Speaker #0Je suis Virginie Cobert et je vous donne rendez-vous chaque vendredi avec moi, mais surtout avec vous, pour prendre soin du précieux de la vie en vous et autour de vous. Bonne écoute ! Bonjour à toi qui m'écoutes ! Bienvenue encore une fois aujourd'hui, merci d'être là, merci de te donner ça. C'est au cœur de la thématique de cet épisode, le temps pour soi. Qu'est-ce qu'on se donne à soi-même ? On peut se donner plein de choses dans une journée, dans une vie. Aujourd'hui, je te propose de te donner un temps rien que pour toi. Et alors, un temps pour soi, pour moi, c'est un temps pour revenir à soi. C'est vraiment un mouvement qui est clairement orienté de l'extérieur. vers l'intérieur. Ça n'a rien à voir avec ce qu'on peut parfois entendre quand on parle de temps pour soi, un temps où on s'échappe dans une lecture, dans un film, où on se divertit, où on se projette dans un extérieur. Ça, c'est pas tout à fait ce dont je vais te parler aujourd'hui. Pour moi, le temps pour soi... Ce que j'évoque aujourd'hui, c'est un moment où l'attention est projetée vers l'intérieur. Et ça peut être un temps de rien, un temps de repos complet, ou ça peut être un temps actif, que ce soit une pratique physique, une marche méditative, une expression créatrice. Il y a plein de manières de ramener son attention vers l'intérieur, de ramener son écoute vers l'intérieur, de manière active encore une fois, ou alors juste en se déposant dans un endroit que l'on a choisi, à l'intérieur, à l'extérieur, peu importe, de se déposer en tout cas dans son corps. C'est là que ce temps pour soi nous invite à revenir. Dans ce corps, tu peux rencontrer ce qui est là dans ta matière, tu peux rencontrer quelle énergie anime cette matière, ou quel défaut d'énergie parfois. Tu peux rencontrer quel est le mouvement intérieur de tes émotions, de tes pensées. Il y a vraiment le temps pour soi, c'est ça, c'est vraiment un moment pour se déposer dans soi, dans soi, dans chacune des parties de soi, mais d'être pleinement là. C'est rare, si tu regardes bien dans le quotidien, c'est très rare d'être 100% avec soi en fait. Notre attention elle est en permanence happée par l'extérieur, par les sollicitations, par les informations, par ce qui nous apporte. à l'extérieur et puis ce qui nous appelle à faire aussi vers l'extérieur, à produire vers l'extérieur. Alors ce temps pour soi c'est tout le contraire. Ce temps pour soi c'est tourner son attention vers l'intérieur et en même temps garder cette focalisation ouverte, c'est-à-dire je suis pleinement là, je suis pleinement là mon mental, il n'est pas en train de s'agiter dans tous les sens ou alors s'il y a de l'agitation parce que ça c'est possible je regarde cette agitation je la regarde à partir d'un point fixe je ne me suis pas l'agitation je ne me laisse pas embarquer, c'est juste à partir d'un espace posé de moi, je peux regarder effectivement ce qui s'agite dans ma tête ce qui s'agite dans mon coeur mais je ne suis pas Dans cette agitation, je suis vraiment juste là avec moi, avec ce qui est là en moi, avec ce qui réagit, avec ce qui se pose. C'est vraiment cette focalisation ouverte, l'attention elle est ouverte, il n'y a pas d'attente, il n'y a pas de projection, il n'y a pas de définition, il n'y a pas de... de limitation. Je suis avec ce qui est et il n'y a pas de jugement non plus, il n'y a pas de point de vue. Ok, c'est ce qui est en train d'être, ni plus ni moins. Est-ce que je peux rester là ? Est-ce que toi tu peux rester là, juste là avec toi, sans point de vue, sans attente ? Juste dans cette forme de contemplation, de présence. Les enfants, souvent, nous réclament cette attention-là. Ils nous disent, regarde maman, regarde, regarde papa, regarde qui je suis, regarde-moi avec amour, regarde-moi grandir, donne-moi de ton attention pour que je sois et que je me déploie. Quand on est parent et qu'on regarde son enfant comme ça, on peut être à cet endroit de juste être présent. Ne pas attendre, ne rien