Speaker #0Coucou ma douce, j'espère que tu vas bien. Je suis très heureuse de te retrouver aujourd'hui dans cet épisode de mon podcast Présence douce. Aujourd'hui je voudrais aborder un sujet qui me tient particulièrement à cœur, celui de la maladie au cœur de la maternité, mais aussi du couple et des relations en général. Alors que tu sois malade ou pas, que tu sois hypersensible ou peut-être juste un petit peu différent, comme certains aiment à dire, que tu sois maman, que tu es pour projet de l'être, que tu sois en couple ou simplement seule. Ce podcast pourra probablement te parler parce que les sujets que je vais aborder dedans vont pouvoir être adaptables un petit peu à n'importe quelle existence, quelle qu'elle soit. Si jamais tu débarques ici, moi c'est Lily, je suis thérapeute corps et maladie. J'accompagne les personnes malades ou ayant une relation difficile dans leur corps à retrouver une vie plus légère, alignée et sereine. Je suis certifiée en hypnose EFT et art-thérapie et la maladie je la connais bien parce que je cohabite avec une polyarthrite rheumatoïde depuis l'enfance. Je suis aujourd'hui maman d'un petit garçon de 4 ans et belle maman d'un ado de 16 ans. La vie n'a pas toujours été très rose et très fluide dans ce rôle de maternité, ni dans ma relation couple ou mes relations en général, parce que la maladie, ça crée quand même des barrières, ça crée des freins. Et il y a beaucoup de choses que ceux qui ne sont pas malades ou qui n'ont pas une relation à leur corps difficile, qui n'ont jamais eu un manque de confiance en eux physique, qui n'ont jamais connu le rejet ou le jugement des autres sur leur apparence, Il y a des choses comme ça qu'on... comprend comme tout, quelle que soit la maladie, la pathologie, le sujet. Quand on ne l'a pas expérimenté pleinement, pour moi, on ne peut pas le comprendre à 100%. On peut essayer, peut-être, d'avoir une représentation. On peut entendre, mais le comprendre pleinement, peu importe le sujet, tant qu'on ne l'a pas vécu, pour moi, on ne peut pas le comprendre à 100%. Tant qu'on n'a pas vécu dans ses tripes, dans sa chair, dans son corps, dans son être tout entier, que ce soit le deuil, que ce soit... La perte d'un animal, d'un enfant, d'un être cher, que ce soit la maladie, que ce soit le sou ou surpoids, que ce soit... Voilà, peu importe le sujet, tant qu'on ne l'a pas vraiment expérimenté dans ces tripes, pour moi on peut s'en faire une idée, mais le comprendre pleinement avec justesse, ce n'est pas possible, à mon sens en tout cas. Et c'est ce qui a très souvent et longtemps posé problème, notamment dans les accompagnements que j'ai pu recevoir au cours de ce parcours avec la maladie, avec la douleur, les thérapeutes ou accompagnants que j'ai pu... côtoyer même s'ils étaient tous très compétents très bien etc il ya toujours eu un moment donné où est venu ce blocage de la compréhension des douleurs et de ce que ça implique d'être malade au quotidien et c'est en partie ce qui a été le déclic pour moi de devenir thérapeute corps et maladie pour pouvoir devenir au final celle qui m'avait manqué et de pouvoir être un petit peu ce basse soutien et ce déclic pour tous ceux qui n'ont pas forcément la chance d'avoir en plus un entourage qui sont à l'écouté compétent dans ma vie de tous les jours ça a été un long chemin de réussir à mettre cette maladie à sa juste place parce qu'elle a trop souvent été ignorée, trop souvent été mise de côté par ma faute. Parce que pour moi, on m'a tellement bassinée avec le fait que c'était dans ma tête, que ça ne devait pas prendre toute la place. Et j'ai tellement eu peur de m'identifier à cette maladie qu'en fait, j'ai fait l'effet inverse. C'est-à-dire que je l'ai trop mise de côté, trop subie en silence et pas assez impliquée dans ma vie quotidienne. Ça a eu un impact déjà sur mes douleurs, sur ma vie