- Speaker #0
Bienvenue dans Prends une pause, je suis Lugna, thérapeute psychocorporelle spécialisée en régulation émotionnelle. Ici, on explore le lien entre tes émotions, ton corps et ton système nerveux, parce que ce que tu ressens ne se joue pas seulement dans ta tête, ça vit aussi dans ton corps. Mon intention ici est de t'aider à ne plus te laisser submerger par ce que tu ressens, en apprenant à le réguler par le corps plutôt qu'à l'analyser sans fin, pour retrouver plus d'apaisement, de sécurité et de liberté. Bienvenue sur cet épisode, ce nouvel épisode de podcast Aujourd'hui, je suis accompagnée. Je suis très, très heureuse de ça. Je ne suis pas seule. Je suis avec Laetitia Coquin. Laetitia, qui est sexologue clinicienne, qui accompagne les personnes à retrouver une sexualité épanouissante et surtout retrouver le vrai désir. Tu me diras si je dis bien, Laetitia. Je suis heureuse d'avoir Laetitia. Comme à chaque fois que j'ai un invité sur mon podcast, ce que j'aime, c'est avoir des thérapeutes qui font autre chose que moi. mais qui aborde aussi les émotions de façon différente. Donc aujourd'hui, ce qui m'intéresse vraiment avec toi Laetitia, c'est de confronter un peu nos problématiques, les problématiques en tout cas que je retrouve chez mes clientes, avec ce regard que toi tu as sur la sexualité, sur le désir, sur le côté charnel aussi, qui n'est pas la première intention des clientes qui viennent me voir. Parce que je trouve que... Il y a vraiment un lien avec ce qu'on va aborder aujourd'hui par rapport à toutes celles qui m'écoutent. Parce que pour moi, les émotions ont un lien vraiment direct avec notre désir. Moi, je parle au sens large, le désir, c'est l'élan vital. Donc, on confrontera aussi un peu notre vision située en vie. Et moi, c'est vrai que quand on me parle de sexualité au cabinet, en consultation, c'est souvent au fur et à mesure des séances. On va me parler d'une part d'une problématique de couple, parce que forcément les émotions ont un impact sur la relation qu'on a avec l'autre, et notamment la relation avec notre conjoint, notre conjointe. Donc forcément, la sexualité peut être entravée, en tout cas être touchée par nos émotions aussi. Et la deuxième chose aussi qui m'intéressait beaucoup avec toi Laetitia, c'est ton approche. Alors, comme tu le sais, comme toutes les personnes qui m'écoutent, je parle énormément d'émotions, mais... avec un lien direct avec notre corps, avec ce qui se passe en nous. Pour moi, c'est corrélé. Et tu as une approche aussi qui est très corporelle. Donc, tu vas développer un petit peu ça. Et vraiment, c'est ça qui m'intéressait beaucoup. Parce qu'au-delà du fait que tu sois sexologue aujourd'hui, tu as été aussi, et tu l'es peut-être encore, infirmière. Donc, tu as un regard vraiment à la fois médical. Alors, ce n'est pas le médical qui m'intéresse en tant que telle, mais cette approche vraiment fine du corps. d'aussi ce regard médicamenteux et ce regard à la fois thérapeutique, corporel et intérieur, intime. Donc voilà, j'ai un peu tout dit. Déjà, est-ce que je t'ai bien présentée Laetitia ?
- Speaker #1
Très bien, merci Louvna en tout cas pour cette invitation. C'est toujours un plaisir de découvrir une autre... une autre approche, mais surtout une autre dimension de les émotions et de pouvoir les gérer, chose que je ne traite pas, mais bien évidemment que les émotions, je les vois. Donc, c'est chouette. Merci à toi pour cette invitation. Et puis voilà.
- Speaker #0
Et la présentation, est-ce que tu as quelque chose à rajouter ? Est-ce que j'ai tout dit par rapport aux personnes que tu accompagnes, la direction que tu donnes à tes accompagnements ?
- Speaker #1
Alors, oui, tout à fait. Alors, je ne suis plus infirmière, ça fait depuis cette année où j'ai justement arrêté d'être infirmière, donc c'est très récent. Ça fait deux ans et demi que je consulte en cabinet, donc j'étais en parallèle infirmière libérale quand j'ai commencé. J'ai fait infirmière au bloc opératoire à mi-temps quand j'ai arrêté le libéral pour avoir plus de temps pour la sexologie et donc le cabinet. Et donc là j'ai décidé complètement d'arrêter infirmière, c'était mon but de toute façon, puisque j'ai passé un DU en sexologie clinique en fac de médecine sur trois ans du Poitouze, là où je vis actuellement. Et c'était dans la continuité de ma formation de pouvoir justement devenir sexologue clinicienne. Donc ce mot est très important pour moi, parce qu'effectivement, comme tu le dis, je suis anciennement dans le paramédical, donc je suis toujours inscrite à l'ordre d'infirmière, donc je suis toujours infirmière, et je le serai toujours d'une certaine manière aussi. Et c'est pour moi vraiment important d'avoir ce parallèle entre la sexologie clinique, le côté thérapeutique, et le côté médical, le corps. Comme tu l'as dit, le côté médicamenteux également, le côté pathologie qu'on peut avoir. Lorsque je fais des entretiens, notamment, je demande toujours ça, les antécédents. Certaines personnes me regardent, non, en fait, quand on me cause un petit peu, il y en a eu. Et tant mieux, parce que c'est vraiment important d'avoir ce côté, et là, on revient au corps, c'est-à-dire que certaines personnes ont subi des opérations aussi, viennent à me l'expliquer. Et en fait, parfois, il y a un lien. entre ce que le corps a subi, ce que le corps vit maintenant, et aujourd'hui, la sexualité et l'insignité. Donc, il y a un lien aussi là-dedans.
- Speaker #0
Ouais, super. Avant de rentrer dans le vif du sujet et de confronter un peu nos regards, est-ce que je peux te poser cette question ? Quelles places ont les émotions, justement, toi, dans ta vie ? Alors, aussi bien personnelle et ou professionnelle ? Tu choisis là où tu as envie d'en parler.