projeter, juste être là avec cet enfant qui vit, qui traverse ce qu'il a à traverser, juste d'être là. Cette attention, peut-être que tu ne l'as pas reçue à hauteur de ce que tu réclamais quand tu étais enfant. Et bien maintenant, c'est le bon moment pour te la donner à toi-même. Et ça t'appartient totalement. C'est ton cadeau pour toi. Personne d'autre ne peut te donner ça, véritablement. Parce que personne n'a véritablement accès à ton intérieur. Pleinement, aussi directement, aussi complètement que ce que tu peux avoir accès toi. C'est tout simple et à la fois c'est un défi, on est d'accord. Mais c'est tout simple, et ça peut se faire sans effort. Ça peut simplement se choisir. Ça peut être d'accepter de venir et de rester à cet endroit, juste avec soi. Comme de se donner la main et dire, voilà, je suis là, je reste là, je ne dis rien, j'écoute. Je me laisse traverser aussi. Si c'est un temps créatif, c'est... C'est vraiment, je me laisse traverser par ce qui est et puis je le matérialise d'une manière ou d'une autre avec le corps, avec un support. Mais il n'y a pas de, comment dire, il n'y a aucune attention sur le résultat. C'est ça en fait, toute l'attention elle est sur qu'est-ce qui est là, où je suis, dans mon corps là. Commencez. Qu'est-ce qui palpite ? Qu'est-ce qui est serré, fermé ? Qu'est-ce qui est chaud ? Qu'est-ce qui est froid ? Et la tension, elle peut aller de la globalité vers quelque chose de très fin, vers des espaces, des zones du corps qui appellent un peu plus. Soit parce qu'elles sont vraiment dilatées, confortables, soit parce qu'au contraire... Ah, il y a quelque chose qui n'est pas tout à fait en place, peut-être, ou pas à tout confort. Et je t'invite vraiment à faire cette expérience, de rester dans toi, dans ce corps qui est le tien, dans un espace, dans une zone qui appelle plus particulièrement, et sans attente. Sans rien chercher à faire, d'observer comment cette zone, elle vit, malgré tout. Comment le fait de poser ton attention à cet endroit-là, eh bien, la sensation, les perceptions évoluent. Et d'observer avec curiosité. Juste ça, observer avec curiosité. Ah tiens, c'est ça qui se passe. Ah ouais, c'est pas pareil que tout à l'heure. Ah ! Il y a ce mouvement-là, il y a cette absence de mouvement-là aussi. Tout est possible. Et il y a juste d'être là, de rester là, d'y revenir aussi. Tellement on n'a pas l'habitude, eh bien on est souvent... On fait des allers-retours. Et même avec l'habitude, moi je dois dire que c'est jamais acquis. Je suis là avec moi et puis hop, il y a une pensée. il y a le mental qui a une petite inquiétude et qui me hape. C'est ok. Et quand je m'en rends compte, j'ai le choix en fait. J'ai le choix de rester avec ce qui s'agit dans ma tête ou alors de revenir à l'intérieur. Il y a quelque chose comme ça que tu peux observer dans cette pratique du temps pour soi. Cette tendance furieuse des pensées à t'attirer à l'extérieur. à t'attirer dans le faire, dans l'action, dans la production de résultats. C'est ok parce que c'est son job à ton mental de te mobiliser pour l'action parce que de cette action dépend ta survie. Donc lui il assure son job et il est au top pour ça. Et en même temps il y a juste besoin de... Le sécuriser, lui dire tout va bien pour l'instant, on ne va pas mourir, donc on peut se détendre, on peut se poser et l'action, il n'y a pas de souci, ça sera pour après. Se poser dans soi, se poser avec soi, se donner ce temps pour soi, et bien c'est tellement reposant. C'est tellement bon, c'est tellement simple, et c'est parfois tellement difficile. Mais en vrai, il n'y a pas d'effort à faire. Aucun effort. L'effort, ça va être la tendance au contraire qui va, comment dire, possiblement te couper de ce que tu pourrais capter. Mais comme il n'y a pas de résultat, ben, c'est ok. Tu observes et tu vis ce que tu vis à ce moment-là. Et la proposition aujourd'hui, c'est vraiment de te questionner comment est-ce que tu peux ritualiser cela. Moi, je veux vraiment quelque