quotidienne, sur mon poids. sur ma santé mentale, sur ma santé émotionnelle et physique, parce que cette maladie-là, plus on la met de côté, peu importe la pathologie, que ce soit une maladie mentale, une maladie physique, que ce soit une neuroatypie, que ce soit de l'hypersensibilité, peu importe ce dont on parle, même si ça peut être aussi tout simplement sortir d'un grave accident, être grand brûlé, plus on va mettre de côté cette différence, plus on va mettre de côté cet éloignement physique qu'on peut avoir, enfin oui, ce décalage qu'il peut y avoir entre notre tête et notre corps. Plus on le met de côté, plus au final il prend de la place, mais au début il le fait silencieusement à l'intérieur de nous, et puis c'est de plus en plus prenant, de plus en plus grand, et ça finit par être destructeur. Ça peut être destructeur au point qu'on peut s'éloigner, voire même rejeter les gens qui sont autour de nous, et ça a été pour ma part le cas avec mon mari. Il y a eu une phase compliquée où j'ai été dans une telle souffrance, il a été là quand j'ai été diagnostiqué, quand on a enfin posé le diagnostic il y a un peu plus de trois ans, de ma polyarthrite. J'ai vécu une phase où j'ai été extrêmement soulagée d'avoir enfin un terme sur toutes ces souffrances, d'enfin légitimer le fait que toutes ces douleurs que j'ai dans mon corps depuis très jeune ne sont pas dans ma tête et qu'elles sont bien réelles. Aussi, le parcours que j'ai fait pour libérer les douleurs somatiques, émotionnelles, etc. a été efficace, puisqu'aujourd'hui, cette partie-là, il y a des petits réglages qui reviennent de temps en temps à faire, mais le gros a été nettoyé. mais qu'il y avait bien encore des douleurs qui étaient là, qu'il y avait bien des blocages, et que toutes ces choses-là, on ne les invente pas, et que c'est important, et ça fait du bien d'avoir enfin un diagnostic de posé, et de se dire, je suis légitime de tout ce que je ressens. Sauf qu'il y a ce côté, je me sens légitime, et puis après, il y a le coup de massue derrière, de ce que ça implique, parce que quand on a un nom sur notre pathologie, en général, ce n'est pas forcément un nom très joli, parce que c'est un nom qui implique parfois... Une réduction d'espérance de vie ou peut-être une condition de vie qui va changer au fur et à mesure des années ou alors une échéance, ça implique beaucoup de choses. Et à partir de ce moment-là, j'ai eu un espèce de... Ça n'a pas duré très très longtemps, ça a duré peut-être un ou deux mois, mais ça a été extrêmement violent, où je me suis complètement renfermée sur moi-même. J'ai exclu, en quelque sorte, tous ceux qui étaient autour de moi de ce que je vivais, parce que j'avais comme besoin de me retrouver seule avec cette maladie, seule avec cette maladie dont ça me terrifiait qu'elle prenne toute la place, parce que je savais très bien que ma vie allait être différente de celle des autres. Ça, ça a été... Je l'ai compris très jeune. Mais là, d'avoir officiellement les mots sur cette pathologie, ça impliquait beaucoup de ma hauteur de maman, de ma hauteur de femme, de ma hauteur d'épouse. Et voilà, j'ai eu cette phase où je me suis complètement renfermée sur moi-même. Et puis c'est revenu. Petit à petit, j'ai eu la chance d'avoir un mari extrêmement patient qui a été là pour m'accompagner aussi pendant ces deux mois. Et à partir de ce moment-là, j'ai compris que cette maladie-là, moi, je n'avais pas du tout envie qu'elle soit au centre. Je n'avais pas envie qu'elle prenne la place. Je n'avais pas envie de m'identifier à cette maladie. Donc du coup, j'ai fait le nécessaire. pour lui donner sa juste place, mais ça impliquait aussi du coup une communication au quotidien. Parce que quand on sait enfin ce qu'on a, on peut enfin adapter, on comprend enfin pourquoi est-ce qu'il y a des choses qui sont trop, pourquoi est-ce que