- Speaker #1
On va commencer par le personnel, comme ça, après, on pourra rebondir directement vers le professionnel. Déjà, personnellement, je suis une grande émotive et j'adore ça. J'adore être aussi proche de mes émotions, que ce soit la tristesse, la colère, la déception, mais aussi la joie et l'émerveillement. Enfin, toutes ces émotions-là sont sources de se sentir vivant. J'avais eu d'ailleurs personnellement une expérience avec une personne, une professionnelle pareil, qui traitait les émotions. Et elle m'a fait comprendre par des exercices que, alors c'est toi cette fois qui va me corriger puisqu'il y a certaines émotions qui sont primaires en gros, et que certaines étaient importantes, et donc moi, je rebondis du coup sur l'aspect personnel, c'était la tristesse, et j'adorais en fait, et j'adore d'ailleurs être triste, parce que, alors, c'est bizarre de dire comme ça, mais je veux dire quand je ressens cette émotion-là, parce que... je ne la cherche pas, mais quand je la ressens, elle me permet vraiment de me sentir vivante et de comprendre, ok, pourquoi je suis triste, quel élément fait que je ressens ça, et comment surtout je peux rebondir pour aller mieux. Et en fait, cet élan-là que tu parles justement, c'est par la tristesse que j'arrive à avoir cette sensation de me sentir encore plus armée, pour avancer, plus motivée, et donc, parallèlement, plus heureuse pour la suite aussi.
- Speaker #0
C'est hyper intéressant, tu sais que la tristesse, c'est une émotion qui est là pour qu'on puisse tourner une page.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Donc tu vois, vraiment ce mécanisme effectivement, moi je fais ça, je fais une roue là si on me regarde, parce que la tristesse m'emmène en fait à me lancer dans autre chose, donc ça va de pair avec ce que tu dis, c'est super. Cet élan en fait, je retrouve l'élan grâce à la tristesse.
- Speaker #1
c'est pour ça que c'est pour moi important de ressentir toutes les émotions je pense, mais en tout cas me concernant personnellement, la tristesse. Et donc professionnellement, c'est souvent un frein que je rencontre quand je mets en parallèle les symptômes, les problématiques sexologiques de mes patients et de mes patientes. J'aborde les émotions, alors à mon juste titre, pour leur faire comprendre qu'il y a vraiment une place et qu'au-delà de parler du symptôme... même en sexologie, mais de comprendre quelle émotion il y a derrière et qui définit ce symptôme-là. Alors, je m'arrête là parce que je n'ai pas toutes les autres connaissances, mais pour moi, c'est vraiment essentiel de pouvoir parler d'anxiété, de stress, d'angoisse, de colère aussi parfois, de culpabilité, on y reviendra, je pense. Et donc, ces émotions-là, moi, je m'arrête vraiment à la frustration. très grandes émotions aussi que je rencontre. Et donc, c'est vraiment important pour moi de faire comprendre, en tout cas, qu'il faut que les personnes soient attentives à leurs émotions pour comprendre leurs symptômes en sexologie. Voilà, si je devais résumer. Et donc, forcément, il y a un parallèle dans ce que je traite et que c'est vraiment très important.
- Speaker #0
Et j'ai une question qui m'est venue, je ne t'ai pas posée tout à l'heure, mais comment tu es passée, justement, d'infirmière à... sexologue ? C'est quoi le déclic que t'as eu ?
- Speaker #1
C'est une question qu'on me pose souvent. Alors déjà, quand j'ai fait mes études d'infirmière, je savais que je ne voulais pas faire que infirmière. Je crois qu'au bout de la deuxième année, j'avais tenté la fac de médecine. Je sais que je voyais, je voulais faire autre chose. Et puis, j'ai eu une rupture amoureuse où la notion de la sexualité dans le couple, l'intimité, c'était des questionnements, surtout moi, beaucoup moins. lui, du coup, à l'époque, en tout cas. Et là, je me suis dit, mais à quel moment on en parle dans le couple ? À quel moment on se dit que c'est important ? Je me suis même imaginée une échelle en me disant, mais moi, pour moi, la sexualité, je la place de 1 à 10 à tel endroit. Et la future personne, j'espère qu'elle la placera là. Enfin, je m'y suis mise toute pleine question, toute pleine réflexion à ce sujet. Et à partir de là, je me suis intéressée aux sexologues sur les réseaux. et dont une sexologue, une psychiatre sexologue qui m'a dit, mais alors attends, en tant qu'infirmière, tu sais que tu peux devenir sexologue clinicienne aussi. Alors là, voilà, ça s'est dessiné tout de suite comme ça. D'ailleurs, je la remercie encore et même dans mon mémoire, je l'ai cité parce que je pense par cette discussion-là avec cette personne-là, avec cette psychiatre Agathe, j'ai pu devenir, voilà, et me dire mais... Aujourd'hui, je ne me pose plus aucune question sur ce que je vais faire plus tard, m'enrichir, former encore bien évidemment, mais la sexualité, la sexologie, c'est vraiment un enjeu de la santé publique, la santé sexuelle, la santé mentale, la santé physique. Ça a vraiment une très grande importance. Aujourd'hui, je me dis que ça va de soi d'être devenue infirmière pour être devenue sexologue clinicienne.
- Speaker #0
Oui, carrément. La sexualité... Et en plus, on voit ça que sous le prisme, effectivement, de l'acte sexuel, mais c'est bien plus profond que ça. C'est pour ça que je t'invite aussi ici, c'est-à-dire que c'est l'énergie de vie. Au-delà de donner la vie avec, bien sûr, l'acte sexuel, c'est l'énergie de vie. Sans sexualité, nous ne serions pas vivants.
- Speaker #1
Moi, je parle d'épanouissement. Je me dis, en fait, souvent en consultation, Les personnes viennent me voir parce qu'elles ont un problème lors d'un rapport sexuel. Mais c'est au-delà de ça la sexualité. Souvent, on ne met pas tout de suite le lien avec le rapport sexuel, souvent pénétrant d'ailleurs. On parle d'abord d'épanouissement, de désir, d'envie, avant de parler du rapport sexuel même et du rapport sexuel pénétrant, surtout d'un point de vue hétéronormé. Mais bien évidemment que c'est un élan. Se sentir épanoui sexuellement, c'est sentir confiance dans la vie. une grande estime de soi, à l'aise, pour les femmes, à l'aise dans leur féminité, dans leur sensualité, dans leur être érotique, toutes ces choses-là. Et en fait, finalement, le rapport sexuel, c'est une pratique dans la sexualité. Et d'ailleurs, je parle même d'intimité. L'intimité, c'est une grande sphère et la sexualité est une pratique dans la sphère de l'intimité.
- Speaker #0
Et il n'y a quoi d'autre dans cette sphère ?
