Speaker #0Bienvenue dans le podcast qui s'adresse aux dirigeants et cadres sous pression et qui explore comment retrouver de la clarté mentale et une performance durable en travaillant sur la façon dont votre esprit fonctionne au quotidien. Mon nom est Géraldine Breton, bienvenue dans Présence et Performance. Aujourd'hui, je souhaite vous parler d'incertitude, vous parler de... tout ce qui rend l'avenir impossible à prévoir avec précision, même quand on a de l'expérience et des données. Cette incertitude fait partie du quotidien des dirigeants et des indépendants, et elle vient directement impacter l'état interne et la qualité de présence. Alors quand je parle d'incertitude ici, je parle précisément de moments où vous ne savez pas comment un client va réagir, par exemple. De moment... où vous ne savez pas si une offre va prendre, où vous ne savez pas comment le contexte économique ou interne à l'entreprise va évoluer. Ce n'est pas juste « je n'ai pas assez d'informations » , c'est sentir que même si j'en avais plus, mon futur resterait flou. L'incertitude, c'est une caractéristique du réel, que vous le vouliez ou non. Alors, je vais vous présenter quelques situations typiques d'incertitude. Côté dirigeant en entreprise, il peut s'agir d'une réorganisation annoncée mais pas clarifiée, d'un budget en attente de validation, d'un marché qui se tend, une pression sur les résultats, un départ ou une fragilité d'un client clé sans visibilité sur la suite. Côté indépendant, ça peut être le lancement d'offres sans certitude de vente, la dépendance à quelques gros clients. L'évolution des outils, l'IA, les plateformes qui changent les règles du jeu, les revenus qui oscillent d'un mois à un autre. Et puis, il y a l'incertitude plus intime. Ces moments où on peut se demander, est-ce que je veux vraiment continuer à ce rythme ? Est-ce que je suis encore à la bonne place ? Est-ce que je peux me faire confiance dans mes décisions ? Tout ça, ce sont des formes d'incertitude. Vous comprenez qu'elles ne sont pas juste théoriques, elles se vivent dans le corps, dans les pensées et dans notre façon de travailler au quotidien. Alors, l'incertitude a des conséquences sur notre état interne. Tout d'abord, sur le plan physique, on peut ressentir des tensions musculaires, une respiration courte, parfois une boule au ventre, un sommeil plus léger ou plus fragmenté. Sur le plan mental, il s'agit de... de ruminer des scénarios catastrophes, de se dire j'aurais dû et si jamais, de ressentir une difficulté à se concentrer, d'avoir aussi cette impression de ne jamais être à jour ou assez près. Enfin, sur le plan comportemental, on est soit dans une suractivité, on ouvre dix chantiers à la fois, on cherche à tout contrôler, tout vérifier. On est vraiment dans cette urgence-là. Soit on est dans une procrastination, on repousse les décisions, on attend d'y voir plus clair. Ici, notre cerveau fait vraiment ce qu'il sait faire, c'est-à-dire chercher de la certitude. Et comme dans cette situation-là, il n'en trouve pas, il monte le volume de l'alerte. Donc si en ce moment, vous avez l'impression d'être plus vite fatigué, plus facilement irrité, ou de penser en boucle au même sujet, ce n'est pas parce que vous êtes un mauvais pilote, c'est que votre système réagit à un environnement objectivement incertain. Face à l'incertitude, la question spontanée est souvent « comment je vais pouvoir avoir plus de garanties ? » « comment je vais pouvoir tout anticiper ? » Le problème, c'est qu'il y a une partie de la situation qu'on ne contrôlera jamais. Alors, je vais vous proposer de switcher vers une autre question. Elle pourrait être « Dans quel état je veux être pour traverser ce que je ne contrôle pas ? » Et votre enjeu va alors devenir, non pas d'éliminer l'incertitude, mais de retrouver du pilotage interne dans votre corps, dans vos pensées, et dans la façon dont vous structurez votre journée et vos décisions. La semaine dernière, j'ai fait du VTT avec mon compagnon dans la campagne. où nous habitons et pour la première fois, j'ai vu une mue entière d'un serpent. Et tout de suite, je me suis dit, mais c'est ça, c'est ça qui se passe en période d'incertitude. Et depuis, c'est vrai que c'est une métaphore que j'utilise. En fait, pour parler de ces périodes, on peut vraiment se référer à l'AMU, ce moment où l'ancienne peau a été utile, protectrice, mais où pour nous maintenant, elle est devenue trop serrée. Et dans nos vies professionnelles, ça ressemble à une façon de diriger, de travailler. de traiter les mails ou les clients qui ne fonctionnent plus, des réflexes de contrôle qui deviennent épuisants, une posture de « je porte tout » qui ne tient