sensoriellement ça déborde, comment est-ce que ça fonctionne, et puis du coup j'ai commencé à chercher, à me former, à apprendre, à comprendre comment est-ce que mon corps est fonctionné encore plus, comment est-ce que le lien avec le système nerveux, tout ça, tout ça, et je continue encore aujourd'hui à expérimenter, notamment avec tout le côté sainte hormonale, etc. Et à partir de ce moment-là, je me suis dit, il va falloir que j'en parle. Alors au début, j'ai commencé à en parler plutôt à mon mari, à mon beau-fils, parce que j'avais envie de préserver mon fils d'une certaine façon, qui était encore petit à cette époque, enfin il est encore jeune, mais qui était vraiment beaucoup plus petit à cette époque-là. Il avait à peine un an, un an, un an et demi. Je n'arrivais pas à lui dire quand il avait besoin d'un temps avec moi. Elle était encore à l'époque, donc c'était en plus compliqué. Et j'avais du mal à me dire, va falloir que je parle de ma maladie, va falloir que je parle de cette colocataire avec mon fils. Je sais à quel point les mots peuvent créer des traumatismes vraiment inconsciemment et sans qu'on le veuille à nos enfants. Et j'avais très peur de ça. Donc j'ai commencé par le dire à mon mari, à mon beau-fils, alors que ça a passé au début juste par du, bah là j'ai mal, je suis pas en capacité de faire ça. Sauf que ok, ils comprenaient, ils entendaient le fait que j'avais mal, que j'étais pas en capacité de faire ça. Sauf qu'il y a tout l'à côté, il y a le côté douleur et il y a tout l'à côté, il y a la charge mentale de la douleur parce qu'il y a des jours où tu te réveilles et tu n'es pas en capacité de faire certaines choses. Il y a des jours où tu as des journées de malade de prévues et qu'au final tu te retrouves à ne pas pouvoir agir. Il y a des moments où au final tu avais prévu de rien faire parce que la veille ça n'allait pas et que tu te retrouves avec une pêche d'enfer. Donc en fait il y a une espèce de jeu aléatoire où en fait il n'y a aucune prévision qui est possible. Tu peux prévoir des choses, mais tu sais qu'il y a toujours ce côté imprévisible qui va être là, et que c'est game changer, c'est soit ça passe, soit ça casse, et ça dépend d'un million de paramètres. Et donc du coup, pour les personnes extérieures, enfin intérieures entre guillemets, puisque c'est le cercle très proche, mais qui sont quand même extérieures à toi, extérieures à ton corps, c'est difficile à appréhender, surtout quand ça tombe du jour au lendemain, parce que forcément, au début, moi j'essayais de respecter au maximum comment est-ce que je fonctionnais, quand j'étais en trop plein, tout ça, mais je ne comprenais pas pourquoi, quand on ne comprend pas comme... Pourquoi c'est difficile de mettre des choses en place ? Donc à partir de ce moment-là, ça a drastiquement changé. J'ai commencé à plus m'écouter, à plus dire, là oui, je ne suis pas en capacité. Mais c'était toujours, je ne suis pas en capacité. Mais du coup, il y a une incompréhension qui se crée de l'autre côté. Parce que, ok, tu as mal, ok, tu es en douleur. Mais comment ça, tu es dans l'incapacité ? Comment ça, tu ne peux pas juste... Enfin, tu ne peux pas... Quand quelqu'un te sort ça une fois, deux fois, ça va. Mais quand c'est répété régulièrement, à un moment donné, il y a de l'incompréhension qui se crée autour de ça. Et donc du coup, ce que j'ai fait, qui a été déjà un premier déclic et un premier pas salvateur, ça a été de faire une mini réunion de famille avec mon beau-fils et mon mari, de nous poser et je leur ai expliqué avec mes mots, avec mon émotionnel, avec comment je le vivais à le moment-là. Je n'utiliserai pas du tout les mêmes termes aujourd'hui si je devais le refaire, mais à l'époque, je l'ai fait en toute authenticité et de la façon dont je le vivais, je le traversais et je leur ai expliqué qu'est-ce qui se passait, avec