- Speaker #1
Dans la sphère de l'intimité, la complicité. l'épanouissement que ce soit personnel, toutes ces choses là, l'intimité c'est une part de la vie, je pense qu'on a la vie professionnelle, la vie personnelle et la vie intime. Alors encore une fois ce sont ma vision, rien n'est posé là dessus, mais pour moi ce sont ces grands types là qui existent et du coup la sexualité, de la voir si petite, j'ai envie de dire, dans toutes ces sphères là ça déculpabilise, je trouve. C'est ce côté où finalement, pourquoi en faire des tonnes sur quelque chose qu'on peut prendre en soin autrement, en fait.
- Speaker #0
Oui, carrément. C'est vrai que ça peut être le problème majeur dans des couples, alors que si tu décortiques et que tu prends là, comme tu le dis, avec une sphère, je trouve que ça allège le problème, tu vois.
- Speaker #1
Oui, complètement.
- Speaker #0
Ok, super. Juste pour revenir sur l'aspect clinique pour les personnes qui ne comprennent pas vraiment ce terme-là. Parce que j'ai déjà, je te disais en off tout à l'heure Laetitia, j'ai déjà reçu une sexothérapeute, donc Camille Picazzo, si elle m'écoute, je sais qu'elle écoute parfois les épisodes. Camille, mais on n'avait pas du tout parlé de ce qu'on va parler aujourd'hui, on avait parlé d'un autre aspect, de la puissance de femme, etc. On était resté vraiment sur le côté féminin. Dis-nous, c'est quoi, toi, la nuance, vraiment ce côté clinique ? Alors tu l'as dit un petit peu tout à l'heure, par rapport au corps, mais est-ce qu'il y a d'autres choses à ajouter pour qu'on comprenne bien ta spécificité ?
- Speaker #1
Alors, je pense que déjà, ça part du type de formation, du diplôme en question. Moi, j'ai fait ce DU en sexe ogé clinique sur trois ans en fac de médecine. Donc, c'est un diplôme universitaire. Et surtout, au-delà de ça, c'est ouvert aux personnes qui sont déjà paramédicales ou dans le médical, c'est-à-dire médecins, sages-femmes, kinés, également psychologues, infirmiers et psychomotes. On avait aussi une... Comment ça s'appelle ? appel conjugal dans ma promotion. Mais voilà, c'est vraiment ouvert pour les personnes qui sont dans le social ou dans le médical ou paramédical, qui ont déjà un diplôme d'État reconnu dans ce domaine-là d'expertise pour pouvoir faire ce DU sur trois ans, où les formateurs sont des médecins, sont des psychologues, sont des professeurs d'université. Donc vraiment, il y a tout ce domaine-là clinique qui nous apporte, le clinique médical, le clinique psychologique. qui rend du coup mon approche plutôt comme une clinicienne en plus d'être une thérapeute.
- Speaker #0
Ok, c'était juste pour clarifier un petit peu parce que c'est vrai qu'on peut s'y perdre. Je sais que je l'ai déjà dans mon métier, donc voilà, pour la spécificité, merci.
- Speaker #1
Souvent je travaille, comme on avait dit en off, avec des médecins, avec des psychiatres, des urologues, des gynécologues. des médecins généralistes aussi. Et donc, je pense qu'il y a toute cette dynamique-là qui fait que parce que je suis clinicienne, on parle des traitements médicamenteux, des effets indésirables, des personnes qui ont des cancers, des personnes qui ont eu des interventions chirurgicales. Et donc, tout cet aspect-là, la sexualité fait partie de l'enjeu, l'image de soi, de l'estime de soi, etc. Et donc, il y a des complications liées à des médicaments ou des interventions. Donc, c'est pour ça que tout l'aspect clinique, là, prend vraiment forme. et c'est pour ça que c'est intéressant d'avoir en tout cas personnellement de mon côté, le fait d'être infirmière, d'avoir travaillé dans les services de chirurgie, de médecine, en bloc opératoire, parce que j'ai toutes ces connaissances-là aussi que je peux aujourd'hui mettre en parallèle de mes connaissances en sexologie.
- Speaker #0
Oui, carrément. Ok, super, merci pour ces explications. On va rentrer dans notre confrontation de problématiques. En fait, comme je l'ai dit, il y avait trois thématiques dont on... qu'on a trouvées similaires. La première, alors moi, j'ai beaucoup de... La majorité de mes consultantes viennent me voir avec... Elles vont se reconnaître. Être trop dans la tête. Vraiment être dans le mental permanence, être dans les cogitations, analyser tout, tout ce qu'elles ressentent, analyser leurs émotions. Être dans ces cogitations, pour elles, forcément, elles sont du coup coupées de leur corps. Est-ce... Alors tu m'as dit que toi, c'était quelque chose... que tu retrouvais, comment justement ça se décrit chez toi ? Comment tu accompagnes ça ? Dis-nous un peu, toi, les personnes qui viennent avec ça, comment ça se passe ?
- Speaker #1
Alors souvent, être trop dans le mental, bon déjà, je le vois beaucoup. Cette notion, tu viens de le dire, de se sentir coupée de son corps, c'est quelque chose que je vois énormément. D'ailleurs, je vois, je pense, 50-50 de femmes et d'hommes. Et je pense que cette notion-là, je l'ai beaucoup plus chez les hommes, du coup, en sexologie.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
Je pense que les femmes le ressentent aussi, mais souvent, c'est quelque chose que j'entends de la part de mes patients hommes. Et donc, c'est souvent lié à l'anxiété, à de la peur. Et comme tu parles de cogitation, c'est une façon, tu sais en parler mieux que moi, d'une autre manière en tout cas, une façon de chercher le contrôle dans son corps et dans tout ça. En sexologie, alors excuse-moi de mon anglais, on appelle ça le spectatoring. Ou c'est l'idée de se regarder faire au lieu de le vivre. C'est de se poser des questions. Est-ce que je le fais bien ? Est-ce qu'il aime quand je fais comme ça ? Est-ce qu'elle apprécie quand je fais ça ? Et c'est du coup, être beaucoup plus dans la tête que finalement être dans le ressenti de son corps et donc de son plaisir et donc de son désir, etc. D'être tout le temps vraiment plus dans la tête. Donc passer peut-être même en mode alerte quand il y a le stress que dans le mode plaisir. à prendre conscience de ce qu'on ressent et de ce que le corps ressent.
- Speaker #0
Oui, donc il y a une forme d'anticipation, en fait.
