 secondes. C'est extraordinaire. Et ce qui est encore plus extraordinaire, c'est que les neurones du cœur réagissent avant et module la réaction des neurones du cerveau. Donc, ça veut dire quoi ? En réalité, quand il y a quelque chose qui va se produire et qui ne s'est pas encore produit, ton corps réagit d'abord. Et qui c'est qui réagit en premier ? C'est ton cœur. Ton cœur, il sait déjà ce qui ne s'est pas encore produit. Il prépare déjà la réaction, il module la réaction des neurones du cerveau, et après, le stimulus, Cette manifestation qui va te faire réagir émotionnellement, elle provient, elle advient. C'est fou ça non ? Et ça c'est un des mécanismes physiologiques qui sous-tend les phénomènes d'intuition en fait. La préconition c'est ça, c'est de savoir avant. Et bien l'improvisation elle repose complètement là-dessus. Et donc la physiologie elle est très claire, c'est le cœur qui répond d'abord. La boussole elle est vraiment là, dans le cœur. Bon moi ça me fascine et ça me fascine aussi de voir que j'avais pas du tout de prévu quand j'ai pensé à partager autour de l'improvisation d'en arriver à... ces phénomènes de préconition mais ça m'invite à te proposer ce serait comment pour toi de revenir dans cet espace du coeur pour te laisser guider ce serait comment pour toi de peut-être choisir déguiser cette capacité intuitive que nous avons tous et comment ? simplement en l'exerçant Alors maintenant j'ai très envie d'entendre tes expériences d'improvisation et tous tes partages sont les bienvenus. Je mettrai comme d'habitude dans la description de l'épisode le lien pour partager et je t'invite à commenter, à partager cet épisode si tu en as l'élan, à t'abonner bien sûr. Et je te dis à bientôt ! pour un prochain épisode estival. Belle improvisation d'ici là !