moins de précision, encore une fois, que je le ferai aujourd'hui. J'ai donné tout ce que j'avais, j'ai déposé mon cœur sur la table en leur expliquant elles étaient où mes souffrances, qu'est-ce que ça provoquait émotionnellement, qu'est-ce que ça provoquait sensoriellement. Parce qu'il faut savoir que quand on est en douleur quasiment permanente, même si je ne suis pas en crise de douleur H24, j'ai des douleurs H24 tout le temps. Il y a toujours une douleur qui est là quelque part ou à plusieurs endroits en même temps ou dans tout le corps. Et ça, sensoriellement, pour le système nerveux, c'est compliqué à gérer. Surtout que j'ai un système nerveux qui est en mode survie. Ça va beaucoup mieux, mais il y a encore un long chemin par rapport à ça au niveau hormonal pur. Donc forcément, sensoriellement, à ça, on rajoute l'hypersensibilité, etc. Ça crée du coup une hypersensibilité en quelque sorte. Ou arriver à la fin de la journée... ou des fois à la moitié ou des fois le matin, ça dépend vraiment parce qu'encore une fois tout est aléatoire, tout est trop. Les bruits, les sons, les émotions des autres, les odeurs, la lumière, tout devient trop et dans ces moments-là, quand tu dis juste allô, tu ne suis pas en capacité, ce n'est pas suffisant et c'est légitime. L'autre, il est complètement légitime de dire j'ai besoin de savoir, j'ai besoin de comprendre pourquoi tu me dis, qu'est-ce qui se passe dans ces moments-là. Donc je me suis posée, je leur ai expliqué qu'est-ce qui se passait dans mon corps, qu'est-ce que ça déclenchait, etc. avec mes mots comme j'ai pu et ça... littéralement changer notre quotidien parce que du coup, quand moi, vu que je leur en avais déjà parlé une fois, je n'avais pas cette appréhension de leur réaction de me dire, ouais, mais là, si je leur déballe maintenant ou que je leur dis, là, je suis en surcherche sensorielle, ou là, j'ai ci, là, j'ai ça, ils ne vont pas comprendre parce que je ne leur ai pas expliqué. Le fait d'avoir posé les choses, je savais qu'eux, ils avaient les paramètres et que du coup, moi, intérieurement, je pouvais aussi avoir cette charge mentale en moi de me dire, si là, je vais leur expliquer et leur dire, écoute, là, sensoriellement, je ne peux pas, est-ce que tu peux baisser la lumière ? Est-ce que tu peux parler un peu moins fort ? Est-ce que si ? et du coup ils vont pouvoir comprendre un peu mieux parce que je leur ai expliqué donc ça a changé les choses et puis du coup quand tu es entouré des bonnes personnes ça crée aussi de leur part une attention différente dans la mesure où du coup ils vont être un peu plus attentifs à comment tu réagis et ils vont aussi adapter un petit peu leur façon de faire quand ils sont avec toi en fonction de s'ils perçoivent ou pas dans quel état tu vas être physiquement et ça c'est super agréable aussi encore une fois bon là il faut s'entourer des bonnes personnes pour avoir ce résultat là Mais c'est aussi quelque chose qui change énormément la donne parce que du coup ça devient un travail d'équipe. Cette maladie-là, elle n'est pas le centre, elle ne résume pas qui tu es, elle ne résume pas ta vie, mais tout le monde sait qu'elle fait partie de l'équation quand même. Ça reste un être entre guillemets à part entière avec qui tout le monde cohabite finalement. Voilà, il a sa juste place, mais on sait que quand cette pathologie-là est assise à la table avec nous, il y a certaines choses à faire un peu différemment et à affiner, et c'est complètement ok, et c'est génial d'être entouré des bonnes personnes parce que du coup ça devient quelque chose de naturel. Donc voilà un petit peu ce qui a été mis en place. Et puis après, au fur et à mesure du temps, du coup, que moi j'ai continué mes recherches, que j'ai continué à expérimenter, à tester un petit peu au quotidien pour continuer sur ce chemin de guérison intérieure