chose de l'ordre de la répétition. Un temps pour soi, un temps pour soi qui peut être même furtif. C'est quelque chose qui revient chaque semaine, chaque jour. Et ça peut être toujours la même modalité. J'aime beaucoup cette répétition parce que ça permet de s'y glisser à chaque fois plus facilement, plus rapidement, plus complètement. Ou alors d'observer les fois où... C'est peut-être... Il y a peut-être plus de résistance. C'est ok. On peut prendre ça comme un jeu aussi. Pas un jeu où on essaie de gagner, mais un jeu où on s'amuse. Voilà. Comment je peux rester avec moi aujourd'hui ? Combien de temps ? Avant que... Il y ait un... une agitation qui me sorte de moi. D'ailleurs, je te propose peut-être de commencer tout de suite, là, sans préavis. Là, juste comme tu m'écoutes, eh bien, je t'invite à écouter à travers ma voix, à l'intérieur de toi. Alors si c'est possible, tu peux fermer les yeux, c'est toujours intéressant pour rentrer dans soi, de se couper délibérément, de manière choisie, des stimulus qui t'appellent à l'extérieur. Je pense à ce poème de Jacques Prévert, Le Cancre, cet élève qui... C'est la classe, il récite les tables de multiplication. Et puis lui, il voit un oiseau par la fenêtre et ça y est, il est perdu. Il est ailleurs. La vue c'est un sens formidable qui peut être un support pour poser son attention et qui peut être aussi un support pour partir très loin. Alors là je te propose, si c'est possible, de fermer tes paupières et... de mettre le focus, de mettre le projecteur vers l'intérieur. Où ça va dans toi ? Comment c'est dans ton corps ? Sur les appuis ? Au niveau des pieds, si tu es debout ? Au niveau du bassin, si tu es assis ? Au niveau de tout l'arrière du corps ? Si tu es allongé, ou alors peut-être c'est sur le côté, peu importe. En fait, il n'y a pas de posture à avoir. Tu peux te déposer dans toi, n'importe quand. Quelle que soit la position dans laquelle se trouve ton corps. Et juste là, observe. Et puis, tiens voilà, est-ce qu'il y a des endroits de toi ? Un peu crispé, un peu contracté, un peu tendu. Voilà, tout de suite je sens mes trapèzes. Et hop, de le sentir, de l'observer, je choisis de le relâcher. Et il n'y a rien de plus à faire, ça évolue. Ouais, c'est pas total, mais ça a changé déjà. Qu'est-ce qui t'appelle encore dans ton corps ? À quel endroit de toi tu peux poser cette attention aimante, cette attention douce, juste, présente, juste ça ? Imagine. Ton attention, c'est comme un rayon de soleil qui amène de la lumière, qui amène de la chaleur. Tu peux sentir quelque chose qui ressemble à ce qui peut se passer quand tu t'allonges sur une plage au bord de mer et que tu sens la caresse du soleil, quelque chose qui se dilate dans ton corps. Le faisceau de ton attention, ça peut être cette lumière douce, chaude, qui va se poser à l'intérieur de toi et amener ce relâchement au niveau cellulaire, on pourrait dire. Parce que tu peux simplement goûter d'être là avec toi. dans cette attention chaleureuse, dans cette présence aimante, et observer, commencer d'être là. Peut-être c'est difficile de rester. À ce moment-là, tu peux accompagner ton attention dans... Par un support, tu peux par exemple porter ton attention sur le souffle. A travers le souffle, tu vas rester en lien avec ton corps. Parce que le souffle c'est cette aire qui rentre au niveau des narines, que tu peux sentir frais, léger, passer dans la gorge, et puis qui va amener du mouvement. dans ta poitrine, dans ton abdomen, peut-être à d'autres endroits de toi. Et puis tu peux sentir cet air qui ressort et percevoir comment il a changé, comment tu l'as transformé. Et rester là avec ce va-et-vient du souffle, cette allée, ce retour, ces vagues. Et toujours une vague qui vient après. Toujours une vague suivante qui vient lécher le rivage de toi. Est-ce que ces vagues, tu peux les sentir à l'intérieur ? Et sentir que oui, l'air est transformé parce qu'il se passe quelque chose en toi quand tu respires. Est-ce que tu peux être