plus. L'incertitude ici, c'est souvent le signe que quelque chose dans votre manière de travailler est en train de changer de dimension, de changer de taille. Votre contexte extérieur vous oblige à ajuster votre manière de piloter. Et comme toute mue, ce n'est pas confortable. On est à vif, on voit moins loin et ça ne veut pas dire qu'on est en train de tout rater. Alors je souhaite vous décrire avec plus de précision le mode survie et le mode pilotage. Le mode survie, c'est le réflexe automatique. On le repère facilement parce qu'il nous met notre corps en alerte. Respiration courte, irritabilité, difficulté à se poser. Dans notre tête, on peut remarquer un narratif extrême, des pensées du type « je n'ai pas le droit à l'erreur » , une impression que tout est urgent et important en même temps. Dans l'action, soit on s'agit de beaucoup, on veut tout gérer, tout contrôler, soit on se fige, on diffère les décisions, on attend une hypothétique certitude, qui n'arrivera pas, je vous le rappelle. Son objectif profond, c'est réduire l'angoisse à tout prix et éviter le pire. Le mode pilotage ne va pas supprimer l'incertitude. Le mode pilotage, lui, il change la façon dont je vais y être présente. Et les signes concrets, ça va être « je reconnais que je suis secouée » . Donc le signe, si on le reconnaît, c'est peut-être que vous réussissez à en parler à votre entourage. Voilà, vous faites un minimum de tri. Qu'est-ce qui est vraiment prioritaire ? Qu'est-ce qui peut attendre ? Qu'est-ce que je ne déciderai pas aujourd'hui ? L'objectif profond, ça va être de garder du recul, de protéger votre clarté et d'avancer d'un pas même petit, plutôt que chercher la grande solution parfaite. On peut être tenté à ce moment-là par le radical, la grande solution radicale. C'est là où ça peut être dommage. Le mode survie, c'est quand l'incertitude pilote votre système. Et le mode pilotage... c'est quand vous restez aux commandes, même dans le brouillard. Alors je peux vous proposer un protocole très simple, utilisable au quotidien, si vous êtes concerné par ces périodes de grande incertitude. Première étape, remarquez juste là où vous en êtes. Là maintenant, demandez-vous, est-ce que je suis plutôt en mode survie ou en mode pilotage ? Pour cela, fiez-vous à votre corps. Est-ce qu'en ce moment vous ressentez de la tension, votre souffle qui est plus court ? Est-ce qu'au niveau de votre mental, vous vous racontez des scénarios vraiment catastrophes, vous remarquez des ruminations ? Et est-ce qu'au niveau de votre comportement, vous sentez que vous êtes très agité ou au contraire figé ? Aucune bonne réponse, l'idée c'est juste d'arrêter d'être en pilote automatique. Deuxième étape. Je vais vous proposer de baisser un peu le volume. Avant de réfléchir, je vous propose de baisser d'un cran l'alerte. Pour cela, vous pouvez faire une à deux minutes de respiration plus lente. L'idéal, c'est de pratiquer cinq minutes de respiration en cohérence cardiaque. Pour cela, je vous conseille l'application Respirelax. Vous pouvez aussi relâcher consciemment votre mâchoire. vos épaules, vos mains. Alors côté alerte, ne cherchez pas à passer de 9 sur 10 à 0, mais peut-être juste de 9 à 6 ou 7. Suffisamment pour que votre cerveau retrouve un minimum de marge. Enfin, troisième étape, celle de revenir au réel. Demandez-vous, qu'est-ce que je sais vraiment aujourd'hui ? Qu'est-ce qui est un fait ? Qu'est-ce qui est une interprétation ou une peur ? Mettez-le... Sur papier, ça aide beaucoup. Vous écrivez « fait » et dans l'autre colonne, ça peut être « ce que je me raconte » ou « les films que j'ai vu » . que je me fais ou interprétation. Enfin, dernière étape, je vous propose de vous poser une question de pilotage. Seulement une fois que le volume est un peu descendu et que les faits sont posés, c'est intéressant que vous puissiez vous demander c'est quoi le prochain pas raisonnable que je peux poser là maintenant ? Qu'est-ce que je choisis de tenir aujourd'hui ? Mes priorités, quelles sont les limites ? Et qu'est-ce que j'accepte de laisser flou pour l'instant ? Cette thématique me fait penser à une cliente, une dirigeante dans une PME de service. Quand elle est venue me voir, elle était en pleine zone d'incertitude. Gros client en renégociation, dans un contexte économique tendu, avec une équipe fatiguée. Et en toile de fond, la question c'était, est-ce que je veux continuer à ce rythme-là encore 5 ans ? Alors à ce moment-là, son mode par défaut, pour elle, c'est clairement le mode survie. Elle me dit qu'elle dort mal, qu'elle travaille tard. Elle réouvre son ordinateur le soir pour vérifier 2-3 trucs. Elle imagine tous les scénarios possibles