d'un point de vue vraiment physique au niveau inflammatoire dans mon corps, etc. J'ai relancé mon parcours de perte de poids. Il y a beaucoup de choses qui ont été mises en place sur ces trois dernières années. Au fur et à mesure, du coup, le fait d'en avoir parlé une première fois, d'avoir mis ça sur le tapis, ça m'a vraiment permis de pouvoir... quotidiennement, entre guillemets, dès que je vais passer un step, découvrir quelque chose de nouveau, de dire, là, j'aimerais bien tester ça parce que j'en ai parlé avec ma natureau, ou j'ai vu sur les réseaux qu'il y avait plein de personnes qui ont des pathologies, des maladies inflammatoires, etc., ou chroniques, qui ont testé ça. Enfin, voilà, tu vois, ou suite à un échange, ou alors d'une formation que j'ai faite, un machin, et du coup, je vais tester. Et puis, en fait, au moins, tout le monde est au courant de ce qui se passe parce que si du jour au lendemain, tu changes quelque chose dans ta vie sans en parler à personne... c'est pas ok, tu vois, tu vis en communauté, t'es au quotidien avec d'autres personnes, donc c'est carrément, enfin c'est pas ok, c'est pas respectueux pour les autres, et puis du coup, ils vont pas non plus être dans la compréhension de toi, tu vas te sentir rejeté, enfin c'est le cercle infernal. Donc du coup, voilà, prendre des temps réguliers, je prends des temps réguliers avec tout le monde, où des fois je me pose et j'échange, des fois j'en parle d'abord à mon mari, des fois j'en parle à mon beau-fils, des fois pas, enfin voilà, ça dépend des fois, des fois j'en parle pas tout de suite à mon mari, parce que je sais que c'est vraiment quelque chose que je fais intérieurement, et que j'ai besoin d'expérimenter intérieurement avant de lui en parler. Et voilà, même quand ça marche pas, je partage et j'en parle aussi parce que c'est super important pour moi. Voilà, qu'il n'y ait pas de... Comment dirais-je ? Il n'y ait pas de secret autour de cette maladie-là. Parce que c'est souvent ça, en fait. Il y a un petit peu un côté, on étouffe, on garde secret. Parce que, enfin, c'est pas... Tu vois, c'est comme parler des règles pour les femmes ou parler de sexualité. Genre, c'est... Il n'y a rien de dégueu, il n'y a rien de tabou. C'est juste des choses normales. Enfin, voilà, quoi. C'est humain, c'est banal, c'est... la maladie ça devrait être la même chose en fait, et on ne devrait pas faire de tabou autour de ça, parce que c'est destructeur pour les personnes malades, mais aussi pour les personnes qui vivent avec les personnes malades. Donc voilà un petit peu le côté relationnel, et je fais la même chose du coup avec les gens qui m'entourent extérieur à la famille et au cercle intime, que par exemple quand je vais dire oui pour une sortie ou un truc, avant je vais... avant avant avant j'allais m'infliger de faire cette sortie même si j'étais pas émotionnellement en état de le faire au delà de la maladie même d'un point de vue juste respect de moi je le faisais pas aujourd'hui en plus maintenant que j'ai ce paramètre là de ma coloc bah clairement quand je vais caler une sortie ou que je vais caler un truc ou un gros événement je vais prévenir ouvertement sans aucune gêne parce que bah c'est complètement ok de dire écoute là moi je te dis oui par exemple pour aller au resto ou pour aller faire je sais pas quoi par contre ce sera sous couvert Merci. dans quel état je serais au niveau douleur et du coup au niveau disponibilité de batterie sociale, mais aussi au niveau sensoriel, tu vois. Et si la personne en face de moi, elle est pas capable de le comprendre, je tilte direct, et clairement, cette personne-là, soit je prends des distances, si c'est quelqu'un, bah par exemple, que je suis entre guillemets obligée de côtoyer, genre, bah je sais pas, quelqu'un de l'école, ou quelqu'un, j'en sais rien, du boulot, par exemple, enfin tu