- Speaker #1
Ah, complètement. Et l'anticipation tue l'excitation. Ça, c'est ce que je dis à chaque fois.
- Speaker #0
Ça rime, en plus. Oui. Ah oui, ok. C'est vrai qu'on se retrouve aussi, parce que dans une autre sphère, l'anticipation, c'est qu'est-ce qu'il va dire, comme moi, j'ai beaucoup de mes clientes, qui se font des films sur... j'ai dit quelque chose, il y avait un conflit et après elle refond toute la scène pendant dix ans et l'anticipation c'est j'aimerais dire quelque chose à quelqu'un mais qu'est-ce qu'il va penser il y a vraiment les deux c'est qu'est-ce que j'ai fait et j'analyse le passé et j'en fais toute une montagne ou l'anticipation et comment c'est quoi les solutions pour toi face à des personnes comme ça ?
- Speaker #1
Justement c'est à ça. de parler puisque c'est de revenir aux sensations et de revenir au corps. Je parle souvent des cinq sens. Par exemple, pour te donner un exemple de ce que je peux voir en consultation être trop dans la tête et donc dans l'anticipation 2. Alors chez les patients hommes, ça peut être lié au trouble de l'érection et du coup de se dire, il faut absolument que ça fonctionne, ça fonctionne. Et donc là, on n'est plus du tout dans le corps, on n'est plus du tout dans l'excitation. D'où le fait que l'anticipation tue l'excitation. Parce que là, on est dans la tête, on anticipe, on anticipe. plus du tout dans ce qu'on ressent. Et les femmes, ça peut être lié à des douleurs, des disparus nids, même un vaginisme. Et donc, du coup, on se dit « Non, mais il ne faut pas que j'ai mal. » Ou alors « Je sais que je vais avoir mal. » On anticipe même la douleur et donc le corps est complètement bloqué à ce moment-là. Donc, ce que moi, comme outil en tout cas, c'est vraiment de revenir au sens, de revenir au toucher, d'accueillir ces pensées-là, parce que ce sont des pensées qui arrivent. Et de se dire, de se remémorer soit le contact du matelas ou de la peau, ou à ce moment-là, dans un rapport où il y a un rapport pénétrant, de juste s'arrêter et comprendre ce qui se passe dans le corps, les sensations en interne, en externe, au toucher, ou avoir un geste symbole qui permet de se rapprocher, de rechercher la connexion pour laisser passer toute cette anticipation et reprendre en fait le contrôle, mais avec les sensations et le corps.
- Speaker #0
D'être là maintenant, ici. Cette notion d'immédiateté, d'ici et de présent. Oui,
- Speaker #1
complètement.
- Speaker #0
Ils y arrivent, les gens ?
- Speaker #1
Parfois. Parfois. J'aime bien leur donner l'application Petit Bambou. Je m'en sers moi-même. Je ne sais pas si tu connais. Moi,
- Speaker #0
je peux vous dire.
- Speaker #1
J'adore. Et je me dis, c'est une des applications qui permet de comment apprendre à être dans le corps, à être dans son corps. Parce que je n'ai pas plus d'outils. Enfin, pas que je n'ai pas plus d'outils que ça, mais je n'ai pas plus de connaissances, en fait. Ce n'est pas mon travail à proprement parler. Par contre, donner des outils, oui. Il y a... parfois des difficultés, comme ce que tu me dis comme question, et en fait, juste revenir, mais de manière très simple, revenir au corps, aux sensations, même de s'entraîner en dehors du côté sexo, pour que quand il y a un moment sexo, du coup, ce soit peut-être plus familier. Mais ce n'est pas évident. Je sais que ce n'est pas évident.
- Speaker #0
Je te donnerai deux, trois petites astuces à donner à tes clients, à tes consultants.
- Speaker #1
Trop bien.
- Speaker #0
C'est un peu le cœur de mon travail, quand même, juste pour revenir dans la sensation. Mais ok, super. Donc on se retrouve déjà quand même comme quoi revenir aux sensations nous permet de revenir dans le plaisir.
- Speaker #1
Oui, complètement. C'est complètement ça. On ne peut pas penser son plaisir et en même temps le ressentir en même temps. Se dire je dois prendre du plaisir et je dois le ressentir, ça ne marche pas. Donc vraiment, revenir aux sensations, un peu ce qui se dit beaucoup en ce moment et qui est vrai et que j'en ai clairement besoin aussi, ralentir. ralentir pour revenir aux sensations.
- Speaker #0
Justement, ralentir, c'est la deuxième chose, ça va de pair avec la deuxième chose dans laquelle on se retrouve au niveau de nos consultants, cette notion de performance. Alors performance, j'ai mis slash perfectionnisme parce que clairement, moi j'ai beaucoup de femmes qui viennent me voir et qui sont les femmes parfaites. qui veulent être parfaites, parfaites à la maison, parfaites au travail, parfaites avec les enfants, parfaites dans leur sport, dans leur nourriture. Elles veulent tout faire bien et même elles viennent en me disant « Je veux bien vivre mes émotions, quand même être dans la perfection de ça. » J'imagine que toi, la performance et ce côté-là, tu dois bien le retrouver.
- Speaker #1
Oui, effectivement, la performance. Alors moi, ça me fait penser à ce mot-là. Alors je parle plus de mon côté de performance. perfectionnisme, en tout cas, parce que je reviens d'abord sur mes patients hommes, l'angoisse de performance qui est le premier symptôme du trouble érectile. À chaque fois, ils pensent que c'est une fatalité, que ça ne reviendra jamais, qu'ils ont un problème médical, même à 20 ans, ils me demandent des prises de sang, alors que en fait, c'est juste une angoisse de performance. Et au-delà de ça, alors tu l'as dit, les femmes que tu vois qui Et on s'est... Cette exigence-là d'avoir un travail bien fait.
- Speaker #0
Il y a le chat de Laetitia qui passe. Coucou le chat.
- Speaker #1
Voilà, coucou le chat, c'est ça. D'être au top dans la vie familiale, au boulot, être une bonne mère, une bonne femme, enfin une bonne femme, une bonne épouse, être une femme séduisante aussi, avoir le temps surtout d'être séduisante, d'être belle. Et en fait, elle transpose ça. sur aussi leur sexualité, qu'il faut que ce soit absolument bien fait. Il faut que ce soit presque quelque chose qui fonctionne, à réussir, qu'il n'y ait pas cette notion de panne. Et là, ça rejoint aussi mes patients hommes. Un peu finalement comme ça doit être un objectif de réussir. Et là, ce que je vois souvent, ça va être la notion d'orgasme. Je dois avoir un orgasme. La fréquence aussi. Il faut qu'on fasse l'amour trois fois par semaine, sinon on n'est pas un bon couple. Sinon, on ne peut pas... pas fonctionner parce que j'ai entendu un tel dire qu'elle le faisait trois fois avec son mari. Mais nous, tu te rends compte, ça fait dix jours qu'on l'a pas fait.