pleinement avec toi dans ce mouvement du souffle ? Juste ça, sans point de vue, sans jugement, sans rien dire, devenir le souffle, ça suffit. pour que ce moment furtif devienne un temps pour toi. Ça suffit. Ça peut être déjà fini. Mais avant de replonger vers l'extérieur, tu peux déjà goûter que quelque chose a changé, peut-être tout a changé. Tu peux déjà savourer. Et tu peux vivre la même chose en marchant dans la nature, en dansant, en façonnant de l'argile, à travers une pratique de Tai Chi, de Qigong, à travers... En fait, en vrai, tu peux être avec toi tout le temps. Même quand tu fais le ménage, même quand tu es en train de conduire. Mais c'est un peu plus difficile quand tu es dans l'action, parce que l'extérieur est beaucoup plus présent et beaucoup plus en interaction avec toi. Et ton attention, elle est moins disponible pour toi. Mais en vrai, En vrai, tu peux être avec toi tout le temps. Et ce qui est intéressant, c'est comment tu te positionnes dans toi, dans ce temps pour soi. Et bien ça peut te... ça peut mettre en lumière comment tu te positionnes. à l'extérieur, que ce soit dans une relation, que ce soit dans une action, que ce soit dans un environnement ou dans un écosystème familial, professionnel, planétaire, socioculturel. En fait, la manière dont tu peux te positionner dans toi, la manière dont tu peux rester en toi et avec toi, et bien, non seulement ça va mettre en lumière, mais ça va induire aussi quelque chose sur comment tu vas relationner avec l'extérieur. Et c'est là où le rituel prend toute sa fonction de transmutation, de possibilité de transformation, juste en restant là avec toi. Et sans rien faire, forcément, ou en tout cas sans rien faire délibérément, en naissant, se faire ce qui est là, en se laissant traverser, en se laissant agir, en se laissant respirer, en se laissant inspirer. Juste d'être un spectateur curieux, aimant, présent et disponible. De ce théâtre qui est ton monde intérieur, eh bien, il y a quelque chose qui opère parce que, voilà, dans le rituel, c'est ça, c'est à partir de cette manifestation, eh bien, ça transforme, ça transforme dans tous les espaces. Et tu peux vraiment observer qu'à partir d'un... En fait, ton âme... L'action d'après, un temps pour soi, elle ne va pas partir du même endroit, elle ne va pas avoir la même portée, elle n'aura pas le même poids. Il est bien possible qu'elle soit plus légère, qu'elle soit plus fluide. Ça, c'est une possibilité. Et... Je t'invite à l'expérimenter tout simplement. Je t'invite à en faire l'expérience. Qu'est-ce qui se passe quand je me projette vers l'extérieur, dans l'action, dans les réponses aux sollicitations, comme ça, de but en blanc, et qu'est-ce qui se passe quand je m'y projette après avoir pris ce temps pour moi, après avoir... m'être donné ce cadeau de ma présence, de ma disponibilité à moi-même. Comment c'est différent, peut-être, ensuite ? Comment je le traverse, je le vis différemment ? Si par hasard c'était une incitation à ce que ce rituel du temps pour soi soit plus présent, plus régulièrement, plus systématiquement dans ton quotidien, dans tes journées, eh bien, tu pourrais par exemple nous en témoigner, le partager avec nous. Oui. C'est à ça que je t'invite pour cette semaine. Observez, expérimentez avec curiosité, avec attention. Tiens, et si je prends un temps pour moi, juste pour rester avec moi, qu'est-ce qui se passe dans ma vie, dans tout mon être ? Merci à toi pour ta présence, ton attention. Merci pour tes témoignages, tes commentaires. Et je t'invite à t'abonner si ce n'est pas encore fait la semaine prochaine. La semaine prochaine, on va parler du rituel de gratitude. Oh, j'adore ce rituel de gratitude. Je dois dire que ça aussi, ça a amené une vraie transformation dans ma vie, dans ma vie à moi, dans ma vie familiale, dans mes relations avec mes enfants, et au-delà. Donc ça, c'est pour la semaine prochaine. Et bien d'ici là, bon temps pour toi, belle présence, belle attention, belle lumière de toi.