vois, quelqu'un avec qui je collabore de près ou de loin. Mais sinon, voilà. Sinon, cette personne-là, en général, ça se fait naturellement. Elle quitte mon cercle de vie parce qu'il y a aussi ça. C'est aussi ça dans le relationnel. C'est de s'entourer de personnes qui sont en capacité de comprendre ça. De personnes, quand tu leur dis, même à la dernière minute, écoute, là, j'ai eu une grosse journée, je ne suis pas en capacité qu'on se voit et que la personne ne le prenne pas mal et qu'elle se dise, OK, elle a passé une grosse journée, elle est full, elle n'a plus de batterie, c'est OK, on se verra une prochaine fois. Et à partir du moment où toi, en fait, t'as ce déclic là en toi, où tu commences à parler ouvertement de ta maladie, où t'exprimes clairement ce qui se passe en toi, où t'exprimes clairement comment est-ce que tu la vis cette maladie qu'est-ce que ça impacte, que tu poses tes limites bah t'attires à toi forcément, déjà il y a du tri qui se fait et ensuite t'attires à toi les personnes qui sont alignées pour le côté maternité, par rapport à mon fils du coup, donc il y a 4 ans un peu plus, enfin 4, un bon gros 4 ans, bientôt 5 j'ai passé le cap, il y a quelques mois de lui parler Jusque là, je lui disais juste « Maman, là, elle a mal. Maman, là, physiquement, elle ne peut pas. » J'étais un petit peu dans un côté minimisant de ce que je vivais et infantilisant vis-à-vis de lui. Et il y a un moment donné où je voyais bien qu'il est d'une très grande sensibilité, d'une très grande intelligence. Les nouvelles générations, tu peux avoir des conversations avec eux comme je suis en train de te parler là. C'est assez impressionnant. Et je me suis bien rendu compte qu'il percevait et qu'il savait très bien qu'il y avait autre chose derrière, que je ne lui disais pas tout et que ça créait de la frustration chez lui. Et du coup, maintenant, quand il y a quelque chose, je le dis. cache ouvertement, par exemple, s'il y a des soirs où ça crie beaucoup, enfin, où ça crie, je m'entends, genre, le volume est fort parce que ils sont en train de faire les cons ou que, voilà, il y a de l'euphorie à ce moment-là et que moi, je suis en train de faire à manger ou, voilà, je peux pas forcément m'extraire du truc que j'ai pas la possibilité de le faire, bah, je dis clairement les choses, je dis, écoute, là, Titi, maman, elle est en surcharge sensorielle, donc, est-ce que, soit, tu peux rester ici, mais tu baisses un peu le volume, sinon, tu montes là-haut ou tu vas dehors te défouler. Et en fait, du coup, ça a créé aussi un lien d'intimité et de confiance parce qu'ils se sont inclus. Ils se sont inclus parce que maman, elle ne va plus. J'ai eu des phases où j'allais m'en aller d'un coup. Je disjonctais en quelque sorte. Tu vois, ça m'est arrivé de crier. Ça m'est arrivé de partir juste genre je m'en allais d'un coup parce que c'était trop pour moi que j'en pouvais plus, que j'avais envie de claquer tout le monde. Clairement, il n'y a aucune honte avec ça parce que je n'exprimais pas clairement les choses. Et qu'en fait, maintenant, quand je lui dis ça, il y a des fois, juste je lui fais « Titi » . Et tu sais, je prends une respiration pour lui parler et regarde, il fait « Ah, t'es en surcharge maman. » Oui, maman, elle est en surcharge là. Et tu vois, juste ça, tu vois, j'ai les larmes qui montrent rien que d'en parler, d'être prise en considération. C'est la chair de sa chair. Qu'il comprenne ça et qu'il soit en capacité de respecter ça, c'est aussi un putain de cadeau parce que ça veut dire que lui aussi va le faire. Et du coup, maintenant, ça fait plusieurs mois que j'ai mis ça en place et on est arrivé à un stade où même lui, des fois, il dit « Là, je suis en trop plein. » Il y a trop de choses dans mon corps qu'il dit. Du coup, il entre aussi dans une auto-analyse et il entre aussi dans un respect de soi. Parce