- Speaker #0
Oui, la comparaison, quoi.
- Speaker #1
Ah ouais. Et donc, finalement, dans cette notion de performance, on vise un résultat et en visant un objectif ou un résultat, dans la sexologie, en fait, on s'éloigne complètement de la rencontre, de la connexion, de son désir, de son envie, de se dire ça fait dix jours qu'on l'a pas fait, il faudra plus seulement qu'on fasse l'amour. Mais est-ce que là, à ce moment-là, l'acte, il sera réussi parce qu'on l'aura fait ou il sera réussi parce qu'il sera bon, agréable et exactement comme on veut ? Et souvent, quand je pose cette question, les personnes se disent « Ouais, tu me mets une colle, je ne sais pas quoi répondre » .
- Speaker #0
Oui, parce que là, quand on parle, on a l'impression que c'est un projet. L'acte sexuel, c'est un projet.
- Speaker #1
Mais je l'entends.
- Speaker #0
C'est plus quelque chose de spontané, c'est pas quelque chose qui est dans l'ordre du naturel entre guillemets, entre deux personnes qui s'aiment en fait. Ça devient quelque chose à faire avec une durée, un peu comme un projet de professionnel.
- Speaker #1
Oui, mais je l'entends, ça. Et moi, ça me... Alors, déjà, je me dis, mais quelle pression ! Quelle pression de s'affliger ça ! Et souvent, en plus, ce sont des couples qui ont des enfants, qui ont un quotidien bien chargé. Je me dis, mais pourquoi s'affliger tant de pression ? En plus, dans le rapport sexuel, de devoir se forcer, presque, et des femmes se forcent, en se disant, il faut qu'on fasse l'amour. Et je pense que leur... conjoint, peut-être que soi ne le remarque pas, mais peut-être se force aussi. Et donc, du coup, il y a une réelle distance qui se creuse. L'idée d'être performant, finalement, on creuse une distance là-dedans.
- Speaker #0
On pourrait vraiment creuser beaucoup ce sujet, parce que là, quand tu parles, des raisons, j'en vois plein. C'est des mécanismes qui s'installent petit à petit. C'est-à-dire, être dans cette perfection, c'est être la femme parfaite. Et qu'est-ce que ça veut dire être la femme parfaite ? On peut aller vraiment creuser bien loin. Mais c'est vrai que ça, c'est une vraie problématique qu'on retrouve finalement, même dans le désir et l'élan. Malheureusement, c'est... Et qu'est-ce que tu proposes à ces personnes-là ?
- Speaker #1
De revoir la dimension que la sexualité, ce n'est pas du tout une performance, ce n'est pas une question de fréquence. un peu la notion de qualitatif et de quantitatif, tu vois, ce côté où, à quoi ça sert de faire l'amour trois fois par semaine ? Si c'est juste pour remplir une case sur une to-do list ou quoi que ce soit, mais plutôt faire l'amour même une fois par mois, que ce soit exceptionnel. Donc, au-delà de la performance, viser vraiment la rencontre de l'autre, la connexion à soi, la connexion à l'autre. Investir ce moment, plutôt que de se dire, je repondis sur tes mots. Il faut que ce soit spontané, naturel. Non, mais investissez plutôt à ce moment-là. Se dire que peut-être que le mois, il est avec tous les rendez-vous, enfants, médicaux, l'école, le boulot, etc. Par contre, il y a ce week-end-là qui est peut-être un peu plus soft. De faire garder si on peut, ou de se prendre un temps et de se dire, ou alors, si on ne peut pas faire garder les enfants, ou se dire, cette soirée-là, elle est pour le couple. Et vraiment, on investit, on prend trois heures, quatre heures, sans mettre une durée forcément. Et tout ce qu'on fait, c'est pour le couple. Vraiment de revenir à la rencontre, plutôt que de redevenir à une notion d'il faut le faire, il faut réussir, il faut s'éloigner de ça et plutôt aller à la rencontre.
- Speaker #0
C'est super ce que tu partages, parce que moi, ça me fait penser... Là, ce que tu proposes à tes patients, c'est vraiment de revenir aussi dans leur réalité. C'est-à-dire que... Tu vois, il y a genre le projet là, comme j'ai dit, une façon qu'on a envie de faire les choses. Et il y a aussi, alors, il y a les attentes, etc. Bref. Mais il y a aussi, on oublie notre réalité actuelle. C'est-à-dire, on peut parler des gens qui ont des enfants, mais pas que ceux qui ont des enfants. Mais la réalité professionnelle, la réalité de la charge mentale, toutes ces réalités qui sont à prendre en compte quand même, aussi finalement dans ce projet sexualité.
- Speaker #1
ça j'aime beaucoup ce que tu dis complètement c'est de ne plus le mot que je résume c'est se foutre la paix et ça je n'arrête pas de le dire c'est vraiment se foutre la paix avec ça parce que c'est comme ça qu'on reviendra dans le rapport à l'autre dans son corps à quelque chose de plus une meilleure connexion juste se foutre la paix j'aime bien ce mot ok super
- Speaker #0
La troisième chose qu'on avait confrontée aussi, qu'on a trouvé intéressante d'évoquer toutes les deux, c'était cette notion de devoir, qui va aussi avec la performance, mais qui est nuancée quand même, parce que ça peut être une autre typologie de personne. Je dois, il faut. Qui en plus, il y a à la fois cette notion de devoir, de sacrifice. Moi, je trouve, vraiment, mes clientes sont beaucoup, beaucoup, beaucoup dans le sacrifice. C'est-à-dire, elle s'oublie dans l'histoire, dans l'équation. Mais j'imagine que tu vas nous dire aussi comment elle s'oublie chez toi. Et tout ça découle, bien évidemment, de la culpabilité. Ce sont des choses qui, j'imagine, te coupent de tout élan sexuel.