et elle n'arrive pas à décider. Ce qu'on a travaillé ensemble, ça a été tout d'abord de mettre des mots sur cette mue. On a commencé par nommer ce qui se passe. Ce n'est pas juste une mauvaise passe. On est sur quelque chose qui se transforme. Son ancien mode de fonctionnement, tout porter, tout vérifier, ne tient plus. Et le nouveau n'est pas encore là. Alors rien que ça, ça peut changer le regard. On n'est plus en train de dérailler, on est en train de traverser une transition. Ensuite, ce que j'ai fait avec cette cliente, ça a été d'identifier ses signaux précis de mode survie. Quand est-ce qu'elle bascule en mode survie ? Comment ça se voit dans son corps, dans sa tête, dans ses journées ? Pour cette cliente, c'était à chaque fois qu'elle se surprend à rouvrir son ordinateur à 22h. C'était rarement pour agir vraiment. C'était juste pour calmer son anxiété. Enfin, on a pris le temps d'installer des petits gestes de pilotage interne. Il était clair qu'on n'allait pas refaire toute la stratégie de l'entreprise, mais qu'on allait commencer par son état interne. Concrètement, elle se donne un sas de 5 minutes entre la fin de la journée et sa vie professionnelle. Pour elle, il s'agit d'une marche. Elle utilise un carnet où elle note les faits séparés de ses peurs. aussi une question de pilotage qu'elle va se poser normalement chaque matin. Si je devais faire bien une seule chose aujourd'hui, ce serait quoi ? Et enfin, seulement après cette étape, on peut toucher à l'organisation. En période de brouillard, elle a choisi de simplifier, mettre en pause un projet secondaire, clarifier deux priorités business au lieu de cinq et reposer un cadre d'horaire pour ne plus travailler tous les soirs. Quand on a fait tout ça ensemble, j'ai remarqué au bout de quelques semaines, alors bien sûr que l'incertitude n'avait pas disparu, son client n'avait pas encore signé, et le contexte n'était pas devenu stable. Par contre, son sommeil s'est amélioré, elle a de nouveau de l'énergie pour ses rendez-vous stratégiques. Elle se surprend à dire non à certaines sollicitations, elle se sent capable de poser des décisions étape par étape, plutôt que d'attendre le moment où tout sera clair. Et surtout, elle me dit, je ne me sens plus balottée par cette incertitude. Je reviens aux commandes. Alors là, ce qui a changé, ce n'est pas le décor, c'est sa manière d'habiter ce décor. Passer du mode survie au mode pilotage, et reconnaître que cette période d'incertitude était aussi une transformation vers plus grand, une mue, un moment où sa façon de diriger était en train de se renouveler. Alors, si vous voulez repartir avec quelque chose de concret, je vous propose trois questions. Dans la situation incertaine que vous vivez en ce moment, qu'est-ce qui est vraiment incertain et qu'est-ce qui est déjà clair ? Ensuite, je vais vous demander quels sont vos signaux à vous quand vous passez en mode survie. Et enfin, quel est le plus petit geste que vous pouvez poser dès aujourd'hui ? pour revenir un peu plus en mode pilotage. L'incertitude, vous l'avez compris, vous ne pourrez pas l'éliminer. Mais l'état dans lequel vous la traversez, lui, il peut évoluer. Et ça, ça change déjà énormément votre expérience, et donc vos décisions, et donc vos résultats. Avant de vous laisser, j'ai envie de terminer avec cette action très concrète. Aujourd'hui, je vous propose de choisir un seul endroit de votre vie professionnelle où l'incertitude est présente. Juste un seul. Et demandez-vous, est-ce que c'est vraiment incertain ? Est-ce qu'il y a déjà quelque chose de clair ? Même un tout petit point ? Demandez-vous à quoi vous reconnaissez que vous basculez en mode survie sur ce sujet ? À ce moment-là, faites un petit geste pour revenir aux commandes. Respiration en cohérence cardiaque. Téléchargez l'application. C'est déjà ça, le premier bon petit geste. Respire relax. Simplifier une décision, fermer peut-être un chantier secondaire. Vous pouvez vous fixer une sorte de focus sur ce sujet durant une semaine. Et ainsi, vous vous entraînez à faire ce micro-retour au pilotage, encore et encore. C'est comme ça que ça se construit, en renforçant petit à petit la façon de piloter l'intérieur. Alors si cet épisode vous a aidé, vous pouvez le partager à un dirigeant ou à un indépendant. pour qu'une incertitude est présente en ce moment. Et si vous sentez que vous avez besoin d'un espace accompagné pour travailler précisément votre état interne durant cette période, vous trouverez les liens pour les sessions Focus en description de l'épisode. Merci d'avoir pris ce temps pour vous. On se retrouve mercredi prochain à 8h pour un nouvel épisode de Présence et Performance.