que quand tu es à l'écoute des autres et à l'écoute de ce que les autres peuvent vivre et traverser indirectement, tu es obligé de t'écouter toi aussi. C'est un chemin mutuel en fait qui se crée. Donc franchement, par rapport à ce côté maternité, si j'ai un conseil à donner, c'est n'aie pas peur de parler à tes enfants, peu importe l'âge. N'aie pas peur de parler avec des vrais mots, de parler, d'expliquer. Je lui ai expliqué quand je lui ai dit « Maman, tu sais, des fois, elle est en surcharge sensorielle, c'est-à-dire que les sons, ils sont trop forts, la lumière, elle me fait mal aux yeux, que quand on me touche sur mon corps, je ne me sens pas bien, je me sens enfermée dans mon corps, parce que maman, elle a mal à l'intérieur d'elle, elle a des douleurs dans son corps. » Et ils comprennent très bien. Ils sont loin d'être bêtes. Ils se sentent impliqués, ils se sentent responsabilisés. Nous, du coup, c'est une charge mentale en moins parce qu'on peut parler ouvertement. on n'est pas obligé de faire genre que tout va bien, parce qu'on n'a pas à le faire, parce que chez nous, c'est notre safe place, et que ça doit être la safe place pour tout le monde. Donc à partir du moment où moi, je ne suis pas en safe place, que du coup, j'éclate sur les autres, ce n'est plus une safe place pour les autres non plus, et du coup, ce n'est plus sain pour personne. Alors que si moi, par exemple, je dis, écoute maman, là, ce soir, elle n'est pas... Ça m'arrive des fois, je dis, écoute Titi, ce soir, je ne sais pas qui va te coucher, parce que là, je suis en surcharge sensorielle, ou que j'ai trop mal dans mon corps. J'ai besoin d'aller marcher ou j'ai besoin de me poser tranquille d'un moment seul. Ben voilà, tout simplement. Et si jamais il me dit, ben écoute, j'avais envie que c'est toi qui me couches, ben on réfléchit et on trouve un compromis qui, moi, me prend pas au-delà de ce que je suis capable de donner et qui lui, lui convient. Et au final, les compromis se trouvent tout seuls et la plupart du temps, il demande même pas de compromis parce que, ben, il comprend très bien et puis on... Voilà, on fait au jour le jour, on affine, on ajuste. Et c'est quelque chose qui change la vie vraiment au niveau charge mentale, au quotidien et que je t'invite vraiment à faire autant. Avec tes enfants, en leur parlant avec des vrais mots, en leur expliquant, tu peux utiliser des mots plus simples, mais de leur expliquer sincèrement ce que tu vis et réellement, sans essayer de mettre des formes, de faire des demi-mesures, juste d'être factuel et réaliste. Et la même chose pour les gens qui t'entourent, que ce soit le cercle intime, encore une fois, du couple ou des amitiés ou du boulot ou peu importe. Positionne-toi, assume-toi, assume cette maladie avec laquelle tu cohabites ou assume cette relation difficile avec ton corps, assume tes neuro-atypies, assume ton hypersensibilité, assume tout ça du mieux que tu peux. Parce qu'en parler, déjà, toi, tu libères et du coup, tu surcharges pas et tu surstockes pas ton corps avec encore des ressentis que t'étouffes, avec encore des non-dits, encore des paroles et de la gorge nouée. Et en plus, les autres, ils te comprennent, donc eux, ils se sentent pas inutiles. Toi tu te sens pas incomprise et au final c'est un pari gagnant en fait parce que tout le monde y trouve son compte et tout le monde y trouve sa place. Y'aura des loupés, y'aura des moments où t'auras pas prévenu assez tôt, que t'auras pas exprimé les choses parce que t'étais prise dans le truc et tu vas... Tu peux disjoncter ou tu peux t'en aller ou tu peux t'effondrer en pleurant et c'est ok et c'est aussi important que ces moments là soient mis en mots. Si jamais y'a un moment donné où tu t'effondres en larmes et que ton petit ou ta petite ou que ton mari machin te dit bah ça va et tout, non bah non ça va pas. Là