- Speaker #1
Complètement. Ce côté où je dois avoir envie, c'est pas normal que j'ai pas envie. Effectivement, ça fait un parallèle avec la notion de performance. Mais finalement, là, vraiment, on se dit, l'intimité doit, enfin la sexualité même, le rapport sexuel doit devenir une obligation. Sinon, le désir, il va s'éteindre. Sinon, est-ce qu'il m'aime encore ? Toutes ces questions après qui vont venir, où est-ce qu'elle m'aime encore ? Comment garder le couple ? Ou alors, il faut le faire pour garder le couple. La fameuse phrase, le sexe est le ciment du couple. Alors ça...
- Speaker #0
Ah oui, elle est pas mal celle-là.
- Speaker #1
Elle est pas mal celle-là, non, c'est quelque chose... C'est encore, ouais, c'est ça, la notion de, il faut que ça devienne une obligation. Et donc, il y a cette culpabilité que tu parles, je devrais avoir envie, il y a cette colère ou ce ressentiment de ne pas être assez, ou de se dire, ben non, mais là, j'ai mal fait, je vois qu'elle, oui, ne prend pas de plaisir, oh là là, je suis vraiment nulle. En fait, ça dégrade complètement, je trouve, l'estime de soi. C'est de s'obliger à, de devoir faire. Je trouve vraiment que ça enlève tout ce côté, mais ça blesse le soi en fait, dans l'intime. C'est vraiment, c'est peut-être le pire même, je trouve. Enfin, est-ce qu'il y a vraiment un pire ? Où est-ce qu'on peut ? Mais tu vois, ça touche direct l'être et sa confiance en soi, son estime de soi. Et je pense que ça épuise en plus de ça. l'épanouissement personnel et donc un enjeu avec l'épanouissement peut-être aussi professionnel à se mettre toutes ces obligations-là, ce devoir-là, ces sacrifices-là, comme tu le dis aussi.
- Speaker #0
Oui, cette notion de sacrifice. Est-ce que tu la vois plus peut-être chez les femmes que chez les hommes, non ? Cette notion du devoir. Oui,
- Speaker #1
complètement. Ce côté, souvent, il y a un parallèle qu'elles font, c'est-à-dire que je dois le faire et que, vu ce que je ne ressens pas l'envie, je ne suis pas normale. Du coup, je dois le faire. Je dois le faire, sinon il va partir. Je touche du bois, mais je n'ai jamais entendu quelqu'un qui me disait que c'est mon mari ou mon partenaire qui met la pression. Souvent, cette pression vient vraiment en interne. Je le vois beaucoup plus chez les femmes.
- Speaker #0
Ça existe, les partenaires qui mettent la pression.
- Speaker #1
Ça a existé. C'est à condamner, dénoncer. Ça m'est arrivé d'ailleurs de recevoir des femmes alors qu'en fait le problème était chez l'autre. Moi je suis là mais en fait en face, je dis mais la prochaine fois vous venez avec votre partenaire, ce sera plus intéressant.
- Speaker #0
Ouais après c'est vrai que là tu soulèves quelque chose d'essentiel aussi par rapport à ton métier et cette dimension de sexualité, c'est les tabous.
- Speaker #1
Ah ouais, Les tabous, ouais.
- Speaker #0
On n'en parle pas à tout le monde. Et tu vois, en fait, comme on n'en parle pas, on ne sait pas. si ce qui se passe, c'est normal ou si ce n'est pas normal.
- Speaker #1
Oui, complètement. Et finalement, quand on en parle, ça rejoint ce qu'on disait avant, c'est souvent cette idéalisation et ce fantasme de « Ah ben non, mais nous, ça se passe bien, nous, on le fait autant de fois, on est très heureux » , alors que peut-être pas du tout. Peut-être qu'elle se force à le faire autant. Peut-être que lui également se dit « Non, mais il faut qu'on inclue une notion de fréquence, donc je dois aussi être performant. » Je sais que, et ça, je trouve ça d'une... C'est triste, même si ça existe, des hommes qui vont prendre un traitement pour avoir une élection, à force d'avoir cette notion de fréquence, et leurs partenaires ne sont pas au courant, parce qu'il y a cette idée de devoir faire aussi. Donc, on le retrouve aussi du côté des hommes. En moindre coût, je trouve la notion de devoir, parce que moi, ça me fait penser au devoir conjugal aussi.
- Speaker #0
Oui. J'avais oublié cette notion.
- Speaker #1
Voilà, voilà, ce merveilleux concept, n'est-ce pas ? Ce devoir conjugal. Ouais, il y a beaucoup. C'est pour ça que je trouve que ce troisième, cette notion de culpabilité, de sacrifice, de devoir, il est plus impactant parce qu'il est plus épuisant et plus difficile. Et d'une certaine manière, il peut ruiner une vie sexuelle intime des personnes qui subissent ça, qui vivent ça au quotidien.
- Speaker #0
Merci en tout cas de casser... C'est vrai que ta personnalité me plaisait aussi par rapport à cette dimension et le métier que tu fais. C'est-à-dire qu'il faut être aussi... Tu casses des tabous, des non-dits, même si on est au XXIe siècle et on est encore beaucoup sur la sexualité. Moi, d'autant plus dans ma génération, les générations à venir évoluent et c'est tant mieux. Mais il y a encore beaucoup de tabous, mais beaucoup de non-dits, en fait. C'est-à-dire qu'on reproduit aussi... Parce que vraiment, là, on peut faire le parallèle entre mon activité et la tienne. C'est-à-dire qu'émotionnellement, on porte aussi... Tu vois, il y a cette transmission, alors sans parler de transgénérationnelle, mais il y a une transmission éducationnelle, ça se dit. De comment sont nos parents, comment... Ils peuvent vivre leurs émotions, leur intimité, et comment aussi vivre leur sexualité, qu'ils nous transmettent malgré nous. Et on porte ça, et du coup, on trouve ça normal. Ce qui peut être anormal, je n'aime pas non plus ce mot de normalité ou pas normalité, mais des choses qui ne me conviennent pas, et que je porte quand même, et que je fais. Et je trouve que tu apportes ce regard pour casser ça. D'ailleurs, est-ce que tu as des couples qui viennent ? Tu reçois qu'en individuel ou tu reçois des couples ?