maintenant tout de suite ça va pas, maman elle est en trop plein, maman elle va pas bien, maman ci maman là. Au même titre que si ça t'arrive d'éclater, c'est ok, ça peut arriver, on est humain. De revenir en disant, je m'excuse, il s'est passé ça, ça et ça, moi j'ai ma responsabilité là-dedans. Maintenant, il y a eu tel déclencheur qui a fait que je me suis sentie mal, est-ce qu'à l'avenir, on pourrait équilibrer ça ? Et encore une fois, on en revient à la communication qui est la base de toute chose, ça c'est clair, mais c'est quelque chose qui est magique. Donc je t'invite vraiment à essayer de le mettre en place. Et voilà, tu vois mon petit-ci, il va avoir 5 ans. Et aujourd'hui, je lui parle ouvertement de tout ça, je lui dis ouvertement, il y a des fois, sensoriellement ça va, mais je sens que ça peut, voilà, et je lui préviens, je préviens tout le monde, et je le préviens lui en particulier, je lui dis bah tu sais si tu veux jouer avec maman aujourd'hui, il faudra faire des trucs tranquilles, parce que maman, elle a pas une grosse batterie sensorielle aujourd'hui, ou des fois, bah il a besoin de sortir, il a envie que ce soit moi qui l'emmène faire une balade ou jouer au parc, et je lui dis bah là mon petit écoute, maman, sa batterie sociale, je lui ai expliqué aussi la notion de batterie sociale, la batterie sociale de maman. soit elle est vide, soit elle n'est pas très remplie, et j'en ai besoin pour ça, pour mes consultations, pour ci, etc. Et du coup, il comprend, et lui aussi, il se respecte et il s'écoute encore une fois, comme je disais tout à l'heure. Ça déclenche chez lui, du coup, cette auto-analyse, avec ses mots, avec son fonctionnement cérébral d'enfant, mais en attendant, des fois, il nous dit que c'est trop pour lui, il nous dit qu'il est en trop plein, et du coup, même des fois, il s'énerve et il se pose la question, où il nous dit, là, je ne sais pas pourquoi je m'énerve, Oui. J'ai pas envie de savoir, des fois il y a des trucs comme ça, mais c'est juste génial parce qu'en fait, encore une fois, on avance tous ensemble, on avance, on chemine et c'est juste extraordinaire. C'est le plus beau des cadeaux, même si c'est le plus remuant des cadeaux, d'être malade et d'être maman aussi. Ce sont des cadeaux remuants, mais pour moi c'est une chance parce qu'on expérimente la vie sous un autre oeil, sous un autre angle, on apprend à être encore plus subtil, encore plus... à l'écoute de soi et du coup à l'écoute des autres aussi parce que ce qu'on recherche dans la douceur, dans la compréhension des autres, on se rend compte à quel point c'est primordial et du coup on se rend compte à quel point tout le monde en a besoin et à quel point c'est vital qu'on soit tous dans cette écoute sans se mettre en défaut nous-mêmes. Mais voilà, d'être dans cette écoute et cette compréhension et cette compassion avec ceux qui nous entourent, ça change un quotidien, ça change une vie et ça apprend aussi à nos enfants à faire différemment. Et ça forme aussi le nouveau monde de demain. Et ça, je trouve ça quand même super beau et super cool. Donc voilà un petit peu. Si jamais tu as des questions, n'hésite pas. Si tu as envie de venir papoter en DM ou en message privé, n'hésite pas non plus. C'est ouvert et c'est avec un grand plaisir. Je ne sais pas si j'ai parlé de tout ce que je voulais parler parce qu'il y a beaucoup de choses. Je pense que je referai un prochain épisode un peu plus en détail sur certains points. Mais en tout cas, voilà ce que j'avais envie de partager, de transmettre pour aujourd'hui. On se retrouve la semaine prochaine. Normalement, mes problèmes de réseau seront résolus, donc à partir de la semaine prochaine, les podcasts seront aussi disponibles sur YouTube en format vidéo. D'ici là, je te souhaite une très belle journée, une très belle semaine et je te dis à la semaine prochaine !