- Speaker #1
Non, j'ai des couples qui viennent aussi. Ça m'arrive souvent quand il y a une dimension couple. Alors, moi, je traite quand il y a un symptôme sexuel dans une problématique du couple. Et c'est à ce moment-là que je reçois les couples. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de problématique intime affective sexuelle. C'est juste des difficultés à communiquer, par exemple. Ça, j'oriente plutôt vers une thérapeute de couple, ou une psychologue qui a cette... spécialité là, pardon, thérapeute de couple. Moi, par contre, je reçois quand il y a une dynamique, un déséquilibre du désir, des problèmes côté sexologie, il ne me touche plus, elle ne me regarde pas, on n'a pas la même fréquence d'envie, voilà. Donc ça, oui, je reçois. Et ce que j'apprécie dans ces consultations-là, c'est que j'aime bien recevoir d'abord les deux et ensuite prendre le temps avec un puis prendre le temps avec l'autre, voir ensemble ce qu'on peut construire, ce qui a été dit, toujours bien évidemment avec le consentement de chacun, parce que quand je ne reçois qu'une personne, il y a des choses qui restent, des choses non, qui peuvent se dire aussi à la suite. Mais vraiment, je trouve ça hyper intéressant de comprendre ces deux dynamiques-là. Et souvent, tu m'as parlé d'éducation, souvent il y a une différence dans l'éducation qui a été reçue. Une éducation avec la possibilité de parler de ça, et parfois des non-sujets, du tabou, voire même des dérives qu'on peut avoir dans l'éducation. Pour moi, le développement psychosexuel, je l'aborde quoi qu'il arrive dans chaque consultation. Parce qu'il y aura toujours, de toute façon, un socle à aller voir d'un point de vue de l'éducation, que ce soit dans l'enfance, dans l'adolescence, ce que les parents ont pu apporter. Bien évidemment, eux ont leur casserole aussi. Donc, l'idée, ce n'est pas de pointer du doigt, mais de quoi ? comprendre qu'on peut faire autrement parce qu'il y a ce socle-là et il faut avancer maintenant. C'est dans la démarche et dans la dynamique de pouvoir faire autrement maintenant.
- Speaker #0
Super. On a fini notre confrontation sur les trois sujets qu'on s'était donnés. C'est passionnant ce qu'on se raconte et ce que tu nous apportes, Laetitia. Est-ce qu'il y a autre chose, une autre thématique que tu avais envie d'aborder qui te semble importante ?
- Speaker #1
Peut-être la notion justement de frustration, qui est pour moi une émotion que je vois beaucoup et que je crois qu'on n'a pas abordée. Non, on n'en a pas trop parlé. La frustration, je ne sais pas toi, quel est ton point de vue là-dessus, et j'ai hâte de l'entendre aussi, qui est pour moi une émotion un peu de surface, parce qu'elle dit beaucoup de ce qu'il y a en dessous. Alors voilà comment je l'explique dans les grandes lignes. Et après, moi, je m'arrête là, parce que bien évidemment, quand la personne me dit que je ressens de la frustration, C'est en lien souvent avec la culpabilité. Je suis frustrée parce que j'ai envie et mon partenaire ou ma partenaire non, mais du coup, je sais que par ma frustration, je le ou je la culpabilise. Et souvent, il y a ce parallèle-là qui est fait. Et pour moi, je trouve ça intéressant et pourtant, enfin, je trouve ça intéressant et en même temps, c'est très challengeant pour moi. de comprendre cette notion de déséquilibre de désir et de pouvoir composer avec. Parce que c'est vraiment pas évident, et je pense qu'il y a beaucoup de personnes qui se retrouvent là-dedans, à l'idée que certains ont des désirs ou même des envies, là on parle peut-être plus de libido d'ailleurs que de désir, et d'autres peut-être un peu moins. Comment composer avec ça, et comment justement ne pas avoir trop de frustration, ou alors trop de culpabilité de l'autre côté.
- Speaker #0
La communication, je pense qu'elle est la clé.
- Speaker #1
La communication, oui, bien sûr, c'est clair.
- Speaker #0
En parler, il n'y a pas d'autre secret que ça, finalement, je pense. Dans le couple, en tout cas.
- Speaker #1
Oui, en parler, trouver des alternatives aussi souvent. On en a parlé au tout début, il y a cette notion de la sexualité, c'est avoir un rapport sexuel pénétrant. Alors qu'en fait, on se dit, mais est-ce qu'on peut avoir des moments de qualité dans la sexualité ? au lieu d'avoir des moments sexuels, rapports sexuels, parce que finalement, avoir envie, c'est quoi ? C'est avoir envie de ça, d'une pratique, ou c'est avoir envie d'une connexion intime. Donc du coup, là, on réfléchit un peu à la notion de j'ai envie de l'autre, mais peut-être que je peux me contenter d'avoir un rapprochement intime, nu, des caresses, et peut-être pas forcément plus, et peut-être que l'autre, du coup, peut avoir envie de ça, mais pas plus aussi. Et du coup, on arrive à trouver, en fait, cette... J'appelle ça une jauge, justement, où on arrive à trouver un équilibre dans ce déséquilibre qui est lié à une libido qui est différente.
- Speaker #0
Oui, super. Moi, pour t'apporter mon regard sur la frustration, je partage un peu ce que tu dis dans cette notion frustration qui envoie la culpabilité à l'autre. Mais pour moi, vraiment, quand je vois et je reconnais beaucoup de mes clientes dans la frustration, ça vient de la colère. En fait, ça dénote de colère la frustration parce que souvent on est frustré parce qu'on n'a pas réussi à poser ses limites, à dire ce qu'on voulait, à taper du poing sur la table en fait. Et sans pour autant faire la révolution, tu vois. Mais en tout cas, on ne s'est pas senti respecté. Mais ça ne parle que de nous en général. Nous, on s'en veut personnellement de ne pas avoir su dire, poser une limite franche. Et ça, ça génère beaucoup de frustration. Du coup, on fait payer l'autre. Ouais. Mais parce qu'on n'est pas allé voir pourquoi on est frustré, quoi. Qu'est-ce qu'on a laissé passer qui n'est pas juste pour nous ? Ouais. En tout cas, moi, c'est comme ça. Ouais.
- Speaker #1
Et c'est hyper intéressant de chercher l'émotion en dessous, finalement. C'est ça...
- Speaker #0
Ouais, carrément.
- Speaker #1
Qui a fait naître la frustration, quoi. Et ça ne doit pas être évident, d'ailleurs. Ça ne doit pas être évident de... C'est un peu une forme d'introspection, finalement. Oui, c'est très intéressant.
- Speaker #0
Oui, et même, tu sais, des fois, tu as des personnes, mais comme toi, ils viennent avec une problématique. Là, j'ai en tête, par exemple, par de frustration, colère, une cliente qui est venue parce que, selon elle, elle est toujours colérique. La colère, vraiment, drive sa vie. Et en fait, quand tu creuses, déjà, il n'y a pas... Une colère ne vit jamais seule, toujours d'autres sous-jacentes, elles sont toujours en binôme, donc la colère c'est souvent la tristesse qui va avec. Donc déjà on est parti visiter sa colère, sa tristesse pardon, parce qu'elle était en colère, parce que déjà elle n'arrivait pas à pleurer, elle n'arrivait pas à reconnaître qu'elle était triste. Tu vois en fait, c'est toujours ça, c'est-à-dire que les émotions travaillent de pair, tout comme toi, on vient avec une notion de performance etc. mais j'imagine que si tu creuses... Ce n'est pas ça. C'est des gens qui ont envie d'être aimés. Je ne dis pas, mais on a besoin de contact, de relation, je ne sais pas.
- Speaker #1
C'est ça. Souvent, pour faire un parallèle et un exemple, des personnes qui ont un problème lié à leur envie, libido qui n'est pas forcément là, et que ça leur pose problème, autant dans leur couple que même eux, parce qu'ils se disent « avant, ça allait bien, maintenant, non » . Et quand on creuse, finalement, ce n'est pas la notion de libido, c'est la notion d'excitation. Comment fonctionne leur excitation ? Quand je pose cette question, comment s'éveille votre excitation ? Ah ben là, ils ne savent pas. Parce qu'en fait, ils ne se sont jamais posé cette question. Ils se sont tout de suite dit « je n'ai pas de libido, j'ai un problème, ce n'est pas normal » . Alors qu'en fait, au-delà de la libido, allons voir peut-être finalement un peu l'essence de tout ça. Comment fonctionne cette excitation, cette envie ? Comment elle vient ? Et là, souvent, c'est difficile.
- Speaker #0
Et en plus, vraiment, tu soulignes une vraie problématique. Et je pense que même, j'ose dire que je suis maman, et même à un moment donné, après avoir un enfant, etc., tu es tellement prise dans la vie, du quotidien, la charge mentale, etc., que tu en oublies, effectivement, le désir, en fait, comment l'excitation n'est même plus là. Et c'est vrai que ce que tu dis, c'est hyper intéressant, c'est se reconnecter. Voilà, tu arrives avec un problème de libido, mais en fait, tu n'as pas de problème de libido. C'est juste qu'il faut que tu te poses.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Et écoute un peu comment tu as envie, comment tu aimes.
- Speaker #1
Exactement. Imaginez, moi j'aime bien donner l'outil, imaginez un... un scénario érotique, un script érotique, pour comprendre, ça, ça me plaît, ça, ça m'excite, ça, peut-être un peu moins, ça, ça éveille mes sens. Travailler l'imaginaire érotique, c'est très, très, très important.
- Speaker #0
Retourner dans la sensation. C'est ça. Parce que forcément, l'imaginaire, ça nous fait travailler l'émotionnel.
- Speaker #1
Exactement, exactement.
- Speaker #0
Ouais, super, merci d'avoir ajouté cette notion-là. On a fait le tour ?
- Speaker #1
Il me semble, oui. C'est pas mal. C'était très intéressant.
- Speaker #0
Oui, carrément. Déjà, je n'ai pas dit Laetitia. Déjà, tu t'appelles quand même Laetitia Coca.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est trop mignon par rapport à ce que tu fais. Je tiens à le dire. Et ton nom de scène, c'est Hello Desires. J'adore.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
J'adore ce nom. Je vais te laisser nous dire comment on peut te trouver. Je sais que... Instagram et le désir, dis-nous comment tu aimes travailler avec les gens, où est-ce qu'on peut te contacter, où est-ce que tu vis ? En Toulouse, on a compris. Dis-nous un peu les informations. Je sais que des clientes, elles peuvent être intéressées par ce que tu fais.
- Speaker #1
Effectivement. Déjà, pour Coquin, c'est bien mon nom de famille parce qu'on m'a posé la question. J'imagine. C'est vraiment votre nom. J'ai eu un couple qui a dit « Mais il n'embête pas, bien sûr que non. » Bien sûr que si. C'est mon nom de famille, Coquin. Donc, on me retrouve Laetitia Coquin sur Google. J'ai une page Doctolib d'ailleurs pour toutes les personnes, soit en présentiel sur Toulouse, mon cabinet qui se trouve dans le quartier Côte-Favé. Donc, je suis en présentiel du lundi et le mercredi. Après, pareil pour les prises de rendez-vous en visio, ça se passe aussi sur Doctolib, donc Laetitia Coquin également. Et sinon, sur Hello Désir. compte Instagram, alors j'ai un site aussi hellodesire.com pour voir tout ce que je peux apporter, toutes les offres, parce que je fais aussi des accompagnements en ligne, soit au mois, soit sur trois mois, où là c'est vraiment, pour moi j'aime bien appeler ça de la thérapie intensive, où vraiment je suis là pendant trois mois, tous les jours, je suis disponible, et c'est des grosses sessions de deux heures, donc très intéressantes pour aborder justement la problématique Merci. avec toute une trame qui a été travaillée là-dessus. Mais bon, tout ça, je le mets sur hellodesire.com. Et il est possible également de réserver un bilan gratuitement. Donc ça, on le retrouve soit mon lien sur mon compte Instagram du coup, Hello Désir. Donc, il y a toutes ces informations-là. Et sinon, moi, de toute façon, je travaille en one-to-one. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de programme, il n'y a pas de vidéo. J'ai essayé, mais je suis désolée, ma zone de génie, c'est la tchatche. donc c'est du one to one donc venez aussi me parler par message sur Instagram avec grand plaisir répondre c'est quelque chose que j'adore aussi de façon très simple je suis disponible et la proximité pour moi c'est important surtout
- Speaker #0
quand on travaille avec l'intime j'imagine de toute façon toutes ces infos je les mets dans le descriptif de l'épisode donc on pourra cliquer plus facilement et te retrouver Oui,
- Speaker #1
super.
- Speaker #0
Merci infiniment Laetitia pour cet échange et ce partage et ce que tu fais aussi parce que ça sert au monde et ça c'est génial. A bientôt.
- Speaker #1
A bientôt, merci pour cette invitation. En tout cas c'était trop chouette. Je te l'avais dit en off, ça allait être trop bien et c'est trop bien. Malgré que tu es stressée